Les religions et le jour de l'an

Pour vivre au rythme de l’Église universelle.
FlashPress – Infocatho
du 4 au 6 janvier 2016 (semaine 01)

LES RELIGIONS ET LES JOURS DE L’AN


Contrairement aux autres religions, le christianisme ne célèbre pas le «Nouvel An» comme dépendant de ses croyances à la différence de musulmans, des juifs et de tous ceux pour qui la religion détermine la nouvelle année, donc à différentes dates.

«Nouvel An, célébré le 1 janvier, n’a pas d’enracinement biblique et à aucun autre moment de l’année, le christianisme n’impose à la société une fête religieuse pour célébrer la nouvelle année civile».

« Dans l’Islam, Ra’s Essana, considéré comme le «Nouvel An» musulman, commémore l’hégire, le moment où le prophète Mahomet a quitté la Mecque pour aller à Médine afin de pouvoir vivre librement, selon ses convictions religieuses. Cet exil correspond avec le début de la « oumma », c’est-à-dire le début de la communauté musulmane.» Comme le calendrier musulman est lunaire, cette fête change de date chaque année. En 2016, elle sera célébrée début octobre.

Dans le judaïsme, «Roch Hachana, qui célèbre la nouvelle année du calendrier hébreu, rappelle la création du monde et la souveraineté de Dieu. Cette fête inaugure une période de dix jours qui mène à Yom Kippour, le jour du pardon, une des plus importantes journées dans la tradition juive». Le calendrier hébraïque est luni-solaire. Roch Hachana dure deux jours, le 1er et le 2 du mois de tishri du calendrier hébreu, soit les 3 et 4 octobre, en 2016.

Les traditions baha’is et bouddhiste comportent, elles aussi, des fêtes pour la nouvelle année, à la croisée de la religion et de la culture.

Pour le christianisme le Nouvel An est civil et lié à des traditions « civiles » et culturelles de la vie ordinaire. Si le premier dimanche de l’Avent marque le début de l’année liturgique, il n’a jamais pris la forme d’un Nouvel An. Une année liturgique est composée de différentes périodes: le temps de l’Avent, Noël, puis le temps ordinaire, qu’on appelle aussi le temps de l’Église, qui s’étend jusqu’au début du Carême.

Le Carême de 40 jours consiste en un temps de préparation aux fêtes de Pâques, le centre de la foi et de la rencontre humano-divine qu’est la résurrection du Christ. Ensuite, il y a Pentecôte et on poursuit avec le temps ordinaire jusqu’à fin novembre». Des lectures bibliques spécifiques sont associées aux différentes périodes de l’année liturgique.

Mais, bien que le 31 décembre et le 1er janvier n’aient pas de racines chrétiennes, des cultes réformés et des messes catholiques ont souvent lieu le 1er janvier pour vivre en communauté ce moment du temps civil et remettre à Dieu toute l’année qui est devant tous, chrétiens ou non. (source : AFP)

Page internet de Info Catho

ONG et changement climatique : déclaration du 6 Octobre 2015

Pavillon Unesco 8-12-15Cette déclaration a été présentée et diffusée lors de la COP21 en décembre dernier. Elle est le fruit du travail d’un groupe d’ONG partenaires de l’UNESCO, auquel le CCIC s’est activement associé avec l’UNIAPAC.

Les recommandations formulées dans la Déclaration concernent :

  • La gouvernance mondiale et locale avec plus de participation des sociétés civiles et des ONG, ainsi que l’application systématique du principe de subsidiarité (norme ISO 26000) dans les processus de décisions, et une aide aux pays en développement pour accéder aux nouvelles technologies,
  • Des engagements politiques mesurables pour : accélérer la transition énergétique, reconsidérer l’habitat et les moyens de transports, développer de nouveaux modèles économiques et de consommation, favoriser de nouveau modes d’agriculture et enfin promouvoir la recherche et l’innovation pour des technologies propres sans CO2,
  • L’adaptation de l’éducation formelle et informelle partout et pour tous, en vue de promouvoir les actions en faveur de la préservation de l’environnement, en particulier en privilégiant l’éducation des femmes dans les pays en développement.

Lire la déclaration (versions française et anglaise)

Dialogue du pape avec des éducateurs de différents pays le 21 novembre 2015

20151121bLe Pape François a participé à la séance de clôture du Congrès le samedi 21 novembre dans la salle Paul VI. Il a écouté avec attention les interventions de participants venus des cinq continents témoignant de la diversité des rôles nécessaires pour mettre en œuvre une éducation intégrale nourrie par l’Évangile.

