Les Conférences de l’IIPE (International Institute on Education Planification /UNESCO)

Investissement public et privé dans le secteur de l’Éducation


Le 11 juillet s’est tenu le quatrième séminaire dans le cadre de la réflexion que mène depuis le mois de janvier l’IIEP sur l’Éducation avec comme référence l’objectif 4 de l’agenda ONU 2030 (ODD promouvoir une Éducation de qualité inclusive). L’ambition de l’exercice est de nourrir ainsi un débat stratégique sur ce thème essentiel.

Cette session des Conférences de l’IIPE a été consacrée à une évaluation de l’efficacité des systèmes éducatifs à partir de cas spécifiques, analysés au travers de leurs caractéristiques « privées » ou « publiques ». De la présentation des cas en question et de la discussion qui a suivi, il ressort un jugement plaçant l’investissement public dans l’éducation en plutôt meilleure position que ce qui résulte de systèmes largement financés et gouvernés par le « privé ».

Mme Suzan GRANT LEWIS, directrice de l’Institut a présenté les deux intervenants  qui ont animé le débat: M. Frank ADAMSON de l’Université de STANFORD, co-auteur d’un rapport intitulé « Global Education Reform » dont le sous titre précise : « comment la privatisation et l’investissement public influencent l’éducation », et, comme « discutant » M. Mannos ANTONINIS corédacteur du  « Global Education monitoring report » régulièrement publié par l’UNESCO.

M. ADAMSON a résumé à grands traits les principaux éléments du rapport cité ci-dessus. Il s’agit des résultats d’une analyse comparative des systèmes éducatifs de six pays issus de trois zones économiques ayant chacune une certaine homogénéité (culturelle). L’étude de « couples de systèmes éducatifs» dans chacune de ces trois zones montre à quel point, en dépit de certaines valeurs communes, les modèles peuvent différer et aussi évoluer fortement dans le temps, avec une prédominance plus ou moins grande de la dimension publique. Ont ainsi été analysés, pour la zone scandinave la Suède (prédominance du privé) versus la Finlande (le Public), pour l’Amérique latine, Cuba (public) versus Chili (Privé-Public), pour l’Amérique du Nord , États-Unis versus Canada (forte prévalence du privé versus un système plus équilibré).

Sur un plan méthodologique, l’analyse a été menée avec le souci de mesurer les performances par rapport aux choix opérés (moyens mis en œuvre, options économiques organisationnelles etc) en se référant aux résultats des enquêtes PISA. Elle s’est ordonnée autour de trois problématiques très interdépendantes  : les options politiques (policy issues), les choix économiques (economic rationale) et les mécanismes ou outils mobilisés.

Les cas des six pays ont ainsi été étudiés de façon détaillée à partir de ces trois dimensions déterminantes (éléments structurants mais aussi éléments moteurs : « key drivers ») avec les principaux critères d’analyse suivants :

« choix politique » : régulation/libéralisation/décentralisation/équité (accès à)…
« dimension économique » : efficacité/compétition/qualité /allocation de ressources…
« mécanismes-outils » : redevabilité/ « charter school »/primes (vouchers)-allocation-subvention/niveau de standardisation…

Les commentaires donnés par M. ANTONINIS comme discutant, et les interventions de l’auditoire ont montré la complexité d’un sujet où les nombreux éléments à prendre en compte ne permettent pas d’assurer un jugement tranché. Il faut se garder de par trop polariser les débats. Aucun modèle n’est exempt de reproches, mais très clairement, sur un sujet aussi important que celui de l’Éducation, la responsabilité des Pouvoirs publics (gouvernements) ne saurait être éludée. C’est un point fondamental et, en conclusion, la Directrice de l’Institut a tenu à rappeler qu’il fait partie des idées auxquelles l’UNESCO s’est toujours montrée très attachée : l’éducation doit constituer une préoccupation majeure pour les États.

De ces échanges, on aura retenu notamment les points suivants :

Un excès dans une orientation libérale peut conduire à des troubles sociaux (voir le cas Chilien).

Sans surprise, on fait ressortir l’inégalité que crée une forte emprise du privé, et surtout, un niveau de performance global qui tend à se dégrader avec le temps là où le privé domine. Encore faut-il s’entendre sur ce que recouvre le terme « privé » ou « privatisation » : le mode de financement et la logique des rétributions ou contributions (« place du profit », « niveau de contribution financières des familles ») ou degré de liberté des enseignements ou encore rôle des parents.

Les cas de CUBA, de la FINLANDE et du CANADA, tout en étant très différents les uns des autres, sont tous trois représentatifs d’une influence forte des pouvoirs publics, qu’il s’agisse des investissements ou de l’organisation (des institutions, de la formation des professeurs etc). On semble indiquer qu’il y a plutôt de bons résultats et une satisfaction en termes de justice sociale, d’accès ou de confiance dans les systèmes là où la puissance publique joue un rôle significatif sans ignorer l’éventualité de certains risques (bureaucratie, inertie, voire corruption).

Les analyses produites intègrent la dimension historique et, ce faisant, révèlent des évolutions sensibles « public » versus « privé » ou l’inverse, avec des changements de régime susceptibles d’intervenir assez rapidement (voir par exemple le cas chilien, ou suédois).

Fait observé par une personne de l’auditoire : les six cas sont loin de représenter la palette des situations. Manque notamment une analyse de cas issus de l’Asie ou d’Afrique. Il y aurait lieu d’examiner la situation des pays en développement où l’on noterait, faute d’investissements suffisants, une forte influence privée dans le secteur éducatif, avec comme conséquence une inégalité des conditions d’accès. Sur ces sujets sensibles, les institutions internationales comme l’UNESCO ou les ONG peuvent jouer un rôle afin de corriger certains excès.

Autre observation formulée à propos notamment du système américain, et du niveau élevé des contributions demandées aux familles : il faut se soucier des conséquences sociales.

En analysant les systèmes, il faut se garder d’excès simplificateur. On ne doit pas s’en tenir à des mesures quantitatives, il importe avant toute chose de bien signifier ce que sont les missions de l’école, les valeurs qu’elle porte, mais aussi les modèles pédagogiques. On ne saurait tout ramener aux aspects financiers, ou à des considérations purement « utilitaires » comme par exemple des systèmes éducatifs qui n’auraient comme seuls soucis de préparer à des emplois : ainsi a-t-on parlé de certaines dimensions qui contribuent à l’épanouissement individuel ou collectif et qui n’ont pas un rapport direct avec ce que l’on pourrait appeler l’économie marchande (formations à la citoyenneté ou éducation artistique par exemple, attention particulière à la dimension psychologique des enfants).

Dans la nécessaire analyse multifactorielle qu’il faut mener avec prudence, il y a certainement lieu de traiter attentivement la dimension purement politique tant il est vrai que l’Éducation doit ou peut plus ou moins compter sur la dépense publique avec des financements par l’impôt, ce qui implique des arbitrages fonction de choix de société (démocratiques ou non). Ces choix, qui gagnent à être éclairés par des études d’impact, traduisent in fine les préférences des décideurs au regard de la liberté et du niveau de « welfare » souhaité.

Dans l’évaluation des systèmes éducatifs sous l’angle « investissement privé/public », il est pertinent de distinguer trois éléments essentiels qui finalement sont le reflet des sociétés (avec leurs mentalités) dans lesquelles ils se trouvent : la générosité (degré de redistribution), l’efficacité (performances économiques/sélectivité) et la place de l’intérêt général (« l’éducation considérée comme un bien commun »).

L’attention a aussi été attirée sur les exigences de suivi et de contrôle : les systèmes éducatifs doivent avoir une (bonne) gouvernance, il faut une vigilance en matière d’utilisation de l’argent public.


