Sixième session de la Conférence des États parties à la Convention de 2001

Sixième session de la Conférence des États parties à la
Convention de 2001
sur la Protection du patrimoine culturel subaquatique



Principaux sujets inscrits à l’ordre du jour (les 30 et 31 mai 2017)


-   Élection des six membres du Conseil consultatif scientifique et technique
 (CCST)
–   Suivi des recommandations du CCST

-   Évaluation des exemples de bonnes pratiques en matière de protection du patrimoine culturel subaquatique

-   Examen pour adoption de la Stratégie de ratification et de mise en œuvre et actions de suivi
-Patrimoine culturel subaquatique dans les situations d’urgence

–   Évaluation et accréditation des organisations non gouvernementales (ONG)

Quelques extraits de la session :

« La mer est le plus grand musée du monde » : débat, nécessaire prise de conscience
(Salomon Reinach 1928)…
Invisible, hors d’atteinte jusque récemment pour le commun des mortels, ce qui enfoui au fond des mers était resté longtemps ancré dans l’imaginaire devient maintenant accessible . Consciente de l’enjeu, l’UNESCO a adopté en 2001 une Convention créant une 6ème Direction pour la protection de ce patrimoine culturel sub-aquatique. Cette Convention constitutive, en 16 ans d’existence, n’a été ratifiée que par 58 États membres. Elle peut, pour le moment, paraître comme « élitiste » (délégation italienne) mais les choses tendent à changer : après l’adhésion récente de la Bolivie, on attend prochainement celle du Royaume des Pays Bas et d’autres devraient suivre.
Ce qu’il faut espérer, car le temps presse : les pilleurs d’épaves, mais aussi les tempêtes, voire les tsunamis, détruisent inexorablement des témoins d’un passé allant du paléolithique aux derniers conflits armés. A l’inverse, les recherches menées sur ces vestiges sous marins sont extrêmement précieuses pour des sciences comme l’archéologie ou l’ethnologie.
Les débats ont été menés sous la présidence de S.E. M. Laurent Stéfanini, Ambassadeur de France auprès de l’UNESCO, avec un doigté qui, si nécessaire, n’excluait pas la fermeté. Le Bureau est composé de la Roumanie, le Panama, l’Afrique du Sud, la Palestine et le Cambodge (rapporteur).


Rapport d’activité depuis la 5ème session de la Conférence des États parties (2015),
échanges de vue sur le fonctionnement de la Convention

Sous la présidence de l’Uruguay, l’un des objectifs prioritaires a été de faire connaître la Convention de 2001.
Un Plan National de protection a été adopté à Madagascar, où ont été menées des missions locales de sensibilisation (Ste Marie), de même qu’en Micronésie. Des actions régionales ont été organisées en Cote d’Ivoire et au Costa Rica. Des liens ont été tissés avec Interpol, des actions auprès des garde-côtes ont été menées, des mécanismes de supervision ont été mis en place.
Un manuel de formation sur la protection du patrimoine culturel sub-aquatique a été publié.
2 chaires universitaires sur cette question ont été créées, à Aix en Provence et à Lisbonne ; en Colombie, au Kenya et en Turquie, des actions ont été menées auprès des collèges.
Sous la présidence du Mexique, le CCST (Conseil Consultatif scientifique et technique – STAB), composé de membres élus pour 4 ans et rééligibles, s’est beaucoup investi dans l’assistance aux Pays. Un inventaire des Bonnes Pratiques a été dressé, ce qui a permis d’éveiller l’attention des États sur les missions de pillage déguisées ou sur les risques que peuvent générer les contrats d’exploration confiés à des entreprises privées. Une liste rouge des entreprises de ce secteur pourrait être dressée. Mais la protection juridique nationale est souvent inexistante.

Au sein de l’Organisation, un renforcement du Secrétariat, aujourd’hui limité à une seule personne, est demandé avec insistance par l’ensemble des Délégations. Créer des synergies et une meilleure coordination avec les 5 autres conventions de l’UNESCO reste un objectif indispensable. Des transferts de technologie doivent être organisés. Des moyens importants sont nécessaires pour l’océanographie, il est impératif qu’on les trouve. C’est pourquoi la question de l’élargissement du CCST de 12 à 18, voire 24 membres a été soulevée.
Des experts d’Argentine, de France (2), du Maroc, du Mexique et du Togo, soit 6 nouveaux membres, sont élus pour compléter le CCST, qui reste de 12 membres.


L’urgence :
les États doivent se mobiliser face aux menaces, l’ONU joue un rôle, besoins de financement.

S. E. M. Guy Madjé LORENZO, ministre de la Culture du Togo, a souligné l’urgence de la question de la protection du patrimoine culturel sub-aquatique : le pillage s’accélère chaque jour. Une prise de conscience des États, et une ratification de la Convention de 2001 par le plus grand nombre est aujourd’hui cruciale… Ce qui passe aussi par la mise à disposition de davantage de ressources.

