Edgar Morin Enseignez à vivre !

Edgar Morin et l’éducation innovante


Le 23 novembre, à l’UNESCO, devant une salle comble, avait lieu la projection en avant-première du film-documentaire d’Abraham Ségal « Enseignez à vivre ! Edgar Morin et l’éducation innovante »1 suivie d’une table ronde autour du réalisateur, d’Edgar Morin, de Vincent Defourny (UNESCO, Directeur Relations extérieures et information du public) et de Sobhi Tawil (UNESCO, Chef de Section, Recherche et prospective en éducation)2.


Enseignez à vivre ! Edgar Morin et l’éducation innovante, Affiche

Inspiré par la vision qu’a Edgar Morin de l’éducation3 et qu’il rappelle dans de courtes séquences au long du film – dont une référence au précepteur de l’Émile de Jean-Jacques Rousseau déclarant pour son élève : « Je veux lui enseigner à vivre » –  le documentaire « Enseignez à vivre ! »  s’interroge sur comment l’école peut être une ouverture sur le monde dans sa complexité et comment elle pourrait permettre aux élèves de mieux vivre avec les autres en société.

Comment faire en sorte que pédagogie rime avec plaisir de transmettre ? Comment des jeunes exclus du système éducatif, des « décrocheurs », peuvent-ils devenir des êtres créatifs désireux d’apprendre ? Quelle est la pertinence de ce qui est enseigné au regard de la complexité du monde actuel ? Comment un lycée ou un collège peut-il constituer un lieu où liberté se conjugue avec responsabilité, où l’acquisition de savoir va de pair avec l’apprentissage de la vie en société et de la solidarité ? (extraits du synopsis du film).

Le film chemine entre les idées qu’exprime Edgar Morin sur une autre éducation possible et les expériences pédagogiques saisies dans des établissements publics tels le Lycée Edgar Morin de Douai, le Lycée Autogéré de Paris, le Pôle Innovant Lycéen de Paris, le Micro-lycée de Vitry et le collège Decroly de Saint-Mandé où des réponses concrètes et vivifiantes ont été élaborées. Les paroles d’Edgar Morin, le vécu et les propos des lycéens tissent la trame du film. Le documentaire se veut le reflet des élèves et de leurs enseignants. Un des intervenants dans la salle a remarqué que ce qui frappe dans le film ce sont les visages.



La table ronde conduite ensuite par Vincent Defourny visait à débattre de la question : « Peut-on parler aujourd’hui d’une « crise de l’éducation » ? »


Pour Edgar Morin, le film ne cherche pas à être une démonstration mais une « monstration » : montrer les contraintes et les inhibitions du système scolaire actuel. Pour lui, il y a deux carences principales dans l’enseignement :
1) Au niveau des contenus qui sont fragmentés en disciplines mais ne permettent ni la compréhension d’autrui ni d’affronter la complexité de la réalité. Il y a également une disjonction entre la culture scientifique et les humanités. « Une réforme radicale de nos modes de connaissance et de pensée est devenue vitale et elle doit entraîner un renouvellement en profondeur des matières enseignées. »
2) Il faut aujourd’hui chercher des pistes pour humaniser l’enseignement. Les relations maîtres-élèves doivent en particulier évoluer au-delà de la simple transmission d’un savoir.


Pour Sobhi Tawil, il y a mondialement une crise de l’éducation. Elle se manifeste par le nombre d’enfants qui ne sont pas scolarisés4, par le fait que nombre de ceux qui sont scolarisés n’apprennent pas, sont « déconnectés » et découragés. Aux États-Unis 2/3 des élèves déclarent s’ennuyer à l’école. Trois des établissements présentés dans le film sont orientés exclusivement vers les « décrocheurs ».
La question qui se pose est celle de la pertinence de l’enseignement donné aujourd’hui. Les réponses qu’offrent les écoles « innovantes » visitées à l’occasion du documentaire pointent vers une approche humaniste avec le respect de chacun des élèves dans sa diversité, le souci de solidarité et d’inclusion, une conception large de l’enseignement, une approche intégrée des apprentissages et une mission confiée aux enseignants qui n’est pas seulement la transmission du savoir mais de redonner aux élèves le goût d’apprendre et de les accompagner.
Il faut se référer à ce que proposent Edgar Morin dans « Les sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur »5, le Rapport Delors6 et le concept des quatre piliers de l’éducation (apprendre à connaître, à faire, à être et à vivre ensemble) et le document « Repenser l’Éducation. Vers un bien commun mondial ? » (UNESCO 2015)


Pour Abraham Ségal, même s’il y a un paradoxe dans l’expression « enseigner à vivre » et non pas « enseigner à apprendre », l’important c’est « vivre », aider les jeunes à mieux vivre, à vivre une vie bonne c’est à vivre une vie où ils s’accomplissent.


