A l’école des « superpuissances mondiales de l’Éducation »

IIPE Institut International de Planification de l’Éducation

3ème Débat stratégique – 19 avril 2018


Les clefs de la réussite scolaire ? Deux paramètres importants à considérer : le positionnement de l’enseignant et les méthodes d’apprentissage (mémorisation ou questionnement/élaboration)… mais restent aussi à traiter de problèmes très concrets (les infrastructures, les moyens disponibles) dans beaucoup de pays en développement, où les taux de scolarisation sont encore très peu élevés. De vrais défis à affronter pour avancer dans la réalisation de l’ODD4 de l’agenda 2030.


Comment les pays qui sont en tête des classements en matière d’éducation – Finlande, Japon, Singapour, Shanghai et Canada obtiennent-ils des résultats scolaires remarquables ? Quels sont les ingrédients de la réussite scolaire ? Quelles leçons peuvent tirer d’autres pays de ces expériences notamment au titre des Objectifs de développement durable et de l’agenda pour l’Éducation 2030 ? Tel était le thème du 3ème débat stratégique 2018 de l’IIPE conduit par Lucy Crehan, consultante internationale en éducation, qui vient de publier le résultat de son travail quasi « ethnographique » sur le terrain dans un livre au titre éloquent : «CleverLands, the secret behind the success of world’s education superpowers ».

« J’ai passé les deux dernières années à apprendre – de l’intérieur les meilleurs systèmes éducatifs du monde. Ce livre raconte mon parcours, vivre avec les enseignants, écouter les parents et les élèves, enseigner parfois moi-même, interviewer les responsables des politiques d’éducation et apprendre à quoi ressemble l’éducation dans des cultures complètement différentes. Les résultats des enquêtes TALIS et PISA de l’OCDE ont complété mes propres observations. »

Dans son intervention, Lucy Crehan devait aborder les similitudes et les différences pédagogiques de ces pays, la façon dont ils conçoivent la profession d’enseignant et la philosophie sous-jacente qui contribue à leur succès.1


Similitudes et différences pédagogiques

D’une façon très simplifiée, on peut distinguer deux modèles d’enseignement et, pour l’un et l’autre, deux modèles d’apprentissage :

  • Enseignement axé sur l’étudiant et enseignement axé sur l’enseignant ;
  • Apprentissage basé sur des stratégies de mémorisation et apprentissage basé sur des stratégies de questionnement et d’élaboration.

A partir des enquêtes internationales (PISA et TALIS) il est possible de cartographier la position des pays selon ces deux paramètres (méthodes d’enseignement et méthodes d’apprentissage).

Il ressort que huit des onze pays les plus performants en mathématiques et en résolution créative des problèmes (dont les cinq pays étudiés par Lucy Crehan) se situent tous dans une zone étroite caractérisée par un modèle privilégiant le rôle de l’enseignant et un apprentissage accordant la priorité aux méthodes de questionnement.


La profession d’enseignant

Il est reconnu que les enseignants sont l’un des facteurs clés de la réussite des élèves et des écoles et que les éléments qui font un « bon enseignant » sont multiples. La discussion s’est malheureusement limitée à un seul des aspects du travail de l’enseignant, celui de la préparation des cours et de la problématique d’un modèle généralisé privilégiant «l’auto-suffisance ».

Diverses études montrent qu’une grande majorité de professeurs préparent seuls leurs cours sans faire appel ou aux manuels ou à l’aide d’autres professeurs expérimentés. En Grande-Bretagne par exemple seul 10% des professeurs préparent leurs cours sur la base des manuels.
La situation est inverse pour les pays étudiés par Lucy Crehan : à Singapour 70% des enseignants basent leur cours sur les manuels, en Finlande le ratio est de 95%.


La philosophie sous-jacente ? Des attentes réellement élevées.

Dans 10 des 12 pays suivis par les enquêtes de l’OCDE ayant les meilleurs résultats scolaires, les élèves ne sont orientés vers des niveaux scolaires différenciés qu’après l’âge de 14 ans.

Dans 4 des 5 pays suivis par Lucy Crehan, il n’y pas d’orientation différenciée en fonction des aptitudes jusqu’à 15 ou 16 ans. Au lieu d’avoir des attentes moins élevées pour certains des élèves et de les mettre sur des voies différenciés avec des taches plus simples, il leur est donné un soutien scolaire supplémentaire.

Des enseignants bien formés planifient ensemble pour s’assurer que chaque concept est clairement enseigné la première fois, et ensuite expliqué de différentes façons jusqu’à ce que tous les élèves comprennent. Avant de passer à autre chose, ils consacrent le temps supplémentaire nécessaire pour les élèves qui ne comprennent pas ou prennent du retard.


Prolongement du débat

Le débat faisait également intervenir Sonia Guerrero, spécialiste de programme de développement des enseignants de l’UNESCO.

Mme Guerriero devait d’abord rappeler que le facteur clé de la réussite scolaire est la présence d’enseignants qualifiés et motivés, mais le problème aujourd’hui est qu’il manque mondialement 69 million d’enseignants pour atteindre l’objectif ODD-4 Education 2030. La question non résolue est : comment faire pour attirer des candidats de talents vers la profession d’enseignants ?

Partant des résultats des enquêtes du SACMEQ (Southern and Eastern Africa Consortion for Monitoring Educational Quality) Mme Guerriero a ensuite présenté des situations toutes autres où par exemple au niveau du « Grade 6 » en France 6ème, 20% des enseignants n’ont pas les manuels du maître, où 60% des élèves n’ont pas leurs propres livres scolaires, où les conditions de travail et des lieux de travail des enseignants et des élèves sont insatisfaisantes.


En forme de conclusion à ce rendu

L’intérêt de ce débat résidait certes dans la démarche « ethnographique » adoptée par Lucy Crehan et par l’éclairage apporté sur les systèmes éducatifs de quelques un des pays les plus performants, mais plus encore dans le rappel à la fin du débat qu’une très grande partie de la planète est confrontée à de nombreux autres problèmes : 263 millions d’enfants et de jeunes ne sont pas scolarisés, 14% des jeunes, et seulement 1% des filles les plus pauvres, terminent leurs études secondaires dans les pays à faibles revenus.

DG / 14-05-2018

1 Le débat stratégique de l’IIPE s’inscrivait dans la suite du séminaire du 14 et 15 mars 2018 à l’UNESCO sur le thème : « Histoires de réussite – Les raisons des performances scolaires exceptionnelles dans les pays les mieux classés.» conférence qui réunissait des représentants du Japon, d’Estonie, de Singapour, de Finlande, de Shanghai, de Corée, de l’IIPE, de l’UNESCO, de l’IEA et de l’OCDE.

Prévenir l’extrémisme violent à travers l’autonomisation des jeunes

L’autonomisation des jeunes
pour prévenir l’extrémisme violent
en Jordanie, Libye, Maroc et Tunisie

Lancement du projet le 24 avril 2018 à l’UNESCO


Un projet tourné vers la jeunesse, des formations et diverses autres initiatives pour lui ouvrir des Horizons porteurs de Paix, par le dialogue, le développement notamment, à concrétiser sur le terrain local pour permettre une meilleure intégration dans la société.

Des Témoignages pour éclairer le Chemin.


L’UNESCO (le secteur des sciences sociales et humaines) et le Centre des Nations Unies pour la lutte contre le terrorisme (UNCCT) ont lancé, le 24 avril, au siège parisien de l’UNESCO, un projet de deux ans dédié à la prévention de l’extrémisme violent dans quatre pays de l’Afrique du Nord (Maroc, Tunisie, Libye) et un pays du Moyen Orient, la Jordanie, tous quatre pays affectés par ce fléau.

Ce nouveau projet soutiendra des initiatives menées sur le terrain par des jeunes dans les domaines de l’éducation, des sciences, de la culture et des médias pour prévenir l’extrémisme violent. Des organisations de jeunesse, des acteurs du monde de l’éducation et des professionnels des médias seront mobilisés autour d’un ensemble d’activités telles que le dialogue interculturel à destination des jeunes, des formations sur la couverture médiatique des conflits ou encore des laboratoires destinés à développer la pensée critique.