Lire les interventions du Pape François, traduites en français par Zenit et publiées le 25 novembre.

Comece : COP21 : Convertir l’accord de Paris en actes créatifs et de solidarité

Le Secrétaire général de la COMECE Patrick. H. Daly salue l’esprit de responsabilité et le sens du compromis qui a permis aux 195 pays de trouver un accord qui ouvre la voie à la sauvegarde de notre maison commune.

« C’est un grand pas pour l’humanité qui a été franchi avec l’adoption ce 12 décembre de l’Accord de Paris par les 195 États de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC).

La COMECE salue le travail impressionnant des négociateurs et se réjouit que les 10 points qui avaient été soulevés dans l’appel aux négociateurs de la COP21 lancé par des Cardinaux, des Patriarches et des Évêques du monde entier et co-signé par le Président de la COMECE, aient été traités par l’accord de Paris.

L’objectif visé par l’accord est lucide et ambitieux: les 195 pays s’engagent à contenir l’élévation de la température moyenne de la planète nettement en dessous de 2 °C, et mentionne déjà l’objectif plus ambitieux de limiter l’élévation de la température à 1,5 °C .

Pour beaucoup d’hommes et de femmes dans le monde, la menace du changement climatique s’est déjà clairement transformée en question de survie, tandis que tous les peuples du monde ont désormais pris conscience de cette menace. Il était donc vital pour toute notre humanité qu’un accord soit trouvé à Paris.

L’accord de Paris prouve que les gouvernants sont capables de s’entendre et de travailler ensemble lorsque l’essentiel est en jeu. C’est une bonne nouvelle pour l’humanité. La COMECE espère une ratification rapide de cet accord. L’Église et les chrétiens devront se montrer vigilants sur la mise en œuvre des engagements pris par chacun des États.

Comme l’a souligné le Pape François dans son encyclique Laudato Si, le véritable travail de « conversion écologique » commence et il concerne tous les citoyens du monde. A partir d’aujourd’hui, les chrétiens, dans leurs familles, leurs quartiers, leurs paroisses à travers toute l’Europe sont appelés à s’engager. Ils doivent faire vivre l’innovation, la créativité et la solidarité pour que la lutte contre le réchauffement climatique rime avec un nouvel art de vivre, plus riche de sens et de joie.

Dans son rapport d’experts publié en novembre dernier, la COMECE lance ainsi des pistes, des recommandations et des exemples concrets. La COMECE invite les conférences épiscopales de toute l’Europe et les diocèses à se servir de ce rapport pour leurs travaux et lors de rencontre avec des responsables politiques ou des représentants de la société civile. »

Patrick. H. Daly, Secrétaire général de la COMECE

Conférence Internationale « Eau, Mégalopole, Changement global »

whc2014_philippines01L’eau est un enjeu vital pour les mégalopoles – ensembles urbains de plus de 10 millions d’habitants-qui sont confrontées à de multiples risques, des risques que les dérèglements climatiques accentuent. D’ici à 2030, sur à peine plus de 2% de la surface terrestre, 1 milliard de personnes habiteront une centaine de ces gigantesques centres urbains (on en compte une vingtaine aujourd’hui) : un essor jugé inexorable qui va rendre de plus en plus aigu le traitement des questions nombreuses en rapport avec l’eau. Une sorte de course de vitesse est engagée pour, sinon éviter, du moins atténuer les dangers extrêmes qui pourraient déboucher sur des catastrophes en tous genres si devaient prévaloir une douce insouciance (benign neglect) ou si de mauvaises décisions étaient prises. Partout, avec néanmoins des différences d’intensité ou d’efficacité, des actions sont menées pour améliorer l’efficience et la résilience des écosystèmes que recouvre la gestion de l’eau. Sous l’empire de la nécessité de grands changements sont engagés, pour le bien commun, avec l’eau qui va de plus en plus devoir être considérée comme une ressource précieuse, à gérer avec soin, et non plus comme un élément utilisé sans discernement.

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Génération Climat – « Lutter contre les changements climatiques, sortir de la pauvreté et avoir accès aux droits »

Cop21-CMP11« Bien vivre, une seule famille humaine, cohérence et vigilance » sont les maîtres mots de Véronique Fayet, Présidente du Secours Catholique en conclusion de la Conférence à Génération Climat sur « Lutter contre les changements climatiques, sortir de la pauvreté et avoir accès aux droits ».

