Le visage humain de la migration

Conférence du 15 juin 2017 à l’UNESCO

Les migrations : une longue histoire, notablement autour de la mer Méditerranée…
des idées reçues à revoir… répondre à certaines exigences…
la dignité de l’homme d’abord : accueillir, soigner, éduquer…


L’objet de cette conférence est présenté ainsi par l’UNESCO : « Une conférence conjointe de l’UNESCO et de lUniversité des Nations Unies (UNU) sur – Le visage humain de la migration: perspectives historiques, témoignages et politiques – est organisée au Siège de l’UNESCO à Paris, le 15 juin 2017. Une analyse des contextes historiques, des témoignages ainsi que des expériences et leçons apprises y seront présentés. Elle vise à éclairer la réflexion actuelle sur le développement de politiques migratoires qui placent la dignité humaine au cœur de leur action.
Pour la majorité des 244 millions de migrants internationaux dans le monde en 2015, incluant les quelques 20 millions de réfugiés, la migration est une nécessité et non une option. Les circonstances sous-jacentes de leur mouvement engendrent des défis additionnels à leur inclusion dans les sociétés d’accueil …
Il est important de comprendre les causes profondes de la migration et du déplacement. Cela peut être atteint à travers une analyse méthodique des contextes et des processus historiques. Cette connaissance, combinée à l’expérience et les leçons tirées d’un large éventail d’acteurs travaillant sur la migration, a le potentiel d’orienter les programmes mondiaux vers la pleine réalisation des droits humains pour tous les migrants et réfugiés, indépendamment de leur genre, identité ou statut.
Cette conférence que l’UNESCO et l’UNU organisent conjointement coïncide avec le processus plus large de développement d’un Pacte mondial pour les migrants mandaté par la Déclaration de New York sur les Réfugiés et les Migrants (Assemblée générale des Nations Unies, septembre 2016). Le travail en cours de l’UNU et de l’UNESCO, notamment l’initiative des Villes accueillantes pour les réfugiés et les migrants avec la fondation M. V Vardinoyannis et la Coalition internationale des villes inclusives et durables – ICCAR, fournira des exemples édifiants. »  

La conférence a été ouverte par Irina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO et David Malone, Recteur de l’UNU, avec des remarques liminaires de Daniel Rondeau,

Représentant de l’UNU auprès de l’UNESCO, et de Marianna V. Vardinoyannis, fondatrice et Présidente de la fondation Marianna V. Vardinoyannis, Ambassadrice de bonne volonté de l’UNESCO :

On doit parler ici de tragédie, une tragédie qui existe depuis de trop nombreuses années. Sur 21 millions de réfugiés actuellement recensés, la moitié sont des enfants, des migrants qui n’ont pas le choix. Ces drames ne sont pas nouveaux, la nouveauté est l’ampleur du phénomène. L’importance des flux déstabilise. Dans ce contexte, il nous faut respecter les droits fondamentaux de la dignité humaine et construire une culture de la paix.

Concernant l’immigration, le dossier « éducation » est primordial pour l’UNESCO avec un grand défi à relever : celui de la Qualité. L’immigration se produit sous pression et rend vulnérable les populations. Le migrant se déplace pour changer de situation politique ou économique mais il sait qu’il est en position de faiblesse au regard de ses droits. De nombreuses organisations s’impliquent pour garantir un accueil, une éducation quant à la langue du pays d’accueil… La Grèce, l’Italie et aussi l’Allemagne donnent l’image d’une générosité extraordinaire par l’offre de logement, par la fourniture des soins de santé, des actions de formation, et des programmes inclusifs portés par les municipalités. Les réfugiés sont le plus souvent dans les villes. Madame Marianna V. Vardinoyannis a lancé un manuel pratique à l’intention des municipalités en tenant compte de l’origine, du sexe, de la situation intellectuelle et économique du migrant.


La première session a porté sur les perspectives historiques et les témoignages.
Le modérateur était Parvati Nair Directeur de l’institut de la mondialisation de l’université des Nations Unies, Culture et mobilité. Les intervenants furent: 

David Abulafia, historien, professeur à l’Université de Cambridge,
Pietro Bartolo, médecin et coordinateur des interventions sanitaires pour les migrants à Lampedusa,
Gilles Pecout, Recteur de Paris, Chancelier des universités, historien,
Albina Du Boisrouvray,
journaliste, productrice, Présidente de l’Association François-Xavier Bagnoud.

La mer Méditerranée est entourée de villes portuaires qui ont toujours été un lieu d’intégration sociale et économique. Rome a l’histoire d’une ville multiculturelle. Cette diversité culturelle que favorise l’immigration doit être conservée présente à l’esprit. Dans le passé, les déplacements de population étaient considérés comme un apport culturel, et n’étaient pas spécifiquement caractérisés par une dimension religieuse.

Pour en venir à l’époque actuelle, on rappelle que Lampedusa est proche de l’Afrique. Avant de prendre la mer, les migrants qui en viennent ont le plus souvent d’abord mené une longue traversé du désert. Après leurs épreuves, l’objectif qu’ils visent est bien différent de celui qu’ils espéraient. Parmi les contre-vérités souvent propagées, il faut réfuter l’idée que ces migrants transmettent des maladies infectieuses. Les pathologies dont ils souffrant sont liées au stress et aux conditions du voyage. Beaucoup de personnes meurent horriblement « tout simplement » parce qu’elles sont jetées dans des embarcations de misère, assises dans des flaques d’eau mélangée à du pétrole. Il est faux aussi de dire que ce sont des terroristes. Ceux ci ont bien d’autres moyens pour voyager plus confortablement. On ne peut pas parler non plus d’invasion quand on mesure ce que représente l’immigration par rapport à la population totale du pays d’arrivée. Autre point à rappeler :l’histoire nous montre que les migrants a toujours porté une force de travail et une culture.dans les pays qui les accueillent.

Les « pérégrinations politiques » dont nous pouvons être les témoins actuellement ne sont pas un phénomène récent : elles existaient déjà au XIXème siècle parallèlement à des mouvements de population liés à des considérations économiques. Il y a un mouvement ininterrompu, une « galerie » de proscrits qui sont allés peupler l’Algérie. On doit en tout cas reconnaître un fait évident : le bassin méditerranéen a toujours été un espace privilégié de peuplement nourri par des mouvements migratoires, qui, singulièrement actuellement, appellent à considérer pleinement un impératif de scolarisation des enfants, d’où qu’ils viennent.

