les Soutras bouddhiques, héritage spirituel de l’humanité

expolotus2016Du 2 au 10 avril, se tient à l’UNESCO une belle présentation, conçue et réalisée par l’association culturelle Soka (France) avec le concours de l’institut de philosophie orientale de Tokyo ( Commissaire de l’exposition) et en partenariat avec des associations, académies ou instituts russe, indien, chinois, allemand et français.

Richesse et variétés des thèmes offerts aux visiteurs, de l’histoire, de la pédagogie, des illustrations cartographiques, et aussi, parce que c’est important, des présentations d’œuvres artistiques, tout se conjugue pour inviter à la réflexion, bonne mise en valeur de ce patrimoine de l’humanité aux multiples facettes, d’où ressort une spiritualité qui transcende le temps et l’espace.

 Le site internet de l’exposition

Madame Maha El Khalil Chalabi Ambassadrice de bonne volonté de l’UNESCO

« En nommant Maha Chalabi, Ambassadrice de bonne volonté de l’UNESCO, nous honorons l’engagement exceptionnel d’une amie de l’UNESCO, la Grande Dame de Tyr  pour la sauvegarde de ce rendez-vous mythique, des civilisations au croisement des cultures d’Orient et d’Occident » a déclaré Madame Irina Bokova, Directrice Générale de l’UNESCO.

« Je veux saluer le dynamisme et le dévouement que vous consacrez depuis des années à la protection de Tyr, au travers de la Fondation Tyr et de la Ligue des Citées Phéniciennes » a ajouté Monsieur Eric Falt, Sous-Directeur pour les Relations Extérieures de l’UNESCO, Sous-secrétaire Général de l’ONU.

Maha Chalabi, dans ses remerciements, a rappelé que la Ligue avait reçu le soutien des ONG partenaires officiels de l’UNESCO au Forum de Beijing et que cette distinction était une incitation à s’engager davantage au service de la Culture et de la Paix.

Madame Maha El Kahil Chalabi
Madame Maha El Khalil Chalabi Ambassadrice de bonne volonté de l’UNESCO

 

(lire la transcription des remerciements de Madame Chalabi)

Le 17 février, au Siège de l’UNESCO, Madame Maha EI-Khalil Chalabi a été nommée Ambassadrice de bonne volonté de l’UNESCO pour son action pour la sauvegarde de Tyr. Femme d’action en rassemblant des bonnes volontés autour de l’Association Internationale pour la Sauvegarde de Tyr, en créant la Fondation TYR pour mener à bien les projets prévus dans le cadre de la Campagne de l’UNESCO en faveur de TYR, et en mobilisant un programme international de grande envergure avec la Ligue de 47 Cités Cananéennes, Phéniciennes et Puniques.

Maha Chalabi qui a rassemblé une grande collection d’objets phéniciens, innove avec un musée virtuel qui rendra accessible sur le Net les trésors de Tyr  et fait profiter d’ un grand savoir de spécialiste, au travers de sa thèse de Sorbonne des rapports Orient-Occident.

Au cours de cette cérémonie qui rassemblait le Délégué permanent du Liban à l’UNESCO, les ministres Hervé de Charette et Christian Pierret, l’ancien Ambassadeur au Liban Paul Blanc, absente pour les funérailles de Boutros–Ghali, Madame Irina Bokova a transmis son discours par vidéo (lire la transcription) et a été représentée par Monsieur Eric Falt, Sous-Directeur pour les Relations Extérieures de l’UNESCO, Sous-secrétaire Général de l’ONU (lire la transcription).

Madame Christine Roche présidente du CCIC (gauche) félicite Madame Maha Chalibi pour sa nomination d'Ambassadrice de bonne volonté
Madame Christine Roche présidente du CCIC (gauche) félicite Madame Maha Chalabi pour sa nomination d’Ambassadrice de bonne volonté de l’UNESCO

Madame Christine Roche, Présidente du CCIC-UNESCO, qui a trouvé une grande synergie avec Madame Maha Chalabi au cours du Forum sur le rapprochement culturel de Beijing en juillet 2015, a souligné combien, dans un discours émouvant, Maha Chalabi avait insisté sur la force de son engagement pour le dialogue interculturel : « Le respect mutuel et la compréhension entre les peuples sont à même de construire la paix dans l’esprit des hommes »

Éduquer aujourd'hui et demain : une passion qui se renouvelle

Diversité et richesses de l’engagement chrétien

forum organisé par la Congrégation pour l’Éducation catholique

et par l’Observateur permanent du Saint Siège auprès de l’UNESCO

Paris UNESCO le 3 juin 2015

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– Les enjeux, les perspectives, les défis… diversité, universalité : valeurs partagées

Avec l’UNESCO, la délégation permanente du Saint-Siège auprès de l’UNESCO et la Congrégation pour l’éducation catholique, promoteurs de l’événement, ce forum a témoigné de diverses manières de l’engagement de l’Église au service de l’éducation, une priorité au service de l’Homme et pour la Paix et l’équité, porteuse de sens : témoignages concrets, éclairages conceptuels

Les propos introductifs ont mis en évidence toute l’importance du domaine éducatif, qui est une priorité pour l’Église – et qui l’a été de tout temps – mais aussi pour l’UNESCO, et, des communautés de vue essentielle comme, par exemple, la nécessité de s’ouvrir aux outils modernes (le numérique) l’accent mis sur l’ouverture aux autres et le développement des coopérations, le traitement des questions touchant à l’environnement.

Le cardinal Parolin, se référant à l’encyclique Popularum progressio, a rappelé ce que l’éducation apporte pour sortir de la misère, a souligné toute sa valeur – une valeur intrinsèque, vitale – et la diversité des champs qu’elle recouvre (alphabétisation, aide à l’enfance et soutien des femmes, formation permanente, enseignement et recherche)

Lire le texte intégral du discours du cardinal Parolin

L’Église puise la force de son engagement aux sources d’une longue histoire et d’un riche héritage de pensées : la Bible, les contributions des ordres monastiques, les encycliques… tout un patrimoine spirituel au service de l’humanité transmis d’âge en âge, qui invite toujours à dépasser les considérations excessivement réductionnistes et qui aide à donner du sens.