Claire Hédon, Présidente d’ATD Quart Monde, l’a relayée en rappelant les menaces majeures sur les Droits de l’Homme, particulièrement si les populations ne sont pas aux cœurs des mutations…

… Dans le volet « Droits humains » des Conférences du 10 décembre, un panel, à l’initiative du Secours Catholique-Caritas France et d’ATD Quart Monde, présentait diverses initiatives en France ou au Pérou pour « Lutter contre les changements climatiques, sortir de la pauvreté et avoir accès aux droits, les défis d’une transition véritablement réussie ». La référence explicite aux Droits humains n’est pas encore totalement acquise dans le dernier projet qui sera soumis à la signature du vendredi 11 décembre. Il y a là un risque très important que n’ont pas manqué de souligner les intervenants.

Véronique Fayet, Présidente du Secours Catholique-Caritas France, voit quatre volets à une transition énergétique juste. Par rapport aux COP précédentes, le débat n’est pas du seul ressort des États mais les ONG et la société civile montrent qu’il se passe des choses, la famille et l’Homme étant au centre du changement de paradigme. On ne peut admettre qu’il y ait des populations qui s’estiment « plus humains » que d’autres. La décision du Tribunal administratif de Calais, obligeant l’état français à un accès aux propriétés fondamentales comme l’eau, montre qu’il devra désormais avoir une cohérence entre les déclarations des politiques et les actions sur le terrain. Même si on peut estimer que la COP 21 aura fait montre d’une réelle sensibilisation, devra demeurer une « vigilance citoyenne » de la société civile pour montrer que nous sommes déjà en marche vers la COP 22 !

Face à la problématique d’un dépassement de l’objectif de 2° qui mettrait 100 millions de personnes en plus en situation d’extrême pauvreté, Claire Hédon, Présidente d’ATD quart Monde a fait cinq préconisations. En premier lieu, ne pas se satisfaire des progrès réalisés en matière de lutte contre la pauvreté en laissant, encore, de côté 20% de la population. Ensuite, faire participer les populations ciblées dans les décisions. Intégrer la notion de justice climatique, faute de voir payer les plus pauvres. Établir un minimum de prestations sociales (maladie, aide à l’enfance) dont des expériences montrent leur apport de valeur ajoutée. Enfin accompagner la transition par des efforts de formation et de création d’emplois.

DHP/Y15/12/AO

Congrégation pour l’Éducation Catholique – Rome 18 au 21 novembre 2015 "Éduquer aujourd’hui et demain, une passion toujours renouvelée"

eduquer« Éduquer aujourd’hui et demain, une passion toujours renouvelée » tel a été le thème du congrès organisé par la Congrégation pour l’Éducation Catholique à Rome du 18 au 21 novembre 2015.

Invitée à intervenir, Christine Roche a parlé de son expérience dans l’enseignement et dans le monde associatif.

Je ne parlerai pas en tant qu’expert universitaire des sciences sociales et humaines, mais plutôt en tant que femme dont le parcours a fait des haltes dans des structures diverses de l’Église et de la société : établissements scolaires en zone sensible, associations internationales, et plus récemment l’UNESCO.

Mon engagement au Centre catholique international de coopération avec l’UNESCO, réseau d’ONG catholiques partenaires ou non de l’UNESCO, m’a donné à connaître les terrains labourés par les ONG, les fruits récoltés et les zones encore à défricher, à ensemencer, à cultiver.

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présentation de PREM DAN au Pape François par S. Monica Joseph supérieure Générale de la congrégation des Religieuses de Jésus-Marie         cliquer ici pour accéder au site des RJM

Les organisateurs de ce congrès, en observateurs avisés de la société civile, ont intégré à juste titre les associations dans la mosaïque des parties prenantes à la mission éducative à l’échelle mondiale. En effet les associations sont au cœur de la Société Civile pour l’UNESCO, pour l’Église elles font partie du peuple de Dieu.

Le Saint Siège et L’UNESCO partagent leurs inquiétudes pour les générations d’aujourd’hui et de demain et donnent la priorité à l’éducation.

Le professeur Verhack a rappelé hier les principaux documents qui ont jalonnés l’histoire de la Congrégation pour l’éducation catholique, dont « instrumentum laboris » qui décline les défis de l’école catholique pour « réveiller le monde » selon l’interpellation du pape François. 

L’UNESCO vient de publier un document « repenser l’Éducation, vers un bien commun mondial ? » qui s’appuie sur une relecture du rapport Delors (UNESCO 1996) pour tracer les grandes lignes de l’éducation dans le monde; ce rapport s’ouvrait sur les mots : « l’éducation est un cri d’amour pour les enfants.. » et demandait une égale attention aux quatre piliers de l’éducation :

  • Apprendre à connaître,

  • Apprendre à faire,

  • Apprendre à être,

  • Apprendre à vivre ensemble.

