Tsá Tué – Réserves de biosphère et stratégies autochtones

Réserves de biosphère et stratégies autochtones pour la sauvegarde des territoires sacrés, des styles de vie traditionnels et l’utilisation durable des terres
histoire et visions de la Réserve de biosphère de Ts
á Tué au Canada

UNESCO, lundi 3 avril 2017

Une délégation de représentants de la communauté autochtone Déné Sahtúot’ine était invitée à partager son histoire et sa vision pour la réserve de biosphère de Tsá Tué au Canada dans le cadre d’une matinée organisée par la Commission du Canada pour l’UNESCO, le Programme sur l’Homme et la biosphère (MAB) et le Programme Systèmes de savoirs locaux et autochtones (UNESCO-LINKS).

Cet événement se déroulait en présence de la Directrice Générale de l’UNESCO, Mme Irina Bokova, et de Mme Elaine Ayotte, Ambassadeur du Canada auprès de l’UNESCO. Les échanges étaient animés par M. Douglas Nakashima, Chef de Section Petites îles et savoirs locaux et autochtones, UNESCO et Mme Meriem Bouamrane, Secrétariat du MAB, UNESCO.

La Réserve de biosphère Tsá Tué est située dans les Territoires du Nord-Ouest du Canada. Elle couvre plus de 93 000 km2 (deux fois la superficie de la Suisse). La région est la terre natale des Sahtuto’ine, le « peuple du lac de l’ours ». Elle comprend le Grand Lac de l’Ours, dernier lac arctique vierge, et une partie de son bassin hydrographique. La culture Sahtuto’ine est intrinsèquement liée à la santé du lac, de son bassin et des animaux qui l’habitent. En tant que tel, le maintien de l’intégrité écologique du lac et de son bassin revêt une importance primordiale pour le peuple Sahtuto’ine.

Pendant près de trois ans les organismes communautaires, les aînés et l’ensemble de la communauté autochtone des Déné Sahtuto’ine (600 habitants) ont œuvré pour que leur territoire sacré traditionnel puisse être désigné en mars 2016 comme Réserve de biosphère de l’UNESCO et partie intégrante du Réseau mondial des réserves de biosphère1.Cette reconnaissance est un événement historique pour la communauté, pour le Canada et pour le Programme sur l’Homme et la biosphère (MAB) car Tsá Tué est, et demeure à ce jour, la seule réserve de biosphère au monde établie et gérée en totalité par une communauté autochtone depuis le lancement du programme MAB en 1971.

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La Gouvernance de l’UNESCO – 2ème réunion de travail du sous groupe 2

2ème réunion du sous-groupe de travail 2

du 31 mars 2017


Cette seconde réunion est consacrée aux Programmes et aux Conventions, en rapport avec l’objet du sous groupe, à savoir l’analyse du fonctionnement des organes subsidiaires et intergouvernementaux en vue de propositions relatives aux structures et méthodes. On rappelle que ces travaux sont menés conformément aux demandes de la Conférence générale, et en se référant aux observations faites par les auditeurs/commissaires aux comptes.

En introduction, et à partir des acquis des réflexions déjà conduites, l’un des deux vice-présidents du groupe a suggéré que les observations des participants à la réunion se situent par rapport aux huit thèmes qui ressortent comme les plus importants à traiter :

  • – développer des approches intégrées et plus coopératives,
  • – mieux consacrer le caractère intergouvernemental des activités,
  • – se soucier d’un alignement des objectifs sur les orientations stratégiques de l’UNESCO et de l’agenda 2030 de l’ONU,
  • – limiter la durée des mandats (fréquence et nombre de renouvellements des membres des instances),
  • – mieux définir le rôle, les prérogatives et les procédures concernant les Bureaux,
  • – promouvoir les bonnes pratiques pour améliorer l’efficacité,
  • – assurer une meilleure transparence, rendre plus visibles les débats, le processus décisionnel,
  • – améliorer l’organisation du dialogue ente les États, les Organes internationaux et le ( les) Secrétariats.

Avant l’ouverture des échanges, il a été fait allusion à la dernière réunion du MOST, qui s’est récemment tenue en Malaisie et au cours de laquelle ont été revisitées les règles de cette instance, avec des modifications qui s’inscrivent pleinement dans l’esprit souhaité par le groupe de travail.

Le directeur du GBS (secrétariat de la Conférence générale et du Conseil exécutif) est brièvement intervenu pour souligner l’importance de la mission assignée aux groupes de travail « Gouvernance ». Il s’agit de faire des propositions pour améliorer la qualité de la gouvernance des « Programmes » et de toutes les instances qui les gèrent, pour donner une meilleure image à l’UNESCO qui est vue comme l’Agence culturelle de l’ONU et qui, dans ses activités, doit pouvoir continuer de servir efficacement le domaine culturel en mobilisant au mieux ses ressources.

Les Discussions qui ont suivi ont porté sur les Programmes et les Conventions. On a plus particulièrement suivi ce qui a concerné le CIRBC (Comité international pour le retour des biens culturels), le CPBC (Comité pour la protection des biens culturels) en lien avec la Convention de 1970 pour la lutte contre le trafic des biens culturels, le PIDC (programme international pour le développement de la communication), le PIPT (Programme intergouvernemental pour l’information pour tous), les Conventions sur la discrimination dans l’enseignement, et sur le dopage dans le sport.

S’il y a souvent eu des commentaires positifs sur ce qui est fait, notamment en matière de lutte contre les trafics d’œuvres d’art, et aussi pour tout ce qui touche la diffusion de l’information et les médias, on a relevé certaines propositions relativement consensuelles susceptibles d’améliorer les conditions de fonctionnement d’un ensemble intrinsèquement complexe du fait de la multiplicité des domaines couverts et des niveaux ou de la nature des fonctions exercées. Ces propositions ont souvent fait écho à des éléments déjà mis en évidence lors de la précédente réunion, comme par exemple le souci de gérer au mieux les ressources allouées compte tenu des restrictions budgétaires.

