UNESCO – Dialogue social et le Rapprochement des cultures par les langues

Colloque du mardi 16 mai 2017

Étaient présents :

– M. Eric Falt, sous directeur général de l’UNESCO pour les Relations extérieures et l’information du public ;
– S. Em. Le Cardinal Peter Kodwo Turkson, Préfet du Dicastère pour le service pour le développement humain intégral ;
– M. Eric Deroo, Auteur, réalisateur et chercheur associé au CNRS ;
– Mme Nguyen Viet Anh, Professeur de français et de vietnamien, chercheuse, INALCO ;
– Pére Gilles Reithinger, Supérieur général des missions étrangères de Paris ;
– Mme Béatrice Duhayon-Blanchard, Présidente de Centre France-Asie ;
– Mgr. Francesco Follo, Observateur permanent du Saint-Siège auprès de l’UNESCO.

Le colloque fut présenté ainsi – Nos sociétés de plus en plus diversifiées se définissent par la cohabitation de personnes, groupes et peuples d’origine, langue, culture et religion variées et qui sont appelés à apprendre à vivre ensemble dans la paix et le respect réciproque.

Ainsi que le Pape François l’a déclaré : « c’est le moment de savoir comment, dans une culture qui privilégie le dialogue comme forme de rencontre, projeter la recherche de consensus et d’accords, mais sans la séparer de la préoccupation d’une société juste, capable de mémoire, et sans exclusion. L’auteur principal, le sujet historique de ce processus, c’est le peuple et sa culture, et non une classe, une fraction, un groupe, une élite » (Exhortation Apostolique Evangelii Gaudium, IV.)

L’UNESCO, de son coté et en vertu de son mandat, accorde une grande importance aux langues et mène une stratégie basée sur la reconnaissance de l’interaction dynamique entre la diversité linguistique et la diversité culturelle. Le respect des droits linguistiques s’avère essentiel à l’accomplissement des objectifs de développement durable de l’Agenda 2030 et à la coexistence pacifique.

Dans cet esprit, ce colloque entend promouvoir le rapprochement des cultures par les langues qui ne sont pas seulement un instrument de communication mais aussi un outil de la création de la pensée. Le rôle médiateur, pratique et symbolique des langues pour accomplir le dialogue interculturel et la rencontre des cultures devient, donc, central. –

Parmi les riches interventions de ce colloque, citons les quelques pensées suivantes :

L’UNESCO assure un dialogue quotidien entre les cultures. Cette coexistence n’a jamais été aussi importante. Contre la violence et sa progression, nous avons besoin de la culture des débats et du respect des droits de l’homme. Protéger la diversité linguistique est essentielle pour protéger la diversité culturelle. La langue est un pont entre les idées et l’action. Ce que l’on dit doit être ce que l’on pense. La langue crée aussi un lien entre le passé et le futur (Eric Falt).

Dans la bible, la parole occupe une grande place : Dieu dit ; Au commencement était le verbe ; La parole s’est fait chair… L’Église tient en grande estime le dialogue entre les hommes. Les relations, la coexistence sont devenus des maîtres mots pour la dignité de l’être humain que nous sommes. C’est au cœur de la légitimité morale de toute autorité. Le Pape François insiste sur le dialogue avec les États, avec la société ce qui inclut les cultures et les sciences et avec les autres croyants. Le dialogue provoque les rencontres et recherche le consensus. C’est par le dialogue que l’Église accompagne la recherche des solutions qui répondent au mieux à la défense de la dignité humaine. La foi ne craint pas la raison voire la science. L’Église a confiance et ne s’oppose pas à la science qui respecte la vie humaine (Cardinal Turkson).

La colonisation du Viet-Nam a été la rencontre de deux cultures et de deux langues. Le français s’est imposé, ce qui a conduit à une « acculturation » qui a abouti à une transformation de la vie et de la société et ainsi à l’échange de deux civilisations. Par exemple, l’écriture vietnamienne a été « romanisée » qui fut le fruit le plus porteur et le plus heureux de la rencontre « forcée » des deux langues et des cultures vietnamienne et française (Mme Nguyen).

Les Missions Étrangères de Paris (MEP) ont été créées en 1658 et depuis ont contribué au développement de liens entre les pays. Les missionnaires apprenaient d’abord la langue du lieux où ils s’installaient pour revêtir la culture de ces lieux et ainsi ils se modifiaient intérieurement. Avec eux, ont été créés des dictionnaires, des imprimeries, des hôpitaux, des séminaires, des écoles. Ils ont construit des ponts culturels. (Père Reithinger).

Les écoles sont des espaces d’intégration sociale. L’intégration n’est pas une annexion, ni une exclusion. C’est un mode d’action qui privilégie l’acceptation culturelle mutuelle. (Mme Duhayon-Blanchard).

Le dialogue est comme un orchestre de plusieurs instruments dont les sonorités sont différentes mais qui peuvent rendre ensemble une belle musique si ces instruments sont accordés et unis sur une même partition (Mgr Follo).
M-C.L.

En savoir plus :

L’UNESCO et le dialogue interculturel
Interview du Cardinal Turckson sur « Info Catho »

La Gouvernance de l’UNESCO – 3ème réunion de travail du sous groupe 2

Structure, composition et méthodes de travail
des organes internationaux et intergouvernementaux de l’UNESCO
Réunion du Mardi, 9 Mai 2017

C’est la troisième et avant-dernière réunion avant celle du 9 juin qui statuera sur les Recommandations et Propositions.

Les échanges ont été toujours aussi nourris et bien pilotés par les deux  vice-présidents et la discussion étayée grâce notamment à l’existence d’une matrice d’analyse qui a permis de donner ex ante un regard sur la complexité organisationnelle et aussi la multiplicité des structures examinées (8 Conventions, un Fonds international, deux Programmes de suivi, trois Comités, 7 Instituts dits de catégorie1 et un Centre international de recherche).