A cet événement ont participé des personnalités comme la Directrice générale de l’UNESCO, Madame Audrey AZOULAY, le Secrétaire général adjoint du Bureau de la lutte contre le terrorisme des Nations Unies (UNOCT), Vladimir VORONKOV et des jeunes impliqués dans la société civile de ces pays comme Aslam Souli (Tunisie), Hajer Sharief (Libye) Loubna BENSALAH (Maroc), Nada ELFEITURI (Libye), Hayfa MANSOURI (Tunisie), Saddam SAYYALEH (Jordanie).


Hajer Sharief, co-fondatrice de l’ONG Together we built it et qui travaille depuis septembre 2011 sur la transition démocratique en Libye a exprimé quelques recommandations par rapport aux organisations internationales :

  • création d’un groupe d’experts informels ;
  • plus de jeunes dans les postes de décisions ;
  • plus de fonds pour les organisations de jeunes qui travaillent concrètement sur le terrain dans la prévention des conflits.

Aslam Souli, tunisien qui a créé l’association « L’Initiative Nationale de la jeunesse contre le Terrorisme » tout de suite après les attaques terroristes de Sousse, en 2015, a parlé de deux défis importants de ces pays : renforcement des capacités au niveau local et le problème de la réintégration des gens qui viennent de la guerre.

Loubna Bensalah, professeur marocaine de 25 ans, a marché plus de 1000 km, du Nord au Sud de la Tunisie, pour rencontrer des femmes et “ouvrir les yeux des gens sur les problèmes que vivent les femmes” (« I walk with her »). Loubna parlait de « l’autonomisation intellectuelle des jeunes », de la soif des gens, des femmes de communiquer.

Nada ELFEITURI est une jeune architecte qui s’implique dans la société civile libyenne, avec une préoccupation pour l’encouragement de l’implication civique de cette jeunesse à travers le développement économique.

Hayfa Mansouri (Tunisie) a partagé son expérience personnelle : endoctrinée par des islamistes radicaux à l’âge de 14 ans, elle se dédie actuellement à l’éveil de la conscience des jeunes.

Saddam Sayyaleh a lancé en 2014 une initiative appelée «J’apprends » pour les communautés de personnes marginalisées ou réfugiées de Jordanie. L’initiative utilise une approche communautaire pour autonomiser les jeunes et les enfants par l’éducation informelle, le bénévolat des jeunes et les partenariats mondiaux qui cherchent à établir des espaces sécuritaires favorisant l’innovation, le développement intellectuel et la pensée critique.

En conclusion, Audrey Azouley, a parlé de l’importance de la responsabilisation des jeunes dans la lutte contre l’extrémisme et surtout de l’importance de la culture dans cette lutte : en effet, les jeunes qui tombent dans l’extrémisme ignorent leur propre histoire. Si on connaît l’histoire, on peut se projeter dans le futur. D’où l’importance de connaître son patrimoine, son histoire, fait qui est censé créer des repères solides dans la confrontation avec différentes idéologies. Comme corollaire, il existe le projet d’entraîner les jeunes à s’impliquer dans la restauration du patrimoine.


Programme financé par l’UNCCT et le Canada, on pourrait se demander pourquoi des pays comme l’Algérie, l’Arabie Saoudite ou l’Irak n’y ont pas été entrainées. Tous ces jeunes ont néanmoins donné un bel exemple d’implication civique, solidaire et constructive dans ces pays.

O. B.

Patrimoine culturel subaquatique – 9ème réunion du STAB

9ème réunion du Conseil Consultatif Scientifique et Technique (STAB )

Journée du 24 avril 2018


Il est soulignée l’importance du STAB (Scientific and Technical Advisory Body) qui intervient surtout en cas d’urgence pour protéger les océans. C’est une action de plus en plus « pressante » de l’UNESCO pour laquelle 15 ONG sont accréditées.

Les principaux axes d’action sont :

  • les dernières ratifications sont celle du Koweït, de l’Égypte, prévues sont celle du Salvador, de la République Dominicaine ;
  • des réunions régionales et nationales : Afrique, à Rabat au Maroc, Indonésie, Costa Rica, Saint Domingue, San Salvador ;
  • renforcement des capacités quant aux mesures de formation en Iran, au Mexique et en régions arabes ;
  • la collaboration avec Interpol ;
  • rendre les communications plus fluides entre les États membres.

Monsieur Michel L’Hour du STAB demande qu’il soit constitué une liste d’experts qui seraient mobilisables gratuitement pour accompagner le STAB en mission sur tel ou tel point. Accroître le panel des scientifiques.

Il a cité d’autre part la question que pose l’épave du galion sous pavillon espagnol de 1708 trouvé dans les fonds marins colombiens rempli de pièces d’or et d’émeraudes. Il s’agit en première opération d’une action politique et diplomatique avant d’engager l’action technique d’extraction.

Lire le compte rendu exhaustif de la réunion du STAB sur le site web de l’UNESCO

Convention sur la protection du patrimoine culturel subaquatique


Journées des 23 & 24 avril 2018


La protection du patrimoine culturel subaquatique porte autant sur la protection du patrimoine naturel des sites (rivages, fonds marins, faune, coraux…) que sur les vestiges archéologiques engloutis ou les épaves de navires pouvant remonter parfois à la préhistoire.

Ce patrimoine peut être menacé par les changements climatiques ou les érosions maritimes ou bien par les atteintes humaines telles que les pollutions, des exploitations marines désordonnées ou par le piratage et le pillage.

Les journées des 23 et 24 avril ont permis aux spécialistes et aux publics intéressés de prendre la mesure des actions en cours ou souhaitées par les différents partenaires institutionnels ou ONG.


Madame Mechtild Rössler Directrice de la Division du patrimoine a ouvert la session.

La convention de 2001 protège le patrimoine englouti que ce soit dans les océans ou dans les eaux intérieures. La convention existe pour lutter contre toutes formes de commerce illicite de biens culturels qui sont à l’origine d’identité culturelle… L’UNESCO soutient et renforce la protection du patrimoine subaquatique.


Monsieur Vladimir Ryabinin, Secrétaire exécutif de la Commission océanographique intergouvernementale (COI) a soulignées les mesures prises pour la santé et la protection des océans. La COI est une maison des sciences au sein de l’ONU. qui a développés des moyens scientifiques de protection des côtes par des plans maritimes spéciaux. Les océans sont un patrimoine commun.

Les sciences des océans, du climat et du patrimoine doivent se coordonner dans le cadre du développement durable.


Son Excellence Monsieur Laurent Stéfanini Président de la Conférence des États parties à la Convention 2001 insiste sur le besoin d’élargir le nombre des ratifications de la Convention qui ne sont à ce jour que 58. Il attire l’attention des États au sujet de l’épave trouvée dans les fonds colombiens objet, de grandes convoitises illicites au regard de la grande quantité d’or et d’émeraudes qu’elle renferme.


Monsieur Azzedine Karra Président du Conseil scientifique et technique de la Convention de 2001 (STAB) rappelle l’importance de l’application de la Convention 2001 quant aux missions des États qui demandent une intervention rapide.

Le STAB a envoyé la dernière mission en Bulgarie en novembre 2017. Il s’agissait d’une action conjointe avec ICOMOS. Monsieur Karra a souligné d’une part l’importance d’un travail coordonné et d’autre part l’importance de conserver la bio-diversité aquatique.


La deuxième partie de la matinée a porté sur le patrimoine et nos océans.

Madame Mechtild Rössler Directrice de la Division du patrimoine a insisté sur l’importance de la protection du patrimoine aquatique dans la mesure où 71 % de la planète terre est recouverte par les océans. Les océans sont le plus grand musée archéologique du monde et 95 % des océans sont inexplorés. 49 sites marins existent dans le monde.
Les missions conjointes entre Interpol, l’ONU, ICOMOS, la COI sont encouragées.


Madame Ulrike Guérin Convention 2001 UNESCO souligne l’importance du travail de la COI. La préservation du patrimoine culturel subaquatique concerne les activités de l’humanité, par exemple la pèche pour la nourriture, le littoral pour le tourisme, etc. Les villes côtières sont menacées par la montée du niveau de la mer.

On doit prendre en considération les cultures propres
Le patrimoine est, pour une grande part, enfoui sous les eaux et reste inconnu.