Les tendances actuelles de la société sont des menaces pour ces quatre piliers, en particulier pour les deux derniers.

Instrumentum laboris pointe les défis à relever  dont :

  • le défi de l’éducation intégrale,

  • le défi de l’apprentissage du numérique,

  • les défis spécifiques d’une société multi-religieuse et multi-culturelle

Ces défis, les éducateurs, les parents, les familles, les associations ont à y répondre :

  • Innombrables, les associations qui, prenant à bras le corps depuis plus d’un siècle de telles préoccupations, ont permis à des enfants de trouver un chemin pour aller à l’école.

  • Innombrables, les lieux de la planète où des écoles, des associations ont fait leur cette définition de l’éducation proposée par Marguerite Lena : « Éduquer, c’est coopérer à un désir d’être et de grandir qui ne prendra forme que du dedans, lentement, comme une surprise… ». Ou bien celle de Jacques Maritain : « le but de l’éducation est d’aider et de guider l’enfant vers son accomplissement humain »

Les associations offrent des possibles à cette éducation intégrale qui s’appuie sur un pilier supplémentaire : apprendre à se connaître, condition pour aller à la rencontre de l’autre.

Mme Christine Roche Présidente du CCIC
Mme Christine Roche Présidente du CCIC

Les associations partagent leur savoir faire avec les groupes spécifiques qu‘elles accompagnent, je pense à cette cantatrice qui par le chant a rendu leur dignité et leur joie de vivre à des milliers d’enfants boliviens vivant dans les tunnels de la mort près des mines, puis leur a permis d’aller à l’école, et aussi à ces associations internationales qui se consacrent au respect de la dignité des femmes et de leur accès à l’éducation, à telles autres qui se consacrent aux enfants sans domicile autre que la rue, aux personnes en situation de handicap.

Certaines manières d’être (de savoir être) ont été transmises à l’école par des associations : je pense au développement de la notion de respect de la planète, combien d’équipes de bénévoles se sont constituées pour nettoyer les plages bien avant qu’on ne parle de la COP21 !

Une association naît d’un besoin urgent, d’une situation dramatique où des personnes sont en danger (malnutrition, manque d’eau, grande pauvreté, aide scolaire, accompagnement des familles en danger, prise en compte des situations de handicap etc…, ) elle permettra souvent d’établir ou de rétablir la connexion vers l’école.

Les associations ont aussi à évoluer comme les populations dont elles partagent la vie.

Je pense aux mouvements de jeunes sur les différents continents qui apprennent aux enfants à prier ensemble mais chacun dans sa religion, là où autrefois on faisait le catéchisme.

L’esprit de fraternité caractérise les équipes sur le terrain, le don de soi est primordial pour la survie d’une association (défi des moyens et des ressources) je pense aux multiples centres de santé à très petits moyens où se pratiquent l’accueil et l’écoute ; je pense aux associations qui militent pour le respect des Droits de l’Homme.

Une association peut être aussi le lieu de la transmission intergénérationnelle de savoir faire et de savoir être, du « prendre soin de l’autre » : je pense aux mouvements scouts, écoles du service, de la fraternité et de la responsabilité, aux associations sportives sans ambition de compétitions au niveau professionnel.

Dans les contextes si divers de la vie associative, les jeunes trouvent des propositions d’engagement et une approche de la connaissance et de la responsabilité de leurs actes complémentaires à celles du contexte scolaire.

Monseigneur Parolin conclut son intervention à l’UNESCO à Paris le 3juin dernier, en soulignant la nécessité de valoriser l’apport de chacun et de proposer un rapprochement humble et patient entre les individus, les communautés. Pour sa part le pape François appelle à proposer les conditions nécessaires à l’épanouissement d’un « esprit de fraternité entre les personnes » qui reconnaît effectivement à chacun, à chacune, sa dignité, sa spécificité, ses talents, ses particularités, et donc sa participation pleine et entière aux destinées de sa communauté de vie.

Je crois que c’est une réalité dans le monde associatif. 

Les associations n’ont pas les mêmes contraintes administratives et contractuelles avec les responsables politiques que les établissements scolaires, cependant elles sont de réels partenaires de la vie publique de la société où elles agissent.

