Présence du groupe veille du CCIC à l’UNESCO

Présence du Groupe Veille du CCIC à l’UNESCO
du 13 janvier au 28 février 2017

Des membres du groupe veille du CCIC assisteront à ces manifestations
Certains événements feront l’objet de compte-rendus qui seront publiés dans la rubrique « Compte-rendus »

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Calendrier des événements de l’UNESCO
du 9 janvier au 28 février 2017


26.01.2017 15:00 – 26.01.2017 21:00 heure locale, France
Journée internationale dédiée aux victimes de l’Holocauste.

27.01.2017 10:00 – 27.01.2017 18:00 heure locale, France
Réunion du Sous-groupe 2 du groupe de travail sur la gouvernance

09.02.2017 08:30 – 10.02.2017 17:30 heure locale, France
Sixième réunion ordinaire du Conseil d’administration du Fonds international pour la promotion de la culture (FIPC).

02.02.2017 11:00 – 02.02.2017 13:00 heure locale, France
Réunion d’information avec les Délégations permanentes sur la Politique de l’UNESCO concernant l’engagement en faveur des Peuples Autochtones

10.02.2017 09:00 – 10.02.2017 20:00 heure locale, France
Les femmes en ingénierie : atelier « Think Pink – Hard Hat Challenge ».

13.02.2017 09:00 – 15.02.2017 17:30 heure locale, France
Troisième réunion du Comité de Rédaction pour la Convention mondiale sur la Reconnaissance de titres d’enseignement supérieur.

21.02.2017 10:00 – 21.02.2017 13:00 heure locale, France
Journée internationale de la langue maternelle 2017.

27.02.2017 09:30 – 27.02.2017 17:30 heure locale, France
27ème réunion du Bureau du Conseil intergouvernemental du programme Information pour tous.

28.02.2017 10:00 – 28.02.2017 18:00 heure locale, France
Réunion du Sous-groupe 2 du groupe de travail sur la gouvernance
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Les défis de la révolution numérique pour les ONG


Conférence internationale des ONG 2016
« Les défis de la révolution numérique pour les ONG »


Tel était le thème de la Conférence internationale des ONG 2016 qui s’est tenue du 12 au 14 décembre 2016 au Siège de l’UNESCO et qui a rassemblé 250 représentants d’ONG du monde entier.  


La Conférence internationale des ONG a pour objectif de réunir tous les deux ans l’ensemble des ONG partenaires officiels de l’UNESCO.

affiche-comite-ongPendant trois jours, sous l’impulsion d’une vingtaine de panélistes reconnus du monde académique, philosophique et institutionnel, les discussions ont porté sur quatre axes : « Les défis de l’accès numérique à l’information» ; «La révolution numérique et son impact sur la diversité des expressions culturelles» ; «La science face à la révolution numérique : quelle éthique » et «La formation en ligne relève-t-elle les défis des systèmes éducatifs dans le monde ? », sujets au cœur du mandat de l’UNESCO et partagés par les ONG.

Lieu privilégié de rencontre et de dialogue entre les ONG, et avec des représentants de l’UNESCO et des États membres, la Conférence représentait une occasion d’évaluer leur coopération collective, d’établir le bilan des deux dernières années, de définir une feuille de route pour les deux années à venir et d’élire son nouveau président et une partie des membres du Comité de Liaison.

A l’issue de ses travaux, la Conférence a appelé à un partenariat renforcé avec la société civile conformément à l’objectif 17 (ODD17) de l’Agenda 2030 pour le développement durable et a engagé les ONG à consolider leur rôle dans la mise en œuvre de l’Agenda.

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Comment prévenir l’antisémitisme par l’éducation, la culture et la communication ?


Mardi 6 décembre 2016 à l’UNESCO


Table ronde organisée conjointement par l’UNESCO et l’Alliance Internationale pour la Mémoire de l’Holocauste (IHRAInternational Holocaust Remembrance Alliance) avec le soutien de la Shoah Fundation – University of Southern California.
La table ronde réunissait sept experts internationaux, professeurs d’universités, responsables d’ONGs pour la paix et contre le racisme, et de responsables juifs.1

La séance été introduite par Mme Irina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO et par S.E. M. Mihéna Constantinescu, Ambassadeur, Président de l’IHRA. Le discours d’ouverture a été prononcé par M. Robert Badinter, ancien Garde des Sceaux, Ancien Président du Conseil Constitutionnel (France).