Monsieur Michel L‘Hour (STAB) Directeur du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines du Ministère de la culture de France a insisté sur le besoin de la protection du patrimoine englouti, immergé . Les océans sont des espaces d’échanges ancestraux et aussi les côtes sont des lieux de concentration humaine.

Aujourd’hui les océans sont une « poubelle » d’objets indestructibles (plastiques), les cargaisons ont changé (hydrocarbure)… Ainsi l’activité humaine laisse-t-elle des traces. On peut circuler sur les océans sans surveillance, y travailler de façon clandestine (pêche). L’activité industrielle produit aussi des dégâts.


Monsieur Julian Barbière COI – UNESCO, a parlé du développement durable dans le cadre de la décennie internationale des sciences océanographiques et archéologiques. Dans ce cadre là, les questions relatives à l’économie, la sociologie et la culture sont des préoccupations de plus en plus importantes. Les projets de la COI portent sur : la cartographie des bassins du monde, l’identification des espèces, la définition des priorités à mettre en œuvre, la prise en compte des question de sécurité en mer, l’étude des transformations de l’écologie marine, la collecte des nouvelles informations…


Madame Fanny Douvere Programme marin du patrimoine mondial UNESCO, rend compte de sa mission. 49 sites marins sont classés sur 1073 qui figurent au patrimoine de l’ONU. 9 Sites sont considérés en danger, les sites hawaïens coralliens dus au réchauffement climatique, les sites menacées par les pêches illégales, les sites pollués par le trafic maritime et les déversement de produits toxiques.


En fin de matinée une table ronde ayant pour sujet « le patrimoine culturel des océans – une occasion de promouvoir la Convention de 2001 » a réuni :
Monsieur Vladimir Ryabinin, Monsieur Blim Blivi (STAB-Togo), Madame Dolores Elkim (STAB-Argentine), Son Excellence Monsieur Laurent Stéfanini, Monsieur Azzedine Karra.

Un travail de sensibilisation par des ateliers, des expositions permettrait de s’inscrire à la mise en application de la Convention de 2001. L’environnement préhistorique des fonds marins des océans donne des informations sur les événements naturels comme les tsunamis, les mouvements tectoniques sous marins, etc.
Le Togo salue salue la collaboration des institutions comme la COI, le STAB. Le Togo souhaite un document administratif qui précise cette collaboration.

Marie Christine LATTES, Denis CHAIGNE

Rapport mondial des Nations Unies sur la mise en valeur des ressources en eau – 2018

Document présenté en réunion à l’Unesco, le 3 avril 2018

LES SOLUTIONS FONDÉES SUR LA NATURE
POUR LA GESTION DE L’EAU


Travailler avec la nature et non contre elle” (1)


Pour la gestion de l’eau, des solutions existent, fondées sur la nature, (SfN) par exemple en imitant des processus naturels.
Ces « SfN » ont servi de fil conducteur pour l’élaboration du rapport mondial des Nations Unies sur la mise en valeur des ressources en eau pour la sécurité alimentaire et agricole, la biodiversité, l’environnement, la réduction des risques de catastrophes et au regard des changements climatiques.

Ces améliorations devraient être particulièrement prometteuses pour la production alimentaire durable, l’accès au service d’eau potable et d’assainissement, pour la réduction des risques en cas de catastrophes pour aider à faire face aux effets sur l’eau, des changements climatiques.

Elles participent au mouvement général de la réduction de la production de déchets et à leur recyclage.

La demande en eau augmente de l’ordre de 1% par an. La demande industrielle et domestique augmente plus rapidement que la demande agricole qui reste cependant la plus importante au plan mondial.

En raison des changements climatiques, on constate à la fois que les régions les plus humides deviennent généralement plus humides et les plus sèches s’assèchent encore davantage. Les zones exposées aux inondations concernent de 1,2 à 1,6 milliards d’habitants, et les zones touchées par la désertification et la sécheresse, environ 1,8 milliards de personnes.

Le rôle de la végétation, forêt, prairies et terres cultivées est fondamental dans la gestion de l’eau en quantité et en qualité. La végétation devrait plutôt être perçue comme « recycleuse d’eau ».

A l’échelle mondiale, 40% des précipitations terrestres viennent de l’évaporation des plantes au vent et autres processus d’évaporation des sols.

Les décisions dans le choix de l’utilisation des sols peuvent entraîner des conséquences importantes sur les ressources en eau, pour les populations, pour l’économie et l’environnement y compris dans d’autres endroits plus éloignés.

Les SfN ont également un rôle fondamental pour réguler la qualité de l’eau, car la végétation peut réduire les charges en sédiments, capturer et retenir les polluants et recycler les éléments nutritifs.

« Le recours plus systématique aux SfN jouera un rôle fondamental pour répondre aux principaux enjeux actuels de la gestion des eaux, en vue de maintenir et d’améliorer la disponibilité et la qualité de l’eau, tout en faisant reculer les risques qui y sont relatifs ».


Le rapport intégral
Rapport mondial des Nations Unies sur la mise en valeur des ressources en eau 2018
Les solutions fondées sur la nature pour la gestion de l’eau

English Français Español (pdf)


Le résumé
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Italiano | Português | हिन्दी German (pdf)


Faits et chiffres
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Italiano | Português (pdf)


Notes d’allocution (pdf)
English | Español (pdf)

Citer comme: « WWAP (United Nations World Water Assessment Programme). 2018. The United Nations World Water Development Report 2018: Nature-based Solutions. Paris, UNESCO. »


Présentation(2)
English | Español (ppt)


Visiter la page du site web de l’UNESCO consacrée au Programme Mondial pour l’Évaluation des Ressources en Eau (WWAP)

(1) Mme Azoulay Directrice générale de l’UNESCO
(2)Lorsque vous citez ou utilisez des parties de cette présentation, veuillez citer:“WWAP Presentation: Launch of the UN World Water Development Report 2018”

204ème session du Conseil Exécutif – Derniers échos

Les restitutions des Commissions spécialisées et les Conclusions

séances des 16 et 17 avril 2018


Les délibérations du Conseil se concluent par la partie « opérationnelle » avec la présentation en séance plénière des rapports des Commissions PX (Programmes et relations extérieures), FA (Finance et Administration) + la restitution de la Commission conjointe (FA et PX).


Les Présidents restituent la teneur des débats au sein des Commission et commentent les principaux points soumis à l’approbation du Conseil exécutif. Cette matière, travaillée les jours précédents, constitue l’un des éléments essentiels de toute réunion du Conseil exécutif. Au total les trois Commissions ont tenu une douzaine de réunions, examiné une trentaine de sujets qui ont donné lieu à l’élaboration d’une quarantaine de Recommandations ou de Décisions qui, à très peu d’ajustements près, ont été adoptées en fin de session. Les réactions des délégations ont été surtout exprimées lors des échanges au sein des Commissions et non lors de la dernière réunion plénière.

De ce qui constitue comme une feuille de route pour l’institution éclairée par les commentaires des États, on pourra retenir quelques points qui sont loin de restituer toute la richesse des échanges mais qui, d’une certaine manière, semblent traduire assez bien un état d’esprit ou même des positions ou priorités pour l’UNESCO.


Les Programmes et Relations extérieures :

  • on salue les efforts pour mieux suivre les programmes et on souhaite que soient bien spécifiées les orientations stratégiques qui les sous tendent (un rapport est prévu pour le printemps 2020 à ce sujet) ;
  • on insiste pour que soient bien mis en évidence les impacts réels pour les pays bénéficiaires, avec une juste appréciation (évaluation) des choses, y compris la dimension financière ;
  • à plusieurs reprises, on fait ressortir les besoins de cohérence (rester centré sur le mandat UNESCO et miser sur ses avantages comparatifs), d’efficacité (agir au mieux au sein du systèmes onusien, voir ici la bonne répartition des travaux entre les agences, les coopérations ou synergies) ;
  • l’accent toujours mis sur le rôle de l’Éducation avec deux dimensions soulignées comme méritant des efforts particulier : le sport (voir notamment la référence au plan de Kazan) et le développement durable (sujet sur lequel le Japon joue un rôle leader) ;
  • la place des Jeunes : approbation de l’idée de plus les impliquer, appel à revoir les modalités d’organisation du Forum (sa composition, sa représentativité, son format etc), propositions pour que soient promues certaines valeurs (l’engagement, l’autonomie) et que l’on décline les rencontres à un niveau local. Rien n’est spécifié à propos d’éventuelles ONG tournées vers la jeunesse.