Pour preuve il y a 15 jours, durant la 38éme conférence générale, l’UNESCO a voté le « Cadre d’action Éducation 2030 » et en coordonnera l’agenda de mise en œuvre. Il y est stipulé que les mécanismes de gouvernance, de suivi, de coordination s’appuieront sur les organisations de la société civile et les structures existantes. Le CCIC a rappelé à cette occasion que les familles célébrées en 1994 par l’ONU comme « le cœur de nos sociétés » doivent être considérées comme des partenaires à part entière.

Dans son livre « les sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur » Edgar Morin propose un enseignement premier et universel portant sur la condition humaine ; connaître l’humain c’est le situer dans l’univers :qui sommes-nous ? Où sommes-nous? D’où venons-nous ? Où allons-nous ?

Il me semble que le réseau associatif, au plus près des populations, est en capacité d’interroger notre situation dans le monde. Les organismes de l’Enseignement catholique, les établissements d’éducation se doivent de les considérer comme des partenaires à part entière, compétents en humanité. Éclairés par la joie de l’Évangile, les chrétiens engagés pour servir au sein d’associations ont une mission de présence, d’action, de savoir faire et de parole. C’est une pastorale de l’espérance par le témoignage dans l’humilité et la générosité.

Je vous remercie.

38ème session de la Conférence générale de l'UNESCO – CAMPAGNE #UNITE4HERITAGE

12 novembre 2015

A LA RENCONTRE DE TÉMOINS ENGAGÉS

AU SERVICE DUN PATRIMOINE DE LHUMANITÉ MENACÉ

Protection du patrimoine culturel, trésors de l’humanité ; des Risques de destruction face au terrorisme ; la mobilisation internationale doit s’intensifier au service de la Paix.

Palmyre, Mossoul , Tombouctou… des témoignages pour donner corps à ce qu’il faut continuer de faire.

L’événement s’inscrit dans le cadre des actions que mène maintenant activement l’UNESCO depuis le lancement de la campagne #UNITE4HERITAGE en 2015 à Bagdad ; campagne de sensibilisation, d’information mais aussi d’appels, d’alertes, de prévention et de réhabilitation.

Une heure d’échanges devant un large auditoire captivé par les propos de cinq acteurs rappelant chacun à leur manière et selon leur histoire ou leur profil toute la gravité des entreprises de destruction de valeurs culturelles « trésors de l’humanité » dont sont coupables les mouvements extrémistes en Afrique ou au Moyen Orient….

Panel présidé par madame Irina BOKOVA, Directrice générale de l’UNESCO, auquel ont contribué le père dominicain Najeeb MICHAEL, qui a assuré le sauvetage de nombreux manuscrits à Mossoul, Mme SARTRE spécialiste du Moyen Orient et tout particulièrement de Palmyre, un universitaire-historien irakien et le responsable de l’UNESCO qui a suivi les travaux de réhabilitation des mausolées de Tombouctou.

Un appel vibrant de la directrice générale de l’UNESCO

La Directrice générale de l’UNESCO très mobilisée sur un sujet qui lui tient à cœur et qui est au cœur des missions de l’UNESCO a employé des mots forts pour qualifier ce qui a été perpétré et qui reste menaçant : nettoyage culturel, désintégration identitaire, crime de guerre pour effacer une partie de l’histoire de l’humanité, terroriser, annihiler les consciences. Face à ces désastres il faut se lever, chercher à protéger, préserver, prévenir.

C’est le sens des actions qu’ont menées et que mènent encore sur le terrain beaucoup de « culturels » qui, courageusement, s’efforcent de défendre les œuvres, avec le risque de perdre leur vie comme Ahmed Assad à Palmyre, à qui il faut rendre hommage. A ces actes de violence, on doit répondre par la Culture, avec une prise de conscience à faire partager par l’ensemble de la communauté internationale et aussi un soutien effectif comme par exemple l’aide à la réhabilitation des sites de Tombouctou. C’est ainsi, en amplifiant les initiatives, qu’on pourra défendre la paix, restaurer une confiance perdue. Les effets positifs iront au-delà de ce qui sera fait pour protéger des pierres ou du papier, car ils toucheront l’âme des peuples dont on aura violé une partie d’un héritage millénaire.