Parmi les observations formulées, on relèvera plus particulièrement les remarques suivantes, reprises assez fréquemment :

  • – forte demande pour que les critères de sélection des projets ou d’attribution de prix soient mieux précisés et plus harmonisés,
  • – si certains appellent à mieux prendre en compte la dimension politique des sujets – observation faite par des participants qui jugent parfois critiquable une trop forte présence des experts – un avis majoritaire tend à minimiser l’inconvénient, en soulignant la nécessité d’être professionnel et, partant, d’avoir une expertise suffisante des domaines couverts pour des raisons d’efficacité,
  • – à propos des éléments coûts, deux points à remarquer : les limites du recours aux fonds extra budgétaires si cela doit amener finalement un excès d’emprise du secteur privé, et l’intérêt qu’il y a à systématiser les analyses coûts/avantage lors des prises de décision (projets ou décisions stratégiques),
  • – le rôle des Bureaux a été souvent abordé : à défaut de réduire leur prérogative – ce sont des rouages essentiels pour bien fonctionner opérationnellement – il y a une demande pour qu’ils se soucient de bien diffuser l’information sur ce qu’ils font, et un souhait pour que leurs travaux soient rendus aussi visibles que possible (limiter les séances en huis clos),
  • – point très pratique (déjà signalé la fois précédente) : concernant les documents soumis à discussion, harmoniser leur présentation, les mettre à disposition suffisamment à l’avance,
  • – il importe d’éviter la confusion des tâches, et de ce point de vue doivent bien être rappelées les fonctions respectives des Bureaux et des Conseils : les premier traitent essentiellement les aspects opérationnels tandis que les seconds doivent se concentrer sur les sujets d’ordre stratégique,
  • – deux critiques ont porté sur les points suivants : tendance parfois à « sur-pondérer » certains thèmes par rapport aux orientations stratégiques (exemple : le PIDC privilégie 2 priorités seulement sur les 6 qui ont été définies) et, observation faite à propos de certains membres de Bureaux ou de Conseils qui tendent à plus défendre les positions de leurs pays que celle des groupes régionaux qu’ils représentent,
  • – concernant la fréquence des réunions, Bureaux ou Conseils, il y a diversité des situations, certains souhaiteraient, s’agissant de certains conseils, une fréquence annuelle plutôt que tous les deux ans, mais la contrainte budgétaire est un obstacle,
  • – s’agissant de la désignation des membres, il y a consensus pour que l’on ne renouvelle les mandats pas plus de deux fois. On recommande aussi de faire coïncider autant que faire se peut la désignation de nouveaux membres pour les Bureaux et les conseils.

Un point particulier a été débattu à propos de la Commission de conciliation chargée de régler les éventuels différends entre États à propos de l’interprétation de la Convention sur les discriminations dans l’enseignement. C’est un organe qui ne s’est jamais réuni depuis sa création en 1962. On pourrait envisager de l’abolir, mais cela relève de la Conférence générale. Il est proposé de soumettre la question au Comité des recommandations et interprétations relatif aux discriminations en matière d’’éducation (qui est rattaché au Conseil exécutif)). Le directeur du GBS propose que ce point soit signalé au sous groupe 1 qui est en charge de la gouvernance des organes centraux et porté à la connaissance de la Conférence générale.

Yves Nachbaur le 2 avril 2017

70ème anniversaire du CCIC : L’espérance au cœur du  Monde

Le CCIC et ses amis ont vécu le 23 mars 2017, à la maison de l’UNESCO, une belle journée d’échanges pour célébrer soixante dix ans d’une existence bien remplie en coopération avec l’UNESCO.

Plus de quatre cent cinquante personnes ont participé au Forum : « Quel monde voulons-nous construire ensemble ? » organisé à cette occasion.

Dans l’assemblée il faut noter tout particulièrement la présence de plus 35 présidents d’ONG internationales membres du réseau du CCIC, 45 auteurs du recueil « Paroles d’espérance », des représentants de l’Église, de l’UNESCO, et de plusieurs États membres sans oublier de nombreux invités venus des quatre coins du monde.

Mgr Follo – Cardinal Maradiaga – Mme C. Roche – M. Éric Falt

Au cours de la journée se sont succédé les comptes rendus des travaux des ateliers de réflexion internes au CCIC puis les tables rondes sur des thèmes privilégiés de l’UNESCO : le dialogue interculturel et interreligieux, l’espérance éducative, les enjeux des mutations socio-économiques et des évolutions scientifiques.

Les intermèdes musicaux très appréciés ont été assurés par le chœur African Bach Christi et la violoncelliste Marie Deremble-Wauquiez . Grâce à un partenariat avec l’Institut Catholique de Paris un accueil souriant était assuré par une quinzaine d’étudiantes enthousiastes de l’ICP Com Challenge.

 Dans son adresse introductive, la présidente du CCIC, Madame Christine Roche a rappelé que « seuls, nous sommes à la merci du découragement, ensemble nous pouvons tout oser ».

Elle a annoncé aussi la publication du recueil « Paroles d’Espérance » qui a été distribué en fin d’après midi à tous les participants. La lecture d’extraits choisis par Emmanuelle Dancourt animatrice de la journée a ponctué les débats, révélant la diversité et la richesse de l’inspiration des auteurs, d’authentiques passeurs d’espérance.

SE Cardinal Maradiaga

Message du Cardinal Parolin au nom du Pape François , lu par Monseigneur Francesco Follo, Observateur permanent du Saint Siège auprès de l’UNESCO, allocution inaugurale et conclusion chaleureuses du Cardinal Oscar Andrès Rodrigez Maradiaga, témoignages de personnes engagées dans divers pays : ces quelques heures de rencontres ont été riches en contenu. Elles ont favorisé la reconnaissance d’intérêts communs et de visions porteuses d’espérance.

Mgr Francesco Follo

Voici quelques extraits des paroles prononcées :

« L’éducation authentique, c’est la vie, elle est le moyen de sortir de la pauvreté, des enfermements et de toutes les dérives qui nous menacent dans un monde plein de risques ou de dangers : exploitation des femmes, réductionnisme, mépris de l’humain, purisme fanatique… »

« L’éducation c’est aussi l’ouverture à la liberté et à la transcendance…  »

« Il faut viser une société résiliente, ouverte à l’autre, respectueuse des identités, capable de dialoguer, inclusive, rayonnante et plurielle, sachant accueillir l’autre : importance de l’hospitalité, de la responsabilité individuelle, où l’on reconnaît les Personnes, pleinement et à tous les niveaux… »

« Chacun est un et unique, avec sa richesse, une richesse qu’il faut savoir reconnaître et promouvoir, singulièrement du côté des jeunes, à l’école et dans la vie : c’est la meilleure voie pour assurer le développement… »

Pour conclure, le Cardinal Maradiaga a salué la richesse des thèmes abordés, leur pertinence ainsi que l’esprit dans lequel ils ont été traités : avec bienveillance, réalisme et toujours avec des vues positives. Il faut aller dans ce sens, nous dit-il. Il nous invite à continuer pour découvrir sans cesse des chemins d’espérance pour la Paix et pour la grandeur de la personne en restant à l’écoute du Monde dans un dialogue ouvert. « Sachons œuvrer pour un Monde moins égoïste et obsédé par la richesse ou la domination violente, soyons plus soucieux d’éthique. »