Mme. Irina Bokova a indiqué immédiatement que l’antisémitisme était « au cœur de l’actualité », faisant allusion au terrorisme à visées antisémites contre des enfants, en France, et au climat général de critiques haineuses et systématiques contre Israël. Dès lors elle a réaffirmé la vocation de l’UNESCO à lutter contre le racisme, la xénophobie, par un travail éducatif sur tous les continents, le rôle fondamental de la culture, le dialogue et la tolérance. Elle a enfin réaffirmé que : « Cette lutte appelle à une action commune car l’antisémitisme n’est pas seulement le problème des communautés juives. Il nous concerne tous, quelles que soient nos origines ».

M. Mihéna Constantinescu a rappelé le rôle de l’IHRA. Fondée en 1998, l’Alliance regroupe 31 pays membres, 11 pays observateurs et 7 partenaires internationaux permanents. Elle coopère avec l’UNESCO et elle est ouverte aux ONGs. Le fondement est l’adhésion des membres sur les termes de la Déclaration du Forum International de Stockholm sur l’Holocauste de janvier 2000. L’objectif de l’Alliance est d’élaborer et de promouvoir des politiques relatives à l’enseignement, à la recherche et la commémoration de l’Holocauste au niveau national et international. Elle vise en particulier l’éducation des jeunes. L’assemblée plénière de l’IHRA en Roumanie, en mai 2016, vient d’adopter une Définition Concrète l’Antisémitisme. Selon Mme Irina Bokova, il s’agit : « d’une avancée considérable pour aider à mettre des mots précis sur le sujet et un socle de tout engagement contre toutes les formes d’antisémitisme ». Cette définition sera adoptée formellement par l’Organisation pour la Coopération et la Sécurité en Europe (OSCE) à sa prochaine assemblée de Hambourg.

M. Robert Badinter a fait une présentation plus historique. Il dénonce l’antisémitisme comme un mal « multiséculaire », depuis la prise de Jérusalem :

  • un antisémitisme religieux remontant à l’édit de Constantin en 315, et fondé sur la haine du peuple « déicide »,

  • un antisémitisme national, « l’étranger suspect » dans les nations, le complot international, l’affaire Dreyfus,

  • un antisémitisme « scientifique et racial », en référence à la race supérieure.

D’où 2 aspects historiques opposés : la révolution et la constituante de 1791 où les juifs de France sont citoyens français à part entière, et l’antisémitisme forcené nazi, avec le IIIème Reich et les lois de Nuremberg en 1933, avec la loi allemande de la protection de la race par la loi du sang.

Robert Badinter tire de ce rappel historique une question et une conclusion : comment un peuple, chrétien, civilisé, cultivé, scientifique, comptant de nombreux génies dans toutes les disciplines a-t-il pu basculer dans le racisme et l’antisémitisme le plus cruel et le plus inhumain ?

A l’évidence, la culture et l’enseignement ne sont pas suffisants pour éradiquer l’antisémitisme.

Actuellement il faut aussi prendre en compte le conflit israëlo-palestinien qui n’a jamais cessé depuis la création de l’État d’Israël. Aujourd’hui, l’antisémitisme s’alimente de tout ce climat, même si certains veulent faire une différence entre l’antisémitisme à caractère communautaire et religieux et l’antisionisme à caractère politique et conflictuel.

Le décor est planté : comment lutter contre l’antisémitisme, le racisme, la haine de certaines minorités ?

Les différents orateurs déclineront cette question sous différents aspects. L’éducation à la connaissance des faits, aux risques des haines qui conduisent aux catastrophes telles que la Shoah, l’éducation à l’empathie, l’éducation positive montrant l’apport des juifs à la science et à l’art… ne suffisent pas à conjurer les haines et les violences.

Dès lors, que faire d’autre ?

  • des programmes éducatifs pour les enfants mais aussi pour les enseignants et les parents.

