Bâtir des villes durables et résilientes

Célébration de la journée mondiale des villes
mercredi 31 octobre 2018


A l’occasion de la journée mondiale des villes sous le thème « Bâtir des villes durables et résilientes », l’UNESCO organise une série d’événements pour célébrer le rôle clé des villes dans la promotion de l’inclusion sociale et de la diversité.


Madame Angela Melo, directrice du secteur des Sciences sociales et Humaines a présidé cette session dont la partie relative au pouvoir de l’art comme vecteur d’inclusion ou de discrimination dans les espaces urbains a été diffusée en direct avec la célébration de la journée mondiale des villes à Liverpool.


Le sujet traitant de « l’innovation pour un développement urbain durable » a réuni de nombreux intervenants, que ce soient des responsables de villes du Mexique, du Royaume Uni, de Finlande ou des représentants d’organismes s’occupant d’économie, ou de questions concernant les paysages ou l’environnement.


Les réflexions suivantes sont à souligner :

  • Quand une ville a un projet d’aménagement sur deux ans ou plus, un séisme entrave le déroulement de ce projet et le ralentit, voire le modifie fortement ;

  • Dans le cadre d’une externalisation du traitement d’un espace public, il convient de veiller aux termes du contrat. Exemple à Sheffield : une entreprise privée préfère abattre des arbres plutôt que les entretenir parce que le coût d’abattage est moindre ;

  • L’intelligence des lieux est mieux portée par les habitants de ces lieux que par des intervenants, même « spécialistes » extérieurs ;

  • Plus la ville est grande, plus certains secteurs exposent au risque de la marginalisation. Les défis à relever concernent principalement le logement, la santé, l’école. L’école est essentielle : il faut qu’elle assure une éducation de qualité pour justement éviter l’exclusion sociale. Dans certains cas, les logements non occupés et souvent acquis à des fins purement spéculatives doivent pouvoir être « réquisitionnés » ;

  • Assurer la mixité non seulement dans un immeuble mais aussi dans le quartier ;

  • Miser sur les technologies en aidant les personnes le cas échéant : au Japon, la personne âgée est ainsi souvent aidée par la robotique et cette situation est acceptée. A Sheffield, l’université ou des groupements confessionnels s’emploient à initier les personnes âgées à l’utilisation d’internet ;

  • Au Mexique des programmes sociaux sont adaptés aux handicapés.


Le sujet du « Pouvoir de l’art comme vecteur d’inclusion et de non discrimination dans les espaces urbains » a été animé par Madame Anne-Marie Melster, Co-fondatrice et Directrice exécutive d’Artport. Artport est la première organisation d’art qui a travaillé sur le développement durable depuis 13 ans.

La session a particulièrement porté sur le « street art ».

Parce qu’il véhicule un message, le « street art » peut changer la pensée d’une personne jeune comme d’une personne âgée sans pour autant vouloir changer la société ;

  • Si un artiste s’exprime dans son œuvre dans la rue, il est bon d’inviter la population qui regarde cette même œuvre à s’exprimer sur son ressenti devant elle. Ainsi est créé un contact entre l’artiste et la population ;

  • le « street art » donne une personnalité à une ville ;

  • la ville doit rester un laboratoire d’actions concrètes.

Pour illustrer la montée en continu du rôle de l’art comme symbole des réalités sociales dans la culture urbaine, deux artistes du street art ont créé, chacun en direct, une œuvre murale dans le hall Ségur de l’UNESCO.


Puis deux compagnies du hip-hop ont donné une démonstration de leur danse qui fut suivie d’une participation du public.

La journée s’est terminée avec la projection du documentaire « Sky’s the limit : les peintres de l’extrême » du réalisateur Jérôme Thomas.

Journée mondiale de sensibilisation aux tsunamis

Réduire les pertes Humaines et Économiques liées aux tsunamis

Journée mondiale de sensibilisation aux tsunamis

Maison de l’UNESCO le 16 octobre 2018


Cette séance avait une certaine actualité compte tenu des tsunamis enregistrés dans le monde en septembre-octobre 2018 : pour ces dernières semaines, les chiffres de 2 000 pertes de vies humaines et 3 000 disparus ont été cités.

La séance était coprésidée par Mme Kirsi Madi, Directrice au bureau des Nations Unies pour la prévention des catastrophes (UNISDR), et par Vladimir Ryabinin, Secrétaire Exécutif de la COI et Sous-Directeur général de l’UNESCO.


La problématique

Ces deux coprésidents ont présenté la problématique des tsunamis :

  • rappelons que les tsunamis ne concernent que la création, par des tremblements de terre, de vagues énormes et leur déferlement sur les rivages. Ces tremblements de terre se situent le long des lignes de chevauchement des plaques terrestres (tectonique des plaques), lorsque celles-ci bougent l’une par rapport à l’autre. Ils ne sont en rien liés, semble-t-il, aux questions de changement climatique.

  • les conséquences en sont souvent catastrophiques en vies humaines (on cite 250 000 victimes depuis l’an 2000) et en coût économique (280 milliards de $ en 20 ans).

  • depuis les années 2000, la COI et les instituts de recherches océaniques mettent en place des réseaux d’observations et des systèmes d’alertes. Et dans le cadre de l’ONU, depuis 2015, a été défini un plan de lutte contre les conséquences des tsunamis en vue de réduire les pertes humaines et les dégâts économiques, en particulier grâce à des plans nationaux et locaux d’alertes, d’éducations et d’informations auprès des populations les plus exposées.

  • la très grande dangerosité des tsunamis tient aux délais extrêmement courts qui existent entre la détection sismique du tremblement de terre et l’arrivée des vagues déferlantes sur les côtes, d’où la difficulté de protéger les populations vivant sur les littoraux concernés. Pour l’instant la seule parade serait la fuite rapide, le cas échéant par la mer.


Les exemples cités

Six représentants sont intervenus pour traiter d’exemples dans des zones concernées :

  • S. Ex. M. Ahmed Shiaan, Ambassadeur des Maldives en Belgique : Les Maldives, en référence à un tsunami de 2004 : État insulaire dont certaines villes habitées ont été entièrement submergées cette année-là. La seule solution de survie était d’aller en mer. 62% du pays a été sinistré.

  • Madame Véronique Bake, spécialiste en gestion des risques : Les Seychelles (99 000 habitants). En 2004, habitants et touristes sur les plages, pas de système d’alerte précoce. Depuis lors, mise en place d’un système de surveillance sismique et d’un réseau d’information pour la population et notamment dans tout le secteur touristique.

  • Monsieur Tenu Fukui, Membre de la chambre des représentants du Japon : septembre 2011, Tohoku, 18 000morts et disparus. Dégâts économiques importants, notamment centrale nucléaire d’Onagawa, production agricole et tourisme.

  • Mr. Hugh Riley (CTO) Caraïbes : c’est une zone qui est souvent la cible des ouragans, des séismes (pas toujours suivis de tsunamis) et de tsunamis. Le tourisme est la première activité économique, et donc très vulnérable aux catastrophes naturelles. A signaler par exemple un séisme de magnitude 7,5 en 2006, qui a fait 225 000 morts, mais qui n’avait provoqué qu’un mini tsunami.

  • S. Exc. M. Hotmangaradja PANDJAITAN Ambassadeur d’Indonésie auprès de l’UNESCO : à signaler 2 séismes en août et septembre 2018, de magnitude respective 7,5 et 6,5. Il y a encore beaucoup d’amélioration à apporter dans cette zone en matière de surveillance sismique. 65 000 maisons sont à reconstruire.

  • Mr. Christos Cabanis, chargé de mission (Sécurité Civile) Pour la zone méditerranée, une station d’observation sismique a été installée dans les Bouches du Rhône, non loin de Marseille. Le premier objectif est de faire de l’éducation, et de faire connaître le risque sismique qui existe aussi dans la zone méditerranéenne, et de mettre en place un réseau d’observation sur l’ensemble de la méditerranée.


Échanges et discussions

  • Mise en place d’un réseau d’observation océanique. Un scientifique est intervenu pour faire le point sur la mise en place d’un vaste réseau scientifique international, chargé d’assurer la surveillance avec des capteurs sur toutes les lignes de fractures telluriques au fond des océans.

  • Pour l’instant, les priorités dans ce projet se situent dans l’Océan Indien, les Caraïbes, et la Méditerranée. Un centre est aussi en cours d’établissement dans le Pacifique.

  • Bien sûr d’autres centres existent, mais la question est d’assurer la mise en réseau des informations.

  • Ces informations doivent porter sur l’amélioration des délais dans la prévision, à la fois d’un phénomène sismique, de son ampleur et de sa situation géographique, facteur de conséquences plus ou moins graves sur les rivages, en fonction notamment de leur proximité ou des profils des fonds marins. Dans ces domaines, de grands progrès sont attendus car nous ne disposons pas des mêmes informations qu’en météo sur la probabilité d’un ouragan et de son intensité.

  • L’autre grand thème est le développement de l’éducation et de l’information des populations côtières sur l’attention à apporter aux informations et sur les réactions et comportement à adopter, parfois très rapidement.

En conclusion, le Secrétaire Exécutif de la COI a indiqué qu’1 dollar investi dans la prévention des risques permettait d’épargner 4 dollars en réparation.

Denis Chaigne

La Journée Internationale de la Fille célébrée à l’UNESCO par plus de 30 ONG


Marie-Chantal Cavrois (CCIC) – Lucie Agbo (Association Filles-Mères) – Isabelle Chaperon (A.I.C.)

