La Route de la Soie : des pistes caravanières aux Autoroutes de l’information


Voyages à travers le temps et l’espace
Une aventure collective portée par l’UNESCO qui aura été riche d’enseignements


Le Club « Mémoire et Avenir » de l’AAFU, l’association des Anciens Fonctionnaires de l’UNESCO a consacré son dernier événement à un sujet, la Route de la Soie, un sujet sur lequel l’UNESCO a investi de façon remarquable à la fin des années 80 pour retrouver, sous l’impulsion d’un petit nombre de ses collaborateurs, toute la richesse d’une histoire millénaire aux multiples facettes.

M. Doudou DIÈNE (ancien directeur de la division des projets interculturels) qui a vécu cette aventure collective nous a retracé les étapes d’un projet qui, durant une quinzaine d’années, a mobilisé des centaines de chercheurs et d’experts autour d’un même objectif servi par une méthode originale, à savoir organiser des expéditions « culturelles » pour refaire ces routes (terrestres et maritimes).

Avec la participation d’experts, le projet se fixe l’ambition suivante : revisiter les lieux que traversaient ces routes, rencontrer les communautés scientifiques locales, et pouvoir ainsi retravailler un thème essentiel pour lire et relire la mémoire de ces faits culturels et comprendre ou découvrir des éléments dont on mesure toujours toute leur valeur.

Le projet, porté par quelques personnalités ou membres des services du siège, suscita au début quelques résistances au niveau des services, mais très vite il a pu prendre de l’ampleur pour plusieurs raisons : insistance sur le côté scientifique de l’entreprise, organisation crédibilisée avec un comité de suivi transdisciplinaire et international, participation des communautés scientifiques des pays traversés et soutien des États traversés – y compris sous l’angle financier car, déjà à l’époque, il fallait compter avec les ressources extra-budgétaires.

Le projet fut ainsi une grande réussite. Il y eut de nombreuses retombées positives : dialogues avec les communautés des pays d’accueil, conférences, production de documents issus de travaux qui étaient menés tout au long des « expéditions » presque en temps réel, création d’instituts spécialisés.

Quelques mots clefs pouvant caractériser ce qui ressortait de toutes ces rencontres en chemin renvoient bien à beaucoup des valeurs que promeut l’UNESCO : dialogue interculturel, de l’importance des facteurs externes pour expliquer, sur le temps long, l’émergence des identités, l’influence des interactions, le côté multidimensionnel de ces influences et le sentiment qu’in fine tous ces « ingrédients » véhiculés par les voyageurs de passage – forcément enclins à la rencontre – pouvaient être des facteurs de Paix.

Pour revenir à l’historique du projet, les choses parurent arriver à leur terme en 2004… il fallait tourner la page semble-t-il. C’était risquer de perdre beaucoup de ce qui avait été accumulé, et surtout perdre le sens de ce qui avait été découvert, et qui, au-delà de l’Histoire, indiquait des enseignements à ne pas oublier, notamment pour les pays concernés. C’est ainsi que, après cinq années de « traversée du désert », sous une forme évidemment différente, le thème a repris de sa vigueur, avec des initiatives qui font que le sujet « Route de la Soie » reste d’actualité : création d’un site, d’un réseau des Points focaux (avec des responsables désignés), élaboration d’un Atlas interactif etc.

Dernier point, pour éviter tout malentendu à propos des initiatives susceptibles d’être prise en utilisant le concept pour tout dire très mobilisateur de Route de la soie, les responsables de ces Points focaux se sont attachés à définir une éthique qui s’articule autour de cinq idées-forces :

– toute culture incarne une diversité et est le produit d’un dialogue.
– affirmation du principe d’égalité : égale dignité des cultures
– respect du pluralisme
– ce que révèle l’étude apparaît comme un Héritage commun, issu d’influences mutuelles multiples qui est à considérer comme une Richesse patrimoniale offerte pour tous
– les Routes ont une longue Histoire riche d’enseignements, un Passé aux retombées toujours présentes, elles n’ont jamais cessé de susciter le changement : il ne faut pas voir « le concept » comme un élément intangible : ne pas avoir une vue statique ou fixiste.

Visiter le site de l’association des Anciens Fonctionnaires de l’UNESCO
Voir le site web « Routes de la Soie »

Changeons les esprits, pas le Climat ! (suite)

8ème Forum international des ONG

UNESCO PARIS les 7 et 8 décembre 2017


Les questions climatiques appellent une mobilisation générale, les ONG en sont une partie prenante.


A la suite des Accords de Paris, les gouvernements des pays signataires ont été fortement incités à mettre en œuvre des stratégies et des programmes de développement durable pour les années 2018 à 2021.

En 2011 la Conférence Générale a demandé au Comité de liaison de l’UNESCO de travailler avec les ONG qui sont de véritables acteurs du développement durable, Les forums sont ici des rendez vous au cours desquels peuvent être entendus les témoignages de leurs actions.

Compte tenu des craintes que suscitent les questions climatiques, il est logique que ce thème ait été retenu pour le 8ème forum des ONG avec une attention particulière portée aux personnes et aux sociétés confrontées au problème. L’accent a été mis sur : l’incitation à changer les esprits et les comportements des parties prenantes, la promotion d’une éthique de développement durable, l’instauration de bonnes pratiques et enfin, l’éducation des populations locales et, singulièrement, de la jeunesse.
La protection des océans a fait l’objet d’interventions très pertinentes.
Les océans sont en danger : de plus en plus pollués par les déchets ils sont sérieusement impactés par les modifications du climat que peuvent générer les activités humaines polluantes ou déstabilisantes. Ce poumon maritime essentiel pour la préservation des écosystèmes de notre planète se trouve affecté par deux phénomènes inquiétants : une perte croissante de la biodiversité et une multiplication des catastrophes naturelles engendrant des migrations de population. Devant l’ampleur des risques induits 15000 scientifiques ont lancé un cri d’alarme : « Agissons avant qu’il ne soit trop tard ! »

Plusieurs ONG ont présenté leurs actions concrètes pour lutter contre la pollution des mers et océans :

Mme Jina TALJ pour lONG libanaise Diaries Of the Oceans, a décrit ses actions concrètes pour la protection du littoral du Liban menées par des bénévoles et par le biais de programmes de formation au développement durable de la population locale.

Pour la Fondation TARA, M. André ABREU a présenté un court métrage sur les activités des scientifiques qui, à bord du bateau-laboratoire de Jean-Louis ÉTIENNE, parcourent les océans pour faire des relevés scientifiques et formulent des recommandations à l’adresse des responsables pour protéger les océans, surveiller leurs réactions et anticiper les catastrophes.

Toutes les actions des ONG, grandes ou petites, méritent d’être encouragées, et dans cette lutte pour enrayer la dégradation de la situation ou simplement pour sensibiliser, les initiatives sont diverses : ainsi lONG SURFRIDER, présentée par Mme ARIZMENDI, mobilise les sportifs de la mer. Nettoyer les côtes et la mer, éduquer les enfants des écoles à respecter la mer au moyen de ses publications : le Guide des Espèces ou et livrets pour éduquer la jeunesse font aussi partie de ces actions qui aident à prendre conscience des problèmes qui affectent les mers et les océans, dans leur rapport à la Terre.