  • sensibiliser les responsables des médias et les politiques, et étendre ces questions à toutes les formes de racisme.

  • combattre l’antisémitisme par les témoignages et l’actualité ; faire réfléchir les enfants lors des attentats : ex. attaque de la grande synagogue de Copenhague.


En conclusion, la recherche de la paix par les champs couverts par l’UNESCO, notamment grâce à l’éducation et la culture, montre ses limites, même si elle permet d’entretenir une prise de conscience pour le présent et le futur.

L’antisémitisme et la Shoah reste un thème permanent pour l’UNESCO.

Denis Chaigne/Dominique Glorieux


Lien vers l’IHRA
Déclaration de Stockholm du 28 janvier 2000

Compte rendu de l’UNESCO


1 Professeur Steven Katz, Conseiller auprès de l’IHRA, Professeur d’études juives et d’histoire de l’Holocauste, Université de Boston; Professeur Dinat Porat, Directrice du Centre Kantor pour l’étude de la communauté juive européenne, Université de Tel Aviv (Israël); M. Jean-Yves Camus, Chercheur associé à l’IRIS (France); Mme. Katharina von Schnurbein, Coordinatrice de l’Union Européenne chargée de la lutte contre l’antisémitisme; M. Dervis Hizarci, Président de l’Initiative Kreutzberg contre l’antisémitisme (KlgA) (Allemagne); Mme Cristina Finch, Directrice du Département de la tolérance et de la non-discrimination, OSCE ; Mme Mariane Lère, Chaire UNESCO pour l’enseignement des génocides, Shoah Foundation – University of Southern California.

Aristote et Éducation : Enseigner Aristote

ARISTOTE ET ÉDUCATION

Rencontre avec la Modernité, aide à l’enseignement
UNESCO le vendredi 18 novembre 2016

Trois heures d’échanges sur un thème original – « Enseigner Aristote » – qui pouvait sembler limité dans son objet et un peu daté … Or, il n’en est rien et, à vrai dire, à l’écoute de six experts issus du monde académique européen, les écrits de ce grand penseur de l’antiquité ne sont pas frappés d’un risque d’obsolescence et leur intégration sous des formes appropriées dans nos méthodes éducatives n’ est pas une idée incongrue : 2000 ans après la mort d’Aristote, cet auteur extraordinairement fécond aura apporté un corpus d’idées tout à fait intéressantes qui, singulièrement de nos jours, en un temps si « tourmenté » par les mutations en cours, peuvent aider à la formation des élèves ou des étudiants : il y a bel et bien place pour exploiter les richesses de cet apport pour peu qu’on sache les adapter aux spécificités de notre époque.

Certes, les expériences qui ont été rapportées ne peuvent témoigner que d’une présence limitée des enseignements et de l’étude d’Aristote, avec même parfois un certain déclin qui est regretté, mais il y a toujours un grand intérêt à découvrir ce legs incomparable que constituent les œuvres considérables et extraordinairement variées de cette grande figure intellectuelle et humaniste de l’antiquité. Aristote a quasiment abordé tous les domaines de la connaissance de l’époque et, sur certains points il a même été un précurseur… Ce fut un philosophe, un homme de lettres, mais il aura aussi réfléchi à la politique, l’esthétique, l’éthique, la physique, la biologie etc.

A partir des présentations données par des experts en provenance de Belgique, de Grèce, du Royaume Uni, d’Allemagne, d’Italie, on pourra retenir un certain nombre d’idées forces qui tendent à mettre en évidence la modernité et l’applicabilité pour ainsi dire universelle des enseignements aristotéliciens :

