Liège 2017 : Conférence Mondiale des Humanités

« défis et responsabilités pour une planète en transition »

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Compte-rendu de la réunion de présentation du projet tenue le 21 juin 2016

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Cette conférence, qui sera « une première », se tiendra à Liège du 6 au 12 août 2017.

Elle est organisée par une fondation dédiée dont les trois membres organisateurs de l’événement sont l’UNESCO (dans le cadre du programme MOST management of social transformations program), le CIPSH (Conseil international de la philosophie et des sciences humaines) partenaire historique de l’UNESCO, représentant de très nombreuses organisations (associations, fédérations etc), et les collectivités territoriales belges (la ville de Liège, la province) ainsi que l’université. Près de 2000 participants sont attendus pour assister à une série de débats ou présentations qui seront ordonnés autour de six thèmes :

1/ L’Homme et l’Environnement,
2/ Identités et Diversités culturelles : une humanité globale,
3/ frontières et migrations,
4/ Patrimoine (héritage, matériel et immatériel),
5/ Histoire, Mémoire et Politique,
6/ Les Humanités dans un monde qui change.

16f97f2276Les promoteurs de ces journées ont souligné leur ambition : il ne doit pas s’agir seulement ou principalement d’une réunion d’experts appelés à délivrer des présentations académiques, l’intention clairement affichée est de mettre l’Homme dans sa dignité au cœur des discussions, de voir au travers de regards sous de multiples angles d’observation en quoi l’éducation doit être promue au service de l’humanité et pour la Paix, en aidant les jeunes et les adolescents à se « mouvoir » dans un monde de plus en plus complexe et exposé à de multiples risques.

Le délégué permanent de la Belgique auprès de l’UNESCO a souligné que cette rencontre venait à point nommé par les temps troublés que l’on connaît, pour revisiter ce que devrait être l’école dans notre monde moderne, une école capable de transmettre un héritage en le passant comme il convient au crible de la modernité, avec une juste prise en compte de la diversité pour prix de la Paix : sur ces questions vitales, les réponses ne sauraient être que techniques.

Les autorités de la ville et de la province de Liège qui se sont fortement engagés voient s’inscrire ce colloque international en harmonie avec la stratégie qu’elles ont convenu de mener : promouvoir la citoyenneté et la diversité culturelle, pour plus d’harmonie dans une région qui a beaucoup souffert dans le passé (la grande guerre, la crise minière) et qui accueille des ressortissants de nombreux pays.

Le Président de cette conférence, M. Adama Samassekou (ancien Ministre de l’éducation du Mali, Président de l’académie des langues africaines) présenté comme « l’âme » de ce colloque et ancien président du CIPSH a lui aussi insisté pour dire que ce projet était une belle opportunité pour la Paix et la promotion d’un dialogue culturel qui tienne compte pleinement d’une diversité qui s’intensifie et qui change de visage.

Il rappelle les trois constats qui ont finalement imposé comme une évidence la tenue de cette première conférence internationale sur les Humanités :

  • La crise de 2008 qui n’a pas été que financière : elle révélait aussi une crise de société, et des interrogations sur nos modes de développement.
  • Un Conseil CIPSH qui tendait à se marginaliser, avec son domaine de compétence, pourtant essentiel, de moins en moins considéré à sa juste valeur.
  • Une panne ou une insuffisance des intellectuels, ainsi qu’une sous représentation de leur présence (influence) dans les pays non occidentaux.

Ce simple constat a ainsi fait émerger l’évidence d’un besoin, et donné naissance à une idée un peu nouvelle qui inspirera ou structurera les échanges, à savoir celle du polycentrisme qui désigne par le biais d’un rééquilibrage des dialogues la montée de courants de réflexion et de recherches plus diversifiés géographiquement, et qui pourra apporter, notamment avec le soutien d’un CIPSH qui pourra ainsi se relancer, une plus grande richesse dans les réponses aux questions que l’on peut se poser.

Pour M. Samassekou trois éléments pourront opportunément être intégrés dans les réflexions :

1/ l’échec des pensées uniques.
2/ l’échec des modèles qui ont omis de considérer le temps long.
3/ la survenance de mouvements de fond (positif ou négatif) qu’il faut analyser pleinement avec un regard interculturel pour détecter ce qui permettra à l’Humanité d’évoluer dans le bon sens (ce qui sauvera le monde)… Ici sont évoqués, parmi ces grandes forces à l’œuvre, capables de transformer les sociétés (mais aussi parfois détruire) : le fanatisme, les technologies (notamment celles de l’information), l’art.