En dernier lieu, pour revenir à la question générale des effets et des causes des dérèglements climatiques, on aura relevé tous les apports des travaux du GIEC, qui ont été présentés par Mme Valérie MASSON-DELMOTTE en conclusion des deux journées du Forum.

Ce Groupe d’experts scientifiques indépendants et internationaux travaille bénévolement pour mesurer les effets du réchauffement climatique. Le GIEC publie des rapports généraux ou spéciaux dont un prochain sur les Océans qui sont précieux  instruments permettant d’observer les changements climatiques, la perte de la biodiversité et les conséquences sur les océans des dérégulations climatiques. Ces rapports permettent d’anticiper les catastrophes naturelles, les effets dus à l’élévation du niveau de la mer et de prévoir les mutations des populations, les adaptations à prévoir pour maintenir à un maximum de 2 degrés l’élévation de la température mondiale, un meilleurs usage des terres pour la sécurité alimentaire d’une population dont les besoins excèdent largement les capacités de production de notre planète.

« Gouverner, c’est prévoir« , formule que l’on rappelle à propos de cette question du traitement des questions climatiques, un traitement dont on doit se soucier sérieusement d’abord en prenant appui sur des données scientifiques fiables et ensuite sur l’engagement ainsi que la bonne volonté, la bonne foi aussi de toutes les parties prenantes, parmi lesquelles les ONG qui, comme l’a montré ce forum, ont leur rôle à jouer en ce domaine.

Changeons les esprits, pas le climat !

 

8ème Forum international des ONG

UNESCO PARIS les 7 et 8 décembre 2017

 


Durant la première journée, les échanges ont porté sur :

– les priorités données par l’UNESCO, ses secteurs et ses programmes, à la question fondamentale du changement climatique
– le rôle et les actions de la Société Civile, notamment au travers des ONG partenaires de l’UNESCO
– la prise en compte fondamentale du rôle des océans dans le changement climatique et les actions humaines qui doivent l’accompagner

 

La deuxième journée a été centrée sur :

– le rôle des O.N.G. et de l’UNESCO dans l’éducation aux changements climatiques dans le monde
– l’importance souvent méconnue du rôle et des acteurs des peuples autochtones en faveur de l’accompagnement des changements climatiques
– les conclusions de la journée en matière de priorités à retenir pour les années à venir, afin d’accompagner et d’humaniser, voire de contrôler, les changements climatiques.

 

Première journée

 

L’ouverture officielle a été prononcée par Madame Audrey Azoulay, nouvelle Directrice Générale de l’UNESCO. Elle a souligné que ce Forum des ONG était un acte très important, et qu’elle entendait bien faire vivre ce lien essentiel entre UNESCO et ONG. « Je compte sur votre collaboration ».

 

Photo UNESCO/

L’UNESCO est largement impliquée sur le changement climatique et la lutte contre les pollutions. Les COP sont sa référence, et notamment la COP 21 à Paris, et la COP 23 à Bonn.

– les Objectifs de Développement Durable (ODD) de l’agenda 2030 sont tous concernés, non seulement l’ODD 13, mais aussi ceux relatifs à l’eau (ODD 6 et ODD 14), à l’éducation (ODD 4) etc.

– l’enseignement et l’éducation de toutes les populations, notamment les femmes et les enfants sont importants à considérer tout particulièrement.

– l’eau est une grande priorité, et, à ce titre, les océans sont l’objet de la plus grande attention (COI, décennie des océans 2021–2030).

 

Cependant, les actions de l’UNESCO peuvent sembler vaines et même frustrer à certains égards lorsqu’on les trouve confrontées à des phénomènes extrêmes comme dans les Caraïbes avec les ouragans et les inondations que rien ne semble permettre de contrôler. A cela s’ajoute l’effet négatif qu’occasionne la réduction des moyens financiers alloués à l’organisation : cette « disette » budgétaire nuit de plus en plus à la réalisation des objectifs définis.

Par ailleurs, les carences des accords portant sur le climat ont été soulignés. Par exemple dans les accords de Paris, il n’y a pas de programme de mise en œuvre concernant les orientations adoptées.

 

Les ONG interviennent auprès des populations, face aux changements climatiques.


– L’accent est mis sur le Développement d’une éthique de solidarité et de droit des personnes pour une justice climatique, au regard des actions portant sur le climat. Par exemple, imposer sans concertation préalable le déplacement de population, pour protéger leur site des inondations ou des effets de l’insalubrité, peut entraîner des déracinements et générer des problèmes très concrets, si les populations concernées ne sont en rien associées aux actions conduites.

– Un autre objectif, plus général, est de faire prendre conscience au monde des conséquences néfastes de la société d’ultras–consommation, (comportements compulsifs) sur la pollution, alors que certaines populations sont encore exclues des consommations minimales nécessaires à leur existence. A cet égard, il a été évoqué, la mise en place de critères d’évaluation de la consommation normale en équivalence avec la production de la terre, en biens consommables. Selon cette échelle d’appréciation, chaque personne aurait besoin de la production annuelle d’1,9 ha de terres. Selon cette échelle, on serait en moyenne à 2,6 ha mais cette consommation atteindrait dans les pays développés jusqu’à 6 ha, alors qu’un nombre significatif de personnes sont au-dessous de cette évaluation minimale.

La mise en place du concept de subsidiarité est prônée comme une nécessité : il s’agit ici pour les O.N.G. d’associer les populations locales aux actions de terrain qu’elles veulent lancer en matière de changements climatique, et ce faisant amener de réels progrès avec deux axes qui peuvent être privilégiés :

la Formation et l’Éducation aux bons usages relatifs au respect de la nature en vue de faire face aux changements climatiques,

la lutte contre la corruption, et notamment regarder au plus près l’application du concept de « crédit carbone », objets de nombreuses critiques.

 

Les océans sont un des éléments fondamentaux dans le changement climatique.

Ce rôle, un moment négligé, revient en force avec :

– l’étude approfondie du rôle des océans et notamment l’appréciation de leurs effets sur les dérèglements climatiques, par la COI (Commission Océanographique Internationale), et le lancement de programmes spécifiques : acidité, oxygénation, absorption de CO2, pollution des mers en particulier par les déchets plastiques et en profusion de nouvelles espèces d’algues, atteinte aux faunes aquatiques.

– la mise en évidence d’une Menace d’extinction de certaines espèces animales et de récifs de corail.

– le Suivi de la question de l’impact des océans sur la montée des températures (avec la référence officielle de +2°, ou +1,5°)

– l’émergence d’un consensus sur la nécessité d’élaborer une Convention mondiale sur la protection des océans en haute mer (au-delà des zones des 200 nautiques qui sont sous contrôle des pays riverains).


En Conclusion de la journée un point a été fait sur les travaux du GIEC, dont on attend des rapports d’étape en mars 2018 et en 2022. On rappellera que le GIEC est une émanation de l’ONU mais son financement est extérieur au budget de l’ONU : il est assuré par un nombre restreint de pays.

 

Deuxième journée

 

Partenariat O.N.G./UNESCO pour l’éducation aux changements climatiques.

 

L’UNESCO, en liaison avec les ONG, favorise les actions d’éducation aux objectifs de développement durable, aux modes de vie, et aux économies d’énergie dans 45 pays et avec 90 partenaires de la société civile.