Le 11 octobre 2018, plus de trente ONG partenaires de l’UNESCO ont mis la parole des filles de tous pays au cœur de la célébration qu’elles ont organisée à l’UNESCO.
A l’issue des trois sessions où Isabelle Chaperon (A.I.C.) a présenté les enjeux liés au contexte familial et local, Ernestine Ngo Melha (AAEEH) ceux liés à l’environnement scolaire, et Marie-Chantal Cavrois (CCIC) les enjeux sociaux.
Chantal Paisant (BICE) en a « tiré les fils » :

Le fil noir, c’est la violence subie par les jeunes filles : trafics internationaux de filles vendues comme épouses ou prostituées, viols et maternités précoces, banalisation de la prostitution, des faits sociétaux qui interpellent des responsabilités collectives à tout niveau. Ce fil obscur, c’est celui d’une surenchère exploitant la misère, le retour de formes de barbarie déniant le plus haut critère de civilisation à l’égard des plus vulnérables. Face aux 130 millions de jeunes filles non scolarisées dans le monde, c’est, en bref, la persistance plurimillénaire d’une hiérarchie des genres qui fait qu’à pauvreté égale être une fille est toujours plus défavorable.

Le fil rouge, c’est d’abord une lutte sans merci contre les trafiquants et toutes formes de marchandisation et d’exploitation des personnes. Les prix Nobel de la Paix 2018 sont un éveil des consciences. Le fil rouge, c’est le permanent combat pour une mise en œuvre effective du droit à l’éducation pour tous et toutes : l’éducation sexuelle, l’éducation à l’hygiène et à la santé, une éducation à la relation à soi-même et à l’autre, une éducation au respect de l’autre et de soi-même dans son corps. « Je n’ai pas un corps, disait Paul Ricœur, je suis un corps ».
Le fil rouge, c’est aussi, partout dans le monde, le travail au quotidien des ONG de terrain œuvrant avec les jeunes, les mères et les pères, les leaders communautaires et les éducateurs pour faire évoluer les mentalités. Ce sont des associations de femmes qui se lèvent et décident ensemble de rompre avec des pratiques ancestrales et des modèles éducatifs aliénants, pour donner aux filles les clés de leur autonomie.

Mmes Cavrois, Agbo, Aura et Paisant

Le fil d’or, c’est le témoignage des jeunes filles d’Afrique ou d’Amérique du Sud se réappropriant leur histoire, leur parole et leur capacité à agir pour changer les choses. Le fil d’or, c’est le rai de lumière au bout du tunnel : aller à l’école, être médecin, sage-femme, infirmière, juge, avocate, gardienne de prison, députée ! Dans leurs rêves, les filles marquées par l’expérience de la violence disent leur désir de justice, de soin pour l’autre, et d’engagement politique. Ce sont elles qui nous montrent le chemin.

Échos de la 205ème session du Comité Exécutif – Un dernier regard

205ème session du Comité Exécutif
Un dernier regard

Selon la pratique habituelle, la dernière séance du Conseil a donné lieu à la présentation de leurs rapports par les Présidents des Commissions FA et PX.

On rappellera que les dites Commissions examinent les points inscrits à l’ordre du jour, débattent ceux pour lesquels il a été entendu qu’il y avait lieu de le faire, et mettent au point les textes des décisions soumises au Conseil.

Au terme de cette 205ème session, ce sont ainsi quelques 50 décisions qui ont été prises, se rapportant aux 40 points inscrits à l’ordre du jour et de larges discussions ont été menées notamment sur la Transformation stratégique et le budget. Les travaux ont été conduits efficacement, sous la houlette du Président du Conseil et des deux présidents de Commissions (les ambassadeurs-délégués de Grèce et d’OMAN). Les travaux du groupe préparatoire présidés par l’ambassadrice de Côte d’Ivoire ont été salués par plusieurs délégués et sont reconnus pour ajouter à l’efficacité de fonctionnement des réunions semestrielles du Conseil exécutif.

A l’issue de cette session, on pourra rappeler quelques autres éléments en se référant à la trame de l’ordre du jour :

  • Les questions budgétaires : il est demandé au Secrétariat de présenter une plus large palette de scenarios (4 en fait) pour la discussion des orientations à moyen terme qui devront être entérinées par la 40ème Conférence Générale ;

  • les financements extra-budgétaires vont devenir une source permanente et importante de financement, mais c’est le budget ordinaire qui doit rester le socle financier, et la question des retards de paiement mérite d’être suivie avec la plus grande attention ;

  • à signaler des discussions non entièrement conclusives sur l’allocation des crédits non utilisés se rapportant au 38C5 ;

  • concernant la gestion RH, des observations ont été faites sur la représentativité géographique et l’équilibre des genres qui, malgré certains progrès laisse encore à désirer.

Deux sujets sensibles d’ordre culturel ont fait l’objet de décisions « positives » mais avec une différence d’ambiance quant au climat des discussions (en commission spécialisée PX).

Le premier, concernant la poursuite du suivi de la situation en CRIMÉE (respect de la diversité) a fait ressortir des avis partagés, mais, à l’issue d’un vote, la proposition de continuer l’a emporté. Une décision concernant la PALESTINE a été adoptée sans débat sachant que suite à des missions bons offices, avec un consensus préalable obtenu des parties jordanienne, israélienne et palestinienne, pour une fois, le sujet a fait l’objet d’un traitement acceptable pour tous.

L’examen des Programmes n’a pas fait l’objet de débat : s’agissant de la session intermédiaire du Conseil, ce dernier prend simplement note du rapport produit par les services.

Lors des débats en Commission PX, les secteurs ont présenté de nombreux points, parmi lesquels la transformation stratégique et la question de l’avenir du BIE ont suscité de nombreux échanges (cf les compte-rendus).

Au chapitre des Sciences, a été confirmé le lancement de l’initiative « Mémoire des Glaciers » (soutenue par la France et l’Italie). Ce projet a pour ambition de fédérer les travaux d’instituts de recherche spécialisés pour parfaire la connaissance d’une composante essentielle de la Planète : initiative largement soutenue, insistance de certains pour bien assurer la cohérence des actions avec ce qui découle du Traité de l’Antarctique, et mener les opérations en étroite liaison avec les États.

La question du suivi de l’ODD4 a permis de confirmer toute l’importance du domaine Éducation à la fois comme secteur spécialisé et comme domaine à dimension transversale, et de rappeler les nombreux chantiers ou événements à venir (réunions régionales, rapport annuel avec cette année une attention particulière à la question des migrants), les forum de Berlin et Bruxelles etc.

L’alphabétisation est à soutenir massivement, avec grande attention pour les jeunes mais pas seulement, et à considérer dans une acception large en intégrant notamment la question de l’apprentissage du numérique.

Le sujet « harcèlement à l’école » est confirmé comme méritant l’attention de l’UNESCO. Plusieurs délégués ont fait observer qu’il ne fallait pas se focaliser uniquement sur les questions sexuelles, sachant qu’existent bien d’autres formes de violences à l’école.

La prévention de l’extrémisme violent : là aussi large accord sur les résolutions soumises à approbation. Une délégation a proposé des amendements amenant à plus affirmer le rôle des États. S’agissant d’un phénomène préoccupant, des initiatives sont prises par les États pour sensibiliser les jeunes à ce sujet.

Les propositions d’actualisation de plan « Mémoire du Monde » avancées par le secteur « Culture » sont bien accueillies et plusieurs délégations insistent sur la nécessité d’éviter toute politisation.

A noter l’accord avec l’ALIPH Fondation qui aura pour objet de financer des projets de reconstruction/restauration dans des territoires ayant subi des sinistres suite à des conflits armés. La proposition de poursuivre la concertation pour finaliser un accord est acceptée.

Sur proposition du Brésil, qui a remercié les États de l’aide qui lui a été apportée suite à l’incendie du Musée National de Rio, un point avait été inscrit à l’agenda : « la gestion des risques des Musées ». Il est convenu de poursuivre l’action en ce domaine, l’occasion étant donnée ici pour consacrer le rôle important que doit jouer l’UNESCO sur les sujets concernant les musées.

Deux nouvelles journées internationales ont été décidées : l’une pour célébrer l’Art islamique, l’autre les Mathématiques.

Plusieurs prix continueront d’être attribués, notamment celui pour la promotion de la Paix (parrainé par la Côte d’Ivoire), et celui en faveur de « La recherche pour les Sciences de la Vie » (parrainé par la Guinée Équatoriale dont le Ministre des Affaires étrangères est venu présenter l’esprit, le contenu -travaux pour éradiquer les pandémies notamment- en indiquant que la dotation a été substantiellement relevée : de 3 à 4,7 millions de dollars sur 5 ans).

L’initiation aux Media donnera lieu à de nouvelles initiatives, un sommet mondial de l’information est envisagé, des fonds extra budgétaires sont recherchés pour soutenir ces actions.

Dernier point à mentionner : pour célébrer le 150ème l’anniversaire de la disparition du Mahatma GANDHI l’Inde se propose d’organiser plusieurs événements. Deux courtes vidéos ont présentées à son sujet.

Échos de la 205ème session du Comité Exécutif – Avenir du Bureau International de l’Éducation

205ème session du Comité Exécutif

L’avenir du Bureau International de l’Éducation


Suite à la décision de la Suisse de ne plus soutenir ce Bureau, la question de son avenir se trouve posée. Trois options sont soumises à l’appréciation du Conseil : fermeture pure et simple, intégration au secteur Éducation du siège, ou déplacement dans un nouveau pays qui se porterait candidat.


La discussion de ce point en séance conjointe FA/PX a été très riche mais finalement décevante dans sa conclusion. Si tous les intervenants reconnaissent l’importance de la matière que traite le Bureau International de l’Éducation (la recherche et l’assistance technique sur toutes les questions ayant trait au « curriculum »), leur avis quant aux options suggérées n’est pas tranché, loin s’en faut.

Mme Stefania Giannini, Sous-Directrice générale du secteur Éducation a présenté le point en rappelant que cette structure très ancienne (elle existe depuis 1924) est en quelque sorte une « ancêtre » de l’UNESCO. Elle a montré les enjeux sous-jacents aux décisions qu’il faudra forcément prendre suite à la décision du gouvernement suisse.

Le représentant de la confédération helvétique a très brièvement et clairement donné les raisons de la décision prise par la Suisse : depuis dix ans elle ne cesse d’apporter son soutien financier pour combler un déficit devenu chronique, le siège ne donne pas l’impression de vouloir apporter au Bureau un puissant soutien, sachant que de son côté il développe parallèlement des actions sur le même domaine du curriculum.