Forte d’un solide héritage, et avec une présence partout dans le monde, l’éducation chrétienne doit être de son temps, et faire face aux défis de l’époque : dans un monde où s’entre choquent les effets d’une mondialisation qui aplanit (sous couvert de rationalité) et d’une diversité culturelle quand même toujours manifeste, c’est en mettant l’homme au cœur des projets éducatifs que peuvent s’apaiser les éventuelles tensions, dès lors qu’on s’ouvre à l’autre, et qu’on va au-delà d’une vision étroite (les expertises techniques, les compétences) et qu’on donne à l’humain sa juste place ; il faut donc des approches élargies, où l’on sait cultiver le respect des personnes, avec leurs talents et leurs faiblesses, où l’on ne perd pas de vue ce qui aide à structurer et épanouir : l’histoire, les arts, et plus généralement tout ce qui peut élever l’âme, éveiller et/ou ouvrir sur les merveilles de la nature. Alors que les tensions sont partout présentes, le monde de l’éducation doit promouvoir des communautés harmonieuses, conviviales, ouvertes à l’autre, reconnaissant les différences mais capables aussi de partager des objectifs communs et de développer ainsi des coopérations fructueuses.

Abattre les murs et bâtir des ponts : deux images données pour figurer ce à quoi doivent s’employer les acteurs de l’éducation, porteurs des valeurs chrétiennes.

Mgr Follo, observateur permanent du Saint-Siège à l’UNESCO, évoque l’éducation comme un parcours de formation à l’être, comme étant une formation intégrale, assurée par les maîtres, interculturelle, globale… reposant sur une philosophie qui n’oublie pas sa finalité, danger d’oubli que pointait Jacques Maritain : l’éducation n’est pas un « process », pas non plus un domaine qui se limiterait à l’utilisation d’outils… il faut aller au-delà : transmettre un savoir, ouvrir ses horizons, la dimension de l’infini, le rapport aux autres… et, au travers de l’expérience, de l’exemplarité ou de la réflexion intérieure, faire découvrir une réalité totale, discernant ainsi ce qui permet de se réaliser, ce qui peut donner sens à la vie de chacun, avec et pour les autres, en un enrichissement fécondé par les bienfaits de l’accueil et de la rencontre.

Un débat a conclu la matinée pour approfondir les défis de l’éducation, avec un échange entre le Dr Tang Quian, DG adjoint de l’UNESCO et le Pr Verback pour la Congrégation pour l’éducation catholique.

– Expériences sur le terrain, vision politique, engagements d’Église, engagement de la société civile

L’après-midi, trois panels ont enrichi l’échange au travers de retours d’expériences, d’analyses conceptuelles : autant d’éclairages (une douzaine) – d’origines géographique et de profils variés – venant illustrer et compléter les propos entendus en matinée.

Panel 1 : Expériences et appréciations venant de cinq continents

Europe (Italie) : Le principal du Lycée San Carlo de Milan a exposé le projet éducatif de ce collège catholique ; l’enseignement est inscrit pleinement dans les références que donne Jésus Christ, mais tous les élèves ne sont pas forcément de confession catholique : on respecte l’autre ; c’est un établissement qui vise l’excellence, mais la bienveillance aussi : attention à ceux qui ont des difficultés ; on y est attaché aux traditions (les humanités), mais aussi à ce qui relève de la modernité, en particulier pour ce qui est des outils (le numérique) ; les théories et les domaines plus pratiques sont également traités ; s’agissant des méthodes, l’accent est beaucoup mis sur le dialogue, l’interactivité, le travail en groupe. On ne néglige pas les disciplines artistiques et sportives, on incite les élèves à méditer, à comprendre le monde, à développer un esprit de curiosité et on les invite à cultiver ce qui relève de l’esthétique, ce qui peut paraître beau en tout domaine, avec cette part de mystère et de merveilleux qui renvoie à la recherche de Dieu, et à la question de la Création. S’agissant des comportements, une certaine rectitude est demandée, qui n’est pas de la rigidité, la fraternité doit inspirer les relations, mais sans que cela aille trop dans l’effusion ou un excès de cordialité (le professeur n’est pas un « copain ») : il faut un respect mutuel juste à tous les niveaux et quelles que soient les origines.

Dernier point important : sont multipliées les occasions de rencontres avec des responsables de la Cité, et les initiatives en faveur des plus faibles (handicapés, entraide, projets humanitaires)

Afrique (Cameroun) : le réseau BLAS (Bright Light and Smile)

C’est une association qui vise à promouvoir le droit à l’éducation, à sensibiliser les dirigeants à ce sujet, à surveiller la mise en œuvre des politiques.

L’objectif – souvent un défi – est tout à la fois quantitatif – faciliter l’accès à l’éducation pour tous – et qualitatif – permettre que soient promus des enseignements suffisamment complets.

L’organisation bénéficie du soutien de l’UNESCO, cherche à prendre appui sur la société civile (ONG) ; elle comporte un observatoire des pratiques qui conduit diverses études (comparatives notamment), elle travaille en réseau, œuvre à la sensibilisation des jeunes, la formation des leaders (dirigeants), l’éducation par le net.

– Amérique du Sud (Argentine) Réseau de soutien et de solidarité en faveur de l’éducation des jeunes (CLAYSS, Centro latinoamericano de aprendizaje y servicio solidario)

– Dans les initiatives prises par cette association qui intervient au-delà de l’Argentine, l’accent est mis sur l’univers du sensible et le sens du concret ; l’accès à l’éducation est par exemple plus facilement donné par le biais du sport (par exemple, on part du football, jeu collectif bien connu des enfants), et de l’art, cela facilite tout à la fois la découverte du travail en équipe (dimension horizontale) et de valeurs qui sont plus de l’ordre du beau, de l’esthétique et de l’harmonie qui élèvent l’âme (les arts) ; on cherche ainsi collectivement à nommer les choses, pour amener l’enfant à penser ce qu’il fait, ce qu’il ressent.

– Les technologies de l’information sont mobilisées, avec l’aide des professionnels qui, par exemple offriront leur service pour équiper les classes.

– Europe (Italie) : réflexion sur le contenu des programmes éducatifs et les risques de dérive (Pr Bruni, Université LUMSA – Libera università Maria Ss Assunta – Rome)

Il faut prendre conscience de la montée en régime d’une pensée très inspirée des préceptes idéologique du capitalisme ou de la finance ; l’éducation risque alors d’être trop unilatéralement orientée, avec une pensée standard, la disparition de la diversité des modèles économiques et sociaux, une approche des domaines uniquement utilitaire, technique… c’est une tendance pernicieuse qui fait fi des particularités contextuelles, et qui peut poser un problème pour permettre les débats, notamment le débat démocratique.