Le CCIC, comme laboratoire de pensées et de réflexion, comme plate-forme de dialogue peut contribuer avec l’UNESCO à la construction d’un Monde de Paix.
Y. Nachbaur

Lire le Programme du 23 mars
Lire la note conceptuelle
Voir la liste des intervenants

Lire les « rendus » des cinq ateliers

La Gouvernance de l’UNESCO – Réunion de travail du sous groupe 2


Réunion de travail du sous-groupe 2
« structure, composition et méthode
des organes internationaux et intergouvernementaux »
le 28 février 2017


Cette réflexion répond à la demande de la dernière Conférence Générale de novembre 2015, qui a souhaité que soit revue la gouvernance de l’UNESCO et des organes dits subsidiaires qui lui sont rattachés (Conventions, Comités et Programmes spécialisés).

Première réunion (sur trois prévues) préparée en amont avec un travail des services qui a été salué, qu’il s’agisse des consultations préalables ou de l’élaboration de documents remis aux participants : une note des deux vice-présidents et une matrice fonctionnelle faisant ressortir les points essentiels.

De la discussion introductive et des échanges portant sur les grands Programmes ou les Conventions avec les structures qui en ont la charge (Conseil, Comité, Bureaux) ressortent un certain nombre d’idées souvent assez consensuelles qui permettent de formuler trois observations : les sujets sur lesquels il y a lieu de travailler sont assez nombreux, dans un certain nombre de cas il semble possible d’envisager des améliorations notables en termes d’harmonisation, mais, même si on peut s’acheminer vers une organisation plus unifiée, il y a lieu aussi de considérer les limites d’une telle orientation soit en raison de la spécificité des sujets soit pour respecter les prérogatives des états, sachant sur ce dernier point, comme cela a été rappelé par de nombreuses délégation, que l’UNESCO est une institution d’essence intergouvernementale.


Les éléments de convergence :

On retiendra notamment :

  • un souhait unanime pour que les structures en périphérie (programmes, conseils consultatifs ou autres comités) soient, plus qu’actuellement, bien alignés sur les lignes C5 et C4 définies par les organes directeurs ( stratégie, budgets vus sur un horizon de moyen terme) et les objectifs ODD 2030.

  • attention à apporter à l’articulation des rôles entre les échelons décentralisés délégataires mais non décisionnaires et le Comité exécutif ou/et la Conférence Générale.

  • toute une série de mesures opérationnelles, souvent extraites de pratiques déjà expérimentées dans tel ou tel domaine : systématiser les plans d’actions, organiser de façon rigoureuse les réunions (exemple : notes préalables précisant les points soumis à discussion, assortir chacun des points de décision à prendre, normalisation des pratiques en matière de diffusion des PV).

  • se soucier de coopération pour rendre les travaux plus efficaces (coopération intra UNESCO ou entre agences ONU).

  • plus ou mieux utiliser les systèmes d’information (il a été demandé de revisiter la stratégie TIC de l’UNESCO définie en 2015°).

  • formater autant que faire se peut les rapports, et se soucier du suivi des recommandations qu’ils peuvent préconiser.

  • une idée proposée par la Suède, à savoir élaborer un code de bonnes pratiques, semble être bien reçue, ce recueil pourrait bénéficier de ce qui est déjà reconnu comme très positif au sein de certains Comités et ne pas couvrir les seuls aspects opérationnels : à cet égard on a parlé pour ce code des questions d’ordre éthique.

  • importance soulignée du rôle tenu par les Bureaux (organisation de consultation, interaction avec les services, et les organes dirigeants etc), ce qui pourrait justifier de bien s’entendre sur leurs règles de fonctionnement en visant une certaine homogénéité des pratiques.


Les Spécificités et sujets plus délicats à harmoniser :

Un fait est d’abord à considérer : par leur Histoire, leurs spécificités et la taille des budgets, les Programmes et Comités ne sauraient tous se fondre dans le même moule, avec exactement les mêmes règles.

Il y a aussi à prendre en compte les sensibilités, par exemple en ce qui concerne les langues.

On se limitera à l’identification de quelques points relevés au fil des échanges  qui peuvent justifier des nuances d’appréciation :

  • les langues : selon les cas il peut y en avoir 2, 4 ou 6… Il paraît difficile d’avoir une unité de vue sur ce point. A noter plusieurs pays africains qui insistent pour avoir le plus souvent le français parmi les langues employées.

  • le contenu des mandats : s’agissant des activités, il est naturellement reconnu que les activités soient ciblées sur les missions de l’UNESCO mais la variété des domaines couverts justifie une diversité dans la formulation des missions des structures subsidiaires.

  • la composition des bureaux ou des conseils ainsi que la sélection des membres : point délicat où se trouve posée la question de la représentativité géographique et celle du profil de compétences. Définir des critères précis parait difficile, car doivent être pris en compte à la fois des éléments politiques et des dimensions technique (c’est la question des experts).

  • durée des mandats personnels et rotation : peut on renouveler ? y a-t-il un optimum ? Là aussi on ne voit pas forcément qu’il faille tout uniformiser ; s’il pourrait y avoir un soutien à la proposition de ne pas laisser les mêmes personnes ou États rester trop longtemps en poste, il ne faudrait pas que la mobilité qui découlerait d’un tel régime bute sur une difficulté parfois notée : nombre insuffisant de candidats. Il y a lieu aussi de voir que certaines instances techniques nécessitent une certaine permanence de leurs membres-experts.

  • fréquence des réunions : grande diversité de pratiques, difficile à trouver une norme.


La revue de gouvernance par Comité :

Dans un second temps, après la discussion générale, les questions de gouvernance par programme ou comité ont été traitées.

Ont ainsi été examinés : le PHI (hydrologie), le MAB (la biosphère), le MOST (sciences humaines, sciences), les CIB et CHIB (la bio-éthique), ainsi que le CEGPS, le Comité éducation physique et sport, et le Comité du siège.

Dans chaque cas, ont été rappelés en introduction les caractéristiques (organisation, fonctionnement, composition, activités etc) de chaque instance, leur date de création puis ont été formulées les observations des délégations.

