La Gouvernance de l’UNESCO – 4ème réunion de travail du sous groupe 2

Structure, composition et méthodes de travail
des organes internationaux et intergouvernementaux (OII) de l’UNESCO

Réunion du Vendredi, 9 Juin 2017


Quatrième et dernière réunion qui avait pour objet la revue détaillée pour approbation d’un texte de Recommandations et Propositions sur ce thème avant la réunion du 23 Juin qui devra en préparer la mise en œuvre.

Les échanges ont été toujours aussi nourris et bien pilotés par les deux vice-présidents (Philippines et Hongrie).

A noter la forte contribution des pays du Nord de l’Europe.

Le résumé des changements apportés au texte proposé est le suivant :

–   Restructurer le document pour le rendre plus convivial vis a vis de partenaires intérieurs et extérieurs à l’UNESCO, en regroupant les actions sur les termes importants,
–   Renforcer l’aspect opérationnel de ces recommandations,
–   Améliorer la liaison entre recommandations spécifiques et générales en travaillant plus transversalement afin de renforcer la spécificité des OII (organes internationaux intergouvernementaux),
–   Multiplier les exemples de bonnes pratiques,
–   Développer le processus de feedback avec les OII,
–   Impliquer davantage le Commissaire externe dans l’évaluation des résultats,
–   Améliorer la traduction de la version française du document.

Lire le document de 9 pages soumis à la discussion

Que sont les OII (Organismes Internationaux et Intergouvernementaux) de l’UNESCO ?

Symposiums sur la science de la durabilité


Recherche et Éducation


Le troisième symposium sur la science de la durabilité s’est tenu au Siège de l’UNESCO le 31 mai et le 1er juin 2017. A cette occasion, un certain nombre de lignes directrices visant la Recherche et l’Éducation dans le domaine des « sciences de la durabilité » ont été présentées aux États membres de l’UNESCO.

Rappel historique

En octobre 2015, le Secteur des Sciences exactes et naturelles et le Secteur des Sciences Sociales et Humaines de l’UNESCO, ainsi que le Ministère japonais de l’Éducation, de la Culture, des Sports, des Sciences et de la Technologie (Japon/MEXT), ont lancé un projet sur « L’élargissement de l’application de l’approche Science de la Durabilité ».

Avec l’organisation de trois symposiums, ce projet a pour ambition de promouvoir un dialogue et diffuser des messages concrets pour aider les États à adopter une approche scientifique de la durabilité en réponse aux défis mondiaux.
L’objectif principal est in fine d’élaborer un ensemble de lignes directrices relatives à la science de la durabilité qui seront soumises à l’appréciation des États membres de l’UNESCO au cours du dernier trimestre de 2017.
Les travaux de ces réunions seront nourris de la contribution de nombreux intervenants aux profils très variés : des scientifiques, des décideurs, d’autres praticiens experts, mais aussi des représentants d’ États membres de l’UNESCO, ainsi que des institutions de recherche et d’éducation et diverses organisations spécialisées ayant une expérience pertinente dans les questions liées à la durabilité.

Tenu le 5 et 6 avril 2016, le premier symposium a été l’occasion d’échanges fructueux entre les membres du comité de pilotage du projet, d’autres experts en science de la durabilité, et les représentants des États. Plusieurs présentations générales données par des scientifiques et des études de cas sur la science de la durabilité ont, dès cette première session, permis de tirer certains enseignements et d’émettre des recommandations.

Le second symposium tenu à Kuala Lumpur du 19 au 21 décembre 2016 a été accueilli par le Bureau du Conseiller Scientifique du Premier Ministre et le Groupe Industriel-Gouvernemental Malaisien de Haute Technologie (MIGHT). Il a porté sur la manière d’appliquer une approche scientifique durable dans les cinq circonscriptions régionales de l’UNESCO. Il s’agissait également d’identifier les caractéristiques, les priorités, les besoins et les lacunes de chaque groupe régional, pour les intégrer dans les lignes directrices .

Troisième symposium : synthèse des échanges

Le premier débat a porté sur les principes fondamentaux de la Science de la Durabilité
Deux intervenants, professeurs d’Université (de Lünebourg en Allemagne, et de l’université d’Indiana aux États-Unis) ont fait ressortir les idées suivantes :
Le traitement des questions ayant trait au Développement Durable gagne à mobiliser une approche scientifique et à respecter cinq principes garants d’efficacité :
–   un niveau de connaissances pertinent,
–   une intégration appropriée des perspectives de long terme,
–   une collaboration entre tous les acteurs concernés,
–   une conscience de la liberté et un sens des responsabilités que doivent assumer les acteurs,
–   un souci de l’éducation à intégrer au niveau individuel avec des visions de long terme.

Comment pouvoir travailler ensemble sur les sujets de Développement Durable avec toutes nos diversités ?
La réponse à cette question passe par la cogestion entre société civile – les chercheurs, les politiques et les entrepreneurs – en suivant trois étapes : co-design, coproduction et co-mise en œuvre (ou co-développement).
Le cadre conceptuel est l’Agenda 2030 de l’ONU avec ses 17 Objectifs de Développement Durable , qui se décline maintenant avec 160 cibles et 230 indicateurs de qualité.

Discussion :

La représentante du Paraguay a regretté que les objectifs et les actions de Développement Durable ne soit pas plus facilement accessibles aux populations du terrain.
Le représentant du Togo a fait remarquer que :
–   L’Afrique n’était pas assez présente dans les débats,
–   La plupart (9/10) des intervenants étaient des hommes alors que la sensibilité des femmes aux problèmes soulevés est différente et ce sont elles les premières concernées par le Développement Durable,
–   Les documents distribués étaient en langue anglaise uniquement et non en français.

Un second débat a porté sur les stratégies de Financement de la Science de la Durabilité (SD) aussi bien dans le domaine de la Recherche que celui de l’Éducation.
Principaux points mis en évidence par deux intervenants professeurs d’Université de Tokyo et un représentant de la commission nationale allemande pour l’UNESCO :
Le financement de la Science de la Durabilité représente aujourd’hui 0,95% du PNB pour la Corée du Sud, 0,80% pour l’Allemagne et la France et 0,44% pour le Royaume Uni.

Les facteurs de pérennisation de ce financement sont :
–   L’utilisation des mêmes agences que pour les autres industries,
–   le partenariat Nord/Sud,
–   la nécessité de diversité et de flexibilité lors de la vie des projets,
–   les réseaux de connaissance pour partager les données et les résultats,
–   la fin de l’effet de silos,
–   le bien fondé des réalisations.

