Protection et Promotion de la Diversité culturelle

Session annuelle du Comité intergouvernemental
de la Convention de 2005
« Protection et Promotion de la Diversité culturelle »


Au cours de cette session ordinaire, les services rendent compte de la situation au travers d’indicateurs de performance (rapport d’activité, rapports quadriennaux des parties etc.) ; sont aussi validés les projets appelés à être financés par un fonds spécialisé et identifiés les actions prioritaires pour l’année à venir ; deux points ont particulièrement retenu l’attention : le premier  sur la contribution de la société civile à la Convention, d’où il ressort la diversité des centres d’intérêt, mais aussi les difficultés parfois aiguës pour préserver la diversité et la créativité culturelles ; le second avec la présentation du Rapport mondial sur la diversité culturelle dont le titre dit l’importance : « Repenser les politiques culturelles. La créativité au cœur du développement. »


Cette onzième session du Comité intergouvernemental de la Convention de 2005 s’est tenue à Paris du 12 à 15 décembre 2017. Pour mémoire, « la Convention de 2005 sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles» est une des sept conventions culturelles de l’UNESCO :

2003 – Sauvegarde du patrimoine culturel immatériel ;
2001 – Protection du patrimoine culturel subaquatique ;
1972 – Protection du patrimoine mondial culturel et naturel ;
1970 – Lutte contre le trafic illicite des biens culturels ;
1954 – Protection des biens culturels en cas de conflit armé ;
1952, 1971 – Protection des droits d’auteur et droits voisins.

Le Comité intergouvernemental de la Convention de 2005 est composé de représentants de 24 États Parties à la Convention, élus pour un mandat de quatre ans par la Conférence des Parties. Sa fonction principale est de promouvoir les objectifs de la Convention et d’assurer le suivi de leur mise en œuvre. Le Comité intergouvernemental se réunit une fois par an.

Lors de chaque session, le Secrétariat de la Convention rend compte de ses réalisations et soumet une proposition pour les activités futures du Comité. Les principaux documents mis à disposition à ce titre sont les suivants : « Rapport du secrétariat sur ses activités » ; « Activités futures du Comité : Projet de plan de travail, calendrier, ressources » ; « Rapport du Secrétariat sur la mise en œuvre du Fonds international pour la diversité culturelle (FIDC) » ; « Rapports périodiques quadriennaux ».

Deux thèmes importants ont été inscrits à l’agenda de cette session : la présentation du Premier rapport des organisations de la société civile sur leurs activités et le lancement de la deuxième édition du Rapport mondial sur la mise en œuvre de la Convention de 2005.

Bilan de la mise en pratique de la Convention/ Le rapport du Secrétariat

Dans son rapport d’activité, le secrétariat donne surtout des informations sur le suivi des réalisations dans le cadre des objectifs de la Convention couvrant la période 2016-2017. Ces restitutions se rapportent au renforcement et à l’utilisation des capacités pour l’élaboration des politiques nationales et aux mesures concrètes prises pour promouvoir la diversité des expressions culturelles.

Plusieurs indicateurs de performance permettent de rendre compte de l’évolution de la situation, ils couvrent les principales préoccupations sous-jacentes à la Convention :

– la mise en place de mesures et de politiques nationales, concernant le renforcement des ressources humaines et institutionnelles pour favoriser la diversité des activités, des services et des biens culturels. A noter sur ce sujet que 34 pays ont bénéficié d’une assistance technique nationale (pour la plupart en Afrique, Asie, Amérique du Sud) ; plusieurs modules de formation ont ainsi été expérimentés pour sensibiliser à la Convention, aider au développement de politiques favorables à la créativité et faciliter l’élaboration de rapports périodiques pertinents.

la soumission et le traitement des demandes d’assistance internationale, la mise en œuvre et le suivi des projets (FIDC, Fonds International pour la Diversité Culturelle) : 217 demandes au FIDC ont été traitées, 77 projets ont été mis en œuvre et 13 projets en cours ont été suivis.

les rapports périodiques quadriennaux sur la mise en œuvre de la Convention au niveau national soumis, traités et analysés par le Secrétariat et examinés par les organes directeurs et nombre de rapports traitant des questions de genre : 69 rapports ont été présentés, en tout, dans les deux ans, 96 pratiques innovantes décrites ; à signaler la mise en ligne d’une nouvelle plate-forme pour aider à l’harmonisation des informations fournies par les Parties avec le cadre de suivi (https://fr.unesco.org/creativity/policy-monitoring-platform).

le nombre de Parties à la Convention : on compte actuellement 145 pays signataires ainsi qu’une organisation supranationale, l’Union Européenne. Alors qu’on visait au moins 8 nouvelles ratifications, dont 4 de régions sous-représentées, il n’y a eu que 5 nouvelles Parties (Ghana, Saint-Kitts-et-Nevis, Soudan du Sud, Timor-Leste, Turquie), dont seulement 1 de région sous-représentée.

le nombre de parties prenantes impliquées dans la mise en œuvre de la Convention contribuant à alimenter le système de gestion de connaissances. Pour la mise à jour de cet indice, on a pris en compte la contribution de 43 parties prenantes issues de la société civile. Il a été téléchargé 170 nouvelles histoires,
 200 nouveaux fichiers de médias et 300 documents dédiés à la diffusion de connaissances en vue d’appuyer les activités de renforcement des capacités, et notamment les actions, outils et méthodologies d’élaboration des politiques.

le nombre d’organisations au sein et en dehors du système des Nations Unies, de la société civile et du secteur privé contribuant à la réalisation du programme : 4 partenariats ont été établis avec: l’Université Laval
 (Chaire UNESCO sur la diversité des expressions culturelles, Québec, Canada); l’Université d’Hildesheim (Chaire UNESCO sur les politiques culturelles pour les arts dans le développement, Hildesheim, Allemagne); Centre international pour la créativité et le développement durable (centre de
catégorie 2, Chine); Fédération internationale des conseils des arts et agences culturelles (FICACC). 40 organisations de la société civile (parmi lesquelles le Centre Catholique International de Coopération avec l’UNESCO) sont présentes régulièrement aux réunions des organes directeurs.


Le point sur les rapports périodiques 2017 : un bilan décevant

Les rapports périodiques (pour mémoire, chaque pays signataire de la convention doit présenter tous les quatre ans un rapport périodique détaillant les mesures prises au niveau national pour la mise en pratique de la Convention). Sur les 19 rapports attendus en 2017, seulement 6 ont été adressés (un taux de soumission de 31,5 %). Ces faibles retours touchent tous les groupes régionaux : ainsi, pour le groupe I, sur deux rapports attendus les Pays-Bas ont transmis leur restitution mais pas la Belgique, pour le groupe II, la Bosnie-Herzégovine a soumis son rapport, la Serbie non, pour le groupe III, sur les 9 rapports attendus, 3 pays seulement ont été en mesure de répondre (Colombie, Saint-Vincent-et- les Grenadines, Venezuela). Les 6 pays qui n’ont pas pu fournir leur contribution sont les suivants : Antigua-et-Barbuda, République dominicaine, El Salvador, Grenade, Guyane, Nicaragua. Les deux pays du groupe IV qui devaient une contribution (Afghanistan, Australie) n’ont rien transmis. Il en a été de même pour le groupe Va, pour l’unique rapport attendu des Comores. Enfin, concernant le groupe Vb, le Maroc a soumis son rapport mais pas l’Irak ni le Qatar.