PALMYRE : un désastre, une destruction irrémédiable d’un Trésor de connaissances

Palmyre menacée
Palmyre en 2014

C’est un site magnifique qui a été rasé, et ce qui n’avait pas été encore vraiment fouillé (80% de l’emprise) a été fortement endommagé au bulldozer. Ce sont des milliers d’années de l’histoire du lieu dont on aura perdu la trace visible, avec la disparition d’innombrables inscriptions en grec, en araméen, statues, tours funéraires et, figure emblématique du lieu, le temple de Beyle : perte de repères pour la connaissance de l’économie des caravanes dont Palmyre a été un centre névralgique, ou de la vie de la ville sous l’antiquité. Peu de chances de pouvoir reconstituer ce qui a été souvent réduit en poussière, alors, à un horizon encore inconnu, il faudra retrouver un peu de cette mémoire disparue dans des reconstitutions en 3D pour continuer à faire savoir toute la richesse historique d’un environnement architectural et monumental qui était d’une extraordinaire qualité.

TOMBOUCTOU : une réhabilitation riche de sens

Ont été surtout affectés la quinzaine de mausolées qui abritent les sépultures de personnages dont la mémoire est vénérée dans tout le Mali et même au-delà.

L’UNESCO et plusieurs pays africains (outre le Mali, l’Algérie et le Burkina) ont apporté un large soutien à la réhabilitation de ces ouvrages très anciens, avec une réhabilitation conduite sur deux ans (2014-2015). L’opération elle-même a été précédée d’un intense travail de recherche pour retrouver les techniques traditionnelles, sachant qu’elles étaient perdues de vue, le béton étant devenu « le standard de la construction ». Ce travail préalable, qui était indispensable pour mener à bien l’opération, a eu aussi un effet bénéfique remarquable localement dans la mesure où elle a pu associer les populations et leur faire prendre conscience de certaines valeurs intrinsèques de ces ouvrages d’art avec certaines caractéristiques (par exemple les matériaux : la terre) que l’on avait tendance à oublier alors qu’elles étaient parfaitement adaptées aux contraintes des lieux.

L’opération a aussi fait réapparaître une conscience collective qui avait disparu ou qui s’était appauvrie. Les mausolées étaient devenus des lieux banalisés, considérés uniquement pour leur fonction « cultuelle », et toute l’œuvre de reconstruction menée sous la direction d’un architecte malien a soudainement fait prendre conscience qu’il s’agissait là de bien plus qu’un bâtiment fonctionnel, et que ces mausolées, avec leur beauté et leur vocation réelle, étaient un héritage fédérateur, révélateur d’une histoire, une richesse insoupçonnée que d’aucuns ont voulu rayer de la carte.

A côté des destructions de mausolée (et aussi d’autres sites de moindre importance) , il y a eu également destructions ou vols de manuscrits, toutes ces valeurs n’ayant pas pu être « ex filtrées ».

MOSSOUL : sauvetage physique et numérique de milliers de manuscrits, mais aussi des milliers détruits, des atteintes délibérées, criminelles au patrimoine d’un peuple, trésor de l’humanité

Père Najeeb Michael
Père Najeeb Michael

Le père Najeeb a témoigné avec simplicité mais aussi avec beaucoup d’âme de toute l’expérience qu’il a dû vivre douloureusement depuis 2003, face à une entreprise de démolition de la mémoire de tout ce qui dans les archives des couvents, des églises ou dans les bibliothèques de Mossoul et des régions avoisinantes témoignait de l’histoire des églises orthodoxes, chaldéennes, Yézidi, une histoire ancienne, bien antérieure au VIIème siècle, celui que les auteurs des exactions commises voudraient voir être considéré comme le commencement véritable de l’histoire qu’ils entendent redessiner comme bon leur semble…Les manuscrits sauvés ( exflitrés et/ou numérisés, avec l’aide des bénédictins du Minnessota) ne sont pas que des documents religieux. Ils portent aussi sur tous les grands domaines du savoir en remontant loin dans les temps anciens, renvoyant ainsi aux richesses de toute les civilisations mésopotamiennes, avec des manuscrits issus des courants sumériens, chaldéens, syriaques…

Ainsi auront été préservés de la destruction des écrits portant sur la liturgie, la bible ou la théologie, donc en rapport avec le religieux, mais aussi des documents scientifiques, philosophiques, ou se rapportant à l’astronomie et à l’histoire. Tout cet ensemble d’une si riche diversité thématique est aussi riche de son caractère polyglotte avec sept langues utilisées. Un énorme gisement de connaissances a ainsi pu être sauvé, qui dans une large mesure comporte des éléments datant de plusieurs centaines d’années avant Jésus Christ. C’est en quelque sorte des traces tangibles d’un berceau de l’humanité que les terroristes menaçaient de destruction. Hélas tout n’a pas été épargné, et notamment en 2014, il y a eu des milliers d’actes qui ont été brûlés. Il faut rappeler tous ces forfaits honteux nous dit le père Najeeb MICHAEL, et les media ne le font pas assez savoir.

