« Adresse » du Ministre des Affaires Étrangères de Turquie au Comité exécutif de l’UNESCO

le 5 octobre 2017


La Turquie apporte son soutien à l’UNESCO qu’il faut aider à raison des valeurs qu’elle promeut et qui gagne à plus de dialogue avec les ONG, les Think-tanks… Un discours de son Ministre des Affaires étrangères qui aura mis l’accent sur l’éducation et la culture au-delà des considérations politiques, l’importance du Patrimoine, les enfants et l’école notamment pour ce qui est des Réfugiés, autant de facteurs de paix et d’apaisement des tensions et de la violence.


A l’occasion de sa 202ème session, le COMEX de l’UNESCO a reçu M. Mevlüt Çavuşoğlu, Ministre des affaires étrangères de Turquie : courte allocution, quatre interventions de membres du COMEX (Iran, Qatar, Soudan et Serbie) et réponse du Ministre qui s’est exprimé en anglais.

M. Mevlüt Çavuşoğlu, Ministre des affaires étrangères de Turquie

Des propos tenus au cours d’une petite heure, on pourrait ne retenir que la forme, toute diplomatique, apaisante, neutre… Mais précisément, sur la forme comme sur le fond, il en est ressorti plus qu’une impression d’absence de relief. Sans jamais vraiment donner dans le « politique » au sens « géopolitique », le Ministre a quand même délivré certains messages intéressants à relever au regard des défis auxquels l’UNESCO est confrontée de nos jours : problèmes de personnel, de ressources financières, mais aussi les risques d’une politisation excessive.

Sans s’appesantir outre mesure sur toutes les difficultés de l’heure mais sans non plus les occulter – terrorisme, réfugiés, les graves conflits qui touchent le Moyen Orient – des difficultés qui compliquent le traitement de certaines situations, M. Çavuşoğlu a souhaité montrer que seules des actions allant au-delà des conflits violents peuvent donner du fruit à long terme, et à cet égard, il a rappelé à quel point l’UNESCO peut contribuer à œuvrer pour la Paix, cette paix qui constitue le fondement de son acte constitutif, ce traité que, nous a-t-on rappelé, la Turquie a ratifié dès le début.

Soulignant la valeur des Missions et des Principes que porte l’UNESCO, le représentant du gouvernement turc a indiqué sans réserve le soutien que continuera d’apporter la Turquie a une organisation internationale dont les domaines d’intervention – l’éducation et la culture essentiellement – sont de toute première importance si l’on souhaite aller vers un monde plus pacifique ou pacifié.

Si le président WORBS dans son introduction avait salué tout ce que fait la Turquie au titre de la protection et préservation des Patrimoines matériels et immatériels ainsi que ses contributions pour combattre les trafics d’œuvres d’art ou leurs destructions dans les territoires affectés par les conflits armés, le Ministre a réservé une bonne part de son intervention à l’éducation, et tout particulièrement au soutien scolaire des enfants de migrants pour lequel la Turquie est très engagée : sur les 850 000 enfants de populations déplacées se trouvant en Turquie (3 millions de personnes), cette dernière en prend à sa charge directement 500 000 en mobilisant tout particulièrement les collectivités locales.

En insistant sur la nécessité d’une UNESCO exerçant pleinement ses missions, le Ministre a appelé les États à ne pas restreindre leur aide mais en