UNESCO – Dialogue social et le Rapprochement des cultures par les langues

Colloque du mardi 16 mai 2017

Étaient présents :

– M. Eric Falt, sous directeur général de l’UNESCO pour les Relations extérieures et l’information du public ;
– S. Em. Le Cardinal Peter Kodwo Turkson, Préfet du Dicastère pour le service pour le développement humain intégral ;
– M. Eric Deroo, Auteur, réalisateur et chercheur associé au CNRS ;
– Mme Nguyen Viet Anh, Professeur de français et de vietnamien, chercheuse, INALCO ;
– Pére Gilles Reithinger, Supérieur général des missions étrangères de Paris ;
– Mme Béatrice Duhayon-Blanchard, Présidente de Centre France-Asie ;
– Mgr. Francesco Follo, Observateur permanent du Saint-Siège auprès de l’UNESCO.

Le colloque fut présenté ainsi – Nos sociétés de plus en plus diversifiées se définissent par la cohabitation de personnes, groupes et peuples d’origine, langue, culture et religion variées et qui sont appelés à apprendre à vivre ensemble dans la paix et le respect réciproque.

Ainsi que le Pape François l’a déclaré : « c’est le moment de savoir comment, dans une culture qui privilégie le dialogue comme forme de rencontre, projeter la recherche de consensus et d’accords, mais sans la séparer de la préoccupation d’une société juste, capable de mémoire, et sans exclusion. L’auteur principal, le sujet historique de ce processus, c’est le peuple et sa culture, et non une classe, une fraction, un groupe, une élite » (Exhortation Apostolique Evangelii Gaudium, IV.)

L’UNESCO, de son coté et en vertu de son mandat, accorde une grande importance aux langues et mène une stratégie basée sur la reconnaissance de l’interaction dynamique entre la diversité linguistique et la diversité culturelle. Le respect des droits linguistiques s’avère essentiel à l’accomplissement des objectifs de développement durable de l’Agenda 2030 et à la coexistence pacifique.

Dans cet esprit, ce colloque entend promouvoir le rapprochement des cultures par les langues qui ne sont pas seulement un instrument de communication mais aussi un outil de la création de la pensée. Le rôle médiateur, pratique et symbolique des langues pour accomplir le dialogue interculturel et la rencontre des cultures devient, donc, central. –

Parmi les riches interventions de ce colloque, citons les quelques pensées suivantes :

L’UNESCO assure un dialogue quotidien entre les cultures. Cette coexistence n’a jamais été aussi importante. Contre la violence et sa progression, nous avons besoin de la culture des débats et du respect des droits de l’homme. Protéger la diversité linguistique est essentielle pour protéger la diversité culturelle. La langue est un pont entre les idées et l’action. Ce que l’on dit doit être ce que l’on pense. La langue crée aussi un lien entre le passé et le futur (Eric Falt).

Dans la bible, la parole occupe une grande place : Dieu dit ; Au commencement était le verbe ; La parole s’est fait chair… L’Église tient en grande estime le dialogue entre les hommes. Les relations, la coexistence sont devenus des maîtres mots pour la dignité de l’être humain que nous sommes. C’est au cœur de la légitimité morale de toute autorité. Le Pape François insiste sur le dialogue avec les États, avec la société ce qui inclut les cultures et les sciences et avec les autres croyants. Le dialogue provoque les rencontres et recherche le consensus. C’est par le dialogue que l’Église accompagne la recherche des solutions qui répondent au mieux à la défense de la dignité humaine. La foi ne craint pas la raison voire la science. L’Église a confiance et ne s’oppose pas à la science qui respecte la vie humaine (Cardinal Turkson).

La colonisation du Viet-Nam a été la rencontre de deux cultures et de deux langues. Le français s’est imposé, ce qui a conduit à une « acculturation » qui a abouti à une transformation de la vie et de la société et ainsi à l’échange de deux civilisations. Par exemple, l’écriture vietnamienne a été « romanisée » qui fut le fruit le plus porteur et le plus heureux de la rencontre « forcée » des deux langues et des cultures vietnamienne et française (Mme Nguyen).

Les Missions Étrangères de Paris (MEP) ont été créées en 1658 et depuis ont contribué au développement de liens entre les pays. Les missionnaires apprenaient d’abord la langue du lieux où ils s’installaient pour revêtir la culture de ces lieux et ainsi ils se modifiaient intérieurement. Avec eux, ont été créés des dictionnaires, des imprimeries, des hôpitaux, des séminaires, des écoles. Ils ont construit des ponts culturels. (Père Reithinger).

Les écoles sont des espaces d’intégration sociale. L’intégration n’est pas une annexion, ni une exclusion. C’est un mode d’action qui privilégie l’acceptation culturelle mutuelle. (Mme Duhayon-Blanchard).

Le dialogue est comme un orchestre de plusieurs instruments dont les sonorités sont différentes mais qui peuvent rendre ensemble une belle musique si ces instruments sont accordés et unis sur une même partition (Mgr Follo).
M-C.L.

En savoir plus :

L’UNESCO et le dialogue interculturel
Interview du Cardinal Turckson sur « Info Catho »

70ème anniversaire du CCIC : L’espérance au cœur du  Monde

Le CCIC et ses amis ont vécu le 23 mars 2017, à la maison de l’UNESCO, une belle journée d’échanges pour célébrer soixante dix ans d’une existence bien remplie en coopération avec l’UNESCO.

Plus de quatre cent cinquante personnes ont participé au Forum : « Quel monde voulons-nous construire ensemble ? » organisé à cette occasion.

Dans l’assemblée il faut noter tout particulièrement la présence de plus 35 présidents d’ONG internationales membres du réseau du CCIC, 45 auteurs du recueil « Paroles d’espérance », des représentants de l’Église, de l’UNESCO, et de plusieurs États membres sans oublier de nombreux invités venus des quatre coins du monde.