A la suite de ces témoignages très forts et qui ne doivent pas manquer d’interpeller – l’auditoire a suivi l’échange avec une grande attention – trois délégations seulement sont intervenues faute de temps : la Finlande, la Guinée, la Turquie. En s’associant à ce qui venait d’être dit, les intervenant ont aussi salué les actions de l’UNESCO face à ces crimes qui ne devront pas rester impunis (on a fait savoir qu’il y a eu plainte déposée par le Mali devant la cour de La Haye et qu’une personne y a été déférée). La Turquie a voulu s’associer à l’hommage rendu au conservateur du musée de Palmyre qui a été tué pour avoir voulu défendre un patrimoine culturel d’une valeur inestimable. Elle s’est interrogée sur les moyens de prévenir les risques de destruction.

 

38ème session de la Conférence générale de l'UNESCO – Écho des Commissions

Échos des Commissions « Sciences Humaines et Sociales » (SHS),

« Culture », « Communication et Information »

(du 10 au 13 novembre 2015)

Le CCIC se fait l’écho des travaux de trois commissions, réalisés pendant cette première moitié du mois de novembre. Elles insistent sur les grandes préoccupations du moment : les défis du développement et les questions sensibles (la violence, les migrants et la jeunesse). Elles soulignent leurs soucis face aux contraintes de fonctionnement qui limitent l’efficacité opérationnelle.

Les interventions des représentants des États membres et celles des services de l’UNESCO, font bien évidemment ressortir les spécificités propres à chaque domaine, ne serait-ce qu’à l’occasion de l’examen des budgets et des programmes ; mais des déclarations nombreuses que l’on aura entendues se dégagent aussi beaucoup d’éléments communs. Il y a d’abord un discours assez largement consensuel, et, des propos à la tonalité en général très mesurée qui font évidemment références aux grands objectifs et aux Missions de l’UNESCO, ainsi qu’aux principes qu’elle promeut : la Paix, le Pluralisme, la diversité, le rapprochement des cultures, le respect des identités, la protection des patrimoines culturels, matériels et immatériels…l’éthique, la défense des libertés, des droits de l’homme avec des déclinaisons plus spécifiques se référant à des sujets devenus « classiques » ( la promotion de la Femme, le souci de l’égalité des genres, le respect des minorités, la lutte contre les stéréotypes, l’éducation, le numérique etc). A signaler, la préoccupation particulièrement mise en évidence touchant aux migrants, question mentionnée par de nombreuses délégations, aussi bien du côté Commission SHS que côté Culture.

Au fil des échanges, on aura relevé tout de même des messages ou commentaires allant un peu au-delà des propos convenus lorsqu’il s’est agi d’évoquer ce qui menace gravement les valeurs culturelles et la Mémoire collective : la violence, les pillages, les saccages ont été dénoncés avec insistance par certaines délégations et de façon encore plus parlante lors du panel organisé par la Direction Générale autour de l’initiative « UNITE4HERITAGE » lancée en 2014 par Mme BOKOVA.

Autre élément à maintes fois souligné, l’importance de l’agenda 2030 de l’ONU avec ses objectifs SDG (sustainable development goals). Il y a dans ces nouvelles orientations de véritables nouveautés parmi lesquelles une pleine reconnaissance des valeurs de la culture et des sciences humaines ou sociales qui sont à promouvoir pour garantir un réel développement, porteur de progrès et de Paix.

Très souvent, parmi les souhaits exprimés, on a fait référence aux aspects budgétaires : les contraintes étant fortes, sur plusieurs chantiers jugés importants à engager ou à poursuivre, il a été fait allusion à ce facteur limitatif, et aux moyens de les contourner via des financements extra budgétaires (donneurs privés ou dotations spécifiques par les États, comme le font maintenant assez notablement la Chine ou le Quatar) ou au travers d’innovations ou rationalisations organisationnelles (de nombreuses fois par exemple ont été évoqués les gains possibles à tirer de la recherche de synergies).

Dans un contexte de ressources plus difficiles à trouver, il est devenu crucial de bien définir les priorités dans le cadre de stratégies bien conçues : cette exigence est assez largement partagée, et portée par les services de l’UNESCO . D’ores et déjà, une bonne façon de prioriser les activités est de s’en tenir aux Conventions comme le cadre dans lequel il faut s’inscrire.