Les ONG jouent un rôle essentiel pour répondre aux besoins de ces populations déplacées. Ainsi, l’ONG FXB – fondée en 1989 – s’implique sur les problèmes de santé, avec le souci de ne pas se disperser dans des programmes d’aides sanitaires trop« morcelées » et sans accompagnement cohérent. Par exemple, il ne s’agit pas de soigner le migrant dans un dispensaire pour le renvoyer chez lui dans un endroit où il ne peut boire qu’une eau contaminée. Autre exemple d’action simple et capable de produire des effets très positifs : un petit capital est donné au départ au migrant sans se soucier du remboursement. Cette démarche s’est avérée très utile pour permettre aux bénéficiaires de démarrer une autre vie.


La deuxième session a porté sur : Perspectives locales et enjeux politiques globaux.
La modératrice fut Mme Golda El-Khoury, Chef de la section Inclusion et Droits à l’UNESCO. Les intervenants furent :

Susanne Asche, chef du département des affaires culturelles de la ville de Karlsruhe,
Père Najeeb Michael, philanthrope engagé dans l’action humanitaire dans les camps de réfugiés et dans la sauvegarde du patrimoine culturel en Irak,
S. Exc. Mme Eleonora Mitrofanova
, Ambassadrice itinérante de la Fédération de Russie,
Yann Arthus-Bertrand, photographe, réalisateur, Président de la fondation GoodPlanet.

Karsruhe est une ville de transit. 25 % des habitants de cette ville ont un passé de migrants. Entre 2015 et 2016, Karlsruhe a reçu des réfugiés de guerre. De nombreux volontaires ont organisé des aides. Des clubs ont été créés. L’administration municipale s’est occupée de l’emploi, de l’éducation. Des journaux de plus de 100 langues différentes existent. Une pièce de théâtre est montée où les réfugiés parlent de leur histoire. La société civile participe à l’accueil et l’intégration des migrants. Les migrants apprennent l’art, l’histoire, la langue de la région du Bade-Wurtemberg. Les allemands se familiarisent avec leur culture.

Le père Michael Najeeb nous conte son expérience. Berceau de notre civilisation, la ville de Ninive est devenue le berceau de la violence. Personne ne veut émigrer. On ne doit pas avoir peur de celui qui émigre mais on peut avoir peur de celui qui tue. C’est l’éducation qui combat la violence. C’est le respect de l’autre qui casse tout fondamentalisme. Pour arrêter le désert, on plante des arbres qui se nourrissent par des racines profondes.

Les migrations représentent 3 % de la population mondiale et sont une ressource pour le développement de n’importe quelle société. Le flux Sud Nord est important pour maintenir une vie économique. Mais la migration forcée est malheureuse. Aujourd’hui les flux migratoires dépendent de situations sécuritaires, de conditions climatiques et doivent être compris au niveau mondial.

Yann Arthus-Bertrand propose de visionner le film « HUMAN » sur internet dont la diffusion est gratuite. Son propos est de soutenir le fait que ceux qui envient les pays riches, viennent chez eux pour avoir une vie meilleure.
Daniel Rondeau conclut la conférence avec 4 expressions : S’il te plaît, je t’aime, pardon, merci.

Voir la version longue du film « HUMAN » (volume 1)
Voir la version longue du film « HUMAN » (volume 2)
Voir la version longue du film « HUMAN » (volume 3)

Conseil International de Coordination du Programme sur l’Homme et la Biosphère

Conseil International de Coordination du Programme sur l’Homme et la Biosphère (CIC-MAB)

29ème Session – UNESCO – 12 au 15 juin 2017


Protection de plus de 600 zones –les territoires,les populations – thème revisité par les Accords de Lima. Orientations stratégiques, plan d’action au service du développement durable, Nouveaux inscrits, radiation, suivi des activités.


  1. Rappel : les « réserves biosphères »

La notion de protection de zones biosphères, est lancée vers les années 1970 à l’UNESCO : il s‘agit de définir des zones terrestres, des « réserves » ou des « sites », méritant d’être protégées d’agressions extérieures. D’abord centrée sur une dimension essentiellement écologique, la notion a été progressivement étendue en intégrant les besoins de protection des populations, affectées par les changements climatiques, ou victimes d’agressions liées à d’autres facteurs naturels ou à des initiatives ayant comme conséquences potentielles l’élimination ou la fragilisation de certaines catégories de populations.

Une étape importante : la Déclaration de Lima (2016) et le Plan d’Action de Lima (2016-2025), qui donnent lieu à une nouvelle « feuille de route » pour les programmes sur l’homme et la biosphère (MAB) et son Réseau mondial de réserves de biosphère. Il s’agit de donner un nouvel élan à la constitution dans les États Membres de l’UNESCO, de nouvelles Réserves de biosphères, bénéficiant d’une politique particulière d’accompagnement de la protection des personnes dans leur culture, leur santé et leur éducation, et d’actions particulières dans leurs lieux de vie en vue de la protection des sites au regard de l’environnement climatique ou géologique, et des Objectifs du Développement Durable (ODD).

Il y a aujourd’hui, 669 Réserves de Biosphères, répertoriées par l’UNESCO, dans 120 pays, et mises en réseau par l’intermédiaire de l’UNESCO. Elles totalisent 680 millions d’hectares de zones terrestres, côtières et marines, et concernent environ 207 millions d’habitants.


  1. Le Programme de Lima et sa mise en œuvre

En 2016, à Lima, une nouvelle « feuille de route » a été élaborée pour les Réserves de Biosphères, reconnues par l’UNESCO.

Les objectifs stratégiques qui doivent inspirer les programmes d’actions de ces Réserves sont :

– Préserver la biodiversité, restaurer et améliorer les services écosystémiques et favoriser l’utilisation durable des ressources naturelles

– Contribuer à construire des sociétés et des économies saines et équitables et des établissements humains prospères en harmonie avec la biosphère.

– Faciliter la science de la biodiversité et de la durabilité, l’éducation au service du développement durable et le renforcement des capacités

– Soutenir l’atténuation et l’adaptation à l’évolution climatique et à d’autres aspects du changement environnemental mondial.