En forme de conclusion :
Tout en reflétant certaines des idées d’Edgar Morin, le film « Enseignez à vivre ! » est avant tout un témoignage lumineux sur le vécu de jeunes et de leurs enseignants dans des contextes bien particuliers et non un manifeste abstrait sur l’Éducation. « Pour certains jeunes, une vie qui n’était pas possible devient possible. Enseigner à vivre cela veut dire qu’il y a des possibles 7» sans négliger qu’enseigner c’est assurer des chemins et transmettre des connaissances.
DG – 28/11/17

1 Le film a été réalisé en partenariat avec l’UNESCO. Il sort en salles le 13 décembre
2
 Sobhi Tawil a dirigé à la suite de Georges Haddad la rédaction du document fondamental « Repenser l’éducation. Vers un bien commun mondial ? » UNESCO – 2015
3
 En particulier dans « Les sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur» UNESCO 1999 réédité au Seuil en 2015, et « Enseigner à vivre, Manifeste pour changer l’éducation » Actes Sud 2014.
4
 Aujourd’hui près de 264 mio d’enfants et de jeunes ne sont pas scolarisés
5
 Pour un résumé des « sept savoirs fondamentaux », voir les trois pages d’avant-propos du livre rédigées par Edgar Morin (pages 9 à 11).
6
 Rapport Delors : « L’Éducation, un trésor est caché dedans » UNESCO 1996
7
 Citation d’un enseignant du Micro-lycée de Vitry

L’Humain au Défi du Numérique – Colloque des Bernardins


Colloque du Collège des Bernardins
16 Novembre 2017

L’Humain au Défi du Numérique


Quelques conclusions au terme de deux ans de recherches de la chaire « Numérique et Société » au Collège des Bernardins et des débats qui les ont accompagnées : richesse des réflexions sur l’immense transformation engagée… rien qui ne puisse laisser indifférent, deux idées fortes mises en exergue : savoir Habiter le numérique au service de l’Homme, et surtout : Garder l’Humain au cœur du Monde.


Jacques-François Marchandise, délégué général de la FING et co-titulaire de la chaire :

Nos sociétés entrent dans des mutations profondes et rapides pour lesquelles 5 clés de lecture sont proposées :

  • Monde commun : inclusif, créateur de liens et partages,
  • Monde ouvert : favorable aux innovations et systémique,
  • Monde numérique du long terme à créer en évitant les gains immédiats et intégrant la mémoire collective,
  • Monde incertain mais habitable car « computable », ou les interfaces doivent être pensés,
  • Monde de modèles innovants ou les méthodes de ceux-ci importent plus que les modèles eux-mêmes.

Milad Doueihi, historien et philosophe, co-titulaire de la chaire :

Pour penser le numérique, il faut réaliser le grand écart (sic…) car :

  • Le numérique n’est pas un fait social complet ou total, il va modeler nos sociétés par tâtonnements progressifs,
  • Le numérique va structurer autrement nos sociétés et par l’incertitude nous forcer à la créativité,
  • L’évolution culturelle (apprendre et transmettre) sera plus rapide que l’évolution humaine même si le trans-humanisme apparaîtra « une obsession française » selon Milad Doueihi,
  • Avec la pensée algorithmique de nouvelles formes de savoir vont apparaître et peut-être permettre une sortie du déterminisme pascalien,
  • Avec le numérique, les archives ne seront plus visibles et les ruines inexistantes,
  • Une philologie du numérique apporte une grille de lecture pour cette nouvelle vulgate de l’anglais où le code devient une nouvelle langue à apprendre ou non,
  • L’information devient aussi une nouvelle matière grâce au numérique.

Table ronde : Comment manager à l’heure digitale ? (Sopra Stéria et Société Générale)

Les principales conclusions :

  • Un nouveau rôle pour les managers : passer des ordres visant à donner du sens et du contrôle au support des équipes,
  • Les enjeux sont désormais le savoir et non plus le pouvoir, et par ailleurs comment donner des libertés et agilités aux collaborateurs, en délégant autrement,
  • Les essentiels sont devenus :
    • L’agilité et curiosité,
    • La capacité à la décision,
    • L’autoformation pour acquérir en permanence les nouveaux outils.

Les Conditions d’un Humanisme numérique par le Père F Louzeau (directeur de la chaire) :

Deux questions :

  • Comment devenir humain dans un environnement numérique ? Comment habiter le numérique ?

  • Comment humaniser le choc des hommes entre eux dans les relations, l’économie, et la technique numérique ?

