Dynamiser le développement durable à travers l’accès à l’information

Journée IPDC TALKS du 28 septembre 2017
« Dynamiser le développement durable à travers l’accès à l’information »


Les nouveaux moyens d’information et de communication aident puissamment au développement, ils seront de précieux outils pour la réalisation de beaucoup des objectifs de l’agenda 2030, mais ils peuvent donner lieu à des dérives, contrôles et censure ou à des entraves à la liberté, notamment celles des journalistes.


  1. Rappel

– L’ONU a défini 17 objectifs de Développement Durable en 2015 (agenda 2030)

IPDC : International Program for Development of Communication

L’évènement s’inscrit dans le cadre de la «  journée de la communication ».
A l’UNESCO Paris, cette journée était patronnée par l’IPDC, les Pays-Bas, la Finlande, la Lituanie, et hors Paris, il y avait une dizaine d’événements sur ce thème.

  1. Le Thème central

La question traitée lors de ces échanges a été celle de savoir comment les acteurs (médias et journalistes) et les techniques de la communication (Internet, tweeter, facebook…) pouvaient aider à la réalisation de ces objectifs.

  1. Les interventions

Elles ont essentiellement porté sur les objectifs :
– 1 éradication de la pauvreté
– 4 accès à une éducation de qualité
– 5 égalité entre les sexes
– 7 recours aux énergies renouvelables
– 9 bâtir une infrastructure résiliente, promouvoir une industrialisation durable qui profite à tous et encourager l’innovation
– 10 réduction des inégalités
– 16 justice et paix

Ces grands objectifs ont tous un rapport plus ou moins étroit et parfois délicat avec les questions touchant à la communication. C’est ainsi en particulier que pour l’objectif 16, le sous- objectif 16.10 identifie le thème de la garantie d’un accès public à l’information et à la protection des libertés fondamentales notamment vis-à-vis des menaces ou de la corruption.
Les principaux pays cités par les intervenants, ont été : la Lituanie, la Finlande, la Chine, le Yémen, le Mexique, le Brésil, l’Indonésie, l’Inde, le Bengladesh, le Kenya, l’Afrique du Sud

  1. Les principaux points mis en évidence

– les nouvelles technologies de la communication permettent une plus grande diffusion en volume et en qualité de l’information pour l’éducation des jeunes et des adultes en vue de l’emploi et du développement économique.
– de plus en plus et dans de nombreux pays, ces actions éducatives et d’information bénéficient autant aux hommes qu’aux femmes même si, dans certains pays, notamment au Moyen Orient, les réseaux sociaux ne seraient autorisés pour les femmes.
– certains pays ont réussi à lier information et formation par internet tout en préservant les livres en complément.
– mais une grande partie des interventions a porté sur la liberté et l’indépendance de l’information qui peuvent être mises à mal en particulier à l’encontre des journalistes, mais aussi dans la sphère des échanges privés ou des réseaux sociaux.

C’est ainsi que plusieurs journalistes, appartenant à des mouvements attachés à la liberté d’expression, (par exemple « Democracy Now ») ont relaté leurs difficultés à maintenir leur indépendance et leur liberté d’expression devant les entreprises de corruption ou de contrôle des autorités en place.
A signaler par exemple, les actions de certains gouvernements qui peuvent décider de stopper le fonctionnement des réseaux internet sur leur pays, si la teneur des échanges ne les satisfait pas.
En conclusion, si de nombreux exemples ont permis de mieux comprendre l’aide apportée par les nouveaux moyens de communication au service des objectifs de développement durable, beaucoup d’interventions ont porté sur le droit à la liberté d’expression des journalistes.

Denis Chaigne

Programme Hydrologique International – 20 septembre 2017



Réunion du 20 septembre 2017 au Siège de l’UNESCO

Mots clés :
Eau, hydrologie, Objectifs de Développement Durable (ODD), et plus fondamentalement : coopération internationale pour la prévention des risques majeurs que peuvent générer l’eau, la pauvreté, la désertification, les conflits…

RÉSUMÉ (Document UNESCO)
Le Programme Hydrologique International (PHI) est le seul programme intergouvernemental du système des Nations-Unies consacré à la recherche dans le domaine de l’eau, à la gestion des ressources en eau, ainsi qu’à l’éducation et au renforcement des capacités. Ce programme, adapté aux besoins des États-Membres, est mis en œuvre par phases de six ans, ce qui lui permet d’évoluer en fonction des nécessités d’un monde en pleine mutation. Le PHI de l’UNESCO fondé en 1975 et mis en œuvre par séquences programmatiques ou phases de six ans, entre dans sa huitième phase (PHI-VIII) pendant la période 2014-2021.

CONTEXTE
2,6 milliards de personnes ont eu accès à des sources améliorées d’eau potable depuis 1990, mais 663 millions de personnes en sont encore privées.
Au moins 1,8 milliard de personnes dans le monde utilisent une source d’eau potable qui est contaminée par des matières fécales.
Entre 1990 et 2015, la proportion de la population mondiale utilisant une source d’eau potable améliorée a augmenté de 76% à 91%.
Cependant, la pénurie d’eau affecte plus de 40% de la population mondiale et devrait augmenter. Plus de 1,7 milliard de personnes vivent actuellement dans des bassins fluviaux où l’utilisation de l’eau est supérieure à la quantité disponible.
2,4 milliards de personnes manquent d’installations sanitaires de base, tels que des toilettes ou de latrines.
Plus de 80% des eaux usées résultant des activités humaines sont déversées dans les rivières ou la mer sans aucune dépollution.
Chaque jour, 1 000 enfants meurent de maladies faciles à prévenir en améliorant les conditions d’assainissement et d’hygiène.
L’hydroélectricité est la source d’énergie renouvelable la plus importante et la plus utilisée. Depuis 2011, elle représentait 16% de la production totale d’électricité dans le monde.
Environ 70% de toute l’eau prélevée dans les rivières, lacs et aquifères est utilisée pour l’irrigation.
Enfin, les inondations représentent 70% des décès liés à des catastrophes causées par des aléas naturels

OBJECTIFS du PHI-VIII

Six Thèmes ont été retenus et sont à l’étude :

THÈME 1 : CATASTROPHES LIÉES À L’EAU ET CHANGEMENTS HYDROLOGIQUES

Gérer les risques pour s’adapter aux changements mondiaux
Comprendre les interactions couplées des processus naturels et humains
Utiliser les réseaux d’observation locaux et mondiaux de la Terre
Adresser les incertitudes et améliorer leur communication
Améliorer les fondements scientifiques de l’hydrologie et des sciences de l’eau pour se préparer et mieux répondre aux évènements hydrologiques extrêmes

THÈME 2 : LES EAUX SOUTERRAINES DANS UN ENVIRONNEMENT EN ÉVOLUTION

Améliorer la gestion durable des eaux souterraines
Dresser des stratégies pour la gestion de la recharge des aquifères
S’adapter aux impacts du changement climatique sur les aquifères
Promouvoir la protection de la qualité des eaux souterraines
Promouvoir la gestion des aquifères transfrontaliers.

THÈME 3 : S’ADRESSER AUX PÉNURIES EN EAU ET AMÉLIORER SA QUALITÉ

Améliorer la gouvernance, la planification, la gestion, l’allocation et l’utilisation efficace des ressources en eau
Faire face à̀ la pénurie actuelle des ressources hydriques et développer la prévoyance en s’efforçant d’éviter les évènements indésirables
Promouvoir des outils de sensibilisation favorisant la conscience et la participation des acteurs concernés et la résolution des conflits
Traiter les problèmes de la qualité de l’eau et de sa pollution dans le cadre de la gestion intégrée des ressources en eau (GIRE) en améliorant les capacités humaines, institutionnelles, politiques et juridiques
Promouvoir des outils innovateurs visant à sécuriser les ressources en eau et à contrôler leur pollution

THÈME 4 : L’EAU ET LES ÉTABLISSEMENTS HUMAINS DU FUTUR

Approches et technologies transformatrices
Changements systémiques pour des approches de gestion intégrée
Institutions et initiatives pour l’enrichissement et l’intégration
De nouvelles opportunités dans les villes émergentes des pays en développement
Développement intégré des établissements humains ruraux

THÈME 5 : L’ÉCOHYDROLOGIE – CONCEVOIR L’HARMONIE POUR UN MONDE DURABLE

Dimension hydrologique d’un bassin – identification de menaces éventuelles et des opportunités pour le développement durable
Façonner la structure écologique de bassins pour améliorer leur potentiel écosystémique, leur productivité biologique et leur biodiversité
Solutions axées sur les systèmes écohydrologiques et ingénierie écologique pour l’amélioration de la résilience de l’eau et des écosystèmes, et les services écosystémiques
Écohydrologie urbaine – purification et rétention des eaux de pluie en milieu urbain, potentiel pour l’amélioration de la santé et de la qualité de vie
Régulation écohydrologique action de maintenir et restaurer les connectivités entre les écosystèmes continentaux et côtiers et leur fonctionnement

THÈME 6 : L’ÉDUCATION RELATIVE À L’EAU, CLÉ À LA SÉCURITÉ HYDRIQUE

Améliorer l’éducation tertiaire et les capacités professionnelles dans le secteur de l’eau
Organiser l’enseignement et la formation des techniciens de l’eau
Éduquer les enfants et la jeunesse pour améliorer leurs connaissances sur l’eau
Sensibiliser aux problèmes lies à l’eau par l’éducation informelle
Assurer l’éducation pour la coopération et la gouvernance dans le domaine des eaux transfrontalière

OBJECTIFS DE LA RÉUNION
Informer les États-Membres

— § —

Les conclusions d’un rapport très récent du PNUD sur l’Afrique montrent que la dégradation des terres et les pertes d’emploi associées mènent très souvent à l’extrémisme.
La gestion de l’eau est souvent la principale source des conflits autour du monde.
Travailler sur l’eau est une question de survie pour des milliards d’individus.
Aujourd’hui les sujets liés a l’Eau sont abordés au plan international par 3 entités :

  • Programme Hydrologique International (PHI) de l’UNESCO qui nous réunit aujourd’hui œuvre depuis 42 ans,
  • WMO (World Meteorological Organisation) et la Commission Hydrologique
    Les panels d’experts.