Mgr Follo – Cardinal Maradiaga – Mme C. Roche – M. Éric Falt

Au cours de la journée se sont succédé les comptes rendus des travaux des ateliers de réflexion internes au CCIC puis les tables rondes sur des thèmes privilégiés de l’UNESCO : le dialogue interculturel et interreligieux, l’espérance éducative, les enjeux des mutations socio-économiques et des évolutions scientifiques.

Les intermèdes musicaux très appréciés ont été assurés par le chœur African Bach Christi et la violoncelliste Marie Deremble-Wauquiez . Grâce à un partenariat avec l’Institut Catholique de Paris un accueil souriant était assuré par une quinzaine d’étudiantes enthousiastes de l’ICP Com Challenge.

 Dans son adresse introductive, la présidente du CCIC, Madame Christine Roche a rappelé que « seuls, nous sommes à la merci du découragement, ensemble nous pouvons tout oser ».

Elle a annoncé aussi la publication du recueil « Paroles d’Espérance » qui a été distribué en fin d’après midi à tous les participants. La lecture d’extraits choisis par Emmanuelle Dancourt animatrice de la journée a ponctué les débats, révélant la diversité et la richesse de l’inspiration des auteurs, d’authentiques passeurs d’espérance.

SE Cardinal Maradiaga

Message du Cardinal Parolin au nom du Pape François , lu par Monseigneur Francesco Follo, Observateur permanent du Saint Siège auprès de l’UNESCO, allocution inaugurale et conclusion chaleureuses du Cardinal Oscar Andrès Rodrigez Maradiaga, témoignages de personnes engagées dans divers pays : ces quelques heures de rencontres ont été riches en contenu. Elles ont favorisé la reconnaissance d’intérêts communs et de visions porteuses d’espérance.

Mgr Francesco Follo

Voici quelques extraits des paroles prononcées :

« L’éducation authentique, c’est la vie, elle est le moyen de sortir de la pauvreté, des enfermements et de toutes les dérives qui nous menacent dans un monde plein de risques ou de dangers : exploitation des femmes, réductionnisme, mépris de l’humain, purisme fanatique… »

« L’éducation c’est aussi l’ouverture à la liberté et à la transcendance…  »

« Il faut viser une société résiliente, ouverte à l’autre, respectueuse des identités, capable de dialoguer, inclusive, rayonnante et plurielle, sachant accueillir l’autre : importance de l’hospitalité, de la responsabilité individuelle, où l’on reconnaît les Personnes, pleinement et à tous les niveaux… »

« Chacun est un et unique, avec sa richesse, une richesse qu’il faut savoir reconnaître et promouvoir, singulièrement du côté des jeunes, à l’école et dans la vie : c’est la meilleure voie pour assurer le développement… »

Pour conclure, le Cardinal Maradiaga a salué la richesse des thèmes abordés, leur pertinence ainsi que l’esprit dans lequel ils ont été traités : avec bienveillance, réalisme et toujours avec des vues positives. Il faut aller dans ce sens, nous dit-il. Il nous invite à continuer pour découvrir sans cesse des chemins d’espérance pour la Paix et pour la grandeur de la personne en restant à l’écoute du Monde dans un dialogue ouvert. « Sachons œuvrer pour un Monde moins égoïste et obsédé par la richesse ou la domination violente, soyons plus soucieux d’éthique. »

Le CCIC, comme laboratoire de pensées et de réflexion, comme plate-forme de dialogue peut contribuer avec l’UNESCO à la construction d’un Monde de Paix.
Y. Nachbaur

Lire le Programme du 23 mars
Lire la note conceptuelle
Voir la liste des intervenants

Lire les « rendus » des cinq ateliers

Conférence mondiale des Humanités – août 2017 – Liège (Belgique)

Réunion d’information sur la prochaine
Conférence mondiale des Humanités
« défis et responsabilités pour une planète en transition »
(du 6 au 12 août 2017 à
Liège)


Cette seconde réunion permet de mieux montrer l’ambition d’un événement co-organisé par l’UNESCO (le MOST), le CIPSH (Conseil international de la Philosophie et des Sciences Humaines) et les Pouvoirs publics belges ainsi que l’université de Liège.

Le projet se précise : sur les sept journées sont prévus de nombreux symposiums (plus de 80) et toute une série de tables rondes qui traiteront leurs thèmes autour de six axes : l’environnement, l’identité, migrations et frontières, patrimoines matériels et immatériels, histoire et mémoire, et les approches en matière d’éducation et de recherche.

1800 participants sont attendus, venant de tous les horizons, sans exclusive. Cette rencontre n’est pas conçue comme un entre soi universitaire. Y seront conviés des artistes, des politiques, des représentants d’association, des acteurs de la culture…

150 communications ont déjà été produites, pour aider à l’élaboration détaillée du programme des événements, plusieurs rencontres régionales se sont déjà tenues qui visent précisément à déjà engager les réflexions.

Sur chacun des six thèmes deux à trois key note speakers se sont déjà portés candidats.

L’objectif des organisateurs a été clairement rappelé : il ne s’agit pas de parler des « humanités » comme complément d’autres matières enseignées qui, elles, seraient le cœur de l’éducation (« les sciences dures »). Il s’agit au contraire de redonner toutes sa place à ce que recouvrent « les Humanités » en montrant à quel point, elles doivent être présentes autrement que comme des matières spécialisées, et certainement pas comme étant de seconde importance par rapport, par exemple, aux sujets scientifiques ou économiques. On a rappelé qu’elles traitent de la dimension de l’homme dans son essence, et méritent à ce titre qu’on leur accorde une juste attention, tout particulièrement de nos jours, dans notre monde en pleine transition – notre Planète pour reprendre l’intitulé de la conférence – un monde devant faire face à de grands défis.

Parmi les problématiques qui seront évoquées, on aura relevé : le rôle du secteur privé, tout ce qui a trait à la tolérance et à l’inclusion, l’égalité Homme Femme…  mais les thèmes choisis donneront lieu certainement à bien d’autres débats. Fin février devraient être connus les sujets que traiteront les tables rondes.

