NETEXPLO 2017 : un dixième anniversaire bien rempli


Toujours le même succès, pour cet événement parrainé par le SÉNAT et l’UNESCO.

Pendant deux jours plus de 1500 participants ont été témoins d’échanges toujours aussi riches en idées inspirantes, et attentifs à la présentation des 10 innovations du crû 2017 retenues parmi les centaines de projets qui, selon la pratique habituelle,ont été soumis à un processus de sélection rigoureux : examen par des experts reconnus (notamment issus du réseau international des 19 universités qui accompagnent NETEXPLO chaque année), critères exigeants : présenter au moins des prototypes, originalité et performances techniques mais surtout accent mis sur l’usage et sur les perspectives de développement, attention à « l’humain ».
Y.N.
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Conseil Exécutif de l’UNESCO 201ème session

Échos de la réunion plénière des 24 et 25 avril 2017


Ouverture par le Président M. Michael Worbs  qui a souhaité rappeler avec insistance le malheur des attentats intervenus dans plusieurs pays ces derniers mois pour exprimer – comme l’ont fait beaucoup de délégués – sa compassion et dire avec insistance combien il était important dans cette actualité dramatique de réaffirmer le rôle éminent de l’UNESCO en faveur de la Paix et la Justice, deux valeurs essentielles de son acte constitutif.

Dans cette introduction ont été indiqués les trois axes principaux retenus pour les échanges : 1 / L’ensemble couvert par le document dit 39/C5 (budget programme UNESCO) qui est présenté sous une forme complètement remaniée ; 2/ La procédure engagée pour la sélection du nouveau Directeur Général ; 3/ La préparation de la prochaine Conférence Générale.

Il a été aussi fait allusion aux travaux qui ont précédé cette réunion, pour saluer les interactions fructueuses avec les présidents des conventions, des comités et des groupes régionaux.

Le Directeur Général adjoint a représenté Mme Bokova qui n’a pu assister à la première journée en raison de sa participation au Congrès Mondial juif à New York (qui a lieu tous les quatre ans), congrès au cours duquel a été présenté un « guide à l’attention des décideurs sur l’enseignement de l’Holocauste », document rédigé par l’UNESCO en collaboration avec la mosquée de Montréal. Le DGA a rappelé la signature de la Résolution 2347 par le Conseil de sécurité, une résolution qui consacre officiellement le lien entre Patrimoine culturel, paix et sécurité : après UNITE4HERITAGE, l’UNESCO voit ainsi reconnu le principe d’une défense des patrimoines culturels face aux risques de  destruction et de trafic dans les zones menacées par les conflits. C’est une avancée historique et sans précédent.

Le DGA a rappelé ensuite les quatre grands objectifs retenus pour orienter et structurer les actions de l’UNESCO : alignement sur l’agenda 2030, mise en évidence des deux priorités « Afrique » et « le genre », privilégier les actions concrètes et des approches intégrées. Il a aussi mis l’accent sur les progrès récents en termes de méthode avec le souci de favoriser les coopérations ou les rapprochements (ONU , Banque Mondiale) et de visibilité ( un rapport 2016 mettant bien en évidence les faits saillants, le programme 39/C5 rénové, le lancement du « Courrier de l’UNESCO » avec l’aide financière de la Chine)

-Les déclarations :

Une trentaine de délégations se sont exprimées oralement (16 d’entre elles, comme l’avait proposé le Président, ont remis des contributions écrites) et plusieurs thèmes ont été largement repris, comme ceux de la violence et de l’extrémisme, de l’éducation (les jeunes, les femmes, l’enseignement professionnel.

Le succès des efforts de l’UNESCO pour promouvoir la Résolution 2347 a été largement salué, ainsi que l’engagement de Mme BOKOVA au service de cette cause, mais la Directrice générale, plus généralement, a reçu comme un satisfecit de la part de nombreux membres du Bureau pour tout ce qu’elle a apporté au cours de ses deux mandats.

Comme lors de la précédente session, l’agenda 2030 de l’ONU et notamment l’ODD4 se rapportant à l’Éducation sont constamment mentionnés comme des cadres de référence importants pour guider les politiques menées au sein de l’UNESCO mais aussi au niveau des Etats (un certain nombre d’exemples ont été rapportés). Dans l’ensemble ce budget « 39/C5 »« est bien accueilli dans sa nouvelle version pour les avancées qu’il a permis d’opérer (meilleure visibilité des programmes, mise en évidence des résultats, intégration des fonds extra budgétaires etc). Un assez grand nombre de délégations ont réitéré leur inquiétude quant aux bureaux hors siège dont on craint une réduction de leurs moyens financier et surtout humains ( diminution du nombre des experts).

Dans la perspective des auditions des candidats au poste du prochain Directeur général, un certain nombre de participants ont énoncé quelques uns des critères jugés indispensables : le leadership, une bonne connaissance du domaine et de l’institution, une force de conviction pour aider à résoudre les problèmes de financement. Un délégué, président de son groupe régional a insisté pour que soit respecté un principe de représentativité géographique ainsi qu’une juste rotation par zone, au nom de ce qu’on pourrait appeler une règle du « chacun son tour ».

Beaucoup de délégations ont insisté pour que l’UNESCO soit fortement soutenue en raison des valeurs essentielles qu’elle promeut : paix, justice, pluralisme et diversité culturelle, protection des droits de l’homme.

Le représentant de la Thaïlande a parlé au nom de l’ASEAN dont on fête en 2017 le cinquantième anniversaire : ses membres soutiennent les actions de l’UNESCO qui favorisent l’harmonie, le respect des personnes et attachent une importance toute particulière à l’Éducation notamment pour tout ce qui concerne les sciences et techniques. Les questions touchant à la gouvernance sont de toute première importance, notamment ce qui a trait à l’évaluation des performances.

Le représentant des Pays arabes appelle à s’assurer des suites données aux décisions prises par le COMEX ou la Conférence générale ( une question précise est posée au sujet de la décision prise concernant Jérusalem).

Pour le groupe Amérique latine et Caraïbe, les points suivants ont été mis en exergue : à l’avenir, on devra s’assurer d’une amélioration effective de la gouvernance, avec la dimension « intergouvernementale » bien traitée. Il faudra avoir une gestion intelligente des financements, plutôt que des coupes claires, miser sur les synergies, jouer sur une meilleure priorisation et ne pas perdre de vue les valeurs essentielles à défendre comme la solidarité (avec notamment Haïti) ou les protections contre les risques de destruction du patrimoine culturel (destruction du fait de guerres ou de catastrophes naturelles, trafic). On salue les initiatives du MOST et sa stratégie qui est pertinente avec une bonne et légitime appréhension des questions touchant aux migrations.

