Un Appel pour la Paix des ONG partenaires de l’UNESCO lu à la tribune de la Conférence Internationale des ONG 2014

La présidente du CCIC Christine Roche, au nom des 80 ONG signataires, a remis à la Directrice générale de l’UNESCO Madame Irina Bokova, un appel pour la paix, mercredi 17 décembre à Paris (notre photo).

Madame Christine Roche (à gauche) remet le texte de l’appel pour la paix à Madame Irina Bokova, Directrice Générale de l’UNESCO

Celle-ci a manifesté sa satisfaction d’être ainsi soutenue dans ses prises de position.

Lu à la tribune de l’assemblée plénière de la Conférence Internationale des Organisations non Gouvernementales 2014, l’Appel pour la Paix a été fortement applaudi par les délégations présentes. Il souligne la persévérance des ONG à plaider pour la paix dans un contexte international en proie à la barbarie.

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En écho au thème de la Conférence internationale des ONG 2014

« Ré-enchanter le monde avec l’agenda pour le développement post 2015 »

« une collaboration entre les ONG et l’UNESCO »

des ONG ont rédigé un appel pour la paix.

APPEL POUR LA PAIX

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APPEL POUR LA PAIX lu le 17 décembre en séance plénière de la CIONG 2014 par les représentants des ONG qui l’ont rédigé. De gauche à droite: Raoul Alonso -Association internationale des Educateurs à la Paix, Maria Antonietta Malleo- Mouvement Mondial de la Réconciliation, Victoria Barres-Association Montessori Internationale, Lisbeth Gouin-Organisation Mondiale pour l’Education Préscolaire, Marie Claude Machon-Honoré-Fédération Internationale des femmes de carrières libérales et commerciales, Christine Roche-Centre Catholique International de Coopération avec l’UNESCO, Josette Rome Chastanet-Fédération Mondiale des Travailleurs Scientifiques.

Des ONG partenaires de l’UNESCO,

Convaincues que seule une paix responsable et durable est capable de ré-enchanter le monde,

Profondément préoccupées par les atteintes graves portées à la paix sur l’ensemble de la planète causant de très nombreuses victimes civiles,

Attachées aux principes énoncés dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, lesquels disposent que « la méconnaissance et le mépris des droits de l’homme ont conduit à des actes de barbarie qui révoltent la conscience de l’humanité, et que l’avènement d’un monde où les êtres humains seront libres de parler et de croire, libérés de la terreur et de la misère, a été proclamé comme la plus haute aspiration de l’Homme »,

Persuadées avec l’UNESCO que « les guerres prenant naissance dans l’esprit des hommes et des femmes, c’est dans l’esprit des hommes et des femmes que doivent s’élever les défenses de la paix »,

Appellent chaque citoyen, chaque citoyenne du monde à créer les conditions sociales, économiques et environnementales pour qu’advienne une paix durable là où ils vivent, là où ils œuvrent,

Assument avec détermination le mandat singulier qui est confié aux ONG dans l’article 18 de la résolution 53 /144 de l’Assemblée générale des Nations Unies, pour une nouvelle donne mondiale fondée sur la tolérance et le respect des personnes, dans leurs différences,

Exhortent les États membres, dans cette période de grands périls, à assumer mieux encore selon les dispositions du droit international toutes leurs obligations : celles de respecter, de protéger et de satisfaire les droits humains par des mesures concrètes inscrites dans le droit positif,

Rejoignent l’engagement de la communauté internationale et des institutions onusiennes pour assurer, dans toutes les écoles, de la maternelle à l’enseignement supérieur, et dans les programmes d’éducation non-formelle et informelle, pour les filles comme pour les garçons, une éducation à la non-violence, au respect de l’autre quel qu’il soit, une éducation à la culture de la paix.

Fait à PARIS le 16 décembre 2014

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Calling to mind the 2014 International Conference of NGOs theme  

« Re-enchanting the World with the Post 2015 Development Agenda »

« a collaboration between NGOs and UNESCO »

NGO partners with UNESCO have drafted a call for peace.

CALL FOR PEACE

Some NGO UNESCO partners,

Convinced that only a responsible and sustainable peace is capable of re-enchanting the world,

Deeply concerned about serious threats to peace around the world that are causing innumerable civilian casualties,

Attached to the principles stated in the Universal Declaration of Human Rights which mention that « Whereas disregard and contempt for human rights have resulted in barbarous acts which have outraged the conscience of mankind, and the advent of a world in which human beings shall enjoy freedom of speech and belief and freedom from fear and want has been proclaimed as the highest aspiration of the common people »,

Persuaded, together with UNESCO, that « wars begin in the minds of men, it is in the minds of men that the defenses of peace must be built,”

Call on all men and women of the World to create social, economic and environmental conditions for a lasting peace, wherever they live and work,

Assume with determination the singular mandate entrusted to NGOs in Article 18 of Resolution 53/144 of the UN General Assembly for a new world order based on tolerance and respect for all people, taking into consideration their differences,

Urge Member States, at this time of great peril, to assume more effectively, according to the provisions of international law, all their obligations: to respect, protect and satisfy human rights by practical measures established in positive law,

Share the commitment of the international community and United Nations’agencies to guarantee for both girls and boys in all schools, from kindergarten through higher education and though nonformal and informal education, an education on non-violence, mutual respect for one another in all situations, and a culture of peace.