Cette éducation commence dès les premiers âges comme le rappelle un membre de l’OMEP (organisation mondiale pour l’éducation préscolaire).

Au Maroc, un effort plus particulier a été fait pour l’éducation dans le domaine de l’eau (ACME, association marocaine pour un contrat mondial de l’eau) : l’eau est un bien commun universel, l’eau est un droit commun humain, le droit d’accès à l’eau est un droit constitutionnel au Maroc, l’eau n’est pas une marchandise mais un bien commun, elle doit être préservée ainsi que l’environnement. Les populations sont également sensibilisées aux risques de la réduction des précipitations pluviales, de l’ordre de 20 à 30 % accompagné par une baisse des nappes phréatiques. Mais la question de l’eau fait aussi l’objet de programmes à l’école, et d’une action particulière pour que les établissements scolaires puissent disposer d’équipements d’hygiène satisfaisants pour accueillir les garçons et les filles.

Au Sénégal, des jeunes se sont mobilisés sur la question des changements climatiques en procédant notamment à des reboisements et à des campagnes de dépollution de la mer en récupérant et en recyclant des plastiques.

L’organisation internationale BPW International Women for Water Partnership, s’est mobilisée en faveur de l’éducation des femmes pour la gestion, l’économie, l’adduction d’eau etc. dans 105 pays

 

Mobilisation des populations autochtones dans le traitement de leur territoire au regard des changements climatiques.

A partir d’exemples de populations autochtones vivant au Canada, en Colombie ou en Afrique, il se confirme que l’UNESCO porte un intérêt particulier à la vie des populations autochtones de telle sorte qu’elles ne puissent pas être victimes des changements climatiques et aussi qu’elles puissent faire profiter l’ensemble de l’humanité de leur savoir ancestral en matière d’évolution des climats avec leurs conséquences, par exemple sur la pêche ou les cultures. Les scientifiques reconnaissent qu’il y a là une source d’informations irremplaçables, et notamment avec ce qui manque le plus dans les études, à savoir l’historicité des phénomènes, voir l’existence de cycles longs.


En conclusion du Forum :

 

Au-delà des congratulations formelles, il a été convenu qu’il était très important que les ONG et l’UNESCO renforcent leurs échanges d’informations sur leurs actions et les enseignements qu’elles peuvent en tirer. L’éducation reste la priorité, mais, en portant un accent plus particulier sur la question des styles de consommation et la nécessité de faire comprendre au public les dangers à moyen et long terme découlant de ce phénomène de surconsommation. Cela concerne en particulier la sur-exploitation des capacités de la Terre, et également la question du traitement déchets et des pollutions qu’ils peuvent générer.

Dans le sondage qui a été lancé, auprès du public, les priorités suivantes ont été retenues :

– promouvoir le concept de droit à l’eau en tant que bien commun de l’humanité

– améliorer la visibilité sur le caractère réversible du changement climatique

– accès à la formation professionnelle pour les femmes dans le secteur des changements climatiques.


Denis Chaigne

 

 

 

 

La Sécurité des Journalistes

Un atelier – débat organisé le 12 décembre
par le « Groupe des amis de la sécurité des journalistes »
en lien avec la Division « Communication-Information » de l’UNESCO


Thème d’actualité, sujet d’une grande acuité, la Violence faite à cette profession reste présente et tend même à s’intensifier : la Liberté d’expression menacée ? Quelles réponses face aux menaces partout observées ? L’UNESCO est pleinement engagée au service d’une cause qui fait partie des Droits de l’Homme. Déclarations de ses hauts responsables (La Directrice Générale Mme AZOULAY et la Présidente de la Conférence Générale-Mme ALAOUI), Témoignages de professionnels, ou de représentants des États ou d’ONG.


Mme AZOULAY a dit sa détermination à voir l’UNESCO contribuer à protéger les journalistes et tous ceux avec lesquels ils collaborent. Le journalisme remplit une fonction indispensable pour le Monde et pour chacun d’entre nous, nous qui , conformément à l’article 19 de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme, devons avoir droit à chercher et recevoir l’information, librement et sans contrainte. Il faut, nous dit-elle, combattre tous ceux qui veulent « tuer la circulation de la vérité », « étouffer la parole ». Cela vise les attaques physiques, les meurtres encore nombreux mais aussi d’autres formes de violence plus insidieuses, et souvent propagées par les réseaux sociaux qui harcèlent, menacent, manipulent, terrorisent. Il faut dénoncer toutes ces pratiques odieuses, poursuivre les auteurs de ces exactions devant les tribunaux, agir contre les impunités, sensibiliser les populations mais aussi les magistrats, ce à quoi s’emploie résolument l’UNESCO . Dans ce combat à mener inlassablement, il faut une forte implication des gouvernements, mais pas seulement : toute la société civile, les experts, les professionnels doivent être associés à toutes les nombreuses actions à engager pour sécuriser une profession encore trop souvent en risque alors qu’elle tient un rôle essentiel au service de la société et de la liberté qu’il faut préserver. La DG rappelle opportunément la citation d’ Albert CAMUS « La liberté de la Presse est le Visage de la Liberté ».

Mme ALAOUI mentionne le constat alarmant dont fait état le dernier rapport de l’UNESCO sur la sécurité des journalistes : la violence ne régresse pas, le nombre des journalistes tués dans l’exercice de leurs missions reste à un niveau record, avec beaucoup de journalistes locaux victimes dans des zones de conflits armés ; elle fait aussi allusion à la situation des femmes journalistes qui sont encore nombreuses à subir des agressions en tous genres. La Conférence Générale confirme son engagement à soutenir l’UNESCO dans toutes les initiatives qu’elle doit mener en vue de protéger la profession : c’est le sens de la résolution qu’elle vient de voter à l’issue de la 39ème Conférence Générale, elle condamne toutes les attaques perpétrées contre les journalistes, appelle à coordonner les efforts de l’UNESCO en les inscrivant dans le cadre du Plan d’Action de l’ONU qui en est à sa cinquième année d’existence. Oui, il faut que cessent ces actes inqualifiables commis à l’encontre des journalistes, ajoute-t-elle en conclusion en visant tout particulièrement les impunités qui alimentent la violence. Il faut combattre toutes ces atteintes à la liberté d’expression, ce principe fondamental dont le respect doit pouvoir être assuré pour garantir l’existence d’un journalisme authentique, porteur d’informations vraies qui peut contribuer à rendre le monde plus pacifique. « Si la Vérité n’est pas libre » disait Jacques Prévert « La Liberté n’est pas vraie ». Cette note finale ne renvoie-t-elle pas à l’essentiel ?