Dernier point traité, très important aux yeux de l’intervenant pour qui cette conférence ne doit pas être un banal événement : l’architecture globale.

En amont de la Conférence, ont été organisées toute une série de rencontres sur différents thèmes se rattachant au programme adopté ; ce sont en quelque sorte des travaux préparatoires : au Brésil (Terre et Humanité), au Mali (Langues, Cultures, Histoire), Chine (Sciences, Culture et Route de la Soie)… etc

La Conférence elle-même comportera des séances plénières avec de grands témoins et des sessions spécialisées, ainsi que des symposiums lorsque certains thèmes mériteront un large débat (exemple l’islam, le statut de la femme dans la société). En introduction du colloque seront présentés les résultats d’une enquête sur les thèmes à l’ordre du jour.

En aval, conformément à l’intention des organisateurs, il est prévu d’assurer en quelque sorte un suivi, pour voir au niveau des grandes zones d’influence (EU, ASEAN, MERCOSUR, etc ) comment les politiques en faveur des humanités (la recherche, les infrastructures, etc) sont mises en œuvre, quels sont les investissements engagés avec quel sens, et aussi quelles solidarités universelles exprimées au service de la terre des Hommes.

Quelques éléments retenus de l’échange avec l’auditoire :

Le délégué néerlandais a salué l’entreprise ; ce sera pour lui l’occasion de parler des sciences humaines qui ont peut être été un peu trop négligées ces dernières années. S’il juge bienvenu que l’on mette l’accent sur la diversité culturelle, il recommande qu’on ne perde pas de vue l’universalité, et qu’on s’attache à bien percevoir la présence et la persistance de ce principe dans les cultures et les humanités.

Un intervenant docteur en sciences humaines fait observer que les Humanités ne sont pas un domaine enfermé, endogène : elles ne sont pas une île.

Le délégué de la Tunisie évoque la question de l’islam politique, va-t-on en parler ? Sans aucun doute, et il est prévu parmi les « key note speakers » un représentant du monde de l’islam.

Intervention du Portugal (qui accueille un événement en lien avec la Conférence). Son délégué salue l’initiative, et se félicite de la réussite de la coopération entre toutes les parties prenantes. Les Humanités sont essentielles, il est bien qu’un événement comme ce colloque puisse faire émerger des idées ou des principes qui peuvent guider les politiques. Enfin, il apprécie qu’on mette bien en valeur la jeunesse, car, in fine, c’est bien elle qui doit être au cœur des préoccupations.

Une ONG (Alliance internationale des femmes) obtient la confirmation que l’on vise autre chose que des débats académiques, et se voit préciser qu’il y aura un symposium sur la question des femmes dans les sociétés.

Assemblée Générale Extraordinaire du CCIC le 24 juin 2016

Assemblée Générale Extraordinaire du CCIC
le
Vendredi 24 juin 2016 à 10h

Accueil Louise de Marillac salle Saint Vincent

67 rue de Sèvres

75006 PARIS

La tenue de cette AGE a été décidée à l’unanimité par l’Assemblée générale ordinaire du 24 mai 2016 pour approuver les nouveaux statuts canoniques et les statuts loi 1901 modifiés.

Après ce vote le CCIC pourra envoyer les Statuts canoniques à la Secrétairerie d’État pour étude afin d’obtenir la qualification « d’association privée internationale de fidèles de droit canonique ».

La nuit sacrée à Saint-Merry

A l’initiative de Daniel Douigou , curé de la paroisse du Centre Pastoral Halles Beaubourg (Saint-Merry ) et de l’Association Coexister , a eu lieu le Samedi 28 Mai dans l’esprit des Rencontres d’Assise , une «  Nuit Sacrée » .

DSC0915Des communautés religieuses comprenant des chrétiens, des juifs, des musulmans, des hindous et des bouddhistes ont posé un acte fort de paix, de fraternité et de responsabilité en acceptant de chanter ensemble Dieu ou le sacré, selon leur tradition et dans leur répertoire.