La discussion pour cette session a porté sur la Convention 2005 (promotion et protection de la diversité des expressions culturelles), les programmes et fonds, ainsi que les instituts de catégorie 1 (les instituts de catégories 2 n’ont été qu’incidemment évoqués).

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CAMPUS UNESCO : sensibilisation des jeunes aux grands enjeux contemporains

Débat du 4 mai 2017 sur le thème :
« liberté d’expression et information digitale »


Cet échange s’inscrit dans le cadre des forums interactifs organisés par la division de l’information du public de l’UNESCO au profit de jeunes lycéens issus majoritairement de zones d’éducation prioritaire. Cette rencontre s’est tenue au lendemain de la journée mondiale de la « liberté d’expression ». Elle a réuni pendant deux heures 400 jeunes (de troisième jusqu’à la terminale) invités à la fois comme témoins d’échanges entre experts et comme questionneurs.

Après une introduction pour présenter les missions de l’UNESCO au service de la Paix , en mettant tout particulièrement l’accent sur le domaine « information-communication » mais aussi « les droits de l’homme », les témoignages de journalistes « de terrain » ont été entendus : un reporter, Florence Al Ashwad, ancienne journaliste de Al Jazeera franco-syrienne, un journaliste enquêteur de Mediapart, Fabrice Arfi, une troisième participante venant du monde de l’information en continu particulièrement impliquée dans le suivi du numérique et des réseaux sociaux (France 24) ainsi qu’une représentante de l’UNESCO ancienne journaliste, chargée à l’UNESCO des relations avec les media.

La discussion — largement nourrie d’expériences vécues plutôt que de réflexions purement conceptuelles — a permis d’aborder de nombreux sujets très concrets, allant souvent au-delà des questions touchant au numérique pour faire ressortir la grandeur et les difficultés du métier de journaliste, et tout particulièrement les risques qu’ils peuvent prendre lorsqu’ils s’engagent sur des sujets ou dans des pays sensibles : atteinte à la liberté, menaces, censure, violence… et, parfois, hélas, mort. Les médias sont essentiels pour garantir le pluralisme et la démocratie, a-t-on rappelé, en même temps qu’était soulignée une réalité du monde qui est loin d’assurer partout la même liberté pour la presse et les media en général.

Fabrice Arfi (Mediapart) a particulièrement insisté sur l’importance des faits. Pour lui, il est essentiel que les journalistes puissent mener l’enquête et rapporter une « information vraie », ce qui suppose de mener un travail sérieux, approfondi de vérification, d’authentification, avec patience et opiniâtreté. Sans doute aura-t-il un peu trop insisté sur cette exigence de rapporter les faits et de s’en tenir aux faits, donnant ainsi du journalisme une vue plutôt étroite et ne mettant pas assez en évidence les difficultés ou l’excès simplificateur qu’il y a à vouloir relater les seuls faits : les faits, sont à situer dans des contextes difficiles, ou à interpréter, ces points n’ont été que partiellement évoqués. Néanmoins, à plusieurs reprises, ils ont été suggérés lorsqu’on a insisté sur les qualités d’un bon travail journalistique, à savoir une aptitude à traiter les sujets objectivement, autant que faire se peut étant observé qu’existent toujours des biais liés notamment aux convictions. C’est finalement une autre vertu qui a été mise en exergue : l’honnêteté, terme préféré à ceux de conscience ou d’exigence éthiques (jamais mentionnés). Il a aussi été fait allusion au pouvoir de l’argent lorsque les media sont contrôlés par de grands groupes industriels, commerciaux ou financier, comme cela tend à être le cas en France. Néanmoins, probablement par manque de temps, on n’a pas parlé des moyens susceptibles d’être mis en place pour protéger l’indépendance des journalistes.

S’agissant plus particulièrement de l’impact et des risques spécifiques liés aux nouvelles formes de diffusion et de traitement de l’information, avec toute l’influence du numérique, les éléments suivants ont été indiqués : il y a un réel danger des effets d’amplification et de contagion avec des techniques qui font tout à la fois s’accélérer les flux d’information et se multiplier les producteurs ou commentaires de nouvelles, sans aucune garantie de fiabilité. Ce sont les réseaux sociaux qui sont visés ici, mais aussi les chaînes d’information en continu si elles ne mettent pas en place des protections, ou des règles de conduites. Le cas de France 24 est tout à fait intéressant dans la mesure où cette chaîne est très internationale avec trois langues et une large couverture de diffusion. Cela lui impose de veiller particulièrement aux données diffusées, à travers l’analyse critique des informations tant il est vrai que les « fake news » ou les manipulations ne sont pas une vue de l’esprit, (des filtres sont mis en place). Autre préoccupation signalée, l’immédiateté qui peut être un piège.

Finalement, en dehors de la référence aux droits de l’homme tout à fait appropriée pour justifier et protéger l’exercice de la fonction de journaliste, Fabrice Arfi a très opportunément rappelé ce qu’étaient pour M. Hubert Beuve-Méry les deux qualités essentielles d’un bon journaliste: « le contact » et la « distance »… Cela avait été dit bien avant la révolution numérique, mais ce qui était vrai à l’époque l’est certainement encore plus de nos jours quand l’utilisation déviante des technologies de l’information amène à fausser les contacts (trop rapides, trop superficiels etc) et à ne plus savoir garder une distance critique (l’immédiateté, le présentéisme, la sur-réactivité, l’impatience).

Y.N

NETEXPLO 2017 : un dixième anniversaire bien rempli


Toujours le même succès, pour cet événement parrainé par le SÉNAT et l’UNESCO.