    En ce qui concerne l’UNESCO, l’Objectif de Développement Durable (ODD) numéro 6 de l’Agenda 2030 du Développement Durable a trait à l’Eau : garantir l’accès de tous à l’eau et à l’assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau.
    Parmi les 17 Objectifs, les ODDs 7 (Accès à de l’énergie propre) et 15 (la Vie sur Terre) sont interconnectés à l’ODD 6. Il est essentiel que la responsabilité de l’application de ces ODD revienne aux États-Membres. Afin de réduire la fragmentation de l’action, une coordination constante entre eux est essentielle. Elle est assurée par l’UNESCO.
    Le réseau Eau de l’UNESCO est le plus important de tous.Il est animé par 4 hydrologues qui veillent à la coordination de leurs actions avec les autres activités de l’UNESCO telles que « eau et éthique », « Éducation », et les questions ayant trait aux « aquifères côtiers », ou à la « gestion des risques », la « prévention des désastres »… Dans ce cadre, ont été élaborées des boites à outils sous forme par exemple de recommandations de développement pour les Grande Villes (Megacities) ou sur les Services Globaux. Sont aussi préconisées les collaborations Sud – Sud. A l’appui de ces initiatives, la majorité des États-Membres mettent à disposition un correspondant PHI local.
    Environ 140 pays partagent leurs ressources en eau avec leurs voisins. Une gestion équilibrée de la ressource est alors essentielle pour garantir le maintien de la paix entre pays frontaliers. Le PHI peut jouer un rôle très utile en la matière.
    Pour la période 2012- 2020, le PHI bénéficie d’un financement extra-budgétaire ( ?) de 43 Millions US$. Les principaux financiers sont l’Europe (22%), le Brésil (19%), l’Italie (10%). A noter que la Corée va devenir un financier important.

Le rapport annuel WWAP (World Water Asessment Programme) d’activité du PHI est publié chaque année. La partie scientifique du PHI est le point fort de l’UNESCO. Elle est menée à bien en Italie.
Lors de sa dernière Assemblée générale, l’ONU a traité le 19 Septembre 2017 de la question de la mise en œuvre de la décennie de l’eau (2018 – 2028 ). Certains pays (Finlande, France, Allemagne, Hongrie, Hollande, Suisse…) ont proposé que soit créée une nouvelle entité intergouvernementale sur l’eau.

Une Nouvelle Architecture Mondiale (New Global Architecture NGA) pour l’eau au niveau ONU a été préparée pour les résolutions de 2018.
Peu d’informations ont été communiquées à ce sujet. De prochaines réunions apporteront des éléments plus précis. Il y aura sans doute à clarifier les rôles entre PHI (UNESCO) et NGA (ONU) qui pourraient se faire concurrence, pour obtenir la plus grande efficacité.
Quoiqu’il en soit, tous les États-membre qui ont pris la parole lors de cette réunion ont souligné l’importance du PHI et de son maintien.

Bioéthique : Les technologies du numérique et la santé


24
ème Session du Comité International de Bioéthique de l’UNESCO
(CIB, 12 et 13 septembre 2017)

Projet de rapport sur les méga données et la santé.


Le numérique va profondément bouleverser les pratiques en matière de santé. On peut en espérer beaucoup de bien, à condition d’observer des règles et une éthique exigeantes pour ne jamais perdre de vue l’humain.


Le Professeur Woopen (université de Cologne) a présenté le projet de rapport du CIB en soulignant  successivement :

  • Les perspectives favorables pour la santé, permises par l’utilisation des TIC (technologies de l’information et de la communication) et des méga données dans le domaine des applications médicales (soins et recherche, cyber-santé).

Les soins de santé et la recherche médicale s’appuient sur des applications informatiques et des techniques de numérisation d’énormes quantités de données provenant de sources multiples (soin des patients, santé publique, compagnies d’assurance, chercheurs, réseaux sociaux…) et concernant un grand nombre de personnes.
Avec ces techniques à base d’algorithmes, ils évoluent vers de nouvelles pratiques telles que la santé mobile et la cyber-santé (plus de 300 000 applications liées à la prise en charge, la prévision et la prévention, en matière de traitements et recherche médicale).
Les applications mobiles de santé (télé expertise, télédiagnostic, télémédecine), grâce à la collecte de données à distance, et l’émission de recommandations instantanées, désenclavent les régions isolées (déserts médicaux et pays en voie de développement) et contribuent significativement au développement de la lutte contre la pauvreté dans le monde (objectif du millénaire pour le développement : OMD des Nations Unies).
L’utilisation des méga-données et les technologies de très haut débit permettent une compréhension plus fine des maladies (personnalisation des diagnostics), ainsi que la prise en compte de données globales sur l’environnement et le mode de vie.
Au total, des réorientations majeures dans le domaine de la santé sont à prévoir : médecine axée sur la santé et la prévention, et non plus la maladie et le traitement ; soins portant sur le mode de vie, plus que sur la santé ; politiques de santé publique axées sur des stratégies de prévention en faveur de groupes à risque ciblés.

  • Les défis d’ordre éthique, social et juridique, liés à l’opacité des nouveaux environnements applicatifs de santé.

L’utilisation des données personnelles est devenue impossible à contrôler en raison de la complexité des moyens à la disposition des équipes médicales et de recherche.
Il est de plus en plus difficile d’obtenir un consentement autonome à la collecte et à l’utilisation des mégadonnées ; les modèles de consentement proposés (spécifique ou présumé, général ou global, dynamique) restent imparfaits.
La protection de la vie privée et de la confidentialité des données (risques de dés-anonymisation et de ré-identification, risques de profilages différenciés sur des groupes ciblés) est mise en cause.
Le domaine de la vie privée se réduit du fait de l’intrusion d’informations (publicité, offres) liées au profil des utilisateurs, élaborées à partir d’algorithmes traitant d’aspects personnels (communications, participation à des groupes et associations). La liberté de comportement et d’action est mise en cause.

Les restrictions aux droits individuels liés à la propriété de données personnelles se précisent du fait des possibilités d’accès des tiers (laboratoires pharmaceutiques, industries de recherche…) aux bases de données des bio-banques et aux résultats opérationnels permis par ces accès (médicaments et algorithmes).
La protection du contenu de ces bases (risques de transferts massifs des données en provenance des
pays en voie de développement, piratage des bio-banques) n’est plus assurée, entraînant des risques d’exclusion d’accès aux soins, notamment en cas de système privé d’assurance santé (personnes ne souhaitant pas communiquer leurs données personnelles, ou n’adhérant pas aux notions de vie saine « 10 000 cas par jour »).

  • Les mesures à mettre en œuvre pour surmonter les défis rencontrés et optimiser les avantages attendus dans les soins de santé et la recherche.

Les principales actions à engager portent sur les domaines de la gouvernance, de l’éducation, à l’égard de ces nouvelles technologies.

Dans chaque pays, la mise en place de structures de gouvernance adaptées permettra une utilisation responsable des données (transparence algorithmique ; acceptabilité morale et juridique de l’utilisation des données) :
Reconnaissance du droit individuel sur le respect de la vie privée ainsi que de la responsabilité des utilisateurs de données et normes éthiques dans toutes les étapes de la boucle cybernétique (collecte, accès, publications, recoupement, analyse…)
Organisation des relations entre les parties prenantes (comités d’éthique de la recherche, comités d’accès aux données et de protection des données, comités de représentants des patients et de gouvernance des bio-banques, procédures de suivi permettant aux patients d’être impliqués à long terme dans les travaux de recherche et de prévenir les utilisations inacceptables de leurs données).
Dans chaque pays, et dans le cadre d’une coopération internationale, mise en place de plans d’actions en matière d’éducation pour faire prendre conscience aux acteurs de la santé (patients, entreprises, chercheurs, bio-banques…) des enjeux liés à la maîtrise technologique.

Au total, au travers d’échanges complexes sur les bienfaits attendus pour la santé de l’utilisation des nouvelles technologies et des garde-fous à mettre en œuvre, il est rappelé que la science doit rester au service de l’humanité. Le consentement de la personne reste le seul moyen garantissant ses droits fondamentaux.


Lire le projet de rapport du CIB, mis en ligne sur le site de l’Unesco

Darknet : le cyber espace non visible

Mots clés : Internet, cyber espace, protection des données personnelles, renseignement criminel.