A l’occasion de leurs déclarations, certains intervenants ont mentionné les initiatives et événements pour lesquels leurs pays ont joué un rôle ou sont appelés à le faire :

-les événements :

réunion du MOST en Malaisie, forum sur la Quatrième révolution industrielle (Vietnam), Colloque sur le programme « Mémoire du Monde » à Doha (après la consultation de la Commission internationale réunie à ce sujet), Forum mondial sur « Réfugiés et Développement durable » à Dacca.

-les initiatives :

Prix développement durable (Japon),la Conférence sur les Humanités (Liban), le Fonds de soutien en faveur du lac Tchad, le Fonds Malala (Pakistan) ; le Fonds Fiducia UNESCO (Espagne) (en faveur de l’éducation), soutien exprimé et apporté au Fonds de solidarité « Ouragan MATTHEWS » (en faveur dHaïti).

On aura relevé les quelques autres éléments suivants :

Le représentant de l’Italie a rappelé le récent sommet des ministres de la culture du G7 à Florence. C’est une première, et il est important de voir ainsi reconnue la Culture comme représentant un grand enjeu, et méritant que l’on y accorde la plus grande attention.

Quelques délégations ont tenu des propos appuyés pour appeler à ne pas altérer ce que fait l’UNESCO en l’instrumentalisant à des fins politiques (il faut dépolitiser). L’institution doit rester centrée sur ce qui est d’ordre purement culturel, intellectuel. Un intervenant a pour sa part parlé du risque de détournement par l’argent à propos des fonds extra budgétaires de plus en plus souvent mobilisés : ce n’est pas l’argent qui doit fixer les priorités. Un autre participant a exprimé le souhait que les échanges soient un peu moins orientés sur des sujets propres aux intérêts particuliers de chaque État dont sont issus les intervenants, pour privilégier des problématiques plus générales, et permettre ainsi d’avoir de vrais débats d’idées.

Un souci a constamment été exprimé de façon plus ou moins explicite à propos des contributions qui ne sont plus versées ou qui sont versées avec retard. Le Président de la Conférence générale, M. Stanley MAMBATA, appelé à s’exprimer en fin de session, a été net : il faut mettre fin à cette hémorragie, a-t-il indiqué : être membre de l’UNESCO requiert qu’on contribue à son financement, il faudra dans les temps à venir mettre les États devants leur responsabilités sur ce point ; il faudra aussi, selon lui, mettre fin à une autre pratique, à savoir celle du versement de contributions sous condition.

La qualité du management a fait l’objet de commentaires avec quelque fois des nuances critiques. Sur ce sujet, le Royaume Uni, tout en assurant l’UNESCO de son soutien, a suggéré qu’il y avait matière à améliorer les choses, notamment ce qui concerne la gestion du personnel ( recrutement, évaluation etc).

L’observateur du Saint Siège est intervenu sur la question des Migrants, et singulièrement des enfants pour appeler les pays d’accueil à leur réserver un accès à l’éducation digne de ce nom et respectueux des identités.

L’Union européenne a rappelé qu’avec les contributions de l’ensemble de ses membres, elle est le principal contributeur de l’UNESCO, qu’elle soutient pleinement à raison de ses missions au service de la Culture. Ont été mentionnés les quelques grands thèmes sur lesquels l’UE partage les vues de l’UNESCO : la sécurité des journalistes, l’attention à apporter aux jeunes (existence d’un réseau des jeunes européens), la protection des patrimoines culturels (on salue la résolution 2347, on soutient les actions de l’UNESCO en Crimée).

Enfin, en dernier lieu, on mentionnera quatre interventions originales, qui, d’une certaine manière, tranchaient dans la forme mais peut être aussi, à certains égards, dans leur esprit sur les autres déclarations :

Le délégué des Pays Bas a laissé l’essentiel de son temps de parole à un Jeune qui fera partie du prochain Forum des jeunes et qui, tout à la fois, a dit combien sa génération dans son pays peut avoir peur de la violence qui tend à trop souvent se manifester (jusqu’à la guerre) et combien elle souhaite s’engager dans la société et être entendue.

L’ambassadeur iranien a conclu son intervention sous une forme plutôt poétique pour défendre les idées auxquelles il est attaché : il a ainsi parlé d’élévation du débat, d’authenticité, d’oubli du politique néfaste pour préférer les politiques artisans de Paix, et de promotion de dialogues qui portent comme une vague.

Le délégué de la République Dominicaine a voulu intervenir sur un ton musical en jouant sur des mots antinomiques ou complémentaires pour mieux faire ressortir un message de paix et d’espérance, avec des strophes ponctuées d’un refrain repris en chœur pour rejeter la Guerre « Nada ! » : « les Paroles voyagent plus vite par la Musique », un joli slogan qu’il a donné juste avant de commencer une riche litanie de ces mots s’opposant ou se complétant, une déclamation par le chant inspirante, et qui interpelle : L’Enfant/l’École…Les Armes/la Paix..Les murs/les Ponts… Le Silence/l’Écoute… le Courage/l’Amour… La Femme/l’ÉgalitéLa Démocratie/la Gratuité… Les Réfugiés/l’Espérance… L’analphabétisme/ les Lettres etc ; belle mélodie qui a conquis l’auditoire et qui a été spontanément très applaudie.

Le Cameroun pour sa part a terminé sa déclaration sur le thème de la citoyenneté, en rappelant l’existence de deux organisations : l’organisation de «  la citoyenneté universelle » et l’organisation « des citoyens du Monde ». La première avait l’ambition de développer l’usage d’un passeport universel, et la seconde prévoyait que chaque État réserve sur son territoire une enclave qui serait libre d’accès pour tous, idéale utopie que complétaient d’autres projets (ex : une « chambre des peuples »), mais aussi beaucoup d’idées proches de celles qui inspirent l’UNESCO, la Paix , la Tolérance, et une citoyenneté pour tous, citoyenneté du Monde. Il est bon que l’UNESCO continue de promouvoir ces valeurs et principes essentiels.

En conclusion :

Mme Bokova, en fin de seconde journée, a apporté des réponses à l’essentiel des questions soulevées.

Elle a apprécié les propos positifs tenus sur le « 39/C5 » et indiqué qu’il ne s’agit que d’un début, il y a une volonté d’aller plus loin pour rendre l’outil encore plus lisible qu’il s’agisse des opérations ou des résultats. Elle s’est montrée rassurante quant au réseau hors siège (notamment pour la région Afrique qui a le plus exprimé ses inquiétudes), elle a rappelé son engagement pour de meilleures coopérations inter-agences de l’ONU. Vis-à-vis de la Suède et du Royaume Uni qui figurent parmi les délégations les plus enclines à demander une gestion ressemblant à celle que pratiquent les entreprises, la Directrice Générale a dit son accord avec ce qui est dit et montré que déjà, dans une large mesure, l’UNESCO répond aux exigences exprimées, et indique que les efforts seront poursuivis. Dans les combats à mener contre tous les risques de destruction des Patrimoines Culturels et plus généralement les atteintes violentes aux Droits fondamentaux de l’Homme, elle invite à rester pleinement engagés, en paroles et en actes. Il faut, dit-elle, en reprenant le mot prononcé par un délégué, lutter contre l’apathie lorsque l’essentiel est en risque, à savoir les cultures qui sont le Patrimoine commun de notre Humanité, et qui, in fine doivent pouvoir coexister comme ferments et garants de Paix. De ce point de vue, en reprenant ce sur quoi le représentant de la République Dominicaine avait insisté dans son hymne « La Guerre, jamais/nada ! » , elle a terminé son propos en disant sa fierté de tout ce qui a été fait, en dépit des difficultés budgétaires.