Parmi les autres sujets examinés, on mentionnera :

  • le prix de la vulgarisation scientifique que soutient l’Inde ;
  • le Programme Mémoire du Monde : vaste programme qu’il y a lieu de poursuivre avec pleine et juste implication des États, mais aussi recours aux experts et rôle à faire jouer aux facilitateurs qui ont pour vocation de veiller à un bon équilibre des réalisations/productions ;
  • la protection des Patrimoines, tout particulièrement dans les zones de conflit : accord envisagé pour une coopération avec la Fondation ALIP (alliance internationale de protection du patrimoine), soutien unanime à l’initiative en faveur de Mossoul, idée avancée que l’on pourrait élargir à d’autres lieux (Alep, Palmyre) ;
  • toujours à propos du Patrimoine, le Comité du Patrimoine mondial qui s’est réuni a bien fonctionné, progrès notamment du côté Proche Orient ;
  • la protection des spécificités culturelles matérielles ou immatérielles : point particulier concernant Crimée la, appel à concrétiser ce qui a déjà été décidé, le suivi au travers d’un dialogue. Cette question fait partie des quelques thèmes où l’on ressent les effets de la politisation que plusieurs délégations déplorent. (voir par ailleurs ce qu’a dit en séance introductive l’Ukraine à propos de la défense des langues maternelles) ;
  • les géoparcs : 3 nouveaux inscrits au réseau ;
  • les retombées du dernier Forum sur l’eau qui s’est tenu à Brazilia : grand succès de l’évènement, une déclaration ministérielle, les conclusions seront présentées à l’Onu en juillet (en lien avec l’ODD6). Le prochain forum se tiendra au Sénégal en 2021. Sur ce thème majeur, il est rappelé à quel point la résolution des problèmes touchant à l’eau peut contribuer à la Paix, au Développement et au Respect des Droits de l’Homme.

La Gestion :

  • la reconnaissance que le plan d’urgence est géré efficacement ;
  • un débat et des positions exprimées sur la question de la couverture des coûts ;
  • le souci exprimé et attention requise pour ce qui touche au financement de la Transformation stratégique et la transition avec la crainte d’une dépense excessive, notamment du fait du recours éventuel à des consultants ;
  • les arriérés : les retards sont inacceptables quelles qu’en soient les raisons. Les États sont tenus par leurs obligations.

Question posée concernant le choix des programmes sous l’angle financier : une concentration sur des opérations d’envergure permet des économies d’échelle, mais il faut aussi se soucier des opérations plus modestes en considérant d’autres aspects que le purement financier. En tout état de cause, c’est le Conseil exécutif qui donne les orientations.

Parmi les recommandations, on appelle à bien suivre les recommandations de l’audit ainsi que celles de la Cour des comptes française qui a produit notamment un rapport sur la gestion du réseau hors siège.

Quelques considérations exprimées sur les instituts de catégorie 1 (notamment l’institut de la statistique qui est essentiel et dont on va assurer les moyens) et de catégorie 2 qui sont utiles à la mise en œuvre des programmes mais qui doivent être aidés par les États qui les accueillent. Il y a lieu de toujours vérifier le bien fondé de leurs activités dans le cadre UNESCO.

Les interventions des délégués reprennent souvent les idées de transparence, évaluation rigoureuse, études préalables et consultation.

Deux points particuliers ont fait l’objet de questions en rapport avec les projets de la Directrice générale :

  • le pilotage de la transformation (comité de pilotage, groupes spécialisés) et la réforme de la communication ;
  • la gestion des Relations Humaines : à d’assez nombreuses reprises, la demande est réitérée d’une plus grande représentativité géographique dans les recrutements.

Dernier point relevé à propos de l’éthique : il y a insistance pour que ce sujet soit traité de façon approfondie, que rien ne soit éludé et, qu’à tous les niveaux de l’institution, il y ait des sanctions en cas de manquements avérés.


Stratégie

Soutien exprimé à la Directrice générale, sur le principe à tout le moins, étant observé qu’on engage à peine le processus, mais, est-il aussi rappelé avec insistance, ce seront les États qui devront entériner les grandes orientations. Il y a tout de même assez large accord pour aller dans le sens de plus d’efficacité et vers une modernisation du fonctionnement.

Tout au long de la session, de nombreux délégués ont rappelé la nature intergouvernementale de l’UNESCO. S’il y a là rien de nouveau, ces déclarations paraissent s’être faites plus insistantes cette fois ci, très certainement à raison des changements stratégiques en train de s’opérer. S’il y a eu, là aussi comme à l’accoutumée, de justes considérations à propos du rôle de la société civile et des contributions que peuvent apporter les experts ou les PNG, ce sujet a été peu évoqué, et la restitution donnée de la Commission des Partenaires non Gouvernementaux (voir notre compte rendu) a été « très sobre ». De façon symptomatique, on signalera un court échange tout à la fin de la réunion finale, lorsqu’il a été question d’esquisser les sujets de la 205ème session : une délégation (soutenue par une autre au moins) s’est étonnée de voir qu’une nouvelle réunion du Comité des PNG était prévu. La France et la Finlande ont atténué la portée de cette intervention, intervention au demeurant illustrative de certaines nuances de pensée à propos des PNG dans leurs possibles collaborations.


Dernière intervention de Mme Azoulay

Courte intervention en fin de séance pour :

  • remercier les délégués du soutien apporté au « processus » de transformation qu’elle propose ;
  • bien assurer que tout sera fait en bonne intelligence entre les organes directeurs et les États ;
  • se féliciter des débats positifs qui ont pu être menés sur certaines questions comme ce qui a trait à la protection des patrimoines (une allusion au sujet du Proche Orient) : de l’importance du dialogue, d’un dialogue responsable.

Enfin, la directrice générale à tenu à adresser tous ses remerciements à ceux qui ont contribué à la réussite de cette session (le groupe préparatoire notamment, les États) et qui illustrent ainsi toute la richesse que peut produire « la Puissance collective » (NDLR : le propos est de circonstance, l’UNESCO a en tout cas tout à gagner qu’il se traduise positivement pour les temps à venir).

204ème session du Conseil exécutif – séance introductive du 9 avril 2018

Vers une grande transformation, stratégique, organisationnelle et managériale

Les discours du Président du Conseil exécutif, M Lee, de la Directrice générale, Mme Azoulay, et de la Présidente de la Conférence générale, Mme Alaoui.


Propos liminaire du nouveau Président M. Lee qui a souhaité, avec les renouvellements engagés, que l’UNESCO surmonte les difficultés du moment et que l’on fasse preuve d’optimisme au service d’une institution dont les compétences sont essentielles. Il a rappelé brièvement les enjeux que représentent pour l’UNESCO les défis d’un monde qui change rapidement et la nécessité de fonctionner autrement. Pour parvenir à défendre « l’esprit UNESCO » et les valeurs fondamentales que sert l’institution, il a appelé tous ses membres à faire preuve de bonne volonté et à agir ensemble avec un sens des responsabilités et une aptitude à savoir faire des concessions mutuelles.

Intervention de la directrice générale, Madame Azoulay dont c’était la première déclaration devant le Conseil exécutif. Très attendue, son assez longue allocution n’aura pas déçu, elle a été saluée par de nombreuses délégations lors du débat qui a suivi.

Des propos tenus par la nouvelle Directrice générale, on aura pu noter certaines confirmations de ce qu’elle avait pu esquisser lors des premiers événements auxquels elle a participé depuis son entrée en fonction il y a quatre mois. Cependant, cette fois ci, on a entendu un discours très complet, clair et engagé, portant la marque d’une personnalité qui d’entrée signale sa résolution à vouloir transformer profondément l’institution tout en préservant l’esprit qui l’anime depuis sa création au service de la Paix dans les domaines de sa compétence.