Paris, 16 December 2014

APPEL POUR LA PAIX

17 décembre 2014

Liste des ONG ayant approuvé le texte :

Organisation Mondiale de l’Éducation Préscolaire,

Fédération Mondiale des travailleurs scientifiques,

Centre Catholique International de Coopération avec l’UNESCO

Association Montessori Internationale,

Association Internationale des Éducateurs à la Paix,

Association Internationale des Écoles de Psychologie

Fédération Internationale des Femmes de carrières libérales et commerciales

Association Catholique Internationale de services pour la Jeunesse Féminine,

Alliance Internationale des Femmes,

Association Internationale des Charités,

Dyxlexia International-sharing expertise,

Mouvement Mondial des Mères International,

Fédération internationale des Femmes de Carrières Juridiques,

Office International de l’Enseignement Catholique,

Pax Romana,

New Humanity,

Fédération Internationale des Universités Catholiques,

Soroptimist International,

Union Mondiale des Organisations de Femmes Catholiques,

Organisation Mondiale des anciens et anciennes élèves de l’Enseignement Catholique, Mouvement International pour la Réconciliation,

Ligue Internationale de Femmes pour la Paix et la Liberté,

Pax Christi International ;

Conseil international de la Musique

Conseil International des Femmes

Comité de Coordination du service Volontaire international

Assistance à l’Intégration des Enfants démobilisés

Religions pour la paix

South Asian Foundation

Association Internationale de la Céramique

Association Internationale des Arts Plastiques

Association Francophone d’Amitié et de Liaison

Alliance of Bibles societies

Conseil International des Organisations de Festival de Folklore Traditionnel

China Folklore Photographic Association

Communautés des Universités Méditerranéennes

Traditions pour demain

International Council on Education for teaching

ORT Mondial

Organisation Internationale pour le Droit à l’Éducation et la Liberté d’Enseignement

Association Nationale Cultures et Traditions

Conseil International du Cinéma, de la télévision et de la Communication

Fédération Internationale des Centres d’Entraînement aux Méthodes d’Éducation Active

Forum des femmes de la Méditerranée

Union des Étudiants d’Europe

Rotary International

Association Universelle d’Esperanto

Fédération Syndicale Mondiale

Association Internationale des Professeurs et Maîtres de Conférence des Universités

Association Mondiale des Organisations de recherche Industrielle et Technologique

Réseau ARTERIAL

Racines Maroc

Jeunesse Ouvrière Chrétienne

ATD Quart Monde

Human Variome Project

Fondation UNESCO Education for Children in need

Kuwait Society for the Advancement of Arab Children

Réseau International de femmes Ingénieurs et Scientifiques

Société Internationale pour l’Éducation Artistique

ZONTA International

Fédération générale des Femmes Arabes

Association des Populations des Montagnes du Monde

Conseil International pour l’Éducation Ouverte à Distance

Fédération Internationale pour l’Économie Familiale

Réseau Européen des Centres de Formation d’Administrateurs Culturels

Fédération Internationale des Associations d’Étudiants en Médecine

Service Civil International

Fédération Internationale des associations Médicales Catholiques

Association Internationale Les Amis des Musées d’Égypte

Union Mondiale des Enseignants Catholiques

Association internationale du Théâtre Amateur

OBSERVATEURS

Délégation du Maroc

Délégation du Paraguay

Association d’aide à l’éducation de l’enfant handicapé

HAMAP

Congo Action

Autistic Minority International

Union Internationale Chrétienne des Dirigeants d’ Entreprises

Institution Thérésienne

MIVAFED : association de coopération Femmes, Éducation, Culture et développement

Sauvons l’environnement guinéen, culture de la paix

Le pape François illumine la scène internationale

Au carrefour des affaires du monde, le pape François s’engage pour la promotion des droits humains, le développement de la démocratie et de l’état de droit…

En un an, le changement de pape et de secrétaire d’État a redonné des couleurs à la politique étrangère du Vatican. Appuyée sur un réseau de près de 180 ambassadeurs – autant que de pays avec lesquels le Vatican entretient des relations diplomatiques – la diplomatie de l’Église fait un grand retour sur la scène internationale. Les nombreux voyages du pape prennent de plus en plus une dimension géopolitique majeure.

Le pape François s’est entouré au Vatican de vrais professionnels et les résultats sont là : très politiques et bien dosés, les récents voyages du pape argentin au Parlement européen et au Conseil de l’Europe mais aussi en Jordanie, dans les territoires palestiniens et en Israël comme en Turquie ont révélé un homme habile et averti, engagé au cœur des dossiers les plus brûlants, reconnu comme fin stratège et devenu une référence au sein du club très fermé des grands dirigeants de la planète.

En visite officielle à Strasbourg ce 25 novembre au siège du Parlement européen, vingt-six ans après l’unique visite d’un souverain pontife dans l’hémicycle, celle de Jean-Paul II en 1988, François, comme il est appelé simplement, a abordé les thèmes chers à son pontificat mais qui sont aussi au cœur de l’agenda politique européen : le travail, l’environnement, l’immigration et la famille.

Sa grande force : il est avant tout ce qu’on attend de lui, un homme de DIEU qui parle et se réclame de Lui sans compter.

« C’est l’oubli de Dieu et non sa glorification qui génère la violence ».

« L’Europe doit être capable de faire un trésor de ses propres racines religieuses : ainsi elle sera exempte de tous les extrémismes qui se répandent dans le monde moderne, à cause, entre autres, du grand vide auquel est confronté désormais l’Occident ». 

Le Vieux Continent, est devenu, selon lui une « grand-mère ayant perdu sa fertilité et sa vivacité : les grands idéaux qui l’ont inspiré ont perdu leur force de conviction et d’attraction au profit du technicisme bureaucratique de ses institutions » …

Sous une salve d’applaudissements malgré ces propos iconoclastes, le pape a encore mis en garde le peuple européen contre les affres de l’individualisme et d’un consumérisme exacerbé, affirmant au contraire que « la dignité des personnes signifie reconnaître le caractère précieux de la vie humaine, laquelle ne peut être considérée comme un objet d’échange ou une marchandise ».

« L’absence de soutien réciproque à l’intérieur de l’Union européenne, instance distante des citoyens, risque en outre de mettre en place des solutions particularistes au problème récurrent des migrations, expédients qui ne tiennent pas compte de la dignité humaine des immigrés, en favorisant l’esclavagisme et les tensions sociales ».

Et, dans une formule lapidaire, il résume la pensée commune : « Nous ne pouvons tolérer que la mer Méditerranée devienne un grand cimetière ».