    Il faut rechercher les solutions dans un nouvel humanisme avec les nouvelles sciences, au-delà des humanismes de la Renaissance(XVI), des Lumières(XVIII) et de l’ethnographie du XXe (Levi Strauss). L’Humanisme du numérique doit laisser une place à la Justice aujourd’hui absente et créer une légalité numérique. Il faut envisager de un ordre de justice numérique nouveau, pour faire la preuve que le numérique est bien au service de tous…

Marc Toillier 22/11/2017

Robots et Éthique

UNESCO Vendredi, 10 Novembre 2017

Quelques échanges de vue sur un thème essentiel


Ambivalence du phénomène, une montée en régime qui fascine, interpelle, inquiète : des avancées indiscutables, mais encore beaucoup de questions à poser… et d’abord celle là : où va l’Homme ?


L’évènement a été organisé conjointement par la délégation des Pays Bas et le MOST qui, est bien entendu très mobilisé sur un phénomène qui est en train de transformer fortement le Monde.

Une centaine de personnes ont suivi avec une grande attention pendant un peu plus d’une heure une discussion où sont intervenus quatre experts (universitaires et/ou ingénieurs) venus livrer leurs expériences ou leurs analyses en posant bien les termes d’un débat auquel l’opinion publique est de plus en plus sensible.

Jugeant à juste titre qu’on peut ainsi assez bien traiter de la question « Robots et Éthique », l’ambassadeur délégué des Pays Bas, dans son introduction, a proposé qu’on conduise l’analyse au travers du prisme UNESCO : En quoi la montée de la robotique affecte t elle la Paix et la Justice ? Y a-t-il ou non une menace pour les Droits de l’Homme ? Quelle Place du Robot dans nos esprits ?

Des messages assez clairs et simples nous ont été délivrés par les spécialistes (de la technique ou de la pensée, en d’autres termes les philosophes). On peut ainsi en lister les principaux qui sont soit la description d’un état de fait, soit des observations voire des conseils, mais aussi parfois des remarques sous forme de questions, tant il est vrai que nous entrons dans un Monde encore pleins d’inconnues.

D’abord nous est rappelée l’évidence : partout et dans de plus en plus de domaines s’invitent les robots, (terme pris au sens large : la machine, ou l’algorithme, tout processus automatisé avec une certaine autonomie pour prendre en charges des fonctions jusque là exercées par l’homme).

Des emplois sont détruits, certes, d’abord parmi les cols bleus et maintenant les cols blancs. Cela nourrit des peurs, mais il ne faut pas avoir une vue unilatérale : il y a une autre façon de travailler, on crée de nouvelles compétences… Les grandes inventions ont toujours eu de tels impacts, mais elles n’ont jamais été que négatives. Les intervenants invitent ici à se garder de verser dans le pessimisme, et à mesurer les grands progrès que permettent les robots dans l’industrie comme dans les services… y compris dans le domaine de la santé.

En même temps, il ne faut pas sous-estimer les dangers, des dangers qui sont loin d’être seulement économiques (le chômage) : on a mentionné le risque d’emprise sur les libertés, la disparition de la relation interpersonnelles, la distanciation des rapports entre l’Homme et la Machine, la prise de contrôle d’activités par de petits groupe (ou grosses sociétés), une dilution des responsabilités… ou une perte de contrôle de la machine, le risque (réel ou fantasmé) de voir les engins humanoïdes ou les processus d’intelligence artificielle dépasser nos présumées limites de pauvres humains.

Au delà des seules idées générales, la présentation d’exemples commentés permet de voir ou les enjeux ou ces risques qui ne sont pas minces.

Par exemple, les dispositifs de surveillance des mouvements de foule dans les aéroports avec la capacité de distinguer automatiquement (sans intervention humaine) les seuls mouvements suspects pour amener des réactions, la surveillance par drones de vestiges s’étendant sur une grande surface, la voiture autonome…

Mais ce sont deux exemples très proches de l’humain intime et affectif qui finalement font émerger les questions les plus sensibles :

travail d’une équipe qui met au point des dispositifs de reconnaissance très fins (mouvements des visages ou des yeux par exemple) susceptibles de faciliter les échanges avec les autistes… une avancée plutôt positive,
une alimentation automatique d’une personne âgée avec une photo peu rassurante.

En réalité, l’important ici est de se poser quelques questions essentielles : quelle responsabilité eston prêt à garder ou à abandonner, quelle relation voulons nous, relation au Monde et surtout relation interpersonnelle ? L’important n’est pas de verser dans de vaines polémiques, mais de bien voir comment on utilise ces robots ou systèmes automatisés, et comment on en garde (ou non) la maîtrise. Ce sont des choix personnels ou sociétaux et cela renvoie à des questions politiques.

Pour répondre à ces questions, des questions par nature complexes il est indispensable d’adopter des approches multidisciplinaires, holistiques où doivent se confronter toutes les parties concernées : l’inventeur, le programmateur, l’utilisateur, les décideurs et au premier rang les politiques, les juristes.