Ces résultats décevants peuvent traduire une faiblesse des capacités mais peut-être aussi une implication insuffisante au niveau national.


La Convention dans le futur proche. Les projets financés par le Fonds International pour la Diversité Culturelle

Si on se projette dans le futur, sept projets ont été soumis à la décision du Conseil pour leur ouvrir l’accès au financement par le Fonds International pour la Diversité Culturelle (FIDC). Ces projets et leurs objectifs sont les suivants :

– au Monténégro, avec comme objectif « faire des industries créatives et culturelles un secteur économique viable », le projet est soutenu par une ONG, Institute for Entrepreneurship and Economic Development

– Guatemala, Mexique : « renforcer les micro-industries innovantes et créatives régionales en encadrant les jeunes entrepreneurs des cultures marginalisées et indigènes de Mesoamérica », projet soutenu par l’ONG Ventana a la Diversidad (Window to Diversity)

– Bolivia, Colombia, Ecuador, Mexico, Peru, Uruguay : « appropriation, renforcement et promotion du cinéma latino-américain à travers la plateforme numérique régionale du cinéma Retina Latina », un projet proposé par le Ministère de la Culture colombien — Direction de la Cinématographie.

– Ukraine, un projet sur la dimension économique des pièces de théâtre: transformer l’industrie théâtrale, projet soutenu par National Union of Theatre Workers of Ukraine (NUTWU)

– Brésil : «  renforcement des chaînes et réseaux culturels locaux dans quatre pôles culturels de taille moyenne brésiliens », projet soutenu par Cebrap – Centro Brasileiro de Análise e Planejamento (Brazilian Centre of Analysis and Planning)

Albanie : « Impliquer les communautés de Tirana dans l’art et les politiques publiques », projet soutenu par l’ONG Ekphrasis Studio

– Sénégal : « Mobiciné : Le cinéma de proximité comme outil de promotion de la diversité culturelle », projet soutenu par l’ONG Culture Waw.

Chaque projet recevra un financement maximal de 100 000 USD. 


Les activités futures du Comité

La Conférence des Parties a identifié quelques objectifs sur lesquels le Comité doit se concentrer dans la période 2018-2019 :

–  mettre en œuvre la stratégie globale de renforcement des capacités ; 


–  mettre en œuvre le Fonds international pour la diversité culturelle, sa stratégie de levée de fonds et de communication et examiner les résultats de la deuxième évaluation externe en proposant des recommandations à la septième session de la Conférence des Parties. Cette deuxième évaluation externe constatait surtout que les contributions nationales au Fonds vont en diminuant alors que la charge de travail du Secrétariat de la Convention augmente ;

– poursuivre ses activités de suivi des politiques pour évaluer l’impact de la Convention (collecte et analyse de données, d’informations et de bonnes pratiques dans les rapports périodiques quadriennaux des Parties et d’autres sources) et partager les résultats par la publication d’un Rapport mondial quadriennal ou biennal et par le biais d’un système global de gestion des connaissances. Une attention particulière sera portée au suivi de l’impact des articles 16 (« Traitement préférentiel pour les pays en développement ») et 21 (« Concertation et coordination internationales »).

– sous réserve de la disponibilité de fonds extra-budgétaires, identifier des actions prioritaires (bonnes pratiques) en rapport avec les directives opérationnelles sur la Convention dans l’environnement numérique ;

– poursuivre la recherche de synergies pour le suivi des politiques et des mesures liées à la Recommandation de 1980 relative à la condition de l’artiste ;

– continuer à encourager et soutenir la participation de la société civile dans le travail des organes directeurs de la Convention et établir une stratégie de mobilisation des parties prenantes ;

– réviser les directives opérationnelles relatives à l’article 9 « Partage de l’information et transparence », y compris l’Annexe sur le Cadre des rapports périodiques quadriennaux et rendre disponibles, sur le site Web de la Convention, les rapports périodiques quadriennaux reçus avant chaque session du Comité ;

– explorer des pistes d’action concrètes pour la mise en œuvre effective de l’article 13 « Intégration de la culture dans le développement durable », en soutien au Programme de développement durable à l’horizon 2030 des Nations Unies, y compris, si nécessaire, une révision des directives opérationnelles ;

– poursuivre l’examen de la mise en œuvre de l’article 16 de la Convention de 2005 : « Traitement préférentiel pour les pays en développement » en vue de réviser, si nécessaire, les directives opérationnelles.


Le premier rapport de la société civile: l’implication des ONG, leurs difficultés en rapport avec la Convention

A souligner par ailleurs une première, à savoir la présentation d’un rapport d’activité des organisations de la société civile (actives dans le domaine de la diversité culturelle). Ce rapport résulte de la contribution de 70 organisations représentant 2627 organisations de la société civile participant à la Convention. Il a été structuré en suivant le cadre de la Convention qui s’articule autour de quatre objectifs.

Ainsi, concernant le premier objectif, « soutenir des systèmes de gouvernance durables de la culture », il est fait le constat qu’à travers le monde, l’implication des OSC (Organisations de la Société Civile) dans la gouvernance de la culture affiche des différences considérables. De même, les centres d’intérêts qu’ont les OSC pour soutenir des systèmes de gouvernance durables de la culture sont différents selon les régions. En Europe, les OSC sont très préoccupées par les difficultés liées à la diversité culturelle et au passage au numérique, notamment en ce qui concerne les droits de propriété intellectuelle des artistes, créateurs et autres détenteurs de droits. Dans d’autres régions, surtout en Afrique, les OSC sont très engagées dans les problèmes liés aux droits et aux libertés des créateurs et des artistes.

Concernant le deuxième objectif, « parvenir à un flux équilibré des biens et services et accroître la mobilité des artistes et professionnels de la culture », on a pu constater que la disparité des richesses et des ressources entre les régions et entre les États au sein des régions, surtout en Asie et en Afrique, a un impact négatif sur le flux des biens et services. Ce phénomène est aggravé avec l’obsolescence rapide des modèles réglementaires existants. La mobilité des artistes et des professionnels de la culture reste problématique, particulièrement entre les pays du Nord et du Sud. D’après les activités signalées, les OSC jouent un rôle considérable dans la facilitation de cet objectif important de la Convention. La principale activité dans ce domaine a été l’organisation d’événements, de conférences, d’ateliers et de festivals pour favoriser la sensibilisation.

Pour l’objectif 3, « l’inclusion de la culture dans les cadres de développement durable », les activités des OSC s’inscrivent dans un large champ d’action: les interventions culturelles, les projets d’aide au développement technique, le renforcement des capacités pour le secteur artistique, culturel et créatif, la recherche, la défense, la conception et l’analyse des politiques, etc. La grande question, surtout concernant l’avenir, est la capacité de la Convention de 2005 à conserver sa pertinence dans ce contexte de programmes politiques changeants, notamment celui du développement durable. Bien que la Convention soit un instrument qui permette de suggérer des normes dans le domaine de la culture et du développement durable, ses impacts pratiques à cet égard ont été limités.