Il s’agissait pour elles de vivre un grand moment d’ouverture et de spiritualité par le langage du chant, de la musique et de la danse et d’affirmer que personne n’est propriétaire de la transcendance, que le beau peut réunir au-delà des différences, dans l’appréhension du divin.

Dans un manifeste signé, elles affirmaient aussi qu’il ne peut y avoir place pour la violence, que l’ennemi de l’homme c’est l’ignorance, que la paix de demain passera par la rencontre et le dialogue entre les différentes traditions convictionnelles et leur action en faveur du bien commun.

Pour les accompagner, plus de 2000 personnes sont venues témoigner, souvent dans un silence inspiré et recueilli, tout au long de la nuit, de leur volonté d’union entre les peuples et les religions.

De 19h à 7 h du matin, l’église a retenti de chants de toutes les communautés spirituelles et religieuses, partagés par de nombreuses personnes si différentes mais si semblables, venues prier, écouter, se recueillir dans une émotion partagée.

On a même assisté à des retournements de jeunes opposants récitant le chapelet , qui ont accepté peu à peu de dialoguer et ont applaudi à la magnifique interprétation de la Création de Haydn par la chorale de la Synagogue Copernic.

Il y avait réellement quelque chose de sacré dans cette nuit-là .

J’ai pu modestement appréhender à cette occasion que l’art et le beau permettent de «  Vivre les différences culturelles et religieuses sur des chemins de transcendance ». Je suis convaincue que notre forum, à l’occasion des 70 ans du CCIC , sera une autre manière de témoigner qu’un monde plus harmonieux et plus fraternel est possible et que d’autres chemins sont possibles.

Marguerite Dauny – Pax Romana

Voir le reportage sur le site du Centre Pastoral de Saint-Merry

Altérité Homme/Femme chez les entrepreneurs et chez les dirigeants

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« Altérité Homme/Femme

chez les entrepreneurs

et chez les dirigeants : une bonne nouvelle ?! »


par Jean Caron

normalien, agrégé de philosophie


Une conférence proposée par

le Centre Catholique international de Coopération avec l’UNESCO

en partenariat avec

les Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens

d’Île de France


Le mardi 21 juin 2016 à 18h30

67 rue de Sèvres 75006 PARIS


Inscription recommandée :  secretariat@ccic-paris-unesco.org

Participation aux frais

L'Art : facteur d'universalité

CCIC UNESCO CONFÉRENCE : ARTS ET RELIGIONS, CULTURE DE LA RENCONTRE

Le 28 janvier 2016

Pour marquer ce début d’année, le CCIC a souhaité un événement qui s’inscrive dans la réflexion qu’il vient d’engager sur l’homme en quête de liberté au service de l’humanité dans la perspective d’une grande rencontre qu’il organisera en 2017, année du soixante dixième anniversaire de sa création…c’est ainsi qu’à l’occasion des vœux ont été données le 26 janvier deux belles contributions parlant de culture et religion avec un accent et des éclairages captivants concentrés sur l’art dans ses relations, ou plus joliment dit, son compagnonnage avec les religions, toute une alchimie source d’harmonie.

Deux interventions qui, pour être différentes au vu de leur objet, se sont magnifiquement combinées.

Le premier thème visait un témoignage concret sur les très riches expériences menées en Belgique par une association – I.T.OUCH’ – dont l’objet est de promouvoir le dialogue inter culturel et inter confessionnel avec la mobilisation du levier de l’art – pris dans son sens le plus large – auprès de nombreux publics.

Dans la seconde présentation, le professeur Jean Paul DEREMBLE qui avait choisi un thème très original « l’accueil de l’artiste par les religions comme facteur d’universalité » loin de s’enfermer dans une contribution par trop académique, nous a fait découvrir en termes très simples et avec seulement quelques belles illustrations tout ce que les arts et les religions ont pu avoir et peuvent toujours avoir en commun, et tout ce que ces liens peuvent comporter comme valeurs universelles et transcendantes.

