Patrimoine mondial de l’UNESCO : les églises géorgiennes de Mtskheta à nouveau sur la liste principale


Le Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO a retiré les églises géorgiennes de Mtskheta de la liste des monuments en péril et les a réintroduits dans la liste principale des sites du patrimoine mondial.

Lire le communiqué sur Infocatho

Les églises historiques de Mtskheta (Géorgie) sur le site de l’UNESCO

Liège 2017 : Conférence Mondiale des Humanités

« défis et responsabilités pour une planète en transition »

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Compte-rendu de la réunion de présentation du projet tenue le 21 juin 2016

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Cette conférence, qui sera « une première », se tiendra à Liège du 6 au 12 août 2017.

Elle est organisée par une fondation dédiée dont les trois membres organisateurs de l’événement sont l’UNESCO (dans le cadre du programme MOST management of social transformations program), le CIPSH (Conseil international de la philosophie et des sciences humaines) partenaire historique de l’UNESCO, représentant de très nombreuses organisations (associations, fédérations etc), et les collectivités territoriales belges (la ville de Liège, la province) ainsi que l’université. Près de 2000 participants sont attendus pour assister à une série de débats ou présentations qui seront ordonnés autour de six thèmes :

1/ L’Homme et l’Environnement,
2/ Identités et Diversités culturelles : une humanité globale,
3/ frontières et migrations,
4/ Patrimoine (héritage, matériel et immatériel),
5/ Histoire, Mémoire et Politique,
6/ Les Humanités dans un monde qui change.

16f97f2276Les promoteurs de ces journées ont souligné leur ambition : il ne doit pas s’agir seulement ou principalement d’une réunion d’experts appelés à délivrer des présentations académiques, l’intention clairement affichée est de mettre l’Homme dans sa dignité au cœur des discussions, de voir au travers de regards sous de multiples angles d’observation en quoi l’éducation doit être promue au service de l’humanité et pour la Paix, en aidant les jeunes et les adolescents à se « mouvoir » dans un monde de plus en plus complexe et exposé à de multiples risques.

Le délégué permanent de la Belgique auprès de l’UNESCO a souligné que cette rencontre venait à point nommé par les temps troublés que l’on connaît, pour revisiter ce que devrait être l’école dans notre monde moderne, une école capable de transmettre un héritage en le passant comme il convient au crible de la modernité, avec une juste prise en compte de la diversité pour prix de la Paix : sur ces questions vitales, les réponses ne sauraient être que techniques.

Les autorités de la ville et de la province de Liège qui se sont fortement engagés voient s’inscrire ce colloque international en harmonie avec la stratégie qu’elles ont convenu de mener : promouvoir la citoyenneté et la diversité culturelle, pour plus d’harmonie dans une région qui a beaucoup souffert dans le passé (la grande guerre, la crise minière) et qui accueille des ressortissants de nombreux pays.

Le Président de cette conférence, M. Adama Samassekou (ancien Ministre de l’éducation du Mali, Président de l’académie des langues africaines) présenté comme « l’âme » de ce colloque et ancien président du CIPSH a lui aussi insisté pour dire que ce projet était une belle opportunité pour la Paix et la promotion d’un dialogue culturel qui tienne compte pleinement d’une diversité qui s’intensifie et qui change de visage.

Il rappelle les trois constats qui ont finalement imposé comme une évidence la tenue de cette première conférence internationale sur les Humanités :

  • La crise de 2008 qui n’a pas été que financière : elle révélait aussi une crise de société, et des interrogations sur nos modes de développement.
  • Un Conseil CIPSH qui tendait à se marginaliser, avec son domaine de compétence, pourtant essentiel, de moins en moins considéré à sa juste valeur.
  • Une panne ou une insuffisance des intellectuels, ainsi qu’une sous représentation de leur présence (influence) dans les pays non occidentaux.

Ce simple constat a ainsi fait émerger l’évidence d’un besoin, et donné naissance à une idée un peu nouvelle qui inspirera ou structurera les échanges, à savoir celle du polycentrisme qui désigne par le biais d’un rééquilibrage des dialogues la montée de courants de réflexion et de recherches plus diversifiés géographiquement, et qui pourra apporter, notamment avec le soutien d’un CIPSH qui pourra ainsi se relancer, une plus grande richesse dans les réponses aux questions que l’on peut se poser.