Pour l’objectif 4, « promouvoir les droits de l’homme et les libertés fondamentales », est une nécessité pour rendre possible la création et à la diffusion d’expressions culturelles diverses ainsi que l’accès à ces dernières. On constate cependant, dans un certain nombre de cas, une certaine inertie chez les Parties lorsqu’il s’agit d’applications concrètes, particulièrement en ce qui concerne la défense et la promotion de l’égalité des genres et le droit à la liberté artistique. La protection de la liberté artistique n’est pas un sujet que les Parties traitent spécifiquement et régulièrement dans leurs rapports.

Parmi les OSC, le nombre et la portée des programmes de résidence pour les artistes en danger a augmenté au cours des dernières années et a atteint son plein potentiel dans certaines régions ; les recherches relatives à la liberté artistique n’en sont qu’à la phase de développement et les efforts de plaidoyer n’en sont qu’à leurs balbutiements.

En 2016, plus de 1000 violations du droit à la liberté artistique ont été constatées dans 78 pays, suivant l’inquiétante tendance d’une augmentation de la menace qui pèse sur les artistes et sur les expressions artistiques. Parmi les cas de violations rapportés, on compte des meurtres, des peines de prison, des censures et des agressions prenant pour cibles à la fois les artistes et leurs publics. Les responsables de ces violations sont à la fois des acteurs gouvernementaux et non gouvernementaux. Lorsque des femmes artistes sont visées, c’est souvent justement à cause de leur genre. Dans plusieurs pays, il est interdit aux femmes artistes de se produire seules ou devant des publics mixtes. Ces attaques et ces interdictions ont eu des effets dévastateurs sur la diversité des expressions culturelles.

Suite au passage en revue des activités et des difficultés dans la poursuite de l’action de ces ONG, 13 recommandations ont été présentées au Comité Intergouvernemental, comme celle de renforcer la contribution de la société civile auprès des organes directeurs, celle de soutenir la diversité de la production de contenu local ou celle d’aider les pays à développer des cadres et des instruments juridiques pour promouvoir la liberté d’expression artistique et en assurer le suivi.


Le second Rapport mondial sur la diversité culturelle

Autre point marquant de cette session, la présentation de la nouvelle édition, celle de 2018, du Rapport mondial sur la diversité culturelle intitulé « Re/penser les politiques culturelles. La créativité au cœur du développement ». La première édition de ce rapport a été éditée en 2015.

Ce rapport est un bilan sur l’application de la Convention de 2005 sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles. L’analyse est conduite par rapport aux quatre objectifs de la Convention, lesquels apparaissent en ligne avec l’Agenda 2030 pour le Développement Durable. (Ces quatre objectifs sont : 1. soutenir des systèmes de gouvernance durables de la culture ; 2. parvenir à un flux équilibré des biens et services et accroître la mobilité des artistes et professionnels de la culture ; 3. l’inclusion de la culture dans les cadres de développement durable ; 4. promouvoir les droits de l’homme et les libertés fondamentales). Pour chaque objectif, une appréciation est portée sur les performances, les défis à relever et des recommandations sont émises.

Le Rapport peut être consulté à l’adresse : http://unesdoc.unesco.org/images/0026/002606/260601f.pdf

Le prochain Conseil Intergouvernemental de la Convention de 2005 aura lieu de 11 à 14 décembre 2018 à Paris.

Événements à venir


Lundi 22 janvier 2018
Échange traditionnel des vœux à 19h


Vendredi 4 mai 2018
Colloque : « Puissances numériques et Éthique de la finitude humaine , comment concilier grandeur de l’Homme et homme augmenté ?»

Avec le père Thierry Magnin, recteur de l’Université catholique de LYON-UCLY et en partenariat avec lAcadémie catholique de France


LA VIE DU CCIC


Mardi 28 novembre 2017
de 10h à 13h : Réunion des consultants : les échos de la Conférence Générale puis intervention/atelier sur le thème « Violence et paix, utopie ou espoir ? »


Lundi 22 janvier 2018
17 h réunion des consultants


Jeudi 22 mars 2018
Réunion de consultants 9h30 14h : atelier de Convergence pour construire ensemble une stratégie de réseau ONG/CCIC 


Mercredi 11 avril 2018
Assemblée générale 16h30



Halte spirituelle avec Anne-Claire Bolotte
Date à préciser

 

Vœux du CCIC pour 2017

ccic_voeux
Peinture de KIM EN JOONG

L’espérance, c’est la même chose
que la gratuité
mais elle n’est pas l’utopie

Godfried Card. Danneels



Le 16 janvier, à « l’Accueil Louise de Marillac » où se trouve notre siège, Christine Roche a présenté les vœux du CCIC.

Après avoir remercié les nombreux invités de leur présence Christine Roche a déclaré :


« Nous percevons votre présence comme un encouragement à poursuivre le chemin, à s’engager toujours plus pour entendre, recevoir, et relayer les appels du monde en attente de paix et de justice.

Le temps traditionnel des vœux c’est le temps donné à la parole d’espérance fondée sur la réalité du présent et sur le désir de faire mieux demain.

Le présent du CCIC est riche du bilan d’une année de travail avec le réseau des ONG membres en relation avec l’UNESCO.

Grâce aux multiples propositions du calendrier de l’UNESCO,

que de séances de travail sur la priorité « éducation 2030 »,
que de rencontres, colloques ou forum sur les thèmes allant de la
pensée complexe aux défis de la révolution numérique en passant par la protection des patrimoines matériels et immatériels et le droit à la liberté d’expression et d’information.

Notre équipe de veilleurs a pu relayer les contenus de tous ces événements grâce à leurs comptes rendus diffusés sur notre site. Par ailleurs les Objectifs du Développement Durable « les ODD » sont aussi nos guides pour penser le futur proche 2030 et au delà.

Et toujours cette préoccupation majeure proclamée sans cesse par la Directrice générale Madame Irina Bokova : la construction de la paix dans le monde en instabilité permanente, le dialogue entre les cultures et le respect de la diversité culturelle.

La perspective 2017 de la célébration de 70 années de notre coopération avec l’UNESCO a mobilisé les ONG membres du CCIC. L’interrogation lancinante sur le monde de demain s’est imposée.

Pour cela, nous avons choisi de travailler sur des grands défis de notre monde happé par une modernité qui semble déshumaniser l’humain et oublier que Homme et Création sont indissociables.

Les cinq conférences données en 2016 ont ainsi préparé les contributions du CCIC en réponse à la question titre du forum qui se tiendra en mars « Quel monde voulons-nous construire ensemble ? ». Nous y réaffirmerons notre espérance en une humanité réconciliée grâce à l’amour fraternel et au pardon.

Nous avons aussi souhaité recueillir auprès de témoins connus ou inconnus des messages d’espérance pour agir aujourd’hui et demain. La diversité des réponses est en elle même une grande source d’espérance. La confiance avec laquelle les auteurs ont dévoilé leur espérance nous a interpellés et bouleversés.

Ce recueil sera offert comme un trésor le jour du forum.

L’Espérance c’est une force, une passion qui entraîne le monde dans le combat pour plus de beau, plus de bon, plus de vrai. L’espérance est vaillante et inventive.

L’espérance est amoureuse des femmes et des hommes.