Des délais plus longs et supérieurs à 3 ans seront nécessaires pour faciliter les connections entre les acteurs et pérenniser les financements.

Troisième débat sur l’Intégration de la Science de la Durabilité (SD) dans l’enseignement supérieur :

Interventions de deux professeurs des universités de Tokyo et de Lünebourg en Allemagne et d’un chercheur du centre national de recherche au Caire en Égypte :
Le développement durable fait partie de l’enseignement dès la 1ère année en Université pour toutes les disciplines à Lünebourg et touche 1600 élèves. Il est donné par 70 enseignants formés.
La diffusion gratuite des cours via internet devrait permettre aux pays du Sud de profiter de cet enseignement.
Néanmoins, vue du Caire, cette transmission de l’information n’est que théorique. En effet les cours dispensés en Allemagne sont assez onéreux et la Direction des Universités n’est pas encore disposée à les donner gratuitement.
De plus, aucune aide pour former les enseignants à l’étranger n’est disponible.

Discussion :

Les difficultés des pays du Sud pour y transférer le savoir dans l’Enseignement Supérieur sont bien connues :
–   Les institutions y sont faibles,
–   le mandat des universités en matière de Développement Durable est peu clair,
–   leurs budgets sont très limités voire nuls.

Le Japon et l’Allemagne sont clairement leaders de ce symposium et y font preuve de leur qualités reconnues en matière de mise en place de procédés. Le Japon agit d’abord à un niveau politique via le Ministre de l’Éducation, de la Culture, des Sports, des Science et de la Technologie. Il vise à appliquer les promesses du Premier Ministre en matière de Développement Durable. En ce qui concerne l’Allemagne, leurs actions exposées se limitent à des projets Nord/Nord.
Aujourd’hui et en général, une bonne gouvernance des pays du Sud est demandée pour bénéficier du savoir des pays du Nord et développer des capacités utiles en recherche et éducation.

Voir un diagramme présenté par CBM, illustrant les relations entre les articles de la  Convention des Nations Unies sur le droit des personnes handicapées et les 17 objectifs de développement durable. (document présenté lors du symposium)

Du bilinguisme en famille au plurilinguisme à l’école

Les langues en résonance, une aide à l’intégration
« Faire des langues une richesse pour tous »
UNESCO le 10 mai 2017


Cet événement était organisé par l’association DULALA (D’une Langue à L’Autre). A cette occasion, l’association a présenté ses actions éducatives fondées sur le multilinguisme et a procédé à la remise des prix du grand concours Kamishibaï plurilingue, en coopération avec plusieurs institutions. Ont été ainsi distingués des créateurs d’histoires élaborées selon cette méthode originale dite Kamishibaï, où l’on mise tout à la fois sur l’image et les langues (quatre langues au moins). Cette technique pédagogique d’origine japonaise emprunte à un genre narratif qui amène à raconter à de jeunes enfants une histoire en faisant appel à des images qu’on fait défiler dans un petit théâtre permettant d’organiser une mise en scène attractive. La méthode est originale et performante en ce qu’elle accompagne les enfants voyant les images avec des mots énoncés dans leur langue maternelle mais pas seulement elle. Par les images et les mots qui se font écho les uns aux autres, on obtient comme un effet de levier d’une grande efficacité pour mieux vivre et apprendre ensemble et promouvoir la diversité linguistique et culturelle.

Les organisateurs, membres de l’association DULALA (Anna Stevanato, la fondatrice de l’association et Florence Castera, la présidente de l’association) ont donné des détails sur la participation au concours: 81 kamishibaï présentés, 1215 enfants impliqués, 162 professionnels, 38 kamishibaï présélectionnés. Les classes d’école les plus impliquées ont été les classes UPE2A (Unité pédagogique pour élèves allophones arrivants).

Anna Stevanato a exprimé sa vision de la diversité : la diversité est une chance, même si elle inquiète parfois : l’autre interroge, bouscule nos certitudes, mais l’autre est aussi en nous. L’éducation a ici un rôle essentiel à jouer en amenant à bien appréhender et accepter l’autre, la différence, l’altérité… Nelson Mandela disait que l’éducation est l’arme la plus forte pour combattre les discriminations.

Florence Castera a particulièrement mis l’accent sur un point important : en plus de faire le kamishibaï, les enfants appelés à participer au concours ont été invités à parler sur le thème « être différent ». Ils ont par ailleurs dû faire ensemble l’exercice du choix des images, de la rédaction, du graphisme, des pratiques multimédia, de la narration orale, de la posture d’auteur. Ce travail opéré dans des groupes avec une multiplicité d’appartenances culturelles a pour objet de favoriser les échanges aussi bien culturels que linguistiques, développer ainsi un plus grand intérêt pour les efforts que requièrent les apprentissages, aider à la cohésion dans les classes, valoriser les enfants confrontés à un environnement plurilingue, renforcer le dialogue avec les familles.

Les gagnants du concours kamishibaï organisé par l’association DULALA ont été :

Prix du meilleur projet à Nolwenn Guillou de l’école « Le blé en herbe », école de Trébédan, en Bretagne avec l’histoire de Coco-chaise, un enfant né avec une bouche en crayon et qui ne parle pas.
« Little bleu et les yeux noirs » du collège Foch de Haguenau a eu le prix de la catégorie 10-15 ans. Une classe de 6
ème classique de 28 élèves, y a travaillé.
Le prix 6-10 ans : une classe UPE 2A de l’école Jules Simon de Montpellier, 12 élèves, 9 langues parlées.
Le prix « Coup de cœur » des
kamishibaï : « Soup Joumou » classe UPE2A de l’école « Moulin à vent » de Cayenne en Guyanne.