  • une rigueur d’analyse, avec l’exploration de concepts ou l’explicitation d’idées qui aident à structurer la pensée, et même à « penser la pensée » : Aristote fournit ainsi des cadres, des matrices mais aussi des méthodes (par exemple pour organiser les questionnements, favoriser les débats, développer le jugement critique, savoir construire logiquement etc) qui servent à mieux ou bien réfléchir.
  • si on considère le purement réflexif, et pour être plus précis, on relèvera ce qu’il propose comme modes de pensée avec par exemple 1/la distinction entre le un et le multiple ou l’analyse du  « tout et de ses composantes » 2/l’analyse du  « bien » qui ne se circonscrit pas au seul aspect moral, ce qui l’amène à considérer la dimension du lieu (l’habitat) et le conduit jusqu’à évoquer l’ordre du divin 3/les dimensions du continu et du discontinu 4/la question des spécificités ou du genre.
  • Mais les messages d’Aristote ne se réduisent pas au purement abstrait ou au métaphysique : il y a aussi chez lui une démarche et un état d’esprit qui peuvent très bien faire écho aux interrogations et aux préoccupations éducatives actuelles comme par exemple l’idée de promouvoir des approches interdisciplinaires, développer les qualités et les propriétés propices à l’harmonie dans la Cité, l’ouverture d’esprit et corrélativement le refus de s’enfermer dans un domaine.

L’accent a été mis sur quelques autres idées très caractéristiques de la pensée d’Aristote et tout à fait pertinentes vues sous un angle éducatif :

D’abord, le souci constant de rester ancré dans la vraie vie, celle de l’homme ordinaire ou des choses de la vie, avec la vertu de l’exemplarité ou de l’expérimentation, et partant, une réflexion sur la nature humaine et la nature dans leurs vulnérabilités et sans leur grandeur (la beauté, le génie créatif de l’homme etc)

Ensuite, lorsqu’il s’agit des sciences, ne pas omettre d’y réfléchir en termes éthique, savoir garder une certaine distance par rapport à des vérités qui seraient purement calculatoires ou virtuelles.

Dans le même esprit, ne pas réduire la vision du monde au seul domaine rationnel, et laisser la place à l’émotion, au sentiment pour pouvoir trouver du sens, à répondre à d’évidentes aspirations en mobilisant les sens positivement, c’est-à-dire avec une quête du Beau (on retrouve l’importance de l’art, de la poésie).

Finalement, Aristote apporte des clefs pour envisager un monde meilleur. Il le fait au travers d’une multiplicité d’approches qui donnent toute sa valeur à une œuvre qu’il est bon de continuer de cultiver, notamment auprès des jeunes. Ce patrimoine spirituel et intellectuel fait partie de ces « humanités » que l’on gagnera à préserver, en surmontant tous les obstacles (difficulté de la traduction –les textes de Aristote ne sont pas toujours faciles à traduire ou/et interpréter-, concurrence d’idées à la mode et faciles à assimiler, et aussi, hélas, restrictions budgétaires).

Dernier point que l’on aura noté, l’observation sous forme de question de J Crowley, directeur de la division « culture et éducation » de l’UNESCO, faisant référence à l’acronyme « TVET » qui pourrait sembler caractériser les orientations de l’UNESCO (« Technical, Vocational Education, Training ») : n’est on pas un peu trop « instrumental » ? ne devrait-t-on pas mettre plus en évidence certaines des dimensions promues par Aristote ?
Y.N

Lire/relire Aristote par Charles Hummel

Rapport mondial sur les Sciences Sociales

UNESCO 17 Octobre 2016

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Le Rapport Mondial sur Les Sciences Sociales (RMSS 2016) « tire la sonnette d’alarme. Combler les lacunes existant dans les recherches en sciences sociales menées sur les inégalités est essentiel pour réaliser l’ambition transversale de l’Agenda 2030 qui vise à opérer des transformations qui ne laissent personne de côté’, » a souligné Irina Bokova, Directrice Générale de l’UNESCO, lors de la présentation des résultats de l’édition 2016.

rmssv2Le Rapport Mondial sur Les Sciences Sociales (RMSS 2016)  a été réalisé par le Conseil international des sciences sociales (CISS ou ISSC, de l’anglais International Social Science Council) qui est une organisation internationale fondée en 1952 par l’UNESCO et qui vise à « dynamiser l’action au sein et au-delà des sciences sociales ».
A cette réunion ont participé des représentants des institutions impliquées :
Pour l’UNESCO, Madame Nada Al-Nashif, sous-directrice générale pour les sciences sociales et humaines.
Pour le CISS, Monsieur Mathieu Denis, directeur exécutif
Monsieur Louis Chauvel, professeur de sociologie à l’université du Luxembourg co-auteur du rapport.