L’Espagne a mis en valeur plusieurs éléments de son patrimoine culturel sub-aquatique, en Andalousie (zones d’intérêt zoologique), à Alicante (un bateau de commerce romain du Ier siècle), à Tarragone (un bateau de guerre du XXème siècle), à Capdebol (un pinardier de l’époque romaine). Il en est de même au Portugal à Cascais ou au Mexique à Campeche (découverte de 900 pièces de culture pré-hispanique et projet de musée sub-aquatique). Toutes ces actions ont été accueillies très favorablement par le public.
Un cadre d’action adéquat est la Conférence des Océans organisée à New York par l’ONU à partir du 6 juin 2017.


Les Actions prioritaires :
obtenir de nouvelles ratifications de la Convention, développer des actions mobilisatrices, sensibiliser.

Il apparaît nécessaire d’élaborer une stratégie de ratification et de mise en œuvre de la Convention de 2001 par un plus grand nombre d’États.
Des transferts de technologies et de compétences doivent être multipliés, des actions de formation doivent être organisées. Il faut mieux démontrer l’importance du patrimoine culturel sub-aquatique, impliquer la jeunesse, les Gouvernements et le public. La protection de ce patrimoine doit devenir l’affaire de tous. Des musées pourraient être créés pour sensibiliser les acteurs et le public. Les écoles de plongée diffusent déjà un code éthique.


Coordination étroite avec le Bureau du droit de la Mer à l’ONU.
M. Serge Ségura, Ambassadeur français des Océans, a souligné l’importance de la sensibilisation de toutes les Organisations inter-étatiques, même si elles n’ont pas de compétence précise en cette matière, ce qui est le cas de l’Union Européenne.
La question a été évoquée de la protection du patrimoine culturel sub-aquatique dans les situations d’urgence telles que conflits armés ou catastrophes naturelles.


La modification du Règlement intérieur.
Cette question est qualifiée de « difficile mais nécessaire », notamment sur le processus de nomination des membres du CCST / STAB. Une harmonisation paraît souhaitable entre les modes de fonctionnement des 6 conventions constitutives de l’UNESCO.
Cependant, cette discussion risque de s’enliser, au point que M. Stéfanini, usant de sa prérogative de Président, met en garde l’Assemblée des États-parties contre la tentation de donner aux questions de procédure le dessus sur les questions de fond. L’UNESCO prêterait alors le flanc à la critique dont elle est parfois l’objet à cet égard.
Compte tenu des divers calendriers, et en prenant en compte les suggestions de la salle, il est décidé de faire des propositions harmonisées de modification du règlement intérieur pour le printemps 2018, en vue d’une proposition claire à la Conférence des États-parties de 2019.

A l’initiative de Cuba, et à l’occasion du 70ème anniversaire de son adhésion aux Organisations Internationales de l’ONU, le vernissage de l’exposition de peinture « Arte bajo las olas » (« Art sous les vagues ») est complété par un buffet où le rhum cubain est largement présent.

Réalisé par une équipe autour de M. Michel L’Hour, un film impressionnant sur la reconstitution photographique du cuirassé Danton, coulé en 1917 au large de la Sardaigne, et qui repose par plus de 1.000 mètres de fond, a été projeté dans la soirée du mardi 30 mai.

Pierre OLPHE – GALLIARD
31 MAI 2017

La Gouvernance de l’UNESCO – 4ème réunion de travail du sous groupe 2

Structure, composition et méthodes de travail
des organes internationaux et intergouvernementaux (OII) de l’UNESCO

Réunion du Vendredi, 9 Juin 2017


Quatrième et dernière réunion qui avait pour objet la revue détaillée pour approbation d’un texte de Recommandations et Propositions sur ce thème avant la réunion du 23 Juin qui devra en préparer la mise en œuvre.

Les échanges ont été toujours aussi nourris et bien pilotés par les deux vice-présidents (Philippines et Hongrie).

A noter la forte contribution des pays du Nord de l’Europe.

Le résumé des changements apportés au texte proposé est le suivant :

–   Restructurer le document pour le rendre plus convivial vis a vis de partenaires intérieurs et extérieurs à l’UNESCO, en regroupant les actions sur les termes importants,
–   Renforcer l’aspect opérationnel de ces recommandations,
–   Améliorer la liaison entre recommandations spécifiques et générales en travaillant plus transversalement afin de renforcer la spécificité des OII (organes internationaux intergouvernementaux),
–   Multiplier les exemples de bonnes pratiques,
–   Développer le processus de feedback avec les OII,
–   Impliquer davantage le Commissaire externe dans l’évaluation des résultats,
–   Améliorer la traduction de la version française du document.