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I.T.OUCH’  : une association pour le rayonnement par les arts créateurs de liens

l’art mobilise et inspire, le Beau réunit, au-delà des différences, quelque chose de divin

Madame Rozemarijn Vanwijnsberghe est venue de Bruxelles pour présenter l’originalité et la richesse des activités de

Madame Rozemaijn Vanwignsberghe
Madame Rozemarijn Vanwijnsberghe

l’association belge I.T.OUCH’  qui mobilise les leviers de l’art et de la musique au bénéfice de communautés de nationalités et de religions très variées ; tout à fait dans l’esprit de ce que fait cette association, l’intervenante nous a offert, un peu à la manière d’une carte de vœux, une présentation conçue pour ainsi dire artistiquement, avec comme un message inspiré, illustré musicalement et par les images, mais aussi par des mots simples et forts de sens : la joie, le beau, la communion, la simplicité … tout un arrangement à la fois visuel et poétique pour évoquer mieux qu’un long discours l’essence de ce que recouvre les nombreuses actions que mènent cette organisation qui fonctionne en lien avec l’Institution Thérésienne.

En l’occurrence, il s’agit par le biais de l’art, sous toutes ses formes et en s’adaptant à tous les publics visés, d’encourager et développer des dialogues interculturels et inter religieux, sachant qu’à Bruxelles coexistent de nombreuses nationalités de cultures et de confessions différentes. L’idée sous-jacente est que le domaine artistique, sous toutes ses formes (image, musique, poésie…), est source de joie et d’harmonie, et que s’y immerger facilite les rencontres, et produit des effets positifs auprès de populations aux origines très diverses qui peuvent se rejoindre dans une communion jusqu’à trouver le bonheur ou la grâce transcendante de ce qu’apporte l’art, la musique, la parole. Ce témoignage renvoie à des expériences profondément humaines où l’on vise dans un premier temps « l’émotion » – celle que crée l’art, produit ou reçu, mais qui dépasse l’affect pour déboucher sur des dimensions de fraternité, d’échanges authentiques et aussi d’élévation, par exemple par le chant. L’important pour ceux qui animent cette organisation est bien d’ancrer les initiatives sur le terrain avec des actes, et ici, sans que l’on ait donné un luxe de détails, on aura compris que tout le succès de cette association tient à de nombreuses réalisations concrètes (conférences, expositions, chorales, déclamations poétiques etc) auprès de publics de tous âges, avec l’aide d’autres associations (importance des mises en réseau), et des actions de sensibilisation et de formation dans les écoles.

I.T.OUCH' Le logo
I.T.OUCH’ Le logo

En conclusion, quelques réflexions nous ont été données, inspirées notamment de M. LONSDALE qui parle d’aller « en chemin avec la beauté », avec un art qui est comme un cadeau que Dieu nous fait. On aura compris de ce que nous dit I.T.OUCH que l’ art «  prend » bien au-delà du beau où l’on s’émerveille, touché au premier abord : il élève l’âme dans la rencontre avec les œuvres et sa diffusion auprès de personnes qui n’y ont pas facilement accès contribue à la Paix.

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« L’accueil de l’artiste par les religions comme facteur d’universalité »

par Jean Paul DEREMBLE

Au-delà de l’œuvre, il y a la transcendance

Professeur JP Deremble
Professeur Jean Paul Deremble

D’entrée, l’orateur a dit comme il était sensible au témoignage d’I.T.OUCH’ tant il y trouve un écho de ce que lui-même voit comme universitaire mais aussi comme chrétien engagé versé dans l’approfondissement des questions touchant à l’art et aux religions. De fait, tout l’exposé qui a suivi aura montré magistralement mais avec une belle simplicité à quel point l’homme peut se retrouver dans l’art, en entretenant constamment, et cela se vérifie au travers de tous les âges, des relations fécondes avec les religions.

Quelques observations préalables : des constats, les aspirations de l’homme, la présence du divin

Trois évidences à rappeler  :

-l’art est important dans toute société,

-les religions, quoique l’on en ait, sont une réalité incontournable,

-on peut concevoir comme un objectif de l’humanité la recherche de valeurs universelles où l’art et les religions peuvent se rencontrer, mais là, les choses ne vont pas de soi.