Pour M. Samassekou trois éléments pourront opportunément être intégrés dans les réflexions :

1/ l’échec des pensées uniques.
2/ l’échec des modèles qui ont omis de considérer le temps long.
3/ la survenance de mouvements de fond (positif ou négatif) qu’il faut analyser pleinement avec un regard interculturel pour détecter ce qui permettra à l’Humanité d’évoluer dans le bon sens (ce qui sauvera le monde)… Ici sont évoqués, parmi ces grandes forces à l’œuvre, capables de transformer les sociétés (mais aussi parfois détruire) : le fanatisme, les technologies (notamment celles de l’information), l’art.

Dernier point traité, très important aux yeux de l’intervenant pour qui cette conférence ne doit pas être un banal événement : l’architecture globale.

En amont de la Conférence, ont été organisées toute une série de rencontres sur différents thèmes se rattachant au programme adopté ; ce sont en quelque sorte des travaux préparatoires : au Brésil (Terre et Humanité), au Mali (Langues, Cultures, Histoire), Chine (Sciences, Culture et Route de la Soie)… etc

La Conférence elle-même comportera des séances plénières avec de grands témoins et des sessions spécialisées, ainsi que des symposiums lorsque certains thèmes mériteront un large débat (exemple l’islam, le statut de la femme dans la société). En introduction du colloque seront présentés les résultats d’une enquête sur les thèmes à l’ordre du jour.

En aval, conformément à l’intention des organisateurs, il est prévu d’assurer en quelque sorte un suivi, pour voir au niveau des grandes zones d’influence (EU, ASEAN, MERCOSUR, etc ) comment les politiques en faveur des humanités (la recherche, les infrastructures, etc) sont mises en œuvre, quels sont les investissements engagés avec quel sens, et aussi quelles solidarités universelles exprimées au service de la terre des Hommes.

Quelques éléments retenus de l’échange avec l’auditoire :

Le délégué néerlandais a salué l’entreprise ; ce sera pour lui l’occasion de parler des sciences humaines qui ont peut être été un peu trop négligées ces dernières années. S’il juge bienvenu que l’on mette l’accent sur la diversité culturelle, il recommande qu’on ne perde pas de vue l’universalité, et qu’on s’attache à bien percevoir la présence et la persistance de ce principe dans les cultures et les humanités.

Un intervenant docteur en sciences humaines fait observer que les Humanités ne sont pas un domaine enfermé, endogène : elles ne sont pas une île.

Le délégué de la Tunisie évoque la question de l’islam politique, va-t-on en parler ? Sans aucun doute, et il est prévu parmi les « key note speakers » un représentant du monde de l’islam.

Intervention du Portugal (qui accueille un événement en lien avec la Conférence). Son délégué salue l’initiative, et se félicite de la réussite de la coopération entre toutes les parties prenantes. Les Humanités sont essentielles, il est bien qu’un événement comme ce colloque puisse faire émerger des idées ou des principes qui peuvent guider les politiques. Enfin, il apprécie qu’on mette bien en valeur la jeunesse, car, in fine, c’est bien elle qui doit être au cœur des préoccupations.

Une ONG (Alliance internationale des femmes) obtient la confirmation que l’on vise autre chose que des débats académiques, et se voit préciser qu’il y aura un symposium sur la question des femmes dans les sociétés.

Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel

Assemblée générale des États parties
à la
Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel
Sixième session du 30 mai – 1 juin 2016, siège de l’UNESCO

 La gouvernance de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de 2003 est assurée par trois organismes principaux : l’Assemblée générale des États parties, le Comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel et le Secrétariat de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel.