La visite du Pape dans des pays de culture musulmane était enfin un défi sérieux, surtout dans un contexte de violence régionale et de crispations identitaires : il était attendu avec méfiance sur la question de la paix, des réfugiés, et du dialogue interreligieux. (On se souvient du faux pas de Benoît XVI, qui, s’interrogeant sur le rapport entre foi et raison, s’était référé à une controverse de la fin du Moyen Âge, donnant ainsi l’impression d’associer islam et violence). En Israël et en Cisjordanie, le pape jésuite a invité — initiative sans précédent — les présidents israélien et palestinien, Shimon Peres et Mahmoud Abbas, à une réunion commune de… prières, dans ce qu’il a appelé sa « maison » de Rome. Une maison, c’est synonyme de convivialité là : il n’y règne pas de rapport de force….

Enfin, en Turquie, laboratoire politique d’un islam à plusieurs visages, le pape était attendu avec intérêt. Son capital de sympathie y est élevé : il incarne pour les responsables des confréries soufies, l’idéal des derviches, au sens spirituel d’abord, puis surtout humain.

Avec ses 58 prêtres et ses 53 000 fidèles, l’Église catholique de Turquie a la modestie d’un diocèse rural français, mais elle a l’ampleur d’un passé immense avec l’apôtre saint Paul et une vocation interreligieuse unique.

La singularité de la Turquie s’exprime par sa diversité mais plus encore par la nature de son islam politique. A la différence d’autres pays musulmans du Proche et Moyen-Orient, l’islam turc a intégré très tôt les principes de l’élection et du compromis démocratique ; il n’y a toujours aucune référence à l’islam dans la Constitution, comme cela est courant, sinon la norme, dans les pays arabo-musulmans.

C’est pourquoi le discours du pape qui prône « la redécouverte du patrimoine historique, la vivante multipolarité du monde arabe et le phénomène de transversalité en dialogue », a été particulièrement bien perçu dans ce pays qui reste un acteur incontournable dans le monde musulman.

Sur les débats de sociétés comme sur les questions internationales, François est prophète dans tous les pays…

Irak-Syrie : l’UNESCO lance un cri d’alarme

A l’occasion de la conférence internationale « Patrimoine et Diversité culturelle en péril en Irak et en Syrie », qui s’est tenue le 3 décembre 2014, Irina Bokova a dénoncé la volonté de « nettoyage culturel très réfléchie ».

L’importance de cette conférence internationale était marquée par la participation effective d’Irina Bokova et d’un certain nombre de personnalités venues du Moyen-Orient, des États-Unis, de l’ONU etc…. et la salle II était entièrement remplie.

Irina Bokova ouvre la séance. Elle s’est rendue en Irak, et peut témoigner qu’il s’agit d’une volonté de destruction systématique de la vie d’un peuple : une volonté de « nettoyage culturel très réfléchi », et que dès lors la solution n’est pas uniquement militaire.

Mme Irina Bokova, Directrice générale de l’Unesco
Mme Irina Bokova,
Directrice générale de l’Unesco

L’état des lieux fait par les orateurs a porté sur la description de toutes les destructions des signes culturels et religieux en Irak et en Syrie laissés depuis 6 000 ans et qui sont l’image de l’acceptation du « vivre ensemble » depuis des temps reculés.

Les actions de DAESH visent à éradiquer toute culture et tout patrimoine historique qui s’y rattachent, et à créer des contradictions entre les différentes communautés qui jusqu’à maintenant vivaient dans la connaissance historique de ce qui pouvait les rapprocher. Bien entendu, la destruction des religions ou la création d’hostilités entre elles fait partie de ce plan.

Ce « nettoyage ethnique et culturel » a été abondamment décrit par les orateurs. Il porte donc sur la volonté de destruction systématique des constructions, monuments et œuvres d’art accumulés dans cette région depuis des siècles, voire des millénaires, en vue de « dé-confessionnaliser » les religions en Afrique. Certains ont parlé de l’instauration de « laboratoires de haine des minorités », destinés à détruire la « culture de voisinage », car là où les minorités sont marginalisées le fanatisme va de l’avant. Cette destruction porte donc non seulement sur la culture exprimée par ces patrimoines historiques mais aussi sur les identités et les religions qui en étaient l’expression.

A cet égard, certains orateurs ont évoqué une tendance, qui se retrouve un peu partout dans le monde actuel, à savoir qu’en raison de la dévalorisation des « valeurs » politiques certains groupes ou idéologues en sont venus à vouloir s’appuyer sur le religieux, non dans son essence et sa vérité, mais en faisant des emprunts sur ce qui pourrait servir leurs convictions. Ainsi, l’ambassadeur Morel a-t-il dénoncé la responsabilité des politiques pervertissant les valeurs religieuses au service de leurs seuls intérêts.

Que faire ?

La guerre et la force ne sont pas du domaine de compétence de l’Unesco, et cela ne sera sûrement pas la seule solution. Il s’agit de restaurer la culture par l’éducation dès la petite enfance.

Cette éducation doit porter sur la restauration de la culture de voisinage et la nécessité de la réconciliation, et sur l’éducation aux religions. Il est à noter que dans les territoires contrôlés par DAESH, (l’EI ?), des écoles de déconstructions culturelles sont déjà en place.

Par ailleurs, des intervenants spécialisés dans la gestion des musées et la protection des œuvres d’art, au Moyen-Orient et dans le monde (par exemple le Metropolitan de New York) sont intervenus pour indiquer tout ce qui était fait pour la protection des œuvres d’art.

Les propos ont porté sur la mise en sécurité des pièces les plus importantes des musées exposés aux combats, et par la mise en place à l’ONU et à l’Unesco de résolutions destinées à augmenter le contrôle des mouvements aux frontières des œuvres d’art qui ne manquent pas d’être pillées et revendues dans le monde entier. Ainsi des listes descriptives sont établies et circulent parmi les spécialistes de ces marchés et des musées, mais aussi auprès des douanes et d’Interpol.