Des représentants des institutions partenaires de l’organisation de ce concours sont intervenus :

Christopher Castle, chef de la Section de la santé et de l’éducation de l’UNESCO.
Maryse Adam Maillet
, inspectrice académique, responsable du CASNAV (centres académiques pour la scolarisation des élèves allophones nouvellement arrivés) de Besançon. Elle a rappelé que, depuis 1993, les législateurs des pays développés s’efforcent de plus intégrer le principe d’inclusion. La coopération devient le moteur de l’éducation, on reconnaît la valeur d’approches combinées par opposition à des méthodes qui miseraient excessivement sur la spécialisation : il est ainsi avancé qu’on apprend d’autant mieux la langue française qu’on maîtrise le plurilinguisme, on s’intégrerait ainsi mieux comme citoyen lorsqu’on parvient à maîtriser plusieurs langues.
Gaïd Evenou
, chargée de mission à la DGLFLF (La Délégation générale à la langue française et aux langues de France) Ministère de la Culture a présenté sa direction et a souligné l’importance donnée à l’intégration linguistique des migrants ; on a constaté qu’on ne pouvait pas réussir cette intégration sans prendre en compte les langues des personnes (les langues régionales + langues d’immigration). Il faut, dans toute la mesure du possible, s’appuyer sur la langue d’origine de l’élève pour parvenir à bien apprendre le français. Le constat en est fait au travers des expériences de terrain.
Anne Bouvier
, responsable du programme Culture et Éducation de la Fondation de France.
Yvanne Chenouf, spécialiste de littérature jeunesse, a livré son témoignage : dans les années 70 elle interdisait aux enfants de parler leur langue maternelle ; c’était la position de la République : à l’école tous étaient obligés de parler le français, sinon ils pouvaient prendre un interprète. Avec le recul, elle mesure combien cette position était erronée. L’important est de ne pas organiser de césure. Le mieux de ce qu’on peut faire c’est d’être « un pont ».
Benoît Gobin
, chargé d’étude, langues vivantes et étrangères au Ministère de l’Éducation Nationale.

En conclusion, cette méthode qui lie le kamishibaï, « le théâtre des images » avec une diversité de langues parlées dans un collectif est tout à la fois innovante, constructive et ludique. Elle a le mérite de rendre l’enfant plus sensible à la langue et à la culture de l’autre et d’illustrer concrètement certains des grands thèmes que l’UNESCO s’attache à promouvoir :la diversité culturelle, les langues, le dialogue autant d’éléments à bien prendre en compte dans l’organisation de l’éducation nationale. Il n’en reste pas moins que cette méthode est une belle idée dont la réalisation présente quelques imperfections : présence trop prégnante, parfois, de l’anglais et une présentation médiocre des mots des autres langues.

On pourrait noter aussi que d’une certaine manière, avec son souci de respecter la personnalité de « l’autre », la méthode « kamishibaï »/ «multilinguisme » mobilise certaines valeurs auxquelles des religions comme le christianisme sont attachées.

Dernier point pour conclure : un migrant doit rester lui-même avec son identité mais sa personnalité s’enrichit des aspects positifs de son nouveau milieu de vie, avec la Langue comme un bon vecteur d’intégration (langues d’origine, langue du pays d’accueil).

O.B. et P.O.G.

UNESCO – Dialogue social et Rapprochement des cultures par les langues

Colloque du mardi 16 mai 2017


Organisé par la Mission Permanente d’Observation du Saint-Siège auprès de l’UNESCO et le Dicastère pour le Service pour le Développement humain intégral.

Le Dicastère pour le Service pour le Développement humain intégral et la Mission permanente d’Observation du Saint-Siège auprès de l’UNESCO ont organisé le colloque « Dialogue social – Rapprochement des cultures par les langues » le mardi 16 mai 2017, à la Maison de l’UNESCO (Salle II). Ce colloque, sous le Patronage de l’UNESCO, a été organisé en collaboration avec les Missions Étrangères de Paris.
Le but du colloque était de promouvoir le rapprochement des cultures par les langues qui ne sont pas seulement un instrument de communication mais surtout de création de la pensée. Le rôle médiateur, pratique et symbolique des langues pour accomplir le dialogue interculturel et la rencontre des cultures devient, donc, central.


Étaient présents :
– M. Eric Falt, sous directeur général de l’UNESCO pour les Relations extérieures et l’information du public ;
– S. Em. Le Cardinal Peter Kodwo Turkson, Préfet du Dicastère pour le service pour le développement humain intégral ;
– M. Eric Deroo, Auteur, réalisateur et chercheur associé au CNRS ;
– Mme Nguyen Viet Anh, Professeur de français et de vietnamien, chercheuse, INALCO ;
– Pére Gilles Reithinger, Supérieur général des missions étrangères de Paris ;
– Mme Béatrice Duhayon-Blanchard, Présidente de Centre France-Asie ;
– Mgr. Francesco Follo, Observateur permanent du Saint-Siège auprès de l’UNESCO.

Le colloque fut présenté ainsi – Nos sociétés de plus en plus diversifiées se définissent par la cohabitation de personnes, groupes et peuples d’origine, langue, culture et religion variées et qui sont appelés à apprendre à vivre ensemble dans la paix et le respect réciproque.

Ainsi que le Pape François l’a déclaré : « c’est le moment de savoir comment, dans une culture qui privilégie le dialogue comme forme de rencontre, projeter la recherche de consensus et d’accords, mais sans la séparer de la préoccupation d’une société juste, capable de mémoire, et sans exclusion. L’auteur principal, le sujet historique de ce processus, c’est le peuple et sa culture, et non une classe, une fraction, un groupe, une élite » (Exhortation Apostolique Evangelii Gaudium, IV.)

L’UNESCO, de son coté et en vertu de son mandat, accorde une grande importance aux langues et mène une stratégie basée sur la reconnaissance de l’interaction dynamique entre la diversité linguistique et la diversité culturelle. Le respect des droits linguistiques s’avère essentiel à l’accomplissement des objectifs de développement durable de l’Agenda 2030 et à la coexistence pacifique.

Dans cet esprit, ce colloque entend promouvoir le rapprochement des cultures par les langues qui ne sont pas seulement un instrument de communication mais aussi un outil de la création de la pensée. Le rôle médiateur, pratique et symbolique des langues pour accomplir le dialogue interculturel et la rencontre des cultures devient, donc, central. –

Parmi les riches interventions de ce colloque, citons les quelques pensées suivantes :

L’UNESCO assure un dialogue quotidien entre les cultures. Cette coexistence n’a jamais été aussi importante. Contre la violence et sa progression, nous avons besoin de la culture des débats et du respect des droits de l’homme. Protéger la diversité linguistique est essentielle pour protéger la diversité culturelle. La langue est un pont entre les idées et l’action. Ce que l’on dit doit être ce que l’on pense. La langue crée aussi un lien entre le passé et le futur (Eric Falt).