Seconde préoccupation, liée à ce qui précède, les incitations perverses : notamment dans la finance, avec une légèreté coupable, on a développé des mécanismes de rémunération fondés sur de fausses apparences de rationalité ; l’explosion de certains revenus a amené des comportements pervers, un décentrage par rapport à certains fondamentaux, une rupture d’harmonie, une idéologie délétère qui lamine et peut provoquer un choc anthropologique menaçant pour l’éducation et la société.

Dans ces conditions, en effet, on doit se demander ce que devient l’éducation, ou comment maintenir une éducation digne de ce nom, respectant les personnes, les valeurs éthiques ; comment peuvent évoluer les motivations intrinsèques des étudiants et enseignants avec ces dérives ? Une réponse, sous l’angle de l’éducation, «  la » réponse est certainement à trouver du côté de l’esprit de solidarité, et d’une meilleure entente entre les personnes : davantage de communion et de solidarité nous est il proposé en conclusion.

– Amérique du Nord (États-Unis) : la formation des dirigeants d’établissement (Université Fordham, université jésuite de New York)

Témoignage sur un institut de formation qui forme les responsables d’établissements suivant les valeurs chrétiennes ; il y a d’abord le souci d’assurer un enseignement de grande qualité ; les étudiants viennent de tous les horizons, et parfois de loin ; particularité de certains modules : les problématiques sociétales, le multi culturel ou le « multi linguistique ».

Les disciplines enseignées ou « travaillées » sont nombreuses, qu’elles soient académiques ou pratiques.

Les programmes concernent tous les niveaux (de la petite enfance aux adolescents et étudiants), une formation au leadership est assurée ; les formations font l’objet d’une certification.

Une attention particulière est prêtée aux aspects concrets : les analyses de cas, la répartition entre travail théorique » et « aspects pratiques », « l’école comme lieu de rencontre », « enseignement durable », « exercice de l’autorité ».

L’Institut mise aussi beaucoup sur l’ouverture : visite dans les quartiers, rencontres à l’étranger, partenariat et coopérations à l’international

Toutes les actions sont conduites avec le souci des valeurs chrétiennes de justice et de fraternité.

Europe et international : engagement social des universités catholiques (devise de la FIUC, Fédération internationale des universités catholiques : Sciat ut serviat, Savoir pour servir)

La Fédération internationale des universités catholiques encourage les initiatives qui, selon un mode transversal, amènent à sortir de logiques qui seraient par trop ancrées dans un « idéel » quelque peu désincarné, et enfermant ou enfermé. Sont ainsi encouragées toutes les initiatives permettant de traiter par la rencontre avec l’autre de questions sociales ou sociétales aussi sensibles que celles ayant trait à la pauvreté, la famille, la jeunesse… il s’agit de bien de prendre conscience qu’au-delà de la matière étudiée, analysée il y a le monde réel, avec ses diversités, ses inégalités, ses difficultés : au travers de projets très concrets menés souvent avec le concours des acteurs sociaux, l’objectif est d’apporter sous des formes diverses un concours d’expert à diverses communautés, comme par exemple les actions de sensibilisation à l’usage de l’eau en Amérique du Sud ou l’organisation de débats entre chercheurs et dirigeants politiques en Indonésie sur le traitement de la toxicomanie ; toutes ces expériences de terrain au service des personnes apportent aussi en retour : il y a un bénéfice en termes humanistes et par rapport aux valeurs chrétiennes qui enrichit les enseignements donnés.

Panel 2 : L’éducation, l’ouverture à l’international, les pouvoirs publics : l’engagement gouvernemental

Un autre regard : contributions données par plusieurs ambassadeurs délégués auprès de l’UNESCO

Grèce

Dans notre monde fait de tensions, marqué par l’invasion d’un monde virtuel souvent violent et une perte de beaucoup de repères, il est important de se rapprocher pour apaiser, concilier et mieux s’entendre… La diplomatie doit jouer son rôle, et le levier de l’éducation est ici essentiel, avec des problématiques qui sont de plus en plus internationales ; l’UNESCO ici joue pleinement son rôle en la matière.

Les États doivent investir massivement le domaine de l’éducation en s’efforçant de ne pas verser dans des approches trop « technicistes »  qui appauvriraient : il faut garder à l’éducation sa dimension humaniste… ne pas avoir le culte de l’économisme, c’est une aptitude à spéculer au sens « penser » qu’il faut savoir développer, plutôt que de magnifier ce qui a trait à la spéculation au sens financier. Finalement, Il faut placer les ambitions à un haut niveau, elles sont de l’ordre de l’immatériel, et non de « la vie basse » et en même temps se souvenir du sage de l’Antiquité qui prenant conscience de l’étendue de son ignorance, appelait à la modestie.

Le Bénin

– Une vision positive :il faut mesurer tout le chemin parcouru au fil du temps ; d’immenses progrès ont été réalisés pour réduire l’analphabétisme, l’obscurantisme, l’intolérance avec des contributions décisives d’organismes comme l’UNESCO et aussi les Églises par ses messages et aussi ses écoles qui ont contribué à nourrir une pépinière de dirigeants et entretenir une infrastructure socio-éducative.

Le Quatar

L’éducation est considérée comme une priorité absolue : c’est l’expression d’un engagement en faveur de la Paix, et une réponse d’apaisement à toutes les provocations pouvant venir d’un islam dévoyé.

Au cours des dernières années, dans le cadre d’une stratégie ambitieuse suivie au plus haut niveau, des actions nombreuses et marquantes ont été conduites : création d’une cité de l’éducation avec la participation de huit universités étrangères (6 américaines, une anglaise et HEC, chacune d’entre elle prenant en charge un domaine particulier) ; depuis 2008, pour accompagner une démarche stratégique à l’horizon 2030, tenue chaque année d’un sommet de l’innovation « WISE », forum d’échanges d’idées et de partage autour des bonnes pratiques et des innovations relevant de l’éducation ; attribution chaque année d’un prix décerné à des promoteurs de projets créatifs ; depuis 2004, sous la direction d’un professionnel du journalisme, développement d’une plate forme d’échanges entre « jeunes universitaires et collégiens » sur des thèmes divers (ex. : combattre les extrémismes, la question du pétrole au Moyen-Orient…), avec, après chaque moment de dialogue sur le thème choisi, un vote : l’objectif est de favoriser une culture du débat.

Le Quatar soutient aussi des programmes éducatifs (le chiffre de 5 millions de personnes à en avoir bénéficié est mentionné).