Madame Nada Al-Nashif a relayé le message d’Irina Bokova, la directrice générale de l’UNESCO. L’agenda 2030 pour le développement durable vise une société inclusive, une réduction des inégalités, de sorte que dans dix ans personne ne soit laissé de côté. Or, les inégalités fragilisent la cohésion sociale. Elles constituent une ombre menaçante tant pour l’économie que pour la société et pour l’environnement. Diminuer la pauvreté ce n’est pas aider les pauvres mais les aider à vivre dignement. Lutter contre les inégalités est essentiel pour les objectif du développement durable.

Monsieur Mathieu Denis a précisé que c’est un rapport auquel ont contribué 107 auteurs, parmi lesquels des chercheurs de Institute Development Studies, l’Institut international de recherche sur le développement. Ce rapport de 2016, est le 3ème, le premier datant de 2010, le deuxième de 2013. Aujourd’hui le rapport se focalise sur les inégalités. Elles se sont élargies vers l’Amérique Latine, vers le nord de l’Afrique, interpellées par des mouvements comme le Printemps Arabe, Occupy.
Si les inégalités ne sont pas maîtrisées, la durabilité du développement est menacée. Les différentes formes de l’inégalité sont: économiques, politiques, de pouvoir, sociales, de santé, d’éducation, culturelles, environnementales, spatiales, (rural, périurbain), accès aux connaissances.

Certains pays d’Amérique Latine, d’Afrique ou la Chine ont réussi, au contraire, de ralentir les inégalités. Il n’y a pas de panacée, par la suite, en ce qui concerne la maîtrise des inégalités. Cela est dicté par plusieurs éléments comme l’application de diverses politiques comme la discrimination positive, les héritages antérieurs qui ont modelé les inégalités actuelles, l’action collective solidaire (qui est une des nouvelles pistes pour réduire les inégalités).
L’Afrique reste la priorité en matière d’inégalités, puisque ce continent enregistre les inégalités les plus profondes.

En ce qui concerne l’étude des inégalités, on peut observer que 80 % de la recherche en sciences sociales est produite par l’Europe occidentale et les États-Unis. Dans ces conditions, en fonction des lacunes observées dans l’étude de l’inégalité  il y auraient 7 priorités à prendre en compte :
– Renforcer le soutien à la production de connaissances sur l’inégalité,
– Améliorer les capacités d’évaluation de ce phénomène,
– Mieux comprendre les diverses expériences de l’inégalité,
– Mieux comprendre la création et la reproduction des inégalités multiples,
– Mieux comprendre les liens et les interactions entre les formes locales et mondiales de l’inégalité,
– Promouvoir les études sur la recherche d’une plus grande égalité,
– Soutenir les synthèses transversales sur l’inégalité et l’égalité.

Le professeur Louis Chauvel, quant à lui, a parlé surtout du rôle des classes moyennes dans le développement. Pour lui, il y a une déstabilisation de la classe moyenne mondiale (White Trash aux États-Unis). Depuis les années 70, qui ont vu le rêve d’une civilisation de la classe moyenne, basée sur les salaires, le monde évolue vers une généralisation de la classe moyenne et aujourd’hui on assiste à la préoccupation de stabiliser cette classe moyenne. Elle est mise en difficulté par une polarisation, servie par le manque de croissance économique, qui sert les populismes. Il faudrait, pour favoriser les classes moyennes, plus de protection sociale, plus d’éducation et plus transition réussie de l’éducation à l’emploi.
La conclusion la plus importante est la nécessité de l’investissement dans les générations à venir.

Les prises de parole des personnes du public ont mis l’accent sur l’importance des instituts d’études sociales régionales, de la nécessité de prendre en compte la valeur économique du travail des femmes.

Lire le résumé ou le rapport mondial intégral sur les sciences sociales 2016

FREEWAT : Les outils du numérique au service de la Gestion de l’eau

A l’UNESCO le 30 Septembre 2016

Deux journées de rencontre entre spécialistes pour faire le point du Projet FREEWAT que soutient l’Union européenne dans le cadre de sa stratégie à l’horizon 2020 (promouvoir le numérique au service du Bien commun est l’un de ses objectifs) mais qui compte aussi l’UNESCO parmi ses sponsors….

