Patrimoine mondial de l’UNESCO : les églises géorgiennes de Mtskheta à nouveau sur la liste principale


Le Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO a retiré les églises géorgiennes de Mtskheta de la liste des monuments en péril et les a réintroduits dans la liste principale des sites du patrimoine mondial.

Lire le communiqué sur Infocatho

Les églises historiques de Mtskheta (Géorgie) sur le site de l’UNESCO

Liège 2017 : Conférence Mondiale des Humanités

« défis et responsabilités pour une planète en transition »

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Compte-rendu de la réunion de présentation du projet tenue le 21 juin 2016

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Cette conférence, qui sera « une première », se tiendra à Liège du 6 au 12 août 2017.

Elle est organisée par une fondation dédiée dont les trois membres organisateurs de l’événement sont l’UNESCO (dans le cadre du programme MOST management of social transformations program), le CIPSH (Conseil international de la philosophie et des sciences humaines) partenaire historique de l’UNESCO, représentant de très nombreuses organisations (associations, fédérations etc), et les collectivités territoriales belges (la ville de Liège, la province) ainsi que l’université. Près de 2000 participants sont attendus pour assister à une série de débats ou présentations qui seront ordonnés autour de six thèmes :

1/ L’Homme et l’Environnement,
2/ Identités et Diversités culturelles : une humanité globale,
3/ frontières et migrations,
4/ Patrimoine (héritage, matériel et immatériel),
5/ Histoire, Mémoire et Politique,
6/ Les Humanités dans un monde qui change.

16f97f2276Les promoteurs de ces journées ont souligné leur ambition : il ne doit pas s’agir seulement ou principalement d’une réunion d’experts appelés à délivrer des présentations académiques, l’intention clairement affichée est de mettre l’Homme dans sa dignité au cœur des discussions, de voir au travers de regards sous de multiples angles d’observation en quoi l’éducation doit être promue au service de l’humanité et pour la Paix, en aidant les jeunes et les adolescents à se « mouvoir » dans un monde de plus en plus complexe et exposé à de multiples risques.

Le délégué permanent de la Belgique auprès de l’UNESCO a souligné que cette rencontre venait à point nommé par les temps troublés que l’on connaît, pour revisiter ce que devrait être l’école dans notre monde moderne, une école capable de transmettre un héritage en le passant comme il convient au crible de la modernité, avec une juste prise en compte de la diversité pour prix de la Paix : sur ces questions vitales, les réponses ne sauraient être que techniques.

Les autorités de la ville et de la province de Liège qui se sont fortement engagés voient s’inscrire ce colloque international en harmonie avec la stratégie qu’elles ont convenu de mener : promouvoir la citoyenneté et la diversité culturelle, pour plus d’harmonie dans une région qui a beaucoup souffert dans le passé (la grande guerre, la crise minière) et qui accueille des ressortissants de nombreux pays.

Le Président de cette conférence, M. Adama Samassekou (ancien Ministre de l’éducation du Mali, Président de l’académie des langues africaines) présenté comme « l’âme » de ce colloque et ancien président du CIPSH a lui aussi insisté pour dire que ce projet était une belle opportunité pour la Paix et la promotion d’un dialogue culturel qui tienne compte pleinement d’une diversité qui s’intensifie et qui change de visage.

Il rappelle les trois constats qui ont finalement imposé comme une évidence la tenue de cette première conférence internationale sur les Humanités :

  • La crise de 2008 qui n’a pas été que financière : elle révélait aussi une crise de société, et des interrogations sur nos modes de développement.
  • Un Conseil CIPSH qui tendait à se marginaliser, avec son domaine de compétence, pourtant essentiel, de moins en moins considéré à sa juste valeur.
  • Une panne ou une insuffisance des intellectuels, ainsi qu’une sous représentation de leur présence (influence) dans les pays non occidentaux.

Ce simple constat a ainsi fait émerger l’évidence d’un besoin, et donné naissance à une idée un peu nouvelle qui inspirera ou structurera les échanges, à savoir celle du polycentrisme qui désigne par le biais d’un rééquilibrage des dialogues la montée de courants de réflexion et de recherches plus diversifiés géographiquement, et qui pourra apporter, notamment avec le soutien d’un CIPSH qui pourra ainsi se relancer, une plus grande richesse dans les réponses aux questions que l’on peut se poser.