Sur la question spécifique du droit, les sujets à traiter sont assez nombreux et délicats (la propriété des données, la confidentialité, la définition des responsabilités, la place à donner à la régulation et la nature des règles à inventer – certains parlent d’un statut pour les robots qui serait proche ou l’égal du statut de citoyen !

Parmi les acteurs à associer à toutes les nécessaires réflexions à avoir, on a aussi parlé des artistes et des créatifs Peut être aurait-on pu parler de tous ceux qui œuvrent pour les valeurs de fraternité, d’empathie, de bienveillance, d’attention à l’homme dans toutes ses vulnérabilités. Ce dernier point a été souligné par une personne du Bangladesh qui a tenu à appeler l’attention sur le cas de ces pays qui sont en proie à des difficultés (164 millions d’habitants dont bon nombre sont constamment victimes de catastrophes naturelles) qui appellent à rester mesurés quant à l’éventuelle passion que l’on peut avoir pour ce monde des robots.

L’un des intervenants a relié le sujet « robots et éthique » à la question du Bien Commun, et de fait, en transformant radicalement la société sous l’effet principalement des initiatives du secteur privé, il n’est pas sans intérêt de s’interroger sur cette dimension de l’ « intérêt général » aidé ou affecté par ces technologies qui clairement sont à la fois l’illustration des immenses progrès que peuvent apporter les science et les risques qu’ils peuvent générer.

Retenons la conclusion de l’ambassadeur qui nous fait remarquer très justement que in fine on est toujours ramené aux mêmes questions, questions essentielles pour notre Humanité et nos sociétés : celles du sens de l’Humain et de nos Raisons de vivre… Il a posé aussi avec un brin d’esprit critique : ces robots seront-ils un jour capables d’humour ? Et pour son tout dernier mot, il a invité à toujours garder présent à l’esprit qu’on devait absolument séparer/distinguer l’Homme et le monde des machines.

Forum des Savoirs sur la sécurité de l’eau et le changement climatique


L’Eau, un Bien commun qu’il faut savoir bien gérer dans toutes ses dimensions

 (18-20 octobre 2017)


Ce forum a porté sur la science, la sécurité de l’eau au regard des changements climatiques et l’apport de solutions innovantes dans le cadre de la gestion de l’eau et du développement durable.
L’évènement s’inscrit dans le cadre du PHI (Programme Hydrologique International), qui, pour sa 8ème étape, (2014-2021), s’est donné précisément  comme thème « la sécurité de l’eau et le changement climatique ».


La réunion s’est déroulée sur trois jours, avec la participation de spécialistes – politiques ou scientifiques – venant de divers pays.


A retenir de la session inaugurale :

  • – la gestion de l’eau, pour en garantir la qualité et en maîtriser le contrôle face aux excès climatiques (sécheresse ou inondations) est fondamentale pour le développement durable,
  • – plusieurs facteurs sont à prendre en compte, ce qui nécessite le renforcement des liens entre les acteurs et à commencer par les scientifiques et les politiques.

Du côté scientifique : les actions auxquelles ils contribuent portent sur :

  • – l’amélioration de l’information : les prévisions climatiques et les observations en temps réel, relatives aux précipitations ou aux sécheresses, grâce à l’observation en réseaux des données par satellites ou enregistrements terrestres,
  • – le traitement industriel des eaux usées en prévention et en épuration,
  • – l’observation particulière des régions de montagne et des glaciers, les eaux souterraines,
  • – les évolutions et prévisions de la demande en eau en fonction de différents paramètres tels que l’évolution de l’urbanisation, de l’agriculture ou de l’industrie.

Du côté politique :

  • – la mise en relation des différents acteurs, et au plan national et au plan international – une attention à porter la question sensible des bassins fluviaux communs à plusieurs États,
  • – la mise en œuvre des programmes d’éducation des enfants concernant le respect de l’usage de l’eau.

La journée introductive a été suivie par des sessions plus techniques suivies par une cinquantaine de participants. Même si tous les sujets n’ont pas été abordés lors de la séance inaugurale (n’ont pas été évoqués par exemple les questions autour du dessalement de l’eau de mer, ou les eaux souterraines), le nombre des problématiques évoquées rappelle à lui seul à quel point la « question de l’eau » est cruciale pour tous .

Forum des Jeunes 2017 : changement de format !

UNESCO 25-26 Octobre 2017


« Si vous voulez que quelque chose change, il faut changer quelque chose ». C’est ainsi que, par un proverbe namibien, le Président en exercice de la Conférence Générale de  l’UNESCO Stanley Mutumba Simataa en résume les travaux.

Pour repenser l’engagement des jeunes avec l’UNESCO, la 10ème édition du Forum des Jeunes a privilégié une rencontre approfondie avec 60 jeunes et le retour de leurs expériences menées par cette « jeune société civile » dans chacune des parties du monde. Engagés sur le terrain comme des agents de changement, les jeunes ressentent les difficultés d’être entendus par les gouvernements de leurs pays et attendent de l’UNESCO un rôle de facilitateur pour établir des liens avec les commissions nationales (COMNAT), obtenir le « label » UNESCO et ainsi se faire mieux entendre aux tables de décisions.