De même qu’une grande attention a été apportée à la préparation de la conférence, les organisateurs entendent poursuivre l’effort de promotion des Humanités au-delà de l’événement en tant que tel. Ils attendent une suite, et, avec l’UNESCO pleinement d’accord en cela, ils se proposent de pouvoir vérifier que les conclusions de la Conférence aient des retombées effectives au niveau des pays, avec un rôle, que l’on espère positif, des décideurs publics.

Les délégations qui se sont exprimées ont toutes salué le projet présenté. Le Mali (dont l’un de ses anciens ministres de l’éducation a été inspirateur de cette conférence mondiale) a élaboré une résolution de soutien avec l’idée de la faire entériner par le Bureau Exécutif de l’UNESCO, mais comme ce pays n’est pas membre du Bureau, la Chine a indiqué qu’elle fera son affaire de la lui présenter.

YN

Page WEB du MOST
Page WEB du CIPSH
Page WEB de la Conférence mondiale des humanités 2017

L’UNESCO et les Peuples Autochtones

Politique de l’UNESCO concernant l’engagement
en faveur des Peuples Autochtones

Réunion d’information avec les délégations permanentes
Jeudi 2 février 2017 à l’UNESCO


La réunion d’information vise à informer les Délégations permanentes sur l’élaboration de la politique de l’UNESCO concernant l’engagement en faveur les peuples autochtones, y compris les bases pour le développement de la politique, et les activités de l’UNESCO en relation avec les peuples autochtones.

L’événement contribue à la célébration du 10e anniversaire de l’adoption de la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples Autochtones (2007-2017).

C’est dans le cadre de la déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA) 2007, que l’UNESCO travaille avec les peuples indigènes quant à leur droit à la culture, à l’éducation…


En quoi consiste la politique de l’UNESCO pour l’application de la DNUDPA ?

Le Tchad : Une coordination des peuples indigènes engage un travail sur la météorologie et le climat. Plusieurs organismes comme la banque mondiale, la FAO, contribuent à l’aide des peuples autochtones. La Convention 169 de l’Organisation Internationale du Travail relative aux peuples indigènes et tribaux constitue une base qui permet de mettre en œuvre les droits collectifs. Dans ces régions il y a beaucoup de crises environnementales. Il convient d’harmoniser les efforts pour que les impacts des actions menées soient efficaces. Les peuples autochtones doivent pouvoir participer à leur mise en œuvre d’où le besoin d’une reconnaissance de leurs connaissances traditionnelles. Plusieurs pays en voie de développement agissent en conséquence avec toutes ces politiques pour affronter les changements climatiques. La vie des peuples autochtones dépend des décisions prises et mises en œuvre. Nous connaissons les ressources des peuples, il est nécessaire d’harmoniser les actions de l’UNESCO et des autres acteurs au niveau national et international.

L’Association des chefs de village du Surinam : souligne l’importance de la promotion et du développement des politiques de formation. Tous les accords internationaux doivent pouvoir s’appliquer au niveau national. Le travail de l’Association s’attache à la reconnaissance des droits juridiques. Par exemple le droit de participer aux décisions qui concernent les peuples indigènes. Ces peuples étaient menacés par les exploitations minières, par la construction de routes, par l’exploitation des forêts… Les programmes scolaires qui instruisaient les peuples autochtones n’existent plus.

Ces peuples ont beaucoup souffert de l’esclavage, de l’exploitation. La DNUDPA protège ces peuples. Ils sont heureux du partenariat ONU, Banque mondiale, FAO. Les domaines d’activités de l’UNESCO sont importants pour ces peuples. Ils leurs permet d’avancer quant à la compréhension de leur mode de vie souvent oublié. Par exemple, la propriété est une propriété collective et les décisions sont prises collectivement. Les projets et les programmes aident mais dans le cadre des cultures locales. Les peuples autochtones peuvent aider à l’application des travaux et sont heureux que l’UNESCO mette en valeur les actions inclusives.

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La parole est donnée aux différentes délégations présentes et il est souligné qu’il s’agit d’une réunion d’information qui se terminera sans prise de décision.

1ère série de questions :

– Qu’appelle t-on un peuple autochtone ?
– Quel est le rôle de l’UNESCO pour assurer une éducation de qualité à ceux qui subissent des difficultés ?
– Quelles sont les initiatives prises pour promouvoir les droits émanant des différentes instantes de l’ONU ?

Le Congo souhaite que l’UNESCO le soutienne dans l’application des mêmes droits du peuple congolais au peuple autochtone des savanes comme à celui des forêts.

Les réponses sont les suivantes :

La question de la scolarisation est un défi par rapport aux objectifs. Pour aider à la réussite scolaire, la langue maternelle est promue comme langue de l’enseignement.

Pour permettre cet enseignement , des jeunes issus de ces populations sont formés. A travers la Convention 169 ces projets pour l’éducation sont pleinement pris en compte. Pour ce qui concerne le contenu, l’UNESCO encourage la diversité culturelle avec un respect des coutumes familiales, des horaires qu’imposent les activités quotidiennes.

Il existe des initiatives en faveur des populations autochtones. Des experts mènent des études et se rendent dans les pays concernés. Il existe une reconnaissance de l’ONU des peuples indigènes au sujet du changement climatique qui entraîne des risques pour eux. Enfin l’article 42 de la DNUDPA insiste sur la garantie d’assurer son efficacité à ces peuples.

Il n’existe pas de définition du peuple autochtone comme ceux-ci le souhaite. Mais il existe des critères que définit la Convention 169 de l’OIT. L’identité doit être distincte de la population du territoire. Il s’agit de populations qui subissent la marginalisation, l’oppression, qui sont vulnérable, qui suscite la protection…

2ème série de questions :

Le Canada appuie sans réserve les dispositions de la DNUDPA qui s’applique à ses trois unités autochtones. Mais ces populations sont moins scolarisées et ont une moins bonne santé. Il demande un document qui site les bonnes pratiques qui ont été expérimentées surtout concernant les femmes ;

La Nouvelle Zélande demande que soit organisée une coordination entre les actions menées dans les différents peuples autochtones ;

ONG « Traditions pour demain » ,les peuples autochtones d’Amérique latine ont des représentants présents à New York, à Genève et à Paris et ils promeuvent leurs savoirs traditionnels. Toutefois la convention relative au patrimoine culturel ne parle pas d’eux. Un groupe de travail réunit des représentants de ces peuples autochtones et les ONG concernées pour la reconnaissance de leur territoire, de la propriété intellectuelle, des agressions à leur patrimoine culturel immatériel suite aux conflits armés. Le document n’est pas encore abouti. Il n’est plus question de peuples autochtones mais de populations autochtones.