Un conseil de gestion de ces programmes a été mis en place : le Conseil International de Coordination du Programme sur l’Homme et la Biosphère (CIC-MAB). Il comporte une trentaine de membres représentant des Pays adhérents à ce programme, il est présidé actuellement par la France. L’action de ce programme est suivie à l’UNESCO par la division Écologie et Sciences de la Terre.


  1. 29ième Session du CIC-MAB – 12 au 15 juin 2017,

La session a réuni environ 200 participants dont 100 représentations de pays.

Au cours de cette réunion, les délégués des différents pays ont pris la parole pour brièvement décrire leurs activités depuis le dernier CIC-MAB (Lima 2016) en particulier en ce qui concerne la mise en œuvre du Plan d’action de Lima.

Les travaux du CIC ont porté sur des enquêtes auprès d’environ 240 Sites ou Réserves, pour étudier leurs rapports d’activités (environ 270 rapports reçus) au regard des programmes élaborés par le CIC-MAB, ce qui a représenté un travail considérable salué par les membres.

La « Stratégie de sortie » représentait cependant la question essentielle présentée à cette session.


  1. La « Stratégie de Sortie »

Sous ce terme, il faut comprendre qu’en application des règlements de fonctionnement du CIC, les Réserves, sont tenues de respecter un certain nombre de critères et doivent adresser des rapports d’activités réguliers au CIC-MAB. En cas de non communication de rapport ou de non réponse aux relances, le CIC peut engager la mise en œuvre de la procédure « Stratégie de Sortie », qui amène à la radiation du site des références de l’UNESCO. Les « sites » délinquants ont ainsi reçu une notification depuis fin 2013 et une proposition d’assistance leur a été dûment envoyée.

L’essentiel des débats a porté sur les cas de 85 sites exposés à une éventuelle radiation. Sur cette question sensible, la plupart des pays sont intervenus, les uns pour défendre les sites et les autres, pour, au contraire, appeler à maintenir une certaine discipline gage de la qualité du réseau de ces zones de biodiversité. Ces échanges ont occupé un temps considérable.

Le bureau du CIC doit faire connaître ses conclusions après de nombreuses séances tardives.1


  1. En forme de conclusion

Il faut citer la vision pour le programme MAB énoncée à Lima : « Notre vision est celle d’un monde dans lequel les individus ont conscience de leur avenir commun et de leur interaction avec notre planète, et œuvrent ensemble, de manière responsable, à l’édification de sociétés prospères en harmonie avec la biosphère. »

Le point qui nous parait essentiel dans la mise œuvre de ce programme est que le respect de l’homme/des populations locales doit être fondamental comme doit l’être le respect de la biosphère.

DC/DG – 16-06-17
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1 La Session se poursuivait par l’examen de propositions par les membres de nouvelles réserves ou d’extension de réserves actuelles, par une table ronde sur les partenariats du secteur privé pour les réserves de biosphères, l’attribution de bourse et l’examen de questions de gouvernance.

Le Patrimoine culturel des Océans à l’UNESCO du 29 mai au 2 juin 2017


la nécessaire protection d’un patrimoine vital pour l’Humanité


C’est un enjeu majeur pour le développement durable (la Paix, le Climat, l’Environnement… )
La Communauté internationale ne mesure pas assez les Risques et les Défis que représentent les Océans, composante essentielle de notre Planète.
Les questions à traiter sont multiples et ne touchent pas qu’au sujet « Nature ». La dimension culturelle doit aussi faire l’objet d’une grande attention.

Du 29 mai au 2 juin, se sont tenues à l’UNESCO, diverses réunions relatives à la protection des océans et notamment de leur patrimoine culturel. Ces réunions ont eu lieu dans la perspective de la Conférence des Océans de l’ONU qui doit se tenir à New York du 5 au 9 juin.

Rappel de la question des Océans à l’ONU et à l’UNESCO

Plusieurs questions sont soulevées sur le sujet spécifique des Océans :

la responsabilité internationale du respect des océans au-delà des 200 miles nautiques des côtes : accélération du développement des transports et aussi de leur sécurité,
les risques liés à l’environnement : surveillance des niveaux des eaux et zones menacées d’immersion, pollutions diverses de surface et de profondeur par le déversement des déchets, et des nappes d’hydrocarbure,
les nouvelles technologies : pêches en eau profonde (400 à 700 mètres), câbles sous-marins, pipe-lines, plongeurs en eau profonde,
développement des prédateurs, trafiquants et chasseurs de trésors d’épaves,
développement de l’intérêt porté aux patrimoines culturels en général et à leur composante sous- marine : épaves, villes englouties, attraction du public pour ces nouveaux musées.

Les réunions des 29 mai-2 juin 2017
C’est dans le cadre de la convention de 2001 que se sont tenues ces réunions.

Les réunions du 29 mai avaient un caractère de sensibilisation de tout public se sentant concerné par les questions de respect et de mise en valeur du patrimoine subaquatique.
Madame Ulrike Guérin, de l’UNESCO a indiqué que la Convention de 2001 n’était pas encore assez reconnue par les États, en dépit de son travail, et notamment en matière de Développement Durable et des objectifs de 2030, et sur les thèmes suivants :
–   patrimoine subaquatique et éducation, culture de paix, non violence et respect de l’altérité, tourisme, et développement urbain,
–   changements climatiques et conséquences sur le patrimoine subaquatique
Monsieur Michel L’HOUR, Directeur du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines de la France a rappelé la problématique des menaces pesant sur ce patrimoine :
–   le patrimoine est très diversifié, depuis les grottes actuellement immergées, les grottes sous-marines et les épaves : « la mer est le plus grand musée du monde » (Salmon Reinach)
–   mais la mer fait l’objet de déprédations, pillages et vols organisés très difficiles à stopper. Rappelons qu’il y a plus de 200 000 plongeurs qui pratiquent les « prélèvements de souvenirs ».
–   la pêche : peut-on parler de patrimoine vivant ? d’épuisement des ressources ? Il y a plus de 2 millions de navires de pêche, et 23 000 chalutiers industriels. Il se pêche dans le monde, 4,9 tonnes de produits de la mer par seconde, dont 25% dans l’illégalité. 84 000 navires de pêche croisent les mers de la zone européenne. Les chaluts de grands fonds ramènent chaque jour des débris de vestiges sous-marins qui font l’objet de ventes (ventes de dents de mammouths). On trouve aussi des épaves, à plus de 300mètres de fond qui sont complètements entourées de restes de filets de pêche. Entre 60 et 700 mètres de fond de nombreuses épaves sont couvertes de filets.
–   il y a aussi dans les
fonds marins dans les zones de 350-700mètres des restes de munitions de guerre, qui constituent des dangers, aussi bien en termes d’explosions que de dissolutions de produits chimiques nocifs.

