Colloque au CCIC – les Droits de l’Homme à l’UNESCO – hier, aujourd’hui, demain

Conférence au CCIC le 24 janvier 2019
les Droits de l’Homme à l’UNESCO


hier, aujourd’hui, demain
actions des ONG et Droits de l’Homme.


Peu de temps après la célébration du soixante dixième anniversaire de l’adoption de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme en décembre 1948 (DUDH), le CCIC a invité quatre bons connaisseurs de l’UNESCO pour traiter d’une question – les Droits de l’Homme (DH) à l’UNESCO essentielle pour l’institution elle-même à raison des missions qui lui sont assignées par son Acte Constitutif.


Ont participé à cet échange :

Le Professeur Emmanuel DECAUX : Agrégé de droit public, membre et ancien Président du Comité des disparitions forcées des Nations Unis,
Monsieur Georges KUTUKDJIAN : Doyen des Médiateurs de l’UNESCO et ancien Directeur de la Division des Sciences Humaines, de la philosophie et de l’Éthique des sciences et technologies,
Madame Jasmina ŠOPOVA, Rédactrice en Chef du Courrier de l’UNESCO, dont la dernière publication trimestrielle a précisément porté sur la DUDH,
Mme Ghislaine de COULOMME , ancienne spécialiste de Programme au secteur des Sciences sociales et humaine de l’UNESCO.


En introduisant le débat, Madame Christine ROCHE, Présidente du CCIC, a rappelé les valeurs de Justice, de Paix et de dignité des Personnes que défend l’UNESCO au service de l’Humanité, et s’est interrogée sur l’écart que l’on continue d’observer entre un idéal énoncé et les réalités du terrain dont peuvent témoigner beaucoup d’ONG qui servent les mêmes valeurs.


La Révolution de l’Universel

De gauche à droite : M. Kutukdjian, Mme de Coulomme, Mme Šopova, Professeur Decaux

Le Professeur E. DECAUX a rappelé le contexte de l’après-guerre dans lequel sont nés les grands Actes fondateurs de la famille onusienne, d’abord la charte de l’ONU (1945), puis la création de nouvelles institutions internationales, dont l’UNESCO (1946), et enfin la DUDH (1948) dont l’adoption par cinquante États fut le conclusion d’une réflexion intense et internationale, qui consacra au niveau politique une révolution sans précédent, à savoir celle de celle de l’Universel : l’article 1 de la DUDH consacre sans équivoque le principe d’universalité qui doit s’appliquer à tous les droits énoncés dans la déclaration en disposant que «  tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Qu’ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité (Art 1) » L’article 2 renforce l’expression de cette vision universelle en précisant que «  chacun peut se prévaloir de tous les droits et toutes les libertés sans distinction de race, de couleur, de sexe, de langue et de religion, d’opinions… de fortune, de naissance ou de statut politique », et le Préambule de la déclaration indique clairement qu’il s’agit pour les signataires d’un idéal à atteindre par tous les peuples et toutes les nations. Dans le même esprit, il faut retenir tout au début du même préambule, la mention de notre « Famille Humaine » dont les membres méritent tous reconnaissance d’une même dignité. M E DECAUX montre la cohérence entre les grands textes adoptés entre 1945 et 1948 au regard de la question des droits de l’Homme, ce sont des textes qui se font écho de ce point de vue, mais tout naturellement c’est dans la DUDH que figurent les éléments les plus précis.


Un idéal commun qui reste d’actualité

Cette déclaration rédigée par la Commission des droits de l’Homme présidée par Mme E Roosevelt transcende tous les domaines et toutes les préoccupations que pouvait avoir la communauté internationale à l’époque, c’est ce qui fait qu’elle reste un socle essentiel aujourd’hui pour aider à un avenir meilleur pour le monde : le récent courrier de l’UNESCO consacré à la déclaration tend bien à démontrer une sorte de valeur intangible de cette vision idéale que le passage du temps n’altère pas, en dépit des changements de paradigme ou de contexte : souci démocratique, guerre froide dans les années 50, puis la décolonisation, le développement, la mondialisation…et, depuis peu, l’irruption de la question climatique et la prise de conscience de la nécessité d’un développement durable.


La DUDH et l’UNESCO ont partie liée.

L’UNESCO contribua activement à l’élaboration de la DUDH avec le concours d’une unité dédiée à cet objet : la sous division des Droits de l’Homme qui permit notamment de bien faire le lien entre « Droits de l’Homme » et les nombreux sujets sensibles et essentiels dont l’UNESCO a la responsabilité : le droit à l’éducation, la non-discrimination, la protection des femmes et des enfants, la liberté de choix font partie de ces principes qui sont affirmés dans la DUDH et qui constituent des valeurs clefs pour l’UNESCO qui y trouve ainsi une solide assise, et même sa raison d’être.

C’est encore l’UNESCO qui au cours des soixante dix dernières années par ses nombreuses initiatives entrant dans le cadre de ses missions a servi la cause des droits de l’Homme.

Sans parler des actions locales, elle a été à l’origine d’évènements marquants :

  • Publication de travaux sur la Mémoire du Monde (notamment sur « la traite négrière) ;

  • Convention UNESCO de 1965 sur le Racisme qui a fait date en affirmant haut et fort l’inanité des thèses différencialistes ( participation aux débats de Claude Lévy Strauss) ;

  • Congrès de Vienne 1993 sur l’Éducation et les Droits de l’Homme, avec, dans un contexte géo-stratégique bouleversé, la mise en avant des idées de tolérance et de respect ;

  • Création d’un réseau d’Instituts des Droits de l’Homme ;

  • La décennie des Droits de l’Homme.

On a rappelé les apports de quelques grandes figures, notamment plusieurs Directeurs généraux de l’UNESCO, qui ont chacun à leur manière fait avancer des idées ou des projets qui ont été autant d’œuvres utiles au service des droits de l’Homme :


René MAHEU, DG de 1961 à 1974, par exemple, a mis l’accent sur les notions de droits et biens culturels, comme éléments essentiels pour avoir une identité, et non contradictoires avec le concept d’universalité que recouvre la DUDH. De l’importance du pluralisme et des dialogues interculturels qui font partie en quelque sorte de l’ADN de l’UNESCO et qui renvoient bien, là aussi, aux droits de l’homme, ceux qui permettent la variété des regards. Il y va du respect d’un principe essentiel : l’égale liberté et dignité des personnes, principe qui doit se « vivre » dans un esprit de « compréhension mutuelle » (autre terme figurant dans la DUDH).

M MAHEU a aussi été de ceux qui ont œuvré pour une réelle liberté de l’information et pour la protection des journalistes, deux domaines sur lesquels l’UNESCO reste très présente.

Autre exemple cité : les initiatives de Federico MAJOR, DG de 1987 à 1999, qui, s’agissant des questions éducatives, a, entre autres choses, joué un rôle important sur deux points : l’alphabétisation (mobilisation d’un groupe de huit pays particulièrement en retard sur ce point pour qu’ils s’engagent activement au service de leur population) et l’aide aux jeunes pays récemment décolonisés pour leur permettre d’élaborer des politiques éducatives publiques.

Plus récemment, ont été cités plusieurs projets d’envergure toujours au service des populations touchées au plus profond dans leur droit à une culture, ou un environnement : la préservation du lac Tchad, l’opération « Esprit de Mossoul », etc

Pour mémoire, mais ce n’est pas secondaire, ont été rapidement listés les nombreux actes (traités, résolutions, déclarations, recommandations) qui ont été élaborés au fil des années en rapport avec les droits de l’Homme et qui, dans la plupart des cas, concernent l’UNESCO (par exemple : la protection de la femme et des enfants, les textes sur la torture, les migrants, la question climatique etc).


Questions et autres éléments de commentaires

La Question de la portée juridique des actes, la DUDH et tous les textes dérivés : quelle sanctions possibles ?

Tout comme beaucoup d’autres dispositions émises par les instances onusiennes, la DUDH reste une déclaration de Principe sans caractère contraignant pour les États souverains. Elle a surtout la valeur d’un engagement moral, et sert comme une référence, un outil permettant aux Personnes et aux États de se repérer pour une lecture du monde avec une vision.

La souveraineté des États reste non mise en cause formellement. In fine, ce sont les États qui doivent adhérer (ou non) par voie de ratification, et, ici subsistent encore beaucoup de lacunes. En dépit de ce que l’on pourrait considérer comme de graves insuffisances, la DUDH produit néanmoins ses effets. Effet de réputation notamment, maintenant que les États membres de l’ONU doivent régulièrement subir un audit de leur situation au regard des Droits de l’Homme et répondre de leur situation selon une procédure contradictoire et transparente. On peut aussi mesurer des effets concrets, lorsque des atteintes graves à la liberté de la presse sont dénoncées par une institution comme l’UNESCO, ou quand l’UNESCO, par une remise de ses prix, consacre la valeur de personnalités « en risque », ou emprisonnées, ou même décédées (prix à titre posthume) : les États ne sont pas insensibles aux pressions qui peuvent peser sur eux.

Que dit on de la Cour européenne des Droits de l’Homme ? notamment ce qui peut être statué à propos de l’IVG ou de la PMA ?

On invite à faire la part des choses. La Cour reste en général prudente, car tout comme au niveau onusien, et malgré le fait que l’Europe ait sa propre convention, il faut tenir compte des spécificités nationales (exemple donné de l’Irlande que la CEDH na jamais mise en cause du temps où ce pays continuait d’avoir une législation très restrictive sur l’IVG).

A propos de la GPA/PMA, là aussi on incite à bien apprécier les choses dans toute leur complexité. Les arrêtés qui ont été pris sont souvent techniques, et donnent une argumentation qui ne permet pas d’en déduire des positions excessivement tranchées comme la reconnaissance d’un droit à l’enfant ou la formulation de droits qui seraient la consécration d’un désir. La préoccupation de la Cour en la matière se concentre plus sur la question de l’état civil, et d’un droit pour un enfant à pouvoir se situer (notamment lorsque beaucoup de naissances par mère porteuse se font sous X).