En conclusion, quelques considérations sont exprimées à propos des Traditions, du Coran et des Écritures saintes (les Livres), qu’il faut savoir bien exploiter en y ayant accès de façon responsable, avec la médiation de professeurs (terme employé) qui doivent rester authentiques et apaisants : le fanatisme ici est à exclure.

L’Équateur

L’éducation libère, elle ouvre les regards, et réduit l’ignorance… elle peut être dérangeante, mais cela n’a pas d’importance si elle contribue à diffuser des valeurs humanistes et à améliorer le bien être de la société. Il y a en ces domaines une dimension politique, on doit à cet égard opter résolument pour des orientations qui permettent d’ouvrir réellement l’accès à l’éducation à tous, et singulièrement aux plus pauvres. Si, dans cet esprit, les écoles catholiques apportent pleinement leur contribution à cette éducation pour tous, il y a en revanche des tendances moins heureuses lorsque se développent des initiatives privées, largement gouvernées par des considérations « marchandes » : les pouvoirs publics doivent faire en sorte de ne pas laisser cette « séquestration » de l’éducation, avec éventuellement certaines dérives éthiques.

Panel 3 : Éducation demain

Les grands enjeux de l’éducation (contribution LUMSA, Rome)

Se posent encore de nombreux problèmes, ceux-ci diffèrent selon les niveaux de développement.

Du côté des pays riches, la question majeure est celle de la finalité, les écoles tendent à devenir des centres d’apprentissage au service des intérêts économiques où l’on privilégie l’utilité, la rentabilité, un certain conformisme ; les valeurs mises en avant ont beaucoup de rapport avec la compétition, le mérite, « la performance, le succès avant tout », on tend à oublier de questionner le sens de ce qu’on fait.

Du côté des pays pauvres, le problème essentiel est simple : on manque de tout, pauvreté matérielle et immatérielle, avec alors de grandes difficultés pour permettre l’émancipation des personnes, des enfants au premier chef.

En réalité, sous des formes différentes partout émergent les mêmes sujets de préoccupation pour l’éducation : l’enfant qui n’est pas (plus) assez considéré, soit parce que sa formation est tributaire de conditions économiques (« l’argent » pour les pays riches) soit qu’il en est privé dans une large mesure (dans les pays pauvres, l’enfant exploité comme un résidu) ; mais il y a aussi d’autres phénomènes observés mondialement qui nuisent au développement d’une éducation pour tous, réellement valorisante avec comme un conditionnement des esprits que proposent nos modèles de société orientés vers la consommation ou une large diffusion télévisuelle faite davantage pour divertir ou aider à oublier des situations de dépendance ou de vulnérabilité que pour élever l’âme.

Les défis restent immenses : il y a encore des centaines de millions d’analphabètes, et les pressions utilitaristes, avec la montée de conceptions mercantilistes, érodent insensiblement le sens de l’humain, et appauvrissent les niveaux d’accès à la culture. C’est à ces réalités que doivent se confronter les acteurs du monde éducatif, avec, une attention aimante pour l’enfant et un sens des responsabilité qui puisse assurer aux jeunes – et notamment aux plus pauvres d’entre eux –des horizons d’avenir épanouissants, porteurs de promesses pour eux à titre personnel mais aussi au service de la cité et pour l’intérêt commun ; cette éducation doit contribuer à former de futurs citoyens, en les éveillant aux valeurs éthiques et en les habituant au dialogue avec les autres en complément des enseignements sous forme de cours.

– Apprentissage de la solidarité et culture de fraternité (réseau CLAYS)

Ici, le propos rejoint ceux tenus par d’autres intervenants : trop souvent encore, l’éducation est comprise et appliquée avec une vision étroite, réductionniste, utilitariste ou encore trop éloignée du terrain pratique, on a alors des orientations issues de rapports trop éloignées des attentes, ou ignorants de certaines valeurs profondément humaines ; tels sont les risques, et ces risques peuvent se trouver plus accusés là où les besoins sont les plus grands, dans les régions ou les pays les plus pauvres.

Des moyens existent pour atténuer les difficultés, des expériences sur le terrain sont là pour en attester et pour rappeler que le succès dépend souvent d’une suffisante prise en compte de ce qui vient de la base (« bottom up approach »), et aussi d’un apprentissage et d’une pratique du service sociale ou solidaire.

Les initiatives du réseau CLAYS répondent à cette logique et donnent de bons résultats ; ainsi en est-il d’un enseignement qui amène les élèves à développer une petite agriculture, jusqu’à la vente du produit de leurs récoltes : leçon de choses et d’économie; autre exemple cité, des classes techniques où l’on apprend à monter des sièges pour les handicapés : découverte de ce qu’est le handicap, apprentissage technique, production d’outils de locomotion au service de l’autre.

Ces initiatives originales, menées dans des zones défavorisées, réussissent parce qu’elles renvoient à du concret, tout en étant pilotées et accompagnées d’un enseignement par les maîtres qui jouent un rôle essentiel, pour expliquer, discipliner les efforts et montrer les apports de ce que font les élèves,  «  apports au service de » ; l’objectif est de pouvoir ainsi motiver les élèves, les rendre actifs, et faciliter l’insertion de ceux que pourraient rebuter les cours essentiellement magistraux. Mais il y a aussi, au-delà de l’apprentissage technique, une orientation vers les questions de solidarité avec d’évidentes retombées positives.

Mais cette attention aux autres, aux classes les plus défavorisées n’est pas limitée aux plus jeunes : il y a maintenant aussi beaucoup d’innovations « sociales » dans l’enseignement supérieur (encouragement des étudiants à faire du bénévolat, des diplômes conditionnés à un service social etc.)

« On ne peut pas changer le monde si on ne change pas l’éducation » (le pape François) : les initiatives qui nous ont été rapportées, avec de plus en plus d’attention apportées aux questions touchant la solidarité, sont le signe de changements qui donnent des résultats, une réelle transformation.

Conclusion

Card. Grocholewski, Préfet de la Congrégation pour l’éducation catholique

Même si en matière d’éducation on a beaucoup progressé (taux de scolarisation, alphabétisation) – ce dont il faut se féliciter car c’est un bienfait pour les populations -, on doit faire face à plus de complexité et relever de grands défis : la pauvreté qui constitue un frein au développement éducatif, les classes surchargées, les taux d’abandon et le manque de ressources aussi bien au niveau des matériaux éducatifs qu’en termes d’enseignants. Il faut réagir et, dans cet esprit, l’Église sera toujours présente pour aider la société terrestre et promouvoir la Personne, au travers de ses écoles et ses universités, au service d’une éducation qui permette à l’Homme non pas d’avoir davantage mais d’être plus, et qui soit résolument tournée vers l’autre, attentive à l’autre, et tout particulièrement aux plus pauvres. Par le réseau de toutes ses institutions culturelles, l’Église œuvre activement pour favoriser l’éducation avec le respect d’un ensemble de valeurs – la dignité des personne, la protection, le partage équitable, la recherche de la Paix – qui rejoignent celles qui peuvent émaner des multiples initiatives de l’UNESCO en ce domaine.