L’Assemblée générale des États parties à la Convention est l’organe souverain de la Convention. Elle se réunit en session ordinaire tous les deux ans. L’Assemblée générale donne des orientations stratégiques pour la mise en œuvre de la Convention et élit les 24 membres du Comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, dont la moitié sont renouvelés tous les deux ans. L’Assemblée générale a décidé d’appliquer à l’élection des membres du Comité le principe de répartition géographique équitable. Le nombre des membres du Comité de chaque région est fonction du nombre d’États de la région qui ont déjà ratifié la Convention. Le Comité se réunit en session ordinaire chaque année. Il promeut les objectifs de la Convention, donne des conseils sur les meilleures pratiques et formule des recommandations sur les mesures en faveur de la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel ; il utilise les ressources du Fonds pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel conformément aux directives et au plan biennal adoptés par l’Assemblée générale. Il inscrit sur les Listes (Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité ; Liste du patrimoine immatériel nécessitant une sauvegarde urgente ; Liste des meilleures pratiques de sauvegarde) les manifestations du patrimoine culturel immatériel proposées par les États parties. Il sélectionne et promeut les programmes, projets et activités soumis par les États parties reflétant le mieux les objectifs et les principes de la Convention. Il propose à l’Assemblée générale l’accréditation d’organisations non gouvernementales susceptibles d’avoir des fonctions consultatives auprès du Comité. Le Secrétariat du Patrimoine Immatériel de l’UNESCO assiste l’Assemblée générale et le Comité, prépare la documentation de leurs réunions et assure l’exécution de leurs décisions.

Cette 6ème Assemblée Générale des États parties de 30 mai – 1 juin 2016 a donc lieu après la dixième session du Comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel qui s’est tenue à Windhoek en Namibie du 30 novembre au 4 décembre 2015. Elle doit discuter, entre autres, des recommandations formulées par le Comité en 2015 en Namibie. La prochaine session du Comité, la onzième, aura lieu à Addis Abeba en Éthiopie du 28 novembre au 2 décembre 2016. La 7ème Assemblée Générale aura lieu en juin 2018. Continuer la lecture de Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel

Conseil exécutif de l’UNESCO, 199 ème session

Compte rendu des séances plénières des 7 et 8 avril 2016

Prolongement de la Conférence générale de novembre 2015, le Conseil exécutif tient en avril 2016 sa session biennale. Occasion d’approfondir les questions traitées à la fin de l’an dernier, d’obtenir des clarifications, préciser les orientations ou les positions sur de très nombreux sujets sur lesquels l’UNESCO – essentiellement la Directrice Générale – et de nombreuses délégations (une soixantaine) se sont exprimées.

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les Soutras bouddhiques, héritage spirituel de l’humanité

expolotus2016Du 2 au 10 avril, se tient à l’UNESCO une belle présentation, conçue et réalisée par l’association culturelle Soka (France) avec le concours de l’institut de philosophie orientale de Tokyo ( Commissaire de l’exposition) et en partenariat avec des associations, académies ou instituts russe, indien, chinois, allemand et français.

Richesse et variétés des thèmes offerts aux visiteurs, de l’histoire, de la pédagogie, des illustrations cartographiques, et aussi, parce que c’est important, des présentations d’œuvres artistiques, tout se conjugue pour inviter à la réflexion, bonne mise en valeur de ce patrimoine de l’humanité aux multiples facettes, d’où ressort une spiritualité qui transcende le temps et l’espace.

 Le site internet de l’exposition

Madame Maha El Khalil Chalabi Ambassadrice de bonne volonté de l’UNESCO

« En nommant Maha Chalabi, Ambassadrice de bonne volonté de l’UNESCO, nous honorons l’engagement exceptionnel d’une amie de l’UNESCO, la Grande Dame de Tyr  pour la sauvegarde de ce rendez-vous mythique, des civilisations au croisement des cultures d’Orient et d’Occident » a déclaré Madame Irina Bokova, Directrice Générale de l’UNESCO.

« Je veux saluer le dynamisme et le dévouement que vous consacrez depuis des années à la protection de Tyr, au travers de la Fondation Tyr et de la Ligue des Citées Phéniciennes » a ajouté Monsieur Eric Falt, Sous-Directeur pour les Relations Extérieures de l’UNESCO, Sous-secrétaire Général de l’ONU.

Maha Chalabi, dans ses remerciements, a rappelé que la Ligue avait reçu le soutien des ONG partenaires officiels de l’UNESCO au Forum de Beijing et que cette distinction était une incitation à s’engager davantage au service de la Culture et de la Paix.