Dans la bible, la parole occupe une grande place : Dieu dit ; Au commencement était le verbe ; La parole s’est fait chair… L’Église tient en grande estime le dialogue entre les hommes. Les relations, la coexistence sont devenus des maîtres mots pour la dignité de l’être humain que nous sommes. C’est au cœur de la légitimité morale de toute autorité. Le Pape François insiste sur le dialogue avec les États, avec la société ce qui inclut les cultures et les sciences et avec les autres croyants. Le dialogue provoque les rencontres et recherche le consensus. C’est par le dialogue que l’Église accompagne la recherche des solutions qui répondent au mieux à la défense de la dignité humaine. La foi ne craint pas la raison voire la science. L’Église a confiance et ne s’oppose pas à la science qui respecte la vie humaine (Cardinal Turkson).

La colonisation du Viet-Nam a été la rencontre de deux cultures et de deux langues. Le français s’est imposé, ce qui a conduit à une « acculturation » qui a abouti à une transformation de la vie et de la société et ainsi à l’échange de deux civilisations. Par exemple, l’écriture vietnamienne a été « romanisée » qui fut le fruit le plus porteur et le plus heureux de la rencontre « forcée » des deux langues et des cultures vietnamienne et française (Mme Nguyen).

Les Missions Étrangères de Paris (MEP) ont été créées en 1658 et depuis ont contribué au développement de liens entre les pays. Les missionnaires apprenaient d’abord la langue du lieux où ils s’installaient pour revêtir la culture de ces lieux et ainsi ils se modifiaient intérieurement. Avec eux, ont été créés des dictionnaires, des imprimeries, des hôpitaux, des séminaires, des écoles. Ils ont construit des ponts culturels. (Père Reithinger).

Les écoles sont des espaces d’intégration sociale. L’intégration n’est pas une annexion, ni une exclusion. C’est un mode d’action qui privilégie l’acceptation culturelle mutuelle. (Mme Duhayon-Blanchard).

Le dialogue est comme un orchestre de plusieurs instruments dont les sonorités sont différentes mais qui peuvent rendre ensemble une belle musique si ces instruments sont accordés et unis sur une même partition (Mgr Follo).
M-C.L.

En savoir plus :
Site web des amis de la Mission permanente d’Observation du Saint Siège auprès de l’UNESCO :
Dialogue social – Rapprochement des cultures par les langues
Site de l’UNESCO :
L’UNESCO et le dialogue interculturel

La Gouvernance de l’UNESCO – 3ème réunion de travail du sous groupe 2

Structure, composition et méthodes de travail
des organes internationaux et intergouvernementaux de l’UNESCO
Réunion du Mardi, 9 Mai 2017

C’est la troisième et avant-dernière réunion avant celle du 9 juin qui statuera sur les Recommandations et Propositions.

Les échanges ont été toujours aussi nourris et bien pilotés par les deux  vice-présidents et la discussion étayée grâce notamment à l’existence d’une matrice d’analyse qui a permis de donner ex ante un regard sur la complexité organisationnelle et aussi la multiplicité des structures examinées (8 Conventions, un Fonds international, deux Programmes de suivi, trois Comités, 7 Instituts dits de catégorie1 et un Centre international de recherche).

La discussion pour cette session a porté sur la Convention 2005 (promotion et protection de la diversité des expressions culturelles), les programmes et fonds, ainsi que les instituts de catégorie 1 (les instituts de catégories 2 n’ont été qu’incidemment évoqués).

Lire le compte rendu

 

CAMPUS UNESCO : sensibilisation des jeunes aux grands enjeux contemporains

Débat du 4 mai 2017 sur le thème :
« liberté d’expression et information digitale »


Cet échange s’inscrit dans le cadre des forums interactifs organisés par la division de l’information du public de l’UNESCO au profit de jeunes lycéens issus majoritairement de zones d’éducation prioritaire. Cette rencontre s’est tenue au lendemain de la journée mondiale de la « liberté d’expression ». Elle a réuni pendant deux heures 400 jeunes (de troisième jusqu’à la terminale) invités à la fois comme témoins d’échanges entre experts et comme questionneurs.

Après une introduction pour présenter les missions de l’UNESCO au service de la Paix , en mettant tout particulièrement l’accent sur le domaine « information-communication » mais aussi « les droits de l’homme », les témoignages de journalistes « de terrain » ont été entendus : un reporter, Florence Al Ashwad, ancienne journaliste de Al Jazeera franco-syrienne, un journaliste enquêteur de Mediapart, Fabrice Arfi, une troisième participante venant du monde de l’information en continu particulièrement impliquée dans le suivi du numérique et des réseaux sociaux (France 24) ainsi qu’une représentante de l’UNESCO ancienne journaliste, chargée à l’UNESCO des relations avec les media.

La discussion — largement nourrie d’expériences vécues plutôt que de réflexions purement conceptuelles — a permis d’aborder de nombreux sujets très concrets, allant souvent au-delà des questions touchant au numérique pour faire ressortir la grandeur et les difficultés du métier de journaliste, et tout particulièrement les risques qu’ils peuvent prendre lorsqu’ils s’engagent sur des sujets ou dans des pays sensibles : atteinte à la liberté, menaces, censure, violence… et, parfois, hélas, mort. Les médias sont essentiels pour garantir le pluralisme et la démocratie, a-t-on rappelé, en même temps qu’était soulignée une réalité du monde qui est loin d’assurer partout la même liberté pour la presse et les media en général.

Fabrice Arfi (Mediapart) a particulièrement insisté sur l’importance des faits. Pour lui, il est essentiel que les journalistes puissent mener l’enquête et rapporter une « information vraie », ce qui suppose de mener un travail sérieux, approfondi de vérification, d’authentification, avec patience et opiniâtreté. Sans doute aura-t-il un peu trop insisté sur cette exigence de rapporter les faits et de s’en tenir aux faits, donnant ainsi du journalisme une vue plutôt étroite et ne mettant pas assez en évidence les difficultés ou l’excès simplificateur qu’il y a à vouloir relater les seuls faits : les faits, sont à situer dans des contextes difficiles, ou à interpréter, ces points n’ont été que partiellement évoqués. Néanmoins, à plusieurs reprises, ils ont été suggérés lorsqu’on a insisté sur les qualités d’un bon travail journalistique, à savoir une aptitude à traiter les sujets objectivement, autant que faire se peut étant observé qu’existent toujours des biais liés notamment aux convictions. C’est finalement une autre vertu qui a été mise en exergue : l’honnêteté, terme préféré à ceux de conscience ou d’exigence éthiques (jamais mentionnés). Il a aussi été fait allusion au pouvoir de l’argent lorsque les media sont contrôlés par de grands groupes industriels, commerciaux ou financier, comme cela tend à être le cas en France. Néanmoins, probablement par manque de temps, on n’a pas parlé des moyens susceptibles d’être mis en place pour protéger l’indépendance des journalistes.