UNESCO : le pape reçoit la directrice Irina Bokova

Rome, (Zenit.org) Anne Kurian

Le pape François a reçu la directrice générale de l’Organisation des Nations-Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), Mme Irina Bokova, ce lundi matin, 2 mars 2015, à 10h. Mme Bokova a également rencontré le cardinal secrétaire d’État Pietro Parolin et Mgr Paul Gallagher, secrétaire pour les relations avec les États.

La directrice était à la tête d’une délégation de cinq personnes : M. Getachew Engida, vice directeur général, de l’Éthiopie, M. Hao Ping, président de la Conférence générale de l’UNESCO, et vice-ministre de l’éducation de la République populaire de Chine, M. Mohamed Sameh Amr, président du Conseil exécutif et ambassadeur de l’Égypte auprès de l’UNESCO, Mme Nada Al-Nashif, directrice générale adjointe pour les Sciences Sociales et humaines, de la Jordanie, et Mme Paola Leoncini Bartoli, directrice de cabinet de la directrice générale.

Selon un communiqué de l’UNESCO, dont le siège est à Paris, Mme Bokova a offert au pape «l’arbre de la paix», une sculpture traditionnellement remise aux personnalités.

Deuxième Forum de l’UNESCO sur l’éducation à la citoyenneté mondiale

(28-30 janvier 2015)

Dans le cadre de la préparation du 70° anniversaire de l’UNESCO, ce 2° forum visait l’édification de sociétés pacifiques et durables pour l’après 2015.

Mme Irina Bokova Directrice Générale de l'UNESCO
Mme Irina Bokova
Directrice Générale de l’UNESCO

Madame Irina BOKOVA a ouvert le forum en posant la question : « De quelle éducation a-t-on besoin pour un avenir plus pacifique ? » L’éducation est bien plus que la transmission d’un savoir. Elle doit permettre d’acquérir une culture nouvelle et d’apprendre de nouveaux modes de pensée.

Après le premier forum à Bangkok en 2013, le 2° forum ajoute de nouveaux partenariats et propose de rédiger une feuille de route. Il y aura un forum en mai en Corée avant la présentation en Septembre de l’après 2015. Son but : éliminer la pauvreté et l’exclusion sociale.

Mme Amira YAHYAOUI  (lauréate de la fondation Chirac pour la paix). Il y a une différence entre ce qu’on apprend à l’école et l’après-école. L’éducation est chargée de transmettre des savoirs mais aussi des valeurs. Elle se fait par des adultes en-dehors de l’école, il faut donc éduquer aussi les adultes pour que les concepts de l’école deviennent concepts de vie. 50% de la population mondiale n’a pas 30 ans, cette jeunesse n’est pas le futur mais le présent. Elle aura des responsabilités politiques dans un futur proche.

Mme Amira YAHYAOUI
Mme Amira YAHYAOUI

L’éducation à l’universalisme et aux valeurs communes contribue à la paix. Il faut éduquer à la différence, L’éducation aux droits de l’homme doit tenir compte des différentes cultures et religions.

Tous les enfants du monde n’ont pas la même enfance. C’est une donnée dont nous devons tenir compte et ne pas chercher à imposer un même modèle. En éducation, le rôle de la famille est essentiel.

Quelques attentions importantes : comment enseigne-t-on l’histoire et comment les enseignants sont-ils formés ? Sont-ils capables d’enseigner la citoyenneté mondiale ? Les manuels scolaires sont-ils bien adaptés et qui contrôle leur contenu ?

L’éducation à la citoyenneté mondiale dans l’agenda de l’éducation post 2015

1 – L’éducation dans le monde d’aujourd’hui présentée Monsieur DE SOUZA :

global citizenship educationIl faut que les apprenants soient conscients de leurs droits, que la diversité et la connaissance de leurs pays soient reconnues. Or la mondialisation va dans l’autre sens. L’élite mondiale s’intéresse à elle-même avec un processus qui se reproduit constamment. L’élite a monopolisé les espaces mentaux. Ce n’est pas dans le discours de Davos que l’on trouvera les solutions.

Défi : créer des consensus par changement (développement durable). L’éducation est un bien commun et une richesse permanente. Il existe une discrimination de groupes minoritaires où est imposé un discours dominant: les Adivasis en Inde sont discriminés dans la salle de classe, ils ne peuvent jouer ou partager un goûter avec leurs camarades.

L’élite mondiale envisage l’éducation pour elle-même dans le but de dominer le monde (école pour l’élite en Inde). Comment s’y opposer ? L’éducation est un bien commun à tous.

L’éducation contre l’extrémisme présentée par monsieur BRAUTASET

L’éducation favorise un meilleur développement de la personne. Elle permet au citoyen de prendre des décisions éclairées, c’est un droit pour les enfants. Or les enfants les plus pauvres et marginalisés ont besoin d’établissements sûrs et adaptés. L’éducation n’est pas l’apanage de l’Est ou de l’Ouest, mais de tous les humains. Elle a un rôle dans la lutte contre les extrémistes violents même si parfois une bonne éducation n’empêche pas la violence.

Il faut éduquer au respect et à la tolérance, pas seulement à l’école mais aussi dans l’apprentissage. Il faut développer le sens de l’identité et l’école doit poser les bases de la normalité. Un grand nombre d’enfants ne sont pas scolarisés dans le monde, surtout les petites filles et les enfants dans les zones de conflit. C’est une injustice qui compromet le développement de la démocratie. L’abandon de l’école avant l’obtention d’un diplôme en raison de la guerre ou de la nécessité de travailler est courante.

Il faut donc une action collective car l’éducation est un bien commun, collectif et mondial. Le monde change inexorablement. Le système éducatif doit apprendre à le changer sans violence et à l’adapter de façon continue. C’est la meilleure façon de lutter contre le terrorisme.

II – Promotion de l’apprentissage transformateur par la politique nationale de l’éducation par Madame CARRASCO :

La Colombie est un pays où il existe de nombreuses inégalités et ségrégation. Ce pays est en paix depuis peu et consacre maintenant un budget important à l’éducation. 68% des enfants vont à l’école publique.