Lire le document de 9 pages soumis à la discussion

Que sont les OII (Organismes Internationaux et Intergouvernementaux) de l’UNESCO ?

Symposiums sur la science de la durabilité


Recherche et Éducation


Le troisième symposium sur la science de la durabilité s’est tenu au Siège de l’UNESCO le 31 mai et le 1er juin 2017. A cette occasion, un certain nombre de lignes directrices visant la Recherche et l’Éducation dans le domaine des « sciences de la durabilité » ont été présentées aux États membres de l’UNESCO.

Rappel historique

En octobre 2015, le Secteur des Sciences exactes et naturelles et le Secteur des Sciences Sociales et Humaines de l’UNESCO, ainsi que le Ministère japonais de l’Éducation, de la Culture, des Sports, des Sciences et de la Technologie (Japon/MEXT), ont lancé un projet sur « L’élargissement de l’application de l’approche Science de la Durabilité ».

Avec l’organisation de trois symposiums, ce projet a pour ambition de promouvoir un dialogue et diffuser des messages concrets pour aider les États à adopter une approche scientifique de la durabilité en réponse aux défis mondiaux.
L’objectif principal est in fine d’élaborer un ensemble de lignes directrices relatives à la science de la durabilité qui seront soumises à l’appréciation des États membres de l’UNESCO au cours du dernier trimestre de 2017.
Les travaux de ces réunions seront nourris de la contribution de nombreux intervenants aux profils très variés : des scientifiques, des décideurs, d’autres praticiens experts, mais aussi des représentants d’ États membres de l’UNESCO, ainsi que des institutions de recherche et d’éducation et diverses organisations spécialisées ayant une expérience pertinente dans les questions liées à la durabilité.

Tenu le 5 et 6 avril 2016, le premier symposium a été l’occasion d’échanges fructueux entre les membres du comité de pilotage du projet, d’autres experts en science de la durabilité, et les représentants des États. Plusieurs présentations générales données par des scientifiques et des études de cas sur la science de la durabilité ont, dès cette première session, permis de tirer certains enseignements et d’émettre des recommandations.

Le second symposium tenu à Kuala Lumpur du 19 au 21 décembre 2016 a été accueilli par le Bureau du Conseiller Scientifique du Premier Ministre et le Groupe Industriel-Gouvernemental Malaisien de Haute Technologie (MIGHT). Il a porté sur la manière d’appliquer une approche scientifique durable dans les cinq circonscriptions régionales de l’UNESCO. Il s’agissait également d’identifier les caractéristiques, les priorités, les besoins et les lacunes de chaque groupe régional, pour les intégrer dans les lignes directrices .

Troisième symposium : synthèse des échanges

Le premier débat a porté sur les principes fondamentaux de la Science de la Durabilité
Deux intervenants, professeurs d’Université (de Lünebourg en Allemagne, et de l’université d’Indiana aux États-Unis) ont fait ressortir les idées suivantes :
Le traitement des questions ayant trait au Développement Durable gagne à mobiliser une approche scientifique et à respecter cinq principes garants d’efficacité :
–   un niveau de connaissances pertinent,
–   une intégration appropriée des perspectives de long terme,
–   une collaboration entre tous les acteurs concernés,
–   une conscience de la liberté et un sens des responsabilités que doivent assumer les acteurs,
–   un souci de l’éducation à intégrer au niveau individuel avec des visions de long terme.

Comment pouvoir travailler ensemble sur les sujets de Développement Durable avec toutes nos diversités ?
La réponse à cette question passe par la cogestion entre société civile – les chercheurs, les politiques et les entrepreneurs – en suivant trois étapes : co-design, coproduction et co-mise en œuvre (ou co-développement).
Le cadre conceptuel est l’Agenda 2030 de l’ONU avec ses 17 Objectifs de Développement Durable , qui se décline maintenant avec 160 cibles et 230 indicateurs de qualité.

Discussion :

La représentante du Paraguay a regretté que les objectifs et les actions de Développement Durable ne soit pas plus facilement accessibles aux populations du terrain.
Le représentant du Togo a fait remarquer que :
–   L’Afrique n’était pas assez présente dans les débats,
–   La plupart (9/10) des intervenants étaient des hommes alors que la sensibilité des femmes aux problèmes soulevés est différente et ce sont elles les premières concernées par le Développement Durable,
–   Les documents distribués étaient en langue anglaise uniquement et non en français.

Un second débat a porté sur les stratégies de Financement de la Science de la Durabilité (SD) aussi bien dans le domaine de la Recherche que celui de l’Éducation.
Principaux points mis en évidence par deux intervenants professeurs d’Université de Tokyo et un représentant de la commission nationale allemande pour l’UNESCO :
Le financement de la Science de la Durabilité représente aujourd’hui 0,95% du PNB pour la Corée du Sud, 0,80% pour l’Allemagne et la France et 0,44% pour le Royaume Uni.