Madame Maha El Kahil Chalabi
Madame Maha El Khalil Chalabi Ambassadrice de bonne volonté de l’UNESCO

 

(lire la transcription des remerciements de Madame Chalabi)

Le 17 février, au Siège de l’UNESCO, Madame Maha EI-Khalil Chalabi a été nommée Ambassadrice de bonne volonté de l’UNESCO pour son action pour la sauvegarde de Tyr. Femme d’action en rassemblant des bonnes volontés autour de l’Association Internationale pour la Sauvegarde de Tyr, en créant la Fondation TYR pour mener à bien les projets prévus dans le cadre de la Campagne de l’UNESCO en faveur de TYR, et en mobilisant un programme international de grande envergure avec la Ligue de 47 Cités Cananéennes, Phéniciennes et Puniques.

Maha Chalabi qui a rassemblé une grande collection d’objets phéniciens, innove avec un musée virtuel qui rendra accessible sur le Net les trésors de Tyr  et fait profiter d’ un grand savoir de spécialiste, au travers de sa thèse de Sorbonne des rapports Orient-Occident.

Au cours de cette cérémonie qui rassemblait le Délégué permanent du Liban à l’UNESCO, les ministres Hervé de Charette et Christian Pierret, l’ancien Ambassadeur au Liban Paul Blanc, absente pour les funérailles de Boutros–Ghali, Madame Irina Bokova a transmis son discours par vidéo (lire la transcription) et a été représentée par Monsieur Eric Falt, Sous-Directeur pour les Relations Extérieures de l’UNESCO, Sous-secrétaire Général de l’ONU (lire la transcription).

Madame Christine Roche présidente du CCIC (gauche) félicite Madame Maha Chalibi pour sa nomination d'Ambassadrice de bonne volonté
Madame Christine Roche présidente du CCIC (gauche) félicite Madame Maha Chalabi pour sa nomination d’Ambassadrice de bonne volonté de l’UNESCO

Madame Christine Roche, Présidente du CCIC-UNESCO, qui a trouvé une grande synergie avec Madame Maha Chalabi au cours du Forum sur le rapprochement culturel de Beijing en juillet 2015, a souligné combien, dans un discours émouvant, Maha Chalabi avait insisté sur la force de son engagement pour le dialogue interculturel : « Le respect mutuel et la compréhension entre les peuples sont à même de construire la paix dans l’esprit des hommes »

Semaine d’apprentissage "mobile" à l’UNESCO

« Ensemble, nous pouvons changer la face du monde » a déclaré Brahima SANOU, Directeur de l’UIT, Union Internationale des Télécommunications, en conclusion de la Semaine de l’Apprentissage Mobile à l’UNESCO. Et d’ajouter ; « Permettre aux enfants qui n’ont pas accès à l’éducation, tel peut-être le rôle des TIC, dans l’Agenda 2030, si une réelle coordination existe entre les gouvernements, les opérateurs de télécommunications, le corps enseignants et les familles »

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Musée d'Israël de Jérusalem : le Codex d'Alep inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO :

Document de référence pour tous les juifs, le Codex d’Alep, manuscrit du Xème sièclela plus ancienne version connue de la Bible hébraïque – fait partie depuis le 8 février du « Registre international des biens culturels sous protection spéciale » de l’UNESCO, l’organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture.

Codex-AlepCe précieux manuscrit du Xème siècle,  exposé au musée d’Israël de Jérusalem dans le sanctuaire du Livre, rejoint ainsi plus de 300 biens du monde entier inscrits sur cette liste. Le registre contient déjà deux autres objets israéliens : les recueils de Rothschild, une collection de manuscrits du 15ème siècle, et les pages de témoignages du musée Yad Vashem sur la Shoah, qui documentent les noms et histoires des victimes.

Le Codex d’Alep, composé entre 910 et 930 à Tibériade, en Galilée, a connu une histoire mouvementée. Le codex fut dédié à la communauté karaïte de Jérusalem au XIème siècle avant de se retrouver en Égypte à la suite de la destruction du local où il se trouvait lors de la première croisade.

C’est là qu’il est utilisé par le rabbin Moïse Maïmonide pour édicter les règles de rédaction des rouleaux de la Torah, ce qui confère au manuscrit une autorité suprême en matière de ‘massorah’, ou transmission de la tradition concernant les Écritures.

D’Égypte, le manuscrit aurait gagné la Syrie à la fin du XIVème siècle où il allait rester 600 ans. En 1947, alors que l’ONU annonce son plan de partition de la Palestine et la création d’un État juif, des émeutes anti-juives explosent dans le monde arabe, et notamment à Alep, en Syrie, où vit une importante communauté.