Les réponses sont les suivantes :

La mise en application de la diversité culturelle implique les dispositions de la Convention Collective de 2002 qui inclut le consentement libre et éclairé des populations. Ces deux caractères constituent le point d’entrée de l’engagement des peuples autochtones.

En ce qui concernent les conflits armés, ce sont les directives de l’UNESCO qui s’appliquent.

3ème série de questions :

Le Paraguay insiste sur la question de la diversité linguistique qui rend difficile l’accès à l’information ;

La Bolivie rend compte de la difficulté d’une définition d’un peuple autochtone au vu du nombre de ce type de peuple. En Bolivie 36 sont dénombrés avec leurs droits tous différents et leur langue maternelle. Ces peuples sont le résultats des temps coloniaux ;

Les Philippines et l’Équateur demandent une plus grande consultation avant les prises de position de Conseil Exécutif ;

Grenade met en valeur le travail inter sectoriel et salue le secteur communication quant au multilinguisme, sur l’importance de la transmission par le biais des nouvelles technologies ;

Le Mexique appuie l’importance des traductions pour faciliter la divulgation de l’information.

Les réponses sont les suivantes :

Un certain nombre de consultations avec les peuples autochtones se sont déjà tenues. Mais le document du Conseil Exécutif sera diffusé et il sera revu ultérieurement.

La question de la définition des peuples autochtones apparaît devoir être un point important à traiter au Conseil Exécutif.

La réunion d’information en faveur des peuples autochtones s’est terminée à 13h.


Pour en savoir plus sur les Peuples Autochtones :

L'ONU et les droits de l'Homme

Déclaration des Nations Unies sur les droits des Peuples Autochtones

Peuples autochtones - Voix autochtones : Foire aux questions

C169 - Convention (n° 169) relative aux peuples indigènes et tribaux, 1989

Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste

UNESCO – Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste

« Éduquer pour un futur meilleur : le rôle de sites historiques et des musées dans l’enseignement de l’Holocauste »

Jeudi 26 Janvier 2017

Chaque année, le 27 janvier, date anniversaire de la libération en 1945 du camp de concentration et d’extermination allemand nazi d’Auschwitz-Birkenau par les troupes soviétiques, l’UNESCO rend hommage à la mémoire des victimes de l’Holocauste et réaffirme son engagement contre l’antisémitisme, le racisme et toutes les autres formes d’intolérance qui peuvent conduire à une violence collective ciblée, voire à des génocides.

La commémoration – qui s’est en fait tenue cette année le 26 janvier – s’est déroulée sur quatre événements : une conférence dans le cadre du « Campus UNESCO » sur le thème : « Comment déconstruire les discours de haine »i, l’inauguration de l’exposition Archeologia présentée par le Musée d’État d’Auschwitz-Birkenauii, une table ronde, point central de la journée, sur le thème : « Éduquer pour un futur meilleur : le rôle de sites historiques et des musées dans l’enseignement de l’Holocauste » et enfin une cérémonie finale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocausteiii.

Dans le discours publié à l’occasion de cette journée, Mme Irina Bokova, Directrice-générale de l’UNESCO, insistait sur le fait que : « dans la violence qui se déchaîne aujourd’hui sur les populations civiles et les discours de haine qui se déploient sur les réseaux sociaux, nous retrouvons sans mal les échos de ces idéologies totalitaires… Plus nous connaissons notre histoire et celle des autres, plus nous tissons de liens avec l’humanité. La transmission de l’histoire favorise la solidarité et dessine une humanité plus unie, plus juste et plus pacifique. Les sites du patrimoine, les musées, les documents et les traces du passé jouent à ce titre un rôle fondamental dans l’éducation et peuvent aider chaque citoyen, à tout âge, à dénoncer les falsifications et les mensonges de ceux qui exploitent l’ignorance, la peur et la haine de l’autre. »

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Federico Mayor : « UN CHEMIN VERS LA PAIX »

« UN CHEMIN VERS LA PAIX »

Lundi 16 janvier a eu lieu au siège de l’UNESCO à Paris le vernissage de l’exposition de photos « Un chemin vers la paix », de la photographe Dominique Roger, ancien photographe de l’UNESCO. A cette occasion et invité par l’Association des anciens fonctionnaires de l’UNESCO (AAFU), Federico Mayor, ancien Directeur Général de l’UNESCO, a tenu une conférence sur ce même thème.

Georges Kutukdjian, président de l’AAFU, a accueilli et introduit les intervenants, Madame Dominique Roger et Monsieur Federico Mayor.

Madame Dominique Roger a présenté les photos de l’exposition, prises entre les années ‘70 et les années 2000 dans le monde entier pour illustrer le message et le travail de l’UNESCO : diffuser une éducation de qualité, encourager la coopération scientifique, partager la richesse des cultures, soutenir la liberté d’expression. Dominique Roger est convaincue que l’ignorance est le ferment de la haine et que l’éducation est la condition « sine qua non » pour cheminer vers la paix.

Monsieur Federico Mayor a mis l’accent sur la nécessité de l’action, au travers des attitudes et des comportements individuels : dans le monde d’aujourd’hui le pire peut être évité, nous dit-il, s’il y a une forte implication de chacun, quel que soit son niveau.