L’ambassadrice déléguée d’Autriche , pays à l’origine de la création récente du « Groupe des amis de la sécurité des journalistes à l’UNESCO » (troisième groupe issu du système onusien avec les deux autres qui fonctionnent à Genève et New York), rappelle qu’il s’agit d’une structure dont sont membres une trentaine de pays soucieux d’aider à la permanence et à la cohérence des initiatives prises à la fois dans le cadre onusien (voir le plan d’action) et au niveau des gouvernements en faveur des journalistes. Avec ses membres, et notamment les pays fondateurs du groupe (Canada, USA, Suède, Pays Bas), cette instance informelle entend aider à la propagation des bonnes pratiques, à jouer sur « la pression par les pairs » pour faire progresser une juste cause (adoption de lois, mise en place de mécanismes appropriés, renforcement de la sensibilisation et des capacités…)

Le panel qui a suivi ces déclarations a permis d’entendre des témoignages concrets sur ce qui a pu être fait dans des pays où le métier de journaliste peut se trouver confronté à de sérieuses difficultés (Afghanistan, Afrique, Serbie, Colombie), mais, préalablement, le représentant d’une ONG dédiée à l’aide aux journalistes, surtout dans les environnements difficiles, a présenté les conclusions d’un rapport produit par une équipe universitaire qui a travaillé sur le cas de sept pays exposés aux « risques violents ». Même si les contextes sont très différents d’un pays à l’autre et si les difficultés subsistent, un certain nombre d’idées émises sont susceptibles de guider l’action pour soutenir les professionnels de l’information là où leur situation laisse encore à désirer :

 – avoir de bonnes pratiques : faire participer activement les multiples acteurs concernés, s’entendre sur un socle commun d’objectifs avec un pilotage solide, couvrir tout le pays et non s’en tenir à des zones étroitement circonscrites comme le centre des grandes villes, avoir une approche globale « holistique » et locale « ancrage terrain » sachant que chaque pays doit trouver son propre modèle.

 – bien identifier et mobiliser les acteurs susceptibles le mieux d’élaborer et faire fonctionner les mécanismes de prévention ou de protection des journalistes ; ce sont d’abord et avant tout les États, mais aussi les partenaires de la Société Civile, ainsi que des initiatives groupées susceptibles d’apporter spécifiquement un soutien avec une bonne coordination.

 – respecter des Principes bien précis : avoir une démarche stratégique claire, disposer d’une méthode et d’outils bien maîtrisés, être transparent, viser les bons décideurs, les Pouvoirs politiques qu’il faut sensibiliser et convaincre, être assuré de la viabilité de ce qu’on souhaite réaliser (financement, soutien au niveau local…)

En Afghanistan, la situation a changé du tout au tout depuis le départ des talibans, la liberté de la presse a été instaurée, de nombreux media ont été créés, mais la violence sévit toujours. La société s’est organisée pour en assurer la défense avec une forte implication des pouvoirs publics sous l’impulsion du Président. Des actions sont engagées contre les coupables d’assassinats de journaliste. Reste un sérieux problème avec Daech et le terrorisme.

La Serbie, là encore avec une forte implication du politique, a sérieusement attaqué la question de la sécurité des journalistes. Un court métrage a restitué la chronique des menaces et la façon dont elles ont été traitées au fil du temps , puis un témoin qui a payé un lourd tribut (prison) dans les années 2010 comme animateur d’une Radio libre, a commenté la situation actuelle. Elle marque une très nette amélioration obtenue au prix d’efforts conduits par tout un ensemble d’acteurs avec une mise en œuvre d’actions menées conjointement par le gouvernement et la société civile pour prévenir les risques et lutter contre les impunités. La coopération entre les médias et la police, passé un moment de méfiance réciproque, est maintenant bien établie.

En Colombie, une Commission d’investigation suit les affaires mettant en cause la sécurité des journalistes. Les poursuites judiciaires doivent être menées sans concession et l’impunité a laissé la place à un régime où les sanctions exemplaires finissent par porter leurs fruits. Les pouvoirs publics investissent tout aussi bien dans la prévention (formation des journalistes) que dans la protection de la profession (aide à l’analyse du risque, gardes du corps, fourniture de moyens de communication…)

En Afrique, on signale des initiatives prises par des organisations supranationales, comme par exemple des recommandations émises mais on déplore que les principes ainsi énoncés n’aient pas de valeur contraignante. Tout en reconnaissant que les problèmes ne peuvent être correctement traités qu’au niveau de chaque pays, il est jugé que les actions à entreprendre gagneraient à être mieux coordonnées.

Une dizaine de délégations se sont exprimées pour rendre compte des efforts produits dans leurs pays, avec, au-delà des spécificités nationales, des éléments communs notables : rôle essentiel joué par les gouvernements, mise en place de mécanismes associant toutes les parties prenantes, sensibilisation des populations à l’utilité des médias libres et, pour cette raison, au bien fondé de leur protection, formation des magistrats. Quelques autres idées intéressantes ont été évoquées : la nécessité de prendre en compte de nouvelles formes de violence (avec tout ce qui passe par l’internet), la question du champs à couvrir ( qu’appelle t on un journaliste ?) et de la responsabilité des journalistes (quid lorsqu’ils deviennent plus promoteurs d’opinions parfois tranchées susceptibles de provoquer des tensions extrêmes? ) En s’inspirant d’un fait précis, (un meurtre à l’encontre d’un journaliste victime d’un fanatique religieux), un délégué a jugé qu’il serait opportun de réfléchir à cette question du traitement des faits religieux et des excès que cela peut provoquer (question délicate dont il a été pris bonne note mais qui parait soulever d’autres questions que celle des risques pour la sécurité des journalistes).L’Union européenne a rappelé l’existence d’un institut européen de suivi des média (en Allemagne) et tout ce qu’elle fait notamment au niveau diplomatique pour aider le journalisme à faire face aux menaces qui pèsent sur lui.

Courte intervention du représentant du PIDC (Programme « Information et Communication » de l’UNESCO) qui mentionne parmi ses réalisations la publication de documents (conseils à l’attention des journalistes notamment), des actions pour lutter contre l’impunité, et le financement de projets.

L’intervention du représentant de la Suède a été particulièrement remarquée avec l’annonce de la mise en place récente d’un plan d’action visant à endiguer les nouvelles formes de violence à l’encontre des journalistes mais aussi des artistes (harcèlement sexuel, intimidations au travers des réseaux sociaux), un plan articulé autour de trois axes : la connaissance du phénomène (intensification de la collecte de données sur les actes malveillants), le soutien effectif à la profession, et, dernier point important, la poursuite devant les Tribunaux, tout particulièrement la poursuite des auteurs de harcèlements (physiques ou virtuels via les réseaux sociaux), avec, en préparation un projet pour renforcer le droit pénal en la matière.

L’Adjoint du Directeur Général en charge du département « Communication et Information » a conclu l’échange en reprenant trois des idées fortes ressorties de ces trois heures de riche discussion :

– La sécurité des journalistes reste un vrai sujet, d’une grande gravité : la violence à leur encontre s’est intensifiée, il ne faut pas relâcher les efforts pour la combattre

– Il ne faut pas se contenter de Recommandations ou de Résolutions qui resteraient lettres mortes, il faut agir concrètement notamment sur le terrain de l’éducation, de la formation et du droit.

– Les réponses à donner doivent mobiliser de nombreux acteurs qui doivent agir de concert : coordination, coopérations, partenariat en associant les Pouvoirs publics et la Société civile dans toutes ses composantes.