« DarkNet : les nouveaux défis sociétaux, juridiques, technologiques et éthiques »
14 septembre 2017 Siège de l’UNESCO

RÉSUMÉ

Tous les contenus disponibles dans le cyberespace ne sont pas accessibles à l’aide des moteurs de recherche habituels. En réalité, il existe tout un monde virtuel parallèle que l’on appelle le DarkNet, qui désigne la partie de l’Internet à laquelle on peut accéder de manière anonyme, et qui est fréquemment utilisée pour des activités illicites, notamment l’échange de données sensibles, la pornographie, le trafic de drogues, le trafic d’armes, etc. Il est également de plus en plus utilisé par les groupes terroristes et extrémistes incitant au racisme, à la haine et à l’extrémisme violent. Pour accéder au DarkNet, des logiciels, des configurations ou des autorisations spécifiques sont nécessaires. Les sites Web du DarkNet ne sont accessibles qu’au moyen de logiciels spéciaux tels que TOR (« The Onion Router ») et I2P (« Invisible Internet Project »). L’identité ainsi que l’emplacement des utilisateurs du DarkNet restent secrets et ne peuvent être analysés en raison du système de cryptage à couches superposées. Le DarkNet est donc un phénomène complexe qui est en constante évolution, et qui pose par conséquent un certain nombre de questions de confidentialité et de sécurité.

CONTEXTE

Une plate-forme pour l’extrémisme violent

Le DarkNet et les groupes extrémistes entretiennent des liens de plus en plus étroits. Le Web surfacique conventionnel devient trop risqué pour les entités qui recherchent l’anonymat. Au contraire, sur le DarkNet, le réseau décentralisé et anonyme permet d’éviter plus facilement l’arrestation et la clôture des plates-formes terroristes. Les groupes extrémistes et les membres de l’ISIS sont de plus en plus nombreux à chercher refuge dans le cloud anonyme du DarkNet. Les réseaux cachés sont utilisés pour distribuer du matériel de recrutement, former et informer les groupes de terroristes, radicaliser et diffuser de la propagande, collecter des fonds et coordonner les actions et les attaques. Avec ses forums, espaces de discussion en ligne et applications de messagerie djihadistes chiffrés, le DarkNet est devenu la plate-forme de recrutement numéro un de l’ISIS.

Implications éthiques

L’anonymat offert par le DarkNet permet également de couvrir les personnes vivant sous des régimes répressifs qui ont besoin de la protection de la technologie pour naviguer sur le Web, accéder à des contenus censurés et faire valoir de quelque autre manière que ce soit leur plein droit à la liberté d’expression. Dans les pays non démocratiques, la présence de l’anonymat est pour les individus le seul moyen d’exprimer des points de vue contraires. Par conséquent, l’infiltration alarmante de terroristes connaissant bien l’Internet dans les « grottes virtuelles » du DarkNet devrait inciter la communauté internationale à trouver une solution pour combattre les activités illicites et répréhensibles, mais sans conduire à la fermeture des réseaux anonymes, dans la mesure où cela desservirait les personnes qui profitent véritablement de ces systèmes chiffrés.

OBJECTIFS DE LA RÉUNION

– Mieux faire connaître la dynamique évolutive du DarkNet.
– Identifier des stratégies et des réponses politiques à ces défis.
– Envisager des moyens par lesquels l’UNESCO pourrait renforcer ses activités dans ce domaine.

(source UNESCO)

Sur ces 3 objectifs, seulement le premier – Prise de connaissance du phénomène « Darknet » – a été abordé, faute de temps.


— § —


Qu’est-ce que le Darknet ?

Le cyberespace peut être divisé en 3 parties :

  • Surface web : Espace visible indexé c’est à dire répertorié, comme des livres dans une bibliothèque. Il est donc interrogeable via des moteurs de recherche (type Google ou Facebook) par tout le monde. Son accès est gratuit. Il ne représente que 4% des 5000 milliards de pages disponibles.
  • Deepweb : Espace confidentiel pour déposer et mettre à la disposition d’acheteurs des données, académiques, scientifiques, dossiers médicaux, ressources gouvernementales
  • Darkweb : très sécurisé où l’entrée se fait souvent par cooptation. On y trouve des données illicites, des communications privées d’entreprises ou de particuliers. Les données y sont encryptées à plusieurs niveaux. Le Darknet est le réseau du Darkweb.

Pourquoi le Darknet fait peur ?

Le Darknet est un réseau aux fins de rendre les données anonymes, stockées sur des serveurs non localisables grâce à de l’encryptage multiple, avec des protocoles instables (en constante évolution pour échapper à toute analyse afin d’éviter toute régulation).

A l’origine, le Darknet a été créé pour le Gouvernement Américain afin de garantir la confidentialité de données personnelle. Aujourd’hui, son côté invisible fait peur de la même façon qu’Internet pouvait faire peur il y a environ 20 ans (Big Brother is watching you !)

Comment ça marche ?

Un des sites majeurs s’appelle TOR : The Onion Router. Les données y sont encapsulées à plusieurs niveaux comme un oignon (ou des poupées russes) avec des algorithmes complexes s’emboîtant les uns à la suite des autres. Chaque couche d’oignon est située sur un serveur placé dans un endroit diffèrent du précèdent sur la planète. Toute localisation devient alors impossible.

Quels sont les dangers liés au Darknet ?

Darknet répond à une demande de toutes sortes de consommateurs et à des motifs économiques (services techniques tarifés).

Internet a des avantages uniques : il est disponible presque partout, rapidement et à tout instant. Il reste anonyme et Darknet est construit autour de cette garantie. Il permet la dématérialisation de l’action criminelle (on voit des photos d’armes bien avant d’en avoir une en main). Il permet de mettre en relation des personnes aux intentions de tous ordres, ce qui profite aux criminels et aux terroristes, mais aussi aux défenseurs des droits de l’homme.

Les requêtes les plus importantes sont liées à la drogue (20%), a la pornographie (aussi 20%), aux armes (15%). Les 2 pays les plus touchés par ces fléaux sont les USA (pour un montant estimé à 5 milliard $) et le Royaume Uni (2,5 milliards $). A noter que 40% des requêtes sont inconnues.

Le Darknet est aussi un lieu de recel de données proposées à la vente. Il existe des services tarifés en ligne destinés à porter atteinte à un site d’entreprise ou à une réputation ou à la vie d’une personne. De plus, 200000 demandes de rançon – du type « vous payez, sinon… » – dans 150 pays ont été émises en 2014 sur ces sujets.

Le pape de Darknet nommée Ross Ulbricht a proposé, entre autres, 13000 drogues sur son site et ainsi génère 180 millions $ de revenus en 2013, l’année ou il a été arrêté et condamne à la prison à vie.

Un officier du renseignement criminel d’Interpol a exposé succinctement ce qui est fait en matière de crimes contre les enfants. Ce sujet emploie 24 personnes au siège mondial d’Interpol situé à Lyon. En 2015, le projet Love Zone a permis d’identifier 45,000 utilisateurs de réseaux pédophiles dont une centaine a été arrêtée, ce qui a permis de mettre 300 enfants en sécurité. Chaque jour, 5 enfants de plus sont identifiés sur ces réseaux pédophiles.

Que faire ?

Interpol a développé une base de données de 11000 enfants. Malheureusement le crime se développe plus vite que la police.

Darknet est-il illégal ? Non, mais c’est son utilisation qui peut l’être.

On peut techniquement fermer de façon légale un site illégal. Mais l’efficacité de cette mesure est quasiment nulle car il sera souvent trop tard et de plus le site se rouvrira ailleurs grâce à des moyens nettement supérieurs à ceux mis en œuvre pour l’arrêter.

Afin de fermer un site illégal, il faudra des preuves. Si elles sont obtenues de manière illicite, ce qui est souvent le cas, elles pourront être invalidées par la défense. Les moyens du Darknet étant immenses, les actions de la Police et de la Justice sont souvent entravées.

Deux méthodes sont souvent exploitées pour débusquer un utilisateur assidu: le piégeage et le pot de miel. Malheureusement le nombre des utilisateurs augmente plus vite que celui de leurs arrestations.

Conclusion

Comme on l’a vu, les enjeux abordés étant liés à la liberté, la sécurité et à l’économie, l’étroite collaboration entre techniciens, juristes et économistes est indispensable.

Ensuite, face au défaut de localisation du Darknet, la coopération entre tous les Etats (police, justice) est primordiale.

Enfin l’éducation des enfants dès le plus jeune âge (CE1) doit être faite sur les dangers du vagabondage sur le Darkweb. L’objectif est de leur donner quelques règles de bonne conduite, comme on le fait avec le Code de la Route pour la conduite des véhicules.

Ces sujets ne peuvent pas être laissés dans les seules mains des techniciens et celles du marché. Un rôle important de l’UNESCO est dès lors souhaitable, afin de préparer l’avenir.

Journée internationale de l’alphabétisation 2017


UNESCO –Journée internationale de l’alphabétisation 2017
« L’alphabétisation dans un monde numérique »


Le 8 septembre 2017, date anniversaire de la 1ère Journée internationale de l’alphabétisation organisée par l’UNESCO en 1967, s’est tenue à son siège parisien la 51ème Journée internationale de l’alphabétisation consacrée au thème de « l’alphabétisation dans un monde numérique ». Sous la responsabilité de la Division pour les politiques et les systèmes d’apprentissage tout au long de la vie de l’UNESCO et de M. David Atchoarena son Directeur, l’événement a rassemblé plus de 200 participants dont les représentants de plus de cinquante pays ainsi que ceux de nombreuses ONG internationales et locales et d’institutions publiques et privées engagées sur le terrain.

En ouverture de la conférence, Mme Irina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO, dans un discours éloquent, a insisté sur le fait que les développements du numérique sont sources de progrès incontestables mais posent des défis particulièrement grands dans le domaine de l’éducation : « les fondements d’un authentique développement humain ne sont pas techniques – ils reposent sur les droits de l’homme et la dignité de chaque femme et de chaque homme, chacun avec ses propres compétences… Pour être réellement bénéfiques, les nouvelles technologies doivent se fonder sur deux piliers : elles doivent être inclusives, réduire les fractures et non les augmenter, elles doivent aussi être sous-tendues par le respect de l’homme et de sa dignité »1.