Il faut pour cela une mesure bien pleine… de confiance, un brin d’utopie et une pointe d’humour !

A l’UNESCO, aux associations membres et amies, à chacune et à chacun, un grand merci pour la convivialité avec laquelle nous cheminons ensemble.

Je vous souhaite au nom du CCIC « une année vécue dans la joie, dans l’espérance et dans le succès de vos projets respectifs.»

 

UNESCO : protection de la diversité des expressions culturelles

Dixième comité intergouvernemental de la Convention de 2005
pour la protection de la diversité des expressions culturelles


12-15 décembre 2016
Siège de l’UNESCO

Cette convention est importante par son objet, à savoir « la protection des expressions culturelles », mais encore trop peu connue. Faits à retenir de cette dixième session des États Parties : des directives opérationnelles sur la mise en œuvre de la Convention dans l’environnement numérique entérinés par le Comité pour réglementer les manifestations des expressions culturelles dans ce milieu dans le sens de la préservation de la diversité et d’un accès à la culture pour tous ; un autre fait à retenir serait les restrictions budgétaires. Dans ce contexte la société civile doit jouer tout son rôle, il importe que les ONG soient parties prenantes aux mutations à l’œuvre, pour la promotion de la Culture avec pleine prise en compte de toutes ses dimensions. Un rapport important sera produit en septembre 2017, les ONG sont invitées à y contribuer pleinement.

La «Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles», a été adoptée par la 33ème session de la Conférence générale, le 20 octobre 2005. La convention a deux organes directeurs : La Conférence des Parties et le Comité Intergouvernemental.

La Conférence des Parties est l’organe plénier et souverain de la Convention. Dès lors qu’un État a ratifié la Convention et qu’elle est entrée en vigueur, il devient membre de la Conférence des Parties, laquelle se réunit en session ordinaire tous les deux ans, en juin.

Avec une session tous les deux ans, il y a eu 5 sessions de la Conférence des Parties, la première en 2007 et la dernière en 2015. La prochaine aura lieu le mois de juin 2017. Il y a 144 pays qui ont signé cette convention et une organisation internationale, l’Union Européenne, des 195 membres et 10 membres associés de l’UNESCO. Si l’on regarde les pays où la protection de la diversité culturelle pourrait poser des problèmes, parmi lesquels les pays en conflit, on peut observer que des pays comme l’Afghanistan, l’Irak, la Syrie, le Mali, la Palestine, ont signé cette Convention de l’UNESCO dédiée à la protection de la diversité culturelle, alors que d’autres comme Israël, la Libye, la Yémen ne l’ont pas encore signée.

Le Comité intergouvernemental fonctionne sous l’autorité de la Conférence des Parties et est composé des représentants de 24 États Parties à la Convention, élus par la Conférence des Parties pour un mandat de quatre ans. Le Comité intergouvernemental se réunit, habituellement, une fois par an et sa fonction principale est de promouvoir les objectifs de la Convention ainsi que d’encourager et assurer le suivi de sa mise en œuvre.

Avec la première session en 2007, c’est la 10e session de ce Comité intergouvernemental qui s’est tenue au mois de décembre 2016.
Cette session a particulièrement mis
l’accent mis sur la collaboration avec la société civile, dans le champ de l’application de cette Convention de 2005 sur la protection de la diversité culturelle.

Consulter les décisions prises par le Comité intergouvernemental

Concernant précisément l’objectif d’une plus grande implication de la société civile dans la mise en œuvre de la Convention, le Comité prévoit, surtout, un forum biennal avec la participation des États Parties, du Secrétariat et des ONG impliquées dans la mise en pratique de la Convention de 2005, en amont des sessions (biennales) de la Conférence des Parties, pour travailler en sur la question des dispositifs de nature à favoriser l’atteinte des objectifs de la Convention. Pour l’élaboration du rapport 2017 sur les activités réalisées par les ONG en lien avec la diversité, le Comité demande que, le Secrétariat puisse bénéficier de toutes les collaborations voulues. Le rôle de la société civile est un point déjà inscrit à l’ordre du jour de la prochaine session du Comité, qui aura lieu en décembre 2017. Les ONG concernées devront apporter leur contribution à ce rapport avant le 30 septembre 2017. Pour concrétiser l’objectif d’associer la société civile, le Comité a souhaité que soient élaborés avec leurs représentants des indicateurs de mesure de l’implication de la dite société civile dans la mise en œuvre de la Convention. Pour plus d’efficacité, le Comité demande aussi au Secrétariat d’organiser une séance de travail entre les représentants de la société civile et le Bureau en amont de chacune des sessions des organes directeurs (comme c’était le cas lors de cette 10e session du Comité).

Les travaux de la 10e session de Comité ont commencé avec une Session de travail entre les observateurs de la société civile, les membres du Bureau de la dixième session ordinaire du Comité (les représentants permanents de la France, du Maroc, du Brésil et du Nigeria) et la secrétaire de la Convention de 2005, Danielle Cliche.

Le Secrétariat a insisté sur le besoin de faire connaître la Convention, en mettant bien l’accent sur les défis souvent méconnus qu’elle a à relever. Même aux niveaux des services publics, on en discerne à peine l’existence en dehors des Ministères de la Culture. C’est une mission de sensibilisation à laquelle les ONG pourraient apporter leur concours. La Convention s’est donnée comme priorité les publics fragiles avec l’accès à la culture pour tous, objectif qui tend à être perdu de vue dans un contexte de restriction budgétaire (réduction des moyens alloués à la culture). Les baisses de moyens touchent souvent ce qui est affecté aux créateurs et à la création, et plus particulièrement dans les domaines qui ne sont pas « purement artistiques ».

Des associations ont fait savoir, en outre, que le spectacle vivant et le théâtre sont très affectés par la montée du « numérique » et font état des difficultés qu’elles ont pour atteindre les jeunes par le théâtre et la danse. La mobilité des artistes est importante et est, à ce moment, problématique (le même problème pour les associations du monde qui participent à cette session de travail- la majorité ce sont des associations occidentales, quelques unes d’Afrique du Nord).

Le délégué permanent du Brésil, membre du Bureau, a eu, pendant cette session de travail une intervention révélatrice pour la position des États-membres au sein de l’UNESCO : il estime que le pourcentage de la culture dans les budgets des États ne sont pas assez importants et que bien souvent leur part tend à baisser. Au Brésil, par exemple, la part des dépenses allouées à la culture a reculé de plus de 50% sur les trois dernières années. Il faut alors compenser ces pertes de financement en allant vers le secteur privé. Il estime, aussi, que la mission de cette Convention n’est pas de guider ou critiquer les États sur ce qu’ils font en matière de culture ! Dans ce contexte, l’aide que le Secrétariat de l’UNESCO attend de la part de la société civile est assez compréhensible. Les recommandations de la société civile sont ainsi très importantes pour les délégués nationaux.

Une autre décision prise lors de cette 10e session est à retenir, à savoir l’adoption du projet de directives opérationnelles sur la mise en œuvre de la Convention dans l’environnement numérique. Les délégations des pays et les ONG ont proposé des amendements au projet présenté par le Secrétariat, des amendements qui ont été pris en compte dans la décision. Une grande partie des quatre jours de travail a été dédiée aux « négociations » du texte autour de ces amendements.