La grande synagogue de la ville, où était conservé le codex, est profanée. Le manuscrit est éparpillé, certains disent brûlé. Sur les 487 pages estimées de l’original, subsistent 294. Le codex restant, caché par des juifs d’Alep pendant une dizaine d’années, est envoyé de Syrie en Israël en 1958.

Selon Adolfo Roitman, le conservateur du musée du « Sanctuaire du Livre » à Jérusalem toutes les versions actuelles de l’Ancien Testament ont pour origine « d’une manière ou d’une autre, ce manuscrit ancien ».

« Il s’agit du second codex le plus important après celui de Leningrad, certainement rédigé sur la base de celui d’Alep » , explique le franciscain Matteo Munari, professeur au Studium biblicum franciscanum de Jérusalem, d’où son inscription au patrimoine de l’Unesco.

Mais contrairement au codex d’Alep, le manuscrit de Leningrad est toujours entier. « Malheureusement, le Codex d’Alep a été mutilé de sa partie la plus importante pour les juifs, puisque presque toute la Torah, qui correspond au Pentateuque, en a disparu ».

(source : cath.ch)

Al-Maghtas inscrit au Patrimoine de l’humanité par l’UNESCO

« Béthanie au-delà du Jourdain » (Al-Maghtas), site probable du baptême de Jésus par Jean, a été déclaré « Patrimoine de l’humanité ».

almaghtasLe 2 février 2016, une cérémonie a eu lieu au siège de l’UNESCO, en présence de l’archevêque Maroun Lahham, vicaire patriarcal pour la Jordanie du Patriarcat latin de Jérusalem, et du Ministre du tourisme jordanien pour officialiser cette reconnaissance. La décision avait été prise le 3 juillet 2015, à l’unanimité, par le Comité du patrimoine mondial, réuni à Bonn.

Les découvertes archéologiques de neuf églises byzantines et de bassins baptismaux correspondant aux descriptions des pèlerins des premiers siècles du christianisme, plaident en faveur de l’authenticité du lieu. Cependant, il ne faut pas oublier que le site de Qasr el-Yahud, situé dans une zone militaire israélienne près de Jéricho, est considéré par certains, et en particulier par les archéologues israéliens, comme le lieu authentique du baptême du Christ,

Le Vatican qualifie les deux sites comme les lieux les plus probables du baptême de Jésus.

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38ème session de la Conférence générale de l'UNESCO – Écho des Commissions

Échos des Commissions « Sciences Humaines et Sociales » (SHS),

« Culture », « Communication et Information »

(du 10 au 13 novembre 2015)

Le CCIC se fait l’écho des travaux de trois commissions, réalisés pendant cette première moitié du mois de novembre. Elles insistent sur les grandes préoccupations du moment : les défis du développement et les questions sensibles (la violence, les migrants et la jeunesse). Elles soulignent leurs soucis face aux contraintes de fonctionnement qui limitent l’efficacité opérationnelle.

Les interventions des représentants des États membres et celles des services de l’UNESCO, font bien évidemment ressortir les spécificités propres à chaque domaine, ne serait-ce qu’à l’occasion de l’examen des budgets et des programmes ; mais des déclarations nombreuses que l’on aura entendues se dégagent aussi beaucoup d’éléments communs. Il y a d’abord un discours assez largement consensuel, et, des propos à la tonalité en général très mesurée qui font évidemment références aux grands objectifs et aux Missions de l’UNESCO, ainsi qu’aux principes qu’elle promeut : la Paix, le Pluralisme, la diversité, le rapprochement des cultures, le respect des identités, la protection des patrimoines culturels, matériels et immatériels…l’éthique, la défense des libertés, des droits de l’homme avec des déclinaisons plus spécifiques se référant à des sujets devenus « classiques » ( la promotion de la Femme, le souci de l’égalité des genres, le respect des minorités, la lutte contre les stéréotypes, l’éducation, le numérique etc). A signaler, la préoccupation particulièrement mise en évidence touchant aux migrants, question mentionnée par de nombreuses délégations, aussi bien du côté Commission SHS que côté Culture.