Avec beaucoup de conviction, elle a exprimé son souhait de voir l’UNESCO mieux reconnue et, dans une expression très structurée, sans préjuger de ce qui pourra ressortir des groupes de travail qu’elle compte mettre en place, elle a néanmoins donné des lignes de conduite et des principes directeurs relativement précis, et annoncé un premier train de réformes organisationnelles avec comme principale innovation l’annonce de la création d’une entité au niveau Direction (dirigée par un Adjoint DG) en charge des domaines Ressources humaines, Finance, Fonctions support et sécurité ainsi que de la communication et traitement de l’information.

De façon plus précise on aura retenu les éléments suivants :

  • Insistance sur la nécessité des coopérations et du multilatéralisme, deux principes sans lesquels, notamment dans le domaine de l’éducation, l’UNESCO ne pourra pas vraiment mener ses programmes ;
  • Un espoir exprimé en discernant quelques signes d’encouragement (comme par exemple des signes de bonne volonté venant d’une douzaine d’États qui ont mieux honoré leurs engagements ces derniers mois) ;
  • Appel à sortir des vaines querelles ou des conceptions fondées sur la seule défense des intérêts nationaux : il ne faut pas entrer dans ce cercle vicieux, on doit développer des dialogues apaisés en misant sur l’intelligence collective ;
  • S’agissant de l’organisation de la gestion des ressources humaines, la DG entend encourager la mobilité, renouveler les pratiques et les équipes, alléger les conditions de fonctionnement, et fonder les recrutement sur quatre critères bien précis : le genre, la diversité, les compétences et le rajeunissement ;
  • Souhait de plus et mieux intégrer les initiatives de l’UNESCO dans le système onusien avec un double objectif : éviter les doublons et mieux faire reconnaitre le savoir faire de l’institution là où elle a manifestement un « avantage comparatif ».

Les Programmes

Quatre points à relever :

  • Placer les Programmes au cœur de la transformation stratégique, pour relever les grands défis de l’heure, en les intégrant bien dans le Monde et avec le concours des États ;
  • Penser les Programmes : sélection sur la base d’une analyse préalable rigoureuse – critique et prospective- , appréciation du pour et du contre, consultation et avis d’experts extérieurs indépendants, ciblage sur les priorités (pas de dispersion).

Quelques grands chantiers mis en exergue comme illustration des priorités :

  • les actions pour prévenir l’extrémisme violent (voir notamment un programme soutenu par le Canada destiné à plusieurs pays du pourtour méditerranéen : initiative tournée vers les jeunes) ;
  • actions concernant l’environnement (un projet soutenu par la Banque africaine de développement associant plusieurs pays du Sahel concernant le lac Tchad) ;
  • l’initiative « Esprit de Mossoul » avec trois composantes : reconstruire, développer des actions culturelles, participer à la restauration du système éducatif ;
  • souhait que pour tous les programmes on puisse mobiliser au mieux les ressources du numérique et pleinement exploiter les « data » dont on peut disposer, avec le concours de l’Institut des statistiques qui doit être conforté.

Les secteurs
Coups de projecteur très complet pour à la fois exprimer certaines appréciations et lister les domaines sur lesquels doivent travailler les services, en signalant aussi certains des évènements à venir.

Éducation
C’est sur ce domaine tout à fait essentiel qu’ont été consacrés les plus longs développements. Trois réflexions préalables, expression de trois problématiques sur lesquelles il faut faire porter les efforts : l’inégalité « Homme-femme » encore trop criante, la Performance des systèmes éducatifs et la Valorisation des travaux conduits, avec ici un rôle d’impulsion que pourra jouer le « Conseil directeur de l’Éducation ».

L’agenda 2030 avec l’ODD4 pour lequel l’UNESCO est chef de file (avec un Conseil de pilotage dédié) est essentiel. Mme Azoulay salue l’initiative de l’Argentine qui a fait inscrire l’Éducation comme une priorité du G20.

La Directrice générale affirme que le domaine Éducation est une grande priorité de l’UNESCO parce que c’est le meilleur moyen de servir la Paix (résilience, réconciliation, harmonie). L’institution doit pleinement jouer son rôle et le rendre plus visible ou lisible, qu’il s’agisse de définir des normes, donner des éclairages ou suggérer des lignes directrices ou enfin d’aider les États.

Sciences et Sciences Humaines

Beaucoup de sujets ont été rappelés,  notamment :

  • ce qui a trait à l’eau (allusion au récent forum de Brazilia, publication du rapport sur la « diplomatie de l’eau ») et aux océans (soutien à la COI) ;
  • s’agissant des SHS, Le rôle de la COMEST est souligné.

Culture

Quatre problématiques mises en évidence

  • la protection des patrimoines (matériels et immatériels) dans les zones de conflit (qui fait écho à la résolution 2347 de l’ONU)
  • la circulation des biens culturels (une conférence prévue pour le mois de juin) ;
  • l’accompagnement des industries culturelles ;
  • le réseau des villes créatives pour un développement durable ;

Communication et Information

  • rappel des thèmes déjà traités mais qu’il faudra continuer d’étudier (le racisme, le dialogue interculturel, la liberté d’expression, les réfugiés etc) ;
  • autres préoccupations importantes : la sécurité des journalistes (femmes tout particulièrement), préservation et accès au patrimoine documentaire y compris le numérique.

L’éthique du numérique et l’intelligence artificielle ont fait l’objet d’un développement précis. S’il y a en ce domaine une ambivalence avérée et beaucoup d’ambiguïté, il importe que l’UNESCO s’y intéresse au titre de ses compétences. S’il s’agit de questions complexes à dimension transversale, dans un contexte mouvant et incertain, il y a lieu d’engager une réflexion sur la nécessité d’introduire certaines normes. Pour la Directrice générale, le sujet doit être travaillé (évolution du droit, définition d’un cadre) de façon à pouvoir aider les États dans les politiques publiques qu’ils doivent maintenant envisager. L’UNESCO pourrait alors élaborer un message à leur attention : par exemple sous forme d’une déclaration à la manière de ce qui a été fait il y a quelques années sur le génome.

Ouvrir l’organisation

  • d’abord le Siège en le rendant encore plus accueillant, notamment au travers d’une meilleure valorisation du patrimoine artistique dont dispose l’UNESCO ;
  • ensuite en intensifiant la communication institutionnelle pour que la voix de l’UNESCO soit plus entendue, et qu’on la reconnaisse plus qu’actuellement comme une référence : un groupe de travail devra réfléchir à ce sujet sur le contenu et l’organisation de la communication avec cette idée de messages à plus faire entendre ;
  • Les partenariats doivent être développés notamment avec le secteur privé (voir ici deux exemples, ceux de L’Oréal sur la promotion de la Femme dans le domaine de la Science et de l’OCP au Maroc sur l’avenir de l’Afrique). Cela doit être fait de façon professionnelle et des formations devront être organisées sur ce point en particulier pour ce qui est de la levée de fonds.

Moderniser l’ensemble de l’organisation

Réforme des structures, nouvelles pratiques managériales, accent mis sur : l’évaluation des performances, formation et la mobilité, l’organisation des délégations, des circuits de décision, du travail sur le terrain (Le Réseau), les interactions avec les autres agences de l’ONU.
Sur tous ces sujets des groupes de travail vont être appelés à faire des propositions qui devront être issues d’une large concertation. L’ensemble des chantiers devra être piloté par une équipe projet dédiée qui devra être dotée en moyens suffisants.

Conclusion de la Directrice Générale

Le propos conclusif de la DG a résonné comme un appel mobilisateur dont on retiendra les interpellations suivantes :

  • si nous voulons répondre aux nombreuses attentes, il faut rester unis et agir Ensemble ;
  • on doit se moderniser pour rester à la hauteur des défis à relever ;
  • si on veut que l’UNESCO exerce efficacement ses Missions au service de la Paix, les États doivent nous aider, c’est un devoir sacré car notre institution est à un tournant décisif de son histoire ;
  • et cela doit s’opérer au travers de dialogues dont on ne peut que tirer un bénéfice comme l’a dit J HABERMAS cité par la Directrice générale en parlant du « gain de la discussion » lorsqu’on sait « se décentrer » car c’est le meilleur moyen pour « appréhender la diversité » ;
  • invitation à mener ces dialogues en confiance et de manière responsable, pour les traduire en acte dans les programmes qui doivent illustrer le rôle unique que joue l’UNESCO comme conscience morale de l’humanité.