Federico Mayor
ancien Directeur Général de l’UNESCO

Pour Federico Mayor, nous sommes entrés dans une nouvelle ère, avec de grands changements aux effets négatifs potentiellement irréversibles. L’un d’entre eux tient aux risques du réchauffement climatique. Pour la première fois dans l’histoire, nous faisons face à un phénomène menaçant qui rend probable le danger d’atteindre un point de non retour. Des terres habitées pourraient disparaître. Les températures pourraient monter fortement dans certaines zones géographiques jusqu’à 50, 60 degrés. Il n’est pas étonnant dans ces conditions que le pape dans l’encyclique « Laudato si » ait appelé à s’inquiéter de ces désordres écologiques. Partageant cette inquiétude, Barak Obama, a averti à propos de ces dérèglements : « demain il sera peut-être trop tard ».

La calotte glacière de l’Arctique fond, mais nous ne changeons rien à nos styles de vie qui peuvent expliquer ce phénomène. C’est en cela que l’implication et l’action personnelles sont nécessaires si nous voulons éviter les affrontements que pourraient déclencher les dérèglements climatiques.

Une autre préoccupation mérite toute notre attention, à savoir le sujet militaire. Partout les questions touchant au Pouvoir pour la défense des intérêts des pays sont placées au rang des priorités stratégiques. C’est en somme l’application d’un principe assez paradoxal que l’on pourrait énoncer ainsi « Si vous voulez avoir la paix faites la guerre ». Résultat : on investit chaque jour 4 milliards de dollars dans l’armement. Et cette soif d’investir dans l’armement ne semble pas devoir s’estomper.

Le rôle des médias est à regarder de près, dans ce contexte : il est un fait que nous sommes soumis à leur influence. D’une certaine manière, on peut parler d’un conditionnement implicite. Les média en tout cas peuvent guider notre pensée dans la sélection ou la hiérarchisation des sujets qu’ils traitent: il y a beaucoup de suivi du football, mais quelle part consacrent ils pour se faire l’écho d’initiatives de paix ?

Il est hautement souhaitable de changer les états d’esprit. On doit concevoir autrement notre approche des questions de sécurité, en prenant bien la mesure des nouvelles menaces, qui sont loin d’être essentiellement militaires, pour se donner les meilleures chances de préserver la paix. On le voit bien, de nos jours cette paix est conditionnée par plusieurs autres facteurs : scientifique, géopolitique, environnemental.

Pour faire face à tous les risques de conflits, il faut résolument miser sur l’action et l’implication de chacun, quel que soit son niveau dans la société et en sachant cultiver de façon appropriée tout ce qui fait la singularité et l’essence de l’être humain : la parole, au travers des réseaux sociaux aussi, l’imagination, la capacité de créer!

Pour Federico Mayor, l’Éducation est essentielle,. Le verbe « apprendre » se conjugue pour lui de la sorte : apprendre à être, apprendre à faire, apprendre à vivre ensemble, apprendre à connaître, apprendre à entreprendre.

Pour la promotion de la paix, on ne saurait trop insister sur le rôle bénéfique que peuvent jouer les femmes. Mandela disait « les femmes utilisent la force seulement exceptionnellement tandis que les hommes seulement exceptionnellement ne l’utilisent pas. » Aujourd’hui, 20 % seulement des décisions sont prises par des femmes, ce qui est mieux que l’ancien 3,5 %.

Dernier point mis en exergue : la prévention qui est un puissant antidote face à tous les risques de déstabilisation. Une culture de la prévention de la violence est nécessaire partout : ville, quartier, entreprise, etc. et en ce domaine l’utilité des médiateurs, qui sont souvent des femmes, n’est plus à démontrer.

O.B.

Union Nationale des Directeurs de Conservatoire de Musique


60 ème Congrès de l’Union Nationale
des Directeurs de Conservatoire de Musique


Maison de l’UNESCO le 27 janvier 2017

Table ronde :  «  Enseignement individuel et collectif, faut il les opposer ? »


Le thème choisi pour l’ouverture de ce Congrès a donné lieu à des échanges très riches avec des contributions d’acteurs intéressés par les questions éducatives, sans être des professionnels de l’enseignement artistique ou musical : un ancien professionnel du football réputé devenu acteur et metteur en scène – Frank LEBOEUF – une élue du Conseil de Paris (Mme BOULAY-ESPERONNIER) , un professeur de neurosciences cognitives. (M E BIGAND). La discussion introduite par Mme ANDRE présidente de l’Union Nationale des directeurs de Conservatoire)ne s’est pas limitée à répondre à la question posée, ou plus exactement le thème soulevé a permis d’énoncer un certain nombre d’idées fortes sur la musique dans son rapport à l’éducation en général mais aussi de faire apparaître certaines spécificités françaises qui révèlent des anomalies.


La complémentarité des enseignements individuels et collectifs

Une première idée fait consensus à propos de l’enseignement de la musique mais elle est généralisable, et s’applique tout aussi bien à l’exercice d’un sport aussi collectif que le football si on veut le pratiquer sérieusement : il y a toujours besoin d’une base fondée sur la Personne qui doit travailler sur soi, apprendre individuellement, avec nécessairement une discipline personnelle que l’on ne doit pas voir comme une peine mais comme une base sur laquelle on peut construire une trajectoire pour progresser, et bien s’insérer dans des parcours plus collectifs : au lieu de raisonner en termes d’oppositions « individuel-collectif », on doit miser sur la complémentarité des approches, s’agissant des conservatoires de musique, il ne faut pas éliminer les cours individuels ( et là il y a danger lorsque les choses sont vues sous un angle purement budgétaire ou même idéologique : cela coûte cher, l’enseignement individualisé favoriserait l’élitisme).


Les exigences : nécessité de l’effort, viser la qualité, l’excellence

La Musique s’apprend, s’enseigne comme une discipline dont il faut maîtriser les règles, et là il a été bien rappelé qu’on ne peut pas confondre l’éducation musicale avec le jeu : les conservatoires ne sont pas des centres de loisir, ce qui au demeurant ne doit pas amener comme conclusion que les uns doivent ignorer les autres.

