Journée internationale des femmes et filles de sciences

Égalité des genres et autonomisation des femmes par et pour la science

UNESCO – 9 février 2018


Aujourd’hui les femmes et les filles continuent d’être exclues d’une participation pleine et équitable à la science : moins de 30% des chercheurs dans le monde sont des femmes, et elles demeurent rares aux échelons supérieurs de la recherche et de la prise de décision en science.
Promulguée par l’Assemblée Générale des Nations Unies en 2015, la Journée internationale des femmes et des filles de sciences s’inscrit dans le travail de fond engagé pour que soit respecté le droit de l’égalité homme-femme énoncé dans la DUDH et pour que la grande richesse des talents des femmes et des filles ne soit pas mise de côté alors qu’il s’agit de relever les défis de l’Agenda 2030 du développement durable.


L’évènement a réuni des responsables de l’UNESCO (Flavia Schegel, SDG en charge des sciences exactes et naturelles, Inedrajit Banergie, Directeur, Division des sociétés du savoir, Nada Al-Nashif, SGD en charge des sciences sociales et humaines, et Saniye Güsler Corat, Directrice, Division pour l’égalité des genres), la Directrice Générale de la Fondation l’Oréal, Mme Alexandra Palt, la Déléguée permanente adjointe de la Suède à l’OCDE et à l’Unesco, Mme Ulrika Ferenius, et un large groupe d’ONG et institutions privées dont Microsoft.

Dans leurs allocutions d’ouverture, Flavia Schegel et Alexandra Palt ont rappelé les contributions des femmes à la recherche et aux avancées de la science (ex :Marie Curie),et leur large présence dans l’industrie informatique à ses débuts, mais elles ont souligné également une déperdition de talents préoccupante (53% des bachelières et masters en science sont des femmes, le pourcentage tombe à 43% en doctorat et à 28% en recherche), la masculinisation de la profession de l’industrie informatique à partir des années 60 correspondant à un changement d’image, les barrières sociétales ou invisibles : le « plafond de verre ». 

Suivait une table ronde centrée sur une question «comment réduire les écarts entre les hommes et les femmes en informatique » avec, comme réponses, la présentation de toute une série de projets :

Regina Agyare, fondatrice au Ghana de Soronko Foundation a lancé « Tech Needs Girls », un programme de formation informatique (3500 filles inscrites) avec accompagnement de « mentors » qui sont des ingénieurs ou experts en informatique (www.soronkosolutions.com). En coopération avec UNESCO/IFAP, vient également d’être lancé en janvier le projet « Girls can code » qui s’adresse à des filles niveau collège (300 inscrites).

Reine Essobmadje, cofondatrice au Cameroun de Coalition Digitale (www.coalition-digitale.com) , une ONG présente aussi en France et en Allemagne, a précisé l’objectif de son organisation, à savoir 1/ rapprocher tous les acteurs de « l’écosystème digital », avec un programme mobilisant collèges, lycées, universités, également former des femmes à l’entrepreneuriat avec l’aide de « mentors » et 2/leur faire rencontrer des « VIP ». L’ONG est soutenue par l’ambassade de France au Cameroun.

Katheleen Noonan, Microsoft Europe, Directrice de la philanthropie et communication sur l’éducation rappelle combien les sciences, la technologie, l’ingénierie et les mathématiques (STEM) sont importantes et à quel point elles peuvent aider à assurer un bel l’avenir pour la jeunesse en Europe comme ailleurs. Microsoft a commissionné une étude sur le phénomène préoccupant que représente une évidente perte d’intérêt pour les sciences chez les filles et les femmes (11000 personnes interrogées). Ce désintérêt débute avec l’âge de l’adolescence et apparaît influencé par les modèles que la société ou la famille présentent aux filles. Le but de cette étude pour Microsoft est de voir comment ces résultats peuvent finalement déterminer leurs activités.

Hana Y. AlSyead, VP Diversity, Olayan Women Network, Olayan Financing Company, Arabie Saoudite. Par sa formation, experte en science et technologie de l’informatique, met en valeur le fait que la formation et les compétences « STEM » développent toutes les qualités et mènent à tous les secteurs d’activités.

Clarisse Angelier, Déléguée générale, Association nationale de la recherche et de la technologie, (ANTR), Elle insiste sur les inégalités de salaires à l’égard des femmes : 25% des femmes de sciences travaillent dans le secteur public où, à formation égale, leur salaire est 10% inférieur à celui des hommes.

Pascal Griset, Directeur Institut des sciences de la communication, CNRS/Sorbonne rappelle la prédominance des femmes aux débuts de l’informatique jusqu’au tournant des années 60 et depuis lors l’existence du « plafond de verre » qui a renversé la situation. Il note que les hommes eux-aussi mais dans une moindre mesure sont de moins intéressés par des carrières scientifiques.

Conclusion de la table ronde : il faut rendre l’informatique plus humaine, il y a un risque aujourd’hui de traiter plutôt les symptômes que le fond, l’attitude des hommes et des garçons joue un rôle évident. Concernant l’égalité femme-homme, pour faire changer la société, il faut travailler sur des questions pratiques et ne pas rester au niveau de débats théoriques.

Recommandation concernant la science et les chercheurs scientifiques

L’UNESCO, à l’occasion de la 39ieme session de son Assemblée Générale (octobre-novembre 2017), a publié un texte de recommandations concernant la science et les chercheurs scientifiques venant remplacer le texte de 1974. Le texte rappelle les questions d’indépendance, de statut, de coopération internationale, les questions d’éthique, d’égalité des genres. Il met particulièrement en exergue le respect des droits inscrits dans la DUDH, et notamment le droit pour les femmes et les filles à une égalité de chances par rapport aux hommes, et il encourage les femmes à poursuivre dans les domaines des sciences.

Conclusions de la session

Pourquoi assiste-t-on à une quasi « disparition des femmes et des filles » dans le domaine des sciences ? De nombreux facteurs ont été mentionnés : les conditions d’éducation, 2/3 des personnes illettrées sont des femmes, l’abandon des études après le niveau secondaire. L’un des principaux obstacles reste celui des stéréotypes, véhiculés dans les sociétés, et auxquels peuvent contribuer plus ou moins inconsciemment les media ou l’éducation. Pour corriger cette situation, Il faut rechercher de réels changements concrets et non pas des « pansements superficiels ».