Outre leurs bonnes pratiques mises en évidence (cf ci-dessus), on aura relevé, parmi les points susceptibles d’amélioration, la question de la transparence (notamment l’information des États), la répartition des rôles entre les instances centrales et les structures décentralisées (souhait d’éviter au niveau siège le micro management, et respect du principe de subsidiarité), le suivi des réalisations.

YN

Langue maternelle Journée internationale 2017

UNESCO – Journée internationale de la langue maternelle 2017

« Vers des avenirs durables grâce à l’éducation multilingue»

Mardi 21 février 2017


Trois temps marquaient cette 17ème Journée internationale de la langue maternelle :
un premier temps d’allocutions, dont celle de Mme Irina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO,
un deuxième temps sur la contribution des langues au développement durable et un troisième temps sur l’incompréhension entre les langues créoles.1


Allocutions
Modérateur :
M. Qian Tang, Sous-Directeur général pour l’éducation, UNESCO

Allocution d’ouverture : Mme Irina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO

« A l’occasion de la Journée internationale de la langue maternelle, l’UNESCO réaffirme son engagement total pour la diversité linguistique et le multilinguisme. Il ne peut y avoir de dialogue authentique, ni de coopération internationale efficace, sans le respect de la diversité linguistique, qui ouvre à la compréhension véritable de chaque culture. C’est pourquoi l’apprentissage des langues est à la fois une promesse de paix d’innovation et de créativité… L’éducation et l’information dans la langue maternelle est primordial pour améliorer les apprentissages, développer la confiance et l’estime de soi, qui sont parmi les plus puissants moteurs de développement  A l’occasion de cette Journée je lance un appel pour que le potentiel de l’éducation multilingue soit reconnu partout, dans les systèmes éducatifs et administratifs, dans les expressions culturelles et dans les médias, le cyberespace. »


Allocution : Mme Youma Fall, Directrice Langue Française, culture et diversité,
Organisation internationale de la Francophonie (OIF)

Bâtir un espace de solidarité francophone fondé sur les principes d’humanisme, de démocratie et de respect de la diversité des cultures et des langues tel est le but poursuivi par la Francophonie. La conviction que la richesse vient de la diversité est au cœur de son engagement pour la diversité culturelle et linguistique.

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L’UNESCO et les Peuples Autochtones

Politique de l’UNESCO concernant l’engagement
en faveur des Peuples Autochtones

Réunion d’information avec les délégations permanentes
Jeudi 2 février 2017 à l’UNESCO


La réunion d’information vise à informer les Délégations permanentes sur l’élaboration de la politique de l’UNESCO concernant l’engagement en faveur les peuples autochtones, y compris les bases pour le développement de la politique, et les activités de l’UNESCO en relation avec les peuples autochtones.

L’événement contribue à la célébration du 10e anniversaire de l’adoption de la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples Autochtones (2007-2017).

C’est dans le cadre de la déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA) 2007, que l’UNESCO travaille avec les peuples indigènes quant à leur droit à la culture, à l’éducation…


En quoi consiste la politique de l’UNESCO pour l’application de la DNUDPA ?

Le Tchad : Une coordination des peuples indigènes engage un travail sur la météorologie et le climat. Plusieurs organismes comme la banque mondiale, la FAO, contribuent à l’aide des peuples autochtones. La Convention 169 de l’Organisation Internationale du Travail relative aux peuples indigènes et tribaux constitue une base qui permet de mettre en œuvre les droits collectifs. Dans ces régions il y a beaucoup de crises environnementales. Il convient d’harmoniser les efforts pour que les impacts des actions menées soient efficaces. Les peuples autochtones doivent pouvoir participer à leur mise en œuvre d’où le besoin d’une reconnaissance de leurs connaissances traditionnelles. Plusieurs pays en voie de développement agissent en conséquence avec toutes ces politiques pour affronter les changements climatiques. La vie des peuples autochtones dépend des décisions prises et mises en œuvre. Nous connaissons les ressources des peuples, il est nécessaire d’harmoniser les actions de l’UNESCO et des autres acteurs au niveau national et international.

L’Association des chefs de village du Surinam : souligne l’importance de la promotion et du développement des politiques de formation. Tous les accords internationaux doivent pouvoir s’appliquer au niveau national. Le travail de l’Association s’attache à la reconnaissance des droits juridiques. Par exemple le droit de participer aux décisions qui concernent les peuples indigènes. Ces peuples étaient menacés par les exploitations minières, par la construction de routes, par l’exploitation des forêts… Les programmes scolaires qui instruisaient les peuples autochtones n’existent plus.

Ces peuples ont beaucoup souffert de l’esclavage, de l’exploitation. La DNUDPA protège ces peuples. Ils sont heureux du partenariat ONU, Banque mondiale, FAO. Les domaines d’activités de l’UNESCO sont importants pour ces peuples. Ils leurs permet d’avancer quant à la compréhension de leur mode de vie souvent oublié. Par exemple, la propriété est une propriété collective et les décisions sont prises collectivement. Les projets et les programmes aident mais dans le cadre des cultures locales. Les peuples autochtones peuvent aider à l’application des travaux et sont heureux que l’UNESCO mette en valeur les actions inclusives.

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La parole est donnée aux différentes délégations présentes et il est souligné qu’il s’agit d’une réunion d’information qui se terminera sans prise de décision.

1ère série de questions :

– Qu’appelle t-on un peuple autochtone ?
– Quel est le rôle de l’UNESCO pour assurer une éducation de qualité à ceux qui subissent des difficultés ?
– Quelles sont les initiatives prises pour promouvoir les droits émanant des différentes instantes de l’ONU ?

Le Congo souhaite que l’UNESCO le soutienne dans l’application des mêmes droits du peuple congolais au peuple autochtone des savanes comme à celui des forêts.

Les réponses sont les suivantes :

La question de la scolarisation est un défi par rapport aux objectifs. Pour aider à la réussite scolaire, la langue maternelle est promue comme langue de l’enseignement.

Pour permettre cet enseignement , des jeunes issus de ces populations sont formés. A travers la Convention 169 ces projets pour l’éducation sont pleinement pris en compte. Pour ce qui concerne le contenu, l’UNESCO encourage la diversité culturelle avec un respect des coutumes familiales, des horaires qu’imposent les activités quotidiennes.

Il existe des initiatives en faveur des populations autochtones. Des experts mènent des études et se rendent dans les pays concernés. Il existe une reconnaissance de l’ONU des peuples indigènes au sujet du changement climatique qui entraîne des risques pour eux. Enfin l’article 42 de la DNUDPA insiste sur la garantie d’assurer son efficacité à ces peuples.