FREEWAT de quoi s’agit-il ?

Exploitation informatique des données : intense recours au numérique

En simplifiant, on pourrait décrire ce projet comme l’élaboration et la promotion d’une plate-forme applicative (informatique) et « coopérative-participative » (le management) permettant la rencontre des scientifiques et des gestionnaires de l’univers (la communauté) de l’eau. Si certains des aspects du projet paraissent complexes et réservés à des experts, l’ambition des promoteurs d’une opération d’une certaine envergure n’est pas d’enfermer. Au contraire, FREEWAT vise à développer un outil et une méthode qui ouvrent au plus grand nombre le champ de la gestion de l’eau dans ses multiples aspects, quand bien même certaines dimensions techniques (exemple : la modélisation) peuvent sembler délicates à maîtriser.

Très concrètement et plus précisément, il s’agit de permettre de collecter, d’analyser et traiter en termes de modélisation le plus grand nombre de données se rattachant à « l’univers eau » dans un espace donné (les nappes, les zones aquifères, les flux, les stocks, les caractéristiques chimiques, géologiques, géographiques, climatiques etc).

Un outil ouvert, destiné avant tout aux gestionnaires ou décisionnaires

L‘objectif n’est évidemment pas de se contenter de pures recherches, qui ne déboucheraient que sur des connaissances sans lendemain. Tout au contraire, FREEWAT est à considérer comme un dispositif au service de tous ceux qui sont concernés par la production et l’exploitation des ressources en eau dans un contexte qui ne permet plus de traiter cet élément vital à la légère, par exemple dans le domaine de l’irrigation.

S’il s’agit d’un projet ouvert (on parle d’ « open source » ou d’ « open data », de logiciel libre), c’est aussi une opération gérée rigoureusement, de manière proactive, avec des forums, des calendriers invitant les participants à se mobiliser vraiment avec partage des expériences. C’est dans cet esprit que se sont organisées les deux journées du symposium et c’est l’impression qu’a dégagée la présentation d’une quinzaine d’études de cas où ont été montrées les réalisations sur le terrain que permet l’outil FREEWAT.

Un vrai Projet avec ses difficultés, mais aussi un avenir prometteur

S’il y a déjà des logiciels servant à l’analyse ( MIDFLOW ?), FREEWAT semble plus performant, et le fait de le promouvoir dans le cadre d’un projet structuré avec des partages d’informations est sans doute bénéfique pour toutes les parties prenantes.

Des cas présentés (une douzaine issus de l’UE, un de l’Ukraine, un autre de Turquie et, enfin, un projet de coopération entre trois pays d’Afrique : Botswana, Namibie et Afrique du Sud) on retient les points suivants :

Richesse des analyses produites (nombreuses cartographies élaborées à partir de maillage numérique des zones ciblées, analyses chronologiques, géologiques, climatologiques etc, toujours en rapport avec l’eau).

Grande souplesse d’utilisation, puisque ces analyses souvent très fines peuvent tout aussi bien s’appliquer à des zones maritimes (insulaires ou côtières) ou montagneuses (les Alpes), traiter tous les climats (continental ou méditerranéen, ou subtropical), et produire des études sur tout type de bassin, depuis une petite plaine concernant cinq communes sur 50 km carrés en Italie jusqu’à un énorme bassin semi désertique de 86 000 km carrés en Afrique.

Ces analyses et leur exploitation concernent en général un grand nombre d’acteurs publics et privés. Elles appellent à produire beaucoup d’efforts pour sensibiliser et sortir soit des (mauvaises) habitudes soit de ses idées préconçues. Il peut y avoir aussi certaines réticences dans la mesure où des intérêts particuliers pourraient être mis en cause ; mais, dans l’ensemble, ces démarches avec les outils proposés semblent plutôt bien accueillies. Il n’est pas déraisonnable, en effet, de mieux savoir appréhender les choses, et surtout pouvoir mieux agir selon les indications issues des modélisations (qui mesurent les comportements possibles des bassins selon des scénarios plus ou moins probables).