Les Forums des Jeunes se suivent et ne se ressemblent pas…


En prélude à la 38ème session de la Conférence Générale de 2015, l’UNESCO avait rassemblé plus de 500 jeunes de tous les continents. Des groupes de travail, des présentations d’expériences, plus sociologiques que concrètes, avaient été exposées dans la séance de synthèse et résumées par les jeunes à la séance plénière de la Conférence Générale.

Le forum 2017 a pris le parti de privilégier l’apport de la « jeune société civile » et les actions concrètes des jeunes engagés sur le terrain.

Cette année 2017, en prélude à la 39ème session de la Conférence Générale de l’UNESCO, le 10ème Forum des Jeunes a donc privilégié un travail en profondeur, préparé en amont par des rencontres dans les pays, avec 60 jeunes sélectionnés dans huit groupes de pays couvrant la totalité du monde.

Après l’ouverture de Mme Irina Bokova, Directrice Générale, sur le thème choisi « Repenser l’engagement des jeunes avec l’UNESCO », des travaux par région du monde se sont tenus au siège de l’UNESCO durant deux jours pour relever les difficultés rencontrées dans la pratique des associations de jeunes qui interviennent sur les domaines du changement (éducation, culture, climat…)
Ils devaient, en premier lieu, isoler les défis, échanger les facteurs de succès et les retours d’expérience sur les difficultés rencontrées. Ensuite rechercher les soutiens attendus de l’UNESCO, définir des espaces régionaux des jeunes, couvrant plusieurs pays présentant des situations intérieures diverses et faire des propositions dont la synthèse sera présentées en séance plénière de la Conférence Générale.

Huit groupes ont présenté leur réflexion : deux groupes couvrant l’Asie-Pacifique, l’Afrique subsaharienne et l’Afrique australe, les Caraïbes, les États arabes, l’Amérique latine, les USA et l’Europe. Variables selon les zones géographiques, on peut noter que les jeunes considèrent que les défis sont principalement :
La violence
L’accès à l’information
La corruption
Les inégalités internes riches/pauvres
L’accès et la qualité de l’enseignement

changements globaux : mobiliser les savoirs locaux et autochtones

Renforcement de la résilience face aux changements globaux
mobiliser les savoirs locaux et autochtones


«En amont de la Conférence des Nations Unies sur le Changement Climatique (COP-23), le programme des Systèmes de Savoirs Locaux et Autochtones de l’UNESCO (LINKS) …(invite) les principaux partenaires et institutions à partager leurs propres réussites et enseignements relatifs à la mobilisation des savoirs locaux et autochtones pour l’évaluation et l’adaptation aux changements climatiques… (au travers) d’un «  dialogue entre les interfaces de connaissances transdisciplinaires et multipartites et les systèmes d’observation des changements climatiques dans les régions vulnérables au climat »

Une Conférence tenue du 18 au 20 octobre avec comme objectif d’aider à «  l’élaboration d’une stratégie globale visant à transcrire la reconnaissance internationale des savoirs autochtones en résultats tangibles pour les peuples autochtones et les communautés locales.»
(source UNESCO)


La première journée ouverte au public a donné lieu à une série d’interventions révélatrices d’une réalité vécue par des populations proches de la nature et pleinement concernées par les effets des changements climatiques.


Les variations climatiques ont des impacts forts sur les conditions de vie et les coutumes de certaines populations particulièrement exposées : illustrations

1- Le comportement pastoral des Afars.
Mohammed N.Mohamed Afar pastoralist (Ethiopie) et Mulubrhan Gebremikael UNPE-IEMP Chinese Academy of Sciences, Pékin.
Les prévisions météorologiques ne reposent pas sur le produit d’études scientifiques mais sur la simple observation des « éléments » naturels. Ainsi les plantes sont utilisées pour déceler les évolutions du temps. Dans le même esprit, on observe le comportement des fourmis, ou l’apparition d’écume à la bouche des chameaux, ou on écoute le chant de certains oiseaux, autant de phénomènes, liés au soleil et à la lune, que les autochtones savent interpréter pour orienter leurs prévisions.
A la question : Qu’en est-il de la partie affective et non technique de la connaissance ? Il est répondu que les Afars s’attachent à leur action. Ce qu’il ne savent ou ne comprennent pas relève du Coran. Les Afars s’adaptent très vite aux variations du temps. Ce sont des « éclaireurs ».