Lire l’Ordre du Jour révisé et calendrier des travaux du Conseil Exécutif

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La Gouvernance de l’UNESCO – 2ème réunion de travail du sous groupe 2

2ème réunion du sous-groupe de travail 2

du 31 mars 2017


Cette seconde réunion est consacrée aux Programmes et aux Conventions, en rapport avec l’objet du sous groupe, à savoir l’analyse du fonctionnement des organes subsidiaires et intergouvernementaux en vue de propositions relatives aux structures et méthodes. On rappelle que ces travaux sont menés conformément aux demandes de la Conférence générale, et en se référant aux observations faites par les auditeurs/commissaires aux comptes.

En introduction, et à partir des acquis des réflexions déjà conduites, l’un des deux vice-présidents du groupe a suggéré que les observations des participants à la réunion se situent par rapport aux huit thèmes qui ressortent comme les plus importants à traiter :

  • – développer des approches intégrées et plus coopératives,
  • – mieux consacrer le caractère intergouvernemental des activités,
  • – se soucier d’un alignement des objectifs sur les orientations stratégiques de l’UNESCO et de l’agenda 2030 de l’ONU,
  • – limiter la durée des mandats (fréquence et nombre de renouvellements des membres des instances),
  • – mieux définir le rôle, les prérogatives et les procédures concernant les Bureaux,
  • – promouvoir les bonnes pratiques pour améliorer l’efficacité,
  • – assurer une meilleure transparence, rendre plus visibles les débats, le processus décisionnel,
  • – améliorer l’organisation du dialogue ente les États, les Organes internationaux et le ( les) Secrétariats.

Avant l’ouverture des échanges, il a été fait allusion à la dernière réunion du MOST, qui s’est récemment tenue en Malaisie et au cours de laquelle ont été revisitées les règles de cette instance, avec des modifications qui s’inscrivent pleinement dans l’esprit souhaité par le groupe de travail.

Le directeur du GBS (secrétariat de la Conférence générale et du Conseil exécutif) est brièvement intervenu pour souligner l’importance de la mission assignée aux groupes de travail « Gouvernance ». Il s’agit de faire des propositions pour améliorer la qualité de la gouvernance des « Programmes » et de toutes les instances qui les gèrent, pour donner une meilleure image à l’UNESCO qui est vue comme l’Agence culturelle de l’ONU et qui, dans ses activités, doit pouvoir continuer de servir efficacement le domaine culturel en mobilisant au mieux ses ressources.

Les Discussions qui ont suivi ont porté sur les Programmes et les Conventions. On a plus particulièrement suivi ce qui a concerné le CIRBC (Comité international pour le retour des biens culturels), le CPBC (Comité pour la protection des biens culturels) en lien avec la Convention de 1970 pour la lutte contre le trafic des biens culturels, le PIDC (programme international pour le développement de la communication), le PIPT (Programme intergouvernemental pour l’information pour tous), les Conventions sur la discrimination dans l’enseignement, et sur le dopage dans le sport.

S’il y a souvent eu des commentaires positifs sur ce qui est fait, notamment en matière de lutte contre les trafics d’œuvres d’art, et aussi pour tout ce qui touche la diffusion de l’information et les médias, on a relevé certaines propositions relativement consensuelles susceptibles d’améliorer les conditions de fonctionnement d’un ensemble intrinsèquement complexe du fait de la multiplicité des domaines couverts et des niveaux ou de la nature des fonctions exercées. Ces propositions ont souvent fait écho à des éléments déjà mis en évidence lors de la précédente réunion, comme par exemple le souci de gérer au mieux les ressources allouées compte tenu des restrictions budgétaires.

Parmi les observations formulées, on relèvera plus particulièrement les remarques suivantes, reprises assez fréquemment :

  • – forte demande pour que les critères de sélection des projets ou d’attribution de prix soient mieux précisés et plus harmonisés,
  • – si certains appellent à mieux prendre en compte la dimension politique des sujets – observation faite par des participants qui jugent parfois critiquable une trop forte présence des experts – un avis majoritaire tend à minimiser l’inconvénient, en soulignant la nécessité d’être professionnel et, partant, d’avoir une expertise suffisante des domaines couverts pour des raisons d’efficacité,
  • – à propos des éléments coûts, deux points à remarquer : les limites du recours aux fonds extra budgétaires si cela doit amener finalement un excès d’emprise du secteur privé, et l’intérêt qu’il y a à systématiser les analyses coûts/avantage lors des prises de décision (projets ou décisions stratégiques),
  • – le rôle des Bureaux a été souvent abordé : à défaut de réduire leur prérogative – ce sont des rouages essentiels pour bien fonctionner opérationnellement – il y a une demande pour qu’ils se soucient de bien diffuser l’information sur ce qu’ils font, et un souhait pour que leurs travaux soient rendus aussi visibles que possible (limiter les séances en huis clos),
  • – point très pratique (déjà signalé la fois précédente) : concernant les documents soumis à discussion, harmoniser leur présentation, les mettre à disposition suffisamment à l’avance,
  • – il importe d’éviter la confusion des tâches, et de ce point de vue doivent bien être rappelées les fonctions respectives des Bureaux et des Conseils : les premier traitent essentiellement les aspects opérationnels tandis que les seconds doivent se concentrer sur les sujets d’ordre stratégique,
  • – deux critiques ont porté sur les points suivants : tendance parfois à « sur-pondérer » certains thèmes par rapport aux orientations stratégiques (exemple : le PIDC privilégie 2 priorités seulement sur les 6 qui ont été définies) et, observation faite à propos de certains membres de Bureaux ou de Conseils qui tendent à plus défendre les positions de leurs pays que celle des groupes régionaux qu’ils représentent,
  • – concernant la fréquence des réunions, Bureaux ou Conseils, il y a diversité des situations, certains souhaiteraient, s’agissant de certains conseils, une fréquence annuelle plutôt que tous les deux ans, mais la contrainte budgétaire est un obstacle,
  • – s’agissant de la désignation des membres, il y a consensus pour que l’on ne renouvelle les mandats pas plus de deux fois. On recommande aussi de faire coïncider autant que faire se peut la désignation de nouveaux membres pour les Bureaux et les conseils.