D’où la nécessité de sensibiliser, l’opinion publique, l’ONU…
Plusieurs autres intervenants ont décrit certaines réalisations dans leurs pays, comme la rénovation de sites immergés ou la remontée d’épaves en surface avec présentation en musées (France/Arles, Espagne, Chine… )
Les échanges avec la salle ont notamment porté sur la protection du chalutage, victime de l’absence d’informations sur les fonds encombrés de déchets et d’épaves qui peuvent endommager gravement les chaluts, la lutte contre les pilleurs d’épaves, et la question du statut des épaves et autres patrimoines au-delà des 200 nautiques. D’où l’intérêt d’améliorer les cartographies des fonds sous-marins.

Le 1er juin, la 8ème réunion du Conseil Consultatif Scientifique et Technique pour la Convention de 2001 relatif à la Protection du Patrimoine Culturel Subaquatique, était la première réunion du conseil nouvellement élu.

Quelques sources de référence :
La Conférence des Océans de l’ONU,
La COI : Commission Océanographique Intergouvernementale de l’UNESCO, pour une gestion durable des océans (148 pays membres),
La Convention de l’UNESCO sur la Protection du Patrimoine Culturel Subaquatique (2001) environ 58 pays signataires.
Le DRASM du Ministère français de la Culture
Le RPMNF

Lire aussi
Sixième session de la Conférence des États parties à la Convention de 2001
Huitième réunion du Conseil Consultatif Scientifique et Technique pour la Convention de 2001

Photo NOAA http://oceanexplorer.noaa.gov/explorations/17midway/logs/may9/may9.html

Huitième réunion du Conseil Consultatif Scientifique et Technique pour la Convention de 2001

8ème réunion du Conseil Consultatif Scientifique et Technique pour la Convention de 2001 sur la protection du patrimoine culturel subaquatique (STAB)

Le 1er juin, la 8ème réunion du Conseil Consultatif Scientifique et Technique pour la Convention de 2001 relatif à la Protection du Patrimoine Culturel Subaquatique, était la première réunion du conseil nouvellement élu.
Elle a porté d’abord sur la désignation du bureau, dans lequel on retrouve le Mexique, la France, le Togo.
Si de nombreuses questions organisationnelles ont été abordées, il ressort que l’objectif prioritaire était de faire inscrire dans le rapport final de la Conférence des Océans des 5-8 juin à New York, le caractère fondamental de la Protection du Patrimoine Subaquatique, ce qui ne parait pas aller de soi dans les documents préparatoires. Cet objectif doit mobiliser toutes les délégations des États présents à New York.
Dès lors, les autres questions abordées (sécurité des agents et experts en mission dans des zones sensibles, meilleures pratiques… ) paraissaient bien subalternes.


Bilan d’activité, implication des ONG, besoin de sensibilisation, un sujet sensible : la sécurité


Les initiatives des ONG ces deux dernières années (15 sont accréditées)
–   Un atelier sur l’île de Sainte Marie à MADAGASCAR mène des actions de sensibilisation sur la protection du patrimoine immergé auprès de la population locale et dans les écoles tandis que des chasseurs de trésors tentent d’entraver la mission.
–   deux missions en Haïti et au Panama n’ont pas fait l’objet de rapport
–  une nouvelle demande de mission du STAB est sollicitée par le GUATEMALA Il s’agit de la protection de temples et de villages de la période préhispanique immergés par la montée des eaux de 100m du Lac Atitlan. La population qui considère que le lac est un site sacré est marginalisée : elle doit être sensibilisée à la protection.
Le Conseil décide d’accompagner le Ministère de la Culture de ce pays dans l’élaboration d’un plan d’action et de nommer un chef de mission. L’Espagne propose de financer le projet.
Protection du site du Jutland : épaves disparues : le Conseil attend un nouveau rapport

Discussion sur les échanges d’information et partages d’analyse
Le Conseil déplore que la protection du patrimoine subaquatique ne soit pas à l’ordre du jour de la Conférence sur la Protection des Océans tenue début juin à l’ONU à NEW YORK.

Les ONG ne sont pas entendues.

Maritime archeologists explore the F.T. Barney wreck using SCUBA. Image courtesy of Joe Hoyt/NOAA, Thunder Bay NMS

Il faut absolument attirer l’attention sur la Convention tout particulièrement sur la protection du patrimoine culturel englouti. Le représentant du Mexique propose d’adresser une lettre officielle afin que la délégation mexicaine prenne la parole à New York. Approbation du Conseil.
Le TOGO soutient l’idée d’organiser un dialogue transversal avec d’autres conférences scientifiques.
La France propose d’aborder cette question en réunion plénière.
Il est souhaité que les ambassadeurs présents à des réunions comme celles de début juin soient incités à évoquer le sujet publiquement.
L’Espagne déplore une insuffisante diffusion des informations sur ces sujets et l’absence de réglementation internationale. Elle demande au secrétariat de l’UNESCO que soit créé un canal d’informations entre les Etats et et qu’une page du WEB de l’UNESCO soit consacrée à la Protection du patrimoine subaquatique.

Améliorer la sécurité des membres et experts du STAB
Outre la plongée, elle-même, des problèmes de sécurité dus à la présence de chasseurs de trésors et aux relations complexes avec les populations locales, doivent être évoqués.
Des intervenants ont déjà été l’objet de menaces orales et physiques.
Les experts et missionnaires doivent bénéficier de privilèges et immunités sur les sites protégés ainsi que d’une couverture juridique locale .
Le secrétariat de l’UNESCO souligne qu’il existe une formation sur la sécurité des experts au siège de l’UNESCO. Les membres du STAB peuvent également prendre des cours de sécurité en ligne.
A chaque mission les membres des ONG et les experts doivent vérifier, avec les instances du pays d’accueil s’ils sont couverts et protégés. D’une manière générale il faut garder une attitude naturelle et simple, bien connaître le contexte local et les règles de bonne conduite.