Les facteurs de pérennisation de ce financement sont :
–   L’utilisation des mêmes agences que pour les autres industries,
–   le partenariat Nord/Sud,
–   la nécessité de diversité et de flexibilité lors de la vie des projets,
–   les réseaux de connaissance pour partager les données et les résultats,
–   la fin de l’effet de silos,
–   le bien fondé des réalisations.

Des délais plus longs et supérieurs à 3 ans seront nécessaires pour faciliter les connections entre les acteurs et pérenniser les financements.

Troisième débat sur l’Intégration de la Science de la Durabilité (SD) dans l’enseignement supérieur :

Interventions de deux professeurs des universités de Tokyo et de Lünebourg en Allemagne et d’un chercheur du centre national de recherche au Caire en Égypte :
Le développement durable fait partie de l’enseignement dès la 1ère année en Université pour toutes les disciplines à Lünebourg et touche 1600 élèves. Il est donné par 70 enseignants formés.
La diffusion gratuite des cours via internet devrait permettre aux pays du Sud de profiter de cet enseignement.
Néanmoins, vue du Caire, cette transmission de l’information n’est que théorique. En effet les cours dispensés en Allemagne sont assez onéreux et la Direction des Universités n’est pas encore disposée à les donner gratuitement.
De plus, aucune aide pour former les enseignants à l’étranger n’est disponible.

Discussion :

Les difficultés des pays du Sud pour y transférer le savoir dans l’Enseignement Supérieur sont bien connues :
–   Les institutions y sont faibles,
–   le mandat des universités en matière de Développement Durable est peu clair,
–   leurs budgets sont très limités voire nuls.

Le Japon et l’Allemagne sont clairement leaders de ce symposium et y font preuve de leur qualités reconnues en matière de mise en place de procédés. Le Japon agit d’abord à un niveau politique via le Ministre de l’Éducation, de la Culture, des Sports, des Science et de la Technologie. Il vise à appliquer les promesses du Premier Ministre en matière de Développement Durable. En ce qui concerne l’Allemagne, leurs actions exposées se limitent à des projets Nord/Nord.
Aujourd’hui et en général, une bonne gouvernance des pays du Sud est demandée pour bénéficier du savoir des pays du Nord et développer des capacités utiles en recherche et éducation.

Voir un diagramme présenté par CBM, illustrant les relations entre les articles de la  Convention des Nations Unies sur le droit des personnes handicapées et les 17 objectifs de développement durable. (document présenté lors du symposium)

Espoir : flamme, feu et flambeau

La flamme de mon espoir s’est allumée en croisant le regard des autres. Le regard d’êtres humains marginalisés, humiliés, qui malgré leurs souffrances reflétait la dignité et le courage. C’est cet espoir qui m’a guidé dans le choix de mes études, de mes engagements et de mon mode de vie.

Nés de cet espoir, mes actes tendent à la réhabilitation des marginalisés, à l’exercice de la justice sociale et à l’avènement de la paix.

Mon espoir est malmené au quotidien par les doutes et les violences, qui me font parfois baisser les bras. Il me faut alors puiser à nouveau dans ces mêmes regards pour me redynamiser et continuer d’avancer.

Les divers bouleversements de notre époque interrogent bon nombre de citoyens qui sont à la recherche d’un sens et d’un équilibre. Pour y répondre de manière harmonieuse et durable, nous devrions dépasser nos divisions et unir nos fragiles flammes d’espoir pour qu’elles deviennent torche, feu et flambeau.

Pour INDP

Augustin Brutus Jaykumar

Pondichéry le 25.12.2016

Mgr Pascal Gollnisch dans l’émission « Face aux chrétiens »

Invité de l’émission « Face aux chrétiens », Mgr Pascal Gollnisch, directeur général de l’Œuvre d’Orient, a dénoncé les discriminations que vivent les chrétiens dans un certain nombre de pays musulmans et a regretté que le président américain n’ait pas évoqué la question de la liberté religieuse lorsqu’il était en Arabie saoudite.

Écouter Mgr Pascal Gollnisch sur le site web de La Croix

Du bilinguisme en famille au plurilinguisme à l’école

Les langues en résonance, une aide à l’intégration
« Faire des langues une richesse pour tous »
UNESCO le 10 mai 2017


Cet événement était organisé par l’association DULALA (D’une Langue à L’Autre). A cette occasion, l’association a présenté ses actions éducatives fondées sur le multilinguisme et a procédé à la remise des prix du grand concours Kamishibaï plurilingue, en coopération avec plusieurs institutions. Ont été ainsi distingués des créateurs d’histoires élaborées selon cette méthode originale dite Kamishibaï, où l’on mise tout à la fois sur l’image et les langues (quatre langues au moins). Cette technique pédagogique d’origine japonaise emprunte à un genre narratif qui amène à raconter à de jeunes enfants une histoire en faisant appel à des images qu’on fait défiler dans un petit théâtre permettant d’organiser une mise en scène attractive. La méthode est originale et performante en ce qu’elle accompagne les enfants voyant les images avec des mots énoncés dans leur langue maternelle mais pas seulement elle. Par les images et les mots qui se font écho les uns aux autres, on obtient comme un effet de levier d’une grande efficacité pour mieux vivre et apprendre ensemble et promouvoir la diversité linguistique et culturelle.