Allocution de Madame Alaoui, Présidente de la Conférence Générale

Comme elle l’a fait en novembre devant la Conférence Générale lors de sa prise de fonction, pour cette première adresse à un Conseil exécutif largement renouvelé, Mme Alaoui a prononcé un discours très engagé, avec des paroles fortes pour dire que l’UNESCO est à la croisée des chemins, qu’il lui faut voir se dessiner un avenir serein… Il est crucial alors, nous a-t-elle dit, de réformer l’organisation, de s’engager dans une transformation stratégique, d’assurer une mobilisation des ressources suffisantes et consolider le réseau hors siège, entrer dans la modernité tout en restant fidèle aux valeurs qui la fondent en vérité, mais, a-t-elle ajouté, rien de tout cela ne pourra se faire si l’ on est incapable de préserver la confiance partout et entre tous (la Direction générale, les Services , les organes directeurs).

L’important est que l’UNESCO préserve son âme, et, ajoute l’oratrice, cela rend impératif le respect de quelques principes essentiels :

  • nos combats doivent être collectifs, il faut être solidaire ;
  • notre souci doit être l’UNESCO avant tout, il faut se garder des vaines querelles qui ne feront qu’en altérer l’image ;
  • nous sommes tous égaux, pour assumer ensemble une grande responsabilité collective ;
  • il faut viser l’entraide, mettre notre valeur ajoutée au service des Populations, avec des impacts sur le terrain, visibles, qui concourent à la crédibilité de l’UNESCO ;

Nos discours doivent se traduire en actes, mais pour être crédibles et gagner la confiance, il faudra avoir la confirmation d’une stratégie clairement définie, une bonne articulation des organes directeurs et une saine gestion menée dans un cadre réformé. S’il faut restituer au terrain son juste positionnement, on doit se garder d’abandonner le domaine de la réflexion intellectuelle ou spirituelle et, aux confins des deux, il y aura lieu de consacrer toute leur place aux questions éthiques.

De ce vibrant appel, en conclusion du propos retenons ces quelques mots : « l’UNESCO est entre vos mains, elle sera le produit de ce que vous déciderez »… Une interpellation qui, il faut l’espérer, va pouvoir être suivi d’effets positifs dans les temps à venir.
( à suivre synthèse des débats et réponse de la directrice générale)

204ème session du Comité Exécutif – politique générale – débat et réponses de la Directrice générale

Les 9 et 10 avril

Débat sur la Politique générale
Réponses de la Directrice Générale
Réforme et Relance de l’Unesco engagées
Transformation stratégique

 

L’organisation des échanges :

Conformément à la pratique habituelle, la cinquantaine de membres du Conseil (dont une dizaine de nouveaux délégués) se sont exprimés sur les orientations générales données par la Directrice générale et décrites dans un document de référence salué par plusieurs intervenants pour sa qualité. Ces interventions, qui sont limitées dans le temps (six minutes) donnent aussi souvent lieu à des observations générales ou sont mises à profit pour évoquer des points particuliers concernant les États, les présidents de chaque groupe régional prononcent aussi une déclaration au nom de leurs membres ; Autre observation touchant à l’organisation des discussions, plusieurs délégués ont salué la nouvelle façon de préparer désormais les sessions du Conseil, à savoir une prise en charge de l’exercice par un groupe de travail présidé par Mme Houphouët-Boigny, ambassadrice déléguée de la Côte d’Ivoire. Cette nouvelle approche qui met fin aux intersessions jugées trop lourdes satisfait d’autant plus que ces travaux préparatoires conduits efficacement se sont bien déroulés avec des effets positifs pour la présente session.

Les déclarations des États :

Des déclarations entendues (45 États membres), on pourra retenir les points suivant :

D’abord, on aura noté les nombreux soutiens exprimés en faveur des réformes proposées, des principes énoncés (la transparence, la mesure des résultats, la redevabilité , l’éthique en général mais aussi au sein de l’institution elle-même etc) et aussi de la méthode suggérée avec une approche projet, des groupes spécialisés, une large concertation.

Beaucoup de délégués se félicitent de voir la Directrice générale donner pour l’UNESCO une vision globale claire, cohérente et ambitieuse, et affirmée avec beaucoup d’énergie. Il y a un large consensus pour soutenir son idée d’opérer une « Transformation stratégique » et une réforme significative de l’organisation et de son mode de fonctionnement au quotidien.

Certains ont salué l’engagement de Mme Azoulay à vouloir traiter « à bras le corps » le sujet budgétaire et financier. S’il importe que les États respectent leurs obligations en la matière, la question des financements extra budgétaires ne doit pas être éludée. Tout en y voyant un moyen de mener positivement certaines actions, plusieurs délégués recommandent la prudence en la matière (ces ressources ne sont pas pérennes, elles peuvent plus servir l’intérêt des donateurs que la solidarité laquelle peut être mieux servie au travers du budget ordinaire).

S’agissant de la gestion et du fonctionnement, comme lors du débat spécialisé organisé sur le sujet, il est bien recommandé de s’inspirer des conclusions du groupe « gouvernance » présentées lors de la dernière Conférence générale et de tenir compte des observations figurant dans les rapports d’audit.

On se félicite de voir la direction générale se préoccuper de l’avenir de Institut des Statistiques.

Sur les thèmes jugés prioritaires, le domaine Éducation est très largement considéré comme « LA » grande priorité. C’est ce qu’a rappelé la Directrice générale dans son discours introductif et c’est ce qui découle aussi des responsabilités assignées à l’UNESCO au titre de sa fonction de chef de file avec le pilotage de la réalisation de l’ODD4 de l’agenda 2030.

L’attention à porter aux jeunes est primordiale, et si , sur ce point, leur participation plus importante aux réflexions de l’UNESCO est souhaitée (par exemple avec le Forum des jeunes qui doit pouvoir plus les associer aux travaux de la Conférence générale), il est crucial aussi d’utiliser au mieux les ressources de l’Unesco allouées à l’Éducation en faveur d’actions qui doivent contribuer à la Paix et au développement : éradication de la violence et prévention de l’extrémisme violent, éducation à la citoyenneté, et aussi, très important pour les Pays en développement, notamment bon nombre de Petits États Insulaires, les aides en faveur de l’enseignement technique et professionnel, ou le soutien pour l’éducation numérique (apports en équipements et formations).

Trois pays (Liban, Jordanie, Bangladesh) particulièrement concernés ont rappelé l’acuité de la question touchant aux réfugiés, et tout particulièrement celle de l’éducation de leurs enfants : problèmes de grande ampleur auxquels il faut faire face dans des conditions difficiles en ouvrant des écoles, l’École essentielle pour contribuer à l’harmonie.

Un souci a été exprimé à propos du Bureau International de l’Éducation de Genève : n’est ce pas une organisation (centre de catégorie 1) en train de péricliter ?

Second grand thème évoqué : les questions culturelles, en rapport bien entendu avec les questions touchant au Patrimoine et à sa protection face aux risques de destruction ou de dépérissement, de pillage et de trafic (voir la prochaine conférence à ce sujet). La question des langues est aussi mise en avant (défense des langues autochtones, du multilinguisme, notamment dans l’enseignement primaire) : il y va du respect des identités. La diversité est elle aussi considérée comme une dimension qui, dans de nombreux pays, fait l’objet d’une grande attention et, à l’instar de ce que défend l’UNESCO (cf la convention culture de la diversité de 2005) plusieurs délégations marquent le bénéfice que revêt dans leur pays le dialogue interculturel, et aussi interreligieux (Indonésie, Pakistan). Un délégué a rappelé le propos du pape François qui insiste précisément sur la nécessité de la rencontre avec les autres, d’une ouverture d’esprit qui permet de rayonner et d’abattre les murs plutôt que d’entretenir l’enfermement.

Toujours sur le terrain culturel, au moment où se célèbre le 25ème anniversaire du programme Mémoire du Monde, on signale ce qui est fait à propos de l’Histoire en Afrique, et d’une façon plus générale, un délégué appelle à ne pas négliger cette activité de préservation immatérielle des patrimoines. Cette considération peut être mise en parallèle avec les travaux menés sur les archives documentaires y compris numérique, travaux menés par le secteur Communication et information.