Avant chaque mission le secrétariat organisera une réunion sur la sécurité.
Photo Joe Hoyt/NOAA  http://oceanexplorer.noaa.gov/

Sixième session de la Conférence des États parties à la Convention de 2001

Sixième session de la Conférence des États parties à la
Convention de 2001
sur la Protection du patrimoine culturel subaquatique



Principaux sujets inscrits à l’ordre du jour (les 30 et 31 mai 2017)


-   Élection des six membres du Conseil consultatif scientifique et technique
 (CCST)
–   Suivi des recommandations du CCST

-   Évaluation des exemples de bonnes pratiques en matière de protection du patrimoine culturel subaquatique

-   Examen pour adoption de la Stratégie de ratification et de mise en œuvre et actions de suivi
-Patrimoine culturel subaquatique dans les situations d’urgence

–   Évaluation et accréditation des organisations non gouvernementales (ONG)

Quelques extraits de la session :

« La mer est le plus grand musée du monde » : débat, nécessaire prise de conscience
(Salomon Reinach 1928)…
Invisible, hors d’atteinte jusque récemment pour le commun des mortels, ce qui enfoui au fond des mers était resté longtemps ancré dans l’imaginaire devient maintenant accessible . Consciente de l’enjeu, l’UNESCO a adopté en 2001 une Convention créant une 6ème Direction pour la protection de ce patrimoine culturel sub-aquatique. Cette Convention constitutive, en 16 ans d’existence, n’a été ratifiée que par 58 États membres. Elle peut, pour le moment, paraître comme « élitiste » (délégation italienne) mais les choses tendent à changer : après l’adhésion récente de la Bolivie, on attend prochainement celle du Royaume des Pays Bas et d’autres devraient suivre.
Ce qu’il faut espérer, car le temps presse : les pilleurs d’épaves, mais aussi les tempêtes, voire les tsunamis, détruisent inexorablement des témoins d’un passé allant du paléolithique aux derniers conflits armés. A l’inverse, les recherches menées sur ces vestiges sous marins sont extrêmement précieuses pour des sciences comme l’archéologie ou l’ethnologie.
Les débats ont été menés sous la présidence de S.E. M. Laurent Stéfanini, Ambassadeur de France auprès de l’UNESCO, avec un doigté qui, si nécessaire, n’excluait pas la fermeté. Le Bureau est composé de la Roumanie, le Panama, l’Afrique du Sud, la Palestine et le Cambodge (rapporteur).


Rapport d’activité depuis la 5ème session de la Conférence des États parties (2015),
échanges de vue sur le fonctionnement de la Convention

Sous la présidence de l’Uruguay, l’un des objectifs prioritaires a été de faire connaître la Convention de 2001.
Un Plan National de protection a été adopté à Madagascar, où ont été menées des missions locales de sensibilisation (Ste Marie), de même qu’en Micronésie. Des actions régionales ont été organisées en Cote d’Ivoire et au Costa Rica. Des liens ont été tissés avec Interpol, des actions auprès des garde-côtes ont été menées, des mécanismes de supervision ont été mis en place.
Un manuel de formation sur la protection du patrimoine culturel sub-aquatique a été publié.
2 chaires universitaires sur cette question ont été créées, à Aix en Provence et à Lisbonne ; en Colombie, au Kenya et en Turquie, des actions ont été menées auprès des collèges.
Sous la présidence du Mexique, le CCST (Conseil Consultatif scientifique et technique – STAB), composé de membres élus pour 4 ans et rééligibles, s’est beaucoup investi dans l’assistance aux Pays. Un inventaire des Bonnes Pratiques a été dressé, ce qui a permis d’éveiller l’attention des États sur les missions de pillage déguisées ou sur les risques que peuvent générer les contrats d’exploration confiés à des entreprises privées. Une liste rouge des entreprises de ce secteur pourrait être dressée. Mais la protection juridique nationale est souvent inexistante.

Au sein de l’Organisation, un renforcement du Secrétariat, aujourd’hui limité à une seule personne, est demandé avec insistance par l’ensemble des Délégations. Créer des synergies et une meilleure coordination avec les 5 autres conventions de l’UNESCO reste un objectif indispensable. Des transferts de technologie doivent être organisés. Des moyens importants sont nécessaires pour l’océanographie, il est impératif qu’on les trouve. C’est pourquoi la question de l’élargissement du CCST de 12 à 18, voire 24 membres a été soulevée.
Des experts d’Argentine, de France (2), du Maroc, du Mexique et du Togo, soit 6 nouveaux membres, sont élus pour compléter le CCST, qui reste de 12 membres.


L’urgence :
les États doivent se mobiliser face aux menaces, l’ONU joue un rôle, besoins de financement.

S. E. M. Guy Madjé LORENZO, ministre de la Culture du Togo, a souligné l’urgence de la question de la protection du patrimoine culturel sub-aquatique : le pillage s’accélère chaque jour. Une prise de conscience des États, et une ratification de la Convention de 2001 par le plus grand nombre est aujourd’hui cruciale… Ce qui passe aussi par la mise à disposition de davantage de ressources.

L’Espagne a mis en valeur plusieurs éléments de son patrimoine culturel sub-aquatique, en Andalousie (zones d’intérêt zoologique), à Alicante (un bateau de commerce romain du Ier siècle), à Tarragone (un bateau de guerre du XXème siècle), à Capdebol (un pinardier de l’époque romaine). Il en est de même au Portugal à Cascais ou au Mexique à Campeche (découverte de 900 pièces de culture pré-hispanique et projet de musée sub-aquatique). Toutes ces actions ont été accueillies très favorablement par le public.
Un cadre d’action adéquat est la Conférence des Océans organisée à New York par l’ONU à partir du 6 juin 2017.


Les Actions prioritaires :
obtenir de nouvelles ratifications de la Convention, développer des actions mobilisatrices, sensibiliser.

Il apparaît nécessaire d’élaborer une stratégie de ratification et de mise en œuvre de la Convention de 2001 par un plus grand nombre d’États.
Des transferts de technologies et de compétences doivent être multipliés, des actions de formation doivent être organisées. Il faut mieux démontrer l’importance du patrimoine culturel sub-aquatique, impliquer la jeunesse, les Gouvernements et le public. La protection de ce patrimoine doit devenir l’affaire de tous. Des musées pourraient être créés pour sensibiliser les acteurs et le public. Les écoles de plongée diffusent déjà un code éthique.