En conclusion, conférence remarquable par les prestations des intervenants. Mais les contre-feux, y compris dans l’éducation, restent largement à construire.

A retenir, en plus des faits relatés en Irak et Syrie, cette volonté qui apparaît un peu partout dans la cadre de la mondialisation, de vouloir éradiquer la transmission par la culture et les religions en vue d’instaurer, une nouvelle fois encore, les chimères d’un monde idéal et nouveau, dont nous ne connaissons aujourd’hui que la phase barbare et violente.

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En route vers Noël

MON BATEAU PERDU

Un conte livré par un ami

Du Grand Bé, je m’imaginais à la proue d’un navire. Derrière moi, Saint-Malo s’éloignait et, battu par un vent de terre, je devinais une grand voile se gonfler et voyais un foc se raidir comme si un souffle plus violent avait décidé de le maintenir ainsi.

Je commandais à mon compagnon, le seul habitant de l’île qui réside ici depuis plus d’un siècle et demi, de m’aider à le border au plus serré. Je m’élançais vers le large, plein est.

Bateau perduFrançois-René * était le témoin de tous mes rêves et même de mes premiers émois amoureux. Je n’avais pas hésité à lui présenter Gwendoline, ainsi nommée parce que ce nom sonnait et rimait avec cristalline. J’appris plus tard qu’il signifiait « pur » ou « blanc » et « anneau ». De quoi enchanter l’adolescent que j’étais alors. C’était l’année où mes camarades ne cessaient d’évoquer la « Mustang » pilotée par Jean-Louis Trintignant, en chantonnant « chabada, bada » tout en mimant des essuie-glaces qui poursuivaient inlassablement leur course sur un pare-brise imaginaire.

Moi, à l’ombre de la croix de granit qui marque la tombe du poète, je croyais l’entendre déclamer : « J’aime à créer des mondes enchantés /Baignés des eaux d’une mer inconnue. ».

Réfugié, avec mon amie, dans ce qui peut passer pour une grotte, juste en dessous de la plate-forme de la tombe du grand homme, je récitais des petits vers de ma composition dans lesquels je la chantais elle et la mer. Me penchant vers son visage, je lui demandais « Que voit-on dans ton regard ? De la mer, beaucoup de tempête que colore un peu d’or… »

Elle souriait indulgente ou charmée et nous bondissions sur les rochers glissants que la marée commençait à recouvrir. Nous nous enfuyions, frôlant à chaque fois l’abîme. Je lui disais qu’un jour je retrouverais mon bateau et que nous franchirions des mers si lointaines, que nous aborderions des îles encore inconnues.

Oui, j’avais perdu mon bateau. Ô ! un tout petit voilier à la coque couleur bleu tendre et à la quille peinte en rouge. Une minuscule barre permettait de faire pivoter le gouvernail. Le pont était lisse, dépourvu de dunette. Il était bien rustre mon bateau. Nous l’avions lancé, non pas à la mer, mais dans le bassin du jardin du Luxembourg, avec Grand-père. Il l’avait façonné de ses mains.

Cela, je l’ignorais, car j’avais découvert mon voilier, un matin, encore ensommeillé, mais émerveillé, sous le sapin de Noël. Ses branches clignotaient ; dans la crèche sur la cheminée du salon, l’Enfant Jésus que nous avions déposé la veille, en rentrant de la messe de Minuit, mes sœurs et moi, semblait me sourire en me disant : « Tu le vois, ton vœu a été exaucé. Je t’ai apporté ton bateau ».

J’ai vogué à son bord, tantôt en solitaire, tantôt accompagné de mousses que j’embarquais cérémonieusement pour des campagnes dans le bassin du Luxembourg, celui des Tuileries, et plus loin encore sur le Grand Canal du château de Versailles. Ces étendues d’eau parcourues par de faibles risées avaient la valeur de mers et d’océans.

Marc, le meilleur, courait gaffe à la main, tandis que Marie s’affairait avec son pinceau afin que l’on se souvienne, disait-elle, de nos expéditions. J’ai conservé l’un de ses dessins. Il m’a aidé à me rappeler les traits de mon bateau disparu. Il n’a pas sombré, je le sais. Il a, par un jour de grand vent, brisé son aussière, arraché l’ancre et s’en est allé, seul cette fois, vers ces mers inconnues avant d’échouer sur le rivage d’une île lointaine.

Tandis que l’Hanternoz, ce vent du Nord ou de minuit bouscule les branches et les massifs dans le jardin tout en frappant les vitres, je contemple la mer qui n’a pas encore accueilli la nuit. Derrière moi, les enfants, Léandre et Aliénor les petits, tournoient autour du sapin et tendent à Diane, la grande, les boules rouges, dorées ou argent et les mille accessoires décoratifs qui vont le décorer.

Pendant que je hisse la petite dernière à la hauteur de la pointe de l’arbre afin qu’elle y fixe l’étoile, je songe encore à mon bateau disparu. « Grand-père », lance le bonhomme qui s’est saisi d’une paire de jumelles et regarde vers le large. « Grand-père ! – oui, c’est moi maintenant – regarde, il y a un bateau qui s’approche. Il ressemble à ton dessin dans ton bureau ». Il ne croit pas si bien dire, Léandre. Dans l’armoire, parmi les autres, un gros paquet lui est destiné. Sous les papiers et les rubans, l’objet ressemble vraiment au dessin.

Bertrand Galimard Flavigny

http://www.bertrandgalimardflavigny.blogspot.fr/

 

Si ce conte de Noël vous a enchanté, n’hésitez pas à le partager avec vos amis et votre entourage !

* Chateaubriand a été inhumé en 1848 sur l’île du Grand Bé au pied des remparts de Saint-Malo. Inhabitée, l’île est accessible à pied lors des marées basses.