DG-15-02-18

Planifier l’éducation, préparer le futur

IIPE – Institut International de Planification de l’Éducation de l’UNESCO

10ème Stratégie à Moyen Terme (SMT), 2018-2021


En annonçant le 8 février 2018 la Stratégie à Moyen Terme (SMT) de l’IIPE pour les années 2018-2021, Suzanne Grant Lewis, Directrice de l’IIPE, a rappelé la mission de toujours de l’IIPE de renforcer la capacité des États membres de l’UNESCO à planifier et à gérer leurs systèmes éducatifs et de les aider à atteindre leurs objectifs éducatifs dans le contexte des Objectifs de développement durable (ODD) et de l’agenda 2030 pour l’Éducation.

Madame Lewis a souligné ensuite qu’une réorientation était nécessaire dans la stratégie de l’IIPE. De nombreux obstacles empêchent toujours plus de 250 millions d’enfants d’exercer leur droit à une éducation de qualité. Cette situation conduit donc l’IIPE à concentrer ses interventions sur cinq priorités thématiques : réduire les inégalités sociales au sein de l’éducation, en particulier les inégalités de genre, améliorer les résultats cognitifs et non cognitifs de l’éducation, renforcer la résilience des systèmes éducatifs par une planification adaptée aux situations de crise, améliorer la gouvernance, la transparence et la responsabilité, assurer un financement équitable et durable de l’éducation.

La 10ème Stratégie à Moyen Terme témoigne du changement de vision nécessaire pour dépasser la priorité donnée jusqu’ici à la conception de plans strictement sectoriels de l’éducation au profit d’une approche plus intégrée et à plus long terme.

Déliter la violence – ouvrir des chemins de paix

CCIC – Rencontre des Consultants – 22 janvier 2018

« Déliter la violence – ouvrir des chemins de paix »

Maria Biedrawa (gauche) – Christine Roche (centre) – Lucie Agbo (droite)

Suite au travail déjà entrepris lors du Forum des 70 ans du CCIC en mars 2017 et de la rencontre des Consultants du 28 novembre dernier, la rencontre du 22 janvier 2018 avait pour objectif de poursuivre la réflexion sur le thème : « Déliter la violence ouvrir des chemins de paix » Elle a réuni les représentants de 21 ONG de la plateforme du CCIC ou proches (liste figurant en fin de ce compte rendu). La représentante de la mission permanente du Saint-Siège auprès de l’UNESCO était également présente, porteuse d’un message de Mgr Follo.

La rencontre a permis d’entendre les témoignages de Maria Biedrawa et de Lucie Agbo, toutes deux engagées en Afrique, sur le terrain, dans des démarches de paix et de guérisons. Un travail en ateliers suivait sur les engagements des ONG de la plateforme du CCIC et sur la coopération avec l’UNESCO sur le thème de la paix.


Témoignage de Maria Biedrawa

Membre du MIR-Mouvement International de la Réconciliation et de l’organisme œcuménique européen Church and Peace, Maria Biedrawa est engagée pour la paix depuis 15 ans, sur le terrain, dans des pays d’Afrique subsaharienne marqués par les guerres et les violences. A la demande de responsables locaux, elle y conduit des sessions de formation à la non-violence active et aux chemins de réconciliation. Son témoignage portait sur le Burundi, pays frappé par des massacres inter-ethniques entre Hutu et Tutsi, et où, entre 2012 et 2015, elle a régulièrement travaillé à Bujumbura avec la Commission Diocésaine Justice et Paix.     Lire le texte complet de son intervention.


Témoignage de Lucie Agbo

Lucie Agbo, Présidente de l’Association Fille-Mère et Femme Développement pour l’Avenir et le Progrès en Centrafrique – Fondatrice de « Femmes aux mille bras » (FIMER- FEDAPCA-FDD) Membre du Conseil Économique et Social, Présidente de la Commission des Affaires sociales.

« Depuis plusieurs années de crise récurrente, mon pays est dirigé par des groupes rebelles et les FEMMES sont devenues et demeurent des victimes silencieuses, passives et polytraumatisées de multiples exactions : viols, violences de tous genres, relégation à l’échelle zéro dans l’occupation des postes de responsabilité, discrimination puissante à l’endroit de la loi de la parité… ».


Groupe de réflexion N°1 : Actions de formation à la non-violence

AIC-UMOFC- Foyers N. Dame- AFC- ACISFJ- IT- Claire Amitié- Pax Romana.

En bref, c’est d’abord une formation comportementale : le Regard, le respect de Soi (pour respecter l’Autre) l’Écoute, l’Entraide, la volonté de parler avec, d’aller vers… C’est aussi une formation à l’ALTÉRITÉ. 

Toutes les ONG présentes mènent des actions pour la paix en interne, par une formation pas toujours formalisée (cf Mr Jourdain et sa prose) et des actions tournées vers un extérieur plus ou moins lointain.

On a eu l’impression que l’Afrique était principalement concernée. C’est dû au fait que les 2 intervenantes de l’après-midi, Maria Biedrawa et Lucie Agbo, avaient axé leurs propos sur la Centrafrique et le Burundi. L’Amérique latine, l’Asie, Madagascar et l’Europe ont aussi été évoqués comme terrains d’action.

Les ONG ayant une « cible » Femmes se retrouvent dans les paroles de 2 intervenantes.

– Femmes victimes de violences au quotidien, à cause du poids des pauvretés (économique, relationnelle, éducative, culturelle, biologique (connaissance du fonctionnement de son propre corps et présence dans la durée, de maladies/endémies : lèpre, malaria, tuberculose, troubles psychiques …)

– Femmes victimes en temps de conflits armés et de guerres déclarées (viol comme arme de guerre) – Femmes seules avec enfants, de tous temps, partout dans le monde.

Les ONG ayant une « cible » couples et familles, pratiquent et enseignent les relations inter générations dans la vie quotidienne, au plus près des réalités du terrain (pardon demandé, donné et reçu en couple et avec les enfants, pacification de son propre cœur –«  la Paix dans le monde commence dans ton propre cœur » – incarnation des valeurs évangéliques, dialogue œcuménique et inter religieux – Chantiers Éducation animés par les intéressés avec le soutien d’un professionnel, Universités d’été, devoir de s’asseoir – Le but étant de toucher l’ensemble de la société par la recherche active du bien commun. Importance de s’inscrire dans la durée car le monde change. Certains mettent en place des formations au service de la paix, aux droits humains, à la bonne gouvernance, à la médiation ….

En transversal, on a souligné l’importance de faire connaître et vivre la notion d’une juste altérité F/H bien comprise et bien transmise, car il s’agit d’un puissant facteur de Paix dans le monde entier.


Groupe de réflexion N° 2 : Actions sur le terrain pour déliter la violence.

ATD quart monde, AIC, Œuvre d’Orient, Institution Thérésienne, FAFCE, FONDACIO, ACISJF, OMAEC, JECI.