Synagogue Dura Europos
Synagogue Dura Europos

Sans doute peut on s’accorder sur une aspiration de l’homme à aller au-delà de lui-même, à trouver des valeurs qui le dépassent individuellement ou qui le transportent spirituellement : c’est la transcendance, une notion essentielle qui traverse pour ne pas dire caractérise spécifiquement à la fois les religions et les arts. Mais qu’entendre au juste ? Comme une sorte de base de départ, Jean Paul Deremble proposerait de se référer à la définition qu’en donnaient les grecs, en la faisant reposer sur un (fragile) équilibre entre la Vérité, la Bonté et la Beauté…des vertus qui étaient vues comme d’essence divine, mais cet équilibre instable, comment se conçoit-il ? Comment avoir une juste répartition de ces trois valeurs ? Y a-t-il quelque chose qui les unit, qui serait permanent et proprement universel et que l’on trouverait commun aux arts et aux religions ? Les réponses à ces questions ne sont pas faciles, on touche le domaine du sensible, du ressenti et cela peut être conflictuel (voir par exemple les querelles autour de l’art contemporain).

L’harmonie par les arts : au-delà d’un simple regard.

Pour essayer d’atteindre l’harmonie entre ces trois piliers de la transcendance, il y a comme une réponse évidente : l’amour partagé, un amour qu’il faut chercher à faire prévaloir, à vivre : il permet d’éviter les conflits, et d’apaiser là où parfois règnent les tensions, voire la violence. C’est ici que l’art peut aider à la réconciliation de ceux qui peuvent par trop s’attacher à la défense de leurs « credos » : son apport au travers de la transcendance nourrit les intériorités avec une confrontation des âmes aux œuvres qui conduit au-delà d’une simple contemplation. Alors, l’art est engagé dans une relation subtile avec les religions qui sont à la fois sources d’inspiration et réceptacles de ce que peut produire le génie artistique, avec la libre expression du talent créateur de l’artiste. Cette aide de l’art, les effets qui découlent du regard ou de l’écoute, cette mobilisation des sens par l’entremise de l’artiste donnent alors du sens, et révèlent en chacun une part d’invisible et d’indicible où l’artiste inspiré capte et donne plus que ce qu’on voit. En ce sens, l’art n’est jamais une imitation de ce qu’on connaît, et surtout pas le miroir fidèle de ce qu’on est, et que l’on se plairait à retrouver dans un plaisir narcissique. Il est tout autre et bien plus, on pourra alors parler d’une indication offerte à l’imagination pour produire mystérieusement et magnifiquement cette élévation de l’âme que l’on retrouve dans les religions ; les œuvres d’art approchent et parfois sont pleinement de l’ordre du divin comme le suggère PLOTIN, on en compte maints exemples à toutes les époques, et dans des formes très variées.

Les illustrations d’un dialogue fécond entre les arts et les religions

Le sermon par Gauguin
Le sermon par Gauguin

Pour illustrer son propos, Jean Paul Deremble – qui s’est concentré sur l’Europe et le Moyen Orient – a commenté de façon très convaincante une quinzaine de figures en nous montrant toute la force de leur inspiration et leur puissance d’expression en rapport avec les religions , qui nous situent au-delà du réel. A été aussi souligné ce que ces créations artistiques d’inspiration religieuse peuvent avoir de spécifique en rapport avec les règles voire les interdits émanant des religions, avec ici la question sans doute la plus prégnante qui a trait à l’interdiction de représenter la figure de Dieu dans le judaïsme et le monde musulman, et qui a nourri aussi certaines polémiques dans l’histoire du christianisme.

Les fresques d’une synagogue ou d’une église, les arabesques des mosquées, l’évocation du retable de GRUNENWALD, de certains tableaux du CARAVAGE, la transfiguration d’après RAPHAEL, la scène de l’annonciation de FRA ANGELICO ou, sur la période la plus récente, les productions magistrales de CHAGALL, ou encore, de façon plus minimaliste le tableau du sermon par GAUGUIN ou enfin les décorations de chapelles par MATISSE et PICASSO… autant de chefs d’œuvres que l’on nous a commentés en nous montrant comment ils étaient à la fois porteurs d’une histoire – biblique, sacrée – et révélateurs (potentiels) par le jeu des lumières, des formes et des couleurs d’un indicible qui parle à l’intelligence et au cœur.