S’agissant plus particulièrement de l’impact et des risques spécifiques liés aux nouvelles formes de diffusion et de traitement de l’information, avec toute l’influence du numérique, les éléments suivants ont été indiqués : il y a un réel danger des effets d’amplification et de contagion avec des techniques qui font tout à la fois s’accélérer les flux d’information et se multiplier les producteurs ou commentaires de nouvelles, sans aucune garantie de fiabilité. Ce sont les réseaux sociaux qui sont visés ici, mais aussi les chaînes d’information en continu si elles ne mettent pas en place des protections, ou des règles de conduites. Le cas de France 24 est tout à fait intéressant dans la mesure où cette chaîne est très internationale avec trois langues et une large couverture de diffusion. Cela lui impose de veiller particulièrement aux données diffusées, à travers l’analyse critique des informations tant il est vrai que les « fake news » ou les manipulations ne sont pas une vue de l’esprit, (des filtres sont mis en place). Autre préoccupation signalée, l’immédiateté qui peut être un piège.

Finalement, en dehors de la référence aux droits de l’homme tout à fait appropriée pour justifier et protéger l’exercice de la fonction de journaliste, Fabrice Arfi a très opportunément rappelé ce qu’étaient pour M. Hubert Beuve-Méry les deux qualités essentielles d’un bon journaliste: « le contact » et la « distance »… Cela avait été dit bien avant la révolution numérique, mais ce qui était vrai à l’époque l’est certainement encore plus de nos jours quand l’utilisation déviante des technologies de l’information amène à fausser les contacts (trop rapides, trop superficiels etc) et à ne plus savoir garder une distance critique (l’immédiateté, le présentéisme, la sur-réactivité, l’impatience).

Y.N

NETEXPLO 2017 : un dixième anniversaire bien rempli


Toujours le même succès, pour cet événement parrainé par le SÉNAT et l’UNESCO.

Pendant deux jours plus de 1500 participants ont été témoins d’échanges toujours aussi riches en idées inspirantes, et attentifs à la présentation des 10 innovations du crû 2017 retenues parmi les centaines de projets qui, selon la pratique habituelle,ont été soumis à un processus de sélection rigoureux : examen par des experts reconnus (notamment issus du réseau international des 19 universités qui accompagnent NETEXPLO chaque année), critères exigeants : présenter au moins des prototypes, originalité et performances techniques mais surtout accent mis sur l’usage et sur les perspectives de développement, attention à « l’humain ».
Y.N.
Lire le compte rendu
Voir le site web de Netexplo

 

Conseil Exécutif de l’UNESCO 201ème session

Échos de la réunion plénière des 24 et 25 avril 2017


Ouverture par le Président M. Michael Worbs  qui a souhaité rappeler avec insistance le malheur des attentats intervenus dans plusieurs pays ces derniers mois pour exprimer – comme l’ont fait beaucoup de délégués – sa compassion et dire avec insistance combien il était important dans cette actualité dramatique de réaffirmer le rôle éminent de l’UNESCO en faveur de la Paix et la Justice, deux valeurs essentielles de son acte constitutif.

Dans cette introduction ont été indiqués les trois axes principaux retenus pour les échanges : 1 / L’ensemble couvert par le document dit 39 C/5 (budget programme UNESCO) qui est présenté sous une forme complètement remaniée ; 2/ La procédure engagée pour la sélection du nouveau Directeur Général ; 3/ La préparation de la prochaine Conférence Générale.

Il a été aussi fait allusion aux travaux qui ont précédé cette réunion, pour saluer les interactions fructueuses avec les présidents des conventions, des comités et des groupes régionaux.

Le Directeur Général adjoint a représenté Mme Bokova qui n’a pu assister à la première journée en raison de sa participation au Congrès Mondial juif à New York (qui a lieu tous les quatre ans), congrès au cours duquel a été présenté un « guide à l’attention des décideurs sur l’enseignement de l’Holocauste », document rédigé par l’UNESCO en collaboration avec la mosquée de Montréal. Le DGA a rappelé la signature de la Résolution 2347 par le Conseil de sécurité, une résolution qui consacre officiellement le lien entre Patrimoine culturel, paix et sécurité : après UNITE4HERITAGE, l’UNESCO voit ainsi reconnu le principe d’une défense des patrimoines culturels face aux risques de  destruction et de trafic dans les zones menacées par les conflits. C’est une avancée historique et sans précédent.

Le DGA a rappelé ensuite les quatre grands objectifs retenus pour orienter et structurer les actions de l’UNESCO : alignement sur l’agenda 2030, mise en évidence des deux priorités « Afrique » et « le genre », privilégier les actions concrètes et des approches intégrées. Il a aussi mis l’accent sur les progrès récents en termes de méthode avec le souci de favoriser les coopérations ou les rapprochements (ONU , Banque Mondiale) et de visibilité ( un rapport 2016 mettant bien en évidence les faits saillants, le programme 39/C5 rénové, le lancement du « Courrier de l’UNESCO » avec l’aide financière de la Chine)

-Les déclarations :

Une trentaine de délégations se sont exprimées oralement (16 d’entre elles, comme l’avait proposé le Président, ont remis des contributions écrites) et plusieurs thèmes ont été largement repris, comme ceux de la violence et de l’extrémisme, de l’éducation (les jeunes, les femmes, l’enseignement professionnel.

Le succès des efforts de l’UNESCO pour promouvoir la Résolution 2347 a été largement salué, ainsi que l’engagement de Mme BOKOVA au service de cette cause, mais la Directrice générale, plus généralement, a reçu comme un satisfecit de la part de nombreux membres du Bureau pour tout ce qu’elle a apporté au cours de ses deux mandats.

Comme lors de la précédente session, l’agenda 2030 de l’ONU et notamment l’ODD4 se rapportant à l’Éducation sont constamment mentionnés comme des cadres de référence importants pour guider les politiques menées au sein de l’UNESCO mais aussi au niveau des Etats (un certain nombre d’exemples ont été rapportés). Dans l’ensemble ce budget « 39/C5 »« est bien accueilli dans sa nouvelle version pour les avancées qu’il a permis d’opérer (meilleure visibilité des programmes, mise en évidence des résultats, intégration des fonds extra budgétaires etc). Un assez grand nombre de délégations ont réitéré leur inquiétude quant aux bureaux hors siège dont on craint une réduction de leurs moyens financier et surtout humains ( diminution du nombre des experts).