On peut considérer les actions entreprises selon les circonstances. Elles peuvent être préventives ou bien « réactives » face aux faits. Elles se chevauchent souvent.

  • Réaction : il s’agit principalement d’instaurer des structures de médiation, pour permettre la reprise d’une vie communautaire entre les diverses parties prenantes d’une population. De faire face par exemple, à la présence d’enfants soldats, à la dérive et déstructurés par la violence qui a été leur « pain quotidien » en favorisant leur réadaptation à la vie sociale. Par l’utilisation des histoires, de réapprendre à rêver, aux enfants victimes de conflits et ainsi leur faire évacuer leur addiction à la violence. De reconstruire la paix par les échanges et le dialogue, grâce à une formation à la non-violence. Reconstruire la vie des jeunes en les rassemblant à partir de critères de vie partagée (la même discipline pour des étudiants). Agir dans des écoles en utilisant le dialogue inter religieux (c’est le fait d’ADYANE qui a un comité de pilotage composé de prêtres, de femmes musulmanes, de druzes, de chrétiens et est sollicitée par de nombreux gouvernements). Le meilleur résultat étant de voir les « aidés » devenir des « aidants » à leur tour. Il a été souligné l’importance de pouvoir faire mémoire des victimes de tous les camps.

  • Prévention : certains moyens d’action sont aussi utilisés en prévention. C’est le cas de la formation au dialogue inter-ethnies, ou inter-religieux, puisque l’ignorance fait le lit de la violence. La présentation de Maria Biedrawa est très éclairante sur ce point.

Éducation et pas seulement instruction est un point central, car c’est toute la personne qui est concernée. Former à des métiers pour les jeunes et donner une deuxième chance aux adultes, pour lutter contre la violence du chômage d’une classe d’âge ou d’un pourcentage important de la population, les femmes bien souvent. Habituer par le jeu, les enfants à conceptualiser et à s’exprimer, à découvrir qu’ils ont des droits, au-delà des coutumes locales (Déclaration des Droits de l’Enfant). Faire l’école dans la rue, pour les enfants des rues, l’éducation à l’intériorité pouvant conduire à l’ouverture aux autres, à la spiritualité.


Groupe de réflexion N° 3 : Relations avec l’UNESCO

MMM, AIED, ACISJF, AIC, Religions pour la Paix, UNIAPAC, ACP.

Pendant les discussions, quelques idées récurrentes sont ressorties, dont le besoin de réfléchir ensemble et de construire dans les structures spécifiques de coopération entre les ONG et l’UNESCO (Comité de liaison, forums internationaux et journées à thème UNESCO/OING, Forums de la société civile organisés par quelques Conventions culturelles, dont celles de 2005 et de 2003).

Une autre manière de coopérer avec l’UNESCO est de proposer des projets pertinents élaborés par un groupe d’OING, s’intégrant aux programmes de l’UNESCO – par exemple la Paix – Le contact avec le Secteur de l’Organisation concerné est alors très important, une meilleure connaissance des points d’ancrage dans les diverses directions de l’UNESCO peut s’avérer utile.

Une autre proposition, pour le futur proche (les prochaines 5 années) a été que les ONG qui portent un message de paix synchronisent leurs efforts et proposent ensemble au Secteur concerné une action de paix, basée sur des valeurs communes, chrétiennes, présentant des composantes universelles.

Il serait utile, également, de « s’accrocher » aux grandes orientations exprimées par l’ONU et l’UNESCO, comme par exemple l’égalité des genres et d’y répondre en apportant des exemples d’interventions sur le terrain – se reporter à l’activité de Lucie Agbo et de son association, dédiée à la protection des femmes et des filles.

On pourrait très bien répondre aux attentes de l’UNESCO, en portant à sa connaissance les interventions concrètes sur le terrain faites par diverses ONG de notre plateforme.

La nécessité d’un plaidoyer commun, ressort en conclusion.


Conclusion :

  • Nécessité de bien se connaître entre OING, dans la durée, pour « faire corps »

  • Valoriser et faire connaître les expériences et initiatives sur l’éducation à la non-violence et le travail de dialogue en zones de conflits.

  • S’impliquer dans les grands forums de l’UNESCO.

  • Préparer ensemble des objectifs à présenter à l’UNESCO.

  • Se former aux interventions publiques, pour être pertinents et entendus.


Liste des ONG de la plateforme du CCIC, ou proches, ayant participé à la rencontre :

AIC International, AIED, AFC, ACISJF, JECI, ATD Quart Monde, Cercle de l’Académie Présidentielle (ACP), Claire Amitié, Crescendo, FAFCE, FIAMC, Fondacio, I T, MMM, Œuvre d’Orient, OMAEC, Pax Romana MIIC, Religions pour la paix, UMOFC.
Les intervenantes : MIR et Church and Peace ; FIMER-FEDAPCA
Un expert des programmes de l’UNESCO.
Mission permanente du Saint – Siège à l’UNESCO.

Vœux du CCIC 22 janvier 2018

Vœux du CCIC pour l’année 2018


Le 21 janvier dernier madame Christine Roche, Présidente, a présenté les vœux du CCIC aux membres et amis du CCIC à son siège, 67 rue de Sèvres. Dans son allocution elle a remercié tous ceux nombreux qui ont répondu à son invitation et honoré de leur présence cette manifestation : les délégations diplomatiques auprès de l’UNESCO et particulièrement leurs excellences, les ambassadeurs de l’Albanie madame Venera Domi, de la Côte d’Ivoire madame Denise Houphoüet Boigny, de la France monsieur Laurent Stefanini, du Soudan du Sud monsieur Lazaro Aboi Arou Lukuac, les représentants de la Fédération de Russie et de l’Indonésie, le bureau du Comité de liaison de la CIONG ainsi que des personnalités experts dans les domaines de compétence de l’UNESCO. Après avoir fait un rapide bilan de l’année qui vient de s’écouler madame Christine Roche à donner les priorités 2018 retenues par le CCIC, plateforme d’une quarantaine d’OING d’inspiration catholique qui désirent travailler ensemble avec toutes celles qui rejoignent l’idéal de l’UNESCO.


Émettre des vœux pour cette nouvelle année, comment choisir ?

Nous avons tous un vœux commun : que la paix établisse sa demeure dans notre maison commune la planète. « Élever dans le cœur des femmes et des hommes les défenses de la Paix » selon l’acte constitutif de l’UNESCO.

Transformer cette parole en actes c’est l’œuvre à réaliser ensemble.

la présidente du CCIC avec leurs excellences les ambassadeurs de l’Albanie (à gauche), du Soudan du Sud et de la Côte d’Ivoire (a droite)

Ces paroles échangées traditionnellement ouvrent symboliquement une porte sur le futur. On peut les juger répétitives, sans originalité et pourtant sans elles que de belles occasions de signifier notre désir commun de bien, de beau et de vrai perdrions-nous !