Pendant deux jours plus de 1500 participants ont été témoins d’échanges toujours aussi riches en idées inspirantes, et attentifs à la présentation des 10 innovations du crû 2017 retenues parmi les centaines de projets qui, selon la pratique habituelle,ont été soumis à un processus de sélection rigoureux : examen par des experts reconnus (notamment issus du réseau international des 19 universités qui accompagnent NETEXPLO chaque année), critères exigeants : présenter au moins des prototypes, originalité et performances techniques mais surtout accent mis sur l’usage et sur les perspectives de développement, attention à « l’humain ».
Y.N.
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Voir le site web de Netexplo

 

Conseil Exécutif de l’UNESCO 201ème session

Échos de la réunion plénière des 24 et 25 avril 2017


Ouverture par le Président M. Michael Worbs  qui a souhaité rappeler avec insistance le malheur des attentats intervenus dans plusieurs pays ces derniers mois pour exprimer – comme l’ont fait beaucoup de délégués – sa compassion et dire avec insistance combien il était important dans cette actualité dramatique de réaffirmer le rôle éminent de l’UNESCO en faveur de la Paix et la Justice, deux valeurs essentielles de son acte constitutif.

Dans cette introduction ont été indiqués les trois axes principaux retenus pour les échanges : 1 / L’ensemble couvert par le document dit 39/C5 (budget programme UNESCO) qui est présenté sous une forme complètement remaniée ; 2/ La procédure engagée pour la sélection du nouveau Directeur Général ; 3/ La préparation de la prochaine Conférence Générale.

Il a été aussi fait allusion aux travaux qui ont précédé cette réunion, pour saluer les interactions fructueuses avec les présidents des conventions, des comités et des groupes régionaux.

Le Directeur Général adjoint a représenté Mme Bokova qui n’a pu assister à la première journée en raison de sa participation au Congrès Mondial juif à New York (qui a lieu tous les quatre ans), congrès au cours duquel a été présenté un « guide à l’attention des décideurs sur l’enseignement de l’Holocauste », document rédigé par l’UNESCO en collaboration avec la mosquée de Montréal. Le DGA a rappelé la signature de la Résolution 2347 par le Conseil de sécurité, une résolution qui consacre officiellement le lien entre Patrimoine culturel, paix et sécurité : après UNITE4HERITAGE, l’UNESCO voit ainsi reconnu le principe d’une défense des patrimoines culturels face aux risques de  destruction et de trafic dans les zones menacées par les conflits. C’est une avancée historique et sans précédent.

Le DGA a rappelé ensuite les quatre grands objectifs retenus pour orienter et structurer les actions de l’UNESCO : alignement sur l’agenda 2030, mise en évidence des deux priorités « Afrique » et « le genre », privilégier les actions concrètes et des approches intégrées. Il a aussi mis l’accent sur les progrès récents en termes de méthode avec le souci de favoriser les coopérations ou les rapprochements (ONU , Banque Mondiale) et de visibilité ( un rapport 2016 mettant bien en évidence les faits saillants, le programme 39/C5 rénové, le lancement du « Courrier de l’UNESCO » avec l’aide financière de la Chine)

-Les déclarations :

Une trentaine de délégations se sont exprimées oralement (16 d’entre elles, comme l’avait proposé le Président, ont remis des contributions écrites) et plusieurs thèmes ont été largement repris, comme ceux de la violence et de l’extrémisme, de l’éducation (les jeunes, les femmes, l’enseignement professionnel.

Le succès des efforts de l’UNESCO pour promouvoir la Résolution 2347 a été largement salué, ainsi que l’engagement de Mme BOKOVA au service de cette cause, mais la Directrice générale, plus généralement, a reçu comme un satisfecit de la part de nombreux membres du Bureau pour tout ce qu’elle a apporté au cours de ses deux mandats.

Comme lors de la précédente session, l’agenda 2030 de l’ONU et notamment l’ODD4 se rapportant à l’Éducation sont constamment mentionnés comme des cadres de référence importants pour guider les politiques menées au sein de l’UNESCO mais aussi au niveau des Etats (un certain nombre d’exemples ont été rapportés). Dans l’ensemble ce budget « 39/C5 »« est bien accueilli dans sa nouvelle version pour les avancées qu’il a permis d’opérer (meilleure visibilité des programmes, mise en évidence des résultats, intégration des fonds extra budgétaires etc). Un assez grand nombre de délégations ont réitéré leur inquiétude quant aux bureaux hors siège dont on craint une réduction de leurs moyens financier et surtout humains ( diminution du nombre des experts).

Dans la perspective des auditions des candidats au poste du prochain Directeur général, un certain nombre de participants ont énoncé quelques uns des critères jugés indispensables : le leadership, une bonne connaissance du domaine et de l’institution, une force de conviction pour aider à résoudre les problèmes de financement. Un délégué, président de son groupe régional a insisté pour que soit respecté un principe de représentativité géographique ainsi qu’une juste rotation par zone, au nom de ce qu’on pourrait appeler une règle du « chacun son tour ».

Beaucoup de délégations ont insisté pour que l’UNESCO soit fortement soutenue en raison des valeurs essentielles qu’elle promeut : paix, justice, pluralisme et diversité culturelle, protection des droits de l’homme.

Le représentant de la Thaïlande a parlé au nom de l’ASEAN dont on fête en 2017 le cinquantième anniversaire : ses membres soutiennent les actions de l’UNESCO qui favorisent l’harmonie, le respect des personnes et attachent une importance toute particulière à l’Éducation notamment pour tout ce qui concerne les sciences et techniques. Les questions touchant à la gouvernance sont de toute première importance, notamment ce qui a trait à l’évaluation des performances.

Le représentant des Pays arabes appelle à s’assurer des suites données aux décisions prises par le COMEX ou la Conférence générale ( une question précise est posée au sujet de la décision prise concernant Jérusalem).

Pour le groupe Amérique latine et Caraïbe, les points suivants ont été mis en exergue : à l’avenir, on devra s’assurer d’une amélioration effective de la gouvernance, avec la dimension « intergouvernementale » bien traitée. Il faudra avoir une gestion intelligente des financements, plutôt que des coupes claires, miser sur les synergies, jouer sur une meilleure priorisation et ne pas perdre de vue les valeurs essentielles à défendre comme la solidarité (avec notamment Haïti) ou les protections contre les risques de destruction du patrimoine culturel (destruction du fait de guerres ou de catastrophes naturelles, trafic). On salue les initiatives du MOST et sa stratégie qui est pertinente avec une bonne et légitime appréhension des questions touchant aux migrations.