Une partie de l’échange a traité de la question de l’excellence, du risque de discrimination au travers de visées supposées élitistes qui seraient défavorables aux populations défavorisées. De façon convaincante, il a été avancé qu’on ne doit pas opposer culture de masse et recherche de l’excellence, les jeunes doivent se voir tous offerts la possibilité pour eux d’aller le plus loin possible, sans qu’aucun préjugé ne freine les trajectoires qui vont dépendre de la personne, de l’enfant dont on va découvrir le potentiel au cours de son apprentissage, un apprentissage qu’il faut savoir présenter ( à l’enfant, aux parents) positivement, simplement.


Les pressions qui pèsent sur les jeunes : fatigue, dispersion, trop peu d’attention pour les matières artistiques


Les difficultés n’ont pas été ignorées, et tout particulièrement, il a été fait allusion à certains des méfaits de notre temps : d’abord précisément, on a rappelé cette question (pression) du temps qui manque, qui est consacré à trop d’activités, qui ne permet plus assez de sérénité ; les élèves arrivent fatigués à leurs cours de musique.

Autre difficulté soulignée, et qui semble particulièrement aiguë en France : l’état d’esprit dominant à propos des parcours éducatifs ou scolaires dans un monde où on ne parle que de chômage ; les parents vont se concentrer sur ce qui leur parait essentiel pour réussir, et qui ne va pas privilégier les matières artistiques loin s’en faut, ce qui est regrettable : les enfants peuvent être mis sous pression se trouver éventuellement privés d’accès au domaine de la musique, et forcés de se concentrer sur des matières jugées comme les seules valables pour leur avenir.


Les responsabilités du système : trop de complexité, pas assez d’écoute

Le système au demeurant ne fait rien pour atténuer les choses, comme en témoigne la réduction au fil du temps, du nombre d’heures allouées aux activités artistiques. De ce point de vue, sans que cela ait été dit aussi explicitement, la situation en France contraste avec celle d’autres pays européens, plus ouverts semble-t-il, à l’enseignement de l’art.

De certains échanges, il ressort une critique implicite de l’organisation ministérielle dans son approche ou traitement des questions artistiques : outre un déficit de considération sur ce sujet pourtant important pour aider à l’épanouissement de’ l’enfant, il y a ici comme ailleurs une difficulté qui tient à la complexité : qu’il s’agisse des statuts, des termes employés, des priorités, des institutions on comprend de ce qui est dit qu’il y a des silos hermétiques l’un à l’autre, une absence de dialogue, une diversité, toutes choses qui nuisent à une approche satisfaisante des choses : les secteurs artistiques, notamment dans la partie Musique , gagneraient à ce qu’il y ait plus de clarté et d’unité, et là, sans doute, des progrès pourraient être réalisés si du côté de l’Éducation nationale et du Ministère de la culture on savait plus et mieux organiser des dialogues avec toutes les parties prenantes en les mettant en réseau de façon appropriée.


La musique et ses facultés de transformation cognitive avec des effets positifs

Une contribution tout à fait intéressante a été donnée par l’expert en sciences cognitive à propos des effets de la musique sur les personnes.

De façon succincte on retiendra les idées suivantes :
Sans disconvenir de l’importance de la pratique individuelle ( technique) pour vraiment maîtriser la matière musicale, M BIGAND, à partir des résultats d’analyses des fonctions cérébrales testées sur des groupes de personnes, a mis en évidence tout l’impact qu’ont l’apprentissage et la maîtrise de la musique sur les fonctions cognitives. Les analyses menées ( analyse des circuits et connexions neurologiques, avec effet de substances biochimiques au niveau du cerveau comme la dopamine) montrent qu’il ne s’agit pas d’incidences banales, la musique apparaît comme capable d’activer les parties du cerveau dédiées au langage, et l’examen systématiques des fonctions de réaction montre clairement un effet sur ce qu’on pourrait qualifier l’intériorité, ce qui finalement renvoie à l’essence de l’humain.
Ces interactions ne sont pas réduites à un rapport solitaire entre « la personne et la musique », et là émerge la principale idée mise en évidence par les travaux scientifiques, celle du rapport à l’autre tout à fait essentiel dans tout exercice musical, et marqueur avéré de l’essence de l’humain .

Deux exemples nous ont été donnés issus de travaux scientifiques :
le premier montre que l’incidence positive de la musique ou du chant peut commencer dès le plus jeune âge, comme l’a attesté un test des relations de la mère avec son bébé au travers du chant : on a fait ressortir ainsi l’effet rassurant des sons harmonieux ( berceuses), l’enfant au travers du son musical perçoit une parole apaisante avant même la maîtrise du langage parlé.(analyse des fonctions cérébrales).
L’autre restitution qui nous a été donnée concerne les concertistes, et fait ressortir à quel point la musique parvient à activer les fonctions cérébrales de façon synchronisées lorsqu’on analyse les profils des liaisons neurologiques : il y a une similitude, une harmonie du profil des concertistes, qui fonctionnent chacun en résonance avec les autres .


Conclusion retenue par l’intervenant : la musique a une incidence forte sur les personnes, cette incidence est positive elle renvoie fondamentalement aux notions de communication, de relation à l’autre ; elle est un langage, langage d’harmonie, d’empathie que l’on discerne partout ( des expériences ont montré qu’il n’y a pas de différences selon les origines). Autre constat révélateur d’un impact positif : on tend à vérifier que les personnes immergées dans la matière musicale sont souvent plus à même de maîtriser les problèmes complexes. Ces découvertes permises par les progrès de la science ( IRM) confirment les intuitions selon lesquelles la musique, langage universel, est tout à fait importante en termes civilisationnels en ce qu’elle génère et cultive dans l’esprit humain des vertus d’empathie et de synchronie favorisant le « vivre ensemble »  pour l’enfant et sa mère, les musiciens ensemble, mais aussi, cela a été dit, le musicien et le public.