Égalité mais aussi Équité ?

L’article 1 énonce ce principe fondamental de l’égalité : nous sommes tous semblables… mais en effet on peut s’interroger sur cette notion d’équité qui n’est pas explicitement mentionnée dans la DUDH et qui peut venir à l’esprit alors qu’on s’accorde à reconnaître un accroissement des inégalités dans le monde.

En réalité, l’idée d’équité existe implicitement. Lorsque par exemple on parle de l’accès à l’éducation comme droit, l’égalité à promouvoir doit tenir compte de la situation de chacun à qui il faut offrir « la chance de l’éducation ». Cette égalité des chances est au fond ce que l’on peut entendre par « équité ».

On pourra aussi mentionner tout ce qui relève des droits économiques et sociaux, car, là aussi, implicitement, doivent se trouver présentes des considérations touchant à l’équité.


L’effectivité, l’applicabilité des DH : n’y a-t-il pas un monde entre les Paroles et la Réalité ?

Il y a deux façon de juger : soit on relève les nombreuses atteintes aux Droits de l’Homme encore perceptibles, et de fait il y en a encore beaucoup dont certaines d’une exceptionnelle gravité, soit, en étant plus positif, on apprécie les progrès enregistrés au fil du temps, et ici ils sont indéniables, tout particulièrement dans les domaines que recouvre l’UNESCO, singulièrement sur le terrain de l’Éducation (cf notamment la lutte pour l’alphabétisation, l’enseignement professionnel, l’apprentissage tout au long de la vie, la défense de la femme, l’éducation à la citoyenneté etc). On peut aussi rappeler ce qui a été fait en matière de diffusion et liberté de l’information, la protection des journalistes, les actions menées contre l’impunité etc.

Mais encore beaucoup reste à faire, et, encore trop souvent, les recommandations que peut émettre l’UNESCO sont insuffisamment suivies d’effets. A cet égard, on peut déplorer un certain relâchement des États dans la satisfaction des exigences redditionnelles qu’ils sont tenus de respecter.

Autre observation à propos de l’écart présumé entre ce qui est de l’ordre de l’idéal ou de la théorie et la réalité : la complexité et peut être aussi l’excès des normes. Il y aurait sans doute intérêt à revoir quelque peu les pratiques en la matière, simplifier, réordonner les exigences, par exemple les classer simplement entre « ce qui est interdit » et « ce qui est recommandé »).


Les droits de l’Homme : une aspiration qui remonte à loin, ce qui restait circonscrit à une Nation ou un Empire devient une valeur universelle

Dans son intervention Georges KUTUKDJIAN nous rappelle que la protection des Droits de l’Homme, de la justice était déjà mentionnée, en l’an 1750 avant J-C dans le Code d’Hammourabi (même si les 3 classes sociales y avaient des droits différents), puis figurait également dans un Édit de l’empereur des Indes, ASHOKA, en 250 avant J.C, qui interdisait l’esclavage et prônait légalité entre les personnes.
Au MALI a aussi été trouvé trace d’exigences de respect de la personne (cf la charte de Manden datant du treizième siècle).
La nouveauté après la seconde guerre mondiale, c’est l’apparition d’un corpus de règles qui ont une portée et vocation universelles. Cela étant rappelé, quand bien même sont définis des principes et valeurs réputés applicables pour tous, ces Droits de l’Homme restent à concilier avec la souveraineté des États. Il y a bien l’avènement d’un nouvel ordre juridique plus inter (trans) national, mais les États continuent d’occuper une place centrale pour ce qui est de la déclinaison de ces Droits de l’Homme dans les sphères nationales, avec toutes les difficultés (ambiguïté, imperfections, déviations ?) que cela peut occasionner.


DUDH UNESCO et ONG

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Les ONG présentes dans la salle ont pris la parole en suggérant que l’on gagnerait tous à ce qu’une plus grande attention leurs soit accordée de la part des instances de l’UNESCO. Elles souhaitent se faire entendre et participer aux débats au plus haut niveau, étant souvent mieux informées que les diplomates des réalités de l’application des Droits de l’Homme sur le terrain. M. KUTUKDJIAN et l’ambassadeur déléguée de Côte d’Ivoire ont abondé en ce sens, en invitant les ONG à entretenir les liens avec l’UNESCO dans leurs domaines de compétence. C’est un souhait déjà exprimé dans la directive de 2011, et que la Directrice générale appuie régulièrement.

Toujours à propos des ONG, l’intervention d’une de leurs représentantes, africaine très engagée au service de la cause de la femme, a exprimé un sentiment mais aussi une conviction et un souhait très affirmés : sentiment de colère vis-à-vis de certains gouvernements qui pratiquent un double langage et qui ne défendent pas leurs peuples, conviction que les ONG ont un rôle irremplaçable pour protéger les populations et éviter les mascarades de fausses déclarations de bonne intention, le souhait, enfin, qu’ici les ONG puissent trouver auprès de l’UNESCO une oreille attentive à leurs préoccupations.


En conclusion, trois idées ont été émises :

  • qu’un jour, on obtienne de la part de la communauté internationale, une Déclaration des Devoirs ;

  • que l’on écoute pleinement les ONG ;

  • avec l’espoir que l’UNESCO puisse pleinement les aider à porter leur voix !

CCIC – Vœux pour l’année 2019

CENTRE CATHOLIQUE INTERNATIONAL DE COOPÉRATION AVEC L’UNESCO

Présentation des vœux 2019


Christine Roche
Présidente du CCIC

Chers Amis,

Il n’est pas banal de commencer le partage des vœux par un hommage à un ami pour toujours.

Je souhaite en effet évoquer la mémoire d’Amin de Tarrazi qui nous a quitté la semaine dernière.

Un homme entièrement donné à ses frères les plus pauvres, il ne vivait que pour les autres, il rayonnait de simplicité, son regard bienveillant et pétillant obligeait à la joie de l’amitié partagée, invitait à tendre la main, à vivre en espérance.

Fils de Saint Vincent de Paul et frère du Bienheureux Frédéric Ozanam, il n’a eu de cesse de s’ouvrir aux autres et à prendre sa part à leurs souffrances et aussi à leurs espérances.

Il avait foi en l’Homme.

Mélomane dans l’âme, il partageait sa passion avec les étudiants du Conservatoire National de Musique et de Danse de Paris et les aidait en attribuant des bourses grâce au fonds Tarrazi.

Cet homme, devenu tout petit, m’a montré le sens du mot compassion, la force douce et discrète des amitiés fraternelles et fidèles.

Ces dernières années sa fragilité n’atteignait pas la robustesse de ses convictions. Quel bonheur profond nous avons reçu en la personne de cet ami, Amin, un phare pour notre chemin, un HOMME debout.

L’un de mes vœux serait que cette année vous ayez la chance de cheminer avec des hommes et des femmes qui vous donnent de croire en l’Homme, en l’Homme capable de transformer l’Humanité, en l’Homme instrument de paix comme le souhaite François d’Assise.

Ce qui nous rassemble aujourd’hui, c’est notre volonté de construire la paix en s’appuyant sur la Déclaration Universelle des Droits l’Homme, signe d’espérance pour l’Humanité.

Parce que nous croyons comme Amin qu’il y a toujours quel quelque chose à faire pour la paix, pour nos frères dans le désarroi, dans l’angoisse,

Jeunes, moins jeunes, aînés, dans nos familles, dans notre environnement professionnel, associatif, dans nos communautés, agissons ensemble habités par l’Espérance :

Que là où est la haine, nous mettions l’amour
Là où est la discorde, nous mettions l’union
Là où est le désespoir, nous mettions l’
espérance

Là où est la tristesse, que nous mettions la joie.


Bonne et heureuse Année !

A Paris le 24 janvier 2019


Mémoire des victimes de l’Holocauste – 27 janvier 2019

Journée Internationale dédiée
à la mémoire des victimes de l’Holocauste
UNESCO
27 janvier 2019


(Rappel historique : le 27 janvier 1945 est la date de l’entrée des soviétiques à Auschwitz)

Cette Journée Internationale a été commémorée à l’UNESCO par la projection du film « Qui écrira notre Histoire », précédée d’une allocution de la Directrice Générale, Audrey Azoulay et d’une autre d’Eric de Rothschild, Président du Mémorial de la Shoah.


La projection du film a été suivie d’une table ronde à laquelle participaient Roberta Grossman, réalisatrice et productrice, Samuel D. Kassow, historien et Nancy Spielberg productrice exécutive.

Pour cette journée mondiale, la cérémonie était reliée en duplex, avec plusieurs autres dont Washington et Varsovie.


Les propos de la Directrice générale de l’UNESCO, Audrey Azoulay, ont porté sur la vocation de l’UNESCO, à s’opposer dans tous les secteurs de sa compétence, pour le futur, à de nouveaux génocides, en étant notamment attentifs à tous les mécanismes qui ont abouti à « cette chose inexpiable » de la Shoah. Il est du domaine de l’UNESCO de former les professeurs et les jeunes dans la connaissance de ces faits et sur les moyens à mettre en place pour qu’ils ne se renouvellent pas.

Eric de Rothschild a évoqué le génocide de 760 000 juifs européens, dont 75 000 français, sur la disparition des derniers témoins et sur la nécessité d’entretenir la mémoire auprès des jeunes pour ne jamais renoncer à s’opposer à toute expression de haine et de violence, même si certains événements de cette fin du XXème siècle ou du début du XXIème, (Rwanda, Cambodge…) peuvent susciter des inquiétudes.


Le Film : « Qui écrira notre Histoire », relate l’histoire du Ghetto de Varsovie, quartier de la capitale où les juifs polonais avaient été regroupés par les allemands dès 1939, dans des conditions de vie telles que, par manque de nourriture et d’hygiène, le nombre de décès n’a cessé d’augmenter.