Les organisateurs, membres de l’association DULALA (Anna Stevanato, la fondatrice de l’association et Florence Castera, la présidente de l’association) ont donné des détails sur la participation au concours: 81 kamishibaï présentés, 1215 enfants impliqués, 162 professionnels, 38 kamishibaï présélectionnés. Les classes d’école les plus impliquées ont été les classes UPE2A (Unité pédagogique pour élèves allophones arrivants).

Anna Stevanato a exprimé sa vision de la diversité : la diversité est une chance, même si elle inquiète parfois : l’autre interroge, bouscule nos certitudes, mais l’autre est aussi en nous. L’éducation a ici un rôle essentiel à jouer en amenant à bien appréhender et accepter l’autre, la différence, l’altérité… Nelson Mandela disait que l’éducation est l’arme la plus forte pour combattre les discriminations.

Florence Castera a particulièrement mis l’accent sur un point important : en plus de faire le kamishibaï, les enfants appelés à participer au concours ont été invités à parler sur le thème « être différent ». Ils ont par ailleurs dû faire ensemble l’exercice du choix des images, de la rédaction, du graphisme, des pratiques multimédia, de la narration orale, de la posture d’auteur. Ce travail opéré dans des groupes avec une multiplicité d’appartenances culturelles a pour objet de favoriser les échanges aussi bien culturels que linguistiques, développer ainsi un plus grand intérêt pour les efforts que requièrent les apprentissages, aider à la cohésion dans les classes, valoriser les enfants confrontés à un environnement plurilingue, renforcer le dialogue avec les familles.

Les gagnants du concours kamishibaï organisé par l’association DULALA ont été :

Prix du meilleur projet à Nolwenn Guillou de l’école « Le blé en herbe », école de Trébédan, en Bretagne avec l’histoire de Coco-chaise, un enfant né avec une bouche en crayon et qui ne parle pas.
« Little bleu et les yeux noirs » du collège Foch de Haguenau a eu le prix de la catégorie 10-15 ans. Une classe de 6
ème classique de 28 élèves, y a travaillé.
Le prix 6-10 ans : une classe UPE 2A de l’école Jules Simon de Montpellier, 12 élèves, 9 langues parlées.
Le prix « Coup de cœur » des
kamishibaï : « Soup Joumou » classe UPE2A de l’école « Moulin à vent » de Cayenne en Guyanne.

Des représentants des institutions partenaires de l’organisation de ce concours sont intervenus :

Christopher Castle, chef de la Section de la santé et de l’éducation de l’UNESCO.
Maryse Adam Maillet
, inspectrice académique, responsable du CASNAV (centres académiques pour la scolarisation des élèves allophones nouvellement arrivés) de Besançon. Elle a rappelé que, depuis 1993, les législateurs des pays développés s’efforcent de plus intégrer le principe d’inclusion. La coopération devient le moteur de l’éducation, on reconnaît la valeur d’approches combinées par opposition à des méthodes qui miseraient excessivement sur la spécialisation : il est ainsi avancé qu’on apprend d’autant mieux la langue française qu’on maîtrise le plurilinguisme, on s’intégrerait ainsi mieux comme citoyen lorsqu’on parvient à maîtriser plusieurs langues.
Gaïd Evenou
, chargée de mission à la DGLFLF (La Délégation générale à la langue française et aux langues de France) Ministère de la Culture a présenté sa direction et a souligné l’importance donnée à l’intégration linguistique des migrants ; on a constaté qu’on ne pouvait pas réussir cette intégration sans prendre en compte les langues des personnes (les langues régionales + langues d’immigration). Il faut, dans toute la mesure du possible, s’appuyer sur la langue d’origine de l’élève pour parvenir à bien apprendre le français. Le constat en est fait au travers des expériences de terrain.
Anne Bouvier
, responsable du programme Culture et Éducation de la Fondation de France.
Yvanne Chenouf, spécialiste de littérature jeunesse, a livré son témoignage : dans les années 70 elle interdisait aux enfants de parler leur langue maternelle ; c’était la position de la République : à l’école tous étaient obligés de parler le français, sinon ils pouvaient prendre un interprète. Avec le recul, elle mesure combien cette position était erronée. L’important est de ne pas organiser de césure. Le mieux de ce qu’on peut faire c’est d’être « un pont ».
Benoît Gobin
, chargé d’étude, langues vivantes et étrangères au Ministère de l’Éducation Nationale.