S’il y a bien nécessité d’inscrire les actions avec une bonne vision stratégique, et, autant que possible, une solide assise juridique, on doit aussi se soucier de la mise en œuvre des engagements, avec un suivi concret, effectif. Encore trop souvent, est il signalé par les Services ou certaines délégations, la traduction de résolutions en actes tarde à se produire ou ne se voit pas suffisamment.

Pour traiter efficacement des problématiques qui sont devenues de plus en plus complexes dans tous les domaines, on appelle sur tout sujet à se soucier d’interdisciplinarité, ce qui peut appeler à des coopérations sous des formes diverses, au sein des domaines (ou Commissions) ou entre les domaines, avec le soutien des États membres.

A cet égard, certains militent pour des exigences juridiques plus contraignantes (legally binding) et/ou pour un suivi plus rapproché des réalisations, mais ce possible « stimulant » bute forcément sur des questions de souveraineté, et là peut être mentionnée la difficulté que représente parfois la non ratification de certaines Conventions par un trop grand nombre d’États.

Cela dit, nonobstant les questions juridiques, les objectifs opérationnels sont mieux remplis s’ils s’inscrivent dans le cadre de dialogues renforcés avec les États membres, un dialogue qui peut s’opérer notamment par consultations ou enquêtes, méthodes de plus en plus employées et qui portent leurs fruits.

Dernier point relevé comme assez prégnant : la Jeunesse. Comme lors de la conférence générale, les deux Commissions « Culture » et « Sciences Humaines et sociales » ont entendu des représentant du Forum des jeunes (tenu les 27 et 28 octobre) présenter leurs conclusions. Au-delà de ce point spécifique, à de très nombreuses reprises les représentants des États membres ont tenu à souligner toute l’attention qu’il convient de porter aux jeunes générations qui sont l’avenir du Monde.

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Si les échanges nourris par les interventions de nombreuses délégations ont été foisonnants, ils n’ont pratiquement pas été émaillés de considérations philosophiques ou anthropologiques, ils n’ont été aussi que très peu teintés de connotation géopolitique…. ce qui peut sembler normal s’agissant d’interventions en Commissions. On pourra quand même signaler quelques exceptions, comme par exemple un appel à mieux et plus considérer les dimensions d’ordre spirituel et tout ce qui se rapporte aux croyances (CUBA), un autre appel venant d’un pays d’Afrique pour que l’on respecte mieux certaines traditions ancestrales qui tendent à être négligées. Enfin, un peu comme une fausse note, à propos des débats relatifs à la sauvegarde des patrimoines, le représentant d’un pays du Proche Orient a eu des mots très directs pour dénoncer le terrorisme financé indirectement (sic) par des pays voisins.

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« Pray for Paris »

« Pray for Paris »

Merci à nos amis d’Outre Manche et Outre Atlantique d’avoir osé cette formule – une certaine conception de la laïcité n’aurait pas admis qu’elle soit proclamée en français !

La proximité des actes terroristes engendre une émotion bien compréhensible. Les victimes de cette barbarie, leurs familles et leurs proches sont l’objet de notre compassion (dont le sens premier est « souffrir avec ») Une peine partagée semble moins lourde.

Mais, cette proximité peut nous faire basculer, sans que nous y prenions garde, dans la prise d’otage ! Climat anxiogène, toxicité des images passées en boucle, surenchère des infos y compris sur les réseaux sociaux …autant d’éléments qui peuvent faire de nous des otages et non pas des acteurs intelligents, sensibles et responsables (dont le sens premier est « capable de donner une réponse »).

Le CCIC prend sa part dans la responsabilité générale et agit en conséquence.

Le Centre rend hommage :

  • à tout le personnel médical et hospitalier pour leur efficacité et leur dévouement,

  • aux forces de l’ordre, pompiers, ambulanciers et force armées,

  • à tous les anonymes qui ont su répondre à une situation d’urgence par l’accueil et l’entraide,

  • à tous ceux qui ont su, chacun avec son talent, analyser les tragiques événements et aider les hommes de bonne volonté à affiner leurs réactions, à protéger, en milieu scolaire, les enfants et les adolescents contre un rejet généralisé d’une partie de la population,

  • à nos membres qui ont uni la fécondité et la diversité de leurs prières,

  • à nos pasteurs, y compris ceux de la COMECE qui, par leur appel à la prière et au pardon, permettent à chacun d’être toujours plus « affermi dans l’Espérance ».

Le CCIC fait aussi mémoire des victimes des attentats tout aussi odieux commis :

  • à Garissa (Kenya) le 2 avril 2015 : 152 tués, dont 142 étudiants.

  • à Beyrouth (Liban) le 11 novembre 2015 : 43 morts et 239 blessés,