Lire le discours de Mme Audrey Azoulay Directrice générale de l’UNESCO
Lire le document « Guide pratique de sécurité des journalistes »
Lire le document (anglais) « Conflict-sensitive reporting »

70ème anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme

Première cérémonie de célébration
Le 11 décembre 2017

Le 10 décembre 1948, 58 États signèrent la Déclaration universelle des Droits de l’Homme. Tout au long des prochains temps l’UNESCO entend marquer l’évènement. Son Mandat et toute son Histoire lui confèrent ici un rôle majeur dont elle témoigne au travers de multiples contributions. Selon les mots employés par Monsieur Robert Badinter qui a conclu une heure d’échanges, l’UNESCO doit rester « un Foyer ardent » pour continuer de servir « les Droits de l’Homme » à l’image de tous ceux qui les défendent et qu’il a salués ainsi : « longue vie et honneur à tous ces militants car ils sont le sel de la terre ».

Des courtes et intenses allocutions, il ressort à la fois un sentiment de  gravité et une note d’espoir.

Deux cent personnes ont assisté à cet évènement qui était organisé par la division des Sciences sociales et qui s’inscrit dans le cadre d’une campagne mondiale placée sous les auspices du Haut Commissariat de l’ONU pleinement soutenue par l’UNESCO.

Pour l’occasion, ont été entendues les interventions de la Directrice Générale de l’UNESCO, Madame Audrey Azoulay, de Monsieur Zeid Al-Hussein, Haut Commissaire des Nations Unies aux Droits de l’Homme, et de Madame Zohour Alaoui, Présidente de la 39ème session de la Conférence Générale de l’UNESCO.

Véritable militant des droits de l’Homme qui n’a cessé de croiser l’UNESCO depuis une cinquantaine d’années, Monsieur Robert Badinter a conclu l’échange avec une force de conviction qui n’aura pas surpris.


Madame Azoulay a parlé de la « centralité » de cette déclaration avec une vision universelle humaniste pour atteindre une Paix durable fondée sur la dignité de la Personne, la solidarité et le respect réciproque. Ces valeurs sont remises en cause, il faut répondre à ces menaces, nous dit-elle, l’UNESCO est pleinement engagée pour le faire avec l’ensemble de ses partenaires, notamment les ONG, les Chaires universitaires, le réseau des Cités, les institutions culturelles. Il faut agir ensemble, former une alliance nouvelle pour défendre les droits de l’Homme avec plusieurs défis à relever : celui de l’éducation (la liberté, la responsabilité, la citoyenneté, le respect des autres…), celui de la sécurité (se battre pour protéger les populations vulnérables), celui de la culture, pour empêcher un relativisme qui appellerait une application différenciée des droits de l’Homme. Plus généralement – nous est il fait remarquer – il faut aussi relever le défi du multilatéralisme et du maintien de la valeur des droits fondamentaux de portée universelle qui sont une garantie contre les excès nationalistes et la xénophobie.

Le Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’Homme a rappelé la teneur de la déclaration de 1948, un texte qui fut adopté à l’unanimité au sortir de la seconde guerre mondiale et d’un génocide massif. S’y trouvent un ensemble de droits appelés à promouvoir et soutenir une société inclusive, juste et respectueuse des libertés individuelles et collectives. Il y a eu avec ce document majeur un cadre, une référence qui a contribué à beaucoup de progrès (moins de dictatures, respect mieux assuré des handicapés, des minorités ou des marginaux dans de nombreux pays, instauration de tribunaux pénaux pour sanctionner les coupables de crimes de guerre etc.), mais il y a eu aussi et il y a encore beaucoup de graves échecs : violences encore très présentes, régimes tyranniques, de nouveaux génocides… « on est loin d’une application universelle des droits de l’homme », « notre monde est en crise », et en rappelant la violence extrême qui sévit encore dans de nombreux pays, il s’est fait plus précis en parlant de ce pays où un dirigeant assassine son peuple : une sorte de banalisation où « notre société (en vient) à perdre le sens de la honte ». Faisant écho à ce qu’a dit Mme Azoulay, il insiste sur la nécessité de l’action pour faire respecter ces droits fondamentaux, pour une plus grande justice à faire prévaloir concrètement dans de nombreux domaines : le social, l’économique, le culturel et l’information (liberté d’informer, accès à l’information). Lui aussi appelle à une défense de ces droit menée collectivement, tous ensemble et à tout moment pour ainsi promouvoir la Paix et la Justice.

La Présidente de la Conférence Générale, elle aussi, a fait référence au grand moment historique de la signature de la déclaration, cette déclaration qui donnait corps à un ensemble de valeurs susceptibles de « faire » consensus : valeur de sociétés humanistes, respectueuses de la dignité des personnes. L’UNESCO a d’entrée inscrit ses actions en phase avec cette déclaration qui entre bien en résonance avec le mandat que lui donne son acte constitutif.

Mais, tout comme les deux précédents orateurs, elle a fait ressortir à quel point il y avait comme un hiatus entre la déclaration elle-même et son application sur le terrain. Non, a-t-elle répété a cinq reprises, on ne peut pas se satisfaire de la situation présente qu’il s’agisse de la question des réfugiés, des violences en temps de guerre (et notamment les viols érigés comme une arme), des enfants réduits à l’état d’esclave, des persécutions ethniques ou religieuses.

Madame Alaoui appelle à réagir en paroles et en actes: il faut s’indigner (pour reprendre l’invocation de Stéphane Hessel), agir, et, pour plus d’efficacité, intensifier la coopération et les concertations de l’UNESCO avec le Haut Commissariat des Nations unies aux Droits de l’Homme.

Faisons le intensément, nous dit-elle en conclusion, en se fixant des objectifs ciblés, concrets, avec l’éducation comme socle essentiel : cela rejoint parfaitement les objectifs de l’agenda 2030 de l’ONU, avec cette idée qui s’y trouve exprimée, simple et noble à la fois : faire que personne ne soit abandonné en chemin.

Monsieur Badinter a conclu l’échange. Il fait le constat que – malgré les vicissitudes et toutes les horreurs qui ont souillé notre Terre depuis soixante dix ans – la déclaration de 1948 existe toujours. Elle reste notre horizon moral, elle n’a en rien perdu de sa pertinence, elle exprime une force, une force morale qui refuse d’admettre la fatalité de la violence, de l’ignorance pour une grande partie de l’Humanité, de la misère, de la maladie.

Les inégalités sont un enjeu majeur pour l’avenir, avec tant de gens qui vivent misérablement et dont les dérèglements climatiques peuvent dégrader encore plus la situation.

Un autre avertissement nous est adressé à propos du Monde qui se façonne à l’aune du numérique : le développement incontrôlé de ces technologie peut comporter de lourdes menaces pour l’Homme, les libertés individuelles et collectives.

Il y a encore trop de discriminations, l’égalité Homme/Femme est loin d’être acquise, il faut arrêter de maltraiter certaines minorités.

M. Badinter appelle à dénoncer la barbarie terroriste tout comme l’odieuse islamophobie, mais la lutte contre ce fléau terroriste ne saurait se conduire en portant atteinte aux droits de l’Homme.

L’important, nous dit il au terme de son intervention, se joue dans les esprits et dans le cœur. Nous devons défendre la liberté, les valeurs de la démocratie face aux emportements idéologiques violents et aux mépris des autres : les haines nourrissent des passions funestes, ce sont des fléaux de l’âme et du cœur… Ici l’UNESCO a un rôle à jouer comme un foyer ardent pour faire rayonner ces « forces de l’esprit » qui peuvent transformer le Monde.