Aussi dès septembre/octobre 1939, à l’initiative d’EMANUEL RINGELBLUM, une soixantaine de juifs polonais formèrent un groupement clandestin « OYNEG SHABBOS », dans le but de consigner, par des témoignages (écrits, photos, documents divers) toutes les exactions, tortures et exécutions auxquels les juifs du Ghetto étaient soumis par les allemands. Ils se situaient dans l’hypothèse selon laquelle, probablement la totalité de la communauté juive serait exterminée, et sur la nécessité de laisser un témoignage historique au monde entier, sur ce qui s’était passé, et pas seulement dans la version nazie.

Ces documents ont été stockés régulièrement tout au long des années 1939-1943, dans des caches dont seuls, quelques membres, 3 ou 4 maximum, connaissaient l’emplacement. Le travail s’est achevé en janvier 1943, alors que les 60 membres d’Oyneg Shabbos, n’étaient plus que 4 ou 5. Les documents étaient contenus dans 10 boîtes métalliques et 2 bidons de lait. La destruction du ghetto, lors de sa révolte en mai 1943, et la destruction de Varsovie en 1945, ont rendu très difficile la découverte de ces archives, entre 1946 et 1950, dans 2 caches. La troisième cache n’est toujours pas retrouvée à ce jour. (On dit qu’elle pourrait se trouver sous l’ambassade de Chine). Ces recherches étaient d’autant plus difficiles dans les ruines de Varsovie, qu’il n’y avait à la fin de la guerre qu’une seule survivante du groupe Oyneg Shabbos, Rachel Auerbach, (décédée en 1976).

En 1999, ces archives, le plus souvent en très mauvais état, et objet de traitements numériques divers pour les reconstituer, ont été classée par l’UNESCO dans la liste Mémoire du Monde.

Sur la base de ces archives, le film reprend scrupuleusement l’histoire du Ghetto, sa révolte et les départs pour Auschwitz, telle que l’ont vécue les juifs qui s’y trouvaient et notamment les membres du groupe Oyneg.


Débats

Les échanges entre les membres de la table ronde, animée par Stephen Smith, titulaire de la chaire UNESCO pour l’éducation au génocide, ont porté sur :

  • La qualité historique du film : les réalisateurs ont indiqué qu’en plus des entretiens que certains avaient eus avec des survivants, ils se sont attachés à respecter « à la lettre » les documents trouvés dans les archives. Ce n’est donc pas une histoire romancée, mais de bout en bout un document historique ;

  • Il s’agit d’un témoignage « de mémoire » au sein même de la communauté juive : « cette histoire est écrite par nous et pour nous » ;

  • Il s’agit d’une mémoire mondiale : la séance à l’UNESCO était reliée en vidéo avec d’autres réunions commémoratives dans le monde, et notamment Washington et Varsovie, où plusieurs intervenants ont pris la parole à l’adresse de l’UNESCO Paris. A signaler le témoignage d’un juif polonais rescapé d’Auschwitz, particulièrement émouvant ;

  • En conclusion de Nancy Spielberg, le rappel d’un document du créateur et animateur du groupe Oyneg Shabbos, Emanuel Ringelblum : « J’aimerai bien vivre le moment où ces documents seront trouvés…»


Le livre « Qui écrira notre histoire » (éditions Grasset)


 

Éthique et Nouvelles technologies – Intelligence Artificielle

Espoir ou Crainte ? Quel avenir pour le Monde ?
UNESCO 22 janvier 2019


Une heure trente d’échanges entre six participants à une Table ronde, menée « tambour battant » par un animateur, M. Roemer, qui, d’entrée, a invité les panélistes à se conformer à un cadre très minuté et « formaté » en quatre « rounds » (Qui je suis ?, Quelles sont mes idées fortes sur le sujet ? Réactions ? et enfin, une double demande adressée à chaque intervenant, à savoir : répondre à une question inspirée par ses propos et donner un ou deux mots clefs qui leur semblent les plus pertinents en rapport avec le thème discuté.


De nombreuses idées ont été évoquées par des orateurs en majorité jeunes et tous très impliqués dans ces nouvelles technologies de l’intelligence artificielle, comme acteurs engagés dans « le Monde réel », sur le terrain (entrepreneurs animateurs de groupes de travail, patron de laboratoire de bio-ingénierie, conseiller d’entreprise ou de gouvernements) et avec, pour tous, une grande expérience internationale.

Au risque de par trop simplifier la discussion, M. Roemer a souhaité d’entrée que l’on ordonne le débat en faisant valoir les points de vue des optimistes face aux idées de ceux qui sont plutôt pessimistes, en montrant tout à la fois les extraordinaires potentiels qu’offrent ces nouvelles technologies et les risques, les espoirs et les craintes qu’elles suscitent.


Avec six participants et la contrainte de temps, l’étendue du sujet et la variété des problématiques qu’il recouvre, une impression de superficialité a pu se dégager. Des thèmes importants n’ont ainsi été qu’à peine abordés, comme tout ce qui touche à « l’Humain dans son essence », mais un certain nombre d’idées fortes ont été posées, intéressantes en elles-mêmes et en ce qu’elles invitent à aller plus loin dans les réflexions et nos prises de conscience que doivent susciter les changements profonds de notre Monde sous l’effet des Technologies avec l’emprise grandissante et accélérée de l’intelligence artificielle.


Les participants à la Table ronde :

L’animateur, Andrès Roemer : diplomate mexicain, ambassadeur de bonne volonté de l’Unesco, intellectuel passionné par les questions touchant aux Droits de l’Homme, le pluralisme, les innovations et la créativité.

Constanza Gomez Mont : « social entrepreneur », créatrice d’un think-tank au Mexique sur « technologie et développement ».

Bummi Banjo : multiples activités de sensibilisation, formation, conseil sur les questions touchant aux nouvelles technologies et singulièrement l’intelligence artificielle en Afrique.

Priscila Chaves : CEO de « 10X » une agence visant à aider à l’appropriation des nouvelles technologies par les acteurs économiques.

Mora Cerf : professeur de neuroscience et économie, chercheur dans le domaine des sciences comportementales appliquées à l’économie.

Luisa Munaretto : fondatrice d’une entreprise de capital-risque, tournée vers le financement de projets utilisant l’intelligence artificielle au service des économies locales dans les pays en développement (Inde notamment).

Floyd Romesberg : professeur de chimie. Son laboratoire de recherche travaille notamment dans le domaine de la bio ingénierie.


L’essentiel des propos tenus peut s’ordonner autour de quelques thèmes que l’on se propose de récapituler ci-après, avec un simple énoncé des idées émises.


L’Éthique :

  • On a de plus en plus de connaissances, l’enjeu (le défi) est de bien savoir comment les mobiliser et surtout ce qu’on ne devrait pas faire de certaines de ces découvertes ;

  • A force de nous aider, les machines risquent de penser à notre place : de l’importance de nos réflexions, il faut penser à ce qu’on donne à faire à ces machines, ne pas se trouver dessaisis, « réifiés » ;

  • Se soucier des marginalisés, déclassés, et des inégalités (voir plus loin la question sociale) ;

  • Les valeurs sociétales sont à pleinement prendre en compte : notre vision du Monde à venir.


L’emploi, l’économique, le social :

  • Avec notre obsession de la performance et de la productivité, la machine pourrait faire demain tout le travail…et, comme le suggère de façon un peu provocatrice l’un des intervenants, vouer l’homme aux loisirs, (mirage de l’homme qui serait libéré de cette peine que représenterait le travail !) ; alors le risque pour l’homme serait « l’ennui » ?… un propos un peu outrancier qui a tout de même le mérite de mettre l’accent sur une question assez fondamentale à propos du travail : n’est-il qu’une fonction « machinale »  auquel cas, il pourrait disparaître de nos préoccupations ? certainement pas, restent néanmoins posées deux questions qui, elles, ne sont pas sans objet, loin de là : la disparition prévisible de nombreuses tâches que nous assumions jusqu’ici et alors interrogation sur les conséquences de ce changement (du temps libéré… mais pour quoi faire à la place ?)

  • Des tendances très nettes se dessinent avec la disparition de certains emplois, mais on est encore loin de pouvoir se figurer l’avenir quantitativement et qualitativement ;

  • Il ne faut pas céder à une vision par trop pessimiste. Comme toujours, les grandes mutations provoquées par les découvertes suscitent des craintes, mais il faut aussi mesurer des retombées positives, avec l’apparition de nouvelles compétences. Simplement, on ne sait pas encore assez bien définir le profil de ces nouveaux postes et ces nouvelles pratiques que vont impliquer ces nouvelles technologies ;

  • On doit tout particulièrement prendre la mesure de l’immense potentiel que représentent les recours aux nouvelles technologies pour les pays en développement, et singulièrement pour l’Afrique. Mais il faut accompagner les populations pour qu’elles puissent s’approprier ces nouveaux outils ; c’est ce que souligne Madame Banjo qui a créé une école du numérique qui rencontre un immense succès et vise à avoir formé plus de 20 millions de personnes d’ici à 2022 ;

  • La pauvreté : il faut se rendre capable de mettre les nouvelles technologies au service de combats contre la pauvreté ou la précarité, et tel n’est pas forcément le cas. Ceci renvoie aux risques d’exploitation de certaines populations vulnérables et aussi à l’inégale répartition des bienfaits des nouvelles technologies (accroissement des inégalités).


Les Sciences :

On est témoin des progrès spectaculaires notamment en biologie, avec le développement de la biologie de synthèse. Ils sont assez souvent le fait de start-ups ou laboratoires que rachètent les grands groupes attirés par les perspectives de gains qu’offrent ces découvertes.