Si FREEWAT est d’abord un projet européen qui paraît produire ses effets (l’Europe c’est aussi des réalisations concrètes), on ne peut qu’espérer voir de telles expériences continuer à se développer, au-delà même de l’Union, au service du Bien commun, pour optimiser les usages d’une ressource qu’il faudra dans les années à venir traiter partout avec le plus grand soin.

Connaître le projet FREEWAT (anglais)

UNESCO – Journée internationale de l’alphabétisation 2016

« Lire le passé, écrire l’avenir »

UNESCO – Journée internationale de l’alphabétisation 2016

50e anniversaire

8 et 9 septembre 2016

Sommaire

Cet événement marque le 50e anniversaire de la Journée internationale de l’alphabétisation proclamée par la Conférence générale de l’UNESCO en 1966. 2016 est aussi la première année de mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon durable 2030, qui comprend l’Objectif de développement 4 (ODD4) visant à « assurer une éducation inclusive et équitable de qualité et à promouvoir des possibilités d’apprentissage tout au long de la vie pour tous ».

La journée a permis au panel ministériel de plusieurs pays de partager l’expérience des progrès accomplis en matière d’alphabétisation dans leurs propre pays et au panel d’experts de haut niveau et de représentants de pays de « lire le passé » et de donner une vision de l’avenir « écrire l’avenir ». Elle a été l’occasion de présenter les conclusions et recommandations du 3ème Rapport mondial sur l’apprentissage et l’éducation des adultes (Global Report on Adult Learning and Education – GRALE III). Enfin point phare de la journée : le lancement de l’Alliance mondiale pour l’alphabétisation –AMA (Global Alliance for Literacy – GAL) associé à l’apprentissage tout au long de la vie, dont la coordination sera assurée par l’UNESCO.

Les interventions ont souligné que, malgré les progrès accomplis, les défis sont considérables pour que soit atteint l’objectif 2030 d’un « monde où tous sachent lire, écrire et compter ». Une conclusion s’impose aujourd’hui : qu’aucune entité (pays, organisation) ne peut atteindre seule l’objectif visé et qu’une action coordonnée mondialement est nécessaire avec une plus grande synergie incluant les entités politiques, le secteur privé et la société civile.

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L’hydrologie et les Objectifs du millénium

Colloque KOVACS  : le 15 juin 2016

Sous l’égide de l’international Hydrological Program (IHP) de l’UNESCO et de l’association des sciences de l’hydrologie ( IAHS), s’est tenue à Paris la douzième rencontre internationale de l’hydrologie (réunion bis-annuelle) connue comme le colloque KOVACS (nom d’un hydrologue éminent à l’origine de cet événement). Cette année le thème du forum a été retenu sous l’angle nouveau que définissent les SGD 2030 de l’ONU pour cette ressource vitale qu’est l’eau , en mettant particulièrement l’accent sur les indicateurs retenir. La question de la « mesure par des indicateurs » n’est pas triviale  car s’interroger sur un sujet en apparence aussi anodin amène à prendre conscience des changements majeurs entrain de survenir et qui ne sont pas faciles à appréhender.

Retenons alors tout ce que recouvre « la matière » eau, et mesurons en l’importance pour l’humanité et notre planète : c’est l’une des principales idées qui ressort de beaucoup des présentations entendues. Il y a des bouleversements dont on doit s’efforcer de mesurer les effets, des phénomènes qu’il faut essayer de prévoir au bénéfice des populations. L’hydrologie est au cœur de problématiques qui ne recouvrent plus de simples sujets techniques ou scientifiques que l’on va traiter dans des rapports réservés à un cercle restreint, centrés sur l’eau et rien que l’eau.

Il y a maintenant une évidence : l’eau est devenue une préoccupation qui n’est plus l’apanage des seuls experts hydrologues ou plus exactement les études qui sont faites à son sujet doivent de plus en plus mobiliser d’autres champs de connaissance et intégrer des interactions nombreuses et réciproques avec une large variété de domaines, dans un monde de plus en plus complexe, soumis à des risques jusque là insuffisamment pris en compte ou inexistants.

