Le CCIC dans la préparation de la Conférence

Le CCIC s’est engagé dans la préparation de la Conférence générale de l’UNESCO qui s’est déroulée du 5 au 20 novembre dernier.

Membre du comité de liaison ONG-UNESCO, le Centre a participé aux débats des commissions préparatoires à la Conférence générale au titre de son statut de consultant-partenaire de l’UNESCO.

Il a fait sien le travail à accomplir concernant l’inter culturel et l’inter religieux pour la Paix, et la place des chrétiens dans les turbulences actuelles sur la question de la Famille. C‘est la raison pour laquelle au cours de la réunion des consultants du 3 octobre, les membres présents se sont répartis en 4 groupes (Education, Sciences et sciences humaines et sociales, Culture et Communication-information) pour faire des propositions de thèmes à débattre. Les thèmes retenus ont été transmis au président du Comité de liaison ONG-UNESCO.

Extraits de l’intervention de Patrick Gallaud au débat de politique générale: …Au moment où la Conférence générale est sur le point d’adopter le Programme et Budget 2014-2017 et la Stratégie à moyen terme 2014-2021, qu’il me soit permis de rappeler que les 397 ONG en partenariat officiel avec l’UNESCO souhaitent jouer un rôle actif dans la mise en œuvre du Programme de l’Organisation. Elles constituent d’ailleurs un vivier d’experts reconnus par l’UNESCO…Ce partenariat ONG-UNESCO ne pourra être fructueux qu’en synergie avec les Etats : j’ai eu l’occasion à plusieurs reprises cette année, tant au Comité sur les Partenaires non gouvernementaux qu’au Conseil exécutif, de plaider pour cette nouvelle alliance entre ONG, UNESCO et Etats membres ; c’est en effet tous ensemble que nous arriverons à apporter des réponses au désordre de la planète.

La Directrice générale, lors de l’ouverture de cette session affirmait qu’il fallait « plus d’UNESCO » ; en tant que porte-parole de la communauté des ONG en partenariat officiel avec l’UNESCO, qu’il me soit permis d’ajouter qu’il faut aussi « plus d’ONG », « plus de société civile », « plus de militants », « plus d’engagement » et, en définitive, « plus de partenariat ».

PROPOSITIONS DE THEMES POUR LA COMMISSION EDUCATION (ED)

– Les grands blocages à l’éducation : Enfants déplacés, prostitué(e)s, sans état civil,…

– L’inadéquation des institutions et l’influence des différents partenaires, Ecole, Parents, entreprises,…

– L’égalité hommes/femmes, ville/campagne,

– La nécessaire revalorisation de l’enseignement professionnel

Equipe du CCIC : Alain MERLET (Pax Romana), André LOKISSO (AIED), Anne-Marie AUDIC (OMAEC), Christine DESVEAUX (AIC) et Jacqueline de SAINT SALVY (CCIC)

PROPOSITIONS DE THÈMES POUR LA COMMISSION SCIENCES (SC) et SCIENCES HUMAINES ET SOCIALES (SHS)

– Les limites éthiques de la recherche et de l’expérimentation sur l’homme,

– Le rôle de la cellule familiale,

– L’intégration des enfants soldats démobilisés d’Afrique centrale et de l’ouest,

– Les difficultés (opposition ou inertie) à l’accession à l’autonomie

Equipe du CCIC : François BLIN (FIAMC) , Nicolas CEZARD (UNIAPAC), Jean-Pierre GOHON (IT), Amédée IYANZA (IED), Dominique JACQUEMIN-MANGE(CCIC), Marc TOILLIER (UNIAPAC), JacquesBRASSENS (ILHEPRALCA)

PROPOSITIONS DE THÈMES POUR LA COMMISSION CULTURE (CLT)

– Les tensions entre la diversité culturelle et les droits de l’Homme

– La problématique posée du rapprochement des cultures pour la Paix

Equipe du CCIC : Hubert de QUERCIZE (Fondacio), Alain de LAYRE (CCIC), Colette PETIT (Pax Christi), Jean CONRAD (OIEC), Rodrigo WHITELAW (UNIAPAC)

PROPOSITIONS DE THÈMES POUR LA COMMISSION COMMUNICATION-INFORMATION (CI)

– Le manque de liberté d’expression des médias et la protection des journalistes.

– Les dangers communautaristes dans les radios locales.

– Les « écarts » d’information entre les réseaux sociaux et les medias officiels.

– La diversité des sources d’information.

– L’impact de la violence des images sur les populations fragiles.

– L’éducation à la lecture de l’image.

– La corruption à tous les niveaux

Equipe du CCIC : Françoise MEAUZÉ (CCIC), Marie-Christine LATTES (CCIC), Denis CHAIGNE (CCIC), Marie-France LENA (IT), Monique SCHERRER (BICE).

