Migrations et processus de sédentarisation dans l’Asie Mineure

Les grandes migrations dans l’ancienne Asie Mineure
Circulation, échanges et transformations sociales

29-30 novembre 2016
Maison de l’UNESCO
Paris

20161130smallIl s’agit de la 6ème conférence relative aux migrations dans l’ancienne Asie Mineure dont l’objectif est de participer au progrès de l’humanité en favorisant le rapprochement des cultures, de mieux appréhender les origines communes.

Migrations et processus de sédentarisation dans l’Asie Mineure

M. Olzhas Suleimenov – Président de la Fondation « culture », poète, auteur, diplomate et fondateur du mouvement Nevada Semipalatinsk au Kazakhstan :
Le thème de la conférence est apparu il y a environ 25 ans quand les peuples des nouveaux États se sont intéressés à leur histoire, à leur origine. La méditerranée est un « patrie » intermédiaire de notre humanité. C’est là que sont apparues les langues, les écritures…

Dr George Busby – post-doctorant associé de recherche au département de zoologie de l’Université d’Oxford :
La génétique est un outil qui permet de dater les échantillons que sont les fossiles, les ossements. L’ère des chasseurs cueilleurs se situe entre 10 000 et 5 000ans avant Jésus-Christ. L’ère des « fermiers » qui succède, se répand sur le territoire européen à partir de l’Anatolie. L’Asie Mineure a joué un rôle essentiel.

Yessetzhan Kossubaev – ancien Ministre de la Culture du Kazakhstan, Co-Président de la Fondation Universal Media Service :
En politique, sans connaissance de ses racines profondes on ne peut pas comprendre les problèmes à régler.Les processus migratoires méritent d’être connus. Aujourd’hui tout a besoin d’être monétisé. Or il est difficile de monétiser les sciences humaines. C’est pour cela que les Etats doivent s’investirent. Le Kazakhstan pourrait servir de plate forme pour la recherche en sciences humaines.

Dr Luiz Oosterbeek – archéologue et secrétaire général du Conseil International de la Philosophie et des Sciences Humaines Portugal :
Le processus de l’immigration s’étudie selon 2 mécanismes : l’assimilation, la conservation, la mémoire d’un coté, et de l’autre l’accommodation, la flexibilité de comportement, l’incorporation, l’histoire. Le changement de comportement présente d’abord une résistance qui implique souvent la mort que suscitent les affrontements. Les grandes migrations sont associées aux changements climatiques et notamment aux réchauffements climatiques. Avec les migrations, des frontières sont construites pour garder l’identité du territoire « conquis » mais les mariages exogamiques engendrent une nouvelle identité.

 – Débat –

Il est indispensable de ne pas dissocier l’étude génétique, qui est une science récente, des études archéologiques qui regroupent plusieurs disciplines sur des territoires plus étendus.


Changement linguistique et culturel


Dr Zhaken Taimagambetov :– directeur adjoint du Musée National du Kazakhstan :
Tout le monde sait que l’homme est apparu en Afrique et qu’il s’est propagé. En Géorgie, on a trouvé une boîte crânienne et une mâchoire d’environ 1,6 millions d’années. On trouve l’itinéraire du nouvel homme d’1million d’années en Eurasie. En Turquie, en Afghanistan, au Kazakhstan, on trouve des campements où sont concentrés de petits objets. La datation est difficile parce que ces objets ne sont pas enfouis. Ils sont comparables à ceux que l’on trouve en Afrique.

Dr Marsil Farkhshatov – directeur de département à l’institut d’Histoire, Langue et Littérature du Centre Scientifique d’Oufa, Académie Russe des Sciences : L’identification des découvertes est difficiles. Zedi Validi Togan fut un homme politique et un scientifique, un « turcologue » spécialiste du 11ème et 14 ème siècle. Il reconnaît que ce qui est le plus controversé dans les recherches est la question de la datation. Les objets sont à la surface du sol. Il est difficile de les comparer à ceux qui existent en Asie ou en Afrique. Donc on parle de « datation relative ». Mais il est reconnu que l’homme vient de l’Afrique.