Des nombreuses interventions qui ont suivi on retiendra :

  • la proposition d’un pays (un seul) pour se porter candidat à la reprise ;

  • un certain nombre d’avis favorables à une intégration au siège, mais l’avis de ceux qui se sont exprimés en faveur de cette option n’est pas majoritaire ;

  • beaucoup de délégués jugent ne pas avoir assez d’éléments pour se prononcer, et demandent que soit établi un document montrant plus nettement les arguments pour ou contre les deux dernières options, sachant que l’option « abandon du Bureau » n’est pas à retenir ;

  • un autre argument est avancé pour faire valoir un report de décision : s’agissant d’un institut de catégorie 1, il est préférable d’attendre le résultat des travaux engagés à ce sujet dans le cadre de la transformation stratégique ;

  • un délégué africain a tenu à rappeler le rôle extrêmement positif du BIE dans son assistance technique aux États ;

  • le Brésil a insisté sur l’existence et la nécessité de préserver un fonds d’archives et de collections très précieux en rappelant qu’il y eût un temps où de grandes figures ont collaboré avec le BIE ( MM PIAGET ou SAUSSURE notamment).

Le texte de la Décision finalement adopté amène à demander que le Secrétariat conduise des réflexions complémentaires à discuter lors des prochaines sessions du Conseil pour permettre de soumettre de façon pertinente les options susceptibles d’être prises lors de la 40ème Conférence Générale. Dans la formulation de la décision ont été ajoutées des considérations relatives aux synergies (à rechercher) et duplications (à éviter).

Échos de la 205ème session du Conseil Exécutif – Séance du 15 octobre

205ème session du Conseil Exécutif

Séance du 15 octobre 2018


Réunion conjointe des Commissions FA (Finance-Administration) PX (Programmes-Relations extérieures) : la Transformation Stratégique

Le Processus est maintenant bien engagé, une structure de pilotage est en place, un échéancier fixe les étapes, les travaux commencent de porter leurs fruits, la réforme est d’envergure, implication des États, larges consultations de toutes les parties prenantes, mise en place à venir d’un groupe de réflexion de Haut Niveau : une dynamique est enclenchée.


Présentation générale par le Directeur Général Adjoint M. XING

Important sujet inscrit à l’ordre du jour de la présente session. En commission conjointe, le point a été présenté par le Directeur Général Adjoint (M. XING), responsable du Projet, et discuté avant de faire l’objet d’une proposition de décision qui sera adoptée en séance plénière.

Tout au long des échanges qui ont été denses et nourris, M. XING a été très précis et structuré dans sa manière de présenter, ses observations ont été substantielles, donnant ainsi l’impression que le processus maintenant bien engagé est maîtrisé et suivi de près au plus haut niveau.

Il s’est d’abord félicité de l’excellent esprit dans lequel se sont engagés les dialogues avec les États (en particulier lors des réunions du groupe préparatoire des sessions du Conseil). Il a fait observer que beaucoup des discussions menées ont déjà porté leurs fruits et que, face aux défis à relever, comme l’avait souligné la Directrice générale lors de la précédente session, il faut être ambitieux avec une Vision mettant au cœur du Projet les Programmes et l’Agenda 2030 comme objectifs et une Modernisation en profondeur de l’institution comme moyen d’y parvenir.

La Réforme doit être conduite en étant à l’écoute de toutes les parties prenantes, et tout particulièrement les États, mais aussi d’autres acteurs avec lesquels l’UNESCO peut avoir partie liée : l’ONU et les Partenaires stratégiques, avec lesquels les discussions sont déjà bien engagées.

Il importe, nous dit M. XING, que cette transformation soit bien pensée, qu’elle donne pleinement le résultat escompté, à savoir renforcer ou restaurer le leadership de l’UNESCO dans ses domaines de compétences avec des actions de terrain mais aussi un discours qui gagnera avec l’expression d’une voix unique pour défendre sans notes discordantes des valeurs partagées.

Plus concrètement, ont été rappelées toutes les mesures déjà prises dans le cadre d’un plan d’action (notamment en matière de gestion des ressources humaines). S’agissant des relations avec les États, plusieurs des initiatives déjà prises ont été rappelées (newsletter, prochain rendez vous le 22 novembre, rencontres bilatérales avec les délégués etc). Quelques précisions complémentaires ont été données sur les quatre groupes de travail ( Efficacité opérationnelle, Communication, Partenariat stratégique, Présence dans le Monde), notamment pour ce qui est de la sélection des membres des groupes (59 finalement retenus, tous volontaires, représentatifs de l’ensemble du personnel). Ont été aussi rappelées l’existence d’un Comité de pilotage, d’une interaction permanente entre les ADG (pour faciliter le traitement des questions intersectorielles), et la prochaine mise en place du Groupe de réflexion de Haut niveau, appelé à Conseiller les instances dirigeantes.

S’agissant de la Planification Stratégique, le responsable de cette unité a donné quelques jalons, avec pour 2019 l’élaboration d’une feuille de route donnant les grandes orientations et les priorités (à soumettre à la Conférence Générale en même temps que le prochain C4/C5).

Pour 2020 ouverture d’une large consultation avec les membres de la famille UNESCO (dont les Commissions Nationales) et élaboration d’un rapport détaillé au printemps de cette même année donnant les avis exprimés et les observations du service de l’audit.


Principales observations ou questions de États :

En écho avec ce qui a été dit en début de session, le soutien aux propositions est marqué.

On aura retrouvé lors des interventions des délégués beaucoup de ce qui a été évoqué lors de la séance introductive, mais les propos se sont faits plus précis en faisant parfois émerger des points nouveaux ou jusque là peu soulignés

On ne s’appesantira pas sur le souhait des États d’être pleinement intégrés, car ici cela fait écho à des souhaits qui sont une constante.

En revanche, on pourra souligner les nombreuses interrogations sur le Groupe de Réflexion de Haut niveau (qui sera composé de douze membres) : quels en seront les membres ? Quel rôle jouera -t-il ? en particulier sur les Programmes ? Interviendra-t-il sur les structures ? Quel modus operandi ? etc. Il y a peut-être ici une crainte d’interférence avec ce qui pourrait être du domaine des États, ou l’appréhension que des relations directes qui pourraient se nouer entre cette structure et la Direction Générale ou le Comité de pilotage.

Ces risques ne semblent pas élevés, et les questions posées peuvent tout simplement se justifier par une insuffisante information à ce stade. Les réponses données par le Directeur général adjoint ont en tout cas permis de mieux savoir ce qu’il en est : le Groupe n’est pas encore constitué, ses membres seront choisis à partir de propositions de candidats faites par les États. Ils devront être représentatifs selon les critères classiques (genre et géographiques notamment), et aussi en rapport avec la mission du groupe (réflexion/conseil se rattachant au cœur des activités face aux défis). Sous cet angle de vue, seront requis des profils d’experts en relations internationales dotés d’autres qualités comme avoir des compétences prospectives, ou être des Personnalités influentes. S’agissant de son champ de réflexion, le groupe n’est pas appelé à s’intéresser aux structures.

Plusieurs intervenants ont appelé à mieux définir la Vision du Projet, ou à confirmer ce que l’on peut pressentir comme essentiel des buts à atteindre, le représentant du Portugal suggérant que cela pouvait se ramener à deux fonctions clefs : l’UNESCO comme laboratoire d’idées et comme institution normative.

Il y a une grande attente à propos des Programmes dont la Directrice générale et maintenant les porteurs du projet ont dit qu’ils étaient essentiels. Le Directeur général adjoint aura pu décevoir, en indiquant que ce chantier n’était pas encore ouvert, et qu’il fallait s’en tenir au calendrier qui a été défini : tout ne peut se faire en même temps nous dit-on fort justement.

Quelques observations plus opérationnelles ont été faites pour appeler à un peu plus de clarté dans la visualisation de l’organisation ou de simplicité dans la configuration du projet. Il est aussi demandé de mieux hiérarchiser l’ordre d’importance des sujets.

Concernant les partenariats stratégiques, qui seront un des leviers innovants à mobiliser, les avis sont plutôt positifs, même s’il y a lieu de bien s’assurer qu’ils seront en phase avec les priorités de l’UNESCO.

Autre partie prenante très importante : les Commissions nationales. Plusieurs délégués se sont inquiétés du rôle qu’elles tiendront. Toute assurance a été donnée à propos de leur implication. Elles sont dores et déjà informées lors de la dernière réunion des Commissions nationales ou lors d’entretiens bilatéraux. Elles seront bien entendu consultées lorsque sera abordée la question des programmes, l’existant devant dans un premier temps faire l’objet d’une analyse critique à laquelle elles pourront prendre part.

Plusieurs délégués ont insisté sur la nécessité de ne pas politiser les sujets, le Directeur général adjoint a rebondi sur ce point : il ne faut pas bloquer le développement de la réforme avec des antagonismes exacerbés, c’est Unis qu’on pourra avancer.


Le Directeur général adjoint a invité tous les responsables des secteurs à intervenir :

Madame Flavia Schlegel, Sous-Directrice générale du secteur Science a insisté sur les interactions entre domaines : elles sont utiles pour permettre de mieux s’approprier les sujets et s’assurer que rien n’est oublié.

Mme Stefania Giannini, Sous-Directrice générale du secteur Éducation, en réponse à certains qui appellent à mieux rendre compte de la Vision sous-jacente, estime qu’il y a déjà certaines idées bien affirmées : rester fondamentalement une institution intergouvernementale, être un leader intellectuel dans ses domaines de compétence, être efficace et, pour y parvenir, miser sur la meilleure ouverture possibles aux partenariats.

Elle rappelle aussi que des étapes bien précises dans le temps (les échéances) et dans leur contenu ont été décidées : 1/diagnostic et premières mesures de court terme ; 2/activation des collaborations avec les autres agences onusiennes ; 3/engagement du chantier « programmes » (avec l’analyse de l’existant en termes de pratiques et de processus).