Dans ces conditions, le SGD 6 (sustainable development goal) qui appelle explicitement à réaliser des objectifs relatifs à l’eau au service des populations, a, d’une manière ou d’une autre, un rapport avec au moins une dizaine d’autres objectifs du millénium (évidemment le changement climatique, la santé, la nutrition, l’environnement et les écosystèmes, l’urbanisation etc).

Durant ce colloque ont été présentés les résultats de travaux et études appliquées visant à mieux maîtriser des phénomènes qui, avec notamment les effets du changement climatique, par leur fréquence, leur magnitude et leur amplitude peuvent toucher sérieusement des centaines de millions de personnes chaque année.

Les statistiques données reflètent la dimension des problèmes à résoudre, qu’il s’agisse par exemple du nombre de personnes n’ayant pas accès à une eau correctement filtrée, des victimes de sinistres et épidémies liées à l’eau, des effets de la survenance des risques extrêmes (inondations ou sécheresse).

Ont été entendus le témoignage d’experts ( au Liban , au Japon par exemple) présentant leurs travaux de modélisation qui peuvent donner des résultats (exemples : prévision de certains phénomènes) mais qui peuvent aussi souffrir de difficultés liées à l’instabilité intrinsèque des situations observées et aussi, dans une large mesure à la question des données.

Un autre point est souligné : la nécessité du dialogue avec les parties les plus proches du terrain pour aider à bien comprendre les données des sujets à traiter, il est aussi essentiel de sensibiliser les populations aux questions touchant à l’eau (décisions concernant les plantations,, comportements eco-responsables, irrigation, stockage de l’eau etc).

Un point essentiel a été traité, à savoir le traitement des espaces partagés. Nombre de bassins, nappes phréatiques, cours d’eau sont partagés entre plusieurs pays. La communauté internationale gagnera à traiter correctement les problématiques qui découlent de ces situations par les traités, mais ici les choses ne sont pas aisées, ou par le biais de solutions plus pragmatiques où sont correctement réglées les questions de gouvernance et d’échanges d’informations.

Sur ce sujet « transfrontalier » comme sur bien d’autres, il y a à considérer très souvent la dimension politique. Dans le domaine qui est le leur, il importe que les scientifiques puissent présenter aux responsables politiques leurs travaux d’une manière suffisamment convaincante pour amener les décideurs à arrêter les mesures que peuvent suggérer les études menées.

La responsabilité dans l’éducation : une « obligation redditionnelle »

La responsabilité dans l’éducation : une « obligation redditionnelle1 »

A l’initiative d’Aaron Benavot, directeur du « GEM Report2 » de l’UNESCO, rencontre-consultation le 11 avril dernier avec les membres de l’IIEP (Institut International de Planification de l’Education) de l’UNESCO et des experts de différents pays des réseaux du « GEM Report » et de l’IIEP.

Cette rencontre-consultation se situe dans une série de consultations conduites par le « GEM Report » pour la préparation de l’édition 2017 du rapport, dont le thème est : « La responsabilité – obligation redditionnelle – dans l’éducation ». Une « Note conceptuelle » en donne la trame et servait de base aux consultations.

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Réfugiés et villes accueillantes : un autre regard

Villes accueillantes pour les réfugiés : Promotion de l’inclusion et protection des droits, un autre regard….

Une table ronde organisée le 9 mai 2016 à l’UNESCO sous l’égide de la Fondation Vardinoyannis et de la Coalition européenne des cités contre le racisme.

Un discours assez différent de ce que l’on entend venant du monde médiatique ou politique, plus concret, plus positif. Les migrations sont un fait, les villes sont mobilisées, il y a des difficultés logistiques ou budgétaires à surmonter, mais, plus encore, il faut vaincre les peurs, réussir l’intégration des arrivants. Ici beaucoup passe par l’organisation de dialogues, par le culturel, l’apprentissage des valeurs des pays d’accueil, singulièrement leurs langues. L’accent est mis sur le respect des personnes dans leur dignité, l’importance de l’éducation, et aussi singulièrement au Liban et en Grèce sur l’attention à porter aux populations les plus fragiles, notamment la petite enfance. Autre idée mise en exergue : l’apport avéré des migrants, en termes économiques mais aussi de créativité.

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