Je voudrais évoquer les priorités retenues par le CCIC, plateforme d’une quarantaine d‘OING d’inspiration catholique qui désirent travailler ensemble avec toutes celles qui rejoignent l’idéal de l’UNESCO.

1948-2018, 70 années de la Déclaration universelle des droits de l’Homme-DUDH-

Anniversaire célébré par toutes les agences de l’ONU dans le monde en particulier par l’UNESCO.

N’est-il pas opportun de faire un bilan des fruits et des limites de son utilisation, cette DUDH qui est invoquée souvent à tort et à travers ?

Elle est le socle actuel des démocraties.

Elle est la référence pour lutter contre la barbarie, contre la violence et ouvrir des chemins de paix, pour l’accès au droit à la liberté de pensée et de religions, l’accession des femmes à la même dignité que les hommes, pour le droit primordial à l’éducation

la présidente du CCIC remet le livre « Paroles d’espérance » à monsieur Laurent Stefanini, ambassadeur de France auprès de l’UNESCO

Dans son intégralité, certes perfectible, l’objectif de la DUDH n’est-il pas de mener les humains vers une « vie bonne, une vie belle, une vie vraie », dans un environnement fraternel avec des idéaux partagés?

Nous avons eu la grande chance de recevoir tout l’heure deux personnalités magnifiques : Maria Biedrawa formatrice à la non-violence et à la réconciliation , membre du Mouvement International pour la Réconciliation et Lucie Agbo, centrafricaine, fondatrice de l’association «femmes aux mille bras » à Bangui.

Les participants à notre session « déliter la violence – ouvrir des chemins de paix » ont entendu par leurs témoignages qu’il est possible de réconcilier les frères ennemis. Les fruits des travaux qui ont suivi leurs interventions seront utilisés dans nos plaidoyers en faveur des programmes d’éducation à la non-violence pour ouvrir des chemins de paix. Nous proposerons nos compétences lors du forum de l’UNESCO sur l’éducation pour la paix et le développement durable en 2019.


Les migrations

Madame Monique Grandjean de l’Académie catholique de France avec madame Venera Domi

Beaucoup d’ONG souhaitent rejoindre les États d’origine de migration économique, pour convaincre les jeunes de ne pas tenter le rite de passage souvent mortel qui les mèneraient à une vie meilleure ; ce voyage trop souvent présenté par les familles comme une nécessité et vendu si cher par la pègre des passeurs.

Ensemble, ONG, États, en collaborant enrichissons nos savoir-faire éducatifs pour permettre aux plus jeunes de voir la réalité, de ne pas se tromper d’étoile.

Il faut rappeler la magnifique réussite à Abidjan des derniers jeux de la francophonie où les quatre maîtres mots étaient :

Solidarité, diversité, excellence, amitié

Mots grâce auxquels les jeunes africains peuvent s’autoriser à être fiers de l’Afrique et à s’engager au développement des richesses des cultures , des ressources, des ambitions justifiées de leur pays.

La plateforme s’engage depuis déjà plusieurs mois sur le projet du forum international UNESCO /ONG sur les migrants qui se tiendra au premier semestre 2018.


Les révolutions numérique, scientifique et technologique

Quels enjeux pour l’humanité ?

Le changement de société est un autre défi de l’actualité.

Les mots clés : puissances numériques, big data , homme augmenté, transhumanisme, NBIC… sont au quotidien de notre vie partout dans le monde.

Quelle place se profile pour l’Homme? Pour la personne dans son unité corps, âme, esprit ? Quels impacts sur l’éducation ?

4 mai 2018 : Journée d’étude « Puissances numériques et Éthique de la finitude humaine, comment concilier grandeur de l’Homme et homme augmenté ? » avec la participation de Marie-Hélène Parizeau, Présidente de la COMEST*, des scientifiques, philosophes , théologiens, économistes, etc.

Ces travaux donneront aux OING un complément d’éléments pertinents pour participer au deuxième forum international UNESCO/ONG sur la Science qui se tiendra en 2018.

Je termine par un appel qui résume les motivations de tant d’hommes et de femmes engagés à l’UNESCO, dans les associations, en politique.

« J’ai besoin de toi ! »



Il serait dramatique si chacun en soi-même ne s’autorisait ce cri au moment où il se sent fragilisé et bousculé.

C’est un appel universel à la fraternité, au don de soi.

En 2018 faisons écho à ces appels qui montent vers nous de tant de lieux sur la terre, qu’ils ne restent pas sans réponse.

Y répondre humblement dans le cœur de nos activités est un honneur, un devoir, et aussi une source de plaisir, d’épanouissement.

C’est le bonheur que je souhaite en particulier à chacun de vous dans vos engagements auprès d’ONG, des ÉTATS, de l’UNESCO et ailleurs.

Ensemble soyons des femmes et des hommes de Conscience participant à la noble tâche de l’UNESCO : être la Conscience du Monde.

C’est mon appel pour qu’ensemble nous vivions une
belle et lumineuse année 2018 au service de la paix !

Paris le 22 janvier 2018

Christine Roche
Présidente du CCIC

Mémoire et enseignement de l’Holocauste : Notre responsabilité partagée

Toute une série d’évènements ont marqué ce temps de commémoration : projection le 22 janvier, en avant-première, du film de Claude Lanzmann : « Les quatre sœurs : le serment d’Hippocrate », témoignage d’une survivante d’Auschwitz, suivi le 25 janvier de réunions et tables rondes, de l’inauguration d’une exposition et d’un concert.

 

L’UNESCO inutile comme MOZART ?

C’était le thème du dernier débat organisé au siège le 23 janvier par l’Association des Anciens Fonctionnaires de l’UNESCO, dans le cadre de son club « Mémoires d’Avenir ». L’UNESCO, n’est pas qu’une « utilité », à savoir une organisation qui serait appelée à remplir quelques fonctions comme la défense ou le classement des Patrimoines. C’est bien plus : une nécessité pour faire valoir des principes et une vision de l’Humanité, au service de la Paix et de la Justice, de la dignité des Personnes, un noyau vital au sein d’une constellation (un ensemble) d’acteurs – les États, les sociétés civiles – dont il faut préserver l’Harmonie par l’Éducation et la Culture.

Réunion d’information des ONG partenaires de l’UNESCO

Réunion d’information des ONG partenaires de l’UNESCO du 23 janvier 2018 au siège 

Bilan 2017 et Projets 2018, intensifier ou entretenir les coopérations avec l’UNESCO, de l’importance de la communication et des consultations (newsletter, sites, plateformes), déclaration de M. Éric Falt sous directeur général de l’UNESCO pour les Relations extérieures.