A l’occasion de leurs déclarations, certains intervenants ont mentionné les initiatives et événements pour lesquels leurs pays ont joué un rôle ou sont appelés à le faire :

-les événements :

réunion du MOST en Malaisie, forum sur la Quatrième révolution industrielle (Vietnam), Colloque sur le programme « Mémoire du Monde » à Doha (après la consultation de la Commission internationale réunie à ce sujet), Forum mondial sur « Réfugiés et Développement durable » à Dacca.

-les initiatives :

Prix développement durable (Japon),la Conférence sur les Humanités (Liban), le Fonds de soutien en faveur du lac Tchad, le Fonds Malala (Pakistan) ; le Fonds Fiducia UNESCO (Espagne) (en faveur de l’éducation), soutien exprimé et apporté au Fonds de solidarité « Ouragan MATTHEWS » (en faveur dHaïti).

On aura relevé les quelques autres éléments suivants :

Le représentant de l’Italie a rappelé le récent sommet des ministres de la culture du G7 à Florence. C’est une première, et il est important de voir ainsi reconnue la Culture comme représentant un grand enjeu, et méritant que l’on y accorde la plus grande attention.

Quelques délégations ont tenu des propos appuyés pour appeler à ne pas altérer ce que fait l’UNESCO en l’instrumentalisant à des fins politiques (il faut dépolitiser). L’institution doit rester centrée sur ce qui est d’ordre purement culturel, intellectuel. Un intervenant a pour sa part parlé du risque de détournement par l’argent à propos des fonds extra budgétaires de plus en plus souvent mobilisés : ce n’est pas l’argent qui doit fixer les priorités. Un autre participant a exprimé le souhait que les échanges soient un peu moins orientés sur des sujets propres aux intérêts particuliers de chaque État dont sont issus les intervenants, pour privilégier des problématiques plus générales, et permettre ainsi d’avoir de vrais débats d’idées.

Un souci a constamment été exprimé de façon plus ou moins explicite à propos des contributions qui ne sont plus versées ou qui sont versées avec retard. Le Président de la Conférence générale, M. Stanley MAMBATA, appelé à s’exprimer en fin de session, a été net : il faut mettre fin à cette hémorragie, a-t-il indiqué : être membre de l’UNESCO requiert qu’on contribue à son financement, il faudra dans les temps à venir mettre les États devants leur responsabilités sur ce point ; il faudra aussi, selon lui, mettre fin à une autre pratique, à savoir celle du versement de contributions sous condition.

La qualité du management a fait l’objet de commentaires avec quelque fois des nuances critiques. Sur ce sujet, le Royaume Uni, tout en assurant l’UNESCO de son soutien, a suggéré qu’il y avait matière à améliorer les choses, notamment ce qui concerne la gestion du personnel ( recrutement, évaluation etc).

L’observateur du Saint Siège est intervenu sur la question des Migrants, et singulièrement des enfants pour appeler les pays d’accueil à leur réserver un accès à l’éducation digne de ce nom et respectueux des identités.

L’Union européenne a rappelé qu’avec les contributions de l’ensemble de ses membres, elle est le principal contributeur de l’UNESCO, qu’elle soutient pleinement à raison de ses missions au service de la Culture. Ont été mentionnés les quelques grands thèmes sur lesquels l’UE partage les vues de l’UNESCO : la sécurité des journalistes, l’attention à apporter aux jeunes (existence d’un réseau des jeunes européens), la protection des patrimoines culturels (on salue la résolution 2347, on soutient les actions de l’UNESCO en Crimée).

Enfin, en dernier lieu, on mentionnera quatre interventions originales, qui, d’une certaine manière, tranchaient dans la forme mais peut être aussi, à certains égards, dans leur esprit sur les autres déclarations :

Le délégué des Pays Bas a laissé l’essentiel de son temps de parole à un Jeune qui fera partie du prochain Forum des jeunes et qui, tout à la fois, a dit combien sa génération dans son pays peut avoir peur de la violence qui tend à trop souvent se manifester (jusqu’à la guerre) et combien elle souhaite s’engager dans la société et être entendue.

L’ambassadeur iranien a conclu son intervention sous une forme plutôt poétique pour défendre les idées auxquelles il est attaché : il a ainsi parlé d’élévation du débat, d’authenticité, d’oubli du politique néfaste pour préférer les politiques artisans de Paix, et de promotion de dialogues qui portent comme une vague.

Le délégué de la République Dominicaine a voulu intervenir sur un ton musical en jouant sur des mots antinomiques ou complémentaires pour mieux faire ressortir un message de paix et d’espérance, avec des strophes ponctuées d’un refrain repris en chœur pour rejeter la Guerre « Nada ! » : « les Paroles voyagent plus vite par la Musique », un joli slogan qu’il a donné juste avant de commencer une riche litanie de ces mots s’opposant ou se complétant, une déclamation par le chant inspirante, et qui interpelle : L’Enfant/l’École…Les Armes/la Paix..Les murs/les Ponts… Le Silence/l’Écoute… le Courage/l’Amour… La Femme/l’ÉgalitéLa Démocratie/la Gratuité… Les Réfugiés/l’Espérance… L’analphabétisme/ les Lettres etc ; belle mélodie qui a conquis l’auditoire et qui a été spontanément très applaudie.

Le Cameroun pour sa part a terminé sa déclaration sur le thème de la citoyenneté, en rappelant l’existence de deux organisations : l’organisation de «  la citoyenneté universelle » et l’organisation « des citoyens du Monde ». La première avait l’ambition de développer l’usage d’un passeport universel, et la seconde prévoyait que chaque État réserve sur son territoire une enclave qui serait libre d’accès pour tous, idéale utopie que complétaient d’autres projets (ex : une « chambre des peuples »), mais aussi beaucoup d’idées proches de celles qui inspirent l’UNESCO, la Paix , la Tolérance, et une citoyenneté pour tous, citoyenneté du Monde. Il est bon que l’UNESCO continue de promouvoir ces valeurs et principes essentiels.