Ces directives (telles qu’amendées) offrent un cadre stratégique pour la compréhension, l’interprétation et la mise en œuvre de la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, dans un environnement numérique où les biens et services culturels sont créés, produits, distribués, diffusés, consommés et/ou stockés par voie électronique. Ces biens et services véhiculent des expressions culturelles, par le biais de supports de diffusion à encodage numérique en perpétuelle évolution, par exemple, un programme informatique, un réseau, un texte, une vidéo, une image, ou un enregistrement audio.

Ces directives s’adressent en priorité aux pouvoirs publics. Les organisations non gouvernementales, les industries culturelles et créatives du secteur public et privé, y compris les plates-formes mondiales numériques, les fournisseurs d’accès Internet (FAI) et les autres acteurs dans l’environnement numérique sont également encouragés à les suivre.

Il y a plusieurs chapitres dans ces directives : les Principes directeurs (exemple : promouvoir un accès équitable et un échange équilibré des biens et services culturels dans l’environnement numérique, notamment par l’application de dispositions de traitement préférentiel pour les œuvres créées ou produites par des artistes et des professionnels de la culture, des entreprises et des organisations indépendantes issus des pays en développement) ; le Renforcement par les Parties des systèmes de gouvernance de la culture dans l’environnement numérique (ex : à l’étape de la création, les Parties doivent s’efforcer de soutenir les nouvelles formes de créativité dans l’environnement numérique, incluant les pratiques artistiques interactives et en temps réel. Cela pourrait inclure des politiques et programmes nationaux, régionaux ou locaux, ainsi que des systèmes de financement) ; Rééquilibrer les échanges de biens et services culturels (exemple : dans le cadre de la solidarité et de la coopération internationales, les Parties s’efforceront de mettre en place des dispositions de traitement préférentiel afin de faciliter des échanges plus équilibrés de biens et services culturels issus des pays en développement dans l’environnement numérique, conformément à l’article 16 de la Convention ; Intégration de la culture dans les cadres de développement durable (exemple : dans le cadre du Programme de développement durable à l’horizon 2030 et des Objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies, et conformément aux articles 13 et 14 de la Convention, les Parties peuvent concevoir des politiques nationales de développement et des programmes d’aide internationaux qui reconnaissent l’importance des aspects culturels et la complémentarité des dimensions économiques, sociales et environnementales du développement durable dans l’environnement numérique. Ainsi, les Parties doivent intégrer la culture dans leurs plans relatifs aux technologies de l’information et de la communication (TIC) et dans leurs stratégies en matière de numérique en y incluant des références à la Convention ainsi qu’à ses objectifs et principes ; Rôle de la société civile (exemple : c’est un partenariat qui peut se concrétiser par des initiatives de sensibilisation au potentiel du numérique grâce à l’utilisation des technologies numériques (telles que les réseaux sociaux, les applications mobiles, les plates-formes de discussion en ligne), à l’organisation d’événements et à la création d’outils de communication (tels que les plates-formes de travail partagé, les plates-formes d’échanges interactifs en temps réel, les blogs, les bulletins d’information électroniques) ; ou par une collaboration entre les représentants de la société civile, y compris les artistes et les professionnels de la culture, les universitaires, les chercheurs et les experts, afin d’alimenter la réflexion menée au sein d’autres organisations internationales et de se concentrer, directement ou indirectement, sur les enjeux relatifs à la diversité des expressions culturelles dans un environnement numérique).

En ce qui concerne le Fonds International pour la Diversité Culturelle, un instrument important de la Convention de 2005, le Secrétariat a approuvé le financement de 6 projets : une ONG de Colombie qui veut cartographier et renforcer des capacités pour les industries culturelles à Bogotá ; une ONG de Palestine qui entend promouvoir des startup dans les industries culturelles et créatives en Palestine ; une institution d’état au Togo qui veut organiser des ateliers régionaux de renforcement des capacités des artistes, promoteurs culturels et des administrateurs locaux sur la mise en œuvre des politiques culturelles locales ; une ONG de Madagascar qui veut inciter les jeunes à utiliser le cinéma comme moyen d’expression pour la mise en place d’une industrie du cinéma ; une ONG de Namibie qui souhaite engager les communautés défavorisées de la Namibie dans le marché international de la musique et une institution publique de Paraguay qui veut promouvoir, par les « Voix d’ASU », les expressions culturelles émergentes de la jeunesse d’Ascunción . Le montant total pour le financement de ces projets est de 503 242 dollars US.

Il y a eu 400 demandes de financement, 80 admises, 20 % des demandes (25 projets) ont été retenues et 6 projets finals sélectionnés. On a constaté un besoin de 3 millions de dollars, alors qu’un million et demi est disponible. Une levée de fonds s’avère nécessaire. Le Secrétariat a constaté aussi une baisse du nombre des demandes admissibles et 30 pays n’ont sélectionné aucun projet. Chaque projet admissible est envoyé au panel d’experts. La qualité de ces propositions de projets n’est pas très grande. Il faudrait une meilleure adaptation du projet au contexte local, aux attentes de la Convention de 2005.

La ministre du Patrimoine de Canada a annoncé une contribution au Fonds de 100 000 dollars pour des pays en développement. Elle a annoncé aussi un nouveau projet du gouvernement canadien – une étude sur la fracture numérique en Afrique.

En parlant de la protection de la diversité culturelle au Canada, Mélanie Joly, ministre du Patrimoine, a accentué l’importance du contrat social au Canada : le poids des deux langues officielles est respecté, ainsi que la place du multiculturalisme ou la réconciliation avec les peuples autochtones. Le ministère de la Culture canadien fait aussi des efforts pour améliorer la créativité au sein de la population pour stimuler l’industrie de la création. Au Canada, une permutation des industries culturelles traditionnelles est encouragée : le film, le livre, la musique, vers les industries créatives : jeux vidéo, réalité virtuelle, réalité augmentée, design, avec, dans le même temps, la préoccupation d’avoir des contenus de qualité.

Fernando Griffith, ministre de la Culture de Paraguay a insisté sur le fait que l’appareil ou l’accès aux informations n’est pas toujours le problème le plus grand. On est submergés par les données. Le grand problème est que les gens ne comprennent pas toujours les informations véhiculées. Les politiques en matière de TIC (technologies de l’information et de la communication) doivent être accompagnées par des politiques éducatives de sorte que le discernement et la compréhension soient privilégiés. Les pensées créative, complexe et critique sont les trois pensées auxquelles les personnes doivent être entraînées, des pensées qui sont une ressource humaine, capable de changer l’environnement, de sortir les populations de la pauvreté.

Une membre de la délégation française a précisé que la France, très attachée à la diversité culturelle est le premier contributeur du fonds.

Est à noter aussi la prise de position de la France qui a insisté sur le lien entre le besoin de diversité culturelle et les conflits provoqués par l’extrémisme – et pas seulement, des conflits qui ont justement comme cible la pensée unique. La France s’engage contre l’uniformisation.