Un point particulier a été débattu à propos de la Commission de conciliation chargée de régler les éventuels différends entre États à propos de l’interprétation de la Convention sur les discriminations dans l’enseignement. C’est un organe qui ne s’est jamais réuni depuis sa création en 1962. On pourrait envisager de l’abolir, mais cela relève de la Conférence générale. Il est proposé de soumettre la question au Comité des recommandations et interprétations relatif aux discriminations en matière d’’éducation (qui est rattaché au Conseil exécutif)). Le directeur du GBS propose que ce point soit signalé au sous groupe 1 qui est en charge de la gouvernance des organes centraux et porté à la connaissance de la Conférence générale.

Yves Nachbaur le 2 avril 2017

La Gouvernance de l’UNESCO – Réunion de travail du sous groupe 2


Réunion de travail du sous-groupe 2
« structure, composition et méthode
des organes internationaux et intergouvernementaux »
le 28 février 2017


Cette réflexion répond à la demande de la dernière Conférence Générale de novembre 2015, qui a souhaité que soit revue la gouvernance de l’UNESCO et des organes dits subsidiaires qui lui sont rattachés (Conventions, Comités et Programmes spécialisés).

Première réunion (sur trois prévues) préparée en amont avec un travail des services qui a été salué, qu’il s’agisse des consultations préalables ou de l’élaboration de documents remis aux participants : une note des deux vice-présidents et une matrice fonctionnelle faisant ressortir les points essentiels.

De la discussion introductive et des échanges portant sur les grands Programmes ou les Conventions avec les structures qui en ont la charge (Conseil, Comité, Bureaux) ressortent un certain nombre d’idées souvent assez consensuelles qui permettent de formuler trois observations : les sujets sur lesquels il y a lieu de travailler sont assez nombreux, dans un certain nombre de cas il semble possible d’envisager des améliorations notables en termes d’harmonisation, mais, même si on peut s’acheminer vers une organisation plus unifiée, il y a lieu aussi de considérer les limites d’une telle orientation soit en raison de la spécificité des sujets soit pour respecter les prérogatives des états, sachant sur ce dernier point, comme cela a été rappelé par de nombreuses délégation, que l’UNESCO est une institution d’essence intergouvernementale.


Les éléments de convergence :

On retiendra notamment :

  • un souhait unanime pour que les structures en périphérie (programmes, conseils consultatifs ou autres comités) soient, plus qu’actuellement, bien alignés sur les lignes C5 et C4 définies par les organes directeurs ( stratégie, budgets vus sur un horizon de moyen terme) et les objectifs ODD 2030.

  • attention à apporter à l’articulation des rôles entre les échelons décentralisés délégataires mais non décisionnaires et le Comité exécutif ou/et la Conférence Générale.

  • toute une série de mesures opérationnelles, souvent extraites de pratiques déjà expérimentées dans tel ou tel domaine : systématiser les plans d’actions, organiser de façon rigoureuse les réunions (exemple : notes préalables précisant les points soumis à discussion, assortir chacun des points de décision à prendre, normalisation des pratiques en matière de diffusion des PV).

  • se soucier de coopération pour rendre les travaux plus efficaces (coopération intra UNESCO ou entre agences ONU).

  • plus ou mieux utiliser les systèmes d’information (il a été demandé de revisiter la stratégie TIC de l’UNESCO définie en 2015°).

  • formater autant que faire se peut les rapports, et se soucier du suivi des recommandations qu’ils peuvent préconiser.

  • une idée proposée par la Suède, à savoir élaborer un code de bonnes pratiques, semble être bien reçue, ce recueil pourrait bénéficier de ce qui est déjà reconnu comme très positif au sein de certains Comités et ne pas couvrir les seuls aspects opérationnels : à cet égard on a parlé pour ce code des questions d’ordre éthique.

  • importance soulignée du rôle tenu par les Bureaux (organisation de consultation, interaction avec les services, et les organes dirigeants etc), ce qui pourrait justifier de bien s’entendre sur leurs règles de fonctionnement en visant une certaine homogénéité des pratiques.


Les Spécificités et sujets plus délicats à harmoniser :

Un fait est d’abord à considérer : par leur Histoire, leurs spécificités et la taille des budgets, les Programmes et Comités ne sauraient tous se fondre dans le même moule, avec exactement les mêmes règles.

Il y a aussi à prendre en compte les sensibilités, par exemple en ce qui concerne les langues.

On se limitera à l’identification de quelques points relevés au fil des échanges  qui peuvent justifier des nuances d’appréciation :

  • les langues : selon les cas il peut y en avoir 2, 4 ou 6… Il paraît difficile d’avoir une unité de vue sur ce point. A noter plusieurs pays africains qui insistent pour avoir le plus souvent le français parmi les langues employées.

  • le contenu des mandats : s’agissant des activités, il est naturellement reconnu que les activités soient ciblées sur les missions de l’UNESCO mais la variété des domaines couverts justifie une diversité dans la formulation des missions des structures subsidiaires.

  • la composition des bureaux ou des conseils ainsi que la sélection des membres : point délicat où se trouve posée la question de la représentativité géographique et celle du profil de compétences. Définir des critères précis parait difficile, car doivent être pris en compte à la fois des éléments politiques et des dimensions technique (c’est la question des experts).

  • durée des mandats personnels et rotation : peut on renouveler ? y a-t-il un optimum ? Là aussi on ne voit pas forcément qu’il faille tout uniformiser ; s’il pourrait y avoir un soutien à la proposition de ne pas laisser les mêmes personnes ou États rester trop longtemps en poste, il ne faudrait pas que la mobilité qui découlerait d’un tel régime bute sur une difficulté parfois notée : nombre insuffisant de candidats. Il y a lieu aussi de voir que certaines instances techniques nécessitent une certaine permanence de leurs membres-experts.

  • fréquence des réunions : grande diversité de pratiques, difficile à trouver une norme.


La revue de gouvernance par Comité :

Dans un second temps, après la discussion générale, les questions de gouvernance par programme ou comité ont été traitées.

Ont ainsi été examinés : le PHI (hydrologie), le MAB (la biosphère), le MOST (sciences humaines, sciences), les CIB et CHIB (la bio-éthique), ainsi que le CEGPS, le Comité éducation physique et sport, et le Comité du siège.

Dans chaque cas, ont été rappelés en introduction les caractéristiques (organisation, fonctionnement, composition, activités etc) de chaque instance, leur date de création puis ont été formulées les observations des délégations.

Outre leurs bonnes pratiques mises en évidence (cf ci-dessus), on aura relevé, parmi les points susceptibles d’amélioration, la question de la transparence (notamment l’information des États), la répartition des rôles entre les instances centrales et les structures décentralisées (souhait d’éviter au niveau siège le micro management, et respect du principe de subsidiarité), le suivi des réalisations.

YN

L’UNESCO et les Peuples Autochtones

Politique de l’UNESCO concernant l’engagement
en faveur des Peuples Autochtones

Réunion d’information avec les délégations permanentes
Jeudi 2 février 2017 à l’UNESCO


La réunion d’information vise à informer les Délégations permanentes sur l’élaboration de la politique de l’UNESCO concernant l’engagement en faveur les peuples autochtones, y compris les bases pour le développement de la politique, et les activités de l’UNESCO en relation avec les peuples autochtones.

