Afghanistan : la Directrice générale plaidera en faveur de l’éducation et la culture, piliers de l’édification de la paix

Avis aux médias de l’UNESCO n°2013-13

Marzia, Principal of Lycee Aino, 2007, Photographe Roya Aziz/Star Group, © UNESCO
Marzia, Principal of Lycee Aino, 2007

Paris, 15 mai – En visite en Afghanistan du 17 au 20 mai, la Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, apportera le soutien de l’UNESCO au processus de paix et de développement engagé par le pays, à l’occasion de réunions avec le Président Hamid Karzai, plusieurs ministres de haut-niveau, des parlementaires, des journalistes, des éducateurs et des étudiants.

Irina Bokova visitera le paysage culturel et les vestiges archéologiques de la vallée de Bamiyan, site inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en 2003, où deux statues en pied de Bouddha ont été détruites dans des circonstances tragiques en 2001. Elle visitera également le projet de restauration de l’ancienne ville fortifiée de Shahr-e Gholghola, datant du VIe siècle. Cette citadelle perchée sur une colline fut le cœur de la cité musulmane de Bamiyan, après le déclin du bouddhisme à partir du VIIIe siècle. Irina Bokova, qui sera accueillie par Habiba Sarabi, Gouverneure de la province de Bamiyan, assistera à une présentation des mesures de conservation menées avec le soutien de l’UNESCO pour consolider le site.

Elle exprimera le soutien de l’UNESCO aux efforts conduits par le pays pour élargir l’accès à l’apprentissage ; souligner l’importance de l’éducation des filles et des femmes comme droit humain et facteur clé de réduction de la pauvreté ; améliorer la situation sanitaire ; accroître les revenus et promouvoir la participation politique. À Bamiyan, elle visitera une classe d’alphabétisation soutenue par le projet Renforcement de l’alphabétisation en Afghanistan, dont ont bénéficié 450 000 élèves, parmi lesquels 63 % de femmes, depuis son lancement en 2008. Le projet devrait bénéficier à 150 000 autres personnes au cours des deux prochains mois. Irina Bokova visitera aussi une école de filles à Kaboul en compagnie du ministre de l’Education, Ghulam Farooq Wardak.

Lors de sa visite, elle s’entretiendra du processus de transformation à l’œuvre dans le pays avec des membres du Parlement, l’association des femmes journalistes afghanes, la communauté diplomatique, le Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU pour l’Afghanistan, Jan Kubis, et l’Équipe de pays des Nations Unies. Sa visite intervient à un moment crucial pour le pays, qui se prépare à la Décennie de la transformation (2015-2024), cadre dans lequel le Gouvernement afghan mènera le processus de développement avec l’appui d’un engagement international.

Jean Paul II, une pensée actuelle pour l’homme, l’éducation et la culture

Colloque UNESCO mercredi 13 février 2013

Pape Jean-Paul II, visite à l'UNESCO, 2/6/1980, © UNESCO/IASKI SIPA-PRESS
Pape Jean-Paul II, visite à l’UNESCO, 2/6/1980, © UNESCO/IASKI SIPA-PRESS

Ce colloque, organisé par Mgr FOLLO, observateur permanent du Saint-Siège à l’Unesco, se réfère  au discours prononcé à l’Unesco par Jean-Paul II en 1980. Il  était destiné à montrer la prémonition des propos du Saint-Père sur l’époque actuelle.

Une culture non enfermée sur elle-même plus une éducation intellectuelle et spirituelle pourront libérer l’homme. Une telle démarche  conduira à une culture européenne et à une « mondialisation » qui respectent l’homme.

Le philosophe Fabrice Hadjadj met en garde sur l’usure des mots tels que « Amour » ou « culture » qui perdent leur signification première. Il rappelle la phrase de Saint Paul : «  j’ai semé, un autre a arrosé et Dieu a assumé la croissance… ». Ainsi une culture qui perd le sens du religieux s’égare, une religion qui s’éloigne de la culture s’étiole. C’est la situation de la culture occidentale dans laquelle l’homme a abandonné la spiritualité au bénéfice de la technocratie qui devient tyrannie, manipulation et autodestruction. Cette crise de la culture se manifeste en Europe sur la question du mariage. D’où le besoin de retrouver les racines de la culture inscrites au cœur de l’homme.

Deux autres intervenants, Monsieur Thomas Hong SoonHan, et Madame Rossana Reguillo Cruz, ont développé les dérives de l’abandon du sens de l’homme dans la culture mondiale dominante. D’où les graves conséquences en matière économique sur la pauvreté, sur les inégalités dans le monde, sur l’alimentation, l’eau, la santé et la mortalité infantile. Le progrès économique et technique n’induit pas automatiquement un progrès pour l’homme. Les carences en matière éducative, la disparition de l’autorité, la dissolution du lien social sont des facteurs qui entraînent la jeunesse vers la précarité, la violence et la drogue. Comment redonner espoir à cette jeunesse victime de la surconsommation ambiante ?

Le Père Kijas (OFM) et la Sœur Geneviève Médevielle (SA) ont apporté une réponse déjà contenue dans les propos de Jean Paul II à l’Unesco en 1980. Par l’éducation, l’homme partagé entre l’être et l’avoir, surmontera la crise culturelle contemporaine s’il retrouve le sens du sacré. Ils ont rappelé aussi l’importance de la défense et de la promotion de la femme, sa place dans la famille, dans l’éducation familiale, et dans le pouvoir sublime de la maternité. C’est à tort que les mouvements féministes ont voulu attaquer les propos de Jean Paul II, lorsqu’il renvoyait à la genèse et à la création de la femme « ISHA » dans laquelle ADAM reconnaissait une complémentarité et une aide. De même Marie, mère de Jésus, épouse de l’Humanité est Femme d’une dignité inaliénable.

Le cardinal Vingt-Trois a aussi repris les propos de Jean Paul II à l’Unesco concernant un nouvel humanisme fait de droits et de devoirs  pour l’homme et pour la femme. Si l’Occident ne voulait plus reconnaître le caractère exceptionnel de la complémentarité de l’homme et de la femme, la communication sociale des uns avec les autres disparaîtrait et deviendrait de nature « animale ». L’homme ne peut pas se passer d’un axe de référence. Dieu, par le sacrifice de son Fils, est la clé de la compréhension de la valeur de l’être humain. C’est la clé de l’humanisme.