En cela, la France a touché un aspect très important pour les États mais aussi pour les ONG chrétiennes comme le CCIC : la place de la religion dans la culture et du respect de la diversité religieuse dans cette Convention de 2005 sur la diversité culturelle. Y a t-il vraiment une place pour la religion ? Comment la Convention de 2005 permet-elle d’œuvrer pour le respect des identités religieuses ? A ne pas oublier : le Rapport des ONG est attendu pour le 30 septembre 2017 au plus tard.

MCL et OB

Les défis de la révolution numérique pour les ONG


Conférence internationale des ONG 2016
« Les défis de la révolution numérique pour les ONG »


Tel était le thème de la Conférence internationale des ONG 2016 qui s’est tenue du 12 au 14 décembre 2016 au Siège de l’UNESCO et qui a rassemblé 250 représentants d’ONG du monde entier.  


La Conférence internationale des ONG a pour objectif de réunir tous les deux ans l’ensemble des ONG partenaires officiels de l’UNESCO.

affiche-comite-ongPendant trois jours, sous l’impulsion d’une vingtaine de panélistes reconnus du monde académique, philosophique et institutionnel, les discussions ont porté sur quatre axes : « Les défis de l’accès numérique à l’information» ; «La révolution numérique et son impact sur la diversité des expressions culturelles» ; «La science face à la révolution numérique : quelle éthique » et «La formation en ligne relève-t-elle les défis des systèmes éducatifs dans le monde ? », sujets au cœur du mandat de l’UNESCO et partagés par les ONG.

Lieu privilégié de rencontre et de dialogue entre les ONG, et avec des représentants de l’UNESCO et des États membres, la Conférence représentait une occasion d’évaluer leur coopération collective, d’établir le bilan des deux dernières années, de définir une feuille de route pour les deux années à venir et d’élire son nouveau président et une partie des membres du Comité de Liaison.

A l’issue de ses travaux, la Conférence a appelé à un partenariat renforcé avec la société civile conformément à l’objectif 17 (ODD17) de l’Agenda 2030 pour le développement durable et a engagé les ONG à consolider leur rôle dans la mise en œuvre de l’Agenda.

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Comité pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé

11e réunion du Comité pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé
8 et 9 décembre 2016

UNESCO


Le 14 mai 1954 à la Haye a été adoptée la Convention sur la protection des biens culturels en cas de conflit armé.

Cette convention a été signée par 127 pays. Le 26 mars 1954, un premier protocole, signé par 104 pays, prévoyait surtout la création d’un comité consultatif national qui intervienne auprès de son gouvernement en cas de conflit armé. Un deuxième protocole, adopté en 1999, signé par 69 états prévoyait surtout la création du Comité pour la protection des biens culturels en cas de conflits armé, composé de 12 membres élus parmi les 69 états signataires. Le Deuxième Protocole de 1999 complète les dispositions de la Convention de La Haye de 1954 relatives à la sauvegarde, au respect des biens culturels et à la conduite des hostilités. Le statut de « protection renforcée » peut être demandé par les Etats parties pour les biens culturels en péril qui revêtent la plus grande importance pour l’humanité, qui bénéficient de mesures de protection juridiques et administratives adéquates au niveau national, qui ne sont pas utilisés à des fins militaires, et pour lesquels des sanctions spécifiques sont prévues en cas de sérieuses violations. Le même protocole prévoit la création d’un Fonds pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé.

Ce mois de décembre a eu lieu la 11e réunion annuelle du Comité pour la protection des biens culturels en cas de conflits armé, créé par le protocole de 1999 qui est entré en vigueur en 2004 . Parmi les sujets discutés, il y a eu surtout :

  • L’examen des demandes d’octroi de la protection renforcée : Monuments historiques de Mtskheta (Géorgie) et Tombeau des Askia (Mali),

  • La demande d’assistance internationale au titre du Fonds pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé soumise par le Mali en rapport à la demande d’octroi de la protection renforcée pour le Tombeau des Askia,

  • Le rapport du Bouclier Bleu sur les situations où les biens culturels sont menacés dans le contexte d’un conflit armé, y compris d’occupation,

  • Le développement des synergies avec les autres instruments normatifs et programmes pertinents de l’UNESCO et renforcement des partenariats (la coopération avec la Convention de 1972 concernant la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel et avec la Convention de 1970 concernant les mesures à prendre pour interdire et empêcher l’importation, l’exportation et le transfert de propriété illicites des biens culturels).

Après avoir élu son nouveau Président, M. Sophann Ket (Cambodge), le Comité a pris plusieurs décisions, parmi lesquelles l’octroi de la protection renforcée au Tombeau des Askia au Mali et aux Monuments historiques de Mtskheta en Géorgie, tous deux sites du patrimoine mondial.

La demande de Mali de financement (pour le tombeau des Askia) au titre du Fonds pour la protection des biens culturels en cas de conflits armé a été approuvée. L’aide consiste en une somme de 35 mille dollars des États-Unis qui devra financer des activités comme :

  • la sensibilisation des communautés locales,

  • la documentation pour une législation pénale,

  • un inventaire détaillé,

  • plan de formation continue des forces armées maliennes (FAMA).

La Libye s’est vue octroyée, elle-aussi, la somme de 50 000 dollars pour des mesures d’urgence liées à des fouilles illicites, érosions, pour des aspects pratiques comme le renforcement des portes et des fenêtres dans les musées.

Dans le même temps, le Secrétariat a encouragé les autorités libyennes compétentes à soumettre une demande d’octroi de protection renforcée, et a demandé aux deux requérants de fournir des rapports détaillés sur l’utilisation qui sera faite de l’assistance financière. On a évoqué aussi la possibilité d’intégrer cette demande dans le programme Heritage at risk dédié aux monuments en péril, programme de l’ICOMOS (Conseil International pour les Monuments et Sites culturels).

Le Comité a également discuté de la « Stratégie pour le renforcement de l’action de l’UNESCO en matière de protection de la culture et de promotion du pluralisme culturel en cas de conflit armé », qui a été adoptée en novembre 2015. Le Plan d’action développé dans le cadre de la Stratégie se concentre sur le développement de matériels de formation, le renforcement des capacités pour l’exécution des lois nationales, la protection des biens culturels par les forces armées et le secteur juridique, le trafic illicite des objets culturels, l’intégration de ces éléments dans les opérations de maintien de la paix des Nations Unies (incluant une composante policière et civile), l’évaluation des risques et la planification d’urgence du patrimoine dans les zones à risques.

Le Comité international du Bouclier bleu (ICBS) est un comité de professionnels, international et indépendant, qui regroupe les musées, les archives, les archives audiovisuelles, les bibliothèques, les monuments et les sites historiques. Le Bouclier bleu est le symbole employé pour identifier les sites culturels protégés par la Convention de 1954 de la Haye, patrimoine culturel mondial menacé par les catastrophes naturelles ou d’origine humaine. Le Bouclier Bleu réunit l’expertise et les savoir-faire des réseaux internationaux de chacune de ces organisations non gouvernementales œuvrant en faveur du patrimoine culturel :

Lors de cette 11e réunion du Comité pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé, le rapport du Bouclier Bleu sur les situations où les biens culturels sont menacés dans le contexte d’un conflit armé, y compris d’occupation, rapport qui était prévu à être présenté lors de cette réunion n’a pas pu être présenté, à cause des retards dans le travail de l’UNESCO avec l’ICOM et à cause de problèmes budgétaires.