L’initiative « Esprit de Mossoul » emporte une totale adhésion car elle vise précisément à permettre de reconstituer l’identité culturelle de toute une population avec le soutien de la communauté internationale..

Dans le domaine des Sciences, plusieurs pays insistent pour que cette composante majeure de la Connaissance et du Savoir ne soit pas négligée, la Russie tout particulièrement, l’Inde aussi.

L’eau et ce qui traite des océans sont mentionnés comme un centre d’intérêt très important, l’UNESCO est approuvée dans ce qu’elle fait au travers du PHI (programme hydrologie) et de la COI (Commission océanographie), comme par exemple les rapports sur l’eau ou les travaux sur le système d’alerte Tsunami. Les États des Caraïbes, le Japon, le Vietnam ou les Philippines sont logiquement ceux des États qui sont particulièrement concernés. Le Brésil a rappelé la tenue récente du Forum sur l’eau à Brasília et a indiqué que, suite à cet évènement, une proposition de Résolution sera soumise à la Conférence Générale.

La proposition de développer la réflexion sur « intelligence artificielle et éthique » est bien accueillie.

Quelques observations plus générales sont formulées comme des conseils ou des appels à consolider l’Unesco.

Ainsi le délégué de l’Iran invite tout à la fois à rester en prise sur les réalités du monde moderne et à ne pas oublier les enseignements ou les concepts qui ont pu être travaillés dans le passé, et qui peuvent avoir conservé toute leur valeur. Il voit aussi une dimension morale de l’institution qui doit aussi porter haut ce qui relève de l’éthique dans tous ses domaines d’intervention.

Plusieurs intervenants évoquent les risques de la politisation, qu’il ne faut pas confondre avec le domaine du « politique » terme à prendre dans son sens le plus noble, à savoir comme la capacité d’inspirer et guider les débats de façon constructive et apaisée. Un délégué parle de promouvoir des dialogues raisonnés.

La nature intergouvernementale de l’UNESCO a été assez fréquemment rappelée, avec une particulière insistance chez certains.

On retiendra enfin un certain nombre de paroles fortes marquant comme un appel à voir l’UNESCO repartir de l’avant, autant de paroles qui paraissent traduire un nouvel état d’esprit et de meilleures dispositions en faveur de l’institution, avec en tout cas des mots plus engagés ou engageants que d’ordinaire, qui lorsqu’on en restitue quelques extraits peuvent sembler constituer comme un plaidoyer :

« il faut que l’Unesco retrouve son influence », redevienne sur certains domaines « un acteur que l’on écoute » ou « qui dise ce que d’autres ne peuvent pas dire », « valorise ses nombreux atouts » et « redore son image ». L’Unesco doit capitaliser sur son nom, une « marque » qui reste encore bien perçue, il lui faut « être à la hauteur de sa réputation », une réputation qu’elle doit consolider. En tant qu’acteur de premier plan et unique en son genre dans ses domaines de compétence, en parole (laboratoire d’idées, forum intellectuel, sentinelle intellectuelle etc) et en actes, l’institution peut et doit « élever les défenses de la Paix » dans un monde encore si menacé par «des tensions » de tous ordres. Il lui faut « rester à l’avant-garde dans un combat à mener pour un monde meilleur » et pour la Paix, et « ne pas décevoir ce qu’on attend d’elle », et cela doit se faire en connaissance de causes et en développant les concertation/coopérations/consultations. Sachons « nous éveiller par le dialogue ». Un autre délégué à parler d’élévation.

Réponse de la directrice générale :

Comme à propos du débat sur la refonte de l’organisation, Mme Azoulay a répondu à l’ensemble des interventions de façon souvent précise en confirmant sa déjà bonne maîtrise des nombreux sujets à traiter. Elle s’est efforcée de bien faire référence aux propos exprimés en rappelant souvent nommément les pays qui les avaient tenus.

Elle a d’abord remercié les membres du Comité pour le soutien qui lui a été apporté et la teneur dans l’ensemble très constructive des interventions.

Elle a ensuite indiqué qu’avant toute chose il fallait s’entendre sur un diagnostic commun et avoir une vision globale partagée. Elle se félicite à cet égard d’avoir entendu des avis assez concordants avec les orientations données dans son propos liminaire : rester centré sur les domaines figurant dans l’acte constitutif, optimiser la gestion en restant bien dans le cadre onusien, développer sans relâche un dialogue multilatéral, ce qui suppose une complète adhésion des États.

Comme l’a fait la Présidente de la Conférence générale, la Directrice générale a insisté sur cette indispensable contribution des États et la nature intergouvernementale de l’UNESCO : tout dépendra des États, l’institution doit pouvoir compter sur leur bonne volonté et leur engagement car, in fine, ce sont eux qui décident : « le sort de l’Unesco est entre vos mains » avait dit auparavant Mme Alaoui ». S’il y aura des groupes de travail qui feront des propositions et des consultations d’experts ou autres composantes de la société civile appelés à donner leur avis, ce ne sont pas eux qui auront le dernier mot.

Pour conduire la réforme efficacement, une équipe dédiée dotée de moyens suffisants sera chargée du suivi du projet, projet qui devra s’inscrire dans la durée.

En réponse aux préoccupations concernant le Réseau et les Partenariats, les précisions suivantes ont été apportées  :

Le réseau hors siège, dont la soutenabilité devra être assurée en étroite liaison avec les États, les Commissions nationales, sera regardé avec une attention particulière portée sur deux points : l’aide au développement et la cohérence des activités avec celle des autres agences de l’ONU.

S’agissant des Partenariats qui devront être développés, ils ne sauraient mettre en cause la primauté du rôle des États. Ils devront s’opérer en toute transparence et répondre d’abord et avant tout aux besoins prioritaires issus des orientations stratégiques de l’UNESCO.

La Directrice générale a repris tous les domaines en relevant ce qu’avaient pu dire les délégués des évènements à venir pour lesquels leurs pays se sont engagés (ex : un forum des civilisations anciennes en Grèce, les initiatives de la Corée en faveur de la citoyenneté mondiale). Elle n’a pas manqué aussi de remercier ceux des États qui apportent leur concours sur des activités prioritaires de l’UNESCO.

Elle a réitéré avec insistance ses propos sur l’Éducation qui est un domaine majeur, parce que c’est par son intermédiaire que l’UNESCO pourra au mieux remplir ses missions au service de la Paix.

Deux autres points à remarquer : une grande attention à propos de l’institut statistique et l’assurance réitérée que ce qui a été produit par le groupe gouvernance ne sera pas perdu de vue.

 

 

204ème session du Conseil exécutif – Échange de vue à propos de la Réforme organisationnelle et managériale

 

Débat des 9 et 10 avril 2018

Propos introductif de la DG et observations des délégués

Sur ce point très important, Mme Azoulay est préalablement intervenue dans le prolongement de son intervention liminaire et en référence aux documents mis à disposition des membres du Conseil.

Elle a d’abord indiqué qu’il était indispensable d’être plus transparent et mieux structuré, et que ses propositions visaient, notamment avec la nouvelle Direction Générale « administration et management », à fluidifier les échanges, réduire le nombre d’entités en lien avec la Direction générale, aller plus vite, simplifier et alléger les circuits. Elle a précisé que les réformes proposées sont assez largement similaires à celles qui sont déjà opérationnelles dans d’autres agences de l’ONU comme la FAO ou l’OMS.

L’élément important sur lequel les débats qui ont suivi ont le plus porté a concerné la fonction « administration et management » qui reprend une partie de l’ancienne DG ERI ( relation avec les États et Partenaires extérieurs). De fait, cette grosse entité qui va couvrir les fonctions Ressources humaines, Finance, Logistique, Sécurité et Communication/Organisation de la diffusion de l’information aura de nombreuses responsabilités, précédemment dispersées dans de nombreuses unités ce qui alourdissait le fonctionnement de l’institution.