Au fil des échanges, on aura relevé tout de même des messages ou commentaires allant un peu au-delà des propos convenus lorsqu’il s’est agi d’évoquer ce qui menace gravement les valeurs culturelles et la Mémoire collective : la violence, les pillages, les saccages ont été dénoncés avec insistance par certaines délégations et de façon encore plus parlante lors du panel organisé par la Direction Générale autour de l’initiative « UNITE4HERITAGE » lancée en 2014 par Mme BOKOVA.

Autre élément à maintes fois souligné, l’importance de l’agenda 2030 de l’ONU avec ses objectifs SDG (sustainable development goals). Il y a dans ces nouvelles orientations de véritables nouveautés parmi lesquelles une pleine reconnaissance des valeurs de la culture et des sciences humaines ou sociales qui sont à promouvoir pour garantir un réel développement, porteur de progrès et de Paix.

Très souvent, parmi les souhaits exprimés, on a fait référence aux aspects budgétaires : les contraintes étant fortes, sur plusieurs chantiers jugés importants à engager ou à poursuivre, il a été fait allusion à ce facteur limitatif, et aux moyens de les contourner via des financements extra budgétaires (donneurs privés ou dotations spécifiques par les États, comme le font maintenant assez notablement la Chine ou le Quatar) ou au travers d’innovations ou rationalisations organisationnelles (de nombreuses fois par exemple ont été évoqués les gains possibles à tirer de la recherche de synergies).

Dans un contexte de ressources plus difficiles à trouver, il est devenu crucial de bien définir les priorités dans le cadre de stratégies bien conçues : cette exigence est assez largement partagée, et portée par les services de l’UNESCO . D’ores et déjà, une bonne façon de prioriser les activités est de s’en tenir aux Conventions comme le cadre dans lequel il faut s’inscrire.

S’il y a bien nécessité d’inscrire les actions avec une bonne vision stratégique, et, autant que possible, une solide assise juridique, on doit aussi se soucier de la mise en œuvre des engagements, avec un suivi concret, effectif. Encore trop souvent, est il signalé par les Services ou certaines délégations, la traduction de résolutions en actes tarde à se produire ou ne se voit pas suffisamment.

Pour traiter efficacement des problématiques qui sont devenues de plus en plus complexes dans tous les domaines, on appelle sur tout sujet à se soucier d’interdisciplinarité, ce qui peut appeler à des coopérations sous des formes diverses, au sein des domaines (ou Commissions) ou entre les domaines, avec le soutien des États membres.

A cet égard, certains militent pour des exigences juridiques plus contraignantes (legally binding) et/ou pour un suivi plus rapproché des réalisations, mais ce possible « stimulant » bute forcément sur des questions de souveraineté, et là peut être mentionnée la difficulté que représente parfois la non ratification de certaines Conventions par un trop grand nombre d’États.

Cela dit, nonobstant les questions juridiques, les objectifs opérationnels sont mieux remplis s’ils s’inscrivent dans le cadre de dialogues renforcés avec les États membres, un dialogue qui peut s’opérer notamment par consultations ou enquêtes, méthodes de plus en plus employées et qui portent leurs fruits.

Dernier point relevé comme assez prégnant : la Jeunesse. Comme lors de la conférence générale, les deux Commissions « Culture » et « Sciences Humaines et sociales » ont entendu des représentant du Forum des jeunes (tenu les 27 et 28 octobre) présenter leurs conclusions. Au-delà de ce point spécifique, à de très nombreuses reprises les représentants des États membres ont tenu à souligner toute l’attention qu’il convient de porter aux jeunes générations qui sont l’avenir du Monde.

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Si les échanges nourris par les interventions de nombreuses délégations ont été foisonnants, ils n’ont pratiquement pas été émaillés de considérations philosophiques ou anthropologiques, ils n’ont été aussi que très peu teintés de connotation géopolitique…. ce qui peut sembler normal s’agissant d’interventions en Commissions. On pourra quand même signaler quelques exceptions, comme par exemple un appel à mieux et plus considérer les dimensions d’ordre spirituel et tout ce qui se rapporte aux croyances (CUBA), un autre appel venant d’un pays d’Afrique pour que l’on respecte mieux certaines traditions ancestrales qui tendent à être négligées. Enfin, un peu comme une fausse note, à propos des débats relatifs à la sauvegarde des patrimoines, le représentant d’un pays du Proche Orient a eu des mots très directs pour dénoncer le terrorisme financé indirectement (sic) par des pays voisins.

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