Le délégué de la Géorgie auprès de l’UNESCO a accentué que deux régions en Géorgie, Abkhazie et Ossétie du Sud se trouvent encore sous occupation russe et il suggère que le rapport du Bouclier Bleu devrait retenir le cas des biens culturels sous occupation comme ceux des territoires occupés de Géorgie.

L’Italie a mis en exergue le fait que la protection des biens culturels est aussi une action humanitaire. Les déplacements humains peuvent être assimilés à un déplacement de biens culturels puisque les communautés humaines se déplacent avec leur culture, leur genre de vie, leurs habitudes.

Pour conclure, Mechtild Rössler, la Directrice de la Division du patrimoine a encouragé tous les participants à promouvoir la Convention de 1954 et à joindre leurs forces dans la mise en œuvre de la Stratégie pour le « renforcement de l’action de l’UNESCO en matière de protection de la culture et de promotion du pluralisme culturel en cas de conflit armé ».

Nous pouvons remarquer, quant à nous, que les pays les plus concernés par le besoin de protéger les biens culturels en cas de conflit armé, tels que la Syrie, l’Irak, l’Israël, bien que signataires de la Convention de 1954, ne sont pas signataires du deuxième protocole de 1999, alors que des pays comme Mali, Libye ou Palestine le sont !
Les biens culturels des pays comme Syrie, Irak, Israël ne peuvent pas bénéficier, en cas de conflit, des mesures de protection prévues par la Convention de 1954 et le Protocole de 1999 !
Il serait intéressant de savoir quels efforts sont faits pour encourager l’adhésion des pays qui n’ont pas encore signé cette Convention. Ou plus spécifiquement encore, comment encourager l’adhésion à cette Convention des pays où il y a conflit et où des biens culturels chrétiens sont menacés par ces situations de conflit ?

MCL et OB

Comité de liaison ONG-UNESCO : Élections du Président et des membres

La Conférence internationale des ONG 2016 s’est tenue les 12, 13 et 14 décembre 2016 à Paris, Maison de l’UNESCO, avec l’organisation des élections des membres du comité de liaison et de son Président.

En voici les résultats :

Président : Philippe Beaussant CCIOFF
Élu par 85 voix sur 105 voix exprimées (124 électeurs)

Patrick Gallaud : AFAL Région Europe/ Amérique du Nord
Richard Francis APEH : JECI (Jeunesse étudiante catholique internationale) France
Marie Christine Gries de la Barbelais : SOROPTIMIST – Grande Bretagne
Térésa Kennedy : ICASE (International Council of Associations for Science Education) USA
Victoria Lovelock : CCSVI (Comité de Coordination du service volontaire International)
Marie Claude Machon Honoré : BPW International
Pablo Gentili : FLASCO (Faculté sciences sociales) Région Amérique latine et Caraïbe. Argentine
M Shen Che : CFPA Asie Pacifique (China Folklore Photographic Association) Chine
Mbuyamba Lupwishi : OCPA   Région Afrique (Observatoire de Politique Culturelle en Afrique) Mozambique
Abdelbasset Ben Hassen : IADH Région Etats arabes (International Association for Disability and Oral Health) Tunisie

La pensée complexe « Les défis d’un monde globalisé »

Premier colloque mondial organisé à l’UNESCO
les 9 et 10 décembre 2016
par la Commission nationale française pour l’UNESCO

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Les 9 et 10 décembre dernier plus de 350 personnes ont participé au premier colloque mondial sur la pensée complexe qui doit sa tenue à la Commission nationale française pour l’UNESCO : de larges échanges de vue portant sur des thèmes à la fois conceptuels et ancrés dans la réalité du monde d’aujourd’hui ; Une journée d’un intérêt exceptionnel.

edgar-morinGrand penseur moderne de la Complexité, Edgar Morin a, en quelque sorte, été l’âme de ce colloque. Il l’a accompagné tout au long de ces deux journées de réflexions, réflexions denses, variées, allant au-delà du discours philosophique. On l’a célébré à la fois lors de certains témoignages, et par la remise d’un nouveau titre de docteur honoris causa (université de Monterrey-Mexique).

Le colloque était placé sous le double patronage du gouvernement français (présence à l’ouverture du secrétaire d’état à la recherche M. Mandon) et de l’UNESCO, qui, à l’occasion de cet événement, a officialisé la création de la « Chaire internationale de la complexité ».

Plusieurs autres institutions ont concouru au succès de l’événement : l’Association pour la pensée complexe, l’ESSEC (qui compte parmi ses enseignements un module « analyse de la complexité »), l’Insituto Piaget (réseau d’institutions éducatives d’origine portugaise), le réseau CANOPE (réseau de création et d’accompagnement pédagogique). A signaler aussi un hommage posthume au fondateur de la MULTIVERSIDAD Mundo Real, M RubenReynaga, une université dont le contenu et l’organisation des enseignements sont largement inspirés des préceptes ou principes de la pensée complexe qu’Edgar Morin a développés au cours des vingt dernières années au travers de nombreuses publications.

L’une de ces publications a été citée à de nombreuses reprises : « les sept savoirs nécessaires pour l’éducation du futur »… Rédigée à la fin des années 90 en réponse à une demande du directeur général de l’UNESCO Frederico Major qui voulait une réflexion d’ensemble sur les programmes éducatifs de l’UNESCO, cette contribution aura été opportunément mentionnée car elle illustre bien ce que l’on peut dire de la pensée complexe en général, singulièrement dans notre temps, et, au-delà de cette généralité, parce que, conformément à la commande de l’époque, elle concentre l’analyse sur l’éducation, qui, finalement apparaît comme essentielle pour aider à maîtriser toutes les dimensions de la complexité dans notre monde moderne.

Si la complexité a toujours fait partie intégrante de notre monde, et implicitement ou non a retenu l’attention des grands penseurs dès l’antiquité – ont été cités Platon, Socrate, Héraclite – il y a assurément à actualiser ces approches, revoir aussi nos « discours de la méthode ».

On a aussi rappelé un propos de J. Maritain qui, lors de la seconde conférence générale de l’UNESCO, disait au sortir de la seconde guerre mondiale qu’il fallait revoir la façon d’organiser les réflexions… et puis, nouvel impératif, avec les immenses changements de ces dernières années, on doit certainement se remettre à l’ouvrage. Les présentations problématiques qui nous ont été données montrent bien à quel point les approches peuvent et doivent changer, en délivrant des messages inspirants, en donnant des clefs pour éviter les erreurs et les illusions, et réduire les risques de dérives que pourrait induire un monde qui, il faut s’y faire, est fragile.

Jack Lang a rendu hommage à Edgar Morin qui a contribué à faire évoluer les approches éducatives en France dans les années 90. Un peu à l’image de cette complexité thème des discussions, le colloque a été nourri de regards croisés : croisée géographique – une douzaine de nationalités représentées à la tribune (venant surtout d’Europe et d’Amérique latine, d’Afrique aussi), plus de trente intervenants aux profils variés : philosophes sociologues, politiques, scientifiques, experts en sciences de l’éducation, en systèmes d’information, consultants etc.