Prenant ensuite la parole, S.A.R. la Princesse Laurentien des Pays-Bas, Envoyée spéciale de l’UNESCO pour l’Alphabétisation pour le Développement, devait insister sur l’importance de la parole depuis la petite enfance et se référer au livre de Sherry Turkle, professeur à MIT : « Remettre en valeur la conversation, la puissance de la parole dans un monde numérique ». Nous devons trouver l’équilibre juste entre réel et numérique, sinon nous risquons de perdre l’empathie qui est le cœur des interactions sociales dans la société. L’empathie est la valeur clé au cœur des travaux de l’UNESCO. »2


Introduction

Au cours la période récente, les technologies numériques ont apporté des transformations rapides et profondes à notre manière de vivre, de travailler, d’entretenir des liens sociaux et d’apprendre. En 1995, 1 pour cent de la population mondiale était connectée à internet, aujourd’hui 40 pour cent de la population mondiale dispose d’une connexion, soit trois milliards de femmes et d’hommes. En Afrique, quasi inexistants en 2000, les abonnements mobiles avoisinent aujourd’hui 900 millions. Ces avancées améliorent l’accès à des informations et des savoirs jusqu’alors hors de portée ou trop coûteux en particulier dans le domaine de l’éducation. Mais il n’est pas possible d’oublier que le développement fulgurant des technologies numériques a aussi des aspects négatifs. Il existe une « fracture numérique » en termes d’accès aux technologies numériques, de leur utilisation et de leur effet. Quatre milliards de personnes ne peuvent accéder à internet, et environ deux milliards n’utilisent pas de téléphones portables. Dans les 48 pays les moins avancés, seule une personne sur sept est connectée. Les développements rapides du numériques posent un grand nombre de questions relatives à la promotion de l’alphabétisation dans un contexte où les difficultés restent encore très répandues. En dépit des progrès accomplis au cours des dernières décennies, on recensait toujours 750 millions d’adultes analphabètes en 2016 dans le monde, 264 millions d’enfants et d’adolescents étaient déscolarisés en 2015, 250 millions d’enfants, dont certains scolarisés, ne parvenaient pas à acquérir les compétences élémentaires.

Dans ce contexte, le thème choisi pour la conférence internationale 2017 de « l’alphabétisation dans un monde numérique » se révèle hautement pertinent. Reconnaissant les transformations en profondeur résultant des technologies numériques, quatre domaines de réflexion sous forme de tables rondes ont été retenus pour la rencontre : repenser le concept et les contenus de l’alphabétisation à l’ère du numérique, étudier des exemples de programmes d’action prometteurs, évaluer les risques du numérique au regard de l’éducation et étudier les possibilités de renforcer les suivis et les évaluations grâce au numérique. L’événement se clôturait par la remise des Prix internationaux d’alphabétisation de l’UNESCO 2017 pour cinq projets faisant progresser l’alphabétisation grâce aux technologies numériques.


1 – Repenser l’alphabétisation dans un monde numérique

La conception des objectifs de l’alphabétisation a elle aussi grandement évolué depuis la première définition simple proposée par l’UNESCO en 1958 qui insistait sur l’aspect cognitif : « la capacité de lire et d’écrire, avec compréhension, une phrase simple sur un sujet de la vie quotidienne ». Les définitions sont aujourd’hui multiples, plus complexes et soulignent l’aspect fonctionnel. Celle proposée pour la journée 2017 insiste sur le fait que « l’alphabétisme (literacy) fait partie intégrante d’un ensemble de connaissances, de compétences et d’aptitudes nécessaires pour tirer profit de services offerts par l’économie numérique d’aujourd’hui et participer pleinement à nos sociétés de plus en plus tournées vers le numérique ». L’alphabétisation numérique est devenue une priorité. Elle vise à développer des compétences numériques qui se réfèrent à la capacité de comprendre et d’utiliser des technologies numériques sans avoir besoin de l’aide des autres.

La Commission Européenne a ainsi défini depuis 2014 un cadre de référence des compétences numériques, le « Common European Digital Competence Framework for Citizen3 », dans lequel «doit entrer » le citoyen européen pour réussir dans le monde moderne et en particulier dans le monde du travail. Ce cadre a établi cinq domaines et 21 compétences jugées nécessaires, elles même divisées en 3 niveaux de compétences utilisateurs.

Les participants à la table ronde ont souligné qu’il ne peut pas y avoir de définition unique de l’alphabétisation numérique et une seule façon de faire, cela dépend du contexte local, il faut tenir compte de la culture, des langues, des valeurs. On ne peut oublier que la moitié de la population mondiale n’a pas d’accès à internet. Pour l’autre moitié de la population, le numérique ne doit pas être mis aveuglément en haut des valeurs, la pensée critique doit être développée.

En ce qui concerne le type et les niveaux de compétences à atteindre, il n’y a pas de réponse unique possible, l’objectif s’éloigne en permanence avec les avancées technologiques, les réponses ne peuvent être que contextuelles.

Il est enfin essentiel de mettre l’accent sur la formation des enseignants (base et tout au long de leur carrière), qu’il y ait une coopération entre experts techniques et experts traditionnels, que le numérique ne soit pas l’objet d’une salle spécialisée/d’un cours spécialisé mais soit intégré dans le cadre des cours traditionnels. Hors du domaine scolaire, il est également important que soit développé des formations de rattrapage au numérique pour les adultes. Ne pas oublier les possibilités offertes par les « Ressources Éducatives Libres – REL » et les « Cours en Ligne Ouverts à Tous – MOOC ». Enfin ne pas confondre l’outil et le but : le but c’est le contenu.


2 – Des programmes prometteurs encourageant l’alphabétisation dans un monde numérique

La table ronde a permis la présentation de leurs projets par les cinq lauréats des Prix internationaux d’alphabétisation de l’UNESCO 20174 :

  • le programme « We Love Reading » en Jordanie qui s’appuie sur les technologies numériques pour stimuler l’intérêt envers la lecture, en 2016, environ 20 000 apprenants, dont 60 % de femmes, ont bénéficié du programme.

  • le Centre d’études sur l’apprentissage et la performance (CEAP) de l’Université de Concordia au Canada pour son programme « Utiliser la technologie éducative pour développer des compétences éducatives essentielles en Afrique subsaharienne »,

  • le Secrétariat des technologies de l’information et des communications de la ville d’Armenia en Colombie pour son « AdulTICoProgram » pour la transmission de compétences numériques aux personnes âgées,

  • l’organisation « The Citizens Foundation » au Pakistan pour son « Programme d’alphabétisation Aagahi à l’intention des femmes et des filles non scolarisées », pays où l’illettrisme féminin atteint 42%,

  • l’organisation « FunDza Literacy Trust » en Afrique du Sud pour son programme « Agrandir la communauté des lecteurs et des auteurs FunDza Fanz » qui encourage la culture de la lecture et de l’écriture pour le plaisir en Afrique du Sud dans un environnement où les livres sont rares.

Les intervenants ont soulignés que ces programmes sont gratuits pour les bénéficiaires et donc que la question de leur financement et de partenariats possibles est centrale ainsi que la disponibilité de bénévoles à s’engager. Il y a des résistances à apprendre : il faut que les enfants et adultes soient convaincus, la motivation de l’apprenant est essentielle. D’une façon concise le responsable du projet canadien a résumé les défis en trois points : les possibilités d’accès aux réseaux/applications, la qualité des contenus, la fiabilité des technologies.


3 – L’alphabétisation dans un monde numérique : risques et solutions

Les intervenants ont tous soulignés de nouveau que les technologies numériques sont des outils qui ne peuvent se substituer à l’action humaine et à la pédagogie et qu’il est nécessaire de respecter la multiplicité des cultures. La technologie doit respecter l’humain et non en faire des esclaves. L’utilisation des outils numériques réclame des soutiens pour les apprenants. La formation des adultes n’est pas aujourd’hui dans l’agenda global de l’éducation, elle doit y être mise comme une priorité.

Comme dans de très nombreux domaines du monde moderne, pour celui de l’éducation les technologies numériques et leurs applications supposent la collecte d’un nombre important de données personnelles. La sécurité de ces données et le risque d’utilisation frauduleuse a été souligné par tous ainsi que le besoin de législations plus strictes. Il a été recommandé que, comme dans la tradition académique, les données personnelles ne puissent être collectées qu’avec l’accord explicite des personnes.


4 – Suivi et évaluation de l’alphabétisation dans un monde numérique

Les technologies numériques et la collecte de données viennent modifier la façon d’évaluer et de mesurer les compétences d’alphabétisation et de suivre les progrès au niveau local, national et international. Elles contribuent à fournir des informations utiles aux prises de décisions des responsables.

Mme Silvia Montoya, Directrice de l’Institut de statistiques de l’UNESCO (ISU), a ainsi présenté les plus récentes analyses des tendances des 50 dernières années des niveaux d’alphabétisation au plan mondial, régional et local5. Elles indiquent que malgré des progrès réguliers les défis restent considérables pour atteindre l’Objectif 4 du Développement Durable (ODD4) d’assurer, que « d’ici à 2030, que tous les jeunes et une proportion substantielle d’adultes, hommes et femmes, sachent lire, écrire et compter » (voir les quelques statistiques données au début de ce compte-rendu).