Message de Mme Azoulay (français)
Message de Mme Azoulay (anglais)

Message de Mme Azoulay (espagnol)
Télécharger la version illustrée de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme

Edgar Morin Enseignez à vivre !

Edgar Morin et l’éducation innovante


Le 23 novembre, à l’UNESCO, devant une salle comble, avait lieu la projection en avant-première du film-documentaire d’Abraham Ségal « Enseignez à vivre ! Edgar Morin et l’éducation innovante »1 suivie d’une table ronde autour du réalisateur, d’Edgar Morin, de Vincent Defourny (UNESCO, Directeur Relations extérieures et information du public) et de Sobhi Tawil (UNESCO, Chef de Section, Recherche et prospective en éducation)2.


Enseignez à vivre ! Edgar Morin et l’éducation innovante, Affiche

Inspiré par la vision qu’a Edgar Morin de l’éducation3 et qu’il rappelle dans de courtes séquences au long du film – dont une référence au précepteur de l’Émile de Jean-Jacques Rousseau déclarant pour son élève : « Je veux lui enseigner à vivre » –  le documentaire « Enseignez à vivre ! »  s’interroge sur comment l’école peut être une ouverture sur le monde dans sa complexité et comment elle pourrait permettre aux élèves de mieux vivre avec les autres en société.

Comment faire en sorte que pédagogie rime avec plaisir de transmettre ? Comment des jeunes exclus du système éducatif, des « décrocheurs », peuvent-ils devenir des êtres créatifs désireux d’apprendre ? Quelle est la pertinence de ce qui est enseigné au regard de la complexité du monde actuel ? Comment un lycée ou un collège peut-il constituer un lieu où liberté se conjugue avec responsabilité, où l’acquisition de savoir va de pair avec l’apprentissage de la vie en société et de la solidarité ? (extraits du synopsis du film).

Le film chemine entre les idées qu’exprime Edgar Morin sur une autre éducation possible et les expériences pédagogiques saisies dans des établissements publics tels le Lycée Edgar Morin de Douai, le Lycée Autogéré de Paris, le Pôle Innovant Lycéen de Paris, le Micro-lycée de Vitry et le collège Decroly de Saint-Mandé où des réponses concrètes et vivifiantes ont été élaborées. Les paroles d’Edgar Morin, le vécu et les propos des lycéens tissent la trame du film. Le documentaire se veut le reflet des élèves et de leurs enseignants. Un des intervenants dans la salle a remarqué que ce qui frappe dans le film ce sont les visages.



La table ronde conduite ensuite par Vincent Defourny visait à débattre de la question : « Peut-on parler aujourd’hui d’une « crise de l’éducation » ? »


Pour Edgar Morin, le film ne cherche pas à être une démonstration mais une « monstration » : montrer les contraintes et les inhibitions du système scolaire actuel. Pour lui, il y a deux carences principales dans l’enseignement :
1) Au niveau des contenus qui sont fragmentés en disciplines mais ne permettent ni la compréhension d’autrui ni d’affronter la complexité de la réalité. Il y a également une disjonction entre la culture scientifique et les humanités. « Une réforme radicale de nos modes de connaissance et de pensée est devenue vitale et elle doit entraîner un renouvellement en profondeur des matières enseignées. »
2) Il faut aujourd’hui chercher des pistes pour humaniser l’enseignement. Les relations maîtres-élèves doivent en particulier évoluer au-delà de la simple transmission d’un savoir.


Pour Sobhi Tawil, il y a mondialement une crise de l’éducation. Elle se manifeste par le nombre d’enfants qui ne sont pas scolarisés4, par le fait que nombre de ceux qui sont scolarisés n’apprennent pas, sont « déconnectés » et découragés. Aux États-Unis 2/3 des élèves déclarent s’ennuyer à l’école. Trois des établissements présentés dans le film sont orientés exclusivement vers les « décrocheurs ».
La question qui se pose est celle de la pertinence de l’enseignement donné aujourd’hui. Les réponses qu’offrent les écoles « innovantes » visitées à l’occasion du documentaire pointent vers une approche humaniste avec le respect de chacun des élèves dans sa diversité, le souci de solidarité et d’inclusion, une conception large de l’enseignement, une approche intégrée des apprentissages et une mission confiée aux enseignants qui n’est pas seulement la transmission du savoir mais de redonner aux élèves le goût d’apprendre et de les accompagner.
Il faut se référer à ce que proposent Edgar Morin dans « Les sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur »5, le Rapport Delors6 et le concept des quatre piliers de l’éducation (apprendre à connaître, à faire, à être et à vivre ensemble) et le document « Repenser l’Éducation. Vers un bien commun mondial ? » (UNESCO 2015)


Pour Abraham Ségal, même s’il y a un paradoxe dans l’expression « enseigner à vivre » et non pas « enseigner à apprendre », l’important c’est « vivre », aider les jeunes à mieux vivre, à vivre une vie bonne c’est à vivre une vie où ils s’accomplissent.


En forme de conclusion :
Tout en reflétant certaines des idées d’Edgar Morin, le film « Enseignez à vivre ! » est avant tout un témoignage lumineux sur le vécu de jeunes et de leurs enseignants dans des contextes bien particuliers et non un manifeste abstrait sur l’Éducation. « Pour certains jeunes, une vie qui n’était pas possible devient possible. Enseigner à vivre cela veut dire qu’il y a des possibles 7» sans négliger qu’enseigner c’est assurer des chemins et transmettre des connaissances.
DG – 28/11/17

1 Le film a été réalisé en partenariat avec l’UNESCO. Il sort en salles le 13 décembre
2
 Sobhi Tawil a dirigé à la suite de Georges Haddad la rédaction du document fondamental « Repenser l’éducation. Vers un bien commun mondial ? » UNESCO – 2015
3
 En particulier dans « Les sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur» UNESCO 1999 réédité au Seuil en 2015, et « Enseigner à vivre, Manifeste pour changer l’éducation » Actes Sud 2014.
4
 Aujourd’hui près de 264 mio d’enfants et de jeunes ne sont pas scolarisés
5
 Pour un résumé des « sept savoirs fondamentaux », voir les trois pages d’avant-propos du livre rédigées par Edgar Morin (pages 9 à 11).
6
 Rapport Delors : « L’Éducation, un trésor est caché dedans » UNESCO 1996
7
 Citation d’un enseignant du Micro-lycée de Vitry

L’Humain au Défi du Numérique – Colloque des Bernardins


Colloque du Collège des Bernardins
16 Novembre 2017

L’Humain au Défi du Numérique


Quelques conclusions au terme de deux ans de recherches de la chaire « Numérique et Société » au Collège des Bernardins et des débats qui les ont accompagnées : richesse des réflexions sur l’immense transformation engagée… rien qui ne puisse laisser indifférent, deux idées fortes mises en exergue : savoir Habiter le numérique au service de l’Homme, et surtout : Garder l’Humain au cœur du Monde.