Protection et Promotion de la Diversité culturelle

Session annuelle du Comité intergouvernemental
de la Convention de 2005
« Protection et Promotion de la Diversité culturelle »


Au cours de cette session ordinaire, les services rendent compte de la situation au travers d’indicateurs de performance (rapport d’activité, rapports quadriennaux des parties etc.) ; sont aussi validés les projets appelés à être financés par un fonds spécialisé et identifiés les actions prioritaires pour l’année à venir ; deux points ont particulièrement retenu l’attention : le premier  sur la contribution de la société civile à la Convention, d’où il ressort la diversité des centres d’intérêt, mais aussi les difficultés parfois aiguës pour préserver la diversité et la créativité culturelles ; le second avec la présentation du Rapport mondial sur la diversité culturelle dont le titre dit l’importance : « Repenser les politiques culturelles. La créativité au cœur du développement. »


Cette onzième session du Comité intergouvernemental de la Convention de 2005 s’est tenue à Paris du 12 à 15 décembre 2017. Pour mémoire, « la Convention de 2005 sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles» est une des sept conventions culturelles de l’UNESCO :

2003 – Sauvegarde du patrimoine culturel immatériel ;
2001 – Protection du patrimoine culturel subaquatique ;
1972 – Protection du patrimoine mondial culturel et naturel ;
1970 – Lutte contre le trafic illicite des biens culturels ;
1954 – Protection des biens culturels en cas de conflit armé ;
1952, 1971 – Protection des droits d’auteur et droits voisins.

Le Comité intergouvernemental de la Convention de 2005 est composé de représentants de 24 États Parties à la Convention, élus pour un mandat de quatre ans par la Conférence des Parties. Sa fonction principale est de promouvoir les objectifs de la Convention et d’assurer le suivi de leur mise en œuvre. Le Comité intergouvernemental se réunit une fois par an.

Lors de chaque session, le Secrétariat de la Convention rend compte de ses réalisations et soumet une proposition pour les activités futures du Comité. Les principaux documents mis à disposition à ce titre sont les suivants : « Rapport du secrétariat sur ses activités » ; « Activités futures du Comité : Projet de plan de travail, calendrier, ressources » ; « Rapport du Secrétariat sur la mise en œuvre du Fonds international pour la diversité culturelle (FIDC) » ; « Rapports périodiques quadriennaux ».

Deux thèmes importants ont été inscrits à l’agenda de cette session : la présentation du Premier rapport des organisations de la société civile sur leurs activités et le lancement de la deuxième édition du Rapport mondial sur la mise en œuvre de la Convention de 2005.

Bilan de la mise en pratique de la Convention/ Le rapport du Secrétariat

Dans son rapport d’activité, le secrétariat donne surtout des informations sur le suivi des réalisations dans le cadre des objectifs de la Convention couvrant la période 2016-2017. Ces restitutions se rapportent au renforcement et à l’utilisation des capacités pour l’élaboration des politiques nationales et aux mesures concrètes prises pour promouvoir la diversité des expressions culturelles.

Plusieurs indicateurs de performance permettent de rendre compte de l’évolution de la situation, ils couvrent les principales préoccupations sous-jacentes à la Convention :

– la mise en place de mesures et de politiques nationales, concernant le renforcement des ressources humaines et institutionnelles pour favoriser la diversité des activités, des services et des biens culturels. A noter sur ce sujet que 34 pays ont bénéficié d’une assistance technique nationale (pour la plupart en Afrique, Asie, Amérique du Sud) ; plusieurs modules de formation ont ainsi été expérimentés pour sensibiliser à la Convention, aider au développement de politiques favorables à la créativité et faciliter l’élaboration de rapports périodiques pertinents.

la soumission et le traitement des demandes d’assistance internationale, la mise en œuvre et le suivi des projets (FIDC, Fonds International pour la Diversité Culturelle) : 217 demandes au FIDC ont été traitées, 77 projets ont été mis en œuvre et 13 projets en cours ont été suivis.

les rapports périodiques quadriennaux sur la mise en œuvre de la Convention au niveau national soumis, traités et analysés par le Secrétariat et examinés par les organes directeurs et nombre de rapports traitant des questions de genre : 69 rapports ont été présentés, en tout, dans les deux ans, 96 pratiques innovantes décrites ; à signaler la mise en ligne d’une nouvelle plate-forme pour aider à l’harmonisation des informations fournies par les Parties avec le cadre de suivi (https://fr.unesco.org/creativity/policy-monitoring-platform).

le nombre de Parties à la Convention : on compte actuellement 145 pays signataires ainsi qu’une organisation supranationale, l’Union Européenne. Alors qu’on visait au moins 8 nouvelles ratifications, dont 4 de régions sous-représentées, il n’y a eu que 5 nouvelles Parties (Ghana, Saint-Kitts-et-Nevis, Soudan du Sud, Timor-Leste, Turquie), dont seulement 1 de région sous-représentée.

le nombre de parties prenantes impliquées dans la mise en œuvre de la Convention contribuant à alimenter le système de gestion de connaissances. Pour la mise à jour de cet indice, on a pris en compte la contribution de 43 parties prenantes issues de la société civile. Il a été téléchargé 170 nouvelles histoires,
 200 nouveaux fichiers de médias et 300 documents dédiés à la diffusion de connaissances en vue d’appuyer les activités de renforcement des capacités, et notamment les actions, outils et méthodologies d’élaboration des politiques.

le nombre d’organisations au sein et en dehors du système des Nations Unies, de la société civile et du secteur privé contribuant à la réalisation du programme : 4 partenariats ont été établis avec: l’Université Laval
 (Chaire UNESCO sur la diversité des expressions culturelles, Québec, Canada); l’Université d’Hildesheim (Chaire UNESCO sur les politiques culturelles pour les arts dans le développement, Hildesheim, Allemagne); Centre international pour la créativité et le développement durable (centre de
catégorie 2, Chine); Fédération internationale des conseils des arts et agences culturelles (FICACC). 40 organisations de la société civile (parmi lesquelles le Centre Catholique International de Coopération avec l’UNESCO) sont présentes régulièrement aux réunions des organes directeurs.