© Yann Chemineau

2- l’attitude des bergers de rennes et les variations climatiques en Laponie suédoise.
Marie Roué, CNRS/Musée national d’histoire naturelle (France).
L’étude porte sur les éleveurs Sami. Ceux ci ont une connaissance empirique des conséquences du dérèglement des cycles climatiques. Ainsi le problème que rencontrent les rennes n’est-il pas tant que le climat accuse de plus fortes variations (chaud ou froid) : la vraie difficulté pour ces animaux tient à un accès aux lichens rendu moins aisé. C’est ce phénomène qui a amené les Sami à cartographier les pâturages pour mieux en cerner les caractéristiques. La science des Sami porte tout particulièrement sur la neige et la glace. Cette simple connaissance expérimentale des Sami peut paraître comme une « caricature » des calculs de la science occidentale ! Il n’en demeure pas moins qu’ils connaissent « in situ » les variations physiques de la nature : eau, glace, cristaux, neige… les états de ces éléments et leurs effets.


Le changement climatique affecte le bien être des uns et des autres : constats, témoignages

1- Chez les Inuits
James Ford, université de Leeds (UK) et Sherilee Harper université de Guelph (Canada)
C’est dans l’Arctique que les conséquences du réchauffement climatique seront les plus rapides. Une difficulté apparaît avec la vitesse et l’ampleur du changement. Sur la calotte glaciaire, la chasse est importante et pour la sécurité et pour l’alimentation. L’épaisseur de la glace joue un rôle pour les transports et pour la pêche. Or il est calculé que d’ici 2050 l’arctique sera un océan. Il y a donc un besoin urgent de réfléchir aux infrastructures côtières, à l’accès à la côte, à l’habitat, à l’alimentation, à la santé des autochtones. Cette évolution rapide entraîne un affaiblissement des connaissances traditionnelles : comment réagir aux dangers ? Quel sera le comportement des animaux ? De grands défis à relever, pour protéger des populations qui sont menacées.

2- Perspectives des pêcheurs Sami au nord de la Norvège
Jo Dikkanen pêcheur Sami de Nesseby (Norvège)
Jo Dikkanen est pêcheur et son épouse est fille d’un éleveur de rennes.
La pêche concerne différent types de poissons mais c’est le crabe qui permet les meilleurs revenus. La cueillette et la chasse sont moins rentables. Le changement climatique entraîne une hausse de la température de l’eau, ce qui entraîne une diminution des poissons d’eau froide et une montée du niveau de l’eau. A cela s’ajoute un problème de cession de droits de pêche aux grandes compagnies.
Les éleveurs de rennes souffrent d’un problème relatif aux saisons. Comme la neige arrive plus tard et les hivers sont moins froids, les forêts de bouleaux disparaissent sous l’effet des insectes qui ont supporté les basses températures de l’hiver.

Les « sciences » autochtones sont naturelles ou, pourrait-on dire, intuitives. Elles ne s’appuient pas sur un savoir statistique mais sur une expérience réduite à une observation vécue. La réaction aux alertes s’opère alors « au coup par coup ». Les prévisions correspondent plus à un « ressenti ». Cela étant, les solutions au réchauffement climatique demandent une démarche plus technique qui doit prendre en compte les différents comportements locaux.

Développer l’éducation religieuse pour promouvoir la stabilité et la paix

Extraits d’une cérémonie à l’UNESCO le 28 septembre 2017 sur le thème :
« Développer l’éducation religieuse pour promouvoir la stabilité et la paix ».


Manifestation parrainée par « The World Fellowship of Buddhists », « Pure Land learning College AMB », « Association of Master CHIN KUNG’S Friends at UNESCO »

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En ce jour du 28 septembre 2017, nous, personnes de bonne volonté venues des cinq continents et attachés à la préservation des traditions, nous sommes réunies en ce lieu, au siège de l’UNESCO à Paris. Nous avons mené les rites de purification de cette tribune cérémonielle et disposé de riches offrandes pour rendre respectueusement hommage aux ancêtres de tous les peuples de la terre.

Nous nous prosternons solennellement et déclarons :