En conclusion, éléments de commentaires :

Ces deux heures d’échanges sur un sujet aussi fondamental que complexe n’auront évidemment pas suffi à épuiser le débat, et même si des idées importantes ont émergé, on pourra regretter que certains points n’aient pas pu être (suffisamment) approfondis ou évoqués comme par exemple :

  • quelles sont les valeurs ou les missions d’un système éducatif aujourd’hui ?
  • quelle définition donne-t-on du terme (privé) et comment, plus précisément, voit-on le partage (éventuel) des rôles, des fonctions et des financements entre « public » et « privé » ?

Et enfin, pour se situer par rapport à une tendance qui parait se dessiner de plus en plus souvent, que penser de ces États qui réduisent leur engagement dans l’éducation ?

Voir/Écouter le débat sur Youtube (anglais 1h58)
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Télécharger la présentation de M. Adamson : PowerPoint 30 M°

Information et Savoir pour tous

Vers un Monde d’innovation inclusive


Treizième session de la Conférence Mondiale sur le Capital intellectuel qui cette année a retenu le thème « information et savoir pour tous : vers un monde d’innovation inclusive » tant il est vrai que l’univers de la connaissance sous toutes ses formes se trouve profondément affecté par le numérique avec des impacts forts et contrastés sur les sociétés.


L’événement, organisé conjointement par l’Université de Paris Sud et par lIFAP (Information For All Program de l’UNESCO), s’est tenu les 3 et 4 juillet 2017 au siège de l’UNESCO.

Cette année, il a bénéficié tout particulièrement de contributions du Japon : deux tables rondes ont permis d’entendre plusieurs témoignages sur la nouvelle donne en matière de traitement de l’information et de la connaissance dans différents secteurs de l’économie nippone ou plus généralement pour la société japonaise dans son ensemble.

Les deux premières sessions introductives ont donné une vue d’ensemble et des éléments de contexte permettant de bien comprendre à quel point et dans quelles conditions, partout dans le monde, les questions touchant à la connaissance, devenues essentielles, peuvent favoriser un développement inclusif, permettant à la fois plus de prospérité, moins de pauvreté, et – ce qui n’est pas toujours assuré, loin s’en faut – moins d’inégalité.

Dans un monde où les innovations se multiplient presque exponentiellement et principalement dans l’univers de l’immatériel, la maîtrise de l’information constitue un enjeu majeur partout, qu’il s’agisse des pays en développement ou des pays développés, avec des impacts ambivalents qu’il faut savoir mesurer et maîtriser « positivement ».

C’est dans cet esprit que sont développés les travaux de l’IFAP (Information for all program) de l’UNESCO, et aussi la Banque Mondiale et l’OCDE.

Les nombreuses initiatives menées par ces différentes instances ont été ainsi présentées :

– conférences et forum (par exemple sur l’éradication de la violence par l’éducation) ;
– plateformes d’informations sur les réalisations menées dans de multiples domaines au bénéfice des populations qui voient, grâce par exemple à l’utilisation des mobiles, un accès élargi à la connaissance ;
– élaboration de guides de bonne pratiques ;
– recommandations fondées sur des exemples pour développer les politiques publiques en matière d’accès à l’information, aider les décisionnaires ;
– subventions en faveur de projets innovants ;
– accompagnement d’expériences (éducation, place de la femme… ) notamment en Afrique ;
– soutien de NETEXPLO qui chaque année récompense des innovations « inclusives ».

Dans toutes les transformations qui s’opèrent et qu’accompagnent les institutions internationales ou (inter)gouvernementales, quelques points ont été soulignés : l’oubli parfois de la dimension sociale, la nécessité de faire connaître les expériences pour permettre leur essor, le soin qu’il faut apporter au déploiement des applications, avec notamment, bien souvent, la mise en place d’infrastructures car tout n’est pas qu’immatériel lorsqu’on développe des systèmes d’information.

Il a aussi, bien évidemment, été fait référence à l’agenda 2030 de l’ONU qui offre un cadre utile pour stimuler et structurer les initiatives en faveur d’un monde plus inclusif.

Deux interventions données par des universitaires ont mis l’accent sur ce que la nouvelle donne des technologies de l’information avait comme impact pour le monde de l’enseignement et de la recherche.


Le Vice Président de PARIS SUD, M. Étienne Augé, a rappelé qu’il y avait maintenant un sujet crucial avec des impacts forts sur les pratiques, y compris dans le monde de la science (spécialité de l’université PARIS SUD) : on ne peut plus rester enfermé dans sa spécialité, les mathématiques ou la physique par exemple ; il devient indispensable de s’ouvrir à de nouveaux domaines, d’élargir les horizons, en introduisant les dimensions des sciences sociales ou celles des humanités (terme pris dans son acception la plus large).

Les méthodes de travail sont elles aussi remises en cause, avec le rôle des professeurs à revoir. Beaucoup de choses changent, mais rien n’est bien stabilisé. On ne sait pas dire vers quel monde on s’achemine. Il faut encore beaucoup de réflexion à ce sujet, tout comme sur un autre effet des nouvelles technologies de l’information : celui des « échelles ». On fait le constat – banal – que tout s’accélère et s’amplifie, et qu’avec le numérique on voit se multiplier les capacités de traitement des dimensions dans le temps et l’espace (on pourrait compléter en disant : du zéro à l’infini), ce qui amène immanquablement à se poser de nouvelles questions, envisager de nouvelles échelles et , in fine, à s’interroger sur les limites.


Un autre universitaire, M. Daniel Wyler , (Université de Zurich) a traité d’une question originale, en apparence du moins : « la science et le citoyen ou la science citoyenne ou comment associer le citoyen dans la recherche scientifique ». Il rejoint dans son propos M. Augé, pour reconnaître que le modèle traditionnel (approche « top down », organisation hiérarchique, laboratoires peu ouverts) a fait son temps. Avec la montée de l’internet, l’ouverture des réseaux sociaux, et le potentiel qu’offrent les techniques d’échange et de traitement des données, il y a de plus en plus d’ouverture vers l’extérieur, et pas seulement vers d’autres experts. C’est d’une ouverture vers la société dont il faut maintenant parler, les scientifiques ne peuvent plus rester « dans leur tour d’ivoire » et il y a comme une obligation de rendre compte de ce qu’ils font, de dialoguer avec la société. Ce sont des approches qui répondent finalement à ce qui est un droit de l’homme : droit de participer à la vie culturelle, dont la science est une composante. C’est aussi une approche parfaitement en phase avec les orientations de l’UNESCO qui, dès le début des années 1960, posait la question du travail scientifique en ces termes.

Reste évidemment à trouver les bons modèles d’organisation de cette implication citoyenne à tous les niveaux, et à trouver le bon point d’équilibre, pour savoir jusqu’où aller.

L’intervenant a donné un certain nombre d’exemples montrant la valeur ajoutée de ces élargissements d’horizon (notamment pour ce qui est de l’environnement ou la biodiversité). Il a listé les domaines où les Universités peuvent y trouver leur compte : le recrutement, l’analyse des impacts, la créativité, la transparence, l’organisation, les incitations et les questions éthiques/juridiques. On aura pu regretter que ce dernier point (l’éthique) n’ait pas été développé, tant il est vrai que, parallèlement aux bienfaits du numérique en général et tout particulièrement dans les sciences, on voit émerger de sérieuses difficultés, que les scientifiques/experts ne sauraient affronter seuls, notamment en matière de bioéthique.


Un troisième point, traité par M D. Quellec (OCDE) a porté sur « les innovations en matière de traitement de l’information et la croissance inclusive ».