Dans la perspective des auditions des candidats au poste du prochain Directeur général, un certain nombre de participants ont énoncé quelques uns des critères jugés indispensables : le leadership, une bonne connaissance du domaine et de l’institution, une force de conviction pour aider à résoudre les problèmes de financement. Un délégué, président de son groupe régional a insisté pour que soit respecté un principe de représentativité géographique ainsi qu’une juste rotation par zone, au nom de ce qu’on pourrait appeler une règle du « chacun son tour ».

Beaucoup de délégations ont insisté pour que l’UNESCO soit fortement soutenue en raison des valeurs essentielles qu’elle promeut : paix, justice, pluralisme et diversité culturelle, protection des droits de l’homme.

Le représentant de la Thaïlande a parlé au nom de l’ASEAN dont on fête en 2017 le cinquantième anniversaire : ses membres soutiennent les actions de l’UNESCO qui favorisent l’harmonie, le respect des personnes et attachent une importance toute particulière à l’Éducation notamment pour tout ce qui concerne les sciences et techniques. Les questions touchant à la gouvernance sont de toute première importance, notamment ce qui a trait à l’évaluation des performances.

Le représentant des Pays arabes appelle à s’assurer des suites données aux décisions prises par le COMEX ou la Conférence générale ( une question précise est posée au sujet de la décision prise concernant Jérusalem).

Pour le groupe Amérique latine et Caraïbe, les points suivants ont été mis en exergue : à l’avenir, on devra s’assurer d’une amélioration effective de la gouvernance, avec la dimension « intergouvernementale » bien traitée. Il faudra avoir une gestion intelligente des financements, plutôt que des coupes claires, miser sur les synergies, jouer sur une meilleure priorisation et ne pas perdre de vue les valeurs essentielles à défendre comme la solidarité (avec notamment Haïti) ou les protections contre les risques de destruction du patrimoine culturel (destruction du fait de guerres ou de catastrophes naturelles, trafic). On salue les initiatives du MOST et sa stratégie qui est pertinente avec une bonne et légitime appréhension des questions touchant aux migrations.

A l’occasion de leurs déclarations, certains intervenants ont mentionné les initiatives et événements pour lesquels leurs pays ont joué un rôle ou sont appelés à le faire :

-les événements :

réunion du MOST en Malaisie, forum sur la Quatrième révolution industrielle (Vietnam), Colloque sur le programme « Mémoire du Monde » à Doha (après la consultation de la Commission internationale réunie à ce sujet), Forum mondial sur « Réfugiés et Développement durable » à Dacca.

-les initiatives :

Prix développement durable (Japon),la Conférence sur les Humanités (Liban), le Fonds de soutien en faveur du lac Tchad, le Fonds Malala (Pakistan) ; le Fonds Fiducia UNESCO (Espagne) (en faveur de l’éducation), soutien exprimé et apporté au Fonds de solidarité « Ouragan MATTHEWS » (en faveur dHaïti).

On aura relevé les quelques autres éléments suivants :

Le représentant de l’Italie a rappelé le récent sommet des ministres de la culture du G7 à Florence. C’est une première, et il est important de voir ainsi reconnue la Culture comme représentant un grand enjeu, et méritant que l’on y accorde la plus grande attention.

Quelques délégations ont tenu des propos appuyés pour appeler à ne pas altérer ce que fait l’UNESCO en l’instrumentalisant à des fins politiques (il faut dépolitiser). L’institution doit rester centrée sur ce qui est d’ordre purement culturel, intellectuel. Un intervenant a pour sa part parlé du risque de détournement par l’argent à propos des fonds extra budgétaires de plus en plus souvent mobilisés : ce n’est pas l’argent qui doit fixer les priorités. Un autre participant a exprimé le souhait que les échanges soient un peu moins orientés sur des sujets propres aux intérêts particuliers de chaque État dont sont issus les intervenants, pour privilégier des problématiques plus générales, et permettre ainsi d’avoir de vrais débats d’idées.

Un souci a constamment été exprimé de façon plus ou moins explicite à propos des contributions qui ne sont plus versées ou qui sont versées avec retard. Le Président de la Conférence générale, M. Stanley MAMBATA, appelé à s’exprimer en fin de session, a été net : il faut mettre fin à cette hémorragie, a-t-il indiqué : être membre de l’UNESCO requiert qu’on contribue à son financement, il faudra dans les temps à venir mettre les États devants leur responsabilités sur ce point ; il faudra aussi, selon lui, mettre fin à une autre pratique, à savoir celle du versement de contributions sous condition.

La qualité du management a fait l’objet de commentaires avec quelque fois des nuances critiques. Sur ce sujet, le Royaume Uni, tout en assurant l’UNESCO de son soutien, a suggéré qu’il y avait matière à améliorer les choses, notamment ce qui concerne la gestion du personnel ( recrutement, évaluation etc).

L’observateur du Saint Siège est intervenu sur la question des Migrants, et singulièrement des enfants pour appeler les pays d’accueil à leur réserver un accès à l’éducation digne de ce nom et respectueux des identités.

L’Union européenne a rappelé qu’avec les contributions de l’ensemble de ses membres, elle est le principal contributeur de l’UNESCO, qu’elle soutient pleinement à raison de ses missions au service de la Culture. Ont été mentionnés les quelques grands thèmes sur lesquels l’UE partage les vues de l’UNESCO : la sécurité des journalistes, l’attention à apporter aux jeunes (existence d’un réseau des jeunes européens), la protection des patrimoines culturels (on salue la résolution 2347, on soutient les actions de l’UNESCO en Crimée).

Enfin, en dernier lieu, on mentionnera quatre interventions originales, qui, d’une certaine manière, tranchaient dans la forme mais peut être aussi, à certains égards, dans leur esprit sur les autres déclarations :

Le délégué des Pays Bas a laissé l’essentiel de son temps de parole à un Jeune qui fera partie du prochain Forum des jeunes et qui, tout à la fois, a dit combien sa génération dans son pays peut avoir peur de la violence qui tend à trop souvent se manifester (jusqu’à la guerre) et combien elle souhaite s’engager dans la société et être entendue.