II – Travail des commissions préparatoires à la Conférence générale

Chaque commission, composée des représentants des pays membres de la Conférence générale, a travaillé pendant deux à trois jours sur les thèmes qui ont été retenus pour ajuster les points de vue de chacun afin de présenter les conclusions au vote de la conférence. Le CCIC, en tant qu’observateur, a assisté à chacune d’entre elles. (Voir le site de l’UNESCO, 37° conférence générale : nouvelle stratégie fixée pour les huit années à venir pour répondre aux objectifs de développement  dans les domaines de l’éducation, de la science, de la culture et de la communication).

COMMISSION ÉDUCATION (ED)

Les points retenus qui ont été ouverts au débat se rapportent à l‘éducation au-delà de 2015, la validation des conclusions du Forum des jeunes, les institutions éducatives et culturelles  dans les territoires arabes occupés, la création d’instituts et de centres de catégories 2, notamment en Arabie Saoudite et en Egypte, la révision de la classification internationale type et de trois instruments normatifs de l’éducation, la mise en œuvre de la Décennie des Nations Unies pour l’éducation du développement durable et l’alphabétisation. L’éducation pour tous reste la priorité. Elle apporte les moyens du développement de l’esprit de paix au sein de tous les pays membres de l’UNESCO.

Les pays intervenants ont particulièrement insisté sur la nécessité de programmes qui permettent aux filles d’accéder à l’éducation. Il y a encore trop de pays où les filles et les femmes sont défavorisées : difficultés économiques qui les pénalisent, traditions ancestrales, arrêt des études pour grossesses précoces, violences, sociétés patriarcales. . D’autre part le Forum des jeunes, très apprécié, a permis de réaffirmer que la jeunesse doit être au centre de toute initiative.

COMMISSION SCIENCES (SC) et SCIENCES HUMAINES ET SOCIALES (SHS)

Les débats de la Commission ont donné lieu à des interventions de 99 pays membres dont certaines à 2 reprises. Ces interventions ont amené des réponses de la part des dirigeants des secteurs de l’UNESCO pour les Sciences naturelles, le Planning stratégique et de la Commission intergouvernementale océanographique. La représentante du Forum des jeunes est aussi intervenue dans les débats. La priorité « Afrique et petits états insulaires » et l’augmentation de la place des femmes dans les carrières scientifiques ont été largement mis en avant.

Les représentants du CCIC ont été très sensibles aux objectifs stratégiques du secteur des sciences suivants :

       L’aide à l’enseignement scientifique formel et informel

       La coopération avec les peuples autochtones pour la sauvegarde et la promotion des savoirs locaux

       L’obtention et le partage des informations et connaissances scientifiques (TIC) pour la construction d’une société inclusive du savoir

       Le leadership en matière de normes internationales pour la science et les technologies notamment en bioéthique et dans le nouveau domaine des nanotechnologies : respect de l’intégrité des individus, de leurs droits et de leur bien-être

       La promotion de l’intégrité et de la responsabilité dans l’agenda de la recherche

Ils ont aussi noté le rôle majeur que l’UNESCO souhaite donner à la communauté des ingénieurs (notamment les femmes) pour la découverte de solutions pratiques et innovantes. L’UNESCO souhaite établir des partenariats avec la société civile : les associations professionnelles d’ingénieurs, le secteur de l’industrie, les milieux universitaires et les organismes publics.

La Commission sciences humaines et sociales a développé l’importance de la culture comme moteur de développement économique et social, grâce à « l’économie créative ».

L’économie créative est l’un des secteurs se développant le plus rapidement au sein de l’économie mondiale (5% du PDP mondial). Elle joue également un rôle prépondérant en générant d’importants revenus et en créant des emplois et des possibilités d’exportation. Fort de ce constat, de nouvelles initiatives doivent être prises pour encourager l’innovation et la créativité, au niveau national, et notamment dans les villes et les régions des pays en voie de développement.

Les pays en développement obtiennent des résultats encourageants dans le domaine de la créativité, en dépit d’infrastructures, de capacités institutionnelles et d’investissements limités.

Dans le cadre du processus post-2015 de l’agenda du Développement des Nations Unies, le Rapport mettra en évidence les facteurs clés de succès de l’économie créative et le rôle de la culture dans le développement durable. 

Les conditions de succès de l’économie créatives déjà identifiées comprennent :

ü  Un soutien institutionnel

ü  Une forte créativité

ü  Une industrie culturelle et/ou audiovisuelle

ü  Et, une approche multilatérale.

Le Rapport s’intéressera aux acteurs locaux de l’économie créative et aux politiques culturelles locales. Un web documentaire sera mis à disposition d’ici la fin de l’année.