Si, indiscutablement, on est de plus en plus « connecté » et si, avec la puissance de l’aide qu’apportent les nouvelles technologies, des centaines de millions de personnes sont sorties de la pauvreté dans les dernières années, ces évolutions radicales ne se sont pas opérées sans effets négatifs. Il reste une fracture numérique, et, en liaison précisément avec le numérique, une accentuation des inégalités dont rendent compte tout aussi bien certaines statistiques (sur la concentration des richesses des 1% les plus fortunés, ou la puissance dominantes des GAFAN) ou les analyses économiques (par exemple celles de T. Pickety mais aussi du FMI). Si d’autres facteurs sont en cause (comme la déréglementation, la globalisation…) le numérique explique dans une large mesure cet accroissement des inégalités partout dans le monde. Cela tient à la montée en régime d’une économie numérique qui bouleverse les idées traditionnelles et où deux phénomènes émergent pour constituer des « pôles de concentration de richesse ou de revenus » : l’idée de « non rivalry economy » et celle du « winner takes all » . Dès lors qu’elles répondent à un besoin, les innovations, qui sont souvent le fait de start-ups, créent des niches productrices de rentes, qui, avec précisément le numérique, peuvent se développer rapidement, à faible coût marginal, et sans se trouver enfermées dans un cadre contraint le plus souvent (le numérique sans frontière en somme qui permet aux innovateurs de capitaliser sur un « effet de réseau »). En réalité, le phénomène ainsi décrit est l’application d’un principe bien connu (l’inventeur peut imposer son produit avec un prix rémunérateur), où le profit tiré d’innovations « disruptives » et bien reçues, est la contrepartie d’un risque, tant il est vrai que l’innovateur peut se trouver exposé au risque de voir apparaître un concurrent, qui pourra éventuellement mettre en cause sa position avantageuse (moindre prix, nouvelle innovation rendant obsolescente l’innovation inutile). On décrit ici le schéma bien connu de la destruction créatrice, mais, le numérique fait ressortir des éléments nouveaux qui amènent à devoir envisager des réponses politiques nouvelles pour ce qui est du traitement de la concurrence : apparition de géants qui menacent les États ou abusent, mondialement, de leur position dominante, abus dans l’utilisation des données personnelles à des fins purement commerciales.

Il y a ici de nombreuses questions délicates à traiter, où il faut tout à la fois ne pas contraindre par trop les innovateurs, et éviter les excès. Manifestement, il faut trouver un cadre réglementaire, repenser tout ce qui relève de la concurrence et des protections des personnes (privacy), des entreprises et entrepreneurs (les brevets), avec nécessité d’une vision internationale.


Intéressante intervention donnée par M Jaideep Prabhu (Université de Cambridge) sur les innovations « frugales et inclusives » dans les pays émergents.

A partir d’une référence à un ouvrage bien connu en Inde (« Jugaad ») traitant de « l’art de vivre », l’orateur a montré certaines spécificités de l’Inde qui, devant faire face à des contraintes lourdes (population élevée et ressources limitées), trouve des solutions à ses problèmes en empruntant des voies que lui offre une longue tradition sociale où les maîtres mots sont : souplesse, frugalité, inclusion.

De très nombreuses innovations ont été introduites dans ce pays pour couvrir d’immenses besoins avec des outils simples, ingénieux et peu coûteux, misant sur les ancrages locaux, économes en utilisation de ressources.

D’une certaine manière, on retrouve certaines de ces caractéristiques pour ainsi dire « culturelles » indiennes dans ce que l’on voit maintenant se développer dans les pays occidentaux qui mesurent les limites de leur modèle, hyper-technicisé, fondé sur l’économie de masse, gaspilleur d’énergie, destructeur de liens… D’où la montée de la « RSE » (responsabilité sociale des entreprises), l’économie collaborative, le développement du « DIY »(do it yourself), pour s’affranchir des contraintes des gros systèmes.


M. J.E. Aubert, ancien expert de la Banque Mondiale a traité de la question de l’inclusion au travers de la diversité des modèles culturels, (15 pays analysés) en faisant remarquer d’entrée à son tour que les innovations ne provoquent pas naturellement de l’inclusion, et que, pour cette raison mais avec des réponses très différentes, les États interviennent plus ou moins fortement pour corriger les excès ou favoriser les expériences positives en termes d’inclusion par le biais d’actions au niveau des territoires, des secteurs ou des populations (protection des handicapés par exemple).

Parmi les autres témoignages entendus, on retiendra ceux d’un universitaire qui a travaillé sur le thème « organisation d’un grand club de football », notamment avec les supporters, ou de contributeurs japonais (entrepreneur, penseur, consultant) qui ont montré comment pouvait être mieux organisé le tissu social en rapport avec l’information et les échanges interpersonnels (dans une entreprise, dans la société) dès lors qu’on allait au-delà des logiques quantitatives, et qu’on laissait plus de place à des vertus plus émotionnelles susceptibles de favoriser de meilleures insertions, plus d’harmonie, moins d’incompréhension mutuelle :confiance, transparence, bienveillance, place à l’écoute, l’affect, solidarité et partage, moindre pression hiérarchique.

La Gouvernance de l’UNESCO – Réunion plénière du Groupe de travail

le 23 juin 2017

Beaucoup d’avancées mais quelques sujets sont encore en suspens


Le 23 juin devait être le jour de session de la réunion finale du Groupe de travail sur la gouvernance pour valider une version définitive du rapport issu des délibérations des deux sous-groupes qui étaient appelés à faire des propositions sur la gouvernance des organes directeurs de l’UNESCO et de ses organes « périphériques » ou « subsidiaires » (organes intergouvernementaux ou internationaux, les Programmes). Les échanges ont permis de faire le constat qu’il y avait un large consensus sur la plupart des propositions mises au point au terme d’un processus qui a nécessité de derniers ajustements obtenus par consultations informelles mais quelques sujets importants ont révélé des différences d’appréciation qui n’ont pas pu être levées en séance ou des questions juridiques difficiles à régler.

En introduction des débats, M. Michael Worbs, le Président du Conseil exécutif et Mme Irina Bokova, la Directrice Générale, se sont tous les deux félicités de la qualité des travaux qui ont d’ores et déjà produit des résultats fructueux, avec une implication remarquable des contributeurs . Ils ont rappelé l’importance des sujets traités par les deux groupes de travail, qu’il s’agisse du Conseil exécutif dans l’exercice de ses trois missions (fixer les ordres du jour de la Conférence générale, assurer le suivi des Programmes et contrôler les activités au travers de l’examen du « 38 C/5 ») ou de la Direction Générale, pour laquelle la Gouvernance constitue avec la Gestion budgétaire et les Orientations stratégiques l’une des trois principales préoccupations.

Les échanges ont été riches. Beaucoup des nombreuses recommandations figurant dans les deux rapports produits ont été explicitement ou implicitement approuvées. Cette « performance » s’explique par une animation et une gestion des deux groupes qui aura été bien conduite, jusqu’aux dernières consultations informelles avec, tout au long du processus, un accompagnement approprié sous forme de documents de travail, ou d’auditions (de responsables de programmes), mais ce jugement d’ensemble positif est à tempérer dans la mesure où faute d’un accord unanime sur un petit nombre de recommandations, les textes n’ont pas été entièrement validés.

Les deux premiers sujets soumis à discussion ont pu être traités sans grande difficultés. Il s’agissait d’une part d’une recommandation pour que l’UNESCO révise profondément ses orientations en matière de gestion de l’information « virtuelle » (les portails, les méthodes de travail avec l’aide des outils informatiques…), avec comme proposition l’idée d’harmoniser les pratiques. Il a été suggéré d’atténuer la formulation et de ne pas aller jusqu’à suggérer de révision « stratégique ».