Mme Nada Al-Nashif Directrice générale pour les sciences sociales et humaines : l’appropriation du projet a toute son importance, on est ambitieux pour le « terrain » et compte beaucoup sur des démarches innovantes, mais rien ne s’engagera sans d’intenses consultations. Les synergies vont être recherchées systématiquement, cela vaut pour les relations entre les groupes de travail et le Comité de pilotage, tout ce qui a trait aux publications, l’organisation du travail, les partenariats, les collaborations au sein de l’ONU

M. Moez Chakchouk, Sous-Directeur général pour la Communication et l’Information Information indique que déjà beaucoup de choses ont été réalisées notamment au sein du Groupe Communication, qui a dressé un bilan de l’existant avec les contributions de 4 sous-groupes.

Le sujet « Communication » est bien plus vaste que celui du web. Le groupe dédié à cette question traite ainsi la communication interne, la communication stratégique, tout particulièrement celle qui concerne les programmes. Il s’intéresse aussi à la «marque UNESCO », ce qui renvoie à l’image de l’institution auprès de différents publics.

M. Edouard Firmin Matoko, Sous-Directeur général pour le département Afrique répond à certains délégués africains qui se sont interrogés sur la place de cette Priorité Afrique dans le projet en les rassurant, indiquant qu’il s’agit d’une priorité bien soutenue.

Comme co-président du GT « Présence UNESCO dans le Monde », il a rappelé les canaux sur lesquels l’UNESCO doit pouvoir miser : les Bureaux, les Instituts de catégorie 1 ou 2, les chaires. La réflexion sur ce thème intègre tout particulièrement les données de la réforme d’ensemble de l’ONU et la contrainte budgétaire, par ailleurs une approche statistique est mobilisée réfléchir à la justification des programmes dans les pays.

Deux autres responsables (les Relations Humaines et la Planification) ont donné un certain nombre d’autres informations concernant leurs domaines (listage des nouveautés en matière de gestion du personnel, programmation de consultations, interactions avec le (C4/C5).

Le projet de Décision est adoptée après une assez longue discussion qui a notamment fait ressortir le souci de certaines délégations de bien affirmer le rôle des États dans le processus, et d’obtenir très régulièrement des informations précises sur les avancées concrètes du projet.

Échos de la 205ème session du Conseil Exécutif – Séance du 9 octobre

Échos de la 205ème session du Conseil Exécutif (suite)

Séance du 9 octobre

Débats, Réponse de la DG,Questions/Réponses

Les 8 et 9 octobre, les membres du Conseil, selon l’usage, sont intervenus pour exprimer leurs vues sur les thèmes d’actualité, essentiellement en se rapportant aux nombreux point à l’ordre du jour qui la plupart sont examinés dans les Commissions spécialisées FA (Finance-Administration) et PX (Commissions des Programmes et Relations extérieures), mais aussi parfois pour développer des sujets plus généraux avec dans un petit nombre de cas des connotations politiques, étant observé que ces dernières tendent à se faire plus rares, avec semble-t-il, une tendance à l’apaisement.


Le Débat

Dans une large mesure les interventions ont fait écho à la déclaration introductive de la Directrice Générale, un écho positif sur de nombreux points. Ont ainsi émergé des idées finalement largement partagées :

D’un point de vue général, beaucoup de délégués ont insisté sur la valeur du Multilatéralisme, qu’il faut défendre, promouvoir au service d’une humanité commune, avec des tâches communes.

On a entendu de nombreux appels à cultiver l’esprit de coopération, Nord-Sud ou Sud-Sud, que ce soit pour la défense des Patrimoines -et là on a souligné le succès prometteur pour d’autres expériences du projet « esprit de MOSSOUL »- ou pour les nombreux sujets se rapportant à l’Éducation.

S’agissant de l’Éducation, les besoins sont immenses sur un spectre de problématiques nombreuses : formation des professeurs, alphabétisation, irruption du numérique appelant de nombreuses adaptations ou refontes des systèmes ou politiques éducatives, éducation à la citoyenneté, actions de sensibilisation face à la montée de l’extrémisme violent ou au harcèlement dans les écoles… Sur tous ces sujets, les intervenants se retrouvent pour saluer ce que font les secteurs.

Plusieurs délégations africaines ont insisté sur le bienfait de toutes les actions coopératives et concertées permettant de mieux piloter les actions en matière d’éducation : comme beaucoup d’autres États, elles ont salué ce que faisait l’UNESCO au titre de son rôle de chef de file pour le suivi de l’ODD4, au niveau global (statistique notamment) et régional. Il a été fait allusion à plusieurs reprises à une amélioration de la concertation inter-africaine qui permettra de mieux aligner ce qui est fait en rapport avec l’agenda 2030 avec les grandes orientations stratégiques du continent africain sur le long terme (plan 2063) La déclaration de NAIROBI est citée comme une initiative importante à cet égard. La relance récemment engagée des échanges entre l’Union des États Africains et l’UNESCO constitue une autre avancée.

A noter l’intervention du LIBAN qui attire l’attention sur la question de l’éducation des enfants de migrants (personnes déplacées). Si des efforts massifs sont déployés, l’ampleur des besoins fait que beaucoup de jeunes restent encore à l’écart.

Toujours d’un point de vue général, on aura relevé deux interventions à l’allure d’un appel :

L’une, avec une aporie (plus que le Verbe, le Pouvoir des idées) : le délégué (portugais) a voulu insister sur la nécessité de faire reposer toutes les initiatives (qu’il s’agisse des Programmes ou de la Transformation Stratégique) sur un exposé clair et net des idées qu’elles sous-tendent, avec la démonstration de leur rapport à l’idéal des Missions de l’UNESCO au service de la Paix.

L’autre, produite par l’ambassadeur d’Iran qui se distingue souvent par des propos tendant à quitter le domaine plus contingent des activités pour livrer des avis renvoyant à l’esprit ou à la nature de l’UNESCO, avis tirés d’une solide connaissance de l’institution. A partir d’une référence à une initiative conduite lors de « d’âge d’or de l’UNESCO » (constitution d’une collection des Grandes œuvres littéraires à valeur universelle traduites dans de multiples langues), le délégué a voulu rappeler toute l’importance que devait revêtir l’idée sous-jacente au projet de cette époque (les années 50) « les échanges entre civilisations », « le dialogue interculturel », au travers duquel les différentes cultures peuvent rayonner pour un bien commun, avec une valeur universelle.

Dernier thème général évoqué par un certain nombre d’orateurs, celui des Droits de l’Homme, en rapport avec la déclaration universelle de 1948 : c’est tout à fait important nous disent- ils, ils constituent in fine le fondement des missions de l’UNESCO indique l’un d’entre eux.

S’agissant de points plus spécifiques, renvoyant aux activités, on relève :

  • le bon accueil réservé aux projets de la DG de développer les réflexions sur l’intelligence artificielle, avec le souci de la préservation de l’humain ;

  • sur le champ du numérique, un appui est apporté aux initiatives qui sont conduites en matière de régulation de monde internet ; à cet égard, la France a insisté sur l’importance du sujet, et signalé les évènements qui seront organisés à la mi-novembre en la matière autour de ce sujet, et en particulier ce qui a trait à « la gouvernance du net », thème sur lequel l’UNESCO est considérée comme légitime pour intervenir, en rapport avec ses compétences ;

  • les questions éthiques ont été évoquées, plus que précédemment elles amènent à plus de commentaires exprimés comme un soutien pour les aborder dans tous les secteurs, notamment celui des Sciences mais pas seulement : on doit s’interroger sur les limites en rapport avec le souci premier de la préservation de l’Humain ;

  • En liaison avec les diverses observations formulées sur les questions éthiques mais aussi sur la nature des partenariats (cf ci après), on aura noté le rappel par un délégué du conseil que donnait M F Major : on doit gouverner avec nos principes, et non pas à l’écoute des marchés ou des sondages d’opinion.


L’organisation, la gestion, les partenariats :

La Réforme

Le thème de la « Transformation stratégique » est un point important inscrit à l’ordre du jour de la session. Un document a été produit par le Secrétariat qui, tout à la fois, précise la vision et la structure du projet engagé et donne des informations sur les premières réalisations ainsi que sur le calendrier des opérations.

Des avis exprimés on pourrait s’en tenir à l’essentiel : large soutien aux initiatives, ceci est à souligner d’autant plus que, lors de la précédente session, les délégués n’avaient fait que suggérer leur approbation. Manifestement les délégations ont apprécié un certain nombre d’initiatives prises depuis quelques mois par la direction générale et monsieur XING ku le nouveau Directeur général adjoint en charge du pilotage du projet (réunions spécifiques, lancement d’une « news letter », et documents de qualité produits, dont celui élaboré spécifiquement pour la présente session)

Mais cet accord de principe a fait l’objet d’assez nombreuses observations qui sont à considérer plus comme des conseils que comme de réelles critiques :

  • insistance pour que la Vision soit clairement exprimée, avec 1/un lien à bien spécifier avec les Missions 2/Pas de dispersion ;

  • rappel pour que les États soient pleinement associés, étant observé que beaucoup d’entre eux ont assuré qu’ils prendraient pleinement part au projet ;

  • recommandation réitérée pour que cette réforme s’inscrive bien dans le cadre de la réforme de l’ensemble du système onusien engagée par le Secrétaire général, il est ainsi demandé que l’on organise une étroite concertation avec les autres agences dans le souci notamment de ne pas dupliquer les tâches ;

  • transparence : grand prix attaché à l’information ;

  • gouvernance : il est demandé de ne pas perdre de vue la mise en application des mesures retenues à l’issue des travaux déjà conduits sur le sujet ;

  • quelques observations critiques — modérées au demeurant — ont porté sur la lisibilité de certains aménagements (besoin notamment de formulations plus explicites). Dernier point important relevé et apprécié : le souhait de pleinement associer le personnel du siège comme du réseau, et l’inscription du « bien être des collaborateurs » comme l’un des objectifs stratégiques de la partie « managériale » de la réforme.