La question de l’eau a fait l’objet de deux interventions. Elles ont retenu l’attention du CCIC.

1°) Bilan de l’année internationale 2013 de Coopération sur l’Eau Nations Unies

Le Programme Hydrologique International (PHI) de l’UNESCO a organisé un programme spécial qui a permis de passer en revue les principales réalisations de l’année :

Ø  La Conférence internationale de Duschambe (Tajikistan) d’août 2013 a obtenu les engagements suivants des participants pour accroître la coopération internationale dans le domaine de l’eau :

o   S’inscrire dans les programmes de développement durable

o   Mettre en place des règles juridiques et scientifiques

o   Former les acteurs humains et scientifiques

o   Favoriser les investissements de coopération

o   Entreprendre des programmes de recherche partagés.

Ø  La Conférence de l’eau à Budapest (octobre 2013) a recommandé 3 axes :

o   Promouvoir  l’éducation dans le domaine de l’eau, en particulier avec IHE

o   Accroitre les capacités

o   Former des experts pour l’Afrique.

La Déclaration de Budapest confirme que pour un monde durable, l’eau doit être un élément prioritaire durable. L’accès à l’eau, le traitement des eaux usées et la gestion des pénuries et catastrophes doivent figurer parmi les priorités de la coopération.

Ø  Le Conseil interministériel de l’eau pour l’Afrique progresse dans ses actions grâce à :

o   Une approche par bassin (Niger, Nil, …) et sous bassin

o   Partage des besoins de recherche

o   Collecte et gestion conjointe des données

o   Interface politique, économique et scientifique.

Aujourd’hui, il existe en Afrique 5 bassins partagés sous l’égide du conseil interministériel.

Ø  L’Allemagne et le Brésil ont mis en avant leurs actions pour la coopération pour l’eau.

L’Allemagne a investi 350 M€ pour réaliser des projets dans le domaine et est intervenue avec l’Espagne pour mettre en place le droit à l’eau auprès du Conseil des droits de l’Homme. Quant au Brésil, il a mis en place un centre de recherche et d’éducation pour l’eau HidroEX.

2°) Education et renforcement des capacités  dans le domaine de l’eau

L’éducation et le renforcement des capacités dans le domaine de l’eau sont essentiels à la sécurité de l’approvisionnement en eau douce et à la réalisation des objectifs de développement liés à l’eau. Des exemples de réalisations de l’UNESCO et des états membres sont présentés ci-dessous.

Ø  Université de Dundee (Water Law dept) L’organisme a réalisé des formations et mis en place une expérience de partage transfrontalier de l’eau au Cambodge et au Vietnam, avec des actions d’éducation, sensibilisation, conception du cadre juridique et analyse de scénarii pour le rôle des femmes.

Ø  UNESCO Section Éducation pour le Développement durable. Il faut retenir 3 projets en cours :

·         En Europe, projet d’éducation « Danube » avec les écoles riveraines associées (10 M personnes)

·         Au Cambodge, programme de classes pour enfants sur l’eau et la forêt

·         En Inde, programme « Champions pour l’environnement » avec 2000 écoles. 

Ø   Institute for Water Education (IHE) à Delft (Hollande) : Partenaire de l’UNESCO pour la formation d’experts.

Ø  HidroEX : Centre de recherche et de formation sur l’eau du Brésil : 11% de l’eau potable mondiale.

Ø  Simev (France) se concentre sur la formation et la recherche dans le domaine de l’eau en vue de l’utilisation de techniques innovantes, de filtration avec membranes  en particulier (réalisations au Maroc et au Burkina Faso).

COMMISSION CULTURE (CLT)

Cette Commission a confirmé l’effort de l’UNESCO pour la préservation du patrimoine mondial. Les échanges vécus au Forum des jeunes ont fait particulièrement ressortir les effets bénéfiques de leur participation à la conservation et à la mise en valeur du patrimoine. Ces actions participent pleinement à la Paix. Le Forum a recommandé la promotion de l’apprentissage interculturel et des échanges. Il insiste  sur la nécessaire mobilisation, à tous les niveaux, du patrimoine vivant pour le développement durable et la protection du patrimoine mondial.

Les membres du CCIC, présents à la Commission, ont noté l’adhésion du « Saint Siège au projet d’un instrument normatif sur la protection et la promotion des musées et des collections […] afin de constituer pour les musées et les sites archéologiques, des zones protégées ».

 « Les objectifs regardant le dialogue interculturel et le rapprochement des cultures ne figuraient pas dans le programme de la Conférence générale mais a été transféré à la commission des sciences sociales et humaines. » Il a rappelé que « la première exigence du rapprochement des cultures est la culture du rapprochement. » Cette remarque rejoint l’intervention développée à la Commission « sciences humaines et sociales » sur l’économie créative.