En conclusion :

Mme Bokova, en fin de seconde journée, a apporté des réponses à l’essentiel des questions soulevées.

Elle a apprécié les propos positifs tenus sur le « 39/C5 » et indiqué qu’il ne s’agit que d’un début, il y a une volonté d’aller plus loin pour rendre l’outil encore plus lisible qu’il s’agisse des opérations ou des résultats. Elle s’est montrée rassurante quant au réseau hors siège (notamment pour la région Afrique qui a le plus exprimé ses inquiétudes), elle a rappelé son engagement pour de meilleures coopérations inter-agences de l’ONU. Vis-à-vis de la Suède et du Royaume Uni qui figurent parmi les délégations les plus enclines à demander une gestion ressemblant à celle que pratiquent les entreprises, la Directrice Générale a dit son accord avec ce qui est dit et montré que déjà, dans une large mesure, l’UNESCO répond aux exigences exprimées, et indique que les efforts seront poursuivis. Dans les combats à mener contre tous les risques de destruction des Patrimoines Culturels et plus généralement les atteintes violentes aux Droits fondamentaux de l’Homme, elle invite à rester pleinement engagés, en paroles et en actes. Il faut, dit-elle, en reprenant le mot prononcé par un délégué, lutter contre l’apathie lorsque l’essentiel est en risque, à savoir les cultures qui sont le Patrimoine commun de notre Humanité, et qui, in fine doivent pouvoir coexister comme ferments et garants de Paix. De ce point de vue, en reprenant ce sur quoi le représentant de la République Dominicaine avait insisté dans son hymne « La Guerre, jamais/nada ! » , elle a terminé son propos en disant sa fierté de tout ce qui a été fait, en dépit des difficultés budgétaires.

Lire l’Ordre du Jour révisé et calendrier des travaux du Conseil Exécutif

Voir des photos de la session du Conseil exécutif

Tsá Tué – Réserves de biosphère et stratégies autochtones

Réserves de biosphère et stratégies autochtones pour la sauvegarde des territoires sacrés, des styles de vie traditionnels et l’utilisation durable des terres
histoire et visions de la Réserve de biosphère de Ts
á Tué au Canada

UNESCO, lundi 3 avril 2017

Une délégation de représentants de la communauté autochtone Déné Sahtúot’ine était invitée à partager son histoire et sa vision pour la réserve de biosphère de Tsá Tué au Canada dans le cadre d’une matinée organisée par la Commission du Canada pour l’UNESCO, le Programme sur l’Homme et la biosphère (MAB) et le Programme Systèmes de savoirs locaux et autochtones (UNESCO-LINKS).

Cet événement se déroulait en présence de la Directrice Générale de l’UNESCO, Mme Irina Bokova, et de Mme Elaine Ayotte, Ambassadeur du Canada auprès de l’UNESCO. Les échanges étaient animés par M. Douglas Nakashima, Chef de Section Petites îles et savoirs locaux et autochtones, UNESCO et Mme Meriem Bouamrane, Secrétariat du MAB, UNESCO.

La Réserve de biosphère Tsá Tué est située dans les Territoires du Nord-Ouest du Canada. Elle couvre plus de 93 000 km2 (deux fois la superficie de la Suisse). La région est la terre natale des Sahtuto’ine, le « peuple du lac de l’ours ». Elle comprend le Grand Lac de l’Ours, dernier lac arctique vierge, et une partie de son bassin hydrographique. La culture Sahtuto’ine est intrinsèquement liée à la santé du lac, de son bassin et des animaux qui l’habitent. En tant que tel, le maintien de l’intégrité écologique du lac et de son bassin revêt une importance primordiale pour le peuple Sahtuto’ine.

Pendant près de trois ans les organismes communautaires, les aînés et l’ensemble de la communauté autochtone des Déné Sahtuto’ine (600 habitants) ont œuvré pour que leur territoire sacré traditionnel puisse être désigné en mars 2016 comme Réserve de biosphère de l’UNESCO et partie intégrante du Réseau mondial des réserves de biosphère1.Cette reconnaissance est un événement historique pour la communauté, pour le Canada et pour le Programme sur l’Homme et la biosphère (MAB) car Tsá Tué est, et demeure à ce jour, la seule réserve de biosphère au monde établie et gérée en totalité par une communauté autochtone depuis le lancement du programme MAB en 1971.

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La Gouvernance de l’UNESCO – 2ème réunion de travail du sous groupe 2

2ème réunion du sous-groupe de travail 2

du 31 mars 2017


Cette seconde réunion est consacrée aux Programmes et aux Conventions, en rapport avec l’objet du sous groupe, à savoir l’analyse du fonctionnement des organes subsidiaires et intergouvernementaux en vue de propositions relatives aux structures et méthodes. On rappelle que ces travaux sont menés conformément aux demandes de la Conférence générale, et en se référant aux observations faites par les auditeurs/commissaires aux comptes.

En introduction, et à partir des acquis des réflexions déjà conduites, l’un des deux vice-présidents du groupe a suggéré que les observations des participants à la réunion se situent par rapport aux huit thèmes qui ressortent comme les plus importants à traiter :

  • – développer des approches intégrées et plus coopératives,
  • – mieux consacrer le caractère intergouvernemental des activités,
  • – se soucier d’un alignement des objectifs sur les orientations stratégiques de l’UNESCO et de l’agenda 2030 de l’ONU,
  • – limiter la durée des mandats (fréquence et nombre de renouvellements des membres des instances),
  • – mieux définir le rôle, les prérogatives et les procédures concernant les Bureaux,
  • – promouvoir les bonnes pratiques pour améliorer l’efficacité,
  • – assurer une meilleure transparence, rendre plus visibles les débats, le processus décisionnel,
  • – améliorer l’organisation du dialogue ente les États, les Organes internationaux et le ( les) Secrétariats.