Coordination étroite avec le Bureau du droit de la Mer à l’ONU.
M. Serge Ségura, Ambassadeur français des Océans, a souligné l’importance de la sensibilisation de toutes les Organisations inter-étatiques, même si elles n’ont pas de compétence précise en cette matière, ce qui est le cas de l’Union Européenne.
La question a été évoquée de la protection du patrimoine culturel sub-aquatique dans les situations d’urgence telles que conflits armés ou catastrophes naturelles.


La modification du Règlement intérieur.
Cette question est qualifiée de « difficile mais nécessaire », notamment sur le processus de nomination des membres du CCST / STAB. Une harmonisation paraît souhaitable entre les modes de fonctionnement des 6 conventions constitutives de l’UNESCO.
Cependant, cette discussion risque de s’enliser, au point que M. Stéfanini, usant de sa prérogative de Président, met en garde l’Assemblée des États-parties contre la tentation de donner aux questions de procédure le dessus sur les questions de fond. L’UNESCO prêterait alors le flanc à la critique dont elle est parfois l’objet à cet égard.
Compte tenu des divers calendriers, et en prenant en compte les suggestions de la salle, il est décidé de faire des propositions harmonisées de modification du règlement intérieur pour le printemps 2018, en vue d’une proposition claire à la Conférence des États-parties de 2019.

A l’initiative de Cuba, et à l’occasion du 70ème anniversaire de son adhésion aux Organisations Internationales de l’ONU, le vernissage de l’exposition de peinture « Arte bajo las olas » (« Art sous les vagues ») est complété par un buffet où le rhum cubain est largement présent.

Réalisé par une équipe autour de M. Michel L’Hour, un film impressionnant sur la reconstitution photographique du cuirassé Danton, coulé en 1917 au large de la Sardaigne, et qui repose par plus de 1.000 mètres de fond, a été projeté dans la soirée du mardi 30 mai.

Pierre OLPHE – GALLIARD
31 MAI 2017

La Gouvernance de l’UNESCO – 4ème réunion de travail du sous groupe 2

Structure, composition et méthodes de travail
des organes internationaux et intergouvernementaux (OII) de l’UNESCO

Réunion du Vendredi, 9 Juin 2017


Quatrième et dernière réunion qui avait pour objet la revue détaillée pour approbation d’un texte de Recommandations et Propositions sur ce thème avant la réunion du 23 Juin qui devra en préparer la mise en œuvre.

Les échanges ont été toujours aussi nourris et bien pilotés par les deux vice-présidents (Philippines et Hongrie).

A noter la forte contribution des pays du Nord de l’Europe.

Le résumé des changements apportés au texte proposé est le suivant :

–   Restructurer le document pour le rendre plus convivial vis a vis de partenaires intérieurs et extérieurs à l’UNESCO, en regroupant les actions sur les termes importants,
–   Renforcer l’aspect opérationnel de ces recommandations,
–   Améliorer la liaison entre recommandations spécifiques et générales en travaillant plus transversalement afin de renforcer la spécificité des OII (organes internationaux intergouvernementaux),
–   Multiplier les exemples de bonnes pratiques,
–   Développer le processus de feedback avec les OII,
–   Impliquer davantage le Commissaire externe dans l’évaluation des résultats,
–   Améliorer la traduction de la version française du document.

Lire le document de 9 pages soumis à la discussion

Que sont les OII (Organismes Internationaux et Intergouvernementaux) de l’UNESCO ?

Symposiums sur la science de la durabilité


Recherche et Éducation


Le troisième symposium sur la science de la durabilité s’est tenu au Siège de l’UNESCO le 31 mai et le 1er juin 2017. A cette occasion, un certain nombre de lignes directrices visant la Recherche et l’Éducation dans le domaine des « sciences de la durabilité » ont été présentées aux États membres de l’UNESCO.

Rappel historique

En octobre 2015, le Secteur des Sciences exactes et naturelles et le Secteur des Sciences Sociales et Humaines de l’UNESCO, ainsi que le Ministère japonais de l’Éducation, de la Culture, des Sports, des Sciences et de la Technologie (Japon/MEXT), ont lancé un projet sur « L’élargissement de l’application de l’approche Science de la Durabilité ».

Avec l’organisation de trois symposiums, ce projet a pour ambition de promouvoir un dialogue et diffuser des messages concrets pour aider les États à adopter une approche scientifique de la durabilité en réponse aux défis mondiaux.
L’objectif principal est in fine d’élaborer un ensemble de lignes directrices relatives à la science de la durabilité qui seront soumises à l’appréciation des États membres de l’UNESCO au cours du dernier trimestre de 2017.
Les travaux de ces réunions seront nourris de la contribution de nombreux intervenants aux profils très variés : des scientifiques, des décideurs, d’autres praticiens experts, mais aussi des représentants d’ États membres de l’UNESCO, ainsi que des institutions de recherche et d’éducation et diverses organisations spécialisées ayant une expérience pertinente dans les questions liées à la durabilité.

Tenu le 5 et 6 avril 2016, le premier symposium a été l’occasion d’échanges fructueux entre les membres du comité de pilotage du projet, d’autres experts en science de la durabilité, et les représentants des États. Plusieurs présentations générales données par des scientifiques et des études de cas sur la science de la durabilité ont, dès cette première session, permis de tirer certains enseignements et d’émettre des recommandations.

Le second symposium tenu à Kuala Lumpur du 19 au 21 décembre 2016 a été accueilli par le Bureau du Conseiller Scientifique du Premier Ministre et le Groupe Industriel-Gouvernemental Malaisien de Haute Technologie (MIGHT). Il a porté sur la manière d’appliquer une approche scientifique durable dans les cinq circonscriptions régionales de l’UNESCO. Il s’agissait également d’identifier les caractéristiques, les priorités, les besoins et les lacunes de chaque groupe régional, pour les intégrer dans les lignes directrices .

Troisième symposium : synthèse des échanges

Le premier débat a porté sur les principes fondamentaux de la Science de la Durabilité
Deux intervenants, professeurs d’Université (de Lünebourg en Allemagne, et de l’université d’Indiana aux États-Unis) ont fait ressortir les idées suivantes :
Le traitement des questions ayant trait au Développement Durable gagne à mobiliser une approche scientifique et à respecter cinq principes garants d’efficacité :
–   un niveau de connaissances pertinent,
–   une intégration appropriée des perspectives de long terme,
–   une collaboration entre tous les acteurs concernés,
–   une conscience de la liberté et un sens des responsabilités que doivent assumer les acteurs,
–   un souci de l’éducation à intégrer au niveau individuel avec des visions de long terme.