Voir le site internet de l’UNDC

Vœux du CCIC pour 2017

ccic_voeux
Peinture de KIM EN JOONG

L’espérance, c’est la même chose
que la gratuité
mais elle n’est pas l’utopie

Godfried Card. Danneels



Le 16 janvier, à « l’Accueil Louise de Marillac » où se trouve notre siège, Christine Roche a présenté les vœux du CCIC.

Après avoir remercié les nombreux invités de leur présence Christine Roche a déclaré :


« Nous percevons votre présence comme un encouragement à poursuivre le chemin, à s’engager toujours plus pour entendre, recevoir, et relayer les appels du monde en attente de paix et de justice.

Le temps traditionnel des vœux c’est le temps donné à la parole d’espérance fondée sur la réalité du présent et sur le désir de faire mieux demain.

Le présent du CCIC est riche du bilan d’une année de travail avec le réseau des ONG membres en relation avec l’UNESCO.

Grâce aux multiples propositions du calendrier de l’UNESCO,

que de séances de travail sur la priorité « éducation 2030 »,
que de rencontres, colloques ou forum sur les thèmes allant de la
pensée complexe aux défis de la révolution numérique en passant par la protection des patrimoines matériels et immatériels et le droit à la liberté d’expression et d’information.

Notre équipe de veilleurs a pu relayer les contenus de tous ces événements grâce à leurs comptes rendus diffusés sur notre site. Par ailleurs les Objectifs du Développement Durable « les ODD » sont aussi nos guides pour penser le futur proche 2030 et au delà.

Et toujours cette préoccupation majeure proclamée sans cesse par la Directrice générale Madame Irina Bokova : la construction de la paix dans le monde en instabilité permanente, le dialogue entre les cultures et le respect de la diversité culturelle.

La perspective 2017 de la célébration de 70 années de notre coopération avec l’UNESCO a mobilisé les ONG membres du CCIC. L’interrogation lancinante sur le monde de demain s’est imposée.

Pour cela, nous avons choisi de travailler sur des grands défis de notre monde happé par une modernité qui semble déshumaniser l’humain et oublier que Homme et Création sont indissociables.

Les cinq conférences données en 2016 ont ainsi préparé les contributions du CCIC en réponse à la question titre du forum qui se tiendra en mars « Quel monde voulons-nous construire ensemble ? ». Nous y réaffirmerons notre espérance en une humanité réconciliée grâce à l’amour fraternel et au pardon.

Nous avons aussi souhaité recueillir auprès de témoins connus ou inconnus des messages d’espérance pour agir aujourd’hui et demain. La diversité des réponses est en elle même une grande source d’espérance. La confiance avec laquelle les auteurs ont dévoilé leur espérance nous a interpellés et bouleversés.

Ce recueil sera offert comme un trésor le jour du forum.

L’Espérance c’est une force, une passion qui entraîne le monde dans le combat pour plus de beau, plus de bon, plus de vrai. L’espérance est vaillante et inventive.

L’espérance est amoureuse des femmes et des hommes.

Il faut pour cela une mesure bien pleine… de confiance, un brin d’utopie et une pointe d’humour !

A l’UNESCO, aux associations membres et amies, à chacune et à chacun, un grand merci pour la convivialité avec laquelle nous cheminons ensemble.

Je vous souhaite au nom du CCIC « une année vécue dans la joie, dans l’espérance et dans le succès de vos projets respectifs.»

 

Les défis de la révolution numérique pour les ONG


Conférence internationale des ONG 2016
« Les défis de la révolution numérique pour les ONG »


Tel était le thème de la Conférence internationale des ONG 2016 qui s’est tenue du 12 au 14 décembre 2016 au Siège de l’UNESCO et qui a rassemblé 250 représentants d’ONG du monde entier.  


La Conférence internationale des ONG a pour objectif de réunir tous les deux ans l’ensemble des ONG partenaires officiels de l’UNESCO.

affiche-comite-ongPendant trois jours, sous l’impulsion d’une vingtaine de panélistes reconnus du monde académique, philosophique et institutionnel, les discussions ont porté sur quatre axes : « Les défis de l’accès numérique à l’information» ; «La révolution numérique et son impact sur la diversité des expressions culturelles» ; «La science face à la révolution numérique : quelle éthique » et «La formation en ligne relève-t-elle les défis des systèmes éducatifs dans le monde ? », sujets au cœur du mandat de l’UNESCO et partagés par les ONG.

Lieu privilégié de rencontre et de dialogue entre les ONG, et avec des représentants de l’UNESCO et des États membres, la Conférence représentait une occasion d’évaluer leur coopération collective, d’établir le bilan des deux dernières années, de définir une feuille de route pour les deux années à venir et d’élire son nouveau président et une partie des membres du Comité de Liaison.

A l’issue de ses travaux, la Conférence a appelé à un partenariat renforcé avec la société civile conformément à l’objectif 17 (ODD17) de l’Agenda 2030 pour le développement durable et a engagé les ONG à consolider leur rôle dans la mise en œuvre de l’Agenda.

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Comité pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé

11e réunion du Comité pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé
8 et 9 décembre 2016

UNESCO


Le 14 mai 1954 à la Haye a été adoptée la Convention sur la protection des biens culturels en cas de conflit armé.

Cette convention a été signée par 127 pays. Le 26 mars 1954, un premier protocole, signé par 104 pays, prévoyait surtout la création d’un comité consultatif national qui intervienne auprès de son gouvernement en cas de conflit armé. Un deuxième protocole, adopté en 1999, signé par 69 états prévoyait surtout la création du Comité pour la protection des biens culturels en cas de conflits armé, composé de 12 membres élus parmi les 69 états signataires. Le Deuxième Protocole de 1999 complète les dispositions de la Convention de La Haye de 1954 relatives à la sauvegarde, au respect des biens culturels et à la conduite des hostilités. Le statut de « protection renforcée » peut être demandé par les Etats parties pour les biens culturels en péril qui revêtent la plus grande importance pour l’humanité, qui bénéficient de mesures de protection juridiques et administratives adéquates au niveau national, qui ne sont pas utilisés à des fins militaires, et pour lesquels des sanctions spécifiques sont prévues en cas de sérieuses violations. Le même protocole prévoit la création d’un Fonds pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé.