Le point sur les rapports périodiques 2017 : un bilan décevant

Les rapports périodiques (pour mémoire, chaque pays signataire de la convention doit présenter tous les quatre ans un rapport périodique détaillant les mesures prises au niveau national pour la mise en pratique de la Convention). Sur les 19 rapports attendus en 2017, seulement 6 ont été adressés (un taux de soumission de 31,5 %). Ces faibles retours touchent tous les groupes régionaux : ainsi, pour le groupe I, sur deux rapports attendus les Pays-Bas ont transmis leur restitution mais pas la Belgique, pour le groupe II, la Bosnie-Herzégovine a soumis son rapport, la Serbie non, pour le groupe III, sur les 9 rapports attendus, 3 pays seulement ont été en mesure de répondre (Colombie, Saint-Vincent-et- les Grenadines, Venezuela). Les 6 pays qui n’ont pas pu fournir leur contribution sont les suivants : Antigua-et-Barbuda, République dominicaine, El Salvador, Grenade, Guyane, Nicaragua. Les deux pays du groupe IV qui devaient une contribution (Afghanistan, Australie) n’ont rien transmis. Il en a été de même pour le groupe Va, pour l’unique rapport attendu des Comores. Enfin, concernant le groupe Vb, le Maroc a soumis son rapport mais pas l’Irak ni le Qatar.

Ces résultats décevants peuvent traduire une faiblesse des capacités mais peut-être aussi une implication insuffisante au niveau national.


La Convention dans le futur proche. Les projets financés par le Fonds International pour la Diversité Culturelle

Si on se projette dans le futur, sept projets ont été soumis à la décision du Conseil pour leur ouvrir l’accès au financement par le Fonds International pour la Diversité Culturelle (FIDC). Ces projets et leurs objectifs sont les suivants :

– au Monténégro, avec comme objectif « faire des industries créatives et culturelles un secteur économique viable », le projet est soutenu par une ONG, Institute for Entrepreneurship and Economic Development

– Guatemala, Mexique : « renforcer les micro-industries innovantes et créatives régionales en encadrant les jeunes entrepreneurs des cultures marginalisées et indigènes de Mesoamérica », projet soutenu par l’ONG Ventana a la Diversidad (Window to Diversity)

– Bolivia, Colombia, Ecuador, Mexico, Peru, Uruguay : « appropriation, renforcement et promotion du cinéma latino-américain à travers la plateforme numérique régionale du cinéma Retina Latina », un projet proposé par le Ministère de la Culture colombien — Direction de la Cinématographie.

– Ukraine, un projet sur la dimension économique des pièces de théâtre: transformer l’industrie théâtrale, projet soutenu par National Union of Theatre Workers of Ukraine (NUTWU)

– Brésil : «  renforcement des chaînes et réseaux culturels locaux dans quatre pôles culturels de taille moyenne brésiliens », projet soutenu par Cebrap – Centro Brasileiro de Análise e Planejamento (Brazilian Centre of Analysis and Planning)

Albanie : « Impliquer les communautés de Tirana dans l’art et les politiques publiques », projet soutenu par l’ONG Ekphrasis Studio

– Sénégal : « Mobiciné : Le cinéma de proximité comme outil de promotion de la diversité culturelle », projet soutenu par l’ONG Culture Waw.

Chaque projet recevra un financement maximal de 100 000 USD. 


Les activités futures du Comité

La Conférence des Parties a identifié quelques objectifs sur lesquels le Comité doit se concentrer dans la période 2018-2019 :

–  mettre en œuvre la stratégie globale de renforcement des capacités ; 


–  mettre en œuvre le Fonds international pour la diversité culturelle, sa stratégie de levée de fonds et de communication et examiner les résultats de la deuxième évaluation externe en proposant des recommandations à la septième session de la Conférence des Parties. Cette deuxième évaluation externe constatait surtout que les contributions nationales au Fonds vont en diminuant alors que la charge de travail du Secrétariat de la Convention augmente ;

– poursuivre ses activités de suivi des politiques pour évaluer l’impact de la Convention (collecte et analyse de données, d’informations et de bonnes pratiques dans les rapports périodiques quadriennaux des Parties et d’autres sources) et partager les résultats par la publication d’un Rapport mondial quadriennal ou biennal et par le biais d’un système global de gestion des connaissances. Une attention particulière sera portée au suivi de l’impact des articles 16 (« Traitement préférentiel pour les pays en développement ») et 21 (« Concertation et coordination internationales »).

– sous réserve de la disponibilité de fonds extra-budgétaires, identifier des actions prioritaires (bonnes pratiques) en rapport avec les directives opérationnelles sur la Convention dans l’environnement numérique ;

– poursuivre la recherche de synergies pour le suivi des politiques et des mesures liées à la Recommandation de 1980 relative à la condition de l’artiste ;

– continuer à encourager et soutenir la participation de la société civile dans le travail des organes directeurs de la Convention et établir une stratégie de mobilisation des parties prenantes ;

– réviser les directives opérationnelles relatives à l’article 9 « Partage de l’information et transparence », y compris l’Annexe sur le Cadre des rapports périodiques quadriennaux et rendre disponibles, sur le site Web de la Convention, les rapports périodiques quadriennaux reçus avant chaque session du Comité ;

– explorer des pistes d’action concrètes pour la mise en œuvre effective de l’article 13 « Intégration de la culture dans le développement durable », en soutien au Programme de développement durable à l’horizon 2030 des Nations Unies, y compris, si nécessaire, une révision des directives opérationnelles ;

– poursuivre l’examen de la mise en œuvre de l’article 16 de la Convention de 2005 : « Traitement préférentiel pour les pays en développement » en vue de réviser, si nécessaire, les directives opérationnelles.


Le premier rapport de la société civile: l’implication des ONG, leurs difficultés en rapport avec la Convention

A souligner par ailleurs une première, à savoir la présentation d’un rapport d’activité des organisations de la société civile (actives dans le domaine de la diversité culturelle). Ce rapport résulte de la contribution de 70 organisations représentant 2627 organisations de la société civile participant à la Convention. Il a été structuré en suivant le cadre de la Convention qui s’articule autour de quatre objectifs.

Ainsi, concernant le premier objectif, « soutenir des systèmes de gouvernance durables de la culture », il est fait le constat qu’à travers le monde, l’implication des OSC (Organisations de la Société Civile) dans la gouvernance de la culture affiche des différences considérables. De même, les centres d’intérêts qu’ont les OSC pour soutenir des systèmes de gouvernance durables de la culture sont différents selon les régions. En Europe, les OSC sont très préoccupées par les difficultés liées à la diversité culturelle et au passage au numérique, notamment en ce qui concerne les droits de propriété intellectuelle des artistes, créateurs et autres détenteurs de droits. Dans d’autres régions, surtout en Afrique, les OSC sont très engagées dans les problèmes liés aux droits et aux libertés des créateurs et des artistes.