Il y a un droit à un enseignement de qualité, respectueux des diversités et qui porte non seulement sur le savoir, mais aussi sur l’être.

Symbole de la fleur dont le cœur correspond à la base commune et nécessaire, les pétales aux savoirs que l’on choisit en s’adaptant à chaque cas et la tige à la méthodologie.

Mr MOTIVAN a préconisé un suivi des progrès comme mesure de l’éducation à la citoyenneté mondiale.

Séance parallèle 1 n° 17 : lutte contre la discrimination et la violence par le biais de l’éducation à l’ECM

Il s’agissait d’une table ronde où étaient exposées des expériences diverses dans différents pays.

Mexique : il a été mise en place une formation par internet, compte tenu de l’éloignement géographique des professeurs pour leur ouvrir l’esprit et pour qu’ils renoncent à leurs critères propres par rapport à l’homosexualité, l’avortement, le genre, les mariages forcés, la transsexualité…

Il s’agit de lutter contre les châtiments corporels, le harcèlement sexuel ou autre, l’homophobie.

Thaïlande : exposé fait par une femme membre du LGTB qui a reçu une aide de l’UNESCO pour l’un de ses projets assez semblable à l’interlocutrice précédente.

Séance parallèle 2 n°14 : Éducation inter-religieuse et éducation à la citoyenneté mondiale

Le dialogue inter-religieux qui inclut les incroyants, ne concerne pas seulement la connaissance des religions mais aussi ce qu’elles peuvent apporter et l’enrichissement des valeurs de chacune.

La tolérance est bonne mais la compréhension est meilleure.

Il faut « contextualiser » la connaissance.

L’orateur espère inspirer les étudiants à développer leurs connaissances sur les différentes croyances et cultures et à accepter que différents chemins existent dans la vie.

Politique Nationale et pratique en Côte d’Ivoire : Il faut former un citoyen nouveau respectueux de la république, de la démocratie, de la dignité de la personne humaine et de la paix pour cela :

  • cadre formel : Décret du 12.9.2012

Manuel de référence de la CEDEO dont un passage porte sur l’inter-religieux,

  • Vie scolaire : clubs, activités religieuses, inter-religieuses et culturelles,
    Écoles confessionnelles : les plus anciennes sont chrétiennes, les plus récentes islamiques, mais toutes les confessions sont acceptées car le programme scolaire est officiel.
  • Cadre informel : Implication des ONG
    Organisation de prières dans tous les lieux de culte pour chaque religion, Festivals scolaires, Activités communes, sport…

Améliorations à apporter en vue de former de « bons citoyens » : amélioration des manuels (cadre formel) et formation des leaders des clubs, des enseignants et éducateurs et des leaders religieux (cadre informel).

Professeur Davies : éducation contre l’extrémisme

Le dialogue inter-religieux peut être un moyen pour éviter que des jeunes ne tombent dans l’extrémisme.

Il faut être conscient des peurs et des vulnérabilités.

La religion est un risque particulier de conflit car chacun pense que sa religion est exclusive, supérieure, que Dieu est de son côté, et est expansionniste.

Le sécularisme est le risque le plus important pour l’extrémisme. Ce n’est pas la même chose que l’athéisme car le sécularisme est un système de gouvernance, pas un système de croyance; il y a un code moral dans la nécessité de la règle de droit et la protection des droits de l’homme.

Toutes les religions sont soumises à la même loi.

La volonté politique est essentielle. Le dialogue n’est pas une négociation mais un mode de résolution de conflit avec une obligation de résultat.

Séance plénière 2 : l’éducation à la citoyenneté mondiale forge la paix (jeudi 29 janvier)

L’éducation à la citoyenneté mondiale forge la paix.

Toutes les actions de domination, d’agression et d’oppression, les inégalités, la pauvreté sont des états qui ne favorisent pas la paix. Il est nécessaire de créer un socle commun qui constitue un « liant » dans la société. Les vertus civiques, les droits de l’homme et aujourd’hui le développement durable, les droits de la nature qui sont les mêmes pour tous sont les éléments d’une cohésion sociale. La solidarité n’est plus que familiale ou de voisinage mais avec des personnes que l’on ne connaît pas.

Il est difficile d’être un vecteur de changement sans s’impliquer soi-même. Dans la pédagogie du savoir vivre ensemble, outre la formation des enseignants, il convient d’associer les parents.

Comment dialoguer sans imposer ses perspectives ? On peut distinguer trois types de dialogue : le cas où il s’agit d’apprendre ensemble sans rien changer quant à ses attitudes, le dialogue libérateur et le dialogue où chacun aspirent à une vérité qui mérite débat.

Le terme éducation introduit : un contenu, une matière enseignée, sans poser de présupposés sur les apprenants ; un processus, comment apprendre, comment enseigner, par la participation, par un dialogue et non pas seulement « fournir » une compétence ; un contexte qui doit être adapté.

L’éducation à la citoyenneté mondiale a besoin d’une théorie. C’est en avançant qu’elle se construit.

Séance parallèle : le « dialogue » peut-il être un outil au service de l’édification de sociétés pacifiques ?

Dans le mot dialogue, il y a « dia » à travers, et « logos » mot, sens. Le dialogue n’est ni un débat, ni une médiation, ni une négociation, ni une délibération, ni une discussion. Le dialogue est une conversation entre deux ou plusieurs personnes qui pensent ensemble, échangent leurs idées et leurs émotions et avancent ensemble. Les participants entendent et écoutent leurs partenaires.

Séance plénière : Progresser ensemble : l’éducation à la citoyenneté mondiale (ECM) dans le cadre d’actions post-2015 (vendredi 30 janvier 2015)

Il convient d’associer les actions prévues pour mettre en œuvre l’ECM avec les thématiques de l’ONU. Six éléments sont essentiels à la réflexion : la dignité, le peuple, la prospérité, la planète, la justice, le partenariat.

Aujourd’hui nous vivons dans un monde où l’intolérance et les extrémismes existent. L’ECM doit former et transformer la société. Les autorités, les enseignants et les parents doivent s’accorder confiance pour transmettre cette expérience de l’ECM. Il est utile de rappeler les quatre points du rapport de Jacques Delors qui sont : être, connaître, faire et vivre ensemble. Les liens inter générations doivent être renforcés. La mise en œuvre de l’ECM demande une mobilisation générale des états, des acteurs de l’éducation, des ONG, des instances religieuses.