Comme exemples des premières réalisations, issues du rapport produit par les services, on pourra mentionner : l’analyse de 450 observations formulées par les services de l’audit et la production d’une série de recommandations, la constitution de quatre groupes de travail sur : l’efficacité opérationnelle, la communication, les partenariats stratégiques et la présence dans le monde,la publication des premières newsletter, la mise en place du secteur « Administration Gestion » dont le Responsable animera le comité de pilotage du projet, la création d’une petite unité de suivi de la réforme chargée, entre autres choses, de s’assurer de la cohérence des propositions qui seront émises et de repérer les éventuels dysfonctionnements pour en tenir informé le comité de pilotage.


Les Partenariats

Beaucoup de délégations se félicitent du succès du Forum des Partenaires Non Gouvernementaux tenu en septembre, mais quelques intervenants ont appelé à une certaine prudence : il ne faut pas que ces ouvertures, sources d’un précieux appoint financier, amènent à se détourner des Missions fondamentales de l’UNESCO ou à servir par trop des intérêts privés. Il importe, selon un délégué, de bien définir les critères de sélection des partenaires et des opérations ainsi financées. Les financements conditionnels sont à proscrire autant que faire se peut, et à l’inverse, comme certains pays ont pu le faire déjà, on ne peut que souhaiter de recevoir des dotations sans excès d’exigences quant à leur allocation (cela donne un élément de flexibilité bienvenu).


Le Budget

Même si les conditions demeurent difficiles, la question a été peu évoquée. Sans doute parce que la collecte des ressources budgétaires donne de bons résultats, les observations à ce sujet ont été assez peu nombreuses, et moins alarmistes qu’elles n’ont pu l’être dans le passé.


Restructurations

La principale mesure prise concerne la création du secteur « administration gestion ». Cette opération qui vise à rationaliser l’organisation (simplification, meilleure gestion de l’information, amélioration des relation avec les structures hors siège etc) n’a pas suscité beaucoup de remarques.

Une préoccupation a été exprimée quant à l’avenir du BIE : plusieurs pays sont soucieux de la pérennité de ce bureau (Bureau international de l’éducation) situé à Genève, un bureau qui parait répondre à un vrai besoin (travaux sur la question des programmes/curriculums).


Les réponses de la Directrice Générale

Mme AZOULAY a répondu exhaustivement aux interventions des délégués, avec des développements appuyés à l’attention des États et la reprise d’éléments détaillés se rapportant aux activités ou aux évènements en cours ou à venir. Une intervention dense où l’on discerne bien un souci de donner à l’UNESCO un nouvel élan.

La Directrice générale a beaucoup insisté sur les États, en indiquant bien qu’ils étaient essentiels, pour les décisions à prendre et pour leur implication dans les programmes, notamment pour ce qui est de la Transformation stratégique, elle a indiqué que le processus engagé devait être vu comme une « co-construction » États/UNESCO, et mené au travers d’interactions permanentes entre les deux ensembles.

Accord complet avec ceux qui appellent à ne pas s’en tenir à une réforme opérationnelle : oui, l’UNESCO doit réfléchir à ce qu’elle est, ce qu’elle veut pour être à la hauteur de ses Missions.

Mme AZOULAY a tenu à remercier les États pour leurs contributions budgétaires (maintenant plus régulières) ou extra budgétaires. Elle les a appelés à tenir leurs engagements pour l’avenir, afin de ne pas mettre en cause les activités, « nous avons absolument besoin de votre aide », a-t-elle dit, « car nous sommes maintenant à l’os ».

Remerciements appuyés aussi pour les nombreux soutiens déjà manifestés à la Réforme en cours et les nombreuses coopérations ou concertation permettant le succès d’opérations comme l’esprit de MOSSOUL ou la progression de l’agenda 2030 notamment au titre de l’Éducation.

S’agissant du Forum des Partenaires non gouvernementaux, dont la DG se félicite du succès, on prend note de l’observation selon laquelle l’Afrique devrait être plus représentée.

L’éthique : ce sujet est important, au sein de l’organisation (la gestion RH ou les Relations États/Secrétariat) comme au niveau des programmes, c’est une préoccupation transversale. Sur ce thème il faut attirer l’attention sur les travaux du MOST.

Chacun des secteurs de l’UNESCO a été abordé, avec des indications ou des rappels d’évènements nombreux montrant les nombreux chantiers engagés, comme par exemple : les travaux du PHI ou de la COI, les ateliers EUROMED pour prévenir contre l’extrémisme violent, l’année des langues autochtones, tout ce qui est fait au titre de l’éducation, du dialogue interculturel etc.

La Directrice Générale a ensuite répondu à toute une série de questions posées par les délégations, réponses données clairement et précisément, avec parfois des compléments donnés par les Adjoints à la Direction générale.

Les interrogations ont notamment porté sur l’intégration des petits états insulaires dans le Plan d’action, la prise en compte de la dimension du « développement » dans les Réformes en cours et notamment sur ce point la coordination avec les autres agences de l’ONU, les partenariats, la restitution des biens culturels, l’avenir du Bureau International de l’Éducation.

Échos de la 205ème session du Conseil Exécutif – Séance du 8 octobre

Échos de la 205ème session du Conseil Exécutif de l’UNESCO

Séance du 8 octobre
Propos introductifs


Trois discours tenus lors de la première session plénière du Conseil exécutif, insistance sur trois points : la réforme de l’UNESCO maintenant bien engagée, la nécessité de consolider le Multilatéralisme avec le soutien sans faille des États, et enfin de nombreux chantiers engagés ou à venir, dans un contexte financier un peu moins tendu et avec l’Éducation particulièrement mise en exergue.


S. Ex. M. LEE Byong-hyun, Président du Conseil exécutif

Contraste souligné entre tous les engagements pris partout en faveur d’une éducation de qualité et la persistance de situations conflictuelles qui minent le multilatéralisme.

Dans ce contexte difficile, l’UNESCO se doit de faire valoir sa valeur ajoutée, ses avantages comparatifs, et face aux critiques il lui faut convaincre en se remettant en question pour plus d’efficacité au service de ses Missions : elle est appelée à une réforme d’envergure qui dépasse de loin les seuls aspects financiers ou fonctionnels, c’est l’état d’esprit qu’il faut changer et, la nature de l’UNESCO, son ouverture à l’extérieur qui est à revoir profondément… Avoir des approches innovantes, miser sur une intensification des coopérations et partenariats, élaborer une vision claire de la stratégie, c’est ce sur quoi toutes les parties prenantes, et les États au premier chef, sont invités à réfléchir pleinement, concrètement, collectivement, consensuellement et avec discernement.

Il importera de rester centré sur les Missions, ne pas se disperser, bien travailler avec le réseau hors-siège et être en ligne avec le plan de réforme de l’ONU dans son ensemble.

La consultation et l’implication des États sont essentielles, et toutes ces actions doivent être conduites dans un esprit coopératif, c’est sur cette considération que M. LEE a conclu son intervention en citant un propos de M. Willy BRANDT qui soulignait en 1989 « qu’aucun des problèmes rencontrés par les pays développés ou en voie de développement ne peut se régler par la confrontation », et qui insistait sur la nécessité du dialogue et de la coopération pour trouver des issues raisonnables.


Mme AZOULAY Directrice générale

C’est pour la Directrice générale sa seconde participation aux sessions du Conseil exécutif. Comme elle le confirmera par la suite (propos après le débat et séance de questions/réponses), elle a donné dans cette adresse introductive des éléments clairs et précis sur la situation actuelle et les projets, et manifesté tout son engagement, un engagement qu’elle parait porter de façon résolue, avec le souci de bien soigner le lien de l’institution avec les États.

Elle appelle, elle aussi, à « repenser » l’UNESCO pour confirmer sa pertinence, sa raison d’être comme système multilatéral, agence de l’ONU au service des valeurs que lui assigne son Acte constitutif (l’esprit de Paix, la solidarité intellectuelle et morale), une pertinence à démontrer face aux critiques alors qu’elle devrait être une évidence pour nous tous, si on se mettait à l’écoute de M. Kofi ANNAN, lequel disait « nous partageons la même destinée » et ajoutait « qu’ensemble on pourrait s’en rendre maître » (faisant ici référence à l’organisation multilatérale de l’ONU).

La balle est ici dans le camp des États, c’est leur responsabilité de s’engager ensemble et unis en faveur d’une institution qui pourra ainsi jouer tout son rôle pour aider à relever les immenses défis que constituent la persistance des inégalités, les besoins de l’école, les « disruptions technologiques », la préservation des Œuvres et Patrimoines, la défense des libertés.

Il faut, nous dit la Directrice générale, restaurer la confiance entre nous et en l’institution, confiance d’abord avec les États mais aussi la société civile. On doit revoir le fonctionnement (gestion, organisation) mais aussi revitaliser les activités des secteurs à l’aune des changements parfois radicaux qui se dessinent, en ayant conscience des risques qu’ils peuvent comporter.

Sont cités tous les domaines sur lesquels il faudrait faire porter les efforts, en donnant un nouvel élan aux nombreux chantiers déjà engagés, et en ouvrant de nouvelles voies : réflexion sur de nouvelles politiques éducatives, sur l’intelligence artificielle, ses opportunités et ses risques pour l’Homme, les discriminations, la question de l’eau (annonce du prochain forum mondial au Sénégal sur « l’eau et la sécurité », la décennie des océans etc), les actions à MOSSOUL, la protection des patrimoines partout mais particulièrement dans les zones affectées par des conflits et en Afrique (l’une des priorités stratégique de l’UNESCO qui renforce ses liens avec l’Organisation de l’Union Africaine ) etc.