Par ailleurs, la question du rôle des experts et des politiques a été à nouveau évoquée. S’il y a toujours présente l’idée que les États ne doivent pas « perdre la main », on s’accorde à reconnaître que les experts dans certains domaines doivent pleinement jouer leur rôle, et sur une formulation finalement relativement équilibrée. Toujours sur cette question sensible du rôle et de la prégnance des États, il a été fait état d’une objection émise durant les dernières consultations informelles à propos d’une recommandation traitant de l’éventualité d’une politisation excessive dans les travaux ou les échanges.

Parmi les autres sujets traités, deux ont été loin de rallier tous les suffrages. Le premier concerne une proposition visant à demander la prolongation du mandat de groupe pour assurer un suivi effectif des recommandations et approfondir l’analyse de quelques sujets jugés insuffisamment ou non traités à ce stade. Le second a trait à la partie du rapport relative aux « inter-sessions » du Conseil exécutif. Ces deux points qui ont absorbé une bonne partie du temps de la réunion peuvent se ramener à deux questions.

I – Faut il ou non demander une prolongation du Mandat du Groupe ?

Deux positions ont été clairement exprimées.

  • Se sont prononcés pour la prolongation le Venezuela pour le compte du GROLAC (circonscription régionale Amérique du Sud et Caraïbe)et quelques autres délégations, avec deux raisons avancées :1/ accompagner la mise en œuvre des recommandations et 2/ analyser plus avant certaines structures comme par exemple le Comité des Recommandations, mais aussi le fonctionnement des Services ( ou du Secrétariat).
  • A l’inverse, beaucoup d’États, notamment plusieurs représentants de l’Union européenne, dont la France , ont jugé qu’il fallait mettre un terme aux travaux du groupe pour, en quelque sorte, « passer le relais » à l’institution elle-même et aux structures associées appelées à appliquer les réformes suggérées selon ce que pourra en dire la Conférence Générale.

La Suède a proposé un compromis pour répondre au souhait de suivi d’une mise en œuvre effective des mesures recommandées. L’idée avancée est de formuler dans le rapport un certain nombre de propositions précises sur la façon dont devraient être suivies les réformes : « Plan d’action », «tableau synthétique des recommandations » avec indication des liens avec « la stratégie UNESCO », « élaboration d’un guide » etc. Ces éléments très concrets ont été plutôt bien reçus, mais comme cela ne répondait pas à tous les souhaits exprimés par les partisans d’une prolongation, il a été convenu que soit trouvée une formulation permettant de ne pas abandonner la proposition tout en la rendant moins impérative, la Conférence générale ayant in fine à rendre sa décision. On a aussi fait ressortir deux autres points : tout ce qui concerne le « suivi des réalisations » doit rester placé sous la responsabilité des entités en charge (le groupe de travail ne saurait s’immiscer dans un management qui ici peut être qualifié de micro management) ; par ailleurs, concernant un éventuel complément d’analyse qui serait à mener dans le groupe, pour cette proposition amodiée de poursuite des travaux, il est suggéré de préciser qu’il n’y a pas une extrême urgence et qu’en tout état de cause la question sera à voir en fonction des enseignements que l’on pourra tirer des deux prochaines années de mise en œuvre. Dernier point à noter, le rappel du Président, qui a indiqué que le mandat du groupe Gouvernance ne visait pas le Secrétariat, ce qui rend difficile la proposition de soumettre à discussion ses conditions de fonctionnement.

II – Quel avis donner sur les inter-sessions du Comité exécutif ?

C’était une demande explicite figurant au mandat du groupe : fallait- il poursuivre une expérience engagée en vue de tester par le biais de ces inter-sessions un moyen de rendre plus efficaces les sessions plénières ?

Les échanges n’ont pas fait ressortir d’éléments permettant de répondre nettement à la question. Si beaucoup d’intervenants ont reconnu une certaine utilité de ces sessions, on aura aussi noté beaucoup de critiques ne permettant pas de conclure pour savoir s’il fallait ou non poursuivre, et dans le cas où la réponse serait affirmative – ce qui semble le plus probable – avec quels ajustements pour rendre l’exercice plus efficace. Si parmi les points positifs, on a retenu le fait que ces réunions sont ouvertes et « inclusives » (on apprécie notamment qu’il y a six langues traduites) et qu’elles pouvaient être l’occasion d’obtenir des informations pertinentes, on relèvera quand même beaucoup d’éléments critiques (des « germes négatifs » pour reprendre l’expression d’un délégué africain) : préparation insuffisante, ordres du jour trop vagues ou trop lourds, problème de calendrier, organisation de discussions ne faisant pas assez le lien avec les sessions officielles etc. Si d’aucuns ont pu émettre l’idée que « c’était mieux avant », cela reste un avis minoritaire. A la proposition émise de se limiter à répondre « oui » ou « non » au principe du maintien des séances « inter-sessionnelles », le Président de séance a été clair : on demande un avis motivé. Compte tenu des nombreuses observations formulées mais aussi parce que le Bureau du Conseil exécutif entend lui aussi procéder à une évaluation de l’expérience, il est convenu d’attendre ce dernier avis (qui ne sera pas connu avant mi septembre) pour stabiliser une formulation au nom du groupe.

En dehors des points commentés ci-dessus, on relèvera enfin que deux ou trois éléments restent problématiques parce qu’ils posent des problèmes juridiques, ou/et pourraient dépasser les limites fixées dans le mandat du groupe : cela viserait en particulier ce qui est dit à propos d’éventuelles contestations à l’encontre de la Direction générale ou de la procédure de désignation du Directeur Général.

En conclusion de ces débats très nourris, il a été fait le constat que le texte devrait encore être amendé, avec des ajustements qui devront dans les prochaines semaines tenir compte de plusieurs éléments : prise en compte des observations faites en séance, nouvelles consultations informelles, avis juridiques, avis du Bureau du COMEX sur les réunions inter-sessions, éventuelle toute dernière réunion.

Reste néanmoins la perspective, à un délai relativement rapproché, d’une somme de propositions qui vont constituer une réelle avancée et qui devraient être d’une grande utilité pour le futur nouveau Directeur Général.

Sixième Session de la Conférence des Parties à la Convention de 2005

Protection et la Promotion de la Diversité
des Expressions Culturelles

UNESCO 12 Juin 2017


La diversité culturelle face aux accords commerciaux !


C’est l’enjeu de la Convention de 2005 sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, signée par 145 pays.
Largement initiée par le Canada (Québec et autochtones) face au géant américain, la Convention vise à  construire avec la société civile une réponse concrète au risque d’un alignement des cultures, largement renforcé dans l’environnement numérique et à l’occasion des négociations potentielles de remises en cause de l’ALENA. Par rapport au thème de « l’exception culturelle » défendue dans le passé par la France vis de vis de l’OMC, le Canada a soutenu la construction de réseaux internationaux où les agents économiques du cinéma, de la musique, des artistes, agissent sur les gouvernements pour défendre et surtout promouvoir les spécificités et la gouvernance de leurs particularités culturelles.
La Sixième  Session de la Conférence des Parties fait le point sur les avancées enregistrées depuis plus de dix ans et définit un plan d’action pour le futur autour des domaines comme :
–   Les systèmes de gouvernance durables de la culture,
–  Les échanges équilibrés de biens et de services culturels et la mobilité des artistes et professionnels de la culture,
–   La culture dans les cadres du développement durable,
–   Les droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Lire le compte rendu de la Sixième conférence des Parties
Lire une brève sur le premier forum des ONG tenu à l’occasion de la conférence
Lire la Convention de 2005 sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles

Madame de STAËL « femme de notre Temps »

Un écrivain engagé au service de la Liberté… richesse d’une Pensée… européenne… humaniste…
l’auteur de toute une œuvre inspirante, ancrée dans son époque…
et en même temps étonnamment moderne, comme le suggérait d’entrée le titre de cette rencontre organisée sous l’égide de la
Commission nationale Française pour l’UNESCO.