Il y a donc des retombées positives indéniables, notamment dans le domaine médical (lutte contre les épidémies). Les sciences ont toujours été des « moteurs de notre histoire » et on ne saurait contester le rôle positif qu’elles remplissent au service de l’humanité, mais elles ne sont pas à l’abri de possibles dérives. Il ne faut pas qu’elles se « suffisent à elles-mêmes » en cultivant un « entre-soi » fâcheux. Tout particulièrement, lors qu’apparaissent les risques pour l’humain de certaines avancées, il est impératif que les scientifiques soient en lien avec la société, pour que leurs projets s’intègrent dans une vision du monde partagée, une conception de la vie qui ne peut appartenir seulement aux experts. De tels échanges ne peuvent qu’être fructueux tant est trop souvent avérée l’étendue de nos ignorances réciproques.


La diversité culturelle

  • Il faut que la propagation des nouvelles technologies, et singulièrement la montée en régime des systèmes gouvernés par l’Intelligence Artificielle, respecte les cultures… Il y a les techniques de codage mais celles-ci ne sauraient induire une disparition des codes culturels ;

  • Il n’y a pas une unique approche des questions touchant au numérique, mais on ne doit pas sous-estimer le risque de voir abusivement promus des dispositifs conçus à distance par des geek-experts par exemple établis dans la Silicon-valley et bien éloignés des lieux où peuvent se déployer leurs produits.


L’École

Qu’on le veuille ou non, les nouvelles technologies, y compris l’Intelligence Artificielle, vont partout faire irruption, y compris dans les écoles. Il est essentiel que ce thème soit pleinement intégré dans les enseignements et apprentissages avec de réels défis à relever : définition de nouvelles compétences, révisions des pratiques, mais aussi avec des réflexions sur les limites et contenus des usages.

Il y a lieu, ici comme ailleurs, de rester suffisamment prudent, de se garder en tout cas de trop verser dans la pure technique.


La Régulation

Même si cela est difficile à concevoir, l’Intelligence Artificielle ne saurait se développer hors de certaines règles ou de protocoles clairement spécifiés.

La société doit aller de l’avant, mais on ne doit pas se nourrir d’illusions : il y a des risques, il faut en être conscient. De l’importance, alors, de fixer un cadre à tout niveau : le Mexique par exemple, comme un certain nombre d’autres pays, s’est engagé résolument dans cet esprit en définissant pour le pays une stratégie relative au numérique.

Les intervenants se sont tous exprimés en faveur de règlementations pour le Bien commun, non pas un carcan de règles bloquantes, mais plutôt des principes à respecter qui donneraient une certaine vision du souhaitable, un optimum permettant tout à la fois de progresser et d’éviter de se laisser prendre de vitesse par le courant des innovations.


Diverses réponses de chaque intervenant aux questions qui leur étaient posées :

  • Ne pas éliminer les médecins avec la montée des nouvelles technologies (ex la médecine prédictive), ce qui va nécessiter de très gros efforts de formation ;

  • Ne pas oublier les minorités trop souvent marginalisées ;

  • Intensifier les dialogues avec toutes les parties concernées même si cela est difficile à réaliser ;

  • Se soucier du déclassement.


Une Question spécifique : quelle vue (espérance) à privilégier pour le long terme ?

  • mettre les machines à leur juste place, faire émerger l’essentiel : le Beau, l’Amitié ;

  • avoir su prendre des décisions à bon escient en associant pleinement toutes les parties prenantes, notamment les femmes ;

  • pouvoir compter sur de bonnes régulations, promues et garanties par des Tiers de confiance indépendants (trustees) ;

  • ne pas croire à la perfection, cette ambition hors d’atteinte, mais savoir préserver ce qui fait la grandeur de l’Homme toujours en quête de sens, avec une part d’invisible dirigée vers le haut ;

  • intensifier les collaborations pour réduire les risques de catastrophe auxquels l’humanité est exposée.


Vos mots-clefs ?

  • Collaboration ;

  • espérance ;

  • réfléchir ;

  • positiver ;

  • différences, diversité ;

  • travailler pour viser l’utopie ;

  • éducation ;

  • inclusion.

Les orateurs n’étaient appelés qu’à en citer un ou deux, à l’écoute de leurs interventions, on aurait pu aussi proposer quelques autres mots : vérité, paix, pauvreté, vie, conditions humaines, vision du monde, finalité… la transcendance (voir un intervenant qui a parlé d’élévation).

–§–

En guise de conclusion, quelques autres considérations exprimées à retenir un peu comme des termes de référence pour tout débat sur la question des « sciences et technologies dans nos sociétés modernes »

  • L’Homme ne doit pas disparaître ;

  • Se convaincre que l’Homme est d’abord « un être spirituel » en quête de sens ;

  • Un « être social » aussi, appelé à la rencontre de l’autre.

 

UNESCO – Conférence Internationale des ONG 2018

UNESCO – CONFÉRENCE INTERNATIONALE
DES ORGANISATIONS NON GOUVERNEMENTALES

17-19 Décembre 2018


« Valoriser l’engagement et la contribution des ONG partenaires de l’UNESCO »


Ouverte par M. Firmin Edouard Matoko, Sous-Directeur général pour la Priorité Afrique et les Relations extérieures, UNESCO, et par M. Philippe Beaussant, Président de la Conférence internationales des ONG, Comité de liaison ONG-UNESCO, la Conférence internationale des ONG 2018 a réuni pour trois jours, du 17 au 19 décembre, au siège de l’UNESCO, plus de 250 participants.


La Conférence 2018 avait pour thème de réflexion « Valoriser l’engagement et la contribution des ONG partenaires de l’UNECO » et s’articulait autour de deux sous-thèmes : « Agir ensemble : La force collective des ONG » et « Communiquer, informer, dialoguer ». Lieu privilégié de rencontres entre l’UNESCO et les ONG, et entre les ONG elles-mêmes, la Conférence a permis de faire le bilan des actions collectives des ONG conduites en 2017 et 2018 et d’envisager les grandes lignes de la coopération collective pour les années 2019-2020. Les participants étaient également appelés à élire un/e nouveau/velle Président/e de la Conférence, ainsi qu’un nouveau Comité de liaison ONG-UNESCO.


Comité de liaison ONG-UNESCO -Bilan des actions conduites en 2017 et 2018

Deux champs d’actions ont été mis en exergue : les Forums internationaux et les Journées internationales.

Forums internationaux :

  1. Forum sur le thème « La jeunesse et son impact social » (Riyad, Arabie saoudite, 3-4 mai 2017) organisé par le Comité de liaison et le Secrétariat de l’UNESCO en partenariat avec la Fondation saoudienne MiSK. Il a rassemblé quelques 2000 participants, parmi lesquels des ONG partenaires de l’UNESCO et des jeunes de 70 pays.
  2. Forum sur le changement climatique sur le thème « Changer les esprits, pas le climat » (Paris, siège de l’UNESCO, 7-8 décembre 2017) organisé par le Comité de liaison, en coopération avec le Secrétariat de l’UNESCO et soutenu financièrement par la Fondation Kenn de l’entrepreneur Keneth Kam. Deux ans après l’Accord de Paris sur le climat, le Forum entendait permettre à plus de 300 représentants de la société civile de partager leur vision de la contribution des ONG à la lutte contre le changement climatique, et plus particulièrement à la mise en œuvre de la Stratégie actualisée de l’UNESCO pour faire face au changement climatique adoptée par la Conférence générale à sa 39ème session en novembre 2017.
  3. Forum sur les migrations « Un autre regard sur les migrations » (Tunis, 26-27 septembre 2018) préparé par un comité d’ONG en lien avec des membres du Comité de liaison et avec le soutien de l’Institut Arabe des Droits de l’Homme et le parrainage du gouvernement tunisien. Il a rassemblé plus de 150 participants délégués par les ONG. Il s’inscrivait dans la célébration en Tunisie du 70ème anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.
  4. Forum sur les sciences « La science, bien commun de l’humanité » (Moscou, 26-27 novembre 2018), structuré autour de deux piliers : « La science dans les têtes, la science dans le siècle » animé par un comité d’ONG et le Comité de liaison, et « La diplomatie scientifique comme facteur de coopération internationale et de sécurité mondiale » animé par l’Académie Russe des Sciences. Le Forum a réuni 150 participants venus d’une cinquantaine de pays.

Journées internationales :

  1. Journée internationale de la Paix « Imagine un drones ou un robot pour la paix » (Tunis, 28 septembre 2018), résultat du travail d’un petit groupe d’ONG et d’artistes, de peintres et sculpteurs, d’artistes de bandes dessinées, de réalisateurs de vidéos, il a permis de rassembler une cinquantaine d’œuvres de 14 pays et la réalisation de films.
  2. Séminaire international sur les droits de l’homme « Agir pour l’égalité » (Tunis 29 septembre 2018) organisé par l’Institut Arabe des Droits de l’Homme en partenariat avec le Comité de liaison et la commission Qatari des droits de l’homme. A rassemblé 300 participants représentant des ONG tunisiennes et internationales.
  3. Journée internationale de la fille « Assurer une éducation inclusive et équitable pour tous » – ODD4) (Siège de l’UNESCO, 11 octobre 2018), résultat du travail de 30 ONG partenaires de l’UNESCO, avec le soutien de la Division égalité des genres et le secteur Éducation de l’UNESCO, et le Comité de liaison. La journée s’est conclue par la publication d’un « Manifeste pour l’éducation des filles ».

Le Rapport d’activité du Comité de liaison 2017-2018 faisait encore état de plusieurs engagements et actions, en particulier dans les domaines du renforcement du dialogue avec les Etats membres, les réunions du Comité sur les PNG (Partenaire Non Gouvernementaux), de la CCONG – Éducation 2030 (Consultation collective des ONG pour l’objectif Education 2030), la participation à la Conférence Générale de l’UNESCO.

La présentation s’est conclue par un court rapport financier qui ne comportait pas les financements extérieurs des pays partenaires ou d’accueil et donc n’était pas significatif.

La parole a été brièvement donnée aux participants mais les sujets de fonds comme celui d’une véritable intégration des ONG dans la préparation des Forums, ou celui de leur financement, n’ont pas pu être abordés (ils le seront dans les sessions suivantes).