La philosophie était très présente, mais pas de façon abstraite même si on a parlé d’épistémologie, d’ontologie, de dialectique et de dialogique. Les thèmes des quatre tables rondes et l’approche des intervenants ont été plus concrets et ancrés dans le réel que purement conceptuels, mais n’est ce pas ainsi qu’il faut approcher la complexité de nos jours ?

Des nombreux propos tenus, notamment ceux de Edgar Morin, on retiendra les éléments les plus mis en évidence pour faciliter le traitement des questions problématiques et pratiques soulevées par la complexité.

En complément de cet article, lire :
La maîtrise de la pensée complexe :
quelques principes, recommandations, voire évidences
Les quatre tables rondes :
–  Table ronde I : l’éducation et l’apprendre à vivre
– Table ronde II : Au-delà de la connaissance : la Connaissance de la connaissance
– Table ronde III : La décision, l’action, l’éthique
– Table ronde IV : L’ère planétaire, plus que la globalisation

Voir/écouter Edgar Morin sur Youtube
Visiter le site web de la Commission Nationale Française pour l’UNESCO

Comment prévenir l’antisémitisme par l’éducation, la culture et la communication ?


Mardi 6 décembre 2016 à l’UNESCO


Table ronde organisée conjointement par l’UNESCO et l’Alliance Internationale pour la Mémoire de l’Holocauste (IHRAInternational Holocaust Remembrance Alliance) avec le soutien de la Shoah Fundation – University of Southern California.
La table ronde réunissait sept experts internationaux, professeurs d’universités, responsables d’ONGs pour la paix et contre le racisme, et de responsables juifs.1

La séance été introduite par Mme Irina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO et par S.E. M. Mihéna Constantinescu, Ambassadeur, Président de l’IHRA. Le discours d’ouverture a été prononcé par M. Robert Badinter, ancien Garde des Sceaux, Ancien Président du Conseil Constitutionnel (France).

Mme. Irina Bokova a indiqué immédiatement que l’antisémitisme était « au cœur de l’actualité », faisant allusion au terrorisme à visées antisémites contre des enfants, en France, et au climat général de critiques haineuses et systématiques contre Israël. Dès lors elle a réaffirmé la vocation de l’UNESCO à lutter contre le racisme, la xénophobie, par un travail éducatif sur tous les continents, le rôle fondamental de la culture, le dialogue et la tolérance. Elle a enfin réaffirmé que : « Cette lutte appelle à une action commune car l’antisémitisme n’est pas seulement le problème des communautés juives. Il nous concerne tous, quelles que soient nos origines ».

M. Mihéna Constantinescu a rappelé le rôle de l’IHRA. Fondée en 1998, l’Alliance regroupe 31 pays membres, 11 pays observateurs et 7 partenaires internationaux permanents. Elle coopère avec l’UNESCO et elle est ouverte aux ONGs. Le fondement est l’adhésion des membres sur les termes de la Déclaration du Forum International de Stockholm sur l’Holocauste de janvier 2000. L’objectif de l’Alliance est d’élaborer et de promouvoir des politiques relatives à l’enseignement, à la recherche et la commémoration de l’Holocauste au niveau national et international. Elle vise en particulier l’éducation des jeunes. L’assemblée plénière de l’IHRA en Roumanie, en mai 2016, vient d’adopter une Définition Concrète l’Antisémitisme. Selon Mme Irina Bokova, il s’agit : « d’une avancée considérable pour aider à mettre des mots précis sur le sujet et un socle de tout engagement contre toutes les formes d’antisémitisme ». Cette définition sera adoptée formellement par l’Organisation pour la Coopération et la Sécurité en Europe (OSCE) à sa prochaine assemblée de Hambourg.

M. Robert Badinter a fait une présentation plus historique. Il dénonce l’antisémitisme comme un mal « multiséculaire », depuis la prise de Jérusalem :

  • un antisémitisme religieux remontant à l’édit de Constantin en 315, et fondé sur la haine du peuple « déicide »,

  • un antisémitisme national, « l’étranger suspect » dans les nations, le complot international, l’affaire Dreyfus,

  • un antisémitisme « scientifique et racial », en référence à la race supérieure.

D’où 2 aspects historiques opposés : la révolution et la constituante de 1791 où les juifs de France sont citoyens français à part entière, et l’antisémitisme forcené nazi, avec le IIIème Reich et les lois de Nuremberg en 1933, avec la loi allemande de la protection de la race par la loi du sang.

Robert Badinter tire de ce rappel historique une question et une conclusion : comment un peuple, chrétien, civilisé, cultivé, scientifique, comptant de nombreux génies dans toutes les disciplines a-t-il pu basculer dans le racisme et l’antisémitisme le plus cruel et le plus inhumain ?

A l’évidence, la culture et l’enseignement ne sont pas suffisants pour éradiquer l’antisémitisme.

Actuellement il faut aussi prendre en compte le conflit israëlo-palestinien qui n’a jamais cessé depuis la création de l’État d’Israël. Aujourd’hui, l’antisémitisme s’alimente de tout ce climat, même si certains veulent faire une différence entre l’antisémitisme à caractère communautaire et religieux et l’antisionisme à caractère politique et conflictuel.

Le décor est planté : comment lutter contre l’antisémitisme, le racisme, la haine de certaines minorités ?

Les différents orateurs déclineront cette question sous différents aspects. L’éducation à la connaissance des faits, aux risques des haines qui conduisent aux catastrophes telles que la Shoah, l’éducation à l’empathie, l’éducation positive montrant l’apport des juifs à la science et à l’art… ne suffisent pas à conjurer les haines et les violences.

Dès lors, que faire d’autre ?

  • des programmes éducatifs pour les enfants mais aussi pour les enseignants et les parents.

  • sensibiliser les responsables des médias et les politiques, et étendre ces questions à toutes les formes de racisme.

  • combattre l’antisémitisme par les témoignages et l’actualité ; faire réfléchir les enfants lors des attentats : ex. attaque de la grande synagogue de Copenhague.


En conclusion, la recherche de la paix par les champs couverts par l’UNESCO, notamment grâce à l’éducation et la culture, montre ses limites, même si elle permet d’entretenir une prise de conscience pour le présent et le futur.

L’antisémitisme et la Shoah reste un thème permanent pour l’UNESCO.

Denis Chaigne/Dominique Glorieux


Lien vers l’IHRA
Déclaration de Stockholm du 28 janvier 2000

Compte rendu de l’UNESCO


1 Professeur Steven Katz, Conseiller auprès de l’IHRA, Professeur d’études juives et d’histoire de l’Holocauste, Université de Boston; Professeur Dinat Porat, Directrice du Centre Kantor pour l’étude de la communauté juive européenne, Université de Tel Aviv (Israël); M. Jean-Yves Camus, Chercheur associé à l’IRIS (France); Mme. Katharina von Schnurbein, Coordinatrice de l’Union Européenne chargée de la lutte contre l’antisémitisme; M. Dervis Hizarci, Président de l’Initiative Kreutzberg contre l’antisémitisme (KlgA) (Allemagne); Mme Cristina Finch, Directrice du Département de la tolérance et de la non-discrimination, OSCE ; Mme Mariane Lère, Chaire UNESCO pour l’enseignement des génocides, Shoah Foundation – University of Southern California.