Comment pouvoir travailler ensemble sur les sujets de Développement Durable avec toutes nos diversités ?
La réponse à cette question passe par la cogestion entre société civile – les chercheurs, les politiques et les entrepreneurs – en suivant trois étapes : co-design, coproduction et co-mise en œuvre (ou co-développement).
Le cadre conceptuel est l’Agenda 2030 de l’ONU avec ses 17 Objectifs de Développement Durable , qui se décline maintenant avec 160 cibles et 230 indicateurs de qualité.

Discussion :

La représentante du Paraguay a regretté que les objectifs et les actions de Développement Durable ne soit pas plus facilement accessibles aux populations du terrain.
Le représentant du Togo a fait remarquer que :
–   L’Afrique n’était pas assez présente dans les débats,
–   La plupart (9/10) des intervenants étaient des hommes alors que la sensibilité des femmes aux problèmes soulevés est différente et ce sont elles les premières concernées par le Développement Durable,
–   Les documents distribués étaient en langue anglaise uniquement et non en français.

Un second débat a porté sur les stratégies de Financement de la Science de la Durabilité (SD) aussi bien dans le domaine de la Recherche que celui de l’Éducation.
Principaux points mis en évidence par deux intervenants professeurs d’Université de Tokyo et un représentant de la commission nationale allemande pour l’UNESCO :
Le financement de la Science de la Durabilité représente aujourd’hui 0,95% du PNB pour la Corée du Sud, 0,80% pour l’Allemagne et la France et 0,44% pour le Royaume Uni.

Les facteurs de pérennisation de ce financement sont :
–   L’utilisation des mêmes agences que pour les autres industries,
–   le partenariat Nord/Sud,
–   la nécessité de diversité et de flexibilité lors de la vie des projets,
–   les réseaux de connaissance pour partager les données et les résultats,
–   la fin de l’effet de silos,
–   le bien fondé des réalisations.

Des délais plus longs et supérieurs à 3 ans seront nécessaires pour faciliter les connections entre les acteurs et pérenniser les financements.

Troisième débat sur l’Intégration de la Science de la Durabilité (SD) dans l’enseignement supérieur :

Interventions de deux professeurs des universités de Tokyo et de Lünebourg en Allemagne et d’un chercheur du centre national de recherche au Caire en Égypte :
Le développement durable fait partie de l’enseignement dès la 1ère année en Université pour toutes les disciplines à Lünebourg et touche 1600 élèves. Il est donné par 70 enseignants formés.
La diffusion gratuite des cours via internet devrait permettre aux pays du Sud de profiter de cet enseignement.
Néanmoins, vue du Caire, cette transmission de l’information n’est que théorique. En effet les cours dispensés en Allemagne sont assez onéreux et la Direction des Universités n’est pas encore disposée à les donner gratuitement.
De plus, aucune aide pour former les enseignants à l’étranger n’est disponible.

Discussion :

Les difficultés des pays du Sud pour y transférer le savoir dans l’Enseignement Supérieur sont bien connues :
–   Les institutions y sont faibles,
–   le mandat des universités en matière de Développement Durable est peu clair,
–   leurs budgets sont très limités voire nuls.

Le Japon et l’Allemagne sont clairement leaders de ce symposium et y font preuve de leur qualités reconnues en matière de mise en place de procédés. Le Japon agit d’abord à un niveau politique via le Ministre de l’Éducation, de la Culture, des Sports, des Science et de la Technologie. Il vise à appliquer les promesses du Premier Ministre en matière de Développement Durable. En ce qui concerne l’Allemagne, leurs actions exposées se limitent à des projets Nord/Nord.
Aujourd’hui et en général, une bonne gouvernance des pays du Sud est demandée pour bénéficier du savoir des pays du Nord et développer des capacités utiles en recherche et éducation.

Voir un diagramme présenté par CBM, illustrant les relations entre les articles de la  Convention des Nations Unies sur le droit des personnes handicapées et les 17 objectifs de développement durable. (document présenté lors du symposium)

Espoir : flamme, feu et flambeau

La flamme de mon espoir s’est allumée en croisant le regard des autres. Le regard d’êtres humains marginalisés, humiliés, qui malgré leurs souffrances reflétait la dignité et le courage. C’est cet espoir qui m’a guidé dans le choix de mes études, de mes engagements et de mon mode de vie.

Nés de cet espoir, mes actes tendent à la réhabilitation des marginalisés, à l’exercice de la justice sociale et à l’avènement de la paix.

Mon espoir est malmené au quotidien par les doutes et les violences, qui me font parfois baisser les bras. Il me faut alors puiser à nouveau dans ces mêmes regards pour me redynamiser et continuer d’avancer.

Les divers bouleversements de notre époque interrogent bon nombre de citoyens qui sont à la recherche d’un sens et d’un équilibre. Pour y répondre de manière harmonieuse et durable, nous devrions dépasser nos divisions et unir nos fragiles flammes d’espoir pour qu’elles deviennent torche, feu et flambeau.

Pour INDP

Augustin Brutus Jaykumar

Pondichéry le 25.12.2016

Mgr Pascal Gollnisch dans l’émission « Face aux chrétiens »

Invité de l’émission « Face aux chrétiens », Mgr Pascal Gollnisch, directeur général de l’Œuvre d’Orient, a dénoncé les discriminations que vivent les chrétiens dans un certain nombre de pays musulmans et a regretté que le président américain n’ait pas évoqué la question de la liberté religieuse lorsqu’il était en Arabie saoudite.