« Communiquer, informer, dialoguer : des outils pour l’engagement et la contribution des ONG »

Table ronde animée par M. Patrick Gallaud, vice-président du Comité de liaison, avec un panel de représentants d’Etats membres et d’ONG. S’éloignant quelque peu du thème, la première partie de la discussion a consisté dans la description par chaque ONG ses propres activités sur le terrain (volontariat dans le domaine patrimonial, formation, promotion de la non-violence,…), de ses liens avec d’autres ONG locales et avec l’UNESCO ou de ses branches locales. Les représentants des Etats membres insistaient quant à eux à la fois sur la convergence essentielle entre les trois piliers : Etats membres, UNESCO et ONG, mais également sur les difficultés résultant de la multiplicité des ONG, et enjoignaient les ONG à ne pas limiter leur contacts avec le Siège de l’UNESCO.

Un deuxième temps portait sur comment améliorer la communication et les relations Etats membres et ONG. De nombreuses propositions ont été avancées : que l’UNESCO ne devienne pas une « bulle », refaire des forum de toute la société civile plus large que le seul mécénat, ne pas oublier le millier d’ONG qui n’ont pas voix au chapitre, ne pas oublier la dimension humaine des contacts, pour le Comité de liaison faire du « burden sharing », se répartir les contacts, qu’il ne soient pas le seul fait du président, partager les réalités et les complémentarités, rendre visible les actions que font les ONG. Que les ONG soient des « lanceurs d’alerte » comme le suggérait Patrick Gallaud.


« Agir ensemble, la force collective des ONG »

Animée par Mme Victoriat Lovelock, Vice-présidente du Comité de liaison, la table ronde a permis, après un exposé introductif, d’entendre la présentation de plusieurs projets concrets réalisés par les ONG.

L’exposé introductif a souligné que la force collective des ONG provenait de quatre éléments : leur capacité de proposition, leur force d’action, l’avantage de leur continuité et leur pouvoir d’innovation.

Quant aux projets, ils incluaient le ICH NGO Forum – plateforme des ONG sur le patrimoine culturel immatériel, le rôle des ONG concernant le patrimoine mondial, la consultation collective des ONG sur l’Éducation 2030 (CCONG-Education 2030) et les initiatives collectives des ONG à la suite des Forums internationaux : Formation des hydrologues en Afrique, Projet pilote sur les migrants et Manifeste pour l’éducation des filles.


« Stratégie du Comité de liaison ONG-UNESCO pour 2019-2020

La parole a été donnée aux participants de la Conférence Internationale pour exprimer leurs questions et propositions pour la stratégie du nouveau Comité de liaison 2019 – 2020, les principaux thèmes avancés étaient les suivants :

Les Forums internationaux : renforcer le rôle des ONG dans leur préparation et le choix des intervenants, nécessité d’un travail général sur la question des suites des Forums et en particulier du Forum Sciences, que leur suivi soit envisagé dès la préparation du Forum avec la question de leur financement, qu’il y ait moins d’intervenant et une réelle possibilité de débattre avec la salle. Des thèmes proposés : éducation inclusive formelle et non formelle, éducation à la citoyenneté mondiale en 2020 (conférence en Korée en 2020 sur la citoyenneté mondiale), le patrimoine mondial matériel et immatériel. Poursuivre le travail sur non-violence et paix. Festival pour la paix à l’UNESCO.

Renforcer la participation des jeunes : collaboration ONG éducation et ONG étudiants, café ONG-jeunes, actions des ONG jeunes en lien avec les objectifs de l’UNESCO par exemple abolition des armes nucléaires, développer le rôle des jeunes auprès du Conseil.

Financement des ONG et de leurs projets : financement des Forum, soutien des programmes des ONG qui en ont besoin.

Communication : améliorer le dialogue CIONG/ONG et le travail en commun, travailler / augmenter les relations ONG et Secteurs, faire des projets conjoints dans le cadre 2030, inventer un nouveau lobbying et avoir accès aux bonnes informations, avoir un outil qui rassemble les connaissances des projets conduits par les diverses ONG et partenaires.


Élection pour la présidence de la Conférence Internationale des ONG et pour les membres du Comité de liaison (photo).

Pour agrandir, cliquer sur la photo des membres élus au Comité de Liaison

Trois personnes étaient candidates à la présidence (en ordre alphabétique) : Mme Archontia Anastasaki (Fédération syndicale mondiale – FSM), M. Richard Francis Apeh (Jeunesse étudiante catholique internationale – JECI), Mme Marie-Claude Machon Honoré (International Federation of Business and Professional Women – BPW). Mme Marie-Claude Machon Honoré a été élue à la présidence au premier tour.

La Conférence Internationale a par ailleurs élu les 10 membres du Comité de Liaison. M. Philippe Beaussant, ancien Président de la Conférence Internationale, ainsi que M. Richard Apeh font partie des 10 membres élus.

DG/31-12-2018

Lire l’acte de candidature de Mme Marie-Claude Machon


PIDC : Programme International pour le Développement de la Communication

PROGRAMME INTERNATIONAL POUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA COMMUNICATION (PIDC)

31ème Session du Conseil intergouvernemental du PIDC
21-22 novembre 2018 au siège de l’UNESCO à Paris


Présentation

Le Programme international pour le développement de la communication (PIDC) est un programme multilatéral de l’UNESCO créé en 1980 qui vise à mobiliser la communauté internationale pour l’inciter à réfléchir au développement des médias et à le promouvoir dans les pays en développement.
L’objectif fondamental du PIDC est de contribuer au développement durable, à la démocratie et à la bonne gouvernance.


Priorités du PIDC :

  • Soutien au pluralisme des médias et à leur indépendance ;
  • Promotion de la liberté d’expression et de la sécurité des journalistes, et la question de l’impunité ;
  • Soutien à une réforme de la législation favorisant l’indépendance ;
  • Réalisation d’évaluations sur les médias utilisant les indicateurs de développement des médias, les indicateurs d’égalité des genres ou les indicateurs de sécurité des journalistes élaborés par l’UNESCO ;
  • Renforcement des capacités des journalistes y compris la formation des journalistes.

Gouvernance :

La responsabilité d’ensemble du programme incombe au Conseil intergouvernemental du PIDC qui se réunit tous les 2 ans pour évaluer les actions du programme. Il est composé des représentants de 39 pays suivants qui ont été élus par la Conférence générale de l’UNESCO: Afghanistan, Arabie Saoudite, Argentine, Autriche, Bénin, Cameroun, Canada, Chine, Cuba, E.A.U. Equateur, Ethiopie, Finlande, Honduras, Kazakhstan, Kirghizistan, Lettonie, Libye, Lituanie, Namibie, Pays-Bas, Niger, Nigéria, Norvège, Oman, Pakistan, Palaos, Pologne, République Tchèque, République Dominicaine, Royaume-Uni, Russie, Salvador, St Vincent & les Grenadines, Sénégal, Suède, Thaïlande, Tanzanie et Zambie.


Élections :

Mme Anna BRANDT, ambassadrice de Suède auprès de l’Unesco, a été élue le 21 novembre 2018 à la présidence du Conseil du PIDC, pour 2 ans, succédant ainsi à Mme Albana SHALA, ambassadrice des Pays-Bas.
La Lituanie, la Lybie et le Salvador ont été élus en tant que Vice-Présidents.
Le Nigéria, les Pays-Bas et la Thaïlande ont rejoint le Bureau du PIDC, qui se réunit une fois par an pour décider des projets qu’il convient de soutenir.


Activités et résultats du PIDC entre 2016 et 2018 :

Depuis sa création en 1980, le PIDC a alloué plus de 100 millions de dollars à plus de 1.700 projets de développement des médias, dans près de 140 pays.

Entre 2017 et 2018, le Programme a reçu USD 4,5 MM. Les pays contributeurs les plus importants ont été les Pays-Bas (28%), la Suède (20%) et la Finlande (18%). Les autres pays contributeurs ont été l’Allemagne, la Norvège, la Malaisie, l’Espagne, le Danemark, le Royaume-Uni, la Lituanie, le Canada, Andorre, la Lettonie et la Mongolie.

Au cours de la période 2016-2018, le Bureau du PIDC a approuvé 118 projets pour un montant total de USD 4,1 MM, dont 36% ont été alloués à des projets en Afrique, 19% en Asie-Pacifique, 15% pour la Région Arabe, 9% en Amérique Latine et Caraïbes, et 21% à des projets internationaux.


« Définir les indicateurs de l’universalité de l’Internet » – Résultats du projet

L’UNESCO a lancé en 2013 le concept d’« universalité de l’Internet ». Ce concept met en exergue les caractéristiques que l’Organisation considère comme essentielles pour exploiter pleinement le potentiel de l’Internet aux fins de l’édification de sociétés du savoir, fondées sur la liberté d’expression, l’accès universel à l’information et au savoir, le respect de la diversité culturelle et linguistique et une éducation de qualité pour tous.

Sous l’égide du PIDC, le secrétariat de l’UNESCO a élaboré un ensemble d’indicateurs afin d’aider les États à mesurer l’universalité de l’Internet dans le cadre du programme des ODD (objectifs de développement durable).

M. David Souter, le consultant principal du projet qui a synthétisé les commentaires issus de nombreuses consultations sur les indicateurs ainsi que des tests préliminaires au cours des 18 derniers mois, a présenté l’outil de recherche qui a été élaboré : le cadre « DOAMX » (Droits, Ouverture, Accessibilité à tous, Multiples acteurs et Transversaux) réunit un ensemble d’indicateurs (303 indicateurs au total, relevant de 6 catégories et 25 thèmes).
L’UNESCO s’efforcera de réexaminer ce cadre d’indicateurs d’ici 5 ans.

Les résultats contribuent à renforcer les domaines de programme prioritaires de l’UNESCO relatifs à la promotion de la liberté d’expression et au développement des médias à l’ère numérique, ainsi qu’à l’accès universel à l’information et au savoir.

Grâce à l’élaboration de ces indicateurs, l’UNESCO contribue à la gouvernance mondiale de l’Internet et à la réalisation des Objectifs de Développement Durable (ODD).