En conclusion, cette méthode qui lie le kamishibaï, « le théâtre des images » avec une diversité de langues parlées dans un collectif est tout à la fois innovante, constructive et ludique. Elle a le mérite de rendre l’enfant plus sensible à la langue et à la culture de l’autre et d’illustrer concrètement certains des grands thèmes que l’UNESCO s’attache à promouvoir :la diversité culturelle, les langues, le dialogue autant d’éléments à bien prendre en compte dans l’organisation de l’éducation nationale. Il n’en reste pas moins que cette méthode est une belle idée dont la réalisation présente quelques imperfections : présence trop prégnante, parfois, de l’anglais et une présentation médiocre des mots des autres langues.

On pourrait noter aussi que d’une certaine manière, avec son souci de respecter la personnalité de « l’autre », la méthode « kamishibaï »/ «multilinguisme » mobilise certaines valeurs auxquelles des religions comme le christianisme sont attachées.

Dernier point pour conclure : un migrant doit rester lui-même avec son identité mais sa personnalité s’enrichit des aspects positifs de son nouveau milieu de vie, avec la Langue comme un bon vecteur d’intégration (langues d’origine, langue du pays d’accueil).

O.B. et P.O.G.

UNESCO – Dialogue social et Rapprochement des cultures par les langues

Colloque du mardi 16 mai 2017


Organisé par la Mission Permanente d’Observation du Saint-Siège auprès de l’UNESCO et le Dicastère pour le Service pour le Développement humain intégral.

Le Dicastère pour le Service pour le Développement humain intégral et la Mission permanente d’Observation du Saint-Siège auprès de l’UNESCO ont organisé le colloque « Dialogue social – Rapprochement des cultures par les langues » le mardi 16 mai 2017, à la Maison de l’UNESCO (Salle II). Ce colloque, sous le Patronage de l’UNESCO, a été organisé en collaboration avec les Missions Étrangères de Paris.
Le but du colloque était de promouvoir le rapprochement des cultures par les langues qui ne sont pas seulement un instrument de communication mais surtout de création de la pensée. Le rôle médiateur, pratique et symbolique des langues pour accomplir le dialogue interculturel et la rencontre des cultures devient, donc, central.


Étaient présents :
– M. Eric Falt, sous directeur général de l’UNESCO pour les Relations extérieures et l’information du public ;
– S. Em. Le Cardinal Peter Kodwo Turkson, Préfet du Dicastère pour le service pour le développement humain intégral ;
– M. Eric Deroo, Auteur, réalisateur et chercheur associé au CNRS ;
– Mme Nguyen Viet Anh, Professeur de français et de vietnamien, chercheuse, INALCO ;
– Pére Gilles Reithinger, Supérieur général des missions étrangères de Paris ;
– Mme Béatrice Duhayon-Blanchard, Présidente de Centre France-Asie ;
– Mgr. Francesco Follo, Observateur permanent du Saint-Siège auprès de l’UNESCO.

Le colloque fut présenté ainsi – Nos sociétés de plus en plus diversifiées se définissent par la cohabitation de personnes, groupes et peuples d’origine, langue, culture et religion variées et qui sont appelés à apprendre à vivre ensemble dans la paix et le respect réciproque.

Ainsi que le Pape François l’a déclaré : « c’est le moment de savoir comment, dans une culture qui privilégie le dialogue comme forme de rencontre, projeter la recherche de consensus et d’accords, mais sans la séparer de la préoccupation d’une société juste, capable de mémoire, et sans exclusion. L’auteur principal, le sujet historique de ce processus, c’est le peuple et sa culture, et non une classe, une fraction, un groupe, une élite » (Exhortation Apostolique Evangelii Gaudium, IV.)

L’UNESCO, de son coté et en vertu de son mandat, accorde une grande importance aux langues et mène une stratégie basée sur la reconnaissance de l’interaction dynamique entre la diversité linguistique et la diversité culturelle. Le respect des droits linguistiques s’avère essentiel à l’accomplissement des objectifs de développement durable de l’Agenda 2030 et à la coexistence pacifique.

Dans cet esprit, ce colloque entend promouvoir le rapprochement des cultures par les langues qui ne sont pas seulement un instrument de communication mais aussi un outil de la création de la pensée. Le rôle médiateur, pratique et symbolique des langues pour accomplir le dialogue interculturel et la rencontre des cultures devient, donc, central. –

Parmi les riches interventions de ce colloque, citons les quelques pensées suivantes :

L’UNESCO assure un dialogue quotidien entre les cultures. Cette coexistence n’a jamais été aussi importante. Contre la violence et sa progression, nous avons besoin de la culture des débats et du respect des droits de l’homme. Protéger la diversité linguistique est essentielle pour protéger la diversité culturelle. La langue est un pont entre les idées et l’action. Ce que l’on dit doit être ce que l’on pense. La langue crée aussi un lien entre le passé et le futur (Eric Falt).