Il n’existe pas de définition du peuple autochtone comme ceux-ci le souhaite. Mais il existe des critères que définit la Convention 169 de l’OIT. L’identité doit être distincte de la population du territoire. Il s’agit de populations qui subissent la marginalisation, l’oppression, qui sont vulnérable, qui suscite la protection…

2ème série de questions :

Le Canada appuie sans réserve les dispositions de la DNUDPA qui s’applique à ses trois unités autochtones. Mais ces populations sont moins scolarisées et ont une moins bonne santé. Il demande un document qui site les bonnes pratiques qui ont été expérimentées surtout concernant les femmes ;

La Nouvelle Zélande demande que soit organisée une coordination entre les actions menées dans les différents peuples autochtones ;

ONG « Traditions pour demain » ,les peuples autochtones d’Amérique latine ont des représentants présents à New York, à Genève et à Paris et ils promeuvent leurs savoirs traditionnels. Toutefois la convention relative au patrimoine culturel ne parle pas d’eux. Un groupe de travail réunit des représentants de ces peuples autochtones et les ONG concernées pour la reconnaissance de leur territoire, de la propriété intellectuelle, des agressions à leur patrimoine culturel immatériel suite aux conflits armés. Le document n’est pas encore abouti. Il n’est plus question de peuples autochtones mais de populations autochtones.

Les réponses sont les suivantes :

La mise en application de la diversité culturelle implique les dispositions de la Convention Collective de 2002 qui inclut le consentement libre et éclairé des populations. Ces deux caractères constituent le point d’entrée de l’engagement des peuples autochtones.

En ce qui concernent les conflits armés, ce sont les directives de l’UNESCO qui s’appliquent.

3ème série de questions :

Le Paraguay insiste sur la question de la diversité linguistique qui rend difficile l’accès à l’information ;

La Bolivie rend compte de la difficulté d’une définition d’un peuple autochtone au vu du nombre de ce type de peuple. En Bolivie 36 sont dénombrés avec leurs droits tous différents et leur langue maternelle. Ces peuples sont le résultats des temps coloniaux ;

Les Philippines et l’Équateur demandent une plus grande consultation avant les prises de position de Conseil Exécutif ;

Grenade met en valeur le travail inter sectoriel et salue le secteur communication quant au multilinguisme, sur l’importance de la transmission par le biais des nouvelles technologies ;

Le Mexique appuie l’importance des traductions pour faciliter la divulgation de l’information.

Les réponses sont les suivantes :

Un certain nombre de consultations avec les peuples autochtones se sont déjà tenues. Mais le document du Conseil Exécutif sera diffusé et il sera revu ultérieurement.

La question de la définition des peuples autochtones apparaît devoir être un point important à traiter au Conseil Exécutif.

La réunion d’information en faveur des peuples autochtones s’est terminée à 13h.


Pour en savoir plus sur les Peuples Autochtones :

L'ONU et les droits de l'Homme

Déclaration des Nations Unies sur les droits des Peuples Autochtones

Peuples autochtones - Voix autochtones : Foire aux questions

C169 - Convention (n° 169) relative aux peuples indigènes et tribaux, 1989

Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste

UNESCO – Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste

« Éduquer pour un futur meilleur : le rôle de sites historiques et des musées dans l’enseignement de l’Holocauste »

Jeudi 26 Janvier 2017

Chaque année, le 27 janvier, date anniversaire de la libération en 1945 du camp de concentration et d’extermination allemand nazi d’Auschwitz-Birkenau par les troupes soviétiques, l’UNESCO rend hommage à la mémoire des victimes de l’Holocauste et réaffirme son engagement contre l’antisémitisme, le racisme et toutes les autres formes d’intolérance qui peuvent conduire à une violence collective ciblée, voire à des génocides.

La commémoration – qui s’est en fait tenue cette année le 26 janvier – s’est déroulée sur quatre événements : une conférence dans le cadre du « Campus UNESCO » sur le thème : « Comment déconstruire les discours de haine »i, l’inauguration de l’exposition Archeologia présentée par le Musée d’État d’Auschwitz-Birkenauii, une table ronde, point central de la journée, sur le thème : « Éduquer pour un futur meilleur : le rôle de sites historiques et des musées dans l’enseignement de l’Holocauste » et enfin une cérémonie finale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocausteiii.

Dans le discours publié à l’occasion de cette journée, Mme Irina Bokova, Directrice-générale de l’UNESCO, insistait sur le fait que : « dans la violence qui se déchaîne aujourd’hui sur les populations civiles et les discours de haine qui se déploient sur les réseaux sociaux, nous retrouvons sans mal les échos de ces idéologies totalitaires… Plus nous connaissons notre histoire et celle des autres, plus nous tissons de liens avec l’humanité. La transmission de l’histoire favorise la solidarité et dessine une humanité plus unie, plus juste et plus pacifique. Les sites du patrimoine, les musées, les documents et les traces du passé jouent à ce titre un rôle fondamental dans l’éducation et peuvent aider chaque citoyen, à tout âge, à dénoncer les falsifications et les mensonges de ceux qui exploitent l’ignorance, la peur et la haine de l’autre. »

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Federico Mayor : « UN CHEMIN VERS LA PAIX »

« UN CHEMIN VERS LA PAIX »

Lundi 16 janvier a eu lieu au siège de l’UNESCO à Paris le vernissage de l’exposition de photos « Un chemin vers la paix », de la photographe Dominique Roger, ancien photographe de l’UNESCO. A cette occasion et invité par l’Association des anciens fonctionnaires de l’UNESCO (AAFU), Federico Mayor, ancien Directeur Général de l’UNESCO, a tenu une conférence sur ce même thème.

Georges Kutukdjian, président de l’AAFU, a accueilli et introduit les intervenants, Madame Dominique Roger et Monsieur Federico Mayor.

Madame Dominique Roger a présenté les photos de l’exposition, prises entre les années ‘70 et les années 2000 dans le monde entier pour illustrer le message et le travail de l’UNESCO : diffuser une éducation de qualité, encourager la coopération scientifique, partager la richesse des cultures, soutenir la liberté d’expression. Dominique Roger est convaincue que l’ignorance est le ferment de la haine et que l’éducation est la condition « sine qua non » pour cheminer vers la paix.

Monsieur Federico Mayor a mis l’accent sur la nécessité de l’action, au travers des attitudes et des comportements individuels : dans le monde d’aujourd’hui le pire peut être évité, nous dit-il, s’il y a une forte implication de chacun, quel que soit son niveau.