La version complète des indicateurs de l’Universalité de l’Internet et des informations complémentaires sont disponibles à l’adresse suivante :
https://fr.unesco.org/internetuniversality


Sécurité des journalistes et question de l’impunité – Rapport 2018

L’UNESCO a continué de jouer son rôle de chef de file dans la coordination de la mise en œuvre du Plan d’action des Nations Unies sur la sécurité des journalistes et la question de l’impunité. Le Plan d’action a été conçu comme une initiative multipartite destinée à coordonner les mesures prises afin de prévenir les attaques contre les journalistes, de protéger ces derniers et de poursuivre en justice les auteurs de ces attaques.

Le Conseil assure un rôle de veille dans la promotion de la sécurité des journalistes et notamment dans le suivi des enquêtes judiciaires sur les assassinats de professionnels des médias condamnés chaque année par le Directeur général de l’UNESCO.

Le rapport 2018 donne une vue d’ensemble des données collectées par l’UNESCO concernant les meurtres de journalistes perpétrés en 2016 et 2017.
En 2016 et 2017, 182 journalistes ont été tués dans le monde, dont 34% dans la région Asie-Pacifique en 2017, et 31% dans les États arabes en 2016.
Le Mexique, l’Afghanistan, l’Irak, la Syrie et l’Inde figuraient en 2017 comme les pays ayant enregistré le nombre le plus élevé de meurtres de journalistes.

L’impunité des meurtres de journalistes a légèrement diminué mais reste extrêmement élevée, avec 89% d’affaires non résolues. Il convient de noter que le meurtre de journalistes, forme ultime de censure, n’est que la pointe d’un iceberg d’agressions qui vont d’agressions physiques, enlèvements, détentions illégales, menaces, harcèlements, à des représailles contre des membres de la famille.

Le renforcement de la sécurité des journalistes dans le monde, et la lutte contre l’impunité des crimes commis contre des journalistes restent donc des questions clés qu’il faut traiter dans le cadre d’un effort concerté de toutes les parties concernées.

La question de la liberté de la presse dépasse largement celle de la presse elle-même et concerne la démocratie dans son ensemble. Il en va du pluralisme des opinions, du débat d’idées, de la liberté de penser…


Évaluation externe du PIDC et suivi de ses recommandations

Suite à la décision du Conseil du PIDC, une évaluation externe du Programme a été commandée en février 2017, grâce aux contributions financières de la Finlande et du Bureau. L’objectif de cette évaluation était d’apprécier la pertinence, l’efficacité et les résultats du PIDC sur la période allant de 2011 à 2017, et de produire des recommandations pour l’avenir.


Suivi des recommandations :

Un projet de « Feuille de route » pour la mise en œuvre des recommandations a été présenté le 30 avril 2018 au Bureau du PIDC afin d’être ratifié par le Conseil réuni en session plénière les 21 et 22 novembre 2018.

Les recommandations découlant de l’évaluation externe ont notamment porté sur l’élaboration d’un nouveau cadre stratégique pour le PIDC, la mise au point de séries d’interventions stratégiques, une réflexion à mener sur des changements structurels afin d’améliorer la gestion, la communication, la coopération et les complémentarités au sein de la Division Communication & Information (CI) / FEM.

Le Conseil a noté avec intérêt et satisfaction l’évaluation externe du Programme du PIDC qui atteste des résultats significatifs obtenus par de dernier.

———————
Faute de temps, les autres points inscrits à l’Ordre du jour n’ont pu être traités.
Plusieurs États-membres ont regretté que d’autres États-membres, par leurs interventions stériles répétées, ont empêché le bon déroulement de la session et un vrai débat.

Florence Chalaux

Programme Hydrologique International – Réunion technique


Réunion technique des membres du Bureau
du Programme hydrologique international (PHI)

16 et 17Janvier 2019

Le Programme est actuellement dans sa huitième phase (IHP – VIII) qui doit se terminer en 2022.


Évaluation à mi-échéance de la huitième phase (IHP – VIII de 2014 à 2021) :

Elle a été confiée a l’IEEP (Institute for European Environment Policy). Elle a débuté par le recueil des données issues d’une revue de la littérature disponible, des interviews semi-structurés (?) entre juillet et septembre 2018. Il est important de noter des divergences de vue sur la partie évaluation de la position stratégique et qu’un alignement était nécessaire avec l’Agenda 2030 de l’ODD.

La majorité des correspondants confirme que le PHI avance correctement sur les thèmes de la Phase VIII (voir ces thèmes en pièce jointe).

Une amélioration dans la coordination entre les différents partenaires de la Famille de l‘Eau de l’UNESCO est constatée et le rôle du PHI est largement reconnu.

Les facteurs qui affectent cette Phase VIII sont liés au manque de ressources en raison du retrait total ou partiel de certains pays du financement de l’UNESCO (USA, Israël, Royaume Uni…) Cette insuffisance a été partiellement compensée par l’accroissement des financements extra-budgétaires. L’efficacité du PHI a aussi été augmentée avec une meilleure utilisation des ressources.

Un détail de la distribution des dépenses devra être fourni.

L’examen du programme tend à faire ressortir une attention pour des préoccupations transversales qui renvoient bien aux missions ou aux priorités de l’Unesco : la paix, la sécurité, le genre, l’Afrique… Mais sur certains points, comme le genre ou le soutien apporté aux jeunes professionnels de l’eau, les résultats restent insuffisants par rapport à ce qui pourrait être escompté.

Cette évaluation de la huitième phase sera une donnée de base pour le suivi de la neuvième phase à venir. Elle devra inclure une analyse détaillée d’écart entre objectif et réalisation.

Il est important de rappeler que le PHI est le seul programme intergouvernemental au sein de l’ONU qui soit dédié à l’eau douce. Ceci doit être défendu dans le groupe UN-Eau.


Pistes d’amélioration de la neuvième phase (IHP – IX de 2022 à 2029) :

  • Mieux intégrer les desiderata et commentaires des organisations gouvernementales ;
  • Chasser toute idée nouvelle ;
  • Mieux faire ressortir les incertitudes dans les conclusions des études produites ;
  • Mieux insérer dans le PHI les sciences sociales et les questions touchant à la formation ;
  • Conformément aux orientations que souhaite l’UNESCO, impliquer le PHI dans le sujets concernant le développement de l’Intelligence Artificielle, comme par exemple, la mise en œuvre d’algorithmes d’optimisation des paramètres pris en compte dans les études ;
  • Créer des solutions pratiques en matière de gestion de l’eau qui permettent aux décideurs sur le terrain d’arrêter leur choix de façon pertinente.


Moyens mis en œuvre par le PHI:

  • 15 groupes d’Experts à travers le monde proposent de nouveaux sujets à débattre en Phase IX ;
  • 6 Membres (1 par région) retiennent les propositions à développer.

Méthodologie revisitée :

  • Avoir des liens avec des entités gouvernementales est primordial. Les études académiques ont peu d’influence s’il n’y a pas de relais politiques locaux ;
  • Les comités scientifiques ne doivent pas rester dans leurs laboratoires. Leur rôle dans l’éducation et la prise en compte des relations sociales spécifiques ne doit pas être perdu de vue. Ces deux dimensions sont à traiter dans tous les cas. Point spécifique important : la nécessité d’améliorer plus encore la qualité des données mobilisées à l’appui des études.

Planning du développement de la phase IX :

  • Janvier 2019 : publication de la version zéro pour consultations régionales ;
  • Décembre 2019 : publication de la version 1 du plan de la Phase IX ;
  • Août 2020 : approbation de la version 2 par le 41ème conférence de l’UNESCO ;
  • Deux rounds de discussions sont ensuite prévus ;
  • Janvier 2022 : implémentation de la Phase IX.

Changement de nom :

Le PHI devient le « Programme Hydrologique Intergouvernemental » au lieu de International. Il s’agit de montrer que c’est bien au niveau de chaque gouvernement d’agir et pas seulement aux niveaux des experts en hydrologie.


Prochaines réunions :

  • Avril 2019 : 23ème Conseil intergouvernemental à la 206ème session du Conseil exécutif de l’UNESCO ;
  • 14-14 Mai 2019 : Conférence Internationale sur l’Eau de l’UNESCO ;
  • 20 Septembre 2019 : 58ème session d’information du PHI ;
  • 2021 : 9ème Forum Mondial de l’Eau à Dakar.

En provenance des réseaux sociaux :

Le Conseil Mondial de l’Eau (World Water Council) semble avoir des problèmes de gouvernance (contestation des dernières élections) ce qui aurait des répercussions sur toute la « chaîne de l’Eau » et donc sur le PHI par ricochet.


Liens :
Description de la Phase VIII  : https://unesdoc.unesco.org/ark:/48223/pf0000218061_fre
Réunion technique des membres du Bureau du Programme hydrologique international (PHI) (annonce)

Décès d’Amin de Tarrazi

Le CCIC a perdu le 9 janvier 2019 un grand ami : Amin de Tarrazi.


Amin de Tarrazi lors de son 90ème anniversaire

Entré à la Société de Saint Vincent de Paul en 1948, Amin en a été le Président National puis International entre 1967 et 1993. Depuis lors, il est resté très actif au sein de la SSVP tout en se consacrant aux jeunes talents du Conservatoire National de Musique et de Danse de Paris par les bourses attribuées par la Fondation de Tarrazi.

Il a porté le dossier de béatification de Frédéric OZANAM, béatification célébrée par le Pape Saint Jean Paul II en 1997 à Notre Dame de Paris. Habité par celui qu’il appelait son compagnon de route il a travaillé à son dossier de canonisation.

Ami fidèle du CCIC, il a soutenu les présidents successifs et est resté un administrateur attentionné. Il n’avait de cesse de rappeler l’importance de la collaboration des ONG catholiques auprès des Institutions Internationales. Par sa bonté, sa générosité, ses conseils éclairés, il a encouragé la nouvelle équipe du CCIC. Ses attaches familiales et amicales au Liban ont permis au CCIC de rencontrer les conférences Saint Vincent de Paul à Beyrouth.