Dans la bible, la parole occupe une grande place : Dieu dit ; Au commencement était le verbe ; La parole s’est fait chair… L’Église tient en grande estime le dialogue entre les hommes. Les relations, la coexistence sont devenus des maîtres mots pour la dignité de l’être humain que nous sommes. C’est au cœur de la légitimité morale de toute autorité. Le Pape François insiste sur le dialogue avec les États, avec la société ce qui inclut les cultures et les sciences et avec les autres croyants. Le dialogue provoque les rencontres et recherche le consensus. C’est par le dialogue que l’Église accompagne la recherche des solutions qui répondent au mieux à la défense de la dignité humaine. La foi ne craint pas la raison voire la science. L’Église a confiance et ne s’oppose pas à la science qui respecte la vie humaine (Cardinal Turkson).

La colonisation du Viet-Nam a été la rencontre de deux cultures et de deux langues. Le français s’est imposé, ce qui a conduit à une « acculturation » qui a abouti à une transformation de la vie et de la société et ainsi à l’échange de deux civilisations. Par exemple, l’écriture vietnamienne a été « romanisée » qui fut le fruit le plus porteur et le plus heureux de la rencontre « forcée » des deux langues et des cultures vietnamienne et française (Mme Nguyen).

Les Missions Étrangères de Paris (MEP) ont été créées en 1658 et depuis ont contribué au développement de liens entre les pays. Les missionnaires apprenaient d’abord la langue du lieux où ils s’installaient pour revêtir la culture de ces lieux et ainsi ils se modifiaient intérieurement. Avec eux, ont été créés des dictionnaires, des imprimeries, des hôpitaux, des séminaires, des écoles. Ils ont construit des ponts culturels. (Père Reithinger).

Les écoles sont des espaces d’intégration sociale. L’intégration n’est pas une annexion, ni une exclusion. C’est un mode d’action qui privilégie l’acceptation culturelle mutuelle. (Mme Duhayon-Blanchard).

Le dialogue est comme un orchestre de plusieurs instruments dont les sonorités sont différentes mais qui peuvent rendre ensemble une belle musique si ces instruments sont accordés et unis sur une même partition (Mgr Follo).
M-C.L.

En savoir plus :
Site web des amis de la Mission permanente d’Observation du Saint Siège auprès de l’UNESCO :
Dialogue social – Rapprochement des cultures par les langues
Site de l’UNESCO :
L’UNESCO et le dialogue interculturel

La Gouvernance de l’UNESCO – 3ème réunion de travail du sous groupe 2

Structure, composition et méthodes de travail
des organes internationaux et intergouvernementaux de l’UNESCO
Réunion du Mardi, 9 Mai 2017

C’est la troisième et avant-dernière réunion avant celle du 9 juin qui statuera sur les Recommandations et Propositions.

Les échanges ont été toujours aussi nourris et bien pilotés par les deux  vice-présidents et la discussion étayée grâce notamment à l’existence d’une matrice d’analyse qui a permis de donner ex ante un regard sur la complexité organisationnelle et aussi la multiplicité des structures examinées (8 Conventions, un Fonds international, deux Programmes de suivi, trois Comités, 7 Instituts dits de catégorie1 et un Centre international de recherche).

La discussion pour cette session a porté sur la Convention 2005 (promotion et protection de la diversité des expressions culturelles), les programmes et fonds, ainsi que les instituts de catégorie 1 (les instituts de catégories 2 n’ont été qu’incidemment évoqués).

Lire le compte rendu

 

CAMPUS UNESCO : sensibilisation des jeunes aux grands enjeux contemporains

Débat du 4 mai 2017 sur le thème :
« liberté d’expression et information digitale »


Cet échange s’inscrit dans le cadre des forums interactifs organisés par la division de l’information du public de l’UNESCO au profit de jeunes lycéens issus majoritairement de zones d’éducation prioritaire. Cette rencontre s’est tenue au lendemain de la journée mondiale de la « liberté d’expression ». Elle a réuni pendant deux heures 400 jeunes (de troisième jusqu’à la terminale) invités à la fois comme témoins d’échanges entre experts et comme questionneurs.

Après une introduction pour présenter les missions de l’UNESCO au service de la Paix , en mettant tout particulièrement l’accent sur le domaine « information-communication » mais aussi « les droits de l’homme », les témoignages de journalistes « de terrain » ont été entendus : un reporter, Florence Al Ashwad, ancienne journaliste de Al Jazeera franco-syrienne, un journaliste enquêteur de Mediapart, Fabrice Arfi, une troisième participante venant du monde de l’information en continu particulièrement impliquée dans le suivi du numérique et des réseaux sociaux (France 24) ainsi qu’une représentante de l’UNESCO ancienne journaliste, chargée à l’UNESCO des relations avec les media.