L’ACCES A L’EAU POUR TOUS EN AFRIQUE

YAMOUSSOUKRO : DEUXIÈME FORUM INTERNATIONAL DES ONG

EN PARTENARIAT OFFICIEL AVEC L’UNESCO

Un droit humain fondamental
Les femmes et les jeunes à la source de cet objectif

30-31 juillet 2014

Fin juillet, quelques rares ondées ponctuent la petite saison sèche avant le retour des pluies. Posée au milieu de la savane pré-forestière – des petits arbres entrecoupés de bosquets et de haies de palmiers – Yamoussoukro la cosmopolite compte moins de 300 000 habitants. Quatre tribus y vivent sous le même soleil. Parfois, on en viendrait à souhaiter que sa chaleureuse présence se fasse plus discrète, mais n’est-on pas en Afrique ? Omniprésent, le soleil surplombe jusqu’à l’écusson de la ville où sont représentés une chaise royale, symbole du pouvoir, plantée au pied de la Basilique Notre-Dame-de-la-Paix qui éclaire les décisions de ses dirigeants, en compagnie d’une tête de bélier en la mémoire du Président Houphouët-Boigny.

Du 30 au 31 juillet dernier, deux cents représentants d’ONG nationales, régionales et internationales, des experts en ressources en eau ainsi que des représentants de la société civile, ont participé à Yamoussoukro, au forum international des ONG en partenariat officiel avec l’UNESCO. Organisé par le Comité de Liaison ONG-UNESCO, en coopération avec le secrétariat de l’UNESCO et en collaboration avec l’État ivoirien, le forum a débattu du thème  »L’accès à l’eau pour tous en Afrique, un droit humain fondamental ».

Mesdames Kandia Camara et Christine Roche
Mesdames Kandia Camara et Christine Roche

Avec environ 300 participants venus de quinze pays (dont le CCIC représenté par Christine Roche), c’est le premier forum international des ONG en partenariat officiel avec l’UNESCO à se tenir en dehors de Paris. On notera l’implication des autorités ivoiriennes à cet événement placé sous le parrainage du Premier Ministre ivoirien, représenté par le ministre de l’Éducation nationale et de l’enseignement technique de Côte d’Ivoire, Madame Kandia Camara.

A l’ouverture du forum, la Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, a souligné dans un message vidéo que le développement humain durable et la culture de la paix passent par le partage des ressources en eau : « Il y a suffisamment d’eau sur cette Terre, ce qui manque, c’est la gouvernance, une meilleure gestion des ressources. Ce travail ne peut se faire qu’ensemble, avec tous les acteurs concernés. Les ONG et la société civile jouent ici un rôle de premier plan ».

Indispensable à la vie, l’eau est une ressource naturelle dont l’accès limité menace l’existence de populations entières, particulièrement en Afrique, première victime du manque d’accès à l’eau douce à cause de la désertification des terres (Sahara), de la sécheresse et de la pollution. Comme l’a rappelé Marie-Christine Gries de La Barbelais dans l’introduction à la synthèse des travaux présentée aux participants : « L’Afrique manque d’eau mais la ressource existe en quantité suffisante. Elle est donc mal partagée. Les disparités géographiques et sociales ne sont pas une excuse à ces injustices. L’insuffisance des ressources est une idée préconçue largement diffusée qui contribue à un fatalisme inacceptable. L’accès à l’eau est reconnu comme un droit humain, ce qui implique que tous les obstacles, quelle que soit leur importance, doivent être surmontés, à tout prix. »

Dans une résolution de l’Assemblée générale des Nations unies en date du 28 juillet 2010, l’accès à l’eau a été proclamé « droit fondamental, essentiel au plein exercice du droit à la vie et de tous les droits de l’homme ». Mais dans les faits, l’accès à l’eau continue de générer des inégalités majeures de par le monde. « Plus de 600 millions de personnes n’ont toujours pas accès à l’eau potable et 40 % des pays de l’Afrique subsaharienne sont touchés par la question imminente de l’eau », a déclaré le sous-directeur de l’UNESCO, Éric Falt. yakro2Chaque année, plus d’un million de personnes meurent, suite à la consommation d’eau polluée. Quant à la disponibilité de l’eau dans le monde, sa disparité est flagrante : la consommation en eau d’un Européen s’élève à 150 litres/jour tandis que dans les pays en développement elle n’est que de 10 litres/jour. Selon Éric Falt, « Le forum (…) offre aux participants de réfléchir sur la question afin de mener des actions concrètes et changer les choses pour l’avenir. Il faut trouver des remèdes, une solution à cette question. Les gouvernements aujourd’hui ne peuvent pas gérer seuls ces problèmes, il faut y adjoindre le secteur privé et la société civile ».

L’objectif des ONG étant de relever les défis pour avancer, les sages paroles de Monsieur Abou Amani, hydrologue régional pour l’Afrique, Bureau de l’UNESCO à Nairobi :  « Penser globalement, agir localement » ont trouvé un écho très favorable dans l’assemblée.
En effet les ONG présentes souhaitent une meilleure implication des populations, une concertation avec les intéressés, en particulier les femmes et les jeunes : « Les femmes, dont le rôle est fondamental dans la quête et la gestion de l’eau des foyers, doivent acquérir davantage de responsabilités, participer aux décisions intéressant la communauté en apportant leur expérience. Des exemples de succès dans la gestion confiée aux femmes en démontrent la pertinence. C’est l’objectif de l’approche «  genre » sur la question de l’eau comme dans d’autres domaines ».