Les Anciens et nouveaux membres du CCIC veulent lui exprimer aujourd’hui leur tristesse de perdre un si grand ami et leur joie de le savoir auprès de Celui qu’il a tant aimé et servi. Près du Seigneur il continuera à nous soutenir.


Prière d’Amin de Tarrazi

Frédéric, comme tu as découvert en Saint Vincent
Un modèle à imiter,
Permets-moi de puiser en toi un exemple à suivre.

Prie pour moi l’Esprit
De me guider dans ce monde inquiet,
Désorienté, trop souvent brutal,
Et de me transmettre les lumières
Qui
t’ont aidé à surmonter
Les doutes qui t’ont assailli.

Demande-lui de fortifier ma foi dans le Christ
Et dans son Église
Pour donner son véritable sens
A notre vocation de laïc chrétien
Et aussi d’affirmer notre charité
Afin d’être de meilleurs instruments
Au service des plus défavorisés.

Frédéric, sois notre ami, notre compagnon de route.

Amen

(Amin de Tarrazi : Revue « Prier »,
Septembre 1997)


Billet d’Adieu d’un ami,

Amin de Tarrazi vient de nous quitter. Ses obsèques ont été l’occasion de rendre hommage à sa personne et au dévouement discret mais efficace dont il a accompagné l’œuvre de la Société de Saint Vincent de Paul, à travers le monde.

Je souhaite, par ces quelques lignes, évoquer la grande figure qui vécut au quotidien les principes fondamentaux du message évangélique, en premier lieu : « Tu aimeras ton prochain » 

Je me souviens de sa présence et de ses interventions attendues et toujours profondes lors des réunions du CCIC (Centre Catholique International de Coopération avec l’UNESCO), mais aussi à l’occasion de rencontres au sein de l’UNESCO ou Amin représentait les « Conférences Saint Vincent de Paul » comme OIC (Organisation Internationale Catholique).

Je me souviens de ce jour, au Vatican, où le CCIC a été reçu en audience privée par le Pape Saint Jean Paul II. La rencontre entre ces deux hommes m’a beaucoup ému lorsque leur poignée de main fut accompagnée d’un sourire plein de fraternité, d’émotions profondes. Ils se connaissaient bien puisque Amin n’a cessé de « plaider » la cause de Fréderic OZANAM (1813-1853) en vue de sa béatification, obtenue depuis lors.

Je me souviens des messes dominicales qu’il nous arrivait de partager à la paroisse Saint Ferdinand des Ternes (à Paris). Sa piété soutenue s’exprimait en particulier lors de l’échange du signe de PAIX, message difficile à exprimer mais dont je ressentais alors la profondeur et l’espérance. Il fut pour moi un « Monsieur Vincent » de notre temps.

Merci Amin d’avoir pu te connaitre. Nous avions convenu de nous tutoyer.

Que ton engagement chrétien serve de modèle en notre temps où l’individualisme fait oublier l’existence du bien commun.

Je ne peux terminer sans dire « AMIN » (Amen) comme le disent les communautés orientales.

Pierre Greiveldinger
Janvier 2019

Protection et promotion de la diversité des expressions culturelles

12e Comité Intergouvernemental de la Convention de 2005
sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles


Au-delà des points habituellement traités, deux éléments nouveaux à souligner : les réflexions mais aussi considérations opérationnelles que font émerger le numérique, et le souhait de développer les dialogues avec la société civile, ONG notamment.


Du 11 au 14 décembre 2018, tenue au siège de l’UNESCO de la 12e session du « Comité intergouvernemental pour la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles ». Ce Comité, composé de 24 pays, se réunit une fois par an, jusqu’à présent, le mois de décembre. Le projet de changer cette date, pour le mois de février de chaque année, sera proposé pour décision à la Conférence des Parties, en juin. Si la Conférence des Parties approuve cette proposition et en fait donc une décision, la 13e session du Comité Intergouvernemental aura lieu le mois de février 2020.


La Conférence des Parties, l’organe décisionnel, se réunit tous les deux ans, en juin.

Le Comité a pour objet la promotion et le suivi de la mise en œuvre de la Convention. Il vérifie que les réalisations de la Convention restent pertinentes dans un monde en constante évolution.

À la demande de la Conférence des Parties, il peut également élaborer et réviser les directives opérationnelles qui précisent les conditions d’application de la Convention.

A noter comme thème important mis en avant au cours de ces deux journées : la question incontournable du numérique, son utilisation dans le domaine culturel au service des industries créatives, les défis à relever, éthiques notamment.

Outre le rapport d’activité du Secrétariat et les rapports quadriennaux des Parties ont été soumis à discussion des projets des ONG pour lesquels sont sollicités des financements par le Fonds International pour la Diversité Culturelle.

Comme éléments nouveaux, on aura noté l’organisation d’une série de conférences/débats autour de sujets essentiels en rapport avec la Convention.


I Des Projets concrets approuvés pour être financés

Au final, huit projets ont été approuvés, on en rappellera ci-après l’objet, leurs promoteurs et le montant des financements obtenus :

  • Renforcement des capacités de travail en réseau et participation des organisations culturelles dans la conception et la mise en œuvre des politiques culturelles au Pérou, projet soutenu par l’ONG péruvienne « Solar », financement de 99 450 USD ;

  • développement d’une stratégie et d’une action commune des parties prenantes pour les droits de propriété intellectuelle dans les industries créatives et culturelles au Rwanda, projets soutenu pat l’ONG « Rwanda Arts Initiative » (RAI), financement de 94 780 USD ;

  • Évaluer la contribution économique et l’apport des industries culturelles au développement national au Antigua et Barbuda, projet soutenu par le Ministère de la culture d’Antigua-et-Barbuda, financement de 50 033 USD ;

  • Mise en réseau des artistes femmes et des opérateurs culturels dans les Caraïbe (Haïti, Cuba, Trinité-et-Tobago, Jamaïque, République Dominicaine, Barbade) pour la diffusion de l’art caribéen et le renforcement des capacités des professionnels haïtiens, projet régional soumis par Haïti, financement de 100 000 USD ;

  • Évaluer l’impact du Festival de Film de Sarajevo sur le développement culturel, économique et social de Bosnie – Herzégovine, projet soutenu par l’ONG « Obala Art Center » de Bosnie –Herzégovine, financement de 49 040 USD ;

  • Structurer les acteurs des cultures urbaines en vue de la création de la maison des cultures urbaines de Kinshasa, projet soutenu par l’ONG « Racine Alternative ASBL » , financement de 52 720 USD ;

  • Promouvoir le secteur culturel de Mongolie en renforçant la capacité d’élaboration des politiques culturelles du pays, projet soutenu par l’ONG mongole « Creative Industry Innovation Center », financement de 94 040 US ;

  • La diversité culturelle comme ressource pour le développement de la jeunesse au Gaza, projet soutenu par l’ONG de Palestine « Basma Society for Culture and Arts », financement de 90 815 USD.


II Deux préoccupations constantes, ces derniers temps : les rapports périodiques, les moyens du Secrétariat

La soumission des rapports périodiques reste problématique. On rappellera que chaque État Partie doit soumettre un rapport tous les 4 ans. Par exemple, des 12 rapports attendus en 2018, seulement 3 ont été présentés : Azerbaïdjan, République Tchèque et République de Corée. 9 pays n’ont pas remis leur rapport : Ukraine, aucun pays du groupe III, Amérique du Sud (Bahamas, Haïti, Honduras, Trinité-et-Tobago), aucun pays du groupe Va, Afrique (Guinée équatoriale, Lesotho, Malawi, République démocratique du Congo). 10 autres pays retardataires (dont les rapports étaient attendus pour les années précédentes) ont soumis leur rapport : Barbade, Belgique, Croatie, Djibouti, Hongrie, Irak, Luxembourg, Niger, Palestine, République Démocratique Lao.

Si le manque de capacités de rédaction de ces rapports périodiques peut être un élément d’explication pour certains pays en développement, des outils existent pour aider à surmonter ces difficultés comme le programme de renforcement des capacités pour l’élaboration des rapports périodiques dont 21 Parties ont bénéficié depuis 2015: Madagascar (2015); Barbade, Djibouti, Équateur, Eswatini, Namibie, Palestine (2016) ; Bénin, Comores, Côte d’Ivoire, Guinée, Kenya, Mozambique, Nigéria, République démocratique populaire Lao, Tadjikistan, Togo (2017) ; El Salvador, Gabon, Niger et Panama (2018).

Le Comité a discuté, par ailleurs, d’une révision des directives opérationnelles concernant les rapports quadriennaux, pour aller dans le sens d’une simplification de la structure de ces rapports. Une proposition i sera soumise à décision lors de la prochaine Conférences des Parties, en juin 2019.

Concernant le Rapport du Secrétariat sur ses activités pour l’année 2018, le CIG encourage les Parties à fournir des ressources extra-budgétaires pour le programme de renforcement des capacités du Secrétariat et la mise en œuvre du Système de gestion des connaissances (SGC), de la Plateforme de suivi des politiques (PSP), et à soutenir le renforcement du Secrétariat par la nomination d’experts associés ou le détachement de personnel pour la mise en œuvre de la Convention.


III Une feuille de route « les industries créatives et le numérique »

Cette année, les représentants des 24 Parties qui siègent au Comité de la Convention de 2005 ont adopté une feuille de route pour aider à définir la mise en œuvre des politiques et mesures qui soutiennent les industries créatives dans l’environnement numérique. Les Parties sont invitées à s’en inspirer pour élaborer leur propre démarche en fonction des moyens dont elles disposent. 


A noter que cette feuille de route, conformément à l’une des grandes préoccupations de l’Unesco en la matière, aborde la question des défis éthiques posés par l’intelligence artificielle, l’automatisation de la créativité et la capacité du secteur à soutenir des emplois décents.