L’événement contribue à la célébration du 10e anniversaire de l’adoption de la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples Autochtones (2007-2017).

C’est dans le cadre de la déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA) 2007, que l’UNESCO travaille avec les peuples indigènes quant à leur droit à la culture, à l’éducation…


En quoi consiste la politique de l’UNESCO pour l’application de la DNUDPA ?

Le Tchad : Une coordination des peuples indigènes engage un travail sur la météorologie et le climat. Plusieurs organismes comme la banque mondiale, la FAO, contribuent à l’aide des peuples autochtones. La Convention 169 de l’Organisation Internationale du Travail relative aux peuples indigènes et tribaux constitue une base qui permet de mettre en œuvre les droits collectifs. Dans ces régions il y a beaucoup de crises environnementales. Il convient d’harmoniser les efforts pour que les impacts des actions menées soient efficaces. Les peuples autochtones doivent pouvoir participer à leur mise en œuvre d’où le besoin d’une reconnaissance de leurs connaissances traditionnelles. Plusieurs pays en voie de développement agissent en conséquence avec toutes ces politiques pour affronter les changements climatiques. La vie des peuples autochtones dépend des décisions prises et mises en œuvre. Nous connaissons les ressources des peuples, il est nécessaire d’harmoniser les actions de l’UNESCO et des autres acteurs au niveau national et international.

L’Association des chefs de village du Surinam : souligne l’importance de la promotion et du développement des politiques de formation. Tous les accords internationaux doivent pouvoir s’appliquer au niveau national. Le travail de l’Association s’attache à la reconnaissance des droits juridiques. Par exemple le droit de participer aux décisions qui concernent les peuples indigènes. Ces peuples étaient menacés par les exploitations minières, par la construction de routes, par l’exploitation des forêts… Les programmes scolaires qui instruisaient les peuples autochtones n’existent plus.

Ces peuples ont beaucoup souffert de l’esclavage, de l’exploitation. La DNUDPA protège ces peuples. Ils sont heureux du partenariat ONU, Banque mondiale, FAO. Les domaines d’activités de l’UNESCO sont importants pour ces peuples. Ils leurs permet d’avancer quant à la compréhension de leur mode de vie souvent oublié. Par exemple, la propriété est une propriété collective et les décisions sont prises collectivement. Les projets et les programmes aident mais dans le cadre des cultures locales. Les peuples autochtones peuvent aider à l’application des travaux et sont heureux que l’UNESCO mette en valeur les actions inclusives.

-§-

La parole est donnée aux différentes délégations présentes et il est souligné qu’il s’agit d’une réunion d’information qui se terminera sans prise de décision.

1ère série de questions :

– Qu’appelle t-on un peuple autochtone ?
– Quel est le rôle de l’UNESCO pour assurer une éducation de qualité à ceux qui subissent des difficultés ?
– Quelles sont les initiatives prises pour promouvoir les droits émanant des différentes instantes de l’ONU ?

Le Congo souhaite que l’UNESCO le soutienne dans l’application des mêmes droits du peuple congolais au peuple autochtone des savanes comme à celui des forêts.

Les réponses sont les suivantes :

La question de la scolarisation est un défi par rapport aux objectifs. Pour aider à la réussite scolaire, la langue maternelle est promue comme langue de l’enseignement.

Pour permettre cet enseignement , des jeunes issus de ces populations sont formés. A travers la Convention 169 ces projets pour l’éducation sont pleinement pris en compte. Pour ce qui concerne le contenu, l’UNESCO encourage la diversité culturelle avec un respect des coutumes familiales, des horaires qu’imposent les activités quotidiennes.

Il existe des initiatives en faveur des populations autochtones. Des experts mènent des études et se rendent dans les pays concernés. Il existe une reconnaissance de l’ONU des peuples indigènes au sujet du changement climatique qui entraîne des risques pour eux. Enfin l’article 42 de la DNUDPA insiste sur la garantie d’assurer son efficacité à ces peuples.

Il n’existe pas de définition du peuple autochtone comme ceux-ci le souhaite. Mais il existe des critères que définit la Convention 169 de l’OIT. L’identité doit être distincte de la population du territoire. Il s’agit de populations qui subissent la marginalisation, l’oppression, qui sont vulnérable, qui suscite la protection…

2ème série de questions :

Le Canada appuie sans réserve les dispositions de la DNUDPA qui s’applique à ses trois unités autochtones. Mais ces populations sont moins scolarisées et ont une moins bonne santé. Il demande un document qui site les bonnes pratiques qui ont été expérimentées surtout concernant les femmes ;

La Nouvelle Zélande demande que soit organisée une coordination entre les actions menées dans les différents peuples autochtones ;

ONG « Traditions pour demain » ,les peuples autochtones d’Amérique latine ont des représentants présents à New York, à Genève et à Paris et ils promeuvent leurs savoirs traditionnels. Toutefois la convention relative au patrimoine culturel ne parle pas d’eux. Un groupe de travail réunit des représentants de ces peuples autochtones et les ONG concernées pour la reconnaissance de leur territoire, de la propriété intellectuelle, des agressions à leur patrimoine culturel immatériel suite aux conflits armés. Le document n’est pas encore abouti. Il n’est plus question de peuples autochtones mais de populations autochtones.

Les réponses sont les suivantes :

La mise en application de la diversité culturelle implique les dispositions de la Convention Collective de 2002 qui inclut le consentement libre et éclairé des populations. Ces deux caractères constituent le point d’entrée de l’engagement des peuples autochtones.

En ce qui concernent les conflits armés, ce sont les directives de l’UNESCO qui s’appliquent.

3ème série de questions :

Le Paraguay insiste sur la question de la diversité linguistique qui rend difficile l’accès à l’information ;

La Bolivie rend compte de la difficulté d’une définition d’un peuple autochtone au vu du nombre de ce type de peuple. En Bolivie 36 sont dénombrés avec leurs droits tous différents et leur langue maternelle. Ces peuples sont le résultats des temps coloniaux ;

Les Philippines et l’Équateur demandent une plus grande consultation avant les prises de position de Conseil Exécutif ;

Grenade met en valeur le travail inter sectoriel et salue le secteur communication quant au multilinguisme, sur l’importance de la transmission par le biais des nouvelles technologies ;

Le Mexique appuie l’importance des traductions pour faciliter la divulgation de l’information.

Les réponses sont les suivantes :

Un certain nombre de consultations avec les peuples autochtones se sont déjà tenues. Mais le document du Conseil Exécutif sera diffusé et il sera revu ultérieurement.

La question de la définition des peuples autochtones apparaît devoir être un point important à traiter au Conseil Exécutif.

La réunion d’information en faveur des peuples autochtones s’est terminée à 13h.