Une quinzaine de membres ont souvent salué les efforts déployés pour obtenir une plus grande efficacité, mais sur quelques points sinon des réserves du moins de réelles préoccupations ont été exprimées : le principal souci a concerné le service du Protocole et le traitement des relations avec les États. Il y a une crainte de voir dans la disparition d’une unité de haut niveau qui leur était largement dédiée une dilution des liens avec la direction générale, et une moindre interaction.
Autre question posée avec insistance, celle du réseau hors siège. Les interrogations portent sur certaines activités qui se traitaient jusqu’à présent avec les secteurs et les programmes et auxquelles le nouveau pôle ADMINISTRATION MANAGEMENT pourrait prendre une part active (voire exclusive). Dans le même esprit, on se demande si ce même réseau ne pourrait pas être dépossédé de certaines fonctions qui jusqu’à présent lui étaient déléguées.

Notant l’ambition de la Directrice générale de lancer de nombreux groupes de travail et un pilotage de la démarche stratégique conséquent, un intervenant s’est interrogé sur la question des moyens dans un contexte budgétaire très contraint.
Enfin, quelques intervenants ont relevé qu’il n’était pas fait référence aux travaux des groupes qui ont réfléchi sur la gouvernance, omission fâcheuse si on devait en oublier les résultats.

Réponse de la DG aux observations

Les réponses ont été claires et de nature à rassurer semble-t-il.

Tout particulièrement pour ce qui concerne l’interface État/UNESCO, en concentrant en une seule unité on fonctionnera mieux, à tout le moins sur les sujets essentiels, il est désormais prévu d’organiser un lien direct entre les États et la Directrice générale ou son cabinet (aussi semble-t-il pour les Partenaires non gouvernementaux mais très peu de choses ont été dites à leur sujet).
Le réseau hors siège ne verra pas son mode de fonctionnement complètement revu. Il y aura, bien entendu, maintien d’activités et de relations avec les programmes et les secteurs. Il faudra poursuivre les travaux concernant la cartographie du réseau comme cela a déjà été fait pour la partie Afrique, dans l’optique de bien optimiser les moyens sur la base d’une bonne connaissance des ressources et activités. On rappelle que les structures décentralisées absorbent plus de la moitié du budget de l’UNESCO.

S’agissant des moyens qu’il faudra mobiliser alors que la réforme se fera à budget constant, on trouvera les ressources nécessaires précisément par les mesures qui vont être prises et qui vont dégager des espaces et, partant de la ressource (les synergies, les postes supprimés, les procédures allégées etc).

Précision complémentaire concernant le directeur (AD DG) de la Direction « administration et management » : il aura superviser les fonctions au quotidien, le recrutement avec les critères bien définis ( compétence, diversité, représentativité…) Au titre de ses responsabilités, il aura vocation à représenter l’UNESCO  notamment au sein de l’organisation onusienne.

204ème session du Conseil exécutif – Algérie : expérience en matière de lutte contre le terrorisme islamique

 

Rencontre avec le Ministre des Affaires étrangères d’Algérie, Mr Abdelkadher Messahel
à propos de la question de l’éradication du terrorisme


En conclusion des deux premières journées de sa 204ème session le Conseil exécutif a entendu le discours du ministre algérien des Affaires étrangères d’Algérie sur l’expérience de son pays en matière de lutte contre le terrorisme islamique. Il répondait ainsi à une invitation de Madame Azoulay à traiter d’un thème sensible, intéressant pour l’UNESCO qui, dans le cadre de sa mission au service de la Paix et au titre de ses compétences a placé depuis plusieurs années la prévention de l’extrémisme violent parmi ses priorités.

Le Président du Conseil exécutif a dit la volonté du Conseil de donner plus d’importance à un sujet très sensible où les États sont essentiels à leur propre niveau mais aussi internationalement. On doit, a-t-il souligné, trouver des réponses politiques face aux phénomènes de radicalisation et on apprécie d’avoir l’occasion d’entendre, venant d’Algérie, le témoignage d’un acteur engagé sur les conditions d’un « mieux vivre ensemble » après la traversée d’épreuves tragiques.

Mme Azoulay, en souhaitant la bienvenue au Ministre, l’a remercié d’avoir accepté de livrer ses réflexions et a rappelé l’engagement de l’Unesco face aux excès fanatiques, un engagement qui passe dans une large mesure par l’éducation : éducation des jeunes à la citoyenneté, aux risques des media, et par toute action de prévention de l’extrémisme violent. Sur ce point, elle a rappelé le lancement d’une initiative Net Méditerranée qui associe 9 pays du pourtour méditerranéen.

Le discours du Ministre des Affaires étrangères d’Algérie : comment a-t-on éradiqué le terrorisme ?
L’Algérie a vécu dix années durant une tragédie qui a causé 200 000 victimes, et dont elle s’est sortie en puisant au fond d’elle-même les forces de l’apaisement. Il fallait exorciser les démons de la barbarie qui venaient casser des référents identitaires d’une valeur immémoriale et menacer la nation dans ce qu’elle avait au plus profond d’elle-même.

Pour relever ce défi – faire face à la Bête immonde et mettre fin ainsi à la violence – une stratégie d’envergure a été définie par le gouvernement et mise en œuvre résolument, systématiquement, en exploitant au mieux la volonté du Peuple de restaurer la Paix civile.

Les actions militaires ont évidemment joué leur rôle, mais les succès face à la violence exacerbée pour se confirmer dans la durée ne tiennent jamais à la force des Armes, l’important est ce qui contribue à la résilience et qui traduit ce que les populations ressentent lorsque le mal les touche avec une extrême intensité. C’est en considération de cette idée force que le gouvernement a mis en œuvre un plan de réconciliation conduit clairement et énergiquement :

  • D’abord a été passée une « loi pour la concorde civile » visant certaines amnisties, avec pour objectif l’engagement d’un retour à la normale, et à une amorce de reddition des éléments radicalisés
  • Pour accentuer le phénomène d’apaisement, a par la suite été adoptée par referendum une charte pour la Paix appelant à renouer avec une Histoire millénaire et à accepter le Pardon, la Tolérance. L’adhésion massive à cet engagement a été accompagnée de mesures s’inscrivant en cohérence avec l’esprit de la charte : association sur le terrain des imams modérés, de la société civile (universitaires, les femmes…), actions de sensibilisation soutenues auprès des jeunes, ouverture à l’enseignement de trois langues (et non plus seulement la langue arabe) .

Forte de la réussite d’une entreprise aussi importante pour obtenir la réconciliation de tout un peuple, l’Algérie a proposé et obtenu auprès de l’ONU qu’une « journée internationale du vouloir vivre en Paix » soit désormais célébrée le 13 mai de chaque année.


Échanges de vue avec les délégués


Une quinzaine de membres du Conseil se sont exprimés.
De ces propos et des réponses données par le Ministre, on aura relevé les points suivants :

  • l’expérience algérienne est éclairante et montre la voie à ceux qui s’attachent à lutter contre le terrorisme et les radicalisations extrémistes ;
  • il n’y a pas de doute à avoir, c’est par l’éducation et l’école, mais aussi au travers du levier culturel utilisé à bon escient au sein de la société, qu’on peut réellement endiguer le mal ;
  • la violence et la haine ne sont pas des éléments constitutifs de l’Homme à l’origine, il faut lutter contre tout ce qui les font émerger par le biais de l’éducation.

Sur l’ensemble de ces observations, le Ministre ajoute :

  • Il faut compter avec un « optimisme de la volonté » :
  • Si l’on est amené à faire la guerre face aux terroristes, il faut se persuader que ce n’est pas une fin en soi, le but est d’obtenir la Paix, et, finalement, la vraie victoire est celle qu’on finit par atteindre en touchant les cœurs.
  • De l’importance aussi du combat idéologique, et des actions à conduire contre les discours radicaux y compris dans les mosquées
  • Mais c’est certainement dans les écoles qu’il faut intervenir pour propager un esprit de paix et de tolérance car « qui sème les écoles récolte des Hommes ».

Deux dernières idées sont soulignées par le Ministre :

  • Il faut véritablement voir les choses de l’intérieur : on peut alors découvrir ce que les gens veulent au plus profond d’eux-mêmes, et là, c’est très largement un souhait d’harmonie, d’amour et d’apaisement
  • Le rôle des femmes est déterminant pour la justice et la réconciliation, parce que dans tous les drames du terrorisme radical ce sont le plus souvent elles qui sont à la fois victimes ( comme veuves, comme mères) et porteuses des germes du pardon et de la réconciliation.