Comme cela sera aussi mis en évidence par beaucoup de délégués lors des débats, Mme AZOULAY a insisté particulièrement sur l’Éducation, domaine essentiel qui a fondamentalement une dimension intersectorielle. Ce domaine clef pour aider au développement et à la réduction des inégalités est très important pour l’UNESCO qui est chef de file pour assurer le suivi de l’objectif ODD4 « Pour une Éducation de Qualité… » de l’agenda 2030.

L’importance du prochain Forum mondial de l’Éducation qui se tiendra à Bruxelles en décembre prochain été rappelée.

On a signalé aussi tout ce qui est fait au sujet de l’Éducation des Femmes et des Filles, un sujet prioritaire car les avancées en la matière constituent un puissant levier de développement. Sur ce point, il est précisé qu’une action est engagée pour produire un état des lieux qui permettra de mieux appréhender les besoins. En marge de la dernière Assemblée générale de l’ONU, l’UNESCO a piloté un atelier sur le sujet,  un autre atelier a porté sur l’antisémitisme et l’extrémisme violent.

Autre information donnée : prochaine publication du rapport mondial sur l’Éducation, qui abordera de la question sensible de « l’Éducation des populations déplacées dans les zones de conflits » (lancement du rapport le 20 novembre).

Il a été rappelé que 2019 sera l’année des langues autochtones.

Au titre du secteur « Culture », un point particulier a émergé après l’incendie du Musée national de Rio. Suite à ce sinistre (pour lequel deux experts de l’UNESCO sont intervenus avec un financement par les Fonds d’urgence), beaucoup de pays ont fait don d’œuvres pour permettre la reconstitution d’un fonds minimum. Par ailleurs le sujet de la vulnérabilité des Musées et la prévention des risques a été inscrit à l’ordre du jour de la présente session.

A signaler la réactivation du réseau des ministres de la culture.

D’une manière générale deux thèmes doivent retenir l’attention :

  • la Jeunesse qui constitue maintenant un centre d’attention privilégié (à la fois comme possible force de proposition et comme cible principale des actions de prévention contre l’extrémisme violent) ;

  • l’éthique, sujet sur lequel la Directrice générale insiste particulièrement, notamment dans les domaines touchant au numérique et à l’information (annonce d’un prochain Forum de l’internet).

Parmi quelques autres éléments mentionnés au titre des activités sectorielles, on aura remarqué : l’organisation en novembre de « la journée de la philosophie », la proposition soumise au Conseil exécutif de deux nouvelles « journées internationales » : celle de l’art islamique et celle des mathématiques.

La dernière partie de l’intervention a concerné les questions stratégiques et financières.


La Transformation stratégique engagée va permettre une modernisation qui aura des retombées positives en termes de moyens et de management. Elle permettra aussi de donner une meilleure vision de l’institution, et sera conduite en associant étroitement les États, bien entendu, les Commissions nationales, les experts et le Personnel de l’UNESCO au siège et dans le réseau des Bureaux.

Le budget de l’UNESCO a reculé de 30% en termes réels depuis 2011. Cette année, les enveloppes vont être stabilisées parce qu’il devient indispensable de préserver un socle de base suffisant. Dans le contexte de relative rareté de la ressource, il est impératif que les États honorent leurs engagements, et, en la matière, la Directrice générale se félicite d’une amélioration de la situation. Reste que pour vraiment pouvoir déployer ses activités de façon crédible, l’UNESCO a besoin de financements extrabudgétaires, et conformément à ce qu’a souhaité la Directrice générale lors de la précédente session, ceux-ci ont beaucoup progressé (sur les 7 premiers mois, les 266 millions de dollars obtenus dépassent la totalité des ressources extra budgétaires reçues en 2017 soit 246 millions). Ces résultats sont pour une bonne part liés aux actions entreprises pour développer les partenariats. A cet égard, on souligne le succès du premier forum des partenaires non gouvernementaux de septembre dernier, et on signale par ailleurs qu’un premier bilan sera produit sur la question par l’un des groupes thématiques qui viennent d’être lancés mais, dores et déjà, on ne peut qu’être satisfait d’une tendance qui tout à la fois permet d’accroître la visibilité de l’UNESCO et de conforter ses ressources. La Directrice générale rappelle les obligations « ordinaires » des États dont les contributions au budget doivent rester la principale source de financement. Il est de leur responsabilité de veiller à ce qu’elles restent assurées, et, de ce point de vue, nous dit-on, on ne peut que déplorer, le retrait des États-Unis et d’Israël… et espérer qu’un jour ces deux pays reviendront sur leur décision.

Pour terminer, Mme AZOULAY a insisté sur la complexité des défis à relever pour défendre efficacement et dans un cadre contraint la présence de l’UNESCO dans ses domaines de compétence en ayant tout particulièrement le souci de traiter trois problématiques essentielles de nature transversale: les questions éthiques, le respect des Droits de l’Homme et la dignité des Personnes.

L’évolution du Monde impose d’être innovants et surtout d’aborder ces thématiques en étant unis pour être vraiment à la hauteur des défis qui découlent des Missions de l’UNESCO. Ne pas pouvoir atteindre ensemble ce qu’on pourrait qualifier comme un idéal à traduire en acte par le dialogue serait enclencher un cercle vicieux qui nuirait gravement à l’institution.

Soyons à la hauteur de notre idéal, comptons sur les forces de l’idéal pour avancer : tels ont été les deux derniers messages donnés en conclusion comme un appel au terme d’un discours dense et complet.


Allocution du Président du Chili S. Ex. M. Sebastián PIÑERA

Brève intervention, pour marquer un soutien sans équivoque à l’UNESCO, surtout dans ce qu’elle fait au titre de l’Éducation.

Rappel d’abord de tous les drames qu’a connu le Monde au vingtième siècle, et constat qu’en ce vingt et unième siècle nous sommes entrés dans une période fascinante qui n’élimine pas le risque de grands périls : dérèglement climatique, terrorisme, risque de l’obsolescence généralisée… des risques sans précédents auxquels l’UNESCO peut nous aider à faire face avec les formidables outils dont elle dispose dans les secteurs de sa compétence, et notamment dans le domaine de l’Éducation. C’est sur ce thème que M. Sebastián Piñera a particulièrement insisté, en indiquant qu’il fallait investir massivement pour obtenir une Éducation de qualité, « amie de l’Humanité », à laquelle elle peut apporter un sens, principal moyen de relever les nombreux défis auxquels on est confronté : la pauvreté, les inégalités, la violence… Le Président du Chili relève ici que l’Amérique latine se doit d’intensifier ses efforts car elle est en retard sur de nombreux points. En conclusion, il adresse ses félicitations et son encouragement à l’UNESCO qui dispose d’outils extraordinaires : « on a besoin de vous » dit-il comme note finale.

UNESCO – Construire des sociétés justes et pacifiques

A l’occasion de la Journée internationale de la Paix,
Maison de l’UNESCO – 21 septembre 2018


Construire des sociétés justes et pacifiques :
la contribution de l’UNESCO à une culture de la prévention


Cet événement s’inscrit dans le cadre du 70ème anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme et du droit à la paix réaffirmé solennellement à cette occasion par le Secrétaire général des Nations Unies.


Droits de l’homme et paix durable sont-ils indissociables ? Comment l’UNESCO peut-elle renforcer son action pour prévenir les conflits et contribuer à la consolidation de sociétés justes et pacifiques ? Ces questions étaient au cœur de la réflexion d’un panel de représentants d’organisations internationales1, d’universitaires2 et de représentants de la société civile3 sous la présidence de Madame Nada Al-Nashif, Sous-Directrice générale pour les sciences sociale et humaine, UNESCO.


Dans son introduction, et pour éclairer les débats, Mme Al-Nashif a repris deux citations, l’une du Mahatma Gandhi : « Le monde ne connaîtra la paix que lorsque les individus qui le composent le décideront », l’autre de l’UNESCO en 2013 : « La paix ne peut jamais être considérée comme un acquis. Elle constitue un processus continu, un objectif à long terme qui requiert une vigilance et un travail constant, ainsi que la participation active de tous les individus. Il s’agit de choix à faire, de décisions quotidiennes que l’on prend pour amorcer un dialogue sincère avec d’autres personnes et d’autres communautés, que ce soit dans le monde réel ou virtuel. »


Des interventions il faut retenir les points suivants :

Un constat : Après les progrès enregistrés jusque dans les années 90, nous sommes aujourd’hui dans un monde en tension où les atteintes aux droits de l’homme sont quotidiennement constatées dans de nombreux pays. Les droits de l’homme « sont violés par tous avec une complicité générale » a déclaré l’un des membres du panel. On voit un monde où se développe conflits armés, contrôles et surveillance que ce soit au niveau politique ou économique qui attentent aux libertés individuelles. On est témoin d’une mise en cause de la nature universelle des droits de l’homme. Des attaques ciblent la Cour Pénale Internationale (CPI) qui n’est pas reconnue par des États comme les États Unis et la Russie. Nous ne pouvons pas nous satisfaire de ce que nous constatons aujourd’hui : « discriminations, déplacement de populations entières, arrestations, utilisation de la torture, crimes de guerre, impunités de responsables politiques maintenus en place. L’avancée pour le progrès humain a toujours été une lutte et c’est encore le cas » a souligné un autre membre du panel. Le fonctionnement même des Nations Unies et en particulier du droit de veto devrait être mis en cause.


Quelles observations face à ce constat très critique ?

Les droits de l’homme : ils sont le fondement et la condition de la paix. Comme tels, ils sont un outil essentiel au service de cet objectif de paix. Si les droits ne sont pas respectés, il ne peut y avoir de paix. Les droits de l’homme sont une construction permanente avec trois dimensions : la construction de la notion d’universalité et de l’écoute de l’autre ; l’articulation entre le pôle droits civils et politiques, d’une part, et le pôle droits économiques, sociaux et culturels, d’autre part ; l’équilibre entre deux acteurs, deux forces qui doivent travailler ensemble : les gouvernements et la société civile.

Les droits internationaux : L’état de droit est indispensable au sein des pays et surtout entre les pays. En ce qui concerne le droit international, il faut continuer à demander plus de multilatéralisme et ne pas laisser se développer les accords pays à pays.