Pour en savoir plus sur les Peuples Autochtones :

L'ONU et les droits de l'Homme

Déclaration des Nations Unies sur les droits des Peuples Autochtones

Peuples autochtones - Voix autochtones : Foire aux questions

C169 - Convention (n° 169) relative aux peuples indigènes et tribaux, 1989

Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste

UNESCO – Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste

« Éduquer pour un futur meilleur : le rôle de sites historiques et des musées dans l’enseignement de l’Holocauste »

Jeudi 26 Janvier 2017

Chaque année, le 27 janvier, date anniversaire de la libération en 1945 du camp de concentration et d’extermination allemand nazi d’Auschwitz-Birkenau par les troupes soviétiques, l’UNESCO rend hommage à la mémoire des victimes de l’Holocauste et réaffirme son engagement contre l’antisémitisme, le racisme et toutes les autres formes d’intolérance qui peuvent conduire à une violence collective ciblée, voire à des génocides.

La commémoration – qui s’est en fait tenue cette année le 26 janvier – s’est déroulée sur quatre événements : une conférence dans le cadre du « Campus UNESCO » sur le thème : « Comment déconstruire les discours de haine »i, l’inauguration de l’exposition Archeologia présentée par le Musée d’État d’Auschwitz-Birkenauii, une table ronde, point central de la journée, sur le thème : « Éduquer pour un futur meilleur : le rôle de sites historiques et des musées dans l’enseignement de l’Holocauste » et enfin une cérémonie finale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocausteiii.

Dans le discours publié à l’occasion de cette journée, Mme Irina Bokova, Directrice-générale de l’UNESCO, insistait sur le fait que : « dans la violence qui se déchaîne aujourd’hui sur les populations civiles et les discours de haine qui se déploient sur les réseaux sociaux, nous retrouvons sans mal les échos de ces idéologies totalitaires… Plus nous connaissons notre histoire et celle des autres, plus nous tissons de liens avec l’humanité. La transmission de l’histoire favorise la solidarité et dessine une humanité plus unie, plus juste et plus pacifique. Les sites du patrimoine, les musées, les documents et les traces du passé jouent à ce titre un rôle fondamental dans l’éducation et peuvent aider chaque citoyen, à tout âge, à dénoncer les falsifications et les mensonges de ceux qui exploitent l’ignorance, la peur et la haine de l’autre. »

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Les défis de la révolution numérique pour les ONG


Conférence internationale des ONG 2016
« Les défis de la révolution numérique pour les ONG »


Tel était le thème de la Conférence internationale des ONG 2016 qui s’est tenue du 12 au 14 décembre 2016 au Siège de l’UNESCO et qui a rassemblé 250 représentants d’ONG du monde entier.  


La Conférence internationale des ONG a pour objectif de réunir tous les deux ans l’ensemble des ONG partenaires officiels de l’UNESCO.

affiche-comite-ongPendant trois jours, sous l’impulsion d’une vingtaine de panélistes reconnus du monde académique, philosophique et institutionnel, les discussions ont porté sur quatre axes : « Les défis de l’accès numérique à l’information» ; «La révolution numérique et son impact sur la diversité des expressions culturelles» ; «La science face à la révolution numérique : quelle éthique » et «La formation en ligne relève-t-elle les défis des systèmes éducatifs dans le monde ? », sujets au cœur du mandat de l’UNESCO et partagés par les ONG.

Lieu privilégié de rencontre et de dialogue entre les ONG, et avec des représentants de l’UNESCO et des États membres, la Conférence représentait une occasion d’évaluer leur coopération collective, d’établir le bilan des deux dernières années, de définir une feuille de route pour les deux années à venir et d’élire son nouveau président et une partie des membres du Comité de Liaison.

A l’issue de ses travaux, la Conférence a appelé à un partenariat renforcé avec la société civile conformément à l’objectif 17 (ODD17) de l’Agenda 2030 pour le développement durable et a engagé les ONG à consolider leur rôle dans la mise en œuvre de l’Agenda.

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Comité pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé

11e réunion du Comité pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé
8 et 9 décembre 2016

UNESCO


Le 14 mai 1954 à la Haye a été adoptée la Convention sur la protection des biens culturels en cas de conflit armé.

Cette convention a été signée par 127 pays. Le 26 mars 1954, un premier protocole, signé par 104 pays, prévoyait surtout la création d’un comité consultatif national qui intervienne auprès de son gouvernement en cas de conflit armé. Un deuxième protocole, adopté en 1999, signé par 69 états prévoyait surtout la création du Comité pour la protection des biens culturels en cas de conflits armé, composé de 12 membres élus parmi les 69 états signataires. Le Deuxième Protocole de 1999 complète les dispositions de la Convention de La Haye de 1954 relatives à la sauvegarde, au respect des biens culturels et à la conduite des hostilités. Le statut de « protection renforcée » peut être demandé par les Etats parties pour les biens culturels en péril qui revêtent la plus grande importance pour l’humanité, qui bénéficient de mesures de protection juridiques et administratives adéquates au niveau national, qui ne sont pas utilisés à des fins militaires, et pour lesquels des sanctions spécifiques sont prévues en cas de sérieuses violations. Le même protocole prévoit la création d’un Fonds pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé.

Ce mois de décembre a eu lieu la 11e réunion annuelle du Comité pour la protection des biens culturels en cas de conflits armé, créé par le protocole de 1999 qui est entré en vigueur en 2004 . Parmi les sujets discutés, il y a eu surtout :

  • L’examen des demandes d’octroi de la protection renforcée : Monuments historiques de Mtskheta (Géorgie) et Tombeau des Askia (Mali),

  • La demande d’assistance internationale au titre du Fonds pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé soumise par le Mali en rapport à la demande d’octroi de la protection renforcée pour le Tombeau des Askia,

  • Le rapport du Bouclier Bleu sur les situations où les biens culturels sont menacés dans le contexte d’un conflit armé, y compris d’occupation,

  • Le développement des synergies avec les autres instruments normatifs et programmes pertinents de l’UNESCO et renforcement des partenariats (la coopération avec la Convention de 1972 concernant la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel et avec la Convention de 1970 concernant les mesures à prendre pour interdire et empêcher l’importation, l’exportation et le transfert de propriété illicites des biens culturels).

Après avoir élu son nouveau Président, M. Sophann Ket (Cambodge), le Comité a pris plusieurs décisions, parmi lesquelles l’octroi de la protection renforcée au Tombeau des Askia au Mali et aux Monuments historiques de Mtskheta en Géorgie, tous deux sites du patrimoine mondial.

La demande de Mali de financement (pour le tombeau des Askia) au titre du Fonds pour la protection des biens culturels en cas de conflits armé a été approuvée. L’aide consiste en une somme de 35 mille dollars des États-Unis qui devra financer des activités comme :

  • la sensibilisation des communautés locales,

  • la documentation pour une législation pénale,

  • un inventaire détaillé,

  • plan de formation continue des forces armées maliennes (FAMA).