Federico Mayor
ancien Directeur Général de l’UNESCO

Pour Federico Mayor, nous sommes entrés dans une nouvelle ère, avec de grands changements aux effets négatifs potentiellement irréversibles. L’un d’entre eux tient aux risques du réchauffement climatique. Pour la première fois dans l’histoire, nous faisons face à un phénomène menaçant qui rend probable le danger d’atteindre un point de non retour. Des terres habitées pourraient disparaître. Les températures pourraient monter fortement dans certaines zones géographiques jusqu’à 50, 60 degrés. Il n’est pas étonnant dans ces conditions que le pape dans l’encyclique « Laudato si » ait appelé à s’inquiéter de ces désordres écologiques. Partageant cette inquiétude, Barak Obama, a averti à propos de ces dérèglements : « demain il sera peut-être trop tard ».

La calotte glacière de l’Arctique fond, mais nous ne changeons rien à nos styles de vie qui peuvent expliquer ce phénomène. C’est en cela que l’implication et l’action personnelles sont nécessaires si nous voulons éviter les affrontements que pourraient déclencher les dérèglements climatiques.

Une autre préoccupation mérite toute notre attention, à savoir le sujet militaire. Partout les questions touchant au Pouvoir pour la défense des intérêts des pays sont placées au rang des priorités stratégiques. C’est en somme l’application d’un principe assez paradoxal que l’on pourrait énoncer ainsi « Si vous voulez avoir la paix faites la guerre ». Résultat : on investit chaque jour 4 milliards de dollars dans l’armement. Et cette soif d’investir dans l’armement ne semble pas devoir s’estomper.

Le rôle des médias est à regarder de près, dans ce contexte : il est un fait que nous sommes soumis à leur influence. D’une certaine manière, on peut parler d’un conditionnement implicite. Les média en tout cas peuvent guider notre pensée dans la sélection ou la hiérarchisation des sujets qu’ils traitent: il y a beaucoup de suivi du football, mais quelle part consacrent ils pour se faire l’écho d’initiatives de paix ?

Il est hautement souhaitable de changer les états d’esprit. On doit concevoir autrement notre approche des questions de sécurité, en prenant bien la mesure des nouvelles menaces, qui sont loin d’être essentiellement militaires, pour se donner les meilleures chances de préserver la paix. On le voit bien, de nos jours cette paix est conditionnée par plusieurs autres facteurs : scientifique, géopolitique, environnemental.

Pour faire face à tous les risques de conflits, il faut résolument miser sur l’action et l’implication de chacun, quel que soit son niveau dans la société et en sachant cultiver de façon appropriée tout ce qui fait la singularité et l’essence de l’être humain : la parole, au travers des réseaux sociaux aussi, l’imagination, la capacité de créer!

Pour Federico Mayor, l’Éducation est essentielle,. Le verbe « apprendre » se conjugue pour lui de la sorte : apprendre à être, apprendre à faire, apprendre à vivre ensemble, apprendre à connaître, apprendre à entreprendre.

Pour la promotion de la paix, on ne saurait trop insister sur le rôle bénéfique que peuvent jouer les femmes. Mandela disait « les femmes utilisent la force seulement exceptionnellement tandis que les hommes seulement exceptionnellement ne l’utilisent pas. » Aujourd’hui, 20 % seulement des décisions sont prises par des femmes, ce qui est mieux que l’ancien 3,5 %.

Dernier point mis en exergue : la prévention qui est un puissant antidote face à tous les risques de déstabilisation. Une culture de la prévention de la violence est nécessaire partout : ville, quartier, entreprise, etc. et en ce domaine l’utilité des médiateurs, qui sont souvent des femmes, n’est plus à démontrer.

O.B.

UNESCO : protection de la diversité des expressions culturelles

Dixième comité intergouvernemental de la Convention de 2005
pour la protection de la diversité des expressions culturelles


12-15 décembre 2016
Siège de l’UNESCO

Cette convention est importante par son objet, à savoir « la protection des expressions culturelles », mais encore trop peu connue. Faits à retenir de cette dixième session des États Parties : des directives opérationnelles sur la mise en œuvre de la Convention dans l’environnement numérique entérinés par le Comité pour réglementer les manifestations des expressions culturelles dans ce milieu dans le sens de la préservation de la diversité et d’un accès à la culture pour tous ; un autre fait à retenir serait les restrictions budgétaires. Dans ce contexte la société civile doit jouer tout son rôle, il importe que les ONG soient parties prenantes aux mutations à l’œuvre, pour la promotion de la Culture avec pleine prise en compte de toutes ses dimensions. Un rapport important sera produit en septembre 2017, les ONG sont invitées à y contribuer pleinement.

La «Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles», a été adoptée par la 33ème session de la Conférence générale, le 20 octobre 2005. La convention a deux organes directeurs : La Conférence des Parties et le Comité Intergouvernemental.

La Conférence des Parties est l’organe plénier et souverain de la Convention. Dès lors qu’un État a ratifié la Convention et qu’elle est entrée en vigueur, il devient membre de la Conférence des Parties, laquelle se réunit en session ordinaire tous les deux ans, en juin.

Avec une session tous les deux ans, il y a eu 5 sessions de la Conférence des Parties, la première en 2007 et la dernière en 2015. La prochaine aura lieu le mois de juin 2017. Il y a 144 pays qui ont signé cette convention et une organisation internationale, l’Union Européenne, des 195 membres et 10 membres associés de l’UNESCO. Si l’on regarde les pays où la protection de la diversité culturelle pourrait poser des problèmes, parmi lesquels les pays en conflit, on peut observer que des pays comme l’Afghanistan, l’Irak, la Syrie, le Mali, la Palestine, ont signé cette Convention de l’UNESCO dédiée à la protection de la diversité culturelle, alors que d’autres comme Israël, la Libye, la Yémen ne l’ont pas encore signée.

Le Comité intergouvernemental fonctionne sous l’autorité de la Conférence des Parties et est composé des représentants de 24 États Parties à la Convention, élus par la Conférence des Parties pour un mandat de quatre ans. Le Comité intergouvernemental se réunit, habituellement, une fois par an et sa fonction principale est de promouvoir les objectifs de la Convention ainsi que d’encourager et assurer le suivi de sa mise en œuvre.

Avec la première session en 2007, c’est la 10e session de ce Comité intergouvernemental qui s’est tenue au mois de décembre 2016.
Cette session a particulièrement mis
l’accent mis sur la collaboration avec la société civile, dans le champ de l’application de cette Convention de 2005 sur la protection de la diversité culturelle.