Concernant le deuxième objectif, « parvenir à un flux équilibré des biens et services et accroître la mobilité des artistes et professionnels de la culture », on a pu constater que la disparité des richesses et des ressources entre les régions et entre les États au sein des régions, surtout en Asie et en Afrique, a un impact négatif sur le flux des biens et services. Ce phénomène est aggravé avec l’obsolescence rapide des modèles réglementaires existants. La mobilité des artistes et des professionnels de la culture reste problématique, particulièrement entre les pays du Nord et du Sud. D’après les activités signalées, les OSC jouent un rôle considérable dans la facilitation de cet objectif important de la Convention. La principale activité dans ce domaine a été l’organisation d’événements, de conférences, d’ateliers et de festivals pour favoriser la sensibilisation.

Pour l’objectif 3, « l’inclusion de la culture dans les cadres de développement durable », les activités des OSC s’inscrivent dans un large champ d’action: les interventions culturelles, les projets d’aide au développement technique, le renforcement des capacités pour le secteur artistique, culturel et créatif, la recherche, la défense, la conception et l’analyse des politiques, etc. La grande question, surtout concernant l’avenir, est la capacité de la Convention de 2005 à conserver sa pertinence dans ce contexte de programmes politiques changeants, notamment celui du développement durable. Bien que la Convention soit un instrument qui permette de suggérer des normes dans le domaine de la culture et du développement durable, ses impacts pratiques à cet égard ont été limités.

Pour l’objectif 4, « promouvoir les droits de l’homme et les libertés fondamentales », est une nécessité pour rendre possible la création et à la diffusion d’expressions culturelles diverses ainsi que l’accès à ces dernières. On constate cependant, dans un certain nombre de cas, une certaine inertie chez les Parties lorsqu’il s’agit d’applications concrètes, particulièrement en ce qui concerne la défense et la promotion de l’égalité des genres et le droit à la liberté artistique. La protection de la liberté artistique n’est pas un sujet que les Parties traitent spécifiquement et régulièrement dans leurs rapports.

Parmi les OSC, le nombre et la portée des programmes de résidence pour les artistes en danger a augmenté au cours des dernières années et a atteint son plein potentiel dans certaines régions ; les recherches relatives à la liberté artistique n’en sont qu’à la phase de développement et les efforts de plaidoyer n’en sont qu’à leurs balbutiements.

En 2016, plus de 1000 violations du droit à la liberté artistique ont été constatées dans 78 pays, suivant l’inquiétante tendance d’une augmentation de la menace qui pèse sur les artistes et sur les expressions artistiques. Parmi les cas de violations rapportés, on compte des meurtres, des peines de prison, des censures et des agressions prenant pour cibles à la fois les artistes et leurs publics. Les responsables de ces violations sont à la fois des acteurs gouvernementaux et non gouvernementaux. Lorsque des femmes artistes sont visées, c’est souvent justement à cause de leur genre. Dans plusieurs pays, il est interdit aux femmes artistes de se produire seules ou devant des publics mixtes. Ces attaques et ces interdictions ont eu des effets dévastateurs sur la diversité des expressions culturelles.

Suite au passage en revue des activités et des difficultés dans la poursuite de l’action de ces ONG, 13 recommandations ont été présentées au Comité Intergouvernemental, comme celle de renforcer la contribution de la société civile auprès des organes directeurs, celle de soutenir la diversité de la production de contenu local ou celle d’aider les pays à développer des cadres et des instruments juridiques pour promouvoir la liberté d’expression artistique et en assurer le suivi.


Le second Rapport mondial sur la diversité culturelle

Autre point marquant de cette session, la présentation de la nouvelle édition, celle de 2018, du Rapport mondial sur la diversité culturelle intitulé « Re/penser les politiques culturelles. La créativité au cœur du développement ». La première édition de ce rapport a été éditée en 2015.

Ce rapport est un bilan sur l’application de la Convention de 2005 sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles. L’analyse est conduite par rapport aux quatre objectifs de la Convention, lesquels apparaissent en ligne avec l’Agenda 2030 pour le Développement Durable. (Ces quatre objectifs sont : 1. soutenir des systèmes de gouvernance durables de la culture ; 2. parvenir à un flux équilibré des biens et services et accroître la mobilité des artistes et professionnels de la culture ; 3. l’inclusion de la culture dans les cadres de développement durable ; 4. promouvoir les droits de l’homme et les libertés fondamentales). Pour chaque objectif, une appréciation est portée sur les performances, les défis à relever et des recommandations sont émises.

Le Rapport peut être consulté à l’adresse : http://unesdoc.unesco.org/images/0026/002606/260601f.pdf

Le prochain Conseil Intergouvernemental de la Convention de 2005 aura lieu de 11 à 14 décembre 2018 à Paris.

La Route de la Soie : des pistes caravanières aux Autoroutes de l’information


Voyages à travers le temps et l’espace
Une aventure collective portée par l’UNESCO qui aura été riche d’enseignements


Le Club « Mémoire et Avenir » de l’AAFU, l’association des Anciens Fonctionnaires de l’UNESCO a consacré son dernier événement à un sujet, la Route de la Soie, un sujet sur lequel l’UNESCO a investi de façon remarquable à la fin des années 80 pour retrouver, sous l’impulsion d’un petit nombre de ses collaborateurs, toute la richesse d’une histoire millénaire aux multiples facettes.

M. Doudou DIÈNE (ancien directeur de la division des projets interculturels) qui a vécu cette aventure collective nous a retracé les étapes d’un projet qui, durant une quinzaine d’années, a mobilisé des centaines de chercheurs et d’experts autour d’un même objectif servi par une méthode originale, à savoir organiser des expéditions « culturelles » pour refaire ces routes (terrestres et maritimes).

Avec la participation d’experts, le projet se fixe l’ambition suivante : revisiter les lieux que traversaient ces routes, rencontrer les communautés scientifiques locales, et pouvoir ainsi retravailler un thème essentiel pour lire et relire la mémoire de ces faits culturels et comprendre ou découvrir des éléments dont on mesure toujours toute leur valeur.

Le projet, porté par quelques personnalités ou membres des services du siège, suscita au début quelques résistances au niveau des services, mais très vite il a pu prendre de l’ampleur pour plusieurs raisons : insistance sur le côté scientifique de l’entreprise, organisation crédibilisée avec un comité de suivi transdisciplinaire et international, participation des communautés scientifiques des pays traversés et soutien des États traversés – y compris sous l’angle financier car, déjà à l’époque, il fallait compter avec les ressources extra-budgétaires.

Le projet fut ainsi une grande réussite. Il y eut de nombreuses retombées positives : dialogues avec les communautés des pays d’accueil, conférences, production de documents issus de travaux qui étaient menés tout au long des « expéditions » presque en temps réel, création d’instituts spécialisés.