La paix : Elle est un cheminement. Elle est la contribution de tous. La société civile doit s’emparer de l’agenda, les individus doivent être mis au-devant de la scène. La paix n’est pas l’absence de guerre, paix négative, il faut une paix positive qui implique une transformation de la société. Ici la culture joue un grand rôle, ainsi que l’éducation aux droits de l’homme et à la citoyenneté mondiale, l’ouverture au dialogue – « même lorsque les dirigeant prônent le contraire » a dit un des intervenants, et la formation « d’ambassadeurs de paix » qu’ils soient professionnels ou simples citoyens. Il en va de même pour qu’une paix puisse être durable.

La Contribution de l’UNESCO : Elle est une institution unique en ce que sa Charte fait référence aux valeurs qui sont le fondement de la paix, au rôle de l’esprit et à la notion de solidarité morale et intellectuelle. Sur cette base, elle peut ainsi mener des actions positives mais ces notions essentielles sont aujourd’hui remises en cause avec le retrait de certains pays et l’atténuation du rôle accordé à la société civile.


Conclusion du panel :

La paix et les droits de l’homme sont liés mais on ne peut les imposer. Il faut intégrer le quotidien des personnes et répondre aux attentes des peuples. Il faut également avoir une vision historique et anthropologique. Tous les mouvements pour le changement en faveur de la Paix et pour le respect des droits de l’homme sont fondamentalement le fait des personnes et des peuples et pas des États qu’ ils ont souvent mis en cause pour un Bien commun, au service de l’humanité.

Le panel s’est clos par la présentation du livre réalisé sous les auspices de l’UNESCO « Le long chemin de la paix : pour une culture de la prévention » UNESCO 2018 , bilan des approches théoriques et pratiques de la recherche de la paix depuis la création de l’ONU.


1 S. Ex. Monsieur Lakdar Brahimi, ancien ministre des affaires étrangère d’Algérie, ambassadeur et Président du panel sur les opérations de paix des Nations Unies.
M. Dodou Diene, ancien rapporteur spécial des Nations Unies sur les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et d’intolérances.

2 Prof. Mark Goodale, anthropologue, professeur à l’Université de Lausanne.

Prof. Priyankar Upadhyaya, Chaire UNESCO, Centre de recherche sur la paix, Banaras Hindu University.

3 Mme Cécile Coudriou, Présidente d’Amnesty International France et professeurs des sciences de l’information et de la communication à l’Université Paris 13.

DG – 27-09-2018

Pour un monde de paix, d’harmonie et de tolérance

Dialogue et éducation interculturels et inter-religieux 
pour un monde de paix, d’harmonie et de tolérance

17-19 septembre 2018, PARIS – Maison de l’UNESCO


Ces dernières années, chaque rentrée à l’UNESCO est marquée par un événement très généreux, dédié aux dialogues des cultures et des religions. Cet événement est organisé par des associations bouddhistes (l’Organisation Mondiale des Bouddhistes (WFB), l’Association Pure Land Learning Collège (PLLC), l’Association des Amis de Master Chin Kung à l’UNESCO (PAHD) et co-organisé, cette année, par les délégations de deux pays africains (la Délégation permanente de Côte d’Ivoire auprès de l’UNESCO, la Délégation permanente de la République fédérale du Nigéria auprès de l’UNESCO) et une délégation d’un pays arabe, le Sultanat d’Oman.

La matinée a commencé par une prière pour la paix mondiale à laquelle se sont associées les religions présentes à la conférence.


Lecture a été donnée du message de Mme Audrey Azoulay, Directrice générale de l’UNESCO.
[lire le message de Mme Audrey Azoulay]


S. Ex. Madame Denise Houphouët-Boigny, Ambassadeur, Déléguée

S. Ex Mme Houphouët-Boigny en compagnie de Mme Roche, Présidente du CCIC et du Vénérable Maître Chin Kung

permanente de Côte d’Ivoire auprès de l’UNESCO, a rappelé son acte constitutif « Les guerres prenant naissance dans l’esprit des hommes et des femmes, c’est dans l’esprit des hommes et des femmes que doivent s’élever les défenses de la paix ». L’ignorance et les méfiances sont des ennemis de la paix.


S. Ex. Monsieur Ahmed Sayyad, Ambassadeur du Yémen auprès de l’UNESCO, Président de l’Association des Amis de Master Chin Kung a souligné que l’UNESCO est une maison ouverte à toutes les cultures. Il a souligné aussi que le respect de l’autre dans le dialogue et l’acceptation de la différence contribue à construire un monde de paix. L’amour n’a pas de religion.


S. Ex. Dr Samira Mohamed Moosa Al Moosa, Ambassadeur, Déléguée

la cathédrale St Joseph de Zanzibar dans la capitale Stone town

permanente du Sultanat d’Oman auprès de l’UNESCO, précise que, plus la pensée est ouverte, plus elle constitue une base solide pour la tolérance religieuse. Elle explique que le Sultanat d’Oman a une longue histoire de tolérance religieuse. En effet dans ce pays coexistent mosquées, églises et temples hindouistes dans la capitale Mascate aussi bien que sur l’île de Zanzibar qui a longtemps été colonie du Sultanat avant de faire partie de la Tanzanie. 
Cette tolérance religieuse serait une conséquence de leur ouverture grâce au commerce qu’ils ont exercé depuis le 15ème siècle sur tout l’océan indien aussi bien à l’est de l’Afrique qu’en Inde. Cet absence de prosélytisme fondé sur un respect mutuel est une barrière devant les extrémismes. 

Cliquer pour agrandir la carte

D’après la carte produite par Dr Al Moussa et provenant de l’ »Institute for Economics and Peace« , peu nombreux sont le pays où le terrorisme n’a aucun impact, Il sont en bleu clair sur cette carte. Oman serait le seul pays du Moyen Orient qui possède cette caractéristique. A noter que les Émirats Arabes Unis, leur voisin, pratiquent aussi la même tolérance religieuse aujourd’hui.


Monsieur Xing Qu, Directeur général adjoint de l’UNESCO a mis en valeur le vivre ensemble dans le cadre de la décennie de la paix. La paix est l’autre mot signifiant développement.


S. Ex. Madame Zohour Alaoui, Présidente de la 39ème session de la Conférence générale de l’UNESCO, voit dans le dialogue une aide à la recherche et la compréhension de l’autre. La convivialité est un outil de prévention des conflits. L’éducation a un rôle dans la valorisation des échanges culturels. Elle a rappelé la phrase de Monsieur Kofi Annan : « La tolérance est une vertu qui rend la paix possible ».

[Lire le discours de S. Ex. Madame Zohour Alaoui]


Le Vénérable Master Chin Kung est intervenu par une vidéo. La religion est une éducation. Le dialogue inter-religieux entraîne une cohésion, une communication par des termes affectueux entre les hommes. Travailler ensemble, organiser des voyages sont de bonnes méthodes pour la rencontre.

Une photo de groupe est prise pour clore la première partie de la matinée.


Table ronde I
La contribution du dialogue inter-religieux pour la paix en Afrique


Modérateur : Père Jean-Pierre Allouchery, Chanoine titulaire du chapitre de la Cathédrale Saint Louis à Versailles, Membre titulaire de l’Académie des Sciences morales, des lettres et des Arts de Versailles et Île-de-France, Membre de l’Institut Afrique Monde voit la table ronde comme un ensemble d’expériences, de discernements, de dialogues.


Le Professeur Camille Kuyu, Professeur de Droit, Président du Conseil d’Orientation de l’Institut Afrique Monde, précise qu’en Afrique de l’Ouest, les conflits inter-religieux sont des conflits sociaux-politiques. Jadis , ils n’existaient pas. Ce qui est nouveau aujourd’hui, ce sont des initiatives populaires de rencontre. Le dialogue suppose une volonté des deux protagonistes.


Monsieur Nicolas Klingelschmitt, consultant, membre de l’Institut Afrique Monde.
Le Bénin était un exemple de tolérance, de respect entre communautés. La culture est fortement imprégnée de la religion Bodrum, religion traditionnelle. Les problèmes entre religions viennent des attitudes extrémistes dont les financements sont opaques. Les relations sont toutefois favorisées par les travaux qui concernent le confort de tous.


Rév. Père Guillaume Bruté de Rémur, théologien formateur, Recteur du Séminaire International Inter-rituel Missionnaire Rédemptoris Mater du Liban compte 17 confessions différentes au Liban mais une seule mission, la mission Jean-Paul II.
En 1964, la spiritualité chrétienne était riche, fruit de l’amour supême.
Aujourd’hui, la vision identitaire provoque un repli sur soi chez les chrétiens. La dimension spirituelle se dilate. Le séminaire forme des acteurs qui doivent apprendre à dialoguer dans des situations conflictuelles, à créer à vivre ensemble, des acteurs qui favorisent le dialogue, la réconciliation.


Dr Emile Moselly Batamack, Professeur de philosophie, Membre du Conseil d’Administration de l’Institut Afrique Monde précise que dès le début de cet institut, un département dédié aux religions traditionnelles fut crée. Ces religions
sont méconnues et marginalisées. Elles ne rentrent pas dans les préoccupations du dialogue religieux. Or la tradition africaine veut de discuter avec l’autre tel qu’il est et non tel que l’on souhaite qu’il soit. La tradition valorise l’oral plus que l’écriture. Il y a un lien entre la pensée et l’art. Les chefs des religions de la tradition peuvent être aussi catholiques mais ces religions de la tradition dont absentes du débat inter-religieux.


Table ronde II

Dédiée aux « Questions de gouvernance et création de la paix en dehors des conflits à travers la moralité, l’éthique et l’éducation de causalité »


Monsieur Ahma Jalali, Délégué de la République d’Iran auprès de l’UNESCO, a animé cette table ronde.