Pour M. Samassekou trois éléments pourront opportunément être intégrés dans les réflexions :

1/ l’échec des pensées uniques.
2/ l’échec des modèles qui ont omis de considérer le temps long.
3/ la survenance de mouvements de fond (positif ou négatif) qu’il faut analyser pleinement avec un regard interculturel pour détecter ce qui permettra à l’Humanité d’évoluer dans le bon sens (ce qui sauvera le monde)… Ici sont évoqués, parmi ces grandes forces à l’œuvre, capables de transformer les sociétés (mais aussi parfois détruire) : le fanatisme, les technologies (notamment celles de l’information), l’art.

Dernier point traité, très important aux yeux de l’intervenant pour qui cette conférence ne doit pas être un banal événement : l’architecture globale.

En amont de la Conférence, ont été organisées toute une série de rencontres sur différents thèmes se rattachant au programme adopté ; ce sont en quelque sorte des travaux préparatoires : au Brésil (Terre et Humanité), au Mali (Langues, Cultures, Histoire), Chine (Sciences, Culture et Route de la Soie)… etc

La Conférence elle-même comportera des séances plénières avec de grands témoins et des sessions spécialisées, ainsi que des symposiums lorsque certains thèmes mériteront un large débat (exemple l’islam, le statut de la femme dans la société). En introduction du colloque seront présentés les résultats d’une enquête sur les thèmes à l’ordre du jour.

En aval, conformément à l’intention des organisateurs, il est prévu d’assurer en quelque sorte un suivi, pour voir au niveau des grandes zones d’influence (EU, ASEAN, MERCOSUR, etc ) comment les politiques en faveur des humanités (la recherche, les infrastructures, etc) sont mises en œuvre, quels sont les investissements engagés avec quel sens, et aussi quelles solidarités universelles exprimées au service de la terre des Hommes.

Quelques éléments retenus de l’échange avec l’auditoire :

Le délégué néerlandais a salué l’entreprise ; ce sera pour lui l’occasion de parler des sciences humaines qui ont peut être été un peu trop négligées ces dernières années. S’il juge bienvenu que l’on mette l’accent sur la diversité culturelle, il recommande qu’on ne perde pas de vue l’universalité, et qu’on s’attache à bien percevoir la présence et la persistance de ce principe dans les cultures et les humanités.

Un intervenant docteur en sciences humaines fait observer que les Humanités ne sont pas un domaine enfermé, endogène : elles ne sont pas une île.

Le délégué de la Tunisie évoque la question de l’islam politique, va-t-on en parler ? Sans aucun doute, et il est prévu parmi les « key note speakers » un représentant du monde de l’islam.

Intervention du Portugal (qui accueille un événement en lien avec la Conférence). Son délégué salue l’initiative, et se félicite de la réussite de la coopération entre toutes les parties prenantes. Les Humanités sont essentielles, il est bien qu’un événement comme ce colloque puisse faire émerger des idées ou des principes qui peuvent guider les politiques. Enfin, il apprécie qu’on mette bien en valeur la jeunesse, car, in fine, c’est bien elle qui doit être au cœur des préoccupations.

Une ONG (Alliance internationale des femmes) obtient la confirmation que l’on vise autre chose que des débats académiques, et se voit préciser qu’il y aura un symposium sur la question des femmes dans les sociétés.

Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel

Assemblée générale des États parties
à la
Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel
Sixième session du 30 mai – 1 juin 2016, siège de l’UNESCO

 La gouvernance de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de 2003 est assurée par trois organismes principaux : l’Assemblée générale des États parties, le Comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel et le Secrétariat de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel.

L’Assemblée générale des États parties à la Convention est l’organe souverain de la Convention. Elle se réunit en session ordinaire tous les deux ans. L’Assemblée générale donne des orientations stratégiques pour la mise en œuvre de la Convention et élit les 24 membres du Comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, dont la moitié sont renouvelés tous les deux ans. L’Assemblée générale a décidé d’appliquer à l’élection des membres du Comité le principe de répartition géographique équitable. Le nombre des membres du Comité de chaque région est fonction du nombre d’États de la région qui ont déjà ratifié la Convention. Le Comité se réunit en session ordinaire chaque année. Il promeut les objectifs de la Convention, donne des conseils sur les meilleures pratiques et formule des recommandations sur les mesures en faveur de la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel ; il utilise les ressources du Fonds pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel conformément aux directives et au plan biennal adoptés par l’Assemblée générale. Il inscrit sur les Listes (Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité ; Liste du patrimoine immatériel nécessitant une sauvegarde urgente ; Liste des meilleures pratiques de sauvegarde) les manifestations du patrimoine culturel immatériel proposées par les États parties. Il sélectionne et promeut les programmes, projets et activités soumis par les États parties reflétant le mieux les objectifs et les principes de la Convention. Il propose à l’Assemblée générale l’accréditation d’organisations non gouvernementales susceptibles d’avoir des fonctions consultatives auprès du Comité. Le Secrétariat du Patrimoine Immatériel de l’UNESCO assiste l’Assemblée générale et le Comité, prépare la documentation de leurs réunions et assure l’exécution de leurs décisions.