La discussion a par ailleurs longuement porté sur le manque d’une définition claire et acceptée de tous sur le niveau de compétence requis pour dire qu’une personne est alphabète ou analphabète. Ceci peut fausser les statistiques et les comparaisons nationales et régionales ainsi que l’évaluation mondiale de la progression vers l’ODD4.


Séance de clôture et déclaration finale

Résumant les points clés de la journée et des tables-rondes, M. David Atchoarena soulignait que la notion d’alphabétisation à évolué, qu’il y a aujourd’hui une plus large définition, mais en même temps que cette définition doit être prise en fonction d’un contexte. De même les compétences doivent évoluer et inclure le numérique mais il faut que les enseignements soient pertinents. Et auparavant il est essentiel de développer les compétences des enseignants. L’utilisation et le bénéfice des Ressources Éducatives Libres doivent eux aussi être pris en compte.

Et faire en sorte que par l’alphabétisation l’enfant « n’apprenne pas simplement à lire le mot mais apprenne à lire le monde ».


Conclusion

Il faut féliciter les très nombreux acteurs engagés dans le domaine de l’alphabétisation pour le travail accompli pour faire progresser à la fois la réflexion et les réalisations dans le champ de l’alphabétisation dans un monde numérique. Il faut aussi souligner la position claire de l’UNESCO et de nombreux intervenants comme quoi les développements de l’éducation numérique doivent être sous-tendus par le respect de l’homme et de sa dignité. Dans la rencontre du 8 septembre, les risques du numérique ont peut-être été sous-estimés, il aurait fallu aborder plus longuement la question de la qualité des contenus des enseignements numériques ainsi que les problèmes posés par la progression dans ce domaine des enseignements privés payant.

DG – 14/09/17


Lire le message du Pape François
Lire le message d’accueil de Mme Irina BOKOVA
Lire le discours de Mme Irina Bokova
Lire le compte rendu sur le site de l’UNESCO

Les Conférences de l’IIPE (International Institute on Education Planification /UNESCO)

Investissement public et privé dans le secteur de l’Éducation


Le 11 juillet s’est tenu le quatrième séminaire dans le cadre de la réflexion que mène depuis le mois de janvier l’IIEP sur l’Éducation avec comme référence l’objectif 4 de l’agenda ONU 2030 (ODD promouvoir une Éducation de qualité inclusive). L’ambition de l’exercice est de nourrir ainsi un débat stratégique sur ce thème essentiel.

Cette session des Conférences de l’IIPE a été consacrée à une évaluation de l’efficacité des systèmes éducatifs à partir de cas spécifiques, analysés au travers de leurs caractéristiques « privées » ou « publiques ». De la présentation des cas en question et de la discussion qui a suivi, il ressort un jugement plaçant l’investissement public dans l’éducation en plutôt meilleure position que ce qui résulte de systèmes largement financés et gouvernés par le « privé ».

Mme Suzan GRANT LEWIS, directrice de l’Institut a présenté les deux intervenants  qui ont animé le débat: M. Frank ADAMSON de l’Université de STANFORD, co-auteur d’un rapport intitulé « Global Education Reform » dont le sous titre précise : « comment la privatisation et l’investissement public influencent l’éducation », et, comme « discutant » M. Mannos ANTONINIS corédacteur du  « Global Education monitoring report » régulièrement publié par l’UNESCO.

M. ADAMSON a résumé à grands traits les principaux éléments du rapport cité ci-dessus. Il s’agit des résultats d’une analyse comparative des systèmes éducatifs de six pays issus de trois zones économiques ayant chacune une certaine homogénéité (culturelle). L’étude de « couples de systèmes éducatifs» dans chacune de ces trois zones montre à quel point, en dépit de certaines valeurs communes, les modèles peuvent différer et aussi évoluer fortement dans le temps, avec une prédominance plus ou moins grande de la dimension publique. Ont ainsi été analysés, pour la zone scandinave la Suède (prédominance du privé) versus la Finlande (le Public), pour l’Amérique latine, Cuba (public) versus Chili (Privé-Public), pour l’Amérique du Nord , États-Unis versus Canada (forte prévalence du privé versus un système plus équilibré).

Sur un plan méthodologique, l’analyse a été menée avec le souci de mesurer les performances par rapport aux choix opérés (moyens mis en œuvre, options économiques organisationnelles etc) en se référant aux résultats des enquêtes PISA. Elle s’est ordonnée autour de trois problématiques très interdépendantes  : les options politiques (policy issues), les choix économiques (economic rationale) et les mécanismes ou outils mobilisés.

Les cas des six pays ont ainsi été étudiés de façon détaillée à partir de ces trois dimensions déterminantes (éléments structurants mais aussi éléments moteurs : « key drivers ») avec les principaux critères d’analyse suivants :

« choix politique » : régulation/libéralisation/décentralisation/équité (accès à)…
« dimension économique » : efficacité/compétition/qualité /allocation de ressources…
« mécanismes-outils » : redevabilité/ « charter school »/primes (vouchers)-allocation-subvention/niveau de standardisation…

Les commentaires donnés par M. ANTONINIS comme discutant, et les interventions de l’auditoire ont montré la complexité d’un sujet où les nombreux éléments à prendre en compte ne permettent pas d’assurer un jugement tranché. Il faut se garder de par trop polariser les débats. Aucun modèle n’est exempt de reproches, mais très clairement, sur un sujet aussi important que celui de l’Éducation, la responsabilité des Pouvoirs publics (gouvernements) ne saurait être éludée. C’est un point fondamental et, en conclusion, la Directrice de l’Institut a tenu à rappeler qu’il fait partie des idées auxquelles l’UNESCO s’est toujours montrée très attachée : l’éducation doit constituer une préoccupation majeure pour les États.

De ces échanges, on aura retenu notamment les points suivants :

Un excès dans une orientation libérale peut conduire à des troubles sociaux (voir le cas Chilien).

Sans surprise, on fait ressortir l’inégalité que crée une forte emprise du privé, et surtout, un niveau de performance global qui tend à se dégrader avec le temps là où le privé domine. Encore faut-il s’entendre sur ce que recouvre le terme « privé » ou « privatisation » : le mode de financement et la logique des rétributions ou contributions (« place du profit », « niveau de contribution financières des familles ») ou degré de liberté des enseignements ou encore rôle des parents.

Les cas de CUBA, de la FINLANDE et du CANADA, tout en étant très différents les uns des autres, sont tous trois représentatifs d’une influence forte des pouvoirs publics, qu’il s’agisse des investissements ou de l’organisation (des institutions, de la formation des professeurs etc). On semble indiquer qu’il y a plutôt de bons résultats et une satisfaction en termes de justice sociale, d’accès ou de confiance dans les systèmes là où la puissance publique joue un rôle significatif sans ignorer l’éventualité de certains risques (bureaucratie, inertie, voire corruption).

Les analyses produites intègrent la dimension historique et, ce faisant, révèlent des évolutions sensibles « public » versus « privé » ou l’inverse, avec des changements de régime susceptibles d’intervenir assez rapidement (voir par exemple le cas chilien, ou suédois).

Fait observé par une personne de l’auditoire : les six cas sont loin de représenter la palette des situations. Manque notamment une analyse de cas issus de l’Asie ou d’Afrique. Il y aurait lieu d’examiner la situation des pays en développement où l’on noterait, faute d’investissements suffisants, une forte influence privée dans le secteur éducatif, avec comme conséquence une inégalité des conditions d’accès. Sur ces sujets sensibles, les institutions internationales comme l’UNESCO ou les ONG peuvent jouer un rôle afin de corriger certains excès.

Autre observation formulée à propos notamment du système américain, et du niveau élevé des contributions demandées aux familles : il faut se soucier des conséquences sociales.

En analysant les systèmes, il faut se garder d’excès simplificateur. On ne doit pas s’en tenir à des mesures quantitatives, il importe avant toute chose de bien signifier ce que sont les missions de l’école, les valeurs qu’elle porte, mais aussi les modèles pédagogiques. On ne saurait tout ramener aux aspects financiers, ou à des considérations purement « utilitaires » comme par exemple des systèmes éducatifs qui n’auraient comme seuls soucis de préparer à des emplois : ainsi a-t-on parlé de certaines dimensions qui contribuent à l’épanouissement individuel ou collectif et qui n’ont pas un rapport direct avec ce que l’on pourrait appeler l’économie marchande (formations à la citoyenneté ou éducation artistique par exemple, attention particulière à la dimension psychologique des enfants).

Dans la nécessaire analyse multifactorielle qu’il faut mener avec prudence, il y a certainement lieu de traiter attentivement la dimension purement politique tant il est vrai que l’Éducation doit ou peut plus ou moins compter sur la dépense publique avec des financements par l’impôt, ce qui implique des arbitrages fonction de choix de société (démocratiques ou non). Ces choix, qui gagnent à être éclairés par des études d’impact, traduisent in fine les préférences des décideurs au regard de la liberté et du niveau de « welfare » souhaité.

Dans l’évaluation des systèmes éducatifs sous l’angle « investissement privé/public », il est pertinent de distinguer trois éléments essentiels qui finalement sont le reflet des sociétés (avec leurs mentalités) dans lesquelles ils se trouvent : la générosité (degré de redistribution), l’efficacité (performances économiques/sélectivité) et la place de l’intérêt général (« l’éducation considérée comme un bien commun »).

L’attention a aussi été attirée sur les exigences de suivi et de contrôle : les systèmes éducatifs doivent avoir une (bonne) gouvernance, il faut une vigilance en matière d’utilisation de l’argent public.