Ce mois de décembre a eu lieu la 11e réunion annuelle du Comité pour la protection des biens culturels en cas de conflits armé, créé par le protocole de 1999 qui est entré en vigueur en 2004 . Parmi les sujets discutés, il y a eu surtout :

  • L’examen des demandes d’octroi de la protection renforcée : Monuments historiques de Mtskheta (Géorgie) et Tombeau des Askia (Mali),

  • La demande d’assistance internationale au titre du Fonds pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé soumise par le Mali en rapport à la demande d’octroi de la protection renforcée pour le Tombeau des Askia,

  • Le rapport du Bouclier Bleu sur les situations où les biens culturels sont menacés dans le contexte d’un conflit armé, y compris d’occupation,

  • Le développement des synergies avec les autres instruments normatifs et programmes pertinents de l’UNESCO et renforcement des partenariats (la coopération avec la Convention de 1972 concernant la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel et avec la Convention de 1970 concernant les mesures à prendre pour interdire et empêcher l’importation, l’exportation et le transfert de propriété illicites des biens culturels).

Après avoir élu son nouveau Président, M. Sophann Ket (Cambodge), le Comité a pris plusieurs décisions, parmi lesquelles l’octroi de la protection renforcée au Tombeau des Askia au Mali et aux Monuments historiques de Mtskheta en Géorgie, tous deux sites du patrimoine mondial.

La demande de Mali de financement (pour le tombeau des Askia) au titre du Fonds pour la protection des biens culturels en cas de conflits armé a été approuvée. L’aide consiste en une somme de 35 mille dollars des États-Unis qui devra financer des activités comme :

  • la sensibilisation des communautés locales,

  • la documentation pour une législation pénale,

  • un inventaire détaillé,

  • plan de formation continue des forces armées maliennes (FAMA).

La Libye s’est vue octroyée, elle-aussi, la somme de 50 000 dollars pour des mesures d’urgence liées à des fouilles illicites, érosions, pour des aspects pratiques comme le renforcement des portes et des fenêtres dans les musées.

Dans le même temps, le Secrétariat a encouragé les autorités libyennes compétentes à soumettre une demande d’octroi de protection renforcée, et a demandé aux deux requérants de fournir des rapports détaillés sur l’utilisation qui sera faite de l’assistance financière. On a évoqué aussi la possibilité d’intégrer cette demande dans le programme Heritage at risk dédié aux monuments en péril, programme de l’ICOMOS (Conseil International pour les Monuments et Sites culturels).

Le Comité a également discuté de la « Stratégie pour le renforcement de l’action de l’UNESCO en matière de protection de la culture et de promotion du pluralisme culturel en cas de conflit armé », qui a été adoptée en novembre 2015. Le Plan d’action développé dans le cadre de la Stratégie se concentre sur le développement de matériels de formation, le renforcement des capacités pour l’exécution des lois nationales, la protection des biens culturels par les forces armées et le secteur juridique, le trafic illicite des objets culturels, l’intégration de ces éléments dans les opérations de maintien de la paix des Nations Unies (incluant une composante policière et civile), l’évaluation des risques et la planification d’urgence du patrimoine dans les zones à risques.

Le Comité international du Bouclier bleu (ICBS) est un comité de professionnels, international et indépendant, qui regroupe les musées, les archives, les archives audiovisuelles, les bibliothèques, les monuments et les sites historiques. Le Bouclier bleu est le symbole employé pour identifier les sites culturels protégés par la Convention de 1954 de la Haye, patrimoine culturel mondial menacé par les catastrophes naturelles ou d’origine humaine. Le Bouclier Bleu réunit l’expertise et les savoir-faire des réseaux internationaux de chacune de ces organisations non gouvernementales œuvrant en faveur du patrimoine culturel :

Lors de cette 11e réunion du Comité pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé, le rapport du Bouclier Bleu sur les situations où les biens culturels sont menacés dans le contexte d’un conflit armé, y compris d’occupation, rapport qui était prévu à être présenté lors de cette réunion n’a pas pu être présenté, à cause des retards dans le travail de l’UNESCO avec l’ICOM et à cause de problèmes budgétaires.

Le délégué de la Géorgie auprès de l’UNESCO a accentué que deux régions en Géorgie, Abkhazie et Ossétie du Sud se trouvent encore sous occupation russe et il suggère que le rapport du Bouclier Bleu devrait retenir le cas des biens culturels sous occupation comme ceux des territoires occupés de Géorgie.

L’Italie a mis en exergue le fait que la protection des biens culturels est aussi une action humanitaire. Les déplacements humains peuvent être assimilés à un déplacement de biens culturels puisque les communautés humaines se déplacent avec leur culture, leur genre de vie, leurs habitudes.

Pour conclure, Mechtild Rössler, la Directrice de la Division du patrimoine a encouragé tous les participants à promouvoir la Convention de 1954 et à joindre leurs forces dans la mise en œuvre de la Stratégie pour le « renforcement de l’action de l’UNESCO en matière de protection de la culture et de promotion du pluralisme culturel en cas de conflit armé ».

Nous pouvons remarquer, quant à nous, que les pays les plus concernés par le besoin de protéger les biens culturels en cas de conflit armé, tels que la Syrie, l’Irak, l’Israël, bien que signataires de la Convention de 1954, ne sont pas signataires du deuxième protocole de 1999, alors que des pays comme Mali, Libye ou Palestine le sont !
Les biens culturels des pays comme Syrie, Irak, Israël ne peuvent pas bénéficier, en cas de conflit, des mesures de protection prévues par la Convention de 1954 et le Protocole de 1999 !
Il serait intéressant de savoir quels efforts sont faits pour encourager l’adhésion des pays qui n’ont pas encore signé cette Convention. Ou plus spécifiquement encore, comment encourager l’adhésion à cette Convention des pays où il y a conflit et où des biens culturels chrétiens sont menacés par ces situations de conflit ?

MCL et OB