Ravenne_Mausolée de Galla Placidia
Ravenne_Mausolée de Galla Placidia

L’architecture elle aussi apporte sa part au dialogue incessant qui se noue au travers d’elle avec les religions pour, là aussi, créer de la transcendance…. avec le jeu des lumières et des formes, et aussi avec les trésors d’ingéniosité que déploient les architectes maîtres en art monumental sacré pour élever des coupoles ou des voûtes : Sainte Sophie, la mosquée bleue, les cathédrales comme celles de Bourges et depuis peu celle de Créteil…toutes visent le ciel, la lumière, l’élévation du regard, un appel vers le ciel.

Qu’il s’agisse d’œuvres picturales, figuratives ou non, ou monumentales, ce voyage au travers de quelques œuvres du patrimoine de l’humanité nous a montré comment l’artiste peut mobiliser des valeurs qui tout à la fois sont religieuses dans leur essence et souvent dans leurs sources, et profondément humaines ; la présence d’une absence, la figure de l’alliance, l’expression d’une souffrance, la suggestion de nos fragilités, l’horreur de la crucifixion et la gloire du Christ en croix qui rejoint son père, la lumière face aux ténèbres…voilà – entre autres choses – ce que Jean Paul Deremble nous a fait (re)découvrir et qui ne peut laisser indifférent tant ces productions artistiques –mot peut être un peu trop trivial- peuvent entrer en résonance avec ceux qui les « goûtent » en leur for intérieur.

Le site internet d’I.T.OUCH’

Présentation des vœux du CCIC le mardi 26 janvier 2016

essaiLa présentation des vœux du CCIC a eu lieu mardi 26 janvier au siège 67 rue de Sèvres. En présence des représentants du réseau, des amis et des proches qui soutiennent l’engagement du CCIC et de ses projets, la présidente madame Christine Roche a insisté sur le sens des actions qui vont illustrer, tout au long de l’année, le 70ème anniversaire de notre présence auprès de l’UNESCO. Faire toujours plus pour aider à l’humanisation de notre monde troublé et répondre, avec d’autres, à un désir de paix, qui est profondément enraciné dans le cœur de l’homme.

Cette intervention a suivi la première conférence-débat de l’année. Cette conférence préparée par l’atelier « Cultures et religions » a été donnée par le professeur Jean-Paul DEREMBLE, historien d’art, maître de conférence à l’Université Lille III,  sur « l’accueil de l’artiste par les religions comme facteur d’universalité ».

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Les vœux de madame Christine Roche

Chers Amis

Vous accueillir est une grande joie, votre présence est reçue par le CCIC comme un encouragement à poursuivre son chemin, à s’engager toujours plus pour entendre, recevoir et relayer les appels du monde souffrant.

A vous ici présents, à vos associations, je souhaite que cette année 2016 soit vécue en gardant chevillée au cœur la conviction que nous avons la capacité de faire toujours plus pour la paix, pour la justice, pour œuvrer, avec d’autres, vers plus d’humanité dans le monde.

La petite fille espérance si chère à Charles Péguy nous tient par la main. Avec sa persévérance, son entêtement, elle ouvrira nos cœurs pour que la paix y trouve sa demeure.

Pour le CCIC je formule le souhait d’une solide connaissance mutuelle des associations du réseau : d’un réseau qui s’enrichit de nouvelles associations, telle « BLAS in Africa » qui a pour mission de mettre en œuvre le droit à l’éducation en Afrique, d’un réseau en dialogue avec le monde.

En cette année 2016 et depuis l’année dernière nous sommes investis dans la préparation du 70ème anniversaire de notre présence auprès de l’UNESCO.

Pour cela nous avons choisi de travailler sur des grands défis de notre monde happé par une modernité qui semble déshumaniser l’humain, et oublier que l’homme et la création sont indissociables.

Nous en appelons à la bonté humaine qui nous habite, à l’enracinement des religions et des cultures. Nous voulons analyser cette modernité et chercher quelles valeurs universelles permettront de réunir les femmes et les hommes en quête de sens, eux dont les convictions intimes ouvrent à la possibilité de la fraternité, à la vie en commun au sein de sociétés harmonieuses soucieuses de l’avenir.

Nous croyons que la vie et l’amour sont plus forts que la mort et la guerre.

Dans ce monde blessé, c’est l’espérance que le CCIC vous souhaite et vous invite à mettre en œuvre avec lui.

Oui « il est grand temps de rallumer les étoiles » qui éclaireront nos chemins dans le désert.