Cette 6ème Assemblée Générale des États parties de 30 mai – 1 juin 2016 a donc lieu après la dixième session du Comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel qui s’est tenue à Windhoek en Namibie du 30 novembre au 4 décembre 2015. Elle doit discuter, entre autres, des recommandations formulées par le Comité en 2015 en Namibie. La prochaine session du Comité, la onzième, aura lieu à Addis Abeba en Éthiopie du 28 novembre au 2 décembre 2016. La 7ème Assemblée Générale aura lieu en juin 2018. Continuer la lecture de Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel

UNESCO : Journée Mondiale de l’océan du 8 juin 2016

tempête
L’océan atlantique en tempête

Cette journée s’inscrit dans la suite de la COP 21, Conférence sur le climat tenue à Paris en décembre 2015 et dans la perspective de la COP 22 qui se tiendra à Marrakech en 2016.

Il est à noter que les 20 premières Conférences des Parties (COP) n’ont laissé aucune place au facteur des océans, qui sont pourtant une des composantes majeures du climat. D’où la nécessité de remettre les océans à leur juste place, ce qui a été fait à Paris, et le sera à Marrakech.

Rappel du rôle des océans dans la question climatique : L’énergie solaire est absorbée par les océans qui en renvoient une grande partie dans l’atmosphère et dans l’espace sous forme de rayonnement et de vapeur d’eau. De plus l’océan a une forte capacité d’absorption du CO2. L’augmentation de la teneur en CO2 de l’atmosphère induit une hausse des températures, mais aussi un excès de CO2 dans les océans avec des conséquences négatives.

Problématique de la période actuelle :

  • Le changement des équilibres mer/atmosphère modifie aussi le processus d’évaporation et donc des pluies et des perturbations météorologiques ainsi que des modifications des courants marins de surface et en profondeur

  • La concentration excessive de CO2 dans l’eau de mer provoque :

      • Une désoxygénation des océans avec des conséquences sur la faune marine,

      • Une acidification des océans qui attaque les structures calcaires (coraux et coquillages, arêtes de poissons notamment).

  • Il faut prendre en compte les effets des pollutions terrestres qui se jettent dans la mer et celles des pollutions marines liées aux transports. On estime les pollutions dans les mers à 4 millions de tonnes par an (dont 3 liées aux plastiques).

  • A noter aussi, la hausse du niveau des mers et ses conséquences sur les rivages et les iles, même si les mesures doivent encore être affinées.

  • Enfin, il semblerait que l’absence de responsabilité effective des États sur le contrôle et l’entretien des Océans aurait contribué à oublier l’importance de leur rôle dans la question du climat.

Déroulement de la journée et Conclusionscalme

Les éléments rappelés ci-dessus ont été amplement développés par les différents conférenciers.

Sur un plan concret, il apparaît que les connaissances des phénomènes évoqués ne sont pas encore suffisantes et que les observations scientifiques doivent être poursuivies par les différents laboratoires et instances telles que le GIEC. En revanche la lutte contre les pollutions et déchets reste d’actualité.

La question des océans sera prioritaire dans les prochaines conférences COP, et notamment celle de Marrakech. Des réunions de scientifiques prépareront ce prochain rendez-vous. Et ensuite il est prévu un rapport complet du GIEC pour 2022, qui sera précédé pour les océans de rendez-vous en 2018 et 2019, au cours desquels sera notamment abordé la question de la hausse des températures.

Le rôle des océans comme facteur primordial de l’évolution des climats est enfin reconnu par les instances concernées.

La responsabilité dans l’éducation : une « obligation redditionnelle »

La responsabilité dans l’éducation : une « obligation redditionnelle1 »

A l’initiative d’Aaron Benavot, directeur du « GEM Report2 » de l’UNESCO, rencontre-consultation le 11 avril dernier avec les membres de l’IIEP (Institut International de Planification de l’Education) de l’UNESCO et des experts de différents pays des réseaux du « GEM Report » et de l’IIEP.