Consulter les décisions prises par le Comité intergouvernemental

Concernant précisément l’objectif d’une plus grande implication de la société civile dans la mise en œuvre de la Convention, le Comité prévoit, surtout, un forum biennal avec la participation des États Parties, du Secrétariat et des ONG impliquées dans la mise en pratique de la Convention de 2005, en amont des sessions (biennales) de la Conférence des Parties, pour travailler en sur la question des dispositifs de nature à favoriser l’atteinte des objectifs de la Convention. Pour l’élaboration du rapport 2017 sur les activités réalisées par les ONG en lien avec la diversité, le Comité demande que, le Secrétariat puisse bénéficier de toutes les collaborations voulues. Le rôle de la société civile est un point déjà inscrit à l’ordre du jour de la prochaine session du Comité, qui aura lieu en décembre 2017. Les ONG concernées devront apporter leur contribution à ce rapport avant le 30 septembre 2017. Pour concrétiser l’objectif d’associer la société civile, le Comité a souhaité que soient élaborés avec leurs représentants des indicateurs de mesure de l’implication de la dite société civile dans la mise en œuvre de la Convention. Pour plus d’efficacité, le Comité demande aussi au Secrétariat d’organiser une séance de travail entre les représentants de la société civile et le Bureau en amont de chacune des sessions des organes directeurs (comme c’était le cas lors de cette 10e session du Comité).

Les travaux de la 10e session de Comité ont commencé avec une Session de travail entre les observateurs de la société civile, les membres du Bureau de la dixième session ordinaire du Comité (les représentants permanents de la France, du Maroc, du Brésil et du Nigeria) et la secrétaire de la Convention de 2005, Danielle Cliche.

Le Secrétariat a insisté sur le besoin de faire connaître la Convention, en mettant bien l’accent sur les défis souvent méconnus qu’elle a à relever. Même aux niveaux des services publics, on en discerne à peine l’existence en dehors des Ministères de la Culture. C’est une mission de sensibilisation à laquelle les ONG pourraient apporter leur concours. La Convention s’est donnée comme priorité les publics fragiles avec l’accès à la culture pour tous, objectif qui tend à être perdu de vue dans un contexte de restriction budgétaire (réduction des moyens alloués à la culture). Les baisses de moyens touchent souvent ce qui est affecté aux créateurs et à la création, et plus particulièrement dans les domaines qui ne sont pas « purement artistiques ».

Des associations ont fait savoir, en outre, que le spectacle vivant et le théâtre sont très affectés par la montée du « numérique » et font état des difficultés qu’elles ont pour atteindre les jeunes par le théâtre et la danse. La mobilité des artistes est importante et est, à ce moment, problématique (le même problème pour les associations du monde qui participent à cette session de travail- la majorité ce sont des associations occidentales, quelques unes d’Afrique du Nord).

Le délégué permanent du Brésil, membre du Bureau, a eu, pendant cette session de travail une intervention révélatrice pour la position des États-membres au sein de l’UNESCO : il estime que le pourcentage de la culture dans les budgets des États ne sont pas assez importants et que bien souvent leur part tend à baisser. Au Brésil, par exemple, la part des dépenses allouées à la culture a reculé de plus de 50% sur les trois dernières années. Il faut alors compenser ces pertes de financement en allant vers le secteur privé. Il estime, aussi, que la mission de cette Convention n’est pas de guider ou critiquer les États sur ce qu’ils font en matière de culture ! Dans ce contexte, l’aide que le Secrétariat de l’UNESCO attend de la part de la société civile est assez compréhensible. Les recommandations de la société civile sont ainsi très importantes pour les délégués nationaux.

Une autre décision prise lors de cette 10e session est à retenir, à savoir l’adoption du projet de directives opérationnelles sur la mise en œuvre de la Convention dans l’environnement numérique. Les délégations des pays et les ONG ont proposé des amendements au projet présenté par le Secrétariat, des amendements qui ont été pris en compte dans la décision. Une grande partie des quatre jours de travail a été dédiée aux « négociations » du texte autour de ces amendements.

Ces directives (telles qu’amendées) offrent un cadre stratégique pour la compréhension, l’interprétation et la mise en œuvre de la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, dans un environnement numérique où les biens et services culturels sont créés, produits, distribués, diffusés, consommés et/ou stockés par voie électronique. Ces biens et services véhiculent des expressions culturelles, par le biais de supports de diffusion à encodage numérique en perpétuelle évolution, par exemple, un programme informatique, un réseau, un texte, une vidéo, une image, ou un enregistrement audio.

Ces directives s’adressent en priorité aux pouvoirs publics. Les organisations non gouvernementales, les industries culturelles et créatives du secteur public et privé, y compris les plates-formes mondiales numériques, les fournisseurs d’accès Internet (FAI) et les autres acteurs dans l’environnement numérique sont également encouragés à les suivre.

Il y a plusieurs chapitres dans ces directives : les Principes directeurs (exemple : promouvoir un accès équitable et un échange équilibré des biens et services culturels dans l’environnement numérique, notamment par l’application de dispositions de traitement préférentiel pour les œuvres créées ou produites par des artistes et des professionnels de la culture, des entreprises et des organisations indépendantes issus des pays en développement) ; le Renforcement par les Parties des systèmes de gouvernance de la culture dans l’environnement numérique (ex : à l’étape de la création, les Parties doivent s’efforcer de soutenir les nouvelles formes de créativité dans l’environnement numérique, incluant les pratiques artistiques interactives et en temps réel. Cela pourrait inclure des politiques et programmes nationaux, régionaux ou locaux, ainsi que des systèmes de financement) ; Rééquilibrer les échanges de biens et services culturels (exemple : dans le cadre de la solidarité et de la coopération internationales, les Parties s’efforceront de mettre en place des dispositions de traitement préférentiel afin de faciliter des échanges plus équilibrés de biens et services culturels issus des pays en développement dans l’environnement numérique, conformément à l’article 16 de la Convention ; Intégration de la culture dans les cadres de développement durable (exemple : dans le cadre du Programme de développement durable à l’horizon 2030 et des Objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies, et conformément aux articles 13 et 14 de la Convention, les Parties peuvent concevoir des politiques nationales de développement et des programmes d’aide internationaux qui reconnaissent l’importance des aspects culturels et la complémentarité des dimensions économiques, sociales et environnementales du développement durable dans l’environnement numérique. Ainsi, les Parties doivent intégrer la culture dans leurs plans relatifs aux technologies de l’information et de la communication (TIC) et dans leurs stratégies en matière de numérique en y incluant des références à la Convention ainsi qu’à ses objectifs et principes ; Rôle de la société civile (exemple : c’est un partenariat qui peut se concrétiser par des initiatives de sensibilisation au potentiel du numérique grâce à l’utilisation des technologies numériques (telles que les réseaux sociaux, les applications mobiles, les plates-formes de discussion en ligne), à l’organisation d’événements et à la création d’outils de communication (tels que les plates-formes de travail partagé, les plates-formes d’échanges interactifs en temps réel, les blogs, les bulletins d’information électroniques) ; ou par une collaboration entre les représentants de la société civile, y compris les artistes et les professionnels de la culture, les universitaires, les chercheurs et les experts, afin d’alimenter la réflexion menée au sein d’autres organisations internationales et de se concentrer, directement ou indirectement, sur les enjeux relatifs à la diversité des expressions culturelles dans un environnement numérique).