« La Voie du Ciel s’exprime dans le Yin et le Yang ».
La Voie de la Terre s’exprime dans la souplesse et la fermeté.
Le ciel couvre et abrite toutes choses sans partialité ; la terre les porte toutes sans partialité.
Leur croissance dans l’harmonie est source du bonheur.
L’Homme en tant que l’une des Trois Puissances (Ciel-Terre-Homme), se forme en suivant La Voie dont les principes éternels et constants sont la bienveillance, la loyauté, la bienséance et la sagesse.
Le principe est constant, tant dans le temps que dans l’espace ;
Comment les vertus de piété filiale, de respect envers les aînés, de loyauté et de fidélité pourraient-elles perdre de leur pertinence ?
Les enseignements vertueux des sages et des saints sont extraordinaires. Au cœur de la longue nuit, ils servent de phare montrant la voie à la barque de la compassion portant les êtres vivants à travers l’océan des douleurs de l’existence.
Les enseignements sacrés ont également une grande influence sur les animaux. Pour sauver son maître qui était ivre et qui s’est endormi sur une pelouse enflammée par les chasseurs, le chien a couru à plusieurs reprises dans l’eau glacée pour apporter de l’eau permettant d’éteindre le feu. Une autre histoire concerne un cheval. Pour sauver son maître qui est tombé dans une grotte, le cheval s’est agenouillé pour lui tendre la rêne.
Hélas, de nos jours l’homme se détourne de la vertu et de la morale. Ne vaut-il donc pas mieux que les choses et les bêtes ? Comment ne pas en avoir honte ni s’en effrayer ?
Toute cette agitation forcenée n’a pour but que la satisfaction des désirs personnels. Capable de tout pour défendre ses intérêts, l’homme transforme le monde en asile de déments.
Qu’y a-t-il de plus triste que de se comporter comme si l’on vidait l’étang pour attraper le poisson ?
Qu’y a-t-il de plus douloureux que de se battre et se blesser pour un oui ou pour un non ?
Fortune et infortune ne sont ni pré-ordonnées ni distribuées au hasard, mais résultent de nos choix personnels. La pratique des vertus mène à la prospérité, s’en détourner conduit à la mort.
Le bien et le mal empruntent des chemins divergents qu’il faut clairement distinguer. Nous devons en notre époque séparer le bon grain de l’ivraie, éliminer le vice et exalter la vertu.
Seul le sens de la honte nous donnera le courage de nous corriger pour aborder au rivage de l’Éveil. Soyons sérieux et respectueux en tout ce que nous faisons pour être dignes du Ciel.
En ce jour nous présentons en offrande encens et fleurs, en toute sincérité, pour rendre hommage aux ancêtres des peuples du monde entier, et les prions de témoigner de la candeur de nos âmes.
Nous ne demandons que d’abondantes moissons en tous lieu, ne souhaitons que paix, bonheur et longévité pour tous.
Nous souhaitons : Que chaque pays jouisse d’un gouvernement éclairé, Que les familles n’aient pas de fils rebelle, cause de soucis pour ses parents.
Nous souhaitons : Que l’on prenne soin des aînés et que l’on chérisse les enfants, que chacun soit à sa place ; que les femmes se tournent vers la chasteté et que les hommes suivent l’exemple des sages.
Nous souhaitons : que le climat nous soit clément et que les catastrophes nous soient épargnées ; Que les mœurs retrouvent leur pureté et que les vertus rayonnent au loin.
Nous souhaitons : Que sur les cinq continents les guerres s’éteignent à jamais et que la paix règne partout éternellement pour que tous puissent coexister dans la prospérité.
Nous souhaitons : Que le monde entier ne soit qu’une famille au sein de laquelle tous les peuples s’aimeraient, et que chacun aime autrui comme il s’aime soi-même pour construire ensemble le paradis sur terre.
Aussi prions-nous sincèrement et nous prosternons-nous jusqu’à terre et demandons-nous à tous les ancêtres de bien vouloir accepter ce sacrifice.

(extraits des Textes pour la cérémonie de sacrifice aux ancêtres du monde entier, 2017)

UNESCO –Journée mondiale des enseignant(e)s 2017

 

« Enseigner en liberté, autonomiser les enseignant(e)s »
5 octobre 2017


Choisi avec pertinence dans le contexte actuel où, dans de nombreux pays, les enseignants et les chercheurs sont soumis à de multiples pressions internes et externes, l’UNESCO a retenu comme thème pour la journée mondiale des enseignants 2017 : « Enseigner en liberté, autonomiser les enseignant(e)s ». Cette journée marquait également le 20ième anniversaire de la Recommandation de l’UNESCO de 1997 concernant la condition du personnel enseignant de l’enseignement supérieur qui a contribué à définir un cadre de référence clair sur les droits et obligations dans l’enseignement supérieur.

Dans son intervention inaugurale, Mme Irina Bokova, Directrice général de l’UNESCO, a d’abord tenu à souligner que l’enseignement n’était pas un travail comme un autre, que c’était un « engagement, une mission » :

« Les enseignants transmettent compétences et connaissances pour permettre aux femmes et aux hommes de faire face aux changements et de tirer le meilleur des opportunités qui en résultent. Ils partagent aussi valeurs et sagesse. Ils partagent émerveillement et curiosité, donnant les clés qui ouvrent le monde. Les enseignants sont ceux par qui se réalisent les changements pour les droits de l’homme et de sa dignité, pour l’inclusion et la résilience C’est pour cela que les enseignants méritent respect et soutien, ils méritent une formation et des conditions de travail correctes, ils méritent un statut et des qualifications appropriées. »


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Échos de la 202ème session du Conseil exécutif de l’UNESCO

Cette session est importante puisque le Conseil exécutif (COMEX) aura :

– à délibérer du 9 au 18 octobre sur les aspects budgétaires (documents 38 C/5 et 39 C/5, orientations 2018-2021), les programmes, les recommandations et les rapports qui seront soumis à la prochaine Conférence générale ;
– et à voter pour désigner de nouveaux responsables, tout particulièrement le nouveau Directeur Général et le nouveau Président du COMEX.