En conclusion, éléments de commentaires :

Ces deux heures d’échanges sur un sujet aussi fondamental que complexe n’auront évidemment pas suffi à épuiser le débat, et même si des idées importantes ont émergé, on pourra regretter que certains points n’aient pas pu être (suffisamment) approfondis ou évoqués comme par exemple :

  • quelles sont les valeurs ou les missions d’un système éducatif aujourd’hui ?
  • quelle définition donne-t-on du terme (privé) et comment, plus précisément, voit-on le partage (éventuel) des rôles, des fonctions et des financements entre « public » et « privé » ?

Et enfin, pour se situer par rapport à une tendance qui parait se dessiner de plus en plus souvent, que penser de ces États qui réduisent leur engagement dans l’éducation ?

Voir/Écouter le débat sur Youtube (anglais 1h58)
Trouver les Instituts et Centres de l’UNESCO

Télécharger la présentation de M. Adamson : PowerPoint 30 M°

Information et Savoir pour tous

Vers un Monde d’innovation inclusive


Treizième session de la Conférence Mondiale sur le Capital intellectuel qui cette année a retenu le thème « information et savoir pour tous : vers un monde d’innovation inclusive » tant il est vrai que l’univers de la connaissance sous toutes ses formes se trouve profondément affecté par le numérique avec des impacts forts et contrastés sur les sociétés.


L’événement, organisé conjointement par l’Université de Paris Sud et par lIFAP (Information For All Program de l’UNESCO), s’est tenu les 3 et 4 juillet 2017 au siège de l’UNESCO.

Cette année, il a bénéficié tout particulièrement de contributions du Japon : deux tables rondes ont permis d’entendre plusieurs témoignages sur la nouvelle donne en matière de traitement de l’information et de la connaissance dans différents secteurs de l’économie nippone ou plus généralement pour la société japonaise dans son ensemble.

Les deux premières sessions introductives ont donné une vue d’ensemble et des éléments de contexte permettant de bien comprendre à quel point et dans quelles conditions, partout dans le monde, les questions touchant à la connaissance, devenues essentielles, peuvent favoriser un développement inclusif, permettant à la fois plus de prospérité, moins de pauvreté, et – ce qui n’est pas toujours assuré, loin s’en faut – moins d’inégalité.

Dans un monde où les innovations se multiplient presque exponentiellement et principalement dans l’univers de l’immatériel, la maîtrise de l’information constitue un enjeu majeur partout, qu’il s’agisse des pays en développement ou des pays développés, avec des impacts ambivalents qu’il faut savoir mesurer et maîtriser « positivement ».

C’est dans cet esprit que sont développés les travaux de l’IFAP (Information for all program) de l’UNESCO, et aussi la Banque Mondiale et l’OCDE.

Les nombreuses initiatives menées par ces différentes instances ont été ainsi présentées :

– conférences et forum (par exemple sur l’éradication de la violence par l’éducation) ;
– plateformes d’informations sur les réalisations menées dans de multiples domaines au bénéfice des populations qui voient, grâce par exemple à l’utilisation des mobiles, un accès élargi à la connaissance ;
– élaboration de guides de bonne pratiques ;
– recommandations fondées sur des exemples pour développer les politiques publiques en matière d’accès à l’information, aider les décisionnaires ;
– subventions en faveur de projets innovants ;
– accompagnement d’expériences (éducation, place de la femme… ) notamment en Afrique ;
– soutien de NETEXPLO qui chaque année récompense des innovations « inclusives ».

Dans toutes les transformations qui s’opèrent et qu’accompagnent les institutions internationales ou (inter)gouvernementales, quelques points ont été soulignés : l’oubli parfois de la dimension sociale, la nécessité de faire connaître les expériences pour permettre leur essor, le soin qu’il faut apporter au déploiement des applications, avec notamment, bien souvent, la mise en place d’infrastructures car tout n’est pas qu’immatériel lorsqu’on développe des systèmes d’information.

Il a aussi, bien évidemment, été fait référence à l’agenda 2030 de l’ONU qui offre un cadre utile pour stimuler et structurer les initiatives en faveur d’un monde plus inclusif.

Deux interventions données par des universitaires ont mis l’accent sur ce que la nouvelle donne des technologies de l’information avait comme impact pour le monde de l’enseignement et de la recherche.


Le Vice Président de PARIS SUD, M. Étienne Augé, a rappelé qu’il y avait maintenant un sujet crucial avec des impacts forts sur les pratiques, y compris dans le monde de la science (spécialité de l’université PARIS SUD) : on ne peut plus rester enfermé dans sa spécialité, les mathématiques ou la physique par exemple ; il devient indispensable de s’ouvrir à de nouveaux domaines, d’élargir les horizons, en introduisant les dimensions des sciences sociales ou celles des humanités (terme pris dans son acception la plus large).

Les méthodes de travail sont elles aussi remises en cause, avec le rôle des professeurs à revoir. Beaucoup de choses changent, mais rien n’est bien stabilisé. On ne sait pas dire vers quel monde on s’achemine. Il faut encore beaucoup de réflexion à ce sujet, tout comme sur un autre effet des nouvelles technologies de l’information : celui des « échelles ». On fait le constat – banal – que tout s’accélère et s’amplifie, et qu’avec le numérique on voit se multiplier les capacités de traitement des dimensions dans le temps et l’espace (on pourrait compléter en disant : du zéro à l’infini), ce qui amène immanquablement à se poser de nouvelles questions, envisager de nouvelles échelles et , in fine, à s’interroger sur les limites.


Un autre universitaire, M. Daniel Wyler , (Université de Zurich) a traité d’une question originale, en apparence du moins : « la science et le citoyen ou la science citoyenne ou comment associer le citoyen dans la recherche scientifique ». Il rejoint dans son propos M. Augé, pour reconnaître que le modèle traditionnel (approche « top down », organisation hiérarchique, laboratoires peu ouverts) a fait son temps. Avec la montée de l’internet, l’ouverture des réseaux sociaux, et le potentiel qu’offrent les techniques d’échange et de traitement des données, il y a de plus en plus d’ouverture vers l’extérieur, et pas seulement vers d’autres experts. C’est d’une ouverture vers la société dont il faut maintenant parler, les scientifiques ne peuvent plus rester « dans leur tour d’ivoire » et il y a comme une obligation de rendre compte de ce qu’ils font, de dialoguer avec la société. Ce sont des approches qui répondent finalement à ce qui est un droit de l’homme : droit de participer à la vie culturelle, dont la science est une composante. C’est aussi une approche parfaitement en phase avec les orientations de l’UNESCO qui, dès le début des années 1960, posait la question du travail scientifique en ces termes.

Reste évidemment à trouver les bons modèles d’organisation de cette implication citoyenne à tous les niveaux, et à trouver le bon point d’équilibre, pour savoir jusqu’où aller.

L’intervenant a donné un certain nombre d’exemples montrant la valeur ajoutée de ces élargissements d’horizon (notamment pour ce qui est de l’environnement ou la biodiversité). Il a listé les domaines où les Universités peuvent y trouver leur compte : le recrutement, l’analyse des impacts, la créativité, la transparence, l’organisation, les incitations et les questions éthiques/juridiques. On aura pu regretter que ce dernier point (l’éthique) n’ait pas été développé, tant il est vrai que, parallèlement aux bienfaits du numérique en général et tout particulièrement dans les sciences, on voit émerger de sérieuses difficultés, que les scientifiques/experts ne sauraient affronter seuls, notamment en matière de bioéthique.


Un troisième point, traité par M D. Quellec (OCDE) a porté sur « les innovations en matière de traitement de l’information et la croissance inclusive ».

Si, indiscutablement, on est de plus en plus « connecté » et si, avec la puissance de l’aide qu’apportent les nouvelles technologies, des centaines de millions de personnes sont sorties de la pauvreté dans les dernières années, ces évolutions radicales ne se sont pas opérées sans effets négatifs. Il reste une fracture numérique, et, en liaison précisément avec le numérique, une accentuation des inégalités dont rendent compte tout aussi bien certaines statistiques (sur la concentration des richesses des 1% les plus fortunés, ou la puissance dominantes des GAFAN) ou les analyses économiques (par exemple celles de T. Pickety mais aussi du FMI). Si d’autres facteurs sont en cause (comme la déréglementation, la globalisation…) le numérique explique dans une large mesure cet accroissement des inégalités partout dans le monde. Cela tient à la montée en régime d’une économie numérique qui bouleverse les idées traditionnelles et où deux phénomènes émergent pour constituer des « pôles de concentration de richesse ou de revenus » : l’idée de « non rivalry economy » et celle du « winner takes all » . Dès lors qu’elles répondent à un besoin, les innovations, qui sont souvent le fait de start-ups, créent des niches productrices de rentes, qui, avec précisément le numérique, peuvent se développer rapidement, à faible coût marginal, et sans se trouver enfermées dans un cadre contraint le plus souvent (le numérique sans frontière en somme qui permet aux innovateurs de capitaliser sur un « effet de réseau »). En réalité, le phénomène ainsi décrit est l’application d’un principe bien connu (l’inventeur peut imposer son produit avec un prix rémunérateur), où le profit tiré d’innovations « disruptives » et bien reçues, est la contrepartie d’un risque, tant il est vrai que l’innovateur peut se trouver exposé au risque de voir apparaître un concurrent, qui pourra éventuellement mettre en cause sa position avantageuse (moindre prix, nouvelle innovation rendant obsolescente l’innovation inutile). On décrit ici le schéma bien connu de la destruction créatrice, mais, le numérique fait ressortir des éléments nouveaux qui amènent à devoir envisager des réponses politiques nouvelles pour ce qui est du traitement de la concurrence : apparition de géants qui menacent les États ou abusent, mondialement, de leur position dominante, abus dans l’utilisation des données personnelles à des fins purement commerciales.