Monsieur Dave Lynch, chef de la Section pour la Citoyenneté mondiale et l’Éducation pour la Paix a parlé de la nécessité du renforcement de l’éducation pour la paix, qui passe par l’éducation à la citoyenneté globale et qui est une composante d’un développement durable. La paix commence sur les bancs de l’école, les jeunes y ont la chance de devenir des contributeurs pro-actifs à ce monde. Leurs compétences civiques, socio-affectives, politiques, peuvent être développées. Le lien avec la tradition est un élément essentiel à prendre en compte. Dans ce processus, les dirigeants culturels et religieux ont leur rôle à jouer. Si l’on essaie de trouver des réponses à des questions comme « comment faire face à la discrimination contre les musulmans, au discours contre les immigrés, contre les juifs », on constate que le hard power ne suffit plus, nous avons besoin du soft power.


S. Ex. Monsieur Flavio Mendez, délégué du Panama auprès de l’UNESCO, nous a surpris en parlant de son travail et de sa famille ! Il veille à l’équilibre de ces deux composantes importantes de sa vie, au point de renoncer à prendre plus de responsabilités pour préserver sa vie de famille. Il y a, ici, un message subtil, une clé de cette équation complexe éducation – dialogue – cultures – religions – paix. Cette clé est « la famille » et elle est une clé parce que c’est le premier noyau dans le cadre duquel ces valeurs de bienveillance à l’égard du proche, de tolérance, de civisme même peuvent être propagées.
Dans une autre clé de lecture, la famille est un facteur favorisant l’atteinte par l’individu des idéaux de sérénité, d’harmonie, d’amour que la religion bouddhiste (et d’autres familles spirituelles comme le christianisme) enseigne. Ce point de vue apporte une réponse aussi à une autre question qui peut être soulevé : l’harmonie sociale est bien éprouvée, par exemple, dans les sociétés occidentales libérales, où les individus sont constamment mis en concurrence pour des raisons d’efficacité maximale, ce qui produit de la performance, c’est vrai, mais aussi de la concurrence et du conflit.
Le bouddhisme apporte à cela comme réponse les valeurs de bonté et d’amour. Dans le confucianisme, l’homme est bon à l’origine, mais cette bonté s’altère parce qu’une couche polluante de violence se rajoute. Les facteurs socio–économiques influencent ces développements ! Pour revenir à la nature initiale (bonne) de l’individu, un travail de l’individu sur lui-même est nécessaire. Éliminer les conflits intérieurs, les sources d’insatisfaction, les antagonismes est une condition de sérénité et d’harmonie. La cohésion familiale, la stabilité sociale, doivent venir de la paix du cœur de chacun.


Madame Mariam Y. Katagum, Déléguée de la République fédérale du Nigéria auprès de l’UNESCO, a souligné le fait que l’Afrique a besoin d’un programme qui s’occupe du lien entre les systèmes traditionnels de gouvernement et les gouvernements en place. Des problèmes peuvent resurgir parfois en essayant d’appliquer les modèles de gouvernance proposés par les pays occidentaux. Il est inapproprié qu’un problème familial soit résolu juridiquement : il faut qu’il soit résolu avant tout en famille. D’autres voies de résolution des conflits sont nécessaires comme alternatives à la justice, par exemple la médiation.


Table ronde VII

« Comment utiliser l’éducation pour promouvoir l’harmonie »


Monsieur Ghazi Gherairi, le délégué de la Tunisie auprès de l’UNESCO, a attiré l’attention sur un point cardinal de la réflexion : ne pas penser qu’un certain programme peut jouir d’une vérité absolue ; la relativité est la main tendue vers les autres. Il n’y a pas une vérité une et indiscutable. Cette relativité serait à « imprimer » dans la conception et la transmission des programmes. Les enseignants sont essentiels dans la transmission du message, dans l’enseignement. Le délégué de la Tunisie met en discussion, il nous semble, par ces propos, comme la déléguée de Nigeria, la compatibilité des modèles occidentaux avec les sociétés locales, le lien avec la tradition.


Table ronde VIII

« Comment la connaissance, multiconfessionnelle influence-t-elle l’éducation ? Partage d’expériences sur le dialogue inter-religieux. »


Madame Ann-Belinda Preis, modérateur, Chef de section Dialogue interculturel, Secteur des Sciences sociale et humaines, UNESCO a parlé du « Processus de Bakou » 2017-2019. L’UNESCO est en charge de construire la paix entre les hommes. Le « Processus de Bakou » a été lancé en 2008 par le Président d’Azerbaïdjan en faveur de la promotion du dialogue interculturel et inter-religieux.


Le Professeur Alberto Melloni, Chaire de l’UNESCO sur le pluralisme religieux et la paix de l’Université de Bologne, Fondation John XXIII pour les études religieuses a insisté sur le fait qu’en matière de dialogue religieux, rien n’est imposé et rien n’est acquis. On assiste à une monté en puissance du fondamentalisme qui peut se mesurer de manière quantitative. Le rôle de l’enseignement du religieux est capital parce que bien souvent les religions se maintiennent avec une immense ignorance de la religion. Cette ignorance est un ennemi important. Il est bon de se « plonger » dans la connaissance profonde de sa religion. D’où le rôle de l’éducation.


S. Ex. Monsieur Anar Karimov, Ambassadeur, Délégué permanent de l’Azerbaïdjan auprès de l’UNESCO rappelle que c’est en 2008 que le processus lancé au forum de Bakou a démarré lors de la conférence des ministres de la culture du Conseil de l’Europe et des pays membres de la conférence islamique. C’est devenu une plate forme mondiale pour communiquer, échanger, dialoguer avec des personnalités politiques, religieuses, des jeunes universitaires. Plusieurs réseaux de communications, de coopérations ont été crées à partir de ces forums. En 2017, plus de 120 pays y étaient présents. Ce qui prouve l’intérêt croissant au niveau international de ces rencontres.

Historiquement, l’Azerbaïdjan est à la croisée de plusieurs civilisations sur la route de la soie. C’était une passerelle naturelle entre l’Orient et l’Occident. Mais à la tradition ancienne de tolérance succèdent le terrorisme, les conflits confessionnels. Le principal outil pour lutter contre cet état de fait est le dialogue. Pour l’avenir il est urgent de s’adresser aux jeunes. Il serait bon de mieux exploiter les réseaux sociaux, de véhiculer des livres plutôt que d’échanger des armes.


S. Ex. Monsieur Diekumpuna Sita N’sadisi José, Ambassadeur, Délégué permanent de l’Angola auprès de l’UNESCO, explique que la libération de son pays en 1975, après 500 ans d’occupation portugaise n’a pas été célébrée de façon solennelle mais a donné naissance à la création de deux pays angolais jusqu’en 2002. Ce sont les églises, l’action des missionnaires qui ont travaillé auprès des belligérants pour atteindre une situation de réconciliation nationale, de paix le 4 avril 2002.


S. Ex. Madame Irena Vaïsvilaité, Ambassadeur, Déléguée permanente de Lituanie auprès de l’UNESCO rappelle que son pays est une jeune démocratie issue du bloc soviétique où la liberté religieuse est très contrôlée. Le dialogue signifie le respect, le concept de convivialité, une obligation pour celui qui écoute mais aussi une obligation pour celui qui parle. La démocratie est un terreau fertile pour le dialogue inter-religieux. Toutefois beaucoup de jeunes investissent la liberté individuelle plus qu’une communauté religieuse. Le dialogue inter-religieux est difficile à mettre en place.


Monsieur Edouard Firmin Matoko, sous directeur général du Département Afrique – UNESCO donne de l’importance à la mobilité universitaire pour le dialogue interculturel. L’UNESCO est la maison du donner et du recevoir selon le slogan de sa création. C’est un concept qui irrigue la culture de la paix, qui prévient les conflits. En Afrique c’est un mouvement qui apparaît dans ce sens. Il convient cependant de ne pas négliger toutes les formes d’expressions religieuses pour assurer le vivre ensemble.


CONCLUSIONS


Vénérable Master Chin Kung souligne par vidéo les grandes avancées de ces trois jours. Les points forts  sont l’écoute de l’autre et des autres, l’attention pour l’autre et pour les autres, la patience vis à vis de l’autre et des autres, le pardon, le Dieu puissant d’Amour et de miséricorde. L’éducation doit contribuer à connaître les fondamentaux des textes sacrés.


S. Ex. Monsieur LEE Byong-hyun, Président du Conseil exécutif de l’UNESCO (TBC) remercie tous les intervenants, les organisateurs et le public venu participer. Le dialogue durant ces trois jours a été constructif et c’est un message commun de toutes les religions. Il doit être notre quotidien.


S. Ex. Monsieur David Measketh, Ambassadeur, Délégué permanent adjoint du Royaume du Cambodge auprès de l’UNESCO souligne que ces trois jours ont été riches en analyses et en émotions. Ces réflexions doivent aboutir à vivre ensemble, à connaître, à faire, à être. Il sera crée un comité de suivi des conclusions de cette conférence.


Vénérable Wu Shin, PAHD, Vice-Président exécutif salue et remercie l’assemblée de la conférence, les présences et les participations. Ces trois jours sont un véritable succès. Si les religions peuvent coopérer, elles influenceront les politiques. Le mot chinois « éducation » regroupe trois notions : ce qui est 1er, ce qui est respect et ce qui est enseignement. Les religions ont toutes en commun l’amour. Que l’Amour soit au cœur de tous.

En conclusion, lors de la conférence internationale sur la paix de cette année, nous avons pu apprécier plusieurs aspects très concrets, bienvenus dans une discussion sur des thèmes qui peuvent paraître trop abstraits : des exemples concrets de bonnes pratiques : Oman, pays très tolérant dans la région arabe, Toowoomba, ville multiconfessionnelle en Australie ; l’importance donnée aux dirigeants culturels et religieux dans l’éducation à la paix, via le lien de la spiritualité avec l’éthique et la morale et, aussi, l’importance donnée à la famille, valeur chrétienne également, dans la construction d’une société plus harmonieuse et plus pacifique.

O. Barsan – M-C. Lattes – D. Rouillac