Écouter Mgr Pascal Gollnisch sur le site web de La Croix

Du bilinguisme en famille au plurilinguisme à l’école

Les langues en résonance, une aide à l’intégration
« Faire des langues une richesse pour tous »
UNESCO le 10 mai 2017


Cet événement était organisé par l’association DULALA (D’une Langue à L’Autre). A cette occasion, l’association a présenté ses actions éducatives fondées sur le multilinguisme et a procédé à la remise des prix du grand concours Kamishibaï plurilingue, en coopération avec plusieurs institutions. Ont été ainsi distingués des créateurs d’histoires élaborées selon cette méthode originale dite Kamishibaï, où l’on mise tout à la fois sur l’image et les langues (quatre langues au moins). Cette technique pédagogique d’origine japonaise emprunte à un genre narratif qui amène à raconter à de jeunes enfants une histoire en faisant appel à des images qu’on fait défiler dans un petit théâtre permettant d’organiser une mise en scène attractive. La méthode est originale et performante en ce qu’elle accompagne les enfants voyant les images avec des mots énoncés dans leur langue maternelle mais pas seulement elle. Par les images et les mots qui se font écho les uns aux autres, on obtient comme un effet de levier d’une grande efficacité pour mieux vivre et apprendre ensemble et promouvoir la diversité linguistique et culturelle.

Les organisateurs, membres de l’association DULALA (Anna Stevanato, la fondatrice de l’association et Florence Castera, la présidente de l’association) ont donné des détails sur la participation au concours: 81 kamishibaï présentés, 1215 enfants impliqués, 162 professionnels, 38 kamishibaï présélectionnés. Les classes d’école les plus impliquées ont été les classes UPE2A (Unité pédagogique pour élèves allophones arrivants).

Anna Stevanato a exprimé sa vision de la diversité : la diversité est une chance, même si elle inquiète parfois : l’autre interroge, bouscule nos certitudes, mais l’autre est aussi en nous. L’éducation a ici un rôle essentiel à jouer en amenant à bien appréhender et accepter l’autre, la différence, l’altérité… Nelson Mandela disait que l’éducation est l’arme la plus forte pour combattre les discriminations.

Florence Castera a particulièrement mis l’accent sur un point important : en plus de faire le kamishibaï, les enfants appelés à participer au concours ont été invités à parler sur le thème « être différent ». Ils ont par ailleurs dû faire ensemble l’exercice du choix des images, de la rédaction, du graphisme, des pratiques multimédia, de la narration orale, de la posture d’auteur. Ce travail opéré dans des groupes avec une multiplicité d’appartenances culturelles a pour objet de favoriser les échanges aussi bien culturels que linguistiques, développer ainsi un plus grand intérêt pour les efforts que requièrent les apprentissages, aider à la cohésion dans les classes, valoriser les enfants confrontés à un environnement plurilingue, renforcer le dialogue avec les familles.

Les gagnants du concours kamishibaï organisé par l’association DULALA ont été :

Prix du meilleur projet à Nolwenn Guillou de l’école « Le blé en herbe », école de Trébédan, en Bretagne avec l’histoire de Coco-chaise, un enfant né avec une bouche en crayon et qui ne parle pas.
« Little bleu et les yeux noirs » du collège Foch de Haguenau a eu le prix de la catégorie 10-15 ans. Une classe de 6
ème classique de 28 élèves, y a travaillé.
Le prix 6-10 ans : une classe UPE 2A de l’école Jules Simon de Montpellier, 12 élèves, 9 langues parlées.
Le prix « Coup de cœur » des
kamishibaï : « Soup Joumou » classe UPE2A de l’école « Moulin à vent » de Cayenne en Guyanne.

Des représentants des institutions partenaires de l’organisation de ce concours sont intervenus :

Christopher Castle, chef de la Section de la santé et de l’éducation de l’UNESCO.
Maryse Adam Maillet
, inspectrice académique, responsable du CASNAV (centres académiques pour la scolarisation des élèves allophones nouvellement arrivés) de Besançon. Elle a rappelé que, depuis 1993, les législateurs des pays développés s’efforcent de plus intégrer le principe d’inclusion. La coopération devient le moteur de l’éducation, on reconnaît la valeur d’approches combinées par opposition à des méthodes qui miseraient excessivement sur la spécialisation : il est ainsi avancé qu’on apprend d’autant mieux la langue française qu’on maîtrise le plurilinguisme, on s’intégrerait ainsi mieux comme citoyen lorsqu’on parvient à maîtriser plusieurs langues.
Gaïd Evenou
, chargée de mission à la DGLFLF (La Délégation générale à la langue française et aux langues de France) Ministère de la Culture a présenté sa direction et a souligné l’importance donnée à l’intégration linguistique des migrants ; on a constaté qu’on ne pouvait pas réussir cette intégration sans prendre en compte les langues des personnes (les langues régionales + langues d’immigration). Il faut, dans toute la mesure du possible, s’appuyer sur la langue d’origine de l’élève pour parvenir à bien apprendre le français. Le constat en est fait au travers des expériences de terrain.
Anne Bouvier
, responsable du programme Culture et Éducation de la Fondation de France.
Yvanne Chenouf, spécialiste de littérature jeunesse, a livré son témoignage : dans les années 70 elle interdisait aux enfants de parler leur langue maternelle ; c’était la position de la République : à l’école tous étaient obligés de parler le français, sinon ils pouvaient prendre un interprète. Avec le recul, elle mesure combien cette position était erronée. L’important est de ne pas organiser de césure. Le mieux de ce qu’on peut faire c’est d’être « un pont ».
Benoît Gobin
, chargé d’étude, langues vivantes et étrangères au Ministère de l’Éducation Nationale.

En conclusion, cette méthode qui lie le kamishibaï, « le théâtre des images » avec une diversité de langues parlées dans un collectif est tout à la fois innovante, constructive et ludique. Elle a le mérite de rendre l’enfant plus sensible à la langue et à la culture de l’autre et d’illustrer concrètement certains des grands thèmes que l’UNESCO s’attache à promouvoir :la diversité culturelle, les langues, le dialogue autant d’éléments à bien prendre en compte dans l’organisation de l’éducation nationale. Il n’en reste pas moins que cette méthode est une belle idée dont la réalisation présente quelques imperfections : présence trop prégnante, parfois, de l’anglais et une présentation médiocre des mots des autres langues.

On pourrait noter aussi que d’une certaine manière, avec son souci de respecter la personnalité de « l’autre », la méthode « kamishibaï »/ «multilinguisme » mobilise certaines valeurs auxquelles des religions comme le christianisme sont attachées.

Dernier point pour conclure : un migrant doit rester lui-même avec son identité mais sa personnalité s’enrichit des aspects positifs de son nouveau milieu de vie, avec la Langue comme un bon vecteur d’intégration (langues d’origine, langue du pays d’accueil).

O.B. et P.O.G.