Dialogue interreligieux et interculturel : Mr BRODEUR

Il existe de multiples définitions du dialogue. Ce mot a des sens différents selon les langues. L’UNESCO ne doit pas se borner à une seule définition. Il faut les utiliser selon le contexte. L’aspiration à la vérité mérite un débat et un dialogue .Il faut trouver une interdépendance, un équilibre entre concurrence et coopération.

Les inégalités peuvent impacter le dialogue. Si le dialogue est non violent, comment y intégrer les extrémistes ? Comment transformer les crises en opportunités ?

Le dialogue a abouti entre les juifs et les catholiques. Il est lié à la baisse du catholicisme en Europe (je cite !)

Les fruits du dialogue ont un gros potentiel comme la non utilisation de l’Islam pour les actes violents.

Discrimination sur le genre : Mme Saikjee UNGEI

L’éducation est un bien commun qui doit être dirigée vers les droits, sans préjugés.

Il faut éduquer les éducateurs car le savoir ne suffit pas. Il y a une continuité entre le global et le mondial, ce n’est pas binaire : par exemple paix ou cohésion sociale.

L’ECM a besoin d’une théorie. Il faut prendre conscience de nos partis pris et de nos préjugés.

Il faut enlever les passages hostiles dans les manuels scolaires.

Séance parallèle 3 : Enseignement de l’histoire et éducation à la citoyenneté mondiale,

-Un universitaire palestinien a expliqué comment il avait réussi à écrire un livre d’histoire avec un universitaire israélien. Il a été difficile pour eux au début de choisir les points à traiter en commun. Mais le livre a pu sortir. Son succès est plus international que local. Il a surtout été vendu en Italie, France, Allemagne, USA plus qu’en Palestine ou en Israël.

Propos recueillis par Jean-Paul Millet Lage et Marie-Christine Lattes

Journée Mondiale de la Radio

Les jeunes et la radio

Vendredi 13 février 2015

Définition du thème

‘’Cette année, l’UNESCO célèbre la jeunesse à l’antenne en présence d’une variété de radiodiffuseurs français et internationaux, couvrant une très large audience (Radio France Internationale, Monte Carlo Doualiya, China Radio International), des antennes issues du milieu associatif et des radiodiffuseurs communautaires venus d’Afrique et du Moyen Orient.

journée_radioToute la journée, ils ont diffusé en direct de la Maison de l’UNESCO.’’

‘’La radio est le media le plus universel à ce jour. Media peu coûteux qui requiert une technologie relativement simple, la radio atteint aussi bien des décideurs politiques que des collectivités éloignées et des groupes marginalisés.

Actuellement, trop peu de programmes relayent les préoccupations des jeunes à l’antenne. Le manque d’intégration des jeunes à la radio doit également beaucoup à la précarisation croissante de la profession qui les oblige à travailler à la prestation, plus ou moins régulière, pour différents types de medias. Enfin, les jeunes professionnels, notamment en radio, et leurs fixeurs* restent particulièrement exposés au risque dans les zones de conflits en raison d’un manque de préparation et de soutien des medias pour lesquels ils exercent leur activité.’’

*Fixeur = le correspondant local qui joue le rôle de guide, de repéreur, qui assure la sécurité, la logistique et qui peut lui-même être journaliste.

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Cette Journée Mondiale a été organisée sous forme d’un salon des radios associatives, RFI étant la seule radio institutionnelle présente, avec en parallèle 4 débats :

  • La radio et les jeunes = état des lieux, inclusion, stéréotypes,
  • Renforcer les radios locales par le biais des TIC (Nouvelles technologies) ,
  • Jeunes journalistes et fixeurs : quelles garanties pour plus de sécurité,
  • L’heure de la Syrie : promouvoir la liberté d’expression par le biais des radios.

Et un film sur la diffusion d’une radio dite pirate dans une favela.

Peu de personnes présentes – nous étions une vingtaine à assister aux débats, quelques dizaines de jeunes autour des radios diffusant en direct, pas de conférence d’ouverture.

Le débat « la radio et les jeunes » : a été intéressant pour découvrir la question principale à savoir l’inclusion des jeunes dans les radios.

  • La place des jeunes : Il n’existe pas de statistiques ni d’analyses sur l’emploi des jeunes dans ce media de par le monde. Il ressort très nettement que les jeunes ont de grandes difficultés à intégrer les medias, entre autres les radios, en dépit de collectifs qui leur permettent de se regrouper. Dans les radios associatives qui sont plusieurs centaines en France, quelques milliers de personnes travaillent régulièrement dont 25% sont des journalistes, nombre auquel s’ajoute celui des bénévoles qui se comptent par dizaines de milliers.
  • Les jeunes et les thèmes abordés sur les radios : les jeunes doivent s’emparer d’autres sujets que ceux de la jeunesse et de faire du jeunisme, en se positionnant en opposition ou en rupture avec les moins jeunes. Mais là, pas d’idées posées sur les procédures d’intégration (inclusion). Un grand nombre de radios associatives utilisent internet car il n’y a pas que les radios hertziennes…

Débat renforcer les radios locales par le biais des TIC

2 points à retenir : généraliser dans des zones géographiques isolées et/ou marginalisées l’accès aux outils utilisant les nouvelles technologies = internet, téléphone ; seul moyen = aider au financement de cet objectif.

Question : Libéraliser l’usage en refusant la censure du web qui existe dans de nombre États ?

Débat jeunes journalistes et fixeurs

65 journalistes ont été tués depuis 2 ans dont la moitié avait moins de 30 ans.

Les risques sont désormais de 2 ordres : le risque de front et le risque d’enlèvement.

Les jeunes journalistes n’y sont pas préparés et beaucoup de radios n’assument pas cette formation par manque de temps et d’argent.

Film sur les favelas : il montre la lutte de quelques jeunes qui veulent créer une radio libre dans une favela, radio qui n’a bien sûr pas l’assentiment des autorités car pas très respectueuse des institutions.

En conclusion :

En axant les débats sur l’opposition qui existerait entre les générations de journalistes et autres professionnels des radios, les jeunes intervenants s’enfermaient dans une sémantique un peu réductrice, ce qui a été relevé par l’animateur.

Aucun positionnement sociologique ni philosophique n’ont imprégné les discussions. Une réflexion a quand même émergé pour s’intéresser au thème de l’éducation aux medias faite à l’école, mais sans approfondissement.