En ce qui concerne le Fonds International pour la Diversité Culturelle, un instrument important de la Convention de 2005, le Secrétariat a approuvé le financement de 6 projets : une ONG de Colombie qui veut cartographier et renforcer des capacités pour les industries culturelles à Bogotá ; une ONG de Palestine qui entend promouvoir des startup dans les industries culturelles et créatives en Palestine ; une institution d’état au Togo qui veut organiser des ateliers régionaux de renforcement des capacités des artistes, promoteurs culturels et des administrateurs locaux sur la mise en œuvre des politiques culturelles locales ; une ONG de Madagascar qui veut inciter les jeunes à utiliser le cinéma comme moyen d’expression pour la mise en place d’une industrie du cinéma ; une ONG de Namibie qui souhaite engager les communautés défavorisées de la Namibie dans le marché international de la musique et une institution publique de Paraguay qui veut promouvoir, par les « Voix d’ASU », les expressions culturelles émergentes de la jeunesse d’Ascunción . Le montant total pour le financement de ces projets est de 503 242 dollars US.

Il y a eu 400 demandes de financement, 80 admises, 20 % des demandes (25 projets) ont été retenues et 6 projets finals sélectionnés. On a constaté un besoin de 3 millions de dollars, alors qu’un million et demi est disponible. Une levée de fonds s’avère nécessaire. Le Secrétariat a constaté aussi une baisse du nombre des demandes admissibles et 30 pays n’ont sélectionné aucun projet. Chaque projet admissible est envoyé au panel d’experts. La qualité de ces propositions de projets n’est pas très grande. Il faudrait une meilleure adaptation du projet au contexte local, aux attentes de la Convention de 2005.

La ministre du Patrimoine de Canada a annoncé une contribution au Fonds de 100 000 dollars pour des pays en développement. Elle a annoncé aussi un nouveau projet du gouvernement canadien – une étude sur la fracture numérique en Afrique.

En parlant de la protection de la diversité culturelle au Canada, Mélanie Joly, ministre du Patrimoine, a accentué l’importance du contrat social au Canada : le poids des deux langues officielles est respecté, ainsi que la place du multiculturalisme ou la réconciliation avec les peuples autochtones. Le ministère de la Culture canadien fait aussi des efforts pour améliorer la créativité au sein de la population pour stimuler l’industrie de la création. Au Canada, une permutation des industries culturelles traditionnelles est encouragée : le film, le livre, la musique, vers les industries créatives : jeux vidéo, réalité virtuelle, réalité augmentée, design, avec, dans le même temps, la préoccupation d’avoir des contenus de qualité.

Fernando Griffith, ministre de la Culture de Paraguay a insisté sur le fait que l’appareil ou l’accès aux informations n’est pas toujours le problème le plus grand. On est submergés par les données. Le grand problème est que les gens ne comprennent pas toujours les informations véhiculées. Les politiques en matière de TIC (technologies de l’information et de la communication) doivent être accompagnées par des politiques éducatives de sorte que le discernement et la compréhension soient privilégiés. Les pensées créative, complexe et critique sont les trois pensées auxquelles les personnes doivent être entraînées, des pensées qui sont une ressource humaine, capable de changer l’environnement, de sortir les populations de la pauvreté.

Une membre de la délégation française a précisé que la France, très attachée à la diversité culturelle est le premier contributeur du fonds.

Est à noter aussi la prise de position de la France qui a insisté sur le lien entre le besoin de diversité culturelle et les conflits provoqués par l’extrémisme – et pas seulement, des conflits qui ont justement comme cible la pensée unique. La France s’engage contre l’uniformisation.

En cela, la France a touché un aspect très important pour les États mais aussi pour les ONG chrétiennes comme le CCIC : la place de la religion dans la culture et du respect de la diversité religieuse dans cette Convention de 2005 sur la diversité culturelle. Y a t-il vraiment une place pour la religion ? Comment la Convention de 2005 permet-elle d’œuvrer pour le respect des identités religieuses ? A ne pas oublier : le Rapport des ONG est attendu pour le 30 septembre 2017 au plus tard.

MCL et OB

Les défis de la révolution numérique pour les ONG


Conférence internationale des ONG 2016
« Les défis de la révolution numérique pour les ONG »


Tel était le thème de la Conférence internationale des ONG 2016 qui s’est tenue du 12 au 14 décembre 2016 au Siège de l’UNESCO et qui a rassemblé 250 représentants d’ONG du monde entier.  


La Conférence internationale des ONG a pour objectif de réunir tous les deux ans l’ensemble des ONG partenaires officiels de l’UNESCO.

affiche-comite-ongPendant trois jours, sous l’impulsion d’une vingtaine de panélistes reconnus du monde académique, philosophique et institutionnel, les discussions ont porté sur quatre axes : « Les défis de l’accès numérique à l’information» ; «La révolution numérique et son impact sur la diversité des expressions culturelles» ; «La science face à la révolution numérique : quelle éthique » et «La formation en ligne relève-t-elle les défis des systèmes éducatifs dans le monde ? », sujets au cœur du mandat de l’UNESCO et partagés par les ONG.

Lieu privilégié de rencontre et de dialogue entre les ONG, et avec des représentants de l’UNESCO et des États membres, la Conférence représentait une occasion d’évaluer leur coopération collective, d’établir le bilan des deux dernières années, de définir une feuille de route pour les deux années à venir et d’élire son nouveau président et une partie des membres du Comité de Liaison.

A l’issue de ses travaux, la Conférence a appelé à un partenariat renforcé avec la société civile conformément à l’objectif 17 (ODD17) de l’Agenda 2030 pour le développement durable et a engagé les ONG à consolider leur rôle dans la mise en œuvre de l’Agenda.

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