Euphrasie Yao, responsable et co-titulaire de la Chaire UNESCO « Eau, Femmes et Pouvoir de Décisions » Côte d’Ivoire, a expliqué aux participants la portée de l’approche “genre” en se fondant sur l’expérimentation de Diatokro, un village de 4 000 âmes situé dans le département d’Aboisso au Sud-Est de la Côte d’Ivoire.yakro3
Partant de la constatation du rôle indéniable et incontestable de la femme dans l’approvisionnement, la gestion et l’utilisation de l’eau, mais déplorant sa marginalisation dans les prises de décisions lors des grandes assemblées, le projet « Eau, Femmes et Pouvoir de Décisions » a été mis en place en 2005 pour soutenir les actions du Gouvernement. Intitulé «  L’implication des femmes leaders rurales dans la gestion des systèmes HVA pour une pérennisation de l’accès à l’eau potable et le développement durable », il a pour objectifs généraux de lutter contre la pauvreté par l’élévation du taux d’accessibilité en approvisionnement en eau potable de façon durable, d’améliorer le statut de la femme, et d’impliquer les populations dans la gestion des affaires les concernant. Quant à ses objectifs spécifiques, ils consistent à motiver les femmes en leur faisant prendre conscience de leur importance dans la nouvelle politique d’entretien et de gestion des points d’eau, en leur donnant, ainsi qu’aux hommes gestionnaires des Ouvrages Hydrauliques Villageoises, les outils nécessaires à l’accomplissement de leurs tâches.
Les bons résultats obtenus de 2006 à 2014, tant au niveau des aspects techniques et financiers qu’au plan socio-culturel et en matière de prises de décision, ont valu à ce projet la médaille d’or au Symposium International de l’Eau de CANNES en 2004 et l’obtention d’une Chaire UNESCO « Eau, Femmes et Pouvoir de Décisions » en 2006. L’expérimentation de Diatokro prouve que des solutions locales pertinentes existent pour peu que l’on s’en donne les moyens, par une stratégie, des actions de sensibilisation, de formation et des investissements adéquats.

A l’échelle du continent africain, les solutions pérennes qui exigent la mise en chantier de projets seraient bien plus coûteuses : rien que pour créer ou renforcer des infrastructures de distribution et d’assainissement, il faudrait que l’Afrique consacre l’équivalent de 11,5 milliards d’euros par an, selon des chiffres de la Banque africaine de développement. Dans l’immédiat, il est vital de faire face au financement du minimum pour que chaque individu reçoive gratuitement 20 litres d’eau par jour pour ses besoins élémentaires. Dores et déjà, il est urgent que les pollutions agricoles et industrielles soient interdites et que « l’Afrique ne devienne pas la poubelle des déchets radioactifs mondiaux ».

Comme souligné dans la synthèse : «  Les défis que rencontrent les acteurs du Développement durable, en particulier pour l’eau, restent multiples et importants. Outre la question de l’approvisionnement et de la répartition, plusieurs points cruciaux ont été soulevés par les orateurs et les participants : les maladies liées à l’eau (l’eau apportant la mort au lieu de la vie !), l’insuffisance de l’assainissement aggravée par l’absence de connaissances des populations, le gaspillage à tous niveaux, la prise en compte de l’explosion démographique du continent… Enfin nous avons tous la conviction que l’Éducation est la clé du Développement durable, et qu’elle doit intégrer l’information, la formation de tous au respect de l’eau et aux questions de sa gestion, et ce dès la petite enfance. »

Impliqué dans la préparation de ce forum, le CCIC a profité pleinement de sa présence sur place et a pu constater la réussite de ce projet. Les contacts pris avec Madame Kandia Camara, ministre de l’Éducation nationale ivoirienne, avec certains spécialistes et surtout avec les délégués des ONG africaines, permettent d’élargir nos pistes de travail grâce à une meilleure connaissance des réalités « de terrain ».
Les échanges avec de jeunes Africains engagés ont posé les bases d’une collaboration concrète entre les ONG. Parce qu’ils analysent avec lucidité les freins qui s’opposent au progrès dans leurs pays, leur détermination à faire bouger les comportements a poussé le CCIC à prendre une responsabilité dans le secteur « Éducation » du groupe « de suivi du forum de Yamoussoukro » auprès du Comité de liaison. Ce groupe travaillera en collaboration avec une structure similaire en Côte d’Ivoire et un ensemble de suivi initié par le gouvernement ivoirien.
Enrichi par son expérience africaine, le CCIC rejoint une mobilisation qui s’appuie sur dynamisme et lucidité, afin que « ça bouge » et que l’humanité gagne la « bataille de l’eau douce ».

 

Avant de se séparer, deux jeunes participants au forum de Yamoussoukro ont proclamé « L’ Appel de Yamoussoukro :

yamoussoukro

1, rue Miollis, 75732 Paris Cedex 15. Tél : +33 1 45 68 36 68
www.ong-unesco.net Facebook : Ngo-Unesco Liaison Committee

DEUXIEME FORUM INTERNATIONAL DES ONG
EN PARTENARIAT OFFICIEL AVEC L’UNESCO
L’accès à l’eau pour tous en Afrique
Un droit humain fondamental
Yamoussoukro (Côte d’Ivoire), 30-31 juillet 2014

« Nous devons sensibiliser les décideurs au-delà de la sphère des spécialistes en eau, leur fournir des outils pour comprendre les conséquences de leurs décisions et mettre en évidence d’autres moyens ».
Irina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO.

L’APPEL DE YAMOUSSOUKRO
« POUR QUE ÇA BOUGE ! »
PASSER DES PROMESSES AUX ACTES !

Nous, participants au Forum des ONG,
Sachant que l’Afrique est riche en eau et que les technologies sont capables de la rendre propre et de l’amener à tous,
Considérant que l’accès à l’eau potable pour tous conditionne le succès des OMD contre la pauvreté, pour l’éducation, la santé…

  • Souhaitons, pour tous, le minimum pour boire, cuire les aliments, se laver, soit 20 l d’eau saine et gratuite par jour et par personne ;
  • Considérons que, pour être réalisés, les OMD post 2015 devraient être assortis de clauses contraignantes, respectées par tous les États. Les organisations non gouvernementales (ONG) devront s’en emparer pour travailler en lien avec les populations et en coopération avec tous les acteurs ;
  • Sommes décidés à être efficaces afin d’en finir avec la soif et les maladies, la mort dues à l’eau sale et polluée, ou au manque d’eau ;
  • Faisons appel aux États afin qu’ils rendent opérationnelle la reconnaissance du droit à l’accès à l’eau potable pour tous par des dispositions institutionnelles et pratiques pertinentes ;
  • Invitons les États à soutenir les travaux du groupe de travail intergouvernemental, mis en place par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies le 26 juin 2014, pour « l’élaboration d’un instrument international juridiquement contraignant sur les sociétés transnationales et autres entreprises et les droits de l’homme. »
  • Faisons enfin appel à toute la société civile pour qu’elle soutienne efficacement ce plaidoyer, sensibilise les acteurs locaux, et contribue activement à la réalisation de ces objectifs au service de l’humanité.