Jacques-François Marchandise, délégué général de la FING et co-titulaire de la chaire :

Nos sociétés entrent dans des mutations profondes et rapides pour lesquelles 5 clés de lecture sont proposées :

  • Monde commun : inclusif, créateur de liens et partages,
  • Monde ouvert : favorable aux innovations et systémique,
  • Monde numérique du long terme à créer en évitant les gains immédiats et intégrant la mémoire collective,
  • Monde incertain mais habitable car « computable », ou les interfaces doivent être pensés,
  • Monde de modèles innovants ou les méthodes de ceux-ci importent plus que les modèles eux-mêmes.

Milad Doueihi, historien et philosophe, co-titulaire de la chaire :

Pour penser le numérique, il faut réaliser le grand écart (sic…) car :

  • Le numérique n’est pas un fait social complet ou total, il va modeler nos sociétés par tâtonnements progressifs,
  • Le numérique va structurer autrement nos sociétés et par l’incertitude nous forcer à la créativité,
  • L’évolution culturelle (apprendre et transmettre) sera plus rapide que l’évolution humaine même si le trans-humanisme apparaîtra « une obsession française » selon Milad Doueihi,
  • Avec la pensée algorithmique de nouvelles formes de savoir vont apparaître et peut-être permettre une sortie du déterminisme pascalien,
  • Avec le numérique, les archives ne seront plus visibles et les ruines inexistantes,
  • Une philologie du numérique apporte une grille de lecture pour cette nouvelle vulgate de l’anglais où le code devient une nouvelle langue à apprendre ou non,
  • L’information devient aussi une nouvelle matière grâce au numérique.

Table ronde : Comment manager à l’heure digitale ? (Sopra Stéria et Société Générale)

Les principales conclusions :

  • Un nouveau rôle pour les managers : passer des ordres visant à donner du sens et du contrôle au support des équipes,
  • Les enjeux sont désormais le savoir et non plus le pouvoir, et par ailleurs comment donner des libertés et agilités aux collaborateurs, en délégant autrement,
  • Les essentiels sont devenus :
    • L’agilité et curiosité,
    • La capacité à la décision,
    • L’autoformation pour acquérir en permanence les nouveaux outils.

Les Conditions d’un Humanisme numérique par le Père F Louzeau (directeur de la chaire) :

Deux questions :

  • Comment devenir humain dans un environnement numérique ? Comment habiter le numérique ?

  • Comment humaniser le choc des hommes entre eux dans les relations, l’économie, et la technique numérique ?

    Il faut rechercher les solutions dans un nouvel humanisme avec les nouvelles sciences, au-delà des humanismes de la Renaissance(XVI), des Lumières(XVIII) et de l’ethnographie du XXe (Levi Strauss). L’Humanisme du numérique doit laisser une place à la Justice aujourd’hui absente et créer une légalité numérique. Il faut envisager de un ordre de justice numérique nouveau, pour faire la preuve que le numérique est bien au service de tous…

Marc Toillier 22/11/2017

Robots et Éthique

UNESCO Vendredi, 10 Novembre 2017

Quelques échanges de vue sur un thème essentiel


Ambivalence du phénomène, une montée en régime qui fascine, interpelle, inquiète : des avancées indiscutables, mais encore beaucoup de questions à poser… et d’abord celle là : où va l’Homme ?


L’évènement a été organisé conjointement par la délégation des Pays Bas et le MOST qui, est bien entendu très mobilisé sur un phénomène qui est en train de transformer fortement le Monde.

Une centaine de personnes ont suivi avec une grande attention pendant un peu plus d’une heure une discussion où sont intervenus quatre experts (universitaires et/ou ingénieurs) venus livrer leurs expériences ou leurs analyses en posant bien les termes d’un débat auquel l’opinion publique est de plus en plus sensible.

Jugeant à juste titre qu’on peut ainsi assez bien traiter de la question « Robots et Éthique », l’ambassadeur délégué des Pays Bas, dans son introduction, a proposé qu’on conduise l’analyse au travers du prisme UNESCO : En quoi la montée de la robotique affecte t elle la Paix et la Justice ? Y a-t-il ou non une menace pour les Droits de l’Homme ? Quelle Place du Robot dans nos esprits ?

Des messages assez clairs et simples nous ont été délivrés par les spécialistes (de la technique ou de la pensée, en d’autres termes les philosophes). On peut ainsi en lister les principaux qui sont soit la description d’un état de fait, soit des observations voire des conseils, mais aussi parfois des remarques sous forme de questions, tant il est vrai que nous entrons dans un Monde encore pleins d’inconnues.

D’abord nous est rappelée l’évidence : partout et dans de plus en plus de domaines s’invitent les robots, (terme pris au sens large : la machine, ou l’algorithme, tout processus automatisé avec une certaine autonomie pour prendre en charges des fonctions jusque là exercées par l’homme).

Des emplois sont détruits, certes, d’abord parmi les cols bleus et maintenant les cols blancs. Cela nourrit des peurs, mais il ne faut pas avoir une vue unilatérale : il y a une autre façon de travailler, on crée de nouvelles compétences… Les grandes inventions ont toujours eu de tels impacts, mais elles n’ont jamais été que négatives. Les intervenants invitent ici à se garder de verser dans le pessimisme, et à mesurer les grands progrès que permettent les robots dans l’industrie comme dans les services… y compris dans le domaine de la santé.

En même temps, il ne faut pas sous-estimer les dangers, des dangers qui sont loin d’être seulement économiques (le chômage) : on a mentionné le risque d’emprise sur les libertés, la disparition de la relation interpersonnelles, la distanciation des rapports entre l’Homme et la Machine, la prise de contrôle d’activités par de petits groupe (ou grosses sociétés), une dilution des responsabilités… ou une perte de contrôle de la machine, le risque (réel ou fantasmé) de voir les engins humanoïdes ou les processus d’intelligence artificielle dépasser nos présumées limites de pauvres humains.

Au delà des seules idées générales, la présentation d’exemples commentés permet de voir ou les enjeux ou ces risques qui ne sont pas minces.

Par exemple, les dispositifs de surveillance des mouvements de foule dans les aéroports avec la capacité de distinguer automatiquement (sans intervention humaine) les seuls mouvements suspects pour amener des réactions, la surveillance par drones de vestiges s’étendant sur une grande surface, la voiture autonome…

Mais ce sont deux exemples très proches de l’humain intime et affectif qui finalement font émerger les questions les plus sensibles :

travail d’une équipe qui met au point des dispositifs de reconnaissance très fins (mouvements des visages ou des yeux par exemple) susceptibles de faciliter les échanges avec les autistes… une avancée plutôt positive,
une alimentation automatique d’une personne âgée avec une photo peu rassurante.

En réalité, l’important ici est de se poser quelques questions essentielles : quelle responsabilité eston prêt à garder ou à abandonner, quelle relation voulons nous, relation au Monde et surtout relation interpersonnelle ? L’important n’est pas de verser dans de vaines polémiques, mais de bien voir comment on utilise ces robots ou systèmes automatisés, et comment on en garde (ou non) la maîtrise. Ce sont des choix personnels ou sociétaux et cela renvoie à des questions politiques.

Pour répondre à ces questions, des questions par nature complexes il est indispensable d’adopter des approches multidisciplinaires, holistiques où doivent se confronter toutes les parties concernées : l’inventeur, le programmateur, l’utilisateur, les décideurs et au premier rang les politiques, les juristes.