L’événement s’est tenu le 22 juin 2017. Il s’inscrit dans le cadre du programme des anniversaires que l’UNESCO promeut pour célébrer la mémoire de grandes figures de l’histoire des cultures. En l’occurrence, c’est à l’occasion du bicentenaire de la mort de Germaine de STAËL qu’a été organisée cette journée d’échanges. M. JANICOT, président de la Commission nationale française et la Directrice Générale de l’UNESCO, Madame BOKOVA dans leurs propos introductifs ont d’entrée mis en évidence cette figure qui, par son œuvre, ses combats, son rayonnement fut productrice d’une pensée marquante, et qui aura été militante de grandes causes pour aider à plus de justice et d’harmonie : la cause des femmes, l’équilibre des pouvoirs, l’invitation au dialogue, le respect et l’écoute de l’autre et, par-dessus tout, la liberté.

Monsieur M. WORBS, président du Conseil exécutif de l’UNESCO, a souligné une personnalité qui par ses origines et sa vie, ses rencontres, ses voyages, ses œuvres, peut être considérée comme un symbole de la culture européenne, et qui dans l’histoire des idées a montré toute la richesse qu’apportent les dialogues interculturels, révélateurs de différences qu’il faut savoir reconnaître.

La discussion a été ordonnée autour de deux thèmes : « Germaine de STAËL  actualité d’une femme de lettres », et « Germaine de STAËL, actualité d’une européenne engagée ».

En réalité, les échanges, nourris par les contributions d’une quinzaine de participants à ces deux tables rondes, ont montré à quel point les deux dimensions, celle de la littérature et celle de l’Europe, non seulement apparaissent d’actualité mais aussi se trouvent très entremêlées. De plus, à l’écoute des orateurs, et aussi en entendant la lecture de quelques écrits, donnée par des élèves du lycée franco-allemand de Buc, école associée de l’UNESCO, on aura entrevu d’autres idées défendues par Mme de STAËL de portée universelle, comme tout ce qui a trait à la place de la femme dans la société, au bénéfice des confrontations pacifiques, ou aux apports de l’art et de la poésie.

Retenons, en complément, quelques autres réflexions :
Mme de STAËL fille de M. NECKER qui a connu et commenté le temps de la Révolution a aussi été une opposante résolue de NAPOLÉON, ce qui lui valut l’exil.
Elle a excellé dans tous les genres de l’écriture (roman, théâtre, essais…)
Dans ses œuvres purement littéraires – notamment Delphine et Corinne ou  l’Italie – un peu à l’image de sa Personne, elle ne s’en tient pas à des écrits neutres. Il y a toujours présente l’idée que la littérature a une dimension politique et qu’on peut y véhiculer les idées auxquelles on croit, et qui peuvent avoir une influence. Elle l’écrit dans un essai consacré à la littérature.
Dans ses œuvres comme dans sa vie – ses voyages, la tenue de son salon à COPPET en Suisse ou ses rencontres à Paris et dans de nombreux pays européens – elle a toujours manifesté une grande ouverture d’esprit et a pu ainsi croiser ses vues du Monde avec de nombreuses figures de la culture européenne comme GOETHE, HEINE, Benjamin CONSTANT, CHATEAUBRIAND, GIBBON.
Son essai « de l’Allemagne » est l’une de ses grandes œuvres, qui aura été en son temps une révélation pour les français, à qui Madame de STAËL présente leur voisin de façon positive et en montrant bien les différences entre les deux pays… Ceci lui valut une critique sévère (« cet ouvrage n’est pas français » lui avait on fait savoir), et la censure : 10000 exemplaires mis au pilon, (le livre sera publié finalement plusieurs années après, en Angleterre).

M. Marc FUMAROLI nous aura montré la complétude de cette somme qui a nécessité six années de travail – y sont traitées les questions politiques, artistiques, philosophiques religieuses notamment – et tout l’apport de l’analyse comparée qui fait ressortir ce qu’est l’esprit français face à ce qu’on pourrait appeler le génie germanique.
Même si le texte peut être jugé quelque peu apologétique, ce qui explique la polémique qu’il a suscitée en France, il est aussi à voir comme l’expression d’un éloge de la différence ou de la diversité, que Mme de STAËL ressent comme une richesse, avis qui n’était pas unanimement partagé à l’époque.

M. DARCOS a repris quelques termes caractérisant bien ce qu’a été Mme de STAËL : la dualité (d’autres orateurs ont parlé de mixité), avec constamment une co-existence de la raison et de la passion ou des sentiments, mais aussi l’insistance sur l’expérience ou les circonstances (la vie, le concret) et sur la réflexion, les principes. La transmission d’idées auxquelles elle est très attachée, comme la promotion du débat (et une opposition radicale aux régimes totalitaire), une théorisation de la littérature. Un essai lui permet de voir la littérature à la fois comme une œuvre de l’imagination et de promotion d’idées à défendre : fiction et plaidoyer.

On a aussi évoqué Jean Jacques ROUSSEAU qui a beaucoup influencé Mme de STAËL, mais pas au point d’adhérer à toutes ses idées.

Autres idées qui l’imprègnent : le refus des dogmatismes, la contestation de l’esprit de système, les excès de pouvoir par trop unitaires et centralisateurs, la place de la femme dans la société qui doit être égale à celle qui est faite à l’homme…

A l’évidence, Madame de STAËL était en avance sur son temps. Elle était une personnalité forte qui était habitée de nombreuses idées que l’on retrouve promues par l’UNESCO et qui font l’essence de l’Humanité : La reconnaissance de l’autre, le respect mutuel, la diversité, la liberté, la tolérance, la Justice et la Paix.

Le visage humain de la migration

Conférence du 15 juin 2017 à l’UNESCO

Les migrations : une longue histoire, notablement autour de la mer Méditerranée…
des idées reçues à revoir… répondre à certaines exigences…
la dignité de l’homme d’abord : accueillir, soigner, éduquer…


L’objet de cette conférence est présenté ainsi par l’UNESCO : « Une conférence conjointe de l’UNESCO et de lUniversité des Nations Unies (UNU) sur – Le visage humain de la migration: perspectives historiques, témoignages et politiques – est organisée au Siège de l’UNESCO à Paris, le 15 juin 2017. Une analyse des contextes historiques, des témoignages ainsi que des expériences et leçons apprises y seront présentés. Elle vise à éclairer la réflexion actuelle sur le développement de politiques migratoires qui placent la dignité humaine au cœur de leur action.
Pour la majorité des 244 millions de migrants internationaux dans le monde en 2015, incluant les quelques 20 millions de réfugiés, la migration est une nécessité et non une option. Les circonstances sous-jacentes de leur mouvement engendrent des défis additionnels à leur inclusion dans les sociétés d’accueil …
Il est important de comprendre les causes profondes de la migration et du déplacement. Cela peut être atteint à travers une analyse méthodique des contextes et des processus historiques. Cette connaissance, combinée à l’expérience et les leçons tirées d’un large éventail d’acteurs travaillant sur la migration, a le potentiel d’orienter les programmes mondiaux vers la pleine réalisation des droits humains pour tous les migrants et réfugiés, indépendamment de leur genre, identité ou statut.
Cette conférence que l’UNESCO et l’UNU organisent conjointement coïncide avec le processus plus large de développement d’un Pacte mondial pour les migrants mandaté par la Déclaration de New York sur les Réfugiés et les Migrants (Assemblée générale des Nations Unies, septembre 2016). Le travail en cours de l’UNU et de l’UNESCO, notamment l’initiative des Villes accueillantes pour les réfugiés et les migrants avec la fondation M. V Vardinoyannis et la Coalition internationale des villes inclusives et durables – ICCAR, fournira des exemples édifiants. »  

La conférence a été ouverte par Irina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO et David Malone, Recteur de l’UNU, avec des remarques liminaires de Daniel Rondeau,

Représentant de l’UNU auprès de l’UNESCO, et de Marianna V. Vardinoyannis, fondatrice et Présidente de la fondation Marianna V. Vardinoyannis, Ambassadrice de bonne volonté de l’UNESCO :

On doit parler ici de tragédie, une tragédie qui existe depuis de trop nombreuses années. Sur 21 millions de réfugiés actuellement recensés, la moitié sont des enfants, des migrants qui n’ont pas le choix. Ces drames ne sont pas nouveaux, la nouveauté est l’ampleur du phénomène. L’importance des flux déstabilise. Dans ce contexte, il nous faut respecter les droits fondamentaux de la dignité humaine et construire une culture de la paix.

Concernant l’immigration, le dossier « éducation » est primordial pour l’UNESCO avec un grand défi à relever : celui de la Qualité. L’immigration se produit sous pression et rend vulnérable les populations. Le migrant se déplace pour changer de situation politique ou économique mais il sait qu’il est en position de faiblesse au regard de ses droits. De nombreuses organisations s’impliquent pour garantir un accueil, une éducation quant à la langue du pays d’accueil… La Grèce, l’Italie et aussi l’Allemagne donnent l’image d’une générosité extraordinaire par l’offre de logement, par la fourniture des soins de santé, des actions de formation, et des programmes inclusifs portés par les municipalités. Les réfugiés sont le plus souvent dans les villes. Madame Marianna V. Vardinoyannis a lancé un manuel pratique à l’intention des municipalités en tenant compte de l’origine, du sexe, de la situation intellectuelle et économique du migrant.


La première session a porté sur les perspectives historiques et les témoignages.
Le modérateur était Parvati Nair Directeur de l’institut de la mondialisation de l’université des Nations Unies, Culture et mobilité. Les intervenants furent: 

David Abulafia, historien, professeur à l’Université de Cambridge,
Pietro Bartolo, médecin et coordinateur des interventions sanitaires pour les migrants à Lampedusa,
Gilles Pecout, Recteur de Paris, Chancelier des universités, historien,
Albina Du Boisrouvray,
journaliste, productrice, Présidente de l’Association François-Xavier Bagnoud.

La mer Méditerranée est entourée de villes portuaires qui ont toujours été un lieu d’intégration sociale et économique. Rome a l’histoire d’une ville multiculturelle. Cette diversité culturelle que favorise l’immigration doit être conservée présente à l’esprit. Dans le passé, les déplacements de population étaient considérés comme un apport culturel, et n’étaient pas spécifiquement caractérisés par une dimension religieuse.

Pour en venir à l’époque actuelle, on rappelle que Lampedusa est proche de l’Afrique. Avant de prendre la mer, les migrants qui en viennent ont le plus souvent d’abord mené une longue traversé du désert. Après leurs épreuves, l’objectif qu’ils visent est bien différent de celui qu’ils espéraient. Parmi les contre-vérités souvent propagées, il faut réfuter l’idée que ces migrants transmettent des maladies infectieuses. Les pathologies dont ils souffrant sont liées au stress et aux conditions du voyage. Beaucoup de personnes meurent horriblement « tout simplement » parce qu’elles sont jetées dans des embarcations de misère, assises dans des flaques d’eau mélangée à du pétrole. Il est faux aussi de dire que ce sont des terroristes. Ceux ci ont bien d’autres moyens pour voyager plus confortablement. On ne peut pas parler non plus d’invasion quand on mesure ce que représente l’immigration par rapport à la population totale du pays d’arrivée. Autre point à rappeler :l’histoire nous montre que les migrants a toujours porté une force de travail et une culture.dans les pays qui les accueillent.

Les « pérégrinations politiques » dont nous pouvons être les témoins actuellement ne sont pas un phénomène récent : elles existaient déjà au XIXème siècle parallèlement à des mouvements de population liés à des considérations économiques. Il y a un mouvement ininterrompu, une « galerie » de proscrits qui sont allés peupler l’Algérie. On doit en tout cas reconnaître un fait évident : le bassin méditerranéen a toujours été un espace privilégié de peuplement nourri par des mouvements migratoires, qui, singulièrement actuellement, appellent à considérer pleinement un impératif de scolarisation des enfants, d’où qu’ils viennent.

Les ONG jouent un rôle essentiel pour répondre aux besoins de ces populations déplacées. Ainsi, l’ONG FXB – fondée en 1989 – s’implique sur les problèmes de santé, avec le souci de ne pas se disperser dans des programmes d’aides sanitaires trop« morcelées » et sans accompagnement cohérent. Par exemple, il ne s’agit pas de soigner le migrant dans un dispensaire pour le renvoyer chez lui dans un endroit où il ne peut boire qu’une eau contaminée. Autre exemple d’action simple et capable de produire des effets très positifs : un petit capital est donné au départ au migrant sans se soucier du remboursement. Cette démarche s’est avérée très utile pour permettre aux bénéficiaires de démarrer une autre vie.


La deuxième session a porté sur : Perspectives locales et enjeux politiques globaux.
La modératrice fut Mme Golda El-Khoury, Chef de la section Inclusion et Droits à l’UNESCO. Les intervenants furent :

Susanne Asche, chef du département des affaires culturelles de la ville de Karlsruhe,
Père Najeeb Michael, philanthrope engagé dans l’action humanitaire dans les camps de réfugiés et dans la sauvegarde du patrimoine culturel en Irak,
S. Exc. Mme Eleonora Mitrofanova
, Ambassadrice itinérante de la Fédération de Russie,
Yann Arthus-Bertrand, photographe, réalisateur, Président de la fondation GoodPlanet.

Karsruhe est une ville de transit. 25 % des habitants de cette ville ont un passé de migrants. Entre 2015 et 2016, Karlsruhe a reçu des réfugiés de guerre. De nombreux volontaires ont organisé des aides. Des clubs ont été créés. L’administration municipale s’est occupée de l’emploi, de l’éducation. Des journaux de plus de 100 langues différentes existent. Une pièce de théâtre est montée où les réfugiés parlent de leur histoire. La société civile participe à l’accueil et l’intégration des migrants. Les migrants apprennent l’art, l’histoire, la langue de la région du Bade-Wurtemberg. Les allemands se familiarisent avec leur culture.

Le père Michael Najeeb nous conte son expérience. Berceau de notre civilisation, la ville de Ninive est devenue le berceau de la violence. Personne ne veut émigrer. On ne doit pas avoir peur de celui qui émigre mais on peut avoir peur de celui qui tue. C’est l’éducation qui combat la violence. C’est le respect de l’autre qui casse tout fondamentalisme. Pour arrêter le désert, on plante des arbres qui se nourrissent par des racines profondes.

Les migrations représentent 3 % de la population mondiale et sont une ressource pour le développement de n’importe quelle société. Le flux Sud Nord est important pour maintenir une vie économique. Mais la migration forcée est malheureuse. Aujourd’hui les flux migratoires dépendent de situations sécuritaires, de conditions climatiques et doivent être compris au niveau mondial.

Yann Arthus-Bertrand propose de visionner le film « HUMAN » sur internet dont la diffusion est gratuite. Son propos est de soutenir le fait que ceux qui envient les pays riches, viennent chez eux pour avoir une vie meilleure.
Daniel Rondeau conclut la conférence avec 4 expressions : S’il te plaît, je t’aime, pardon, merci.

Voir la version longue du film « HUMAN » (volume 1)
Voir la version longue du film « HUMAN » (volume 2)
Voir la version longue du film « HUMAN » (volume 3)

Conseil International de Coordination du Programme sur l’Homme et la Biosphère

Conseil International de Coordination du Programme sur l’Homme et la Biosphère (CIC-MAB)

29ème Session – UNESCO – 12 au 15 juin 2017


Protection de plus de 600 zones –les territoires,les populations – thème revisité par les Accords de Lima. Orientations stratégiques, plan d’action au service du développement durable, Nouveaux inscrits, radiation, suivi des activités.


  1. Rappel : les « réserves biosphères »

La notion de protection de zones biosphères, est lancée vers les années 1970 à l’UNESCO : il s‘agit de définir des zones terrestres, des « réserves » ou des « sites », méritant d’être protégées d’agressions extérieures. D’abord centrée sur une dimension essentiellement écologique, la notion a été progressivement étendue en intégrant les besoins de protection des populations, affectées par les changements climatiques, ou victimes d’agressions liées à d’autres facteurs naturels ou à des initiatives ayant comme conséquences potentielles l’élimination ou la fragilisation de certaines catégories de populations.

Une étape importante : la Déclaration de Lima (2016) et le Plan d’Action de Lima (2016-2025), qui donnent lieu à une nouvelle « feuille de route » pour les programmes sur l’homme et la biosphère (MAB) et son Réseau mondial de réserves de biosphère. Il s’agit de donner un nouvel élan à la constitution dans les États Membres de l’UNESCO, de nouvelles Réserves de biosphères, bénéficiant d’une politique particulière d’accompagnement de la protection des personnes dans leur culture, leur santé et leur éducation, et d’actions particulières dans leurs lieux de vie en vue de la protection des sites au regard de l’environnement climatique ou géologique, et des Objectifs du Développement Durable (ODD).

Il y a aujourd’hui, 669 Réserves de Biosphères, répertoriées par l’UNESCO, dans 120 pays, et mises en réseau par l’intermédiaire de l’UNESCO. Elles totalisent 680 millions d’hectares de zones terrestres, côtières et marines, et concernent environ 207 millions d’habitants.


  1. Le Programme de Lima et sa mise en œuvre

En 2016, à Lima, une nouvelle « feuille de route » a été élaborée pour les Réserves de Biosphères, reconnues par l’UNESCO.

Les objectifs stratégiques qui doivent inspirer les programmes d’actions de ces Réserves sont :

– Préserver la biodiversité, restaurer et améliorer les services écosystémiques et favoriser l’utilisation durable des ressources naturelles

– Contribuer à construire des sociétés et des économies saines et équitables et des établissements humains prospères en harmonie avec la biosphère.

– Faciliter la science de la biodiversité et de la durabilité, l’éducation au service du développement durable et le renforcement des capacités

– Soutenir l’atténuation et l’adaptation à l’évolution climatique et à d’autres aspects du changement environnemental mondial.

Un conseil de gestion de ces programmes a été mis en place : le Conseil International de Coordination du Programme sur l’Homme et la Biosphère (CIC-MAB). Il comporte une trentaine de membres représentant des Pays adhérents à ce programme, il est présidé actuellement par la France. L’action de ce programme est suivie à l’UNESCO par la division Écologie et Sciences de la Terre.


  1. 29ième Session du CIC-MAB – 12 au 15 juin 2017,

La session a réuni environ 200 participants dont 100 représentations de pays.

Au cours de cette réunion, les délégués des différents pays ont pris la parole pour brièvement décrire leurs activités depuis le dernier CIC-MAB (Lima 2016) en particulier en ce qui concerne la mise en œuvre du Plan d’action de Lima.

Les travaux du CIC ont porté sur des enquêtes auprès d’environ 240 Sites ou Réserves, pour étudier leurs rapports d’activités (environ 270 rapports reçus) au regard des programmes élaborés par le CIC-MAB, ce qui a représenté un travail considérable salué par les membres.

La « Stratégie de sortie » représentait cependant la question essentielle présentée à cette session.


  1. La « Stratégie de Sortie »

Sous ce terme, il faut comprendre qu’en application des règlements de fonctionnement du CIC, les Réserves, sont tenues de respecter un certain nombre de critères et doivent adresser des rapports d’activités réguliers au CIC-MAB. En cas de non communication de rapport ou de non réponse aux relances, le CIC peut engager la mise en œuvre de la procédure « Stratégie de Sortie », qui amène à la radiation du site des références de l’UNESCO. Les « sites » délinquants ont ainsi reçu une notification depuis fin 2013 et une proposition d’assistance leur a été dûment envoyée.

L’essentiel des débats a porté sur les cas de 85 sites exposés à une éventuelle radiation. Sur cette question sensible, la plupart des pays sont intervenus, les uns pour défendre les sites et les autres, pour, au contraire, appeler à maintenir une certaine discipline gage de la qualité du réseau de ces zones de biodiversité. Ces échanges ont occupé un temps considérable.

Le bureau du CIC doit faire connaître ses conclusions après de nombreuses séances tardives.1


  1. En forme de conclusion

Il faut citer la vision pour le programme MAB énoncée à Lima : « Notre vision est celle d’un monde dans lequel les individus ont conscience de leur avenir commun et de leur interaction avec notre planète, et œuvrent ensemble, de manière responsable, à l’édification de sociétés prospères en harmonie avec la biosphère. »

Le point qui nous parait essentiel dans la mise œuvre de ce programme est que le respect de l’homme/des populations locales doit être fondamental comme doit l’être le respect de la biosphère.

DC/DG – 16-06-17
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1 La Session se poursuivait par l’examen de propositions par les membres de nouvelles réserves ou d’extension de réserves actuelles, par une table ronde sur les partenariats du secteur privé pour les réserves de biosphères, l’attribution de bourse et l’examen de questions de gouvernance.

Le Patrimoine culturel des Océans à l’UNESCO du 29 mai au 2 juin 2017


la nécessaire protection d’un patrimoine vital pour l’Humanité


C’est un enjeu majeur pour le développement durable (la Paix, le Climat, l’Environnement… )
La Communauté internationale ne mesure pas assez les Risques et les Défis que représentent les Océans, composante essentielle de notre Planète.
Les questions à traiter sont multiples et ne touchent pas qu’au sujet « Nature ». La dimension culturelle doit aussi faire l’objet d’une grande attention.

Du 29 mai au 2 juin, se sont tenues à l’UNESCO, diverses réunions relatives à la protection des océans et notamment de leur patrimoine culturel. Ces réunions ont eu lieu dans la perspective de la Conférence des Océans de l’ONU qui doit se tenir à New York du 5 au 9 juin.

Rappel de la question des Océans à l’ONU et à l’UNESCO

Plusieurs questions sont soulevées sur le sujet spécifique des Océans :

la responsabilité internationale du respect des océans au-delà des 200 miles nautiques des côtes : accélération du développement des transports et aussi de leur sécurité,
les risques liés à l’environnement : surveillance des niveaux des eaux et zones menacées d’immersion, pollutions diverses de surface et de profondeur par le déversement des déchets, et des nappes d’hydrocarbure,
les nouvelles technologies : pêches en eau profonde (400 à 700 mètres), câbles sous-marins, pipe-lines, plongeurs en eau profonde,
développement des prédateurs, trafiquants et chasseurs de trésors d’épaves,
développement de l’intérêt porté aux patrimoines culturels en général et à leur composante sous- marine : épaves, villes englouties, attraction du public pour ces nouveaux musées.

Les réunions des 29 mai-2 juin 2017
C’est dans le cadre de la convention de 2001 que se sont tenues ces réunions.

Les réunions du 29 mai avaient un caractère de sensibilisation de tout public se sentant concerné par les questions de respect et de mise en valeur du patrimoine subaquatique.
Madame Ulrike Guérin, de l’UNESCO a indiqué que la Convention de 2001 n’était pas encore assez reconnue par les États, en dépit de son travail, et notamment en matière de Développement Durable et des objectifs de 2030, et sur les thèmes suivants :
–   patrimoine subaquatique et éducation, culture de paix, non violence et respect de l’altérité, tourisme, et développement urbain,
–   changements climatiques et conséquences sur le patrimoine subaquatique
Monsieur Michel L’HOUR, Directeur du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines de la France a rappelé la problématique des menaces pesant sur ce patrimoine :
–   le patrimoine est très diversifié, depuis les grottes actuellement immergées, les grottes sous-marines et les épaves : « la mer est le plus grand musée du monde » (Salmon Reinach)
–   mais la mer fait l’objet de déprédations, pillages et vols organisés très difficiles à stopper. Rappelons qu’il y a plus de 200 000 plongeurs qui pratiquent les « prélèvements de souvenirs ».
–   la pêche : peut-on parler de patrimoine vivant ? d’épuisement des ressources ? Il y a plus de 2 millions de navires de pêche, et 23 000 chalutiers industriels. Il se pêche dans le monde, 4,9 tonnes de produits de la mer par seconde, dont 25% dans l’illégalité. 84 000 navires de pêche croisent les mers de la zone européenne. Les chaluts de grands fonds ramènent chaque jour des débris de vestiges sous-marins qui font l’objet de ventes (ventes de dents de mammouths). On trouve aussi des épaves, à plus de 300mètres de fond qui sont complètements entourées de restes de filets de pêche. Entre 60 et 700 mètres de fond de nombreuses épaves sont couvertes de filets.
–   il y a aussi dans les
fonds marins dans les zones de 350-700mètres des restes de munitions de guerre, qui constituent des dangers, aussi bien en termes d’explosions que de dissolutions de produits chimiques nocifs.

D’où la nécessité de sensibiliser, l’opinion publique, l’ONU…
Plusieurs autres intervenants ont décrit certaines réalisations dans leurs pays, comme la rénovation de sites immergés ou la remontée d’épaves en surface avec présentation en musées (France/Arles, Espagne, Chine… )
Les échanges avec la salle ont notamment porté sur la protection du chalutage, victime de l’absence d’informations sur les fonds encombrés de déchets et d’épaves qui peuvent endommager gravement les chaluts, la lutte contre les pilleurs d’épaves, et la question du statut des épaves et autres patrimoines au-delà des 200 nautiques. D’où l’intérêt d’améliorer les cartographies des fonds sous-marins.

Le 1er juin, la 8ème réunion du Conseil Consultatif Scientifique et Technique pour la Convention de 2001 relatif à la Protection du Patrimoine Culturel Subaquatique, était la première réunion du conseil nouvellement élu.

Quelques sources de référence :
La Conférence des Océans de l’ONU,
La COI : Commission Océanographique Intergouvernementale de l’UNESCO, pour une gestion durable des océans (148 pays membres),
La Convention de l’UNESCO sur la Protection du Patrimoine Culturel Subaquatique (2001) environ 58 pays signataires.
Le DRASM du Ministère français de la Culture
Le RPMNF

Lire aussi
Sixième session de la Conférence des États parties à la Convention de 2001
Huitième réunion du Conseil Consultatif Scientifique et Technique pour la Convention de 2001

Photo NOAA http://oceanexplorer.noaa.gov/explorations/17midway/logs/may9/may9.html

Huitième réunion du Conseil Consultatif Scientifique et Technique pour la Convention de 2001

8ème réunion du Conseil Consultatif Scientifique et Technique pour la Convention de 2001 sur la protection du patrimoine culturel subaquatique (STAB)

Le 1er juin, la 8ème réunion du Conseil Consultatif Scientifique et Technique pour la Convention de 2001 relatif à la Protection du Patrimoine Culturel Subaquatique, était la première réunion du conseil nouvellement élu.
Elle a porté d’abord sur la désignation du bureau, dans lequel on retrouve le Mexique, la France, le Togo.
Si de nombreuses questions organisationnelles ont été abordées, il ressort que l’objectif prioritaire était de faire inscrire dans le rapport final de la Conférence des Océans des 5-8 juin à New York, le caractère fondamental de la Protection du Patrimoine Subaquatique, ce qui ne parait pas aller de soi dans les documents préparatoires. Cet objectif doit mobiliser toutes les délégations des États présents à New York.
Dès lors, les autres questions abordées (sécurité des agents et experts en mission dans des zones sensibles, meilleures pratiques… ) paraissaient bien subalternes.


Bilan d’activité, implication des ONG, besoin de sensibilisation, un sujet sensible : la sécurité


Les initiatives des ONG ces deux dernières années (15 sont accréditées)
–   Un atelier sur l’île de Sainte Marie à MADAGASCAR mène des actions de sensibilisation sur la protection du patrimoine immergé auprès de la population locale et dans les écoles tandis que des chasseurs de trésors tentent d’entraver la mission.
–   deux missions en Haïti et au Panama n’ont pas fait l’objet de rapport
–  une nouvelle demande de mission du STAB est sollicitée par le GUATEMALA Il s’agit de la protection de temples et de villages de la période préhispanique immergés par la montée des eaux de 100m du Lac Atitlan. La population qui considère que le lac est un site sacré est marginalisée : elle doit être sensibilisée à la protection.
Le Conseil décide d’accompagner le Ministère de la Culture de ce pays dans l’élaboration d’un plan d’action et de nommer un chef de mission. L’Espagne propose de financer le projet.
Protection du site du Jutland : épaves disparues : le Conseil attend un nouveau rapport

Discussion sur les échanges d’information et partages d’analyse
Le Conseil déplore que la protection du patrimoine subaquatique ne soit pas à l’ordre du jour de la Conférence sur la Protection des Océans tenue début juin à l’ONU à NEW YORK.

Les ONG ne sont pas entendues.

Maritime archeologists explore the F.T. Barney wreck using SCUBA. Image courtesy of Joe Hoyt/NOAA, Thunder Bay NMS

Il faut absolument attirer l’attention sur la Convention tout particulièrement sur la protection du patrimoine culturel englouti. Le représentant du Mexique propose d’adresser une lettre officielle afin que la délégation mexicaine prenne la parole à New York. Approbation du Conseil.
Le TOGO soutient l’idée d’organiser un dialogue transversal avec d’autres conférences scientifiques.
La France propose d’aborder cette question en réunion plénière.
Il est souhaité que les ambassadeurs présents à des réunions comme celles de début juin soient incités à évoquer le sujet publiquement.
L’Espagne déplore une insuffisante diffusion des informations sur ces sujets et l’absence de réglementation internationale. Elle demande au secrétariat de l’UNESCO que soit créé un canal d’informations entre les Etats et et qu’une page du WEB de l’UNESCO soit consacrée à la Protection du patrimoine subaquatique.

Améliorer la sécurité des membres et experts du STAB
Outre la plongée, elle-même, des problèmes de sécurité dus à la présence de chasseurs de trésors et aux relations complexes avec les populations locales, doivent être évoqués.
Des intervenants ont déjà été l’objet de menaces orales et physiques.
Les experts et missionnaires doivent bénéficier de privilèges et immunités sur les sites protégés ainsi que d’une couverture juridique locale .
Le secrétariat de l’UNESCO souligne qu’il existe une formation sur la sécurité des experts au siège de l’UNESCO. Les membres du STAB peuvent également prendre des cours de sécurité en ligne.
A chaque mission les membres des ONG et les experts doivent vérifier, avec les instances du pays d’accueil s’ils sont couverts et protégés. D’une manière générale il faut garder une attitude naturelle et simple, bien connaître le contexte local et les règles de bonne conduite.

Avant chaque mission le secrétariat organisera une réunion sur la sécurité.
Photo Joe Hoyt/NOAA  http://oceanexplorer.noaa.gov/