Il y a ici de nombreuses questions délicates à traiter, où il faut tout à la fois ne pas contraindre par trop les innovateurs, et éviter les excès. Manifestement, il faut trouver un cadre réglementaire, repenser tout ce qui relève de la concurrence et des protections des personnes (privacy), des entreprises et entrepreneurs (les brevets), avec nécessité d’une vision internationale.


Intéressante intervention donnée par M Jaideep Prabhu (Université de Cambridge) sur les innovations « frugales et inclusives » dans les pays émergents.

A partir d’une référence à un ouvrage bien connu en Inde (« Jugaad ») traitant de « l’art de vivre », l’orateur a montré certaines spécificités de l’Inde qui, devant faire face à des contraintes lourdes (population élevée et ressources limitées), trouve des solutions à ses problèmes en empruntant des voies que lui offre une longue tradition sociale où les maîtres mots sont : souplesse, frugalité, inclusion.

De très nombreuses innovations ont été introduites dans ce pays pour couvrir d’immenses besoins avec des outils simples, ingénieux et peu coûteux, misant sur les ancrages locaux, économes en utilisation de ressources.

D’une certaine manière, on retrouve certaines de ces caractéristiques pour ainsi dire « culturelles » indiennes dans ce que l’on voit maintenant se développer dans les pays occidentaux qui mesurent les limites de leur modèle, hyper-technicisé, fondé sur l’économie de masse, gaspilleur d’énergie, destructeur de liens… D’où la montée de la « RSE » (responsabilité sociale des entreprises), l’économie collaborative, le développement du « DIY »(do it yourself), pour s’affranchir des contraintes des gros systèmes.


M. J.E. Aubert, ancien expert de la Banque Mondiale a traité de la question de l’inclusion au travers de la diversité des modèles culturels, (15 pays analysés) en faisant remarquer d’entrée à son tour que les innovations ne provoquent pas naturellement de l’inclusion, et que, pour cette raison mais avec des réponses très différentes, les États interviennent plus ou moins fortement pour corriger les excès ou favoriser les expériences positives en termes d’inclusion par le biais d’actions au niveau des territoires, des secteurs ou des populations (protection des handicapés par exemple).

Parmi les autres témoignages entendus, on retiendra ceux d’un universitaire qui a travaillé sur le thème « organisation d’un grand club de football », notamment avec les supporters, ou de contributeurs japonais (entrepreneur, penseur, consultant) qui ont montré comment pouvait être mieux organisé le tissu social en rapport avec l’information et les échanges interpersonnels (dans une entreprise, dans la société) dès lors qu’on allait au-delà des logiques quantitatives, et qu’on laissait plus de place à des vertus plus émotionnelles susceptibles de favoriser de meilleures insertions, plus d’harmonie, moins d’incompréhension mutuelle :confiance, transparence, bienveillance, place à l’écoute, l’affect, solidarité et partage, moindre pression hiérarchique.

La Gouvernance de l’UNESCO – Réunion plénière du Groupe de travail

le 23 juin 2017

Beaucoup d’avancées mais quelques sujets sont encore en suspens


Le 23 juin devait être le jour de session de la réunion finale du Groupe de travail sur la gouvernance pour valider une version définitive du rapport issu des délibérations des deux sous-groupes qui étaient appelés à faire des propositions sur la gouvernance des organes directeurs de l’UNESCO et de ses organes « périphériques » ou « subsidiaires » (organes intergouvernementaux ou internationaux, les Programmes). Les échanges ont permis de faire le constat qu’il y avait un large consensus sur la plupart des propositions mises au point au terme d’un processus qui a nécessité de derniers ajustements obtenus par consultations informelles mais quelques sujets importants ont révélé des différences d’appréciation qui n’ont pas pu être levées en séance ou des questions juridiques difficiles à régler.

En introduction des débats, M. Michael Worbs, le Président du Conseil exécutif et Mme Irina Bokova, la Directrice Générale, se sont tous les deux félicités de la qualité des travaux qui ont d’ores et déjà produit des résultats fructueux, avec une implication remarquable des contributeurs . Ils ont rappelé l’importance des sujets traités par les deux groupes de travail, qu’il s’agisse du Conseil exécutif dans l’exercice de ses trois missions (fixer les ordres du jour de la Conférence générale, assurer le suivi des Programmes et contrôler les activités au travers de l’examen du « 38 C/5 ») ou de la Direction Générale, pour laquelle la Gouvernance constitue avec la Gestion budgétaire et les Orientations stratégiques l’une des trois principales préoccupations.

Les échanges ont été riches. Beaucoup des nombreuses recommandations figurant dans les deux rapports produits ont été explicitement ou implicitement approuvées. Cette « performance » s’explique par une animation et une gestion des deux groupes qui aura été bien conduite, jusqu’aux dernières consultations informelles avec, tout au long du processus, un accompagnement approprié sous forme de documents de travail, ou d’auditions (de responsables de programmes), mais ce jugement d’ensemble positif est à tempérer dans la mesure où faute d’un accord unanime sur un petit nombre de recommandations, les textes n’ont pas été entièrement validés.

Les deux premiers sujets soumis à discussion ont pu être traités sans grande difficultés. Il s’agissait d’une part d’une recommandation pour que l’UNESCO révise profondément ses orientations en matière de gestion de l’information « virtuelle » (les portails, les méthodes de travail avec l’aide des outils informatiques…), avec comme proposition l’idée d’harmoniser les pratiques. Il a été suggéré d’atténuer la formulation et de ne pas aller jusqu’à suggérer de révision « stratégique ».

Par ailleurs, la question du rôle des experts et des politiques a été à nouveau évoquée. S’il y a toujours présente l’idée que les États ne doivent pas « perdre la main », on s’accorde à reconnaître que les experts dans certains domaines doivent pleinement jouer leur rôle, et sur une formulation finalement relativement équilibrée. Toujours sur cette question sensible du rôle et de la prégnance des États, il a été fait état d’une objection émise durant les dernières consultations informelles à propos d’une recommandation traitant de l’éventualité d’une politisation excessive dans les travaux ou les échanges.

Parmi les autres sujets traités, deux ont été loin de rallier tous les suffrages. Le premier concerne une proposition visant à demander la prolongation du mandat de groupe pour assurer un suivi effectif des recommandations et approfondir l’analyse de quelques sujets jugés insuffisamment ou non traités à ce stade. Le second a trait à la partie du rapport relative aux « inter-sessions » du Conseil exécutif. Ces deux points qui ont absorbé une bonne partie du temps de la réunion peuvent se ramener à deux questions.

I – Faut il ou non demander une prolongation du Mandat du Groupe ?

Deux positions ont été clairement exprimées.

  • Se sont prononcés pour la prolongation le Venezuela pour le compte du GROLAC (circonscription régionale Amérique du Sud et Caraïbe)et quelques autres délégations, avec deux raisons avancées :1/ accompagner la mise en œuvre des recommandations et 2/ analyser plus avant certaines structures comme par exemple le Comité des Recommandations, mais aussi le fonctionnement des Services ( ou du Secrétariat).
  • A l’inverse, beaucoup d’États, notamment plusieurs représentants de l’Union européenne, dont la France , ont jugé qu’il fallait mettre un terme aux travaux du groupe pour, en quelque sorte, « passer le relais » à l’institution elle-même et aux structures associées appelées à appliquer les réformes suggérées selon ce que pourra en dire la Conférence Générale.

La Suède a proposé un compromis pour répondre au souhait de suivi d’une mise en œuvre effective des mesures recommandées. L’idée avancée est de formuler dans le rapport un certain nombre de propositions précises sur la façon dont devraient être suivies les réformes : « Plan d’action », «tableau synthétique des recommandations » avec indication des liens avec « la stratégie UNESCO », « élaboration d’un guide » etc. Ces éléments très concrets ont été plutôt bien reçus, mais comme cela ne répondait pas à tous les souhaits exprimés par les partisans d’une prolongation, il a été convenu que soit trouvée une formulation permettant de ne pas abandonner la proposition tout en la rendant moins impérative, la Conférence générale ayant in fine à rendre sa décision. On a aussi fait ressortir deux autres points : tout ce qui concerne le « suivi des réalisations » doit rester placé sous la responsabilité des entités en charge (le groupe de travail ne saurait s’immiscer dans un management qui ici peut être qualifié de micro management) ; par ailleurs, concernant un éventuel complément d’analyse qui serait à mener dans le groupe, pour cette proposition amodiée de poursuite des travaux, il est suggéré de préciser qu’il n’y a pas une extrême urgence et qu’en tout état de cause la question sera à voir en fonction des enseignements que l’on pourra tirer des deux prochaines années de mise en œuvre. Dernier point à noter, le rappel du Président, qui a indiqué que le mandat du groupe Gouvernance ne visait pas le Secrétariat, ce qui rend difficile la proposition de soumettre à discussion ses conditions de fonctionnement.

II – Quel avis donner sur les inter-sessions du Comité exécutif ?

C’était une demande explicite figurant au mandat du groupe : fallait- il poursuivre une expérience engagée en vue de tester par le biais de ces inter-sessions un moyen de rendre plus efficaces les sessions plénières ?