Sur la question spécifique du droit, les sujets à traiter sont assez nombreux et délicats (la propriété des données, la confidentialité, la définition des responsabilités, la place à donner à la régulation et la nature des règles à inventer – certains parlent d’un statut pour les robots qui serait proche ou l’égal du statut de citoyen !

Parmi les acteurs à associer à toutes les nécessaires réflexions à avoir, on a aussi parlé des artistes et des créatifs Peut être aurait-on pu parler de tous ceux qui œuvrent pour les valeurs de fraternité, d’empathie, de bienveillance, d’attention à l’homme dans toutes ses vulnérabilités. Ce dernier point a été souligné par une personne du Bangladesh qui a tenu à appeler l’attention sur le cas de ces pays qui sont en proie à des difficultés (164 millions d’habitants dont bon nombre sont constamment victimes de catastrophes naturelles) qui appellent à rester mesurés quant à l’éventuelle passion que l’on peut avoir pour ce monde des robots.

L’un des intervenants a relié le sujet « robots et éthique » à la question du Bien Commun, et de fait, en transformant radicalement la société sous l’effet principalement des initiatives du secteur privé, il n’est pas sans intérêt de s’interroger sur cette dimension de l’ « intérêt général » aidé ou affecté par ces technologies qui clairement sont à la fois l’illustration des immenses progrès que peuvent apporter les science et les risques qu’ils peuvent générer.

Retenons la conclusion de l’ambassadeur qui nous fait remarquer très justement que in fine on est toujours ramené aux mêmes questions, questions essentielles pour notre Humanité et nos sociétés : celles du sens de l’Humain et de nos Raisons de vivre… Il a posé aussi avec un brin d’esprit critique : ces robots seront-ils un jour capables d’humour ? Et pour son tout dernier mot, il a invité à toujours garder présent à l’esprit qu’on devait absolument séparer/distinguer l’Homme et le monde des machines.

Forum des Savoirs sur la sécurité de l’eau et le changement climatique


L’Eau, un Bien commun qu’il faut savoir bien gérer dans toutes ses dimensions

 (18-20 octobre 2017)


Ce forum a porté sur la science, la sécurité de l’eau au regard des changements climatiques et l’apport de solutions innovantes dans le cadre de la gestion de l’eau et du développement durable.
L’évènement s’inscrit dans le cadre du PHI (Programme Hydrologique International), qui, pour sa 8ème étape, (2014-2021), s’est donné précisément  comme thème « la sécurité de l’eau et le changement climatique ».


La réunion s’est déroulée sur trois jours, avec la participation de spécialistes – politiques ou scientifiques – venant de divers pays.


A retenir de la session inaugurale :

  • – la gestion de l’eau, pour en garantir la qualité et en maîtriser le contrôle face aux excès climatiques (sécheresse ou inondations) est fondamentale pour le développement durable,
  • – plusieurs facteurs sont à prendre en compte, ce qui nécessite le renforcement des liens entre les acteurs et à commencer par les scientifiques et les politiques.

Du côté scientifique : les actions auxquelles ils contribuent portent sur :

  • – l’amélioration de l’information : les prévisions climatiques et les observations en temps réel, relatives aux précipitations ou aux sécheresses, grâce à l’observation en réseaux des données par satellites ou enregistrements terrestres,
  • – le traitement industriel des eaux usées en prévention et en épuration,
  • – l’observation particulière des régions de montagne et des glaciers, les eaux souterraines,
  • – les évolutions et prévisions de la demande en eau en fonction de différents paramètres tels que l’évolution de l’urbanisation, de l’agriculture ou de l’industrie.

Du côté politique :

  • – la mise en relation des différents acteurs, et au plan national et au plan international – une attention à porter la question sensible des bassins fluviaux communs à plusieurs États,
  • – la mise en œuvre des programmes d’éducation des enfants concernant le respect de l’usage de l’eau.

La journée introductive a été suivie par des sessions plus techniques suivies par une cinquantaine de participants. Même si tous les sujets n’ont pas été abordés lors de la séance inaugurale (n’ont pas été évoqués par exemple les questions autour du dessalement de l’eau de mer, ou les eaux souterraines), le nombre des problématiques évoquées rappelle à lui seul à quel point la « question de l’eau » est cruciale pour tous .

Forum des Jeunes 2017 : changement de format !

UNESCO 25-26 Octobre 2017


« Si vous voulez que quelque chose change, il faut changer quelque chose ». C’est ainsi que, par un proverbe namibien, le Président en exercice de la Conférence Générale de  l’UNESCO Stanley Mutumba Simataa en résume les travaux.

Pour repenser l’engagement des jeunes avec l’UNESCO, la 10ème édition du Forum des Jeunes a privilégié une rencontre approfondie avec 60 jeunes et le retour de leurs expériences menées par cette « jeune société civile » dans chacune des parties du monde. Engagés sur le terrain comme des agents de changement, les jeunes ressentent les difficultés d’être entendus par les gouvernements de leurs pays et attendent de l’UNESCO un rôle de facilitateur pour établir des liens avec les commissions nationales (COMNAT), obtenir le « label » UNESCO et ainsi se faire mieux entendre aux tables de décisions.


Les Forums des Jeunes se suivent et ne se ressemblent pas…


En prélude à la 38ème session de la Conférence Générale de 2015, l’UNESCO avait rassemblé plus de 500 jeunes de tous les continents. Des groupes de travail, des présentations d’expériences, plus sociologiques que concrètes, avaient été exposées dans la séance de synthèse et résumées par les jeunes à la séance plénière de la Conférence Générale.

Le forum 2017 a pris le parti de privilégier l’apport de la « jeune société civile » et les actions concrètes des jeunes engagés sur le terrain.

Cette année 2017, en prélude à la 39ème session de la Conférence Générale de l’UNESCO, le 10ème Forum des Jeunes a donc privilégié un travail en profondeur, préparé en amont par des rencontres dans les pays, avec 60 jeunes sélectionnés dans huit groupes de pays couvrant la totalité du monde.

Après l’ouverture de Mme Irina Bokova, Directrice Générale, sur le thème choisi « Repenser l’engagement des jeunes avec l’UNESCO », des travaux par région du monde se sont tenus au siège de l’UNESCO durant deux jours pour relever les difficultés rencontrées dans la pratique des associations de jeunes qui interviennent sur les domaines du changement (éducation, culture, climat…)
Ils devaient, en premier lieu, isoler les défis, échanger les facteurs de succès et les retours d’expérience sur les difficultés rencontrées. Ensuite rechercher les soutiens attendus de l’UNESCO, définir des espaces régionaux des jeunes, couvrant plusieurs pays présentant des situations intérieures diverses et faire des propositions dont la synthèse sera présentées en séance plénière de la Conférence Générale.

Huit groupes ont présenté leur réflexion : deux groupes couvrant l’Asie-Pacifique, l’Afrique subsaharienne et l’Afrique australe, les Caraïbes, les États arabes, l’Amérique latine, les USA et l’Europe. Variables selon les zones géographiques, on peut noter que les jeunes considèrent que les défis sont principalement :
La violence
L’accès à l’information
La corruption
Les inégalités internes riches/pauvres
L’accès et la qualité de l’enseignement