La discussion — largement nourrie d’expériences vécues plutôt que de réflexions purement conceptuelles — a permis d’aborder de nombreux sujets très concrets, allant souvent au-delà des questions touchant au numérique pour faire ressortir la grandeur et les difficultés du métier de journaliste, et tout particulièrement les risques qu’ils peuvent prendre lorsqu’ils s’engagent sur des sujets ou dans des pays sensibles : atteinte à la liberté, menaces, censure, violence… et, parfois, hélas, mort. Les médias sont essentiels pour garantir le pluralisme et la démocratie, a-t-on rappelé, en même temps qu’était soulignée une réalité du monde qui est loin d’assurer partout la même liberté pour la presse et les media en général.

Fabrice Arfi (Mediapart) a particulièrement insisté sur l’importance des faits. Pour lui, il est essentiel que les journalistes puissent mener l’enquête et rapporter une « information vraie », ce qui suppose de mener un travail sérieux, approfondi de vérification, d’authentification, avec patience et opiniâtreté. Sans doute aura-t-il un peu trop insisté sur cette exigence de rapporter les faits et de s’en tenir aux faits, donnant ainsi du journalisme une vue plutôt étroite et ne mettant pas assez en évidence les difficultés ou l’excès simplificateur qu’il y a à vouloir relater les seuls faits : les faits, sont à situer dans des contextes difficiles, ou à interpréter, ces points n’ont été que partiellement évoqués. Néanmoins, à plusieurs reprises, ils ont été suggérés lorsqu’on a insisté sur les qualités d’un bon travail journalistique, à savoir une aptitude à traiter les sujets objectivement, autant que faire se peut étant observé qu’existent toujours des biais liés notamment aux convictions. C’est finalement une autre vertu qui a été mise en exergue : l’honnêteté, terme préféré à ceux de conscience ou d’exigence éthiques (jamais mentionnés). Il a aussi été fait allusion au pouvoir de l’argent lorsque les media sont contrôlés par de grands groupes industriels, commerciaux ou financier, comme cela tend à être le cas en France. Néanmoins, probablement par manque de temps, on n’a pas parlé des moyens susceptibles d’être mis en place pour protéger l’indépendance des journalistes.

S’agissant plus particulièrement de l’impact et des risques spécifiques liés aux nouvelles formes de diffusion et de traitement de l’information, avec toute l’influence du numérique, les éléments suivants ont été indiqués : il y a un réel danger des effets d’amplification et de contagion avec des techniques qui font tout à la fois s’accélérer les flux d’information et se multiplier les producteurs ou commentaires de nouvelles, sans aucune garantie de fiabilité. Ce sont les réseaux sociaux qui sont visés ici, mais aussi les chaînes d’information en continu si elles ne mettent pas en place des protections, ou des règles de conduites. Le cas de France 24 est tout à fait intéressant dans la mesure où cette chaîne est très internationale avec trois langues et une large couverture de diffusion. Cela lui impose de veiller particulièrement aux données diffusées, à travers l’analyse critique des informations tant il est vrai que les « fake news » ou les manipulations ne sont pas une vue de l’esprit, (des filtres sont mis en place). Autre préoccupation signalée, l’immédiateté qui peut être un piège.

Finalement, en dehors de la référence aux droits de l’homme tout à fait appropriée pour justifier et protéger l’exercice de la fonction de journaliste, Fabrice Arfi a très opportunément rappelé ce qu’étaient pour M. Hubert Beuve-Méry les deux qualités essentielles d’un bon journaliste: « le contact » et la « distance »… Cela avait été dit bien avant la révolution numérique, mais ce qui était vrai à l’époque l’est certainement encore plus de nos jours quand l’utilisation déviante des technologies de l’information amène à fausser les contacts (trop rapides, trop superficiels etc) et à ne plus savoir garder une distance critique (l’immédiateté, le présentéisme, la sur-réactivité, l’impatience).

Y.N

NETEXPLO 2017 : un dixième anniversaire bien rempli


Toujours le même succès, pour cet événement parrainé par le SÉNAT et l’UNESCO.

Pendant deux jours plus de 1500 participants ont été témoins d’échanges toujours aussi riches en idées inspirantes, et attentifs à la présentation des 10 innovations du crû 2017 retenues parmi les centaines de projets qui, selon la pratique habituelle,ont été soumis à un processus de sélection rigoureux : examen par des experts reconnus (notamment issus du réseau international des 19 universités qui accompagnent NETEXPLO chaque année), critères exigeants : présenter au moins des prototypes, originalité et performances techniques mais surtout accent mis sur l’usage et sur les perspectives de développement, attention à « l’humain ».
Y.N.
Lire le compte rendu
Voir le site web de Netexplo