Avant l’ouverture des échanges, il a été fait allusion à la dernière réunion du MOST, qui s’est récemment tenue en Malaisie et au cours de laquelle ont été revisitées les règles de cette instance, avec des modifications qui s’inscrivent pleinement dans l’esprit souhaité par le groupe de travail.

Le directeur du GBS (secrétariat de la Conférence générale et du Conseil exécutif) est brièvement intervenu pour souligner l’importance de la mission assignée aux groupes de travail « Gouvernance ». Il s’agit de faire des propositions pour améliorer la qualité de la gouvernance des « Programmes » et de toutes les instances qui les gèrent, pour donner une meilleure image à l’UNESCO qui est vue comme l’Agence culturelle de l’ONU et qui, dans ses activités, doit pouvoir continuer de servir efficacement le domaine culturel en mobilisant au mieux ses ressources.

Les Discussions qui ont suivi ont porté sur les Programmes et les Conventions. On a plus particulièrement suivi ce qui a concerné le CIRBC (Comité international pour le retour des biens culturels), le CPBC (Comité pour la protection des biens culturels) en lien avec la Convention de 1970 pour la lutte contre le trafic des biens culturels, le PIDC (programme international pour le développement de la communication), le PIPT (Programme intergouvernemental pour l’information pour tous), les Conventions sur la discrimination dans l’enseignement, et sur le dopage dans le sport.

S’il y a souvent eu des commentaires positifs sur ce qui est fait, notamment en matière de lutte contre les trafics d’œuvres d’art, et aussi pour tout ce qui touche la diffusion de l’information et les médias, on a relevé certaines propositions relativement consensuelles susceptibles d’améliorer les conditions de fonctionnement d’un ensemble intrinsèquement complexe du fait de la multiplicité des domaines couverts et des niveaux ou de la nature des fonctions exercées. Ces propositions ont souvent fait écho à des éléments déjà mis en évidence lors de la précédente réunion, comme par exemple le souci de gérer au mieux les ressources allouées compte tenu des restrictions budgétaires.

Parmi les observations formulées, on relèvera plus particulièrement les remarques suivantes, reprises assez fréquemment :

  • – forte demande pour que les critères de sélection des projets ou d’attribution de prix soient mieux précisés et plus harmonisés,
  • – si certains appellent à mieux prendre en compte la dimension politique des sujets – observation faite par des participants qui jugent parfois critiquable une trop forte présence des experts – un avis majoritaire tend à minimiser l’inconvénient, en soulignant la nécessité d’être professionnel et, partant, d’avoir une expertise suffisante des domaines couverts pour des raisons d’efficacité,
  • – à propos des éléments coûts, deux points à remarquer : les limites du recours aux fonds extra budgétaires si cela doit amener finalement un excès d’emprise du secteur privé, et l’intérêt qu’il y a à systématiser les analyses coûts/avantage lors des prises de décision (projets ou décisions stratégiques),
  • – le rôle des Bureaux a été souvent abordé : à défaut de réduire leur prérogative – ce sont des rouages essentiels pour bien fonctionner opérationnellement – il y a une demande pour qu’ils se soucient de bien diffuser l’information sur ce qu’ils font, et un souhait pour que leurs travaux soient rendus aussi visibles que possible (limiter les séances en huis clos),
  • – point très pratique (déjà signalé la fois précédente) : concernant les documents soumis à discussion, harmoniser leur présentation, les mettre à disposition suffisamment à l’avance,
  • – il importe d’éviter la confusion des tâches, et de ce point de vue doivent bien être rappelées les fonctions respectives des Bureaux et des Conseils : les premier traitent essentiellement les aspects opérationnels tandis que les seconds doivent se concentrer sur les sujets d’ordre stratégique,
  • – deux critiques ont porté sur les points suivants : tendance parfois à « sur-pondérer » certains thèmes par rapport aux orientations stratégiques (exemple : le PIDC privilégie 2 priorités seulement sur les 6 qui ont été définies) et, observation faite à propos de certains membres de Bureaux ou de Conseils qui tendent à plus défendre les positions de leurs pays que celle des groupes régionaux qu’ils représentent,
  • – concernant la fréquence des réunions, Bureaux ou Conseils, il y a diversité des situations, certains souhaiteraient, s’agissant de certains conseils, une fréquence annuelle plutôt que tous les deux ans, mais la contrainte budgétaire est un obstacle,
  • – s’agissant de la désignation des membres, il y a consensus pour que l’on ne renouvelle les mandats pas plus de deux fois. On recommande aussi de faire coïncider autant que faire se peut la désignation de nouveaux membres pour les Bureaux et les conseils.

Un point particulier a été débattu à propos de la Commission de conciliation chargée de régler les éventuels différends entre États à propos de l’interprétation de la Convention sur les discriminations dans l’enseignement. C’est un organe qui ne s’est jamais réuni depuis sa création en 1962. On pourrait envisager de l’abolir, mais cela relève de la Conférence générale. Il est proposé de soumettre la question au Comité des recommandations et interprétations relatif aux discriminations en matière d’’éducation (qui est rattaché au Conseil exécutif)). Le directeur du GBS propose que ce point soit signalé au sous groupe 1 qui est en charge de la gouvernance des organes centraux et porté à la connaissance de la Conférence générale.

Yves Nachbaur le 2 avril 2017

70ème anniversaire du CCIC : L’espérance au cœur du  Monde

Le CCIC et ses amis ont vécu le 23 mars 2017, à la maison de l’UNESCO, une belle journée d’échanges pour célébrer soixante dix ans d’une existence bien remplie en coopération avec l’UNESCO.

Plus de quatre cent cinquante personnes ont participé au Forum : « Quel monde voulons-nous construire ensemble ? » organisé à cette occasion.