Cette rencontre-consultation se situe dans une série de consultations conduites par le « GEM Report » pour la préparation de l’édition 2017 du rapport, dont le thème est : « La responsabilité – obligation redditionnelle – dans l’éducation ». Une « Note conceptuelle » en donne la trame et servait de base aux consultations.

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Éducation : toujours moins de financement !

Financer l’ODD 4 – Éducation 2030 :

Ne laisser personne de côté – que faudra-t-il pour réduire les inégalités ?

Table ronde d’experts1 – 25 avril 2016 – UNESCO

Manifestation organisée par l’UNESCO en collaboration avec la Campagne mondiale pour l’éducation (CME), en soutien à la Semaine mondiale d’action 2016 pour l’éducation dont le slogan est : « Investir pour l’avenir : les droits à l’éducation maintenant ». La rencontre a mis en lumière les défis considérables en matière de financement du nouvel objectif pour l’éducation d’ici à 2030 (ODD 4). Elle a été l’occasion pour les intervenants de plaider pour une augmentation significative et plus ciblée du financement et aussi d’apporter des recommandations concrètes.

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Conseil exécutif de l’UNESCO, 199 ème session

Compte rendu des séances plénières des 7 et 8 avril 2016

Prolongement de la Conférence générale de novembre 2015, le Conseil exécutif tient en avril 2016 sa session biennale. Occasion d’approfondir les questions traitées à la fin de l’an dernier, d’obtenir des clarifications, préciser les orientations ou les positions sur de très nombreux sujets sur lesquels l’UNESCO – essentiellement la Directrice Générale – et de nombreuses délégations (une soixantaine) se sont exprimées.

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Eau, Mégalopole, Changement global

CONFÉRENCE INTERNATIONALE

« EAU, MÉGALOPOLE, CHANGEMENT GLOBAL »

(du 1 au 4 décembre 2015)

L’eau est un enjeu vital pour les mégalopoles – ensembles urbains de plus de 10 millions d’habitants – qui sont confrontées à de multiples risques, des risques que les dérèglements climatiques accentuent. D’ici à 2030, sur à peine plus de 2% de la surface terrestre, 1 milliard de personnes habiteront une centaine de ces gigantesques centres urbains (on en compte une vingtaine aujourd’hui) : un essor jugé inexorable qui va rendre de plus en plus aigu le traitement des questions nombreuses en rapport avec l’eau. Une sorte de course de vitesse est engagée pour, sinon éviter, du moins atténuer les dangers extrêmes qui pourraient déboucher sur des catastrophes en tous genres si devaient prévaloir une douce insouciance « benign neglect » ou si de mauvaises décisions étaient prises. Partout, avec néanmoins des différences d’intensité ou d’efficacité, des actions sont menées pour améliorer l’efficience et la résilience des éco-systèmes que recouvre la gestion de l’eau. Sous l’empire de la nécessité de grands changements sont engagés, pour le bien commun, avec l’eau qui va de plus en plus devoir être considérée comme une ressource précieuse, à gérer avec soin, et non plus comme un élément utilisé sans discernement.

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les Soutras bouddhiques, héritage spirituel de l’humanité

expolotus2016Du 2 au 10 avril, se tient à l’UNESCO une belle présentation, conçue et réalisée par l’association culturelle Soka (France) avec le concours de l’institut de philosophie orientale de Tokyo ( Commissaire de l’exposition) et en partenariat avec des associations, académies ou instituts russe, indien, chinois, allemand et français.

Richesse et variétés des thèmes offerts aux visiteurs, de l’histoire, de la pédagogie, des illustrations cartographiques, et aussi, parce que c’est important, des présentations d’œuvres artistiques, tout se conjugue pour inviter à la réflexion, bonne mise en valeur de ce patrimoine de l’humanité aux multiples facettes, d’où ressort une spiritualité qui transcende le temps et l’espace.

 Le site internet de l’exposition

L’eau et l’emploi « un bien commun au service de la dignité de l’Homme »

RAPPORT DE L’ONU SUR L’EAU ÉDITION 2016

Le 24 mars 2016 avait lieu à Paris la présentation du Rapport annuel de l’ONU sur l’eau avec comme thème choisi pour l’édition 2016 : « l’eau et l’emploi »… un sujet jusqu’ici peu exploré et pourtant essentiel. L’eau est indissociable du monde vivant, mais tout n’est pas que de l’ordre du biologique, elle est aussi essentielle pour les économies et pour l’emploi : « pas d’eau pas de vie »…mais, par analogie, on pourrait dire aussi, avec presque autant d’assurance dans beaucoup d’endroits « pas d’eau, pas d’emploi ».

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