« Portraits de familles » : une conférence de Christian Monjou

Un beau voyage dans la représentation de la famille à travers la peinture occidentale. Comment dépeindre autrement la conférence que Christian Monjou a donnée le 12 novembre au Centre Sèvres sur le thème « Portraits de familles, singularité et permanences » ?

Christion Monjou et Christine Roche
Christian Monjou et Christine Roche

Tout a commencé par une présentation de Christine Roche. Au rappel que cette conférence s’inscrit dans le programme qui célèbre le 20e anniversaire de l’Année Internationale de la Famille proclamée en 1994 par l’ONU, la présidente du CCIC a convié l’orateur à « enrichir notre réflexion, élargir nos horizons et nous aider à rester le plus ouverts possible ».

Durant près de deux heures qu’on n’a pas vu passer, aussi furtives qu’un rire d’enfant, c’est ce que s’est ingénié à faire Christian Monjou. Dans la pénombre, assis derrière un bureau transformé en machine à remonter le temps, l’orateur a pointé « ce que dit l’art ou ce qu’il ne dit pas à propos de la famille ».

Gorgé d’humour, faussement candide ou sévère, toujours amical, il a invité chaque tableau projeté sur l’écran à nous dévoiler ses secrets : du Voile de Véronique peint par Le Greco à la famille anglaise d’Arthur Devis, en passant par Giovanni Bellini, Vermeer ou Velasquez, la représentation de la famille a exposé ses chefs-d’œuvre dans toute leur singularité au cours des siècles.

Accepter de donner la vie c’est consentir à sa propre mort ;

La mère ravaude ou tisse la toile des jours, donc les enfants peuvent jouer en paix ;

N’essayant pas de convaincre, donnant à sentir plus qu’à intellectualiser, l’érudition, l’éloquence et la sagesse malicieuse de Christian Monjou ont engendré questionnements et méditations, plaisir et amour. Oui, amour ! Car à l’imitation de la Sainte Famille, le public nombreux de l’auditorium a pu s’abandonner à ce qui est bon dans une famille qui porte des valeurs dans un monde en plein trouble.

A l’occasion de Noël, faites partager cette conférence au pied de la crèche ou glissez-la dans les serviettes de vos convives. Elle est disponible en cliquant sur ce lien.

Vous pouvez aussi trouver d’autres conférences de Christian Monjou sur le site « Au risque du regard » .

Rencontre à la paroisse St Léon avec Mgr Pascal Gollnisch, au sujet de la situation des Chrétiens d’Orient

30 octobre 2014

Mgr Pascal Gollnisch
Mgr Pascal Gollnisch

La situation des chrétiens d’Orient est très grave :

  • En fuite permanente pour éviter le massacre, la décapitation. 2 000 à 3 000 chrétiens vivaient dans la plaine de Mossoul (Ninive).

  • Aucun chrétien n’a accepté de devenir musulman mais des musulmans ont été massacrés pour avoir protégé des chrétiens. Tout a été confisqué aux chrétiens : argent, voiture, bijoux, vêtements quand ils s’enfuyaient.

  • Des évêques sont venus, le chef de l’État, des parlementaires ont manifesté.

  • Aujourd’hui ces populations sont sous la tente. On n’enregistre pas encore

    de pénurie alimentaire mais une grave précarité de la santé ;

L’objectif premier aujourd’hui est de les installer hors d’une tente parce qu’avec la saison d’hiver arrivent le froid, la pluie et la neige. Des bungalows sont espérés mais leur installation est difficile. La zone doit être sécurisée. Les Derchs sont très violents. Ils utilisent la cruauté comme système de terreur.

Quel peut être leur avenir ?

  • Derch doit être neutralisé. La priorité est de garder Qaragosh (le 12 novembre, nous venons d’apprendre la chute de Qaragosh).

  • S’ils restent à Erbil, ils ne peuvent pas vivre en bungalows.

  • S’ils quittent l’Irak, mais pour aller où ?

  • Les parlementaires, un groupe de travail à l’Assemblée Nationale, des diplomates de métiers au Quai d’Orsay travaillent sur ce problème.

Les Filles de la charité aident tous ceux qui en ont besoin dans la mesure de leur possibilité bien sûr.

Visiter le site de l’Oeuvre d’Orient

Le CCIC a adressé une lettre ouverte aux 195 ambassadeurs des États membres de l'UNESCO

Devant l’actualité dramatique que vivent les populations les plus en danger

– quelles que soient leur croyance, leur ethnie ou leur religion –

le CCIC a réagi

Il a envoyé, le 2 octobre 2014, une lettre aux 195 ambassadeurs des États membres de l’Unesco. 

Il demande des mesures d’urgence

pour arrêter la barbarie contre les personnes

et promouvoir l’éducation à la paix, selon les principes fondamentaux de l’ONU.

Lire la lettre (Français)

Read the letter (English)

CCIC : Session du Conseil Exécutif UNESCO – octobre 2014 Plénière 20-21 octobre 2014

Le programme portait de façon assez vague sur l’exécution du programme adopté par la Conférence Générale et la situation budgétaire.

Je n’ai participé que partiellement à la journée du 20 et du 21 matin, réservés aux interventions de tous les États Membres, dans un style convenu au vocabulaire usuel.