La Libye s’est vue octroyée, elle-aussi, la somme de 50 000 dollars pour des mesures d’urgence liées à des fouilles illicites, érosions, pour des aspects pratiques comme le renforcement des portes et des fenêtres dans les musées.

Dans le même temps, le Secrétariat a encouragé les autorités libyennes compétentes à soumettre une demande d’octroi de protection renforcée, et a demandé aux deux requérants de fournir des rapports détaillés sur l’utilisation qui sera faite de l’assistance financière. On a évoqué aussi la possibilité d’intégrer cette demande dans le programme Heritage at risk dédié aux monuments en péril, programme de l’ICOMOS (Conseil International pour les Monuments et Sites culturels).

Le Comité a également discuté de la « Stratégie pour le renforcement de l’action de l’UNESCO en matière de protection de la culture et de promotion du pluralisme culturel en cas de conflit armé », qui a été adoptée en novembre 2015. Le Plan d’action développé dans le cadre de la Stratégie se concentre sur le développement de matériels de formation, le renforcement des capacités pour l’exécution des lois nationales, la protection des biens culturels par les forces armées et le secteur juridique, le trafic illicite des objets culturels, l’intégration de ces éléments dans les opérations de maintien de la paix des Nations Unies (incluant une composante policière et civile), l’évaluation des risques et la planification d’urgence du patrimoine dans les zones à risques.

Le Comité international du Bouclier bleu (ICBS) est un comité de professionnels, international et indépendant, qui regroupe les musées, les archives, les archives audiovisuelles, les bibliothèques, les monuments et les sites historiques. Le Bouclier bleu est le symbole employé pour identifier les sites culturels protégés par la Convention de 1954 de la Haye, patrimoine culturel mondial menacé par les catastrophes naturelles ou d’origine humaine. Le Bouclier Bleu réunit l’expertise et les savoir-faire des réseaux internationaux de chacune de ces organisations non gouvernementales œuvrant en faveur du patrimoine culturel :

Lors de cette 11e réunion du Comité pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé, le rapport du Bouclier Bleu sur les situations où les biens culturels sont menacés dans le contexte d’un conflit armé, y compris d’occupation, rapport qui était prévu à être présenté lors de cette réunion n’a pas pu être présenté, à cause des retards dans le travail de l’UNESCO avec l’ICOM et à cause de problèmes budgétaires.

Le délégué de la Géorgie auprès de l’UNESCO a accentué que deux régions en Géorgie, Abkhazie et Ossétie du Sud se trouvent encore sous occupation russe et il suggère que le rapport du Bouclier Bleu devrait retenir le cas des biens culturels sous occupation comme ceux des territoires occupés de Géorgie.

L’Italie a mis en exergue le fait que la protection des biens culturels est aussi une action humanitaire. Les déplacements humains peuvent être assimilés à un déplacement de biens culturels puisque les communautés humaines se déplacent avec leur culture, leur genre de vie, leurs habitudes.

Pour conclure, Mechtild Rössler, la Directrice de la Division du patrimoine a encouragé tous les participants à promouvoir la Convention de 1954 et à joindre leurs forces dans la mise en œuvre de la Stratégie pour le « renforcement de l’action de l’UNESCO en matière de protection de la culture et de promotion du pluralisme culturel en cas de conflit armé ».

Nous pouvons remarquer, quant à nous, que les pays les plus concernés par le besoin de protéger les biens culturels en cas de conflit armé, tels que la Syrie, l’Irak, l’Israël, bien que signataires de la Convention de 1954, ne sont pas signataires du deuxième protocole de 1999, alors que des pays comme Mali, Libye ou Palestine le sont !
Les biens culturels des pays comme Syrie, Irak, Israël ne peuvent pas bénéficier, en cas de conflit, des mesures de protection prévues par la Convention de 1954 et le Protocole de 1999 !
Il serait intéressant de savoir quels efforts sont faits pour encourager l’adhésion des pays qui n’ont pas encore signé cette Convention. Ou plus spécifiquement encore, comment encourager l’adhésion à cette Convention des pays où il y a conflit et où des biens culturels chrétiens sont menacés par ces situations de conflit ?

MCL et OB

Comment prévenir l’antisémitisme par l’éducation, la culture et la communication ?


Mardi 6 décembre 2016 à l’UNESCO


Table ronde organisée conjointement par l’UNESCO et l’Alliance Internationale pour la Mémoire de l’Holocauste (IHRAInternational Holocaust Remembrance Alliance) avec le soutien de la Shoah Fundation – University of Southern California.
La table ronde réunissait sept experts internationaux, professeurs d’universités, responsables d’ONGs pour la paix et contre le racisme, et de responsables juifs.1

La séance été introduite par Mme Irina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO et par S.E. M. Mihéna Constantinescu, Ambassadeur, Président de l’IHRA. Le discours d’ouverture a été prononcé par M. Robert Badinter, ancien Garde des Sceaux, Ancien Président du Conseil Constitutionnel (France).

Mme. Irina Bokova a indiqué immédiatement que l’antisémitisme était « au cœur de l’actualité », faisant allusion au terrorisme à visées antisémites contre des enfants, en France, et au climat général de critiques haineuses et systématiques contre Israël. Dès lors elle a réaffirmé la vocation de l’UNESCO à lutter contre le racisme, la xénophobie, par un travail éducatif sur tous les continents, le rôle fondamental de la culture, le dialogue et la tolérance. Elle a enfin réaffirmé que : « Cette lutte appelle à une action commune car l’antisémitisme n’est pas seulement le problème des communautés juives. Il nous concerne tous, quelles que soient nos origines ».

M. Mihéna Constantinescu a rappelé le rôle de l’IHRA. Fondée en 1998, l’Alliance regroupe 31 pays membres, 11 pays observateurs et 7 partenaires internationaux permanents. Elle coopère avec l’UNESCO et elle est ouverte aux ONGs. Le fondement est l’adhésion des membres sur les termes de la Déclaration du Forum International de Stockholm sur l’Holocauste de janvier 2000. L’objectif de l’Alliance est d’élaborer et de promouvoir des politiques relatives à l’enseignement, à la recherche et la commémoration de l’Holocauste au niveau national et international. Elle vise en particulier l’éducation des jeunes. L’assemblée plénière de l’IHRA en Roumanie, en mai 2016, vient d’adopter une Définition Concrète l’Antisémitisme. Selon Mme Irina Bokova, il s’agit : « d’une avancée considérable pour aider à mettre des mots précis sur le sujet et un socle de tout engagement contre toutes les formes d’antisémitisme ». Cette définition sera adoptée formellement par l’Organisation pour la Coopération et la Sécurité en Europe (OSCE) à sa prochaine assemblée de Hambourg.