Dans l’assemblée il faut noter tout particulièrement la présence de plus 35 présidents d’ONG internationales membres du réseau du CCIC, 45 auteurs du recueil « Paroles d’espérance », des représentants de l’Église, de l’UNESCO, et de plusieurs États membres sans oublier de nombreux invités venus des quatre coins du monde.

Mgr Follo – Cardinal Maradiaga – Mme C. Roche – M. Éric Falt

Au cours de la journée se sont succédé les comptes rendus des travaux des ateliers de réflexion internes au CCIC puis les tables rondes sur des thèmes privilégiés de l’UNESCO : le dialogue interculturel et interreligieux, l’espérance éducative, les enjeux des mutations socio-économiques et des évolutions scientifiques.

Les intermèdes musicaux très appréciés ont été assurés par le chœur African Bach Christi et la violoncelliste Marie Deremble-Wauquiez . Grâce à un partenariat avec l’Institut Catholique de Paris un accueil souriant était assuré par une quinzaine d’étudiantes enthousiastes de l’ICP Com Challenge.

 Dans son adresse introductive, la présidente du CCIC, Madame Christine Roche a rappelé que « seuls, nous sommes à la merci du découragement, ensemble nous pouvons tout oser ».

Elle a annoncé aussi la publication du recueil « Paroles d’Espérance » qui a été distribué en fin d’après midi à tous les participants. La lecture d’extraits choisis par Emmanuelle Dancourt animatrice de la journée a ponctué les débats, révélant la diversité et la richesse de l’inspiration des auteurs, d’authentiques passeurs d’espérance.

SE Cardinal Maradiaga

Message du Cardinal Parolin au nom du Pape François , lu par Monseigneur Francesco Follo, Observateur permanent du Saint Siège auprès de l’UNESCO, allocution inaugurale et conclusion chaleureuses du Cardinal Oscar Andrès Rodrigez Maradiaga, témoignages de personnes engagées dans divers pays : ces quelques heures de rencontres ont été riches en contenu. Elles ont favorisé la reconnaissance d’intérêts communs et de visions porteuses d’espérance.

Mgr Francesco Follo

Voici quelques extraits des paroles prononcées :

« L’éducation authentique, c’est la vie, elle est le moyen de sortir de la pauvreté, des enfermements et de toutes les dérives qui nous menacent dans un monde plein de risques ou de dangers : exploitation des femmes, réductionnisme, mépris de l’humain, purisme fanatique… »

« L’éducation c’est aussi l’ouverture à la liberté et à la transcendance…  »

« Il faut viser une société résiliente, ouverte à l’autre, respectueuse des identités, capable de dialoguer, inclusive, rayonnante et plurielle, sachant accueillir l’autre : importance de l’hospitalité, de la responsabilité individuelle, où l’on reconnaît les Personnes, pleinement et à tous les niveaux… »

« Chacun est un et unique, avec sa richesse, une richesse qu’il faut savoir reconnaître et promouvoir, singulièrement du côté des jeunes, à l’école et dans la vie : c’est la meilleure voie pour assurer le développement… »

Pour conclure, le Cardinal Maradiaga a salué la richesse des thèmes abordés, leur pertinence ainsi que l’esprit dans lequel ils ont été traités : avec bienveillance, réalisme et toujours avec des vues positives. Il faut aller dans ce sens, nous dit-il. Il nous invite à continuer pour découvrir sans cesse des chemins d’espérance pour la Paix et pour la grandeur de la personne en restant à l’écoute du Monde dans un dialogue ouvert. « Sachons œuvrer pour un Monde moins égoïste et obsédé par la richesse ou la domination violente, soyons plus soucieux d’éthique. »

Le CCIC, comme laboratoire de pensées et de réflexion, comme plate-forme de dialogue peut contribuer avec l’UNESCO à la construction d’un Monde de Paix.
Y. Nachbaur

Lire le Programme du 23 mars
Lire la note conceptuelle
Voir la liste des intervenants

Lire les « rendus » des cinq ateliers

La Gouvernance de l’UNESCO – Réunion de travail du sous groupe 2


Réunion de travail du sous-groupe 2
« structure, composition et méthode
des organes internationaux et intergouvernementaux »
le 28 février 2017


Cette réflexion répond à la demande de la dernière Conférence Générale de novembre 2015, qui a souhaité que soit revue la gouvernance de l’UNESCO et des organes dits subsidiaires qui lui sont rattachés (Conventions, Comités et Programmes spécialisés).

Première réunion (sur trois prévues) préparée en amont avec un travail des services qui a été salué, qu’il s’agisse des consultations préalables ou de l’élaboration de documents remis aux participants : une note des deux vice-présidents et une matrice fonctionnelle faisant ressortir les points essentiels.

De la discussion introductive et des échanges portant sur les grands Programmes ou les Conventions avec les structures qui en ont la charge (Conseil, Comité, Bureaux) ressortent un certain nombre d’idées souvent assez consensuelles qui permettent de formuler trois observations : les sujets sur lesquels il y a lieu de travailler sont assez nombreux, dans un certain nombre de cas il semble possible d’envisager des améliorations notables en termes d’harmonisation, mais, même si on peut s’acheminer vers une organisation plus unifiée, il y a lieu aussi de considérer les limites d’une telle orientation soit en raison de la spécificité des sujets soit pour respecter les prérogatives des états, sachant sur ce dernier point, comme cela a été rappelé par de nombreuses délégation, que l’UNESCO est une institution d’essence intergouvernementale.


Les éléments de convergence :

On retiendra notamment :

  • un souhait unanime pour que les structures en périphérie (programmes, conseils consultatifs ou autres comités) soient, plus qu’actuellement, bien alignés sur les lignes C5 et C4 définies par les organes directeurs ( stratégie, budgets vus sur un horizon de moyen terme) et les objectifs ODD 2030.

  • attention à apporter à l’articulation des rôles entre les échelons décentralisés délégataires mais non décisionnaires et le Comité exécutif ou/et la Conférence Générale.