L’ambassadeur iranien a conclu son intervention sous une forme plutôt poétique pour défendre les idées auxquelles il est attaché : il a ainsi parlé d’élévation du débat, d’authenticité, d’oubli du politique néfaste pour préférer les politiques artisans de Paix, et de promotion de dialogues qui portent comme une vague.

Le délégué de la République Dominicaine a voulu intervenir sur un ton musical en jouant sur des mots antinomiques ou complémentaires pour mieux faire ressortir un message de paix et d’espérance, avec des strophes ponctuées d’un refrain repris en chœur pour rejeter la Guerre « Nada ! » : « les Paroles voyagent plus vite par la Musique », un joli slogan qu’il a donné juste avant de commencer une riche litanie de ces mots s’opposant ou se complétant, une déclamation par le chant inspirante, et qui interpelle : L’Enfant/l’École…Les Armes/la Paix..Les murs/les Ponts… Le Silence/l’Écoute… le Courage/l’Amour… La Femme/l’ÉgalitéLa Démocratie/la Gratuité… Les Réfugiés/l’Espérance… L’analphabétisme/ les Lettres etc ; belle mélodie qui a conquis l’auditoire et qui a été spontanément très applaudie.

Le Cameroun pour sa part a terminé sa déclaration sur le thème de la citoyenneté, en rappelant l’existence de deux organisations : l’organisation de «  la citoyenneté universelle » et l’organisation « des citoyens du Monde ». La première avait l’ambition de développer l’usage d’un passeport universel, et la seconde prévoyait que chaque État réserve sur son territoire une enclave qui serait libre d’accès pour tous, idéale utopie que complétaient d’autres projets (ex : une « chambre des peuples »), mais aussi beaucoup d’idées proches de celles qui inspirent l’UNESCO, la Paix , la Tolérance, et une citoyenneté pour tous, citoyenneté du Monde. Il est bon que l’UNESCO continue de promouvoir ces valeurs et principes essentiels.

En conclusion :

Mme Bokova, en fin de seconde journée, a apporté des réponses à l’essentiel des questions soulevées.

Elle a apprécié les propos positifs tenus sur le « 39/C5 » et indiqué qu’il ne s’agit que d’un début, il y a une volonté d’aller plus loin pour rendre l’outil encore plus lisible qu’il s’agisse des opérations ou des résultats. Elle s’est montrée rassurante quant au réseau hors siège (notamment pour la région Afrique qui a le plus exprimé ses inquiétudes), elle a rappelé son engagement pour de meilleures coopérations inter-agences de l’ONU. Vis-à-vis de la Suède et du Royaume Uni qui figurent parmi les délégations les plus enclines à demander une gestion ressemblant à celle que pratiquent les entreprises, la Directrice Générale a dit son accord avec ce qui est dit et montré que déjà, dans une large mesure, l’UNESCO répond aux exigences exprimées, et indique que les efforts seront poursuivis. Dans les combats à mener contre tous les risques de destruction des Patrimoines Culturels et plus généralement les atteintes violentes aux Droits fondamentaux de l’Homme, elle invite à rester pleinement engagés, en paroles et en actes. Il faut, dit-elle, en reprenant le mot prononcé par un délégué, lutter contre l’apathie lorsque l’essentiel est en risque, à savoir les cultures qui sont le Patrimoine commun de notre Humanité, et qui, in fine doivent pouvoir coexister comme ferments et garants de Paix. De ce point de vue, en reprenant ce sur quoi le représentant de la République Dominicaine avait insisté dans son hymne « La Guerre, jamais/nada ! » , elle a terminé son propos en disant sa fierté de tout ce qui a été fait, en dépit des difficultés budgétaires.

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Tsá Tué – Réserves de biosphère et stratégies autochtones

Réserves de biosphère et stratégies autochtones pour la sauvegarde des territoires sacrés, des styles de vie traditionnels et l’utilisation durable des terres
histoire et visions de la Réserve de biosphère de Ts
á Tué au Canada

UNESCO, lundi 3 avril 2017

Une délégation de représentants de la communauté autochtone Déné Sahtúot’ine était invitée à partager son histoire et sa vision pour la réserve de biosphère de Tsá Tué au Canada dans le cadre d’une matinée organisée par la Commission du Canada pour l’UNESCO, le Programme sur l’Homme et la biosphère (MAB) et le Programme Systèmes de savoirs locaux et autochtones (UNESCO-LINKS).

Cet événement se déroulait en présence de la Directrice Générale de l’UNESCO, Mme Irina Bokova, et de Mme Elaine Ayotte, Ambassadeur du Canada auprès de l’UNESCO. Les échanges étaient animés par M. Douglas Nakashima, Chef de Section Petites îles et savoirs locaux et autochtones, UNESCO et Mme Meriem Bouamrane, Secrétariat du MAB, UNESCO.

La Réserve de biosphère Tsá Tué est située dans les Territoires du Nord-Ouest du Canada. Elle couvre plus de 93 000 km2 (deux fois la superficie de la Suisse). La région est la terre natale des Sahtuto’ine, le « peuple du lac de l’ours ». Elle comprend le Grand Lac de l’Ours, dernier lac arctique vierge, et une partie de son bassin hydrographique. La culture Sahtuto’ine est intrinsèquement liée à la santé du lac, de son bassin et des animaux qui l’habitent. En tant que tel, le maintien de l’intégrité écologique du lac et de son bassin revêt une importance primordiale pour le peuple Sahtuto’ine.

Pendant près de trois ans les organismes communautaires, les aînés et l’ensemble de la communauté autochtone des Déné Sahtuto’ine (600 habitants) ont œuvré pour que leur territoire sacré traditionnel puisse être désigné en mars 2016 comme Réserve de biosphère de l’UNESCO et partie intégrante du Réseau mondial des réserves de biosphère1.Cette reconnaissance est un événement historique pour la communauté, pour le Canada et pour le Programme sur l’Homme et la biosphère (MAB) car Tsá Tué est, et demeure à ce jour, la seule réserve de biosphère au monde établie et gérée en totalité par une communauté autochtone depuis le lancement du programme MAB en 1971.

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La Gouvernance de l’UNESCO – 2ème réunion de travail du sous groupe 2

2ème réunion du sous-groupe de travail 2

du 31 mars 2017


Cette seconde réunion est consacrée aux Programmes et aux Conventions, en rapport avec l’objet du sous groupe, à savoir l’analyse du fonctionnement des organes subsidiaires et intergouvernementaux en vue de propositions relatives aux structures et méthodes. On rappelle que ces travaux sont menés conformément aux demandes de la Conférence générale, et en se référant aux observations faites par les auditeurs/commissaires aux comptes.