En dehors des séances plénières, les Comités spécialisés se seront réunis (notamment le Comité des recommandations, ceux de l’Administration et des Finances).


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« Adresse » du Ministre des Affaires Étrangères de Turquie au Comité exécutif de l’UNESCO

le 5 octobre 2017


La Turquie apporte son soutien à l’UNESCO qu’il faut aider à raison des valeurs qu’elle promeut et qui gagne à plus de dialogue avec les ONG, les Think-tanks… Un discours de son Ministre des Affaires étrangères qui aura mis l’accent sur l’éducation et la culture au-delà des considérations politiques, l’importance du Patrimoine, les enfants et l’école notamment pour ce qui est des Réfugiés, autant de facteurs de paix et d’apaisement des tensions et de la violence.


A l’occasion de sa 202ème session, le COMEX de l’UNESCO a reçu M. Mevlüt Çavuşoğlu, Ministre des affaires étrangères de Turquie : courte allocution, quatre interventions de membres du COMEX (Iran, Qatar, Soudan et Serbie) et réponse du Ministre qui s’est exprimé en anglais.

M. Mevlüt Çavuşoğlu, Ministre des affaires étrangères de Turquie

Des propos tenus au cours d’une petite heure, on pourrait ne retenir que la forme, toute diplomatique, apaisante, neutre… Mais précisément, sur la forme comme sur le fond, il en est ressorti plus qu’une impression d’absence de relief. Sans jamais vraiment donner dans le « politique » au sens « géopolitique », le Ministre a quand même délivré certains messages intéressants à relever au regard des défis auxquels l’UNESCO est confrontée de nos jours : problèmes de personnel, de ressources financières, mais aussi les risques d’une politisation excessive.

Sans s’appesantir outre mesure sur toutes les difficultés de l’heure mais sans non plus les occulter – terrorisme, réfugiés, les graves conflits qui touchent le Moyen Orient – des difficultés qui compliquent le traitement de certaines situations, M. Çavuşoğlu a souhaité montrer que seules des actions allant au-delà des conflits violents peuvent donner du fruit à long terme, et à cet égard, il a rappelé à quel point l’UNESCO peut contribuer à œuvrer pour la Paix, cette paix qui constitue le fondement de son acte constitutif, ce traité que, nous a-t-on rappelé, la Turquie a ratifié dès le début.

Soulignant la valeur des Missions et des Principes que porte l’UNESCO, le représentant du gouvernement turc a indiqué sans réserve le soutien que continuera d’apporter la Turquie a une organisation internationale dont les domaines d’intervention – l’éducation et la culture essentiellement – sont de toute première importance si l’on souhaite aller vers un monde plus pacifique ou pacifié.

Si le président WORBS dans son introduction avait salué tout ce que fait la Turquie au titre de la protection et préservation des Patrimoines matériels et immatériels ainsi que ses contributions pour combattre les trafics d’œuvres d’art ou leurs destructions dans les territoires affectés par les conflits armés, le Ministre a réservé une bonne part de son intervention à l’éducation, et tout particulièrement au soutien scolaire des enfants de migrants pour lequel la Turquie est très engagée : sur les 850 000 enfants de populations déplacées se trouvant en Turquie (3 millions de personnes), cette dernière en prend à sa charge directement 500 000 en mobilisant tout particulièrement les collectivités locales.

En insistant sur la nécessité d’une UNESCO exerçant pleinement ses missions, le Ministre a appelé les États à ne pas restreindre leur aide mais en même temps, prenant l’exemple du Conseil de l’Europe qui a eu comme l’UNESCO à se réformer dans un contexte de rareté de la « ressource », il a appelé à poursuivre les actions déjà engagées en son sein pour être plus efficace comme par exemple : évaluer les résultats des activités, être sélectif dans les choix en mesurant bien les impacts et en s’assurant qu’ils s’inscrivent bien dans le cadre des missions de l’institution.

Dans ses réponses aux questions qui lui avaient été posées par quatre ambassadeurs, on aura retenu tout particulièrement un appel à ce que l’UNESCO ne verse pas dans trop de politisation (il y a d’autres organisations internationales pour cela), et le souhait qu’il y ait une plus large ouverture d’esprit, avec plus de dialogues et de coopération avec les Think-tanks, les ONG et différents autres acteurs. En allant dans cette direction, au-delà de ce qui est fait avec les États membres, l’UNESCO gagnera en visibilité et en crédibilité.