M. Robert Badinter a fait une présentation plus historique. Il dénonce l’antisémitisme comme un mal « multiséculaire », depuis la prise de Jérusalem :

  • un antisémitisme religieux remontant à l’édit de Constantin en 315, et fondé sur la haine du peuple « déicide »,

  • un antisémitisme national, « l’étranger suspect » dans les nations, le complot international, l’affaire Dreyfus,

  • un antisémitisme « scientifique et racial », en référence à la race supérieure.

D’où 2 aspects historiques opposés : la révolution et la constituante de 1791 où les juifs de France sont citoyens français à part entière, et l’antisémitisme forcené nazi, avec le IIIème Reich et les lois de Nuremberg en 1933, avec la loi allemande de la protection de la race par la loi du sang.

Robert Badinter tire de ce rappel historique une question et une conclusion : comment un peuple, chrétien, civilisé, cultivé, scientifique, comptant de nombreux génies dans toutes les disciplines a-t-il pu basculer dans le racisme et l’antisémitisme le plus cruel et le plus inhumain ?

A l’évidence, la culture et l’enseignement ne sont pas suffisants pour éradiquer l’antisémitisme.

Actuellement il faut aussi prendre en compte le conflit israëlo-palestinien qui n’a jamais cessé depuis la création de l’État d’Israël. Aujourd’hui, l’antisémitisme s’alimente de tout ce climat, même si certains veulent faire une différence entre l’antisémitisme à caractère communautaire et religieux et l’antisionisme à caractère politique et conflictuel.

Le décor est planté : comment lutter contre l’antisémitisme, le racisme, la haine de certaines minorités ?

Les différents orateurs déclineront cette question sous différents aspects. L’éducation à la connaissance des faits, aux risques des haines qui conduisent aux catastrophes telles que la Shoah, l’éducation à l’empathie, l’éducation positive montrant l’apport des juifs à la science et à l’art… ne suffisent pas à conjurer les haines et les violences.

Dès lors, que faire d’autre ?

  • des programmes éducatifs pour les enfants mais aussi pour les enseignants et les parents.

  • sensibiliser les responsables des médias et les politiques, et étendre ces questions à toutes les formes de racisme.

  • combattre l’antisémitisme par les témoignages et l’actualité ; faire réfléchir les enfants lors des attentats : ex. attaque de la grande synagogue de Copenhague.


En conclusion, la recherche de la paix par les champs couverts par l’UNESCO, notamment grâce à l’éducation et la culture, montre ses limites, même si elle permet d’entretenir une prise de conscience pour le présent et le futur.

L’antisémitisme et la Shoah reste un thème permanent pour l’UNESCO.

Denis Chaigne/Dominique Glorieux


Lien vers l’IHRA
Déclaration de Stockholm du 28 janvier 2000

Compte rendu de l’UNESCO


1 Professeur Steven Katz, Conseiller auprès de l’IHRA, Professeur d’études juives et d’histoire de l’Holocauste, Université de Boston; Professeur Dinat Porat, Directrice du Centre Kantor pour l’étude de la communauté juive européenne, Université de Tel Aviv (Israël); M. Jean-Yves Camus, Chercheur associé à l’IRIS (France); Mme. Katharina von Schnurbein, Coordinatrice de l’Union Européenne chargée de la lutte contre l’antisémitisme; M. Dervis Hizarci, Président de l’Initiative Kreutzberg contre l’antisémitisme (KlgA) (Allemagne); Mme Cristina Finch, Directrice du Département de la tolérance et de la non-discrimination, OSCE ; Mme Mariane Lère, Chaire UNESCO pour l’enseignement des génocides, Shoah Foundation – University of Southern California.

Les technologies numériques et l’aide aux personnes handicapées


Autonomisation par les technologies numériques des personnes handicapées
Journées internationales des personnes handicapées
2 décembre 2016

UNESC0


prix-handicap-redimensionneLe prix UNESCO/Emir Jaber Al-Ahmad Al Jaber-Al-Sabah pour l’autonomisation par les technologies numériques des personnes handicapées a été créé en 2003 par le père du présent Emir du Koweït.
Aujourd’hui 1 milliard de personnes souffrent d’un handicap soit 15 % de la population mondiale dont 100 millions d’enfants.

S.E.M. Meshal Hayat – ambassadeur, Délégué permanent de l’État du Koweït auprès de l’UNESCO – a ouvert la cérémonie en insistant sur l’importance de relever le défi d’ouvrir de nouveaux horizons aux personnes handicapées par les moyens qu’offrent les récentes technologies numériques.

Au cours de la table ronde plusieurs personnalités ont souligné les difficultés qu’elles rencontraient pour répondre aux besoins exprimés par les personnes handicapées. La lutte contre la pauvreté est importante.

Mme Saima Wazed Hossain – Présidente du Comité consultatif national sur l’autisme, psychologue, membre du tableau d’experts sur la santé mentale de l’Organisation Mondiale de la santé (Bangladesh) – a précisé qu’elle avait été aidée par sa mère 1er ministre pour intervenir en faveur des personnes dont le handicap n’était pas visible. Les maladies mentales survenues après la guerre étaient mal comprises. Le diagnostic était difficile. Un énorme besoin de recherche était nécessaire.

Mme May Chidiac – Fondatrice de la May Chidiac Foundation, Journaliste libanaise et Lauréate du Prix mondial de la liberté de la presse UNESCO/Guillermo Cano en 2006 (Liban) – a différencié les personnes nées avec un handicap et celles qui sont devenues handicapées suite à un accident ou suite à un attentat. Toutefois, dans les deux cas, la technologie peut offrir un sentiment d’indépendance qui permet une intégration plus facile au sein de la société.

M. Klaus Miesenberger – Professeur à l’Institut des études intégrées à l’Université Johannes Kepler de Linz et à l’International Conference on computers helping people with Special Needs (Autriche) – Le potentiel technologique augmente plus vite que les systèmes éducatifs. Bien que les personnes handicapées pourraient adopter très vite cette technologie, il existe de gros problèmes d’accès à la disposition de tous.

M. Martin Babu Mwesigwa – Membre et rapporteur du Comité de la Convention relative aux droits des personnes handicapées et ancien responsable des programmes de la National Union of Disabled Persons in Uganda – La situation des personnes handicapées est difficile en Afrique. Beaucoup de personnes doivent leur handicap à 6 ans de guerre. Tous les niveaux de la société sont touchés par ces handicaps, du village au gouvernement. Des difficultés, tant économiques que culturelles, se posent dans le domaine de la santé comme dans le domaine de l’emploi.

Le prix a été remis à deux personnes non voyantes. La première a été reconnue pour une innovation informatique permettant aux personnes non voyantes un accès à des fichiers d’études. La seconde récipiendaire a créé un bibliothèque « universelle » pour non voyants. Pour faciliter la mise en œuvre de cette innovation, l’Argentine a introduit par voie législative la possibilité de publication de tout ouvrage sous une forme accessible à un handicapé visuel.

Lire le communiqué de presse sur le site de l’UNESCO