Quelques mots clefs pouvant caractériser ce qui ressortait de toutes ces rencontres en chemin renvoient bien à beaucoup des valeurs que promeut l’UNESCO : dialogue interculturel, de l’importance des facteurs externes pour expliquer, sur le temps long, l’émergence des identités, l’influence des interactions, le côté multidimensionnel de ces influences et le sentiment qu’in fine tous ces « ingrédients » véhiculés par les voyageurs de passage – forcément enclins à la rencontre – pouvaient être des facteurs de Paix.

Pour revenir à l’historique du projet, les choses parurent arriver à leur terme en 2004… il fallait tourner la page semble-t-il. C’était risquer de perdre beaucoup de ce qui avait été accumulé, et surtout perdre le sens de ce qui avait été découvert, et qui, au-delà de l’Histoire, indiquait des enseignements à ne pas oublier, notamment pour les pays concernés. C’est ainsi que, après cinq années de « traversée du désert », sous une forme évidemment différente, le thème a repris de sa vigueur, avec des initiatives qui font que le sujet « Route de la Soie » reste d’actualité : création d’un site, d’un réseau des Points focaux (avec des responsables désignés), élaboration d’un Atlas interactif etc.

Dernier point, pour éviter tout malentendu à propos des initiatives susceptibles d’être prise en utilisant le concept pour tout dire très mobilisateur de Route de la soie, les responsables de ces Points focaux se sont attachés à définir une éthique qui s’articule autour de cinq idées-forces :

– toute culture incarne une diversité et est le produit d’un dialogue.
– affirmation du principe d’égalité : égale dignité des cultures
– respect du pluralisme
– ce que révèle l’étude apparaît comme un Héritage commun, issu d’influences mutuelles multiples qui est à considérer comme une Richesse patrimoniale offerte pour tous
– les Routes ont une longue Histoire riche d’enseignements, un Passé aux retombées toujours présentes, elles n’ont jamais cessé de susciter le changement : il ne faut pas voir « le concept » comme un élément intangible : ne pas avoir une vue statique ou fixiste.

Visiter le site de l’association des Anciens Fonctionnaires de l’UNESCO
Voir le site web « Routes de la Soie »

Changeons les esprits, pas le Climat ! (suite)

8ème Forum international des ONG

UNESCO PARIS les 7 et 8 décembre 2017


Les questions climatiques appellent une mobilisation générale, les ONG en sont une partie prenante.


A la suite des Accords de Paris, les gouvernements des pays signataires ont été fortement incités à mettre en œuvre des stratégies et des programmes de développement durable pour les années 2018 à 2021.

En 2011 la Conférence Générale a demandé au Comité de liaison de l’UNESCO de travailler avec les ONG qui sont de véritables acteurs du développement durable, Les forums sont ici des rendez vous au cours desquels peuvent être entendus les témoignages de leurs actions.

Compte tenu des craintes que suscitent les questions climatiques, il est logique que ce thème ait été retenu pour le 8ème forum des ONG avec une attention particulière portée aux personnes et aux sociétés confrontées au problème. L’accent a été mis sur : l’incitation à changer les esprits et les comportements des parties prenantes, la promotion d’une éthique de développement durable, l’instauration de bonnes pratiques et enfin, l’éducation des populations locales et, singulièrement, de la jeunesse.
La protection des océans a fait l’objet d’interventions très pertinentes.
Les océans sont en danger : de plus en plus pollués par les déchets ils sont sérieusement impactés par les modifications du climat que peuvent générer les activités humaines polluantes ou déstabilisantes. Ce poumon maritime essentiel pour la préservation des écosystèmes de notre planète se trouve affecté par deux phénomènes inquiétants : une perte croissante de la biodiversité et une multiplication des catastrophes naturelles engendrant des migrations de population. Devant l’ampleur des risques induits 15000 scientifiques ont lancé un cri d’alarme : « Agissons avant qu’il ne soit trop tard ! »

Plusieurs ONG ont présenté leurs actions concrètes pour lutter contre la pollution des mers et océans :

Mme Jina TALJ pour lONG libanaise Diaries Of the Oceans, a décrit ses actions concrètes pour la protection du littoral du Liban menées par des bénévoles et par le biais de programmes de formation au développement durable de la population locale.

Pour la Fondation TARA, M. André ABREU a présenté un court métrage sur les activités des scientifiques qui, à bord du bateau-laboratoire de Jean-Louis ÉTIENNE, parcourent les océans pour faire des relevés scientifiques et formulent des recommandations à l’adresse des responsables pour protéger les océans, surveiller leurs réactions et anticiper les catastrophes.

Toutes les actions des ONG, grandes ou petites, méritent d’être encouragées, et dans cette lutte pour enrayer la dégradation de la situation ou simplement pour sensibiliser, les initiatives sont diverses : ainsi lONG SURFRIDER, présentée par Mme ARIZMENDI, mobilise les sportifs de la mer. Nettoyer les côtes et la mer, éduquer les enfants des écoles à respecter la mer au moyen de ses publications : le Guide des Espèces ou et livrets pour éduquer la jeunesse font aussi partie de ces actions qui aident à prendre conscience des problèmes qui affectent les mers et les océans, dans leur rapport à la Terre.

En dernier lieu, pour revenir à la question générale des effets et des causes des dérèglements climatiques, on aura relevé tous les apports des travaux du GIEC, qui ont été présentés par Mme Valérie MASSON-DELMOTTE en conclusion des deux journées du Forum.

Ce Groupe d’experts scientifiques indépendants et internationaux travaille bénévolement pour mesurer les effets du réchauffement climatique. Le GIEC publie des rapports généraux ou spéciaux dont un prochain sur les Océans qui sont précieux  instruments permettant d’observer les changements climatiques, la perte de la biodiversité et les conséquences sur les océans des dérégulations climatiques. Ces rapports permettent d’anticiper les catastrophes naturelles, les effets dus à l’élévation du niveau de la mer et de prévoir les mutations des populations, les adaptations à prévoir pour maintenir à un maximum de 2 degrés l’élévation de la température mondiale, un meilleurs usage des terres pour la sécurité alimentaire d’une population dont les besoins excèdent largement les capacités de production de notre planète.

« Gouverner, c’est prévoir« , formule que l’on rappelle à propos de cette question du traitement des questions climatiques, un traitement dont on doit se soucier sérieusement d’abord en prenant appui sur des données scientifiques fiables et ensuite sur l’engagement ainsi que la bonne volonté, la bonne foi aussi de toutes les parties prenantes, parmi lesquelles les ONG qui, comme l’a montré ce forum, ont leur rôle à jouer en ce domaine.