Dr Tsagaan Turbat – chef du département de l’ère du Fer et du Bronze à l’Institut d’Histoire et d’Archéologie, Académie Mongole des Sciences :
Au 1
er millénaire avant Jésus-Christ, un échange intensif de biens précieux a eu lieu entre le monde méditerranéen et le monde asiatique. On trouve aujourd’hui en Mongolie de grands sites aux découvertes prestigieuses : tombes d’élite, tombes circulaires, art rupestre. Certains sites sont inscrits au patrimoine mondial. Les nécropoles des élites sont liées à la culture chinoise. Dans les années 1920 des objets chinois ont été trouvés dans les tombes de nomades. Certains objets viennent de bien plus loin : par exemple un tapis « serait » d’origine occidental. Les chercheurs se posent beaucoup de questions sur l’origine de ces objets. Dans les tombeaux circulaires datés de l’âge du fer, on constate des restes de sacrifices d’animaux. Des objets s’y trouvent, qui viennent du monde méditerranéen oriental : perles, poteries, céramiques.

Dr Farhad Guliyev – archéologue spécialisé dans l’histoire de l’Antiquité et l’archéologie du Caucase et de l’Asie Mineure à l’Académie Azerbaïdjanaise des sciences :
Les premières sociétés néolithiques datent de 5950 à 5450 avant Jésus-Christ. Les fouilles au sud du Caucase ont commencé en 2008 et ont mis en évidence des pratiques agricoles datant de 8000 ans. Les populations d’agriculteurs « seraient » parties du Moyen Orient lors de changements climatiques. On trouve des objets qui ont des points communs avec ceux trouvés au Moyen Orient : silex, des pointes, des frondes.

– Débat –

Plus tard d’autres analyses permettront de différencier ce qui est de la transmission et ce qui est des mutations locales. Les échanges ne seraient pas tant des actes de commerce que du pillage.


Savoirs, développement et avancées technologiques


Prof. Leyla B. Djansugurova – directrice générale de l’Institut de génétique et cytologie Kazakhstan :
Le Kazakhstan est au carrefour de l’Europe et de l’Asie. Ce pays est peuplé de tribus diverses : iraniens, turcs, irakiens puis plus tard de mongols. Les projets d’études des mouvements de ces tribus sont récents (de 2013 et 2014) et sont menés à partir des découvertes archéologiques.

Dr Mehmet Ozdogan – archéologue et professeur émérite à l’Université d’Istanbul Turquie :
L’Anatolie est importante à cause de sa position géographique. Il s’agit à la fois d’un pont et d’une barrière. Du néolithique à l’âge de bronze, on passe d’une société de chasseur cueilleur durant laquelle ont eu lieu plusieurs déplacements, une dissémination des populations vers le centre de l’Anatolie, région peu peuplée à une société qui se tourne vers l’ouest, qui commerce, pour laquelle la métallurgie joue un rôle important d’où le commerce des métaux. C’est à cette époque qu’apparaît la domestication du cheval, que des caravanes assurent des échanges.

Dr Garret Hellenthal – chercheur Sir Henry Dale à l’Institut de Génétique, University College London :
Le problème de la recherche est que nous disposons de peu d’échantillons en raison du froid climatique. Mais les 800 échantillons disponibles sont de très grande qualité. On ne peut remonter que sur 5000 à 4000 avant Jésus-Christ parce que les segment de recherche sont trop petits. Les brassages les plus anciens sont cachés.

 – Débat –

On ne sait pas grand-chose de la population anatolienne avant l’âge de bronze. Il s’agit d’étudier ce que dit l’ADN et, pour l’interpréter, d’utiliser d’autres disciplines.