COMMISSION COMMUNICATION-INFORMATION (CI)

L’assemblée des représentants gouvernementaux a travaillé à la finalisation d’un document, qui a été présenté à la Conférence Générale pour adoption. Il s’agit du Programme Information pour Tous, utilisant les Nouvelles Techniques de Communication.

En règle générale, les pays ont apporté leur soutien au texte proposé et ont noté la nécessité de mettre des ressources financières à disposition, car ce programme est important pour des « Sociétés inclusives du Savoir»

On note que dans les pays de faible ou de moyen développement « la fracture numérique/informatique existe » et que le programme est essentiel pour eux. Sa mise en œuvre doit donc être programmée.

La Société inclusive du Savoir et du Développement Durable doit se construire selon des étapes à fixer, dans l’agenda post 2015.

Le besoin de sécuriser le cyber espace a été relevé par plusieurs pays, ainsi que la nécessité d’accéder au haut débit pour internet. Ces questions relèvent de la gouvernance des pays.

Les besoins spécifiques des personnes mal voyantes doivent être pris en compte dans les bibliothèques/médiathèques, par des services adaptés. Il s’agit de 160 millions de personnes dans le monde, toutes incapacités confondues.

Pour le programme « Mémoire du Monde», il est recommandé :

          De travailler à la numérisation des documents précieux,

          De veiller à leur conservation une fois numérisés,

          De préserver les outils informatiques qui deviennent obsolètes et les logiciels dépassés, afin d’assurer l’accès  aux  documents,

          De s’assurer des possibilités de financement avant de s’engager dans « une action au service de la mémoire collective de l’humanité »

          De se doter de nouveaux « outils », les Chartes de 2003 et 2009 se révélant insuffisantes car elles ne comportent pas de mesures contraignantes. L’ensemble des experts s’accorde sur ce besoin, ce qui n’était pas le cas il y a encore quelques années.

Extrait de l’intervention du représentant du Saint-Siège : « …La fracture numérique ne se limite cependant pas à des difficultés d’accès. Ainsi, comme le soulignait le Saint-Père, « au-delà des technologies, l’objectif est… de savoir s’insérer dans le dialogue avec les hommes et les femmes d’aujourd’hui, pour en comprendre les attentes, les doutes, les espérances. »[1] Or, un tel dialogue implique que soit préservée la spécificité des cultures et des langues de chaque groupe humain, ainsi que ses traditions spirituelles… »

Open space : la reconnaissance des ONG et de leur Comité de Liaison, par l’ensemble de l’UNESCO sera sans doute le point le plus positif de cette Conférence Générale. La prestation du CCIC a été considérée comme performante, par le nombre des auditeurs et les présentations

Les femmes dans l’histoire de l’Afrique : un outil d’e-formation Les membres du CCIC ont assisté à la présentation de ce projet. Il a pour but de mettre en lumière le rôle des femmes dans l’histoire de l’Afrique par la création d’une plate-forme internet à but pédagogique. Il s’inscrit dans le cadre et la continuité de l’Histoire générale de l’Afrique (8 vol) qui est actualisée par un 9ème volume prenant, notamment, davantage en compte la diaspora africaine sur les divers continents. Le projet a aussi pour objectifs une utilisation plus large et pédagogique des contenus, la promotion de l’éducation des filles et l’égalité des genres par la présentation de figures féminines, la diffusion d’outils pédagogiques faisant appel aux nouvelles technologies.

La 1ère phase du projet (2012-2013) a abouti à la construction technique de la plate-forme, à l’élaboration des 8 premiers modules présentant 8 figures féminines de différentes époques et pays. Les maquettes des pages d’accueil des différents modules ont été présentées en séance. Accès à la plate-forme : http://fr.unesco.org/womeninafrica/qui propose des documents multimédia (dossiers pédagogiques, bandes dessinées, enregistrements sonores, quiz). Une douzaine d’autres personnages vont être ajoutés en 2014-2015.

Dans un premier temps les contenus sont proposés en français et en anglais, au terme de la 2ème phase ils le seront également en arabe, portugais et dans diverses langues africaines. (Compte rendu de Nadine Boddaert IT)

Dans sa réunion finale, la Conférence générale a confirmé que l’Afrique et l’égalité des genres resteraient les priorités de l’Organisation pour les huit prochaines années et que la paix et le développement durable sont les objectifs qui orienteront toutes les activités de l’Organisation.



[1] Sa Sainteté le Pape François, Discours aux participants de l’assemblée plénière du Conseil Pontifical pour les Communications Sociales, 21 septembre 2013.