En introduction, et à partir des acquis des réflexions déjà conduites, l’un des deux vice-présidents du groupe a suggéré que les observations des participants à la réunion se situent par rapport aux huit thèmes qui ressortent comme les plus importants à traiter :

  • – développer des approches intégrées et plus coopératives,
  • – mieux consacrer le caractère intergouvernemental des activités,
  • – se soucier d’un alignement des objectifs sur les orientations stratégiques de l’UNESCO et de l’agenda 2030 de l’ONU,
  • – limiter la durée des mandats (fréquence et nombre de renouvellements des membres des instances),
  • – mieux définir le rôle, les prérogatives et les procédures concernant les Bureaux,
  • – promouvoir les bonnes pratiques pour améliorer l’efficacité,
  • – assurer une meilleure transparence, rendre plus visibles les débats, le processus décisionnel,
  • – améliorer l’organisation du dialogue ente les États, les Organes internationaux et le ( les) Secrétariats.

Avant l’ouverture des échanges, il a été fait allusion à la dernière réunion du MOST, qui s’est récemment tenue en Malaisie et au cours de laquelle ont été revisitées les règles de cette instance, avec des modifications qui s’inscrivent pleinement dans l’esprit souhaité par le groupe de travail.

Le directeur du GBS (secrétariat de la Conférence générale et du Conseil exécutif) est brièvement intervenu pour souligner l’importance de la mission assignée aux groupes de travail « Gouvernance ». Il s’agit de faire des propositions pour améliorer la qualité de la gouvernance des « Programmes » et de toutes les instances qui les gèrent, pour donner une meilleure image à l’UNESCO qui est vue comme l’Agence culturelle de l’ONU et qui, dans ses activités, doit pouvoir continuer de servir efficacement le domaine culturel en mobilisant au mieux ses ressources.

Les Discussions qui ont suivi ont porté sur les Programmes et les Conventions. On a plus particulièrement suivi ce qui a concerné le CIRBC (Comité international pour le retour des biens culturels), le CPBC (Comité pour la protection des biens culturels) en lien avec la Convention de 1970 pour la lutte contre le trafic des biens culturels, le PIDC (programme international pour le développement de la communication), le PIPT (Programme intergouvernemental pour l’information pour tous), les Conventions sur la discrimination dans l’enseignement, et sur le dopage dans le sport.

S’il y a souvent eu des commentaires positifs sur ce qui est fait, notamment en matière de lutte contre les trafics d’œuvres d’art, et aussi pour tout ce qui touche la diffusion de l’information et les médias, on a relevé certaines propositions relativement consensuelles susceptibles d’améliorer les conditions de fonctionnement d’un ensemble intrinsèquement complexe du fait de la multiplicité des domaines couverts et des niveaux ou de la nature des fonctions exercées. Ces propositions ont souvent fait écho à des éléments déjà mis en évidence lors de la précédente réunion, comme par exemple le souci de gérer au mieux les ressources allouées compte tenu des restrictions budgétaires.

Parmi les observations formulées, on relèvera plus particulièrement les remarques suivantes, reprises assez fréquemment :

  • – forte demande pour que les critères de sélection des projets ou d’attribution de prix soient mieux précisés et plus harmonisés,
  • – si certains appellent à mieux prendre en compte la dimension politique des sujets – observation faite par des participants qui jugent parfois critiquable une trop forte présence des experts – un avis majoritaire tend à minimiser l’inconvénient, en soulignant la nécessité d’être professionnel et, partant, d’avoir une expertise suffisante des domaines couverts pour des raisons d’efficacité,
  • – à propos des éléments coûts, deux points à remarquer : les limites du recours aux fonds extra budgétaires si cela doit amener finalement un excès d’emprise du secteur privé, et l’intérêt qu’il y a à systématiser les analyses coûts/avantage lors des prises de décision (projets ou décisions stratégiques),
  • – le rôle des Bureaux a été souvent abordé : à défaut de réduire leur prérogative – ce sont des rouages essentiels pour bien fonctionner opérationnellement – il y a une demande pour qu’ils se soucient de bien diffuser l’information sur ce qu’ils font, et un souhait pour que leurs travaux soient rendus aussi visibles que possible (limiter les séances en huis clos),
  • – point très pratique (déjà signalé la fois précédente) : concernant les documents soumis à discussion, harmoniser leur présentation, les mettre à disposition suffisamment à l’avance,
  • – il importe d’éviter la confusion des tâches, et de ce point de vue doivent bien être rappelées les fonctions respectives des Bureaux et des Conseils : les premier traitent essentiellement les aspects opérationnels tandis que les seconds doivent se concentrer sur les sujets d’ordre stratégique,
  • – deux critiques ont porté sur les points suivants : tendance parfois à « sur-pondérer » certains thèmes par rapport aux orientations stratégiques (exemple : le PIDC privilégie 2 priorités seulement sur les 6 qui ont été définies) et, observation faite à propos de certains membres de Bureaux ou de Conseils qui tendent à plus défendre les positions de leurs pays que celle des groupes régionaux qu’ils représentent,
  • – concernant la fréquence des réunions, Bureaux ou Conseils, il y a diversité des situations, certains souhaiteraient, s’agissant de certains conseils, une fréquence annuelle plutôt que tous les deux ans, mais la contrainte budgétaire est un obstacle,
  • – s’agissant de la désignation des membres, il y a consensus pour que l’on ne renouvelle les mandats pas plus de deux fois. On recommande aussi de faire coïncider autant que faire se peut la désignation de nouveaux membres pour les Bureaux et les conseils.

Un point particulier a été débattu à propos de la Commission de conciliation chargée de régler les éventuels différends entre États à propos de l’interprétation de la Convention sur les discriminations dans l’enseignement. C’est un organe qui ne s’est jamais réuni depuis sa création en 1962. On pourrait envisager de l’abolir, mais cela relève de la Conférence générale. Il est proposé de soumettre la question au Comité des recommandations et interprétations relatif aux discriminations en matière d’’éducation (qui est rattaché au Conseil exécutif)). Le directeur du GBS propose que ce point soit signalé au sous groupe 1 qui est en charge de la gouvernance des organes centraux et porté à la connaissance de la Conférence générale.

Yves Nachbaur le 2 avril 2017