  • toute une série de mesures opérationnelles, souvent extraites de pratiques déjà expérimentées dans tel ou tel domaine : systématiser les plans d’actions, organiser de façon rigoureuse les réunions (exemple : notes préalables précisant les points soumis à discussion, assortir chacun des points de décision à prendre, normalisation des pratiques en matière de diffusion des PV).

  • se soucier de coopération pour rendre les travaux plus efficaces (coopération intra UNESCO ou entre agences ONU).

  • plus ou mieux utiliser les systèmes d’information (il a été demandé de revisiter la stratégie TIC de l’UNESCO définie en 2015°).

  • formater autant que faire se peut les rapports, et se soucier du suivi des recommandations qu’ils peuvent préconiser.

  • une idée proposée par la Suède, à savoir élaborer un code de bonnes pratiques, semble être bien reçue, ce recueil pourrait bénéficier de ce qui est déjà reconnu comme très positif au sein de certains Comités et ne pas couvrir les seuls aspects opérationnels : à cet égard on a parlé pour ce code des questions d’ordre éthique.

  • importance soulignée du rôle tenu par les Bureaux (organisation de consultation, interaction avec les services, et les organes dirigeants etc), ce qui pourrait justifier de bien s’entendre sur leurs règles de fonctionnement en visant une certaine homogénéité des pratiques.


Les Spécificités et sujets plus délicats à harmoniser :

Un fait est d’abord à considérer : par leur Histoire, leurs spécificités et la taille des budgets, les Programmes et Comités ne sauraient tous se fondre dans le même moule, avec exactement les mêmes règles.

Il y a aussi à prendre en compte les sensibilités, par exemple en ce qui concerne les langues.

On se limitera à l’identification de quelques points relevés au fil des échanges  qui peuvent justifier des nuances d’appréciation :

  • les langues : selon les cas il peut y en avoir 2, 4 ou 6… Il paraît difficile d’avoir une unité de vue sur ce point. A noter plusieurs pays africains qui insistent pour avoir le plus souvent le français parmi les langues employées.

  • le contenu des mandats : s’agissant des activités, il est naturellement reconnu que les activités soient ciblées sur les missions de l’UNESCO mais la variété des domaines couverts justifie une diversité dans la formulation des missions des structures subsidiaires.

  • la composition des bureaux ou des conseils ainsi que la sélection des membres : point délicat où se trouve posée la question de la représentativité géographique et celle du profil de compétences. Définir des critères précis parait difficile, car doivent être pris en compte à la fois des éléments politiques et des dimensions technique (c’est la question des experts).

  • durée des mandats personnels et rotation : peut on renouveler ? y a-t-il un optimum ? Là aussi on ne voit pas forcément qu’il faille tout uniformiser ; s’il pourrait y avoir un soutien à la proposition de ne pas laisser les mêmes personnes ou États rester trop longtemps en poste, il ne faudrait pas que la mobilité qui découlerait d’un tel régime bute sur une difficulté parfois notée : nombre insuffisant de candidats. Il y a lieu aussi de voir que certaines instances techniques nécessitent une certaine permanence de leurs membres-experts.

  • fréquence des réunions : grande diversité de pratiques, difficile à trouver une norme.


La revue de gouvernance par Comité :

Dans un second temps, après la discussion générale, les questions de gouvernance par programme ou comité ont été traitées.

Ont ainsi été examinés : le PHI (hydrologie), le MAB (la biosphère), le MOST (sciences humaines, sciences), les CIB et CHIB (la bio-éthique), ainsi que le CEGPS, le Comité éducation physique et sport, et le Comité du siège.

Dans chaque cas, ont été rappelés en introduction les caractéristiques (organisation, fonctionnement, composition, activités etc) de chaque instance, leur date de création puis ont été formulées les observations des délégations.

Outre leurs bonnes pratiques mises en évidence (cf ci-dessus), on aura relevé, parmi les points susceptibles d’amélioration, la question de la transparence (notamment l’information des États), la répartition des rôles entre les instances centrales et les structures décentralisées (souhait d’éviter au niveau siège le micro management, et respect du principe de subsidiarité), le suivi des réalisations.

YN

Langue maternelle Journée internationale 2017

UNESCO – Journée internationale de la langue maternelle 2017

« Vers des avenirs durables grâce à l’éducation multilingue»

Mardi 21 février 2017


Trois temps marquaient cette 17ème Journée internationale de la langue maternelle :
un premier temps d’allocutions, dont celle de Mme Irina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO,
un deuxième temps sur la contribution des langues au développement durable et un troisième temps sur l’incompréhension entre les langues créoles.1


Allocutions
Modérateur :
M. Qian Tang, Sous-Directeur général pour l’éducation, UNESCO

Allocution d’ouverture : Mme Irina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO

« A l’occasion de la Journée internationale de la langue maternelle, l’UNESCO réaffirme son engagement total pour la diversité linguistique et le multilinguisme. Il ne peut y avoir de dialogue authentique, ni de coopération internationale efficace, sans le respect de la diversité linguistique, qui ouvre à la compréhension véritable de chaque culture. C’est pourquoi l’apprentissage des langues est à la fois une promesse de paix d’innovation et de créativité… L’éducation et l’information dans la langue maternelle est primordial pour améliorer les apprentissages, développer la confiance et l’estime de soi, qui sont parmi les plus puissants moteurs de développement  A l’occasion de cette Journée je lance un appel pour que le potentiel de l’éducation multilingue soit reconnu partout, dans les systèmes éducatifs et administratifs, dans les expressions culturelles et dans les médias, le cyberespace. »


Allocution : Mme Youma Fall, Directrice Langue Française, culture et diversité,
Organisation internationale de la Francophonie (OIF)

Bâtir un espace de solidarité francophone fondé sur les principes d’humanisme, de démocratie et de respect de la diversité des cultures et des langues tel est le but poursuivi par la Francophonie. La conviction que la richesse vient de la diversité est au cœur de son engagement pour la diversité culturelle et linguistique.

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