Les rubriques principalement abordées par les délégations nationales étaient :

  • Les sciences, et notamment les climats, le développement durable, l’eau, la biodiversité,
  • L’éducation  et la culture : l’éducation pour tous (EPT), leur rôle dans la promotion d’une culture de paix, la référence aux accords de Mascate,
  • La dénonciation de la violence, notamment les violences visant les journalistes,
  • les perspectives budgétaires, d’autant plus inquiétantes qu’elles risquent de pénaliser les pays qui en sont le plus dépendants (Afrique …)

La réponse très complète de la Directrice Générale, permet néanmoins de dégager quelques lignes directrices :

  1. Le budget : c’est manifestement le message majeur à passer aux États Membres : il a baissé de 36%, entraînant une réduction d’effectifs de 26%, l’abandon de programmes et notamment en assistance aux pays qui en auraient le plus besoin. Les recettes extra budgétaires ont atteint le chiffre record de 50 millions de $, mais pour assurer pleinement ses missions l’Unesco aurait besoin de 150 M.$,
  2. Les rubriques habituelles n’ont pas donné lieu à de nouvelles informations, à l’exception que rien ne sera décidé définitivement, pour l’agenda « post 2015 » avant Septembre 2015 à New York,
  • Éducation : continuer le programme déjà défini portant sur l’EPT, en insistant sur les liens entre éducation, sciences et développement durable,
  • Culture : facteur essentiel de la lutte contre les violences et pour la paix,
  • Sciences : favoriser l’interface science, culture dans la lutte contre la grande pauvreté et le développement durable, (notamment dans les actions menées en Afrique). Priorité en matière de sciences pour les TIC, l’eau et l’exploitation des océans.
  1. Rien ne sera acquis avant septembre 2015 lors des réunions au sommet de l’ ONU à New York, et il faudra suivre différents RDV d’ici là : notamment la Corée au printemps et Tokyo . . .

A noter : à aucun moment les ONG n’ont été citées ni leur rôle évoqué. La Directrice a évoqué le rôle des Commissions Nationales sur lesquelles il convenait de s’appuyer, ainsi que sur l’importance des bureaux hors siège de l’Unesco. Enfin il faut peut-être noter, en marge des discours élogieux et convenus des E.M., une critique directe du rôle de la Directrice Générale (qui ne tiendrait pas suffisamment compte des observations des États Membres) formulée par le représentant de l’Afghanistan : s’agit-il d’un règlement de compte ? et pourquoi ? affaire à suivre.

Denis CHAIGNE le 2 novembre 2014

CCIC : UNESCO/195ième session du Conseil Exécutif octobre 2014 ,

Comité sur les partenaires non gouvernementaux (PNG) séance du 17 octobre 2014 ; le CCIC y était présent.

Il semble que le président du Conseil exécutif, Mohamed Samaaaeh Amr, (Egypte) arrive en fin de mandat et qu’il serait remplacé, sous réserve de confirmation, par le délégué du Népal assisté du délégué des îles Saint-Kitts-et-Nevis.

Eric FALT/ ADG Secteur ERI

L’UNESCO aurait souffert trop souvent d’une incompréhension entre les États Membres et la société Civile.

Durant ces 2 dernières années, il constate un nouvel élan dans une coopération collective, avec un Comité de Liaison représentant mieux la diversité du monde, grâce à des forums et journées internationales organisées hors de Paris, et avec une mobilisation de nombreux jeunes.

  • 200 participants, en majorité des jeunes, à Paris, pour l’éducation par le sport,
  • 250 participants à Yamoussoukro, venant de 15 pays,
  • 150 à Sozopol, venant de 28 pays.

Ces liens entre UNESCO, ONG et États Membres se sont renforcés.

À suivre, lors de la prochaine Conférence Générale ONG/UNESCO du 15 au 17 décembre 2014 à Paris.

  1. Admission, radiation et renouvellement des ONG partenaires.


L’UNESCO a admis au partenariat officiel au statut de consultant 4 ONG, et a établi des relations officielles avec 2 fondations.

Par ailleurs, l’UNESCO a entrepris un « recensement » des quelque 400 ONG partenaires, en envoyant un questionnaire. Il a recueilli 75% de réponses. Sur les 100 ONG sans réponses, il est probable qu’une soixantaine seront radiées (décision encore à venir). Par ailleurs l’UNESCO et les États Membres reconnaissent qu’une centaine d’ONG participent aux programmes et actions hors siège, et qu’il faudra bien traiter ce problème.


Les débats qui ont suivi ont montré :

  • Une bonne appréciation générale des États Membres à l’égard des ONG, avec des observations sur le maintien ou non des ONG qui n’avaient pas répondu à l’enquête,
  • La nécessité de rééquilibrer géographiquement l’accès au partenariat des ONG dans toutes les parties du monde, en raison de leur plus grande concentration en Europe, mais aussi en prenant en compte le fait que, si les sièges de certaines d’entre-elles sont en Occident, leurs terrains d’actions sont beaucoup plus diversifiés dans le monde.
  1. Travaux du Comité de Liaison


Brillante intervention de Patrick Gallaud, Président du Comité de Liaison, qui a insisté sur :

  • -une meilleure représentativité géographique du Comité constitué en 2012,
  • -une étroite collaboration des ONG avec l’UNESCO et ses Secteurs dans la préparation et la réalisation de 3 Forums internationaux, dont un seul au siège, et de 4 Journées Internationales depuis 2013,
  • -les perspectives d’avenir pour les programmes « post 2015 » notamment dans le secteur de l’éducation (Séoul printemps 2015),
  • -le renforcement des liens entre ONG et UNESCO et ses Secteurs, notamment à l’occasion de la préparation des événements,
  • -la mobilisation dans les pays hôtes des événements, d’ONG inconnues de l’UNESCO, qui bénéficient également d’un public élargi.

En conclusion, et compte tenu des interventions plutôt bienveillantes et constructives des Délégations Nationales, constat d’une réunion sans critiques négatives envers les ONG.

Denis CHAIGNE