Les échanges n’ont pas fait ressortir d’éléments permettant de répondre nettement à la question. Si beaucoup d’intervenants ont reconnu une certaine utilité de ces sessions, on aura aussi noté beaucoup de critiques ne permettant pas de conclure pour savoir s’il fallait ou non poursuivre, et dans le cas où la réponse serait affirmative – ce qui semble le plus probable – avec quels ajustements pour rendre l’exercice plus efficace. Si parmi les points positifs, on a retenu le fait que ces réunions sont ouvertes et « inclusives » (on apprécie notamment qu’il y a six langues traduites) et qu’elles pouvaient être l’occasion d’obtenir des informations pertinentes, on relèvera quand même beaucoup d’éléments critiques (des « germes négatifs » pour reprendre l’expression d’un délégué africain) : préparation insuffisante, ordres du jour trop vagues ou trop lourds, problème de calendrier, organisation de discussions ne faisant pas assez le lien avec les sessions officielles etc. Si d’aucuns ont pu émettre l’idée que « c’était mieux avant », cela reste un avis minoritaire. A la proposition émise de se limiter à répondre « oui » ou « non » au principe du maintien des séances « inter-sessionnelles », le Président de séance a été clair : on demande un avis motivé. Compte tenu des nombreuses observations formulées mais aussi parce que le Bureau du Conseil exécutif entend lui aussi procéder à une évaluation de l’expérience, il est convenu d’attendre ce dernier avis (qui ne sera pas connu avant mi septembre) pour stabiliser une formulation au nom du groupe.

En dehors des points commentés ci-dessus, on relèvera enfin que deux ou trois éléments restent problématiques parce qu’ils posent des problèmes juridiques, ou/et pourraient dépasser les limites fixées dans le mandat du groupe : cela viserait en particulier ce qui est dit à propos d’éventuelles contestations à l’encontre de la Direction générale ou de la procédure de désignation du Directeur Général.

En conclusion de ces débats très nourris, il a été fait le constat que le texte devrait encore être amendé, avec des ajustements qui devront dans les prochaines semaines tenir compte de plusieurs éléments : prise en compte des observations faites en séance, nouvelles consultations informelles, avis juridiques, avis du Bureau du COMEX sur les réunions inter-sessions, éventuelle toute dernière réunion.

Reste néanmoins la perspective, à un délai relativement rapproché, d’une somme de propositions qui vont constituer une réelle avancée et qui devraient être d’une grande utilité pour le futur nouveau Directeur Général.

Sixième Session de la Conférence des Parties à la Convention de 2005

Protection et la Promotion de la Diversité
des Expressions Culturelles

UNESCO 12 Juin 2017


La diversité culturelle face aux accords commerciaux !


C’est l’enjeu de la Convention de 2005 sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, signée par 145 pays.
Largement initiée par le Canada (Québec et autochtones) face au géant américain, la Convention vise à  construire avec la société civile une réponse concrète au risque d’un alignement des cultures, largement renforcé dans l’environnement numérique et à l’occasion des négociations potentielles de remises en cause de l’ALENA. Par rapport au thème de « l’exception culturelle » défendue dans le passé par la France vis de vis de l’OMC, le Canada a soutenu la construction de réseaux internationaux où les agents économiques du cinéma, de la musique, des artistes, agissent sur les gouvernements pour défendre et surtout promouvoir les spécificités et la gouvernance de leurs particularités culturelles.
La Sixième  Session de la Conférence des Parties fait le point sur les avancées enregistrées depuis plus de dix ans et définit un plan d’action pour le futur autour des domaines comme :
–   Les systèmes de gouvernance durables de la culture,
–  Les échanges équilibrés de biens et de services culturels et la mobilité des artistes et professionnels de la culture,
–   La culture dans les cadres du développement durable,
–   Les droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Lire le compte rendu de la Sixième conférence des Parties
Lire une brève sur le premier forum des ONG tenu à l’occasion de la conférence
Lire la Convention de 2005 sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles

Madame de STAËL « femme de notre Temps »

Un écrivain engagé au service de la Liberté… richesse d’une Pensée… européenne… humaniste…
l’auteur de toute une œuvre inspirante, ancrée dans son époque…
et en même temps étonnamment moderne, comme le suggérait d’entrée le titre de cette rencontre organisée sous l’égide de la
Commission nationale Française pour l’UNESCO.


L’événement s’est tenu le 22 juin 2017. Il s’inscrit dans le cadre du programme des anniversaires que l’UNESCO promeut pour célébrer la mémoire de grandes figures de l’histoire des cultures. En l’occurrence, c’est à l’occasion du bicentenaire de la mort de Germaine de STAËL qu’a été organisée cette journée d’échanges. M. JANICOT, président de la Commission nationale française et la Directrice Générale de l’UNESCO, Madame BOKOVA dans leurs propos introductifs ont d’entrée mis en évidence cette figure qui, par son œuvre, ses combats, son rayonnement fut productrice d’une pensée marquante, et qui aura été militante de grandes causes pour aider à plus de justice et d’harmonie : la cause des femmes, l’équilibre des pouvoirs, l’invitation au dialogue, le respect et l’écoute de l’autre et, par-dessus tout, la liberté.

Monsieur M. WORBS, président du Conseil exécutif de l’UNESCO, a souligné une personnalité qui par ses origines et sa vie, ses rencontres, ses voyages, ses œuvres, peut être considérée comme un symbole de la culture européenne, et qui dans l’histoire des idées a montré toute la richesse qu’apportent les dialogues interculturels, révélateurs de différences qu’il faut savoir reconnaître.

La discussion a été ordonnée autour de deux thèmes : « Germaine de STAËL  actualité d’une femme de lettres », et « Germaine de STAËL, actualité d’une européenne engagée ».

En réalité, les échanges, nourris par les contributions d’une quinzaine de participants à ces deux tables rondes, ont montré à quel point les deux dimensions, celle de la littérature et celle de l’Europe, non seulement apparaissent d’actualité mais aussi se trouvent très entremêlées. De plus, à l’écoute des orateurs, et aussi en entendant la lecture de quelques écrits, donnée par des élèves du lycée franco-allemand de Buc, école associée de l’UNESCO, on aura entrevu d’autres idées défendues par Mme de STAËL de portée universelle, comme tout ce qui a trait à la place de la femme dans la société, au bénéfice des confrontations pacifiques, ou aux apports de l’art et de la poésie.

Retenons, en complément, quelques autres réflexions :
Mme de STAËL fille de M. NECKER qui a connu et commenté le temps de la Révolution a aussi été une opposante résolue de NAPOLÉON, ce qui lui valut l’exil.
Elle a excellé dans tous les genres de l’écriture (roman, théâtre, essais…)
Dans ses œuvres purement littéraires – notamment Delphine et Corinne ou  l’Italie – un peu à l’image de sa Personne, elle ne s’en tient pas à des écrits neutres. Il y a toujours présente l’idée que la littérature a une dimension politique et qu’on peut y véhiculer les idées auxquelles on croit, et qui peuvent avoir une influence. Elle l’écrit dans un essai consacré à la littérature.
Dans ses œuvres comme dans sa vie – ses voyages, la tenue de son salon à COPPET en Suisse ou ses rencontres à Paris et dans de nombreux pays européens – elle a toujours manifesté une grande ouverture d’esprit et a pu ainsi croiser ses vues du Monde avec de nombreuses figures de la culture européenne comme GOETHE, HEINE, Benjamin CONSTANT, CHATEAUBRIAND, GIBBON.
Son essai « de l’Allemagne » est l’une de ses grandes œuvres, qui aura été en son temps une révélation pour les français, à qui Madame de STAËL présente leur voisin de façon positive et en montrant bien les différences entre les deux pays… Ceci lui valut une critique sévère (« cet ouvrage n’est pas français » lui avait on fait savoir), et la censure : 10000 exemplaires mis au pilon, (le livre sera publié finalement plusieurs années après, en Angleterre).

M. Marc FUMAROLI nous aura montré la complétude de cette somme qui a nécessité six années de travail – y sont traitées les questions politiques, artistiques, philosophiques religieuses notamment – et tout l’apport de l’analyse comparée qui fait ressortir ce qu’est l’esprit français face à ce qu’on pourrait appeler le génie germanique.
Même si le texte peut être jugé quelque peu apologétique, ce qui explique la polémique qu’il a suscitée en France, il est aussi à voir comme l’expression d’un éloge de la différence ou de la diversité, que Mme de STAËL ressent comme une richesse, avis qui n’était pas unanimement partagé à l’époque.

M. DARCOS a repris quelques termes caractérisant bien ce qu’a été Mme de STAËL : la dualité (d’autres orateurs ont parlé de mixité), avec constamment une co-existence de la raison et de la passion ou des sentiments, mais aussi l’insistance sur l’expérience ou les circonstances (la vie, le concret) et sur la réflexion, les principes. La transmission d’idées auxquelles elle est très attachée, comme la promotion du débat (et une opposition radicale aux régimes totalitaire), une théorisation de la littérature. Un essai lui permet de voir la littérature à la fois comme une œuvre de l’imagination et de promotion d’idées à défendre : fiction et plaidoyer.

On a aussi évoqué Jean Jacques ROUSSEAU qui a beaucoup influencé Mme de STAËL, mais pas au point d’adhérer à toutes ses idées.

Autres idées qui l’imprègnent : le refus des dogmatismes, la contestation de l’esprit de système, les excès de pouvoir par trop unitaires et centralisateurs, la place de la femme dans la société qui doit être égale à celle qui est faite à l’homme…

A l’évidence, Madame de STAËL était en avance sur son temps. Elle était une personnalité forte qui était habitée de nombreuses idées que l’on retrouve promues par l’UNESCO et qui font l’essence de l’Humanité : La reconnaissance de l’autre, le respect mutuel, la diversité, la liberté, la tolérance, la Justice et la Paix.