Journée mondiale ? mais l’essentiel se situait peut-être sur les ondes des 11 radios présentes…

Jean Paul ML

La Journée Mondiale de la Radio sur le site de l’UNESCO

Réunion d'information du Conseil exécutif de l'UNESCO du jeudi 12 février 2015

Cette réunion a pour but de permettre au Conseil exécutif d’exercer sa fonction de suivi, notamment sur l’état d’avancement de l’exécution du programme. Elle rassemble les représentants des États membres du Conseil et la Directrice générale. 

Trois grands thèmes ont été exposés par la Directrice Générale, en réponse à la centaine de questions posées par les États Membres :

  • La promotion et la protection des valeurs universelles de l’UNESCO ;

  • Le rôle de chef de file de l’UNESCO dans le domaine des sciences ;

  • Les questions relatives au budget et aux réformes.

1er thème :

Rappel du 70ème anniversaire de la création de l’UNESCO.

Les événements meurtriers du début janvier 2015 ne sont ni un choc de civilisation ni un choc religieux mais le fait d’extrémistes violents qui souhaitent diviser les communautés.

Plus de 600 journalistes ont été attaqués et 6% des affaires ont été résolues. La Directrice Générale (DG) demande que les États Membres (EM) soient fermes devant ces agissements. Elle a rappelé les résolutions qu’a prises l’UNESCO en faveur de la presse, notamment une disposition contre l’impunité des actions commises contre les journalistes. Elle a insisté sur la nécessité pour l’Unesco, de développer encore plus le concept de la protection au plan mondial de la liberté d’expression.

La DG souligne le besoin de se concentrer sur le dialogue interculturel qui est l’élément essentiel pour « vivre ensemble ». Tout commence sur le « banc de l’école », d’où l’importance de l’éducation. L’éducation a toujours été la réponse de l’UNESCO à l’extrémisme. L’éducation est une force de la paix qui permet de développer de nouvelles formes de solidarité.

Un plan d’action pour la décennie est de favoriser l’union, le partenariat, l’interculturel et l’interreligieux.

Enfin la DG a insisté sur les actions menées pour la mise en place d’internet avec le souci des précautions à prendre pour éviter les dérives.

Les questions qui ont suivi ont porté sur :

– les difficultés de mettre en œuvre les directives de l’UNESCO en période de crise et sur la nécessité de parfois les reformuler,

– l’opportunité de repenser les priorités de l’Unesco qui ne sont plus obligatoirement les mêmes qu’il y a 30 ans.

Enfin il est à noter l’intervention du représentant de l’Afghanistan, reprise par plusieurs pays, attirant l’attention de la Directrice Générale sur l’urgence à mieux définir le concept de « Liberté d’Expression », d’en préciser les limites inéluctables et demandant la création en priorité d’un groupe de travail à l’Unesco sur ce sujet.

2ème thème

Cette question prolonge la première. « La vraie révolution est de revenir aux sources » (Henri Matisse).

Le rôle de l’UNESCO est d’aider les EM à élaborer une politique scientifique relative au développement durable le mieux adaptée au terrain et conforme au changement climatique.

Les thèmes scientifiques les plus cités ont été : l’eau, les océans, les changements climatiques, la biodiversité et le développement durable.

L’UNESCO abrite le Conseil Consultatif Scientifique qui relève de l’ONU. Cette institution doit améliorer l’interface entre les sciences et les politiques.

Le financement de ces projets est fragile et mérite être renforcé.

L’avenir de la science sont les jeunes. Il convient donc de les initier dès leur plus jeune âge.

L’UNESCO encourage la formation scientifique des femmes.

Les savoirs autochtones sont des ressources importantes qu’il est utile d’exploiter pour la compréhension des changements climatiques.

Les questions qui ont suivi ont interrogé la DG sur l’action de l’UNESCO en matière de développement durable : la COI (Commission Océanique Intergouvernementale) est-elle une grande priorité ? Avec quels moyens financiers ? Quels sont les défis principaux ?

La DG a répondu que les EM souhaitent l’indépendance de la COI et que celle-ci travaille étroitement avec l’OMM (Office Mondiale de la Météorologie). En ce qui concerne le budget, l’UNESCO soutient une approche collaboratrice. 

3ème thème

Le budget est lié aux réformes. Aujourd’hui les projets concernent :

  • Une plus grande rationalisation des structures et des procédures ;

  • Une réforme de la gouvernance du secrétariat ;

  • Améliorer la prise de décision et le fonctionnement des programmes ;

  • Améliorer les secteurs administratifs de support.

Tous les coûts doivent être à la baisse. Le Conseil sera consulté. Quels sont les fonctions essentielles ? Quelles sont les fonctions accessoires ? Où est la pertinence de l’UNESCO ? Le mandat, les missions de l’UNESCO résonnent-ils toujours aussi fort ?

Une réforme a besoin d’investissement pour pouvoir développer des outils de suivi. Or l’UNESCO n’a pas bénéficié de la création de nouveaux outils d’évaluation. Les fonds extra budgétaires financent des projets spécifiques mais pas les programmes qui subissent la baisse de 30% du budget régulier.

Des choix s’imposent. Il convient d’avoir un débat approfondi à ce sujet. Il y a péril car l’UNESCO ne sera plus en mesure d’assurer ses missions.

L’après-midi a été réservée aux interventions libres des E.M. sur tout sujet non traité le matin. Il y a eu très peu de questions, elles ont porté sur :

-renforcer la promotion des outils de mesure de performances des actions liées aux programmes de l’Unesco,

-l’insistance des petits États Insulaires sur l’importance du programme COI en raison des menaces de submersions les concernant,

– l’intervention des Pays Bas sur l’importance des programmes éducatifs concernant l’enseignement de la Shoa pour la formation à la Paix.

En conclusion :

– Rappel des enjeux des programmes « post 2015 » pour tout ce qui concerne l’éducation et les sciences,

– A suivre, la nécessité pour l’Unesco de donner un contenu plus précis au concept de la protection de la Liberté d’Expression, et de la protection de la presse, avec ses limites à préciser. Cela pourrait être un thème de travail que le CCIC ou ceux de ses membres liés à la presse ou à la communication ou aux droits de l’homme pourraient suggérer au Comité de Liaison. Par exemple lancer le thème d’une éthique de la Liberté d’Expression ?

Marie-Christine Lattes, et Denis Chaigne

CCIC info : Mardi 27 janvier 2015 – Journée Internationale à la mémoire de l’Holocauste – Table ronde à l’UNESCO

L’UNESCO a commémoré la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste à son Siège à Paris. A côté des cérémonies officielles, une table ronde intitulée : « Culture, mémoire et transmission » a été organisée.

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