Ce document contient ainsi plusieurs recommandations relevant du numérique qui répondent bien aux quatre objectifs principaux de la Convention de 2005 :

En rapport avec le premier objectif de la Convention de 2005, (soutenir de systèmes de gouvernance durables pour la culture), quelques mesures recommandées sont, par exemple :

  • concevoir, réviser ou mettre en œuvre des politiques culturelles, des stratégies sectorielles, des plans d’action pour soutenir les secteurs culturels et créatifs dans l’environnement numérique ;
  • réaliser des études et collecter des données sur la traçabilité et l’accessibilité aux diverses expressions créatives, sur la rémunération équitable des créateurs dans l’environnement créatif et sur l’utilisation des métadonnées dans différents secteurs créatifs.

Se rattachant au deuxième objectif (circulation équilibrée des biens et services culturels et mobilité accrue des artistes et des professionnels de la culture) une recommandation propose de négocier des clauses culturelles dans les accords de commerce et d’investissement portant sur le commerce électronique et les produits numériques afin de reconnaître la double nature des biens et services culturels.

Pour le troisième objectif : (intégrer la culture dans le développement durable), une des recommandations serait : mettre en place des programmes de formation pour renforcer les aptitudes et compétences numériques des secteurs culturels et créatifs afin de participer au changement en cours dans la chaîne de valeurs culturelles.

Relève du quatrième objectif : (promouvoir les droits de l’homme et les libertés fondamentales) la proposition d’introduire la dimension du numérique dans le traitement de ce sujet :

  • adopter ou renforcer les politiques visant à autonomiser les femmes et les filles, assurer leur participation effective et l’égalité des chances dans le secteur créatif et culturel numérique ;

  • revoir la législation pour lutter contre le cyberharcèlement, le trolling en ligne et les attaques ciblées, en particulier contre les femmes artistes sur les plateformes numériques.


IV Une évolution de l’esprit dans lequel s’organisent les échanges : Conférences, Dialogue et coopération avec la Société civile

Cette 12ème session du CIG de la Convention 2005 parait avoir consacré un changement d’approche : L’événement annuel ne se limite plus aux travaux du Comité intergouvernemental de la Convention, c’est à dire des 24 membres permanents et des observateurs (les autres pays et les ONG présents à l’UNESCO). Comme l’a montré l’organisation des conférences/débats, un dialogue plus soutenu avec la société civile en général est maintenant souhaité autour des thèmes qui relèvent de la Convention, un large dialogue auquel pourront prendre part les professionnels (les artistes, les diffuseurs etc), les chercheurs, les ONG.

Cette 12e session du CIG illustre bien cette orientation nouvelle avec par exemple l’organisation d’une série de conférences publiques sous un intitulé commun «  Créer|2030 ». Le but ici était de montrer qu’investir dans la créativité peut aider à la réalisation de certains des objectifs de l’Agenda 2030 pour le développement durable. Les titres (et thèmes) des 4 conférences ont été : – « You Are Next : Les femmes dans les arts numériques » ; – « L’intelligence artificielle : un nouvel environnement de travail pour les créateurs ? » ; – « Qu’est-ce que la liberté artistique pour vous ? » et – « La société civile : partenaire du changement dans la gouvernance de la culture ».

Deux thèmes principaux ont donc été à l’honneur, tant pour ces conférences que pour les travaux des 24 pays du CIG : l’intelligence artificielle et la créativité numérique.

La participation de la société civile aux travaux des organes directeurs de la Convention de 2005 (IGC et Conférence des Parties) est une autre idée qui fait son chemin dans le sens d’une plus grande ouverture. Un comité de pilotage intérimaire des ONG travaille actuellement à la coordination de la participation des ONG aux travaux des organes directeurs et, en marge de la 7e Conférence des Parties de juin 2019, le deuxième Forum de la société civile sera organisé. Une implication plus forte de la société civile est attendue à cette occasion.


Pour plus de précisions consulter le site de l’UNESCO : https://fr.unesco.org/creativity/

Oana Barsan

10e Forum International de la Science par les ONG partenaires officiels de l’UNESCO


« La Science bien commun de l’humanité »

Moscou 26 et 27 Novembre 2018


 

En présence de 500 personnes, sous l’égide de l’Académie Russe des Sciences, de la Fondation russe pour la Paix et du Comité de Liaison ONG de l’UNESCO, le forum a présenté 25 Ateliers permettant à plus de 150 scientifiques russes et étrangers de s’exprimer sur plusieurs thèmes d’avenir.



Voici un aperçu des messages et principales idées débattues sur les 2 thèmes suivants :

Responsabilité sociale de la science pour les générations futures
L’humanité dans le monde moderne du XXIème siècle.


La responsabilité sociale de la science pour les générations futures :


  • La science apporte des solutions pour la sécurité et le développement durable, cependant par exemple les catastrophes nucléaires ont toujours été la conséquence d’erreurs humaines prévisibles. Il faut préférer un développement responsable à un développement durable (A. Dinkin) ;
  • La science cherche à apporter un équilibre entre le progrès technologique et la protection de l’environnement ;
  • Les aspects éthiques de la science doivent être anticipés dès l’innovation ;
  • L’homme, par nature fragile, a pu prospérer et se développer grâce à la coopération et l’organisation collective en société (F. Lukyanon). Il s’est intégré à la nature par la culture (kholos en slave) ;
  • La mercantilisation des applications scientifiques est un frein puissant à l’exercice de la responsabilité sociale de la science ;
  • Pour permettre les échanges entre la communauté scientifique à l’échelle mondiale ne faut-il pas envisager la création d’un passeport scientifique, au même titre que le passeport diplomatique ?
  • Pour éviter que les nombreuses innovations technologiques de ce siècle, en particulier celles qui aujourd’hui copient la nature, ne servent à mal l’humanité, il est nécessaire de réglementer, d’encadrer la sécurité biologique, et d’introduire une dimension éthique et culturelle.

     

M. Marc Toillier (UNIAPAC, CCIC) prenant la parole à la tribune lors du forum

L’humanité dans le monde moderne :


  • La nouvelle révolution numérique et biologique : pour quel homme et quelle civilisation demain ?
  • Les technologies deviennent une nouvelle forme de colonisation sans guerre, comme c’est le cas déjà pour l’Europe (Chine, USA), et simultanément l’épuisement des ressources peut ouvrir la voie à des guerres pour celles-ci et surtout pour l’eau (M. Kovalchuk).
  • La menace de la surexploitation de la planète et celle de la surpopulation jusqu’à 10 Mds font peser un risque fatal sur l’humanité. Comment éviter un collapse énergétique de l’humanité ?
  • Les défis sont aussi sociaux et économiques face à un contrat social libéral en question, avec un nouveau monde polycentrique, où seule la Chine poursuit la voie de la globalisation (A. Dinkin),
  • La reproduction par l’homme des systèmes de la nature, y compris l’homme, laisse entrevoir l’imitation du cerveau humain en mode analogique d’ici 2050, et ainsi celle-ci présentera une menace forte sur l’homme « normal » ? (V. Panchenko)
  • Seule la sphère éthique et spirituelle, ainsi que la mémoire, sont porteuses de la civilisation, et peuvent protéger l’homme des évolutions technologiques (E. Yatsishina )
  • Est-ce que l’homme restera l’homme ? Au-delà des objectifs rationnels de la science comment introduire la conscience et la spiritualité pour sauver l’humanité de son autodestruction avec 10 Mds d’habitants et la famine a grande échelle. Copier la nature peut-il suffire à sauver l’homme dans les prochaines années ?
  • Le nouveau paradigme de l’économie pour l’homme (et non l’inverse) s’inscrit dans le développement de l’individualisme au détriment de la société (A. Atanassov).
  • Pour les 50 prochaines années, l’agro-industrie sera confrontée à des problèmes de moyens et devra recourir à des gènes à 80% inconnus aujourd’hui. L’agrobiologie aura le monopole de ce siècle (A. Atanassov). L’émergence de la bio synthèse et bio économie vont permettre de produire des matières grâce à des micro-organismes, pour faire face à la baisse de la production agricole de 50 % (changement climatique, eau, épuisement des sols, etc…) (R. Vassilov). La biosécurité est nécessaire avec des règlementations, car l’impact sur l’homme et l’environnement de ces micro-organismes génétiquement modifiés sont inconnus ( A. Yanenko). L’OMS est la mieux qualifiée pour ce type de règles.
  • Les améliorations de la santé proposées par la science ouvrent des voies dont on ne connait pas les conséquences : conséquences inconnues des nouveaux antibiotiques, de la nouvelle biologie synthétique et programmable, des codes génétiques modifiés, etc. Seul un encadrement étatique et mondial peuvent apporter une sécurité pour l’humanité (V. Govorun).

Marc Toillier : notes non exhaustives des ateliers et débats, décembre 2018

-§-


Référence des chercheurs et responsables cités :

  • A. Dinkin : Président de l’Institut Économique mondial et Responsable International de l’Académie des Sciences russe
  • F. Lukyanov : Directeur de recherche au Valdai Think-Tank
  • M. Kovalchuk : Président du Centre national de recherche « Kurchatov Institute »
  • V. Panchenko : Président du Conseil national de la Recherche russe et Membre de l’Académie des Sciences
  • E. Yatsishina : Directrice scientifique du Centre national de recherche « Kurchatov Institute »
  • A. Atanassov : Chercheur bulgare, Membre de l’Académie des Sciences russe
  • R. Vassilov : Directeur des NBICS Nature-like technologies au Centre de recherche « Kurchatov Institute » et professeur
  • A. Yanenko : Directeur de la Recherche au Centre génétique et Sélection de micro-organismes au « Kurchatov Institute »
  • V. Govorun : Directeur de la Recherche au Centre de Médecine Physico-chimique de l’Agence Biomédicale russe et Membre de l’Académie des Sciences russe

voir le site web de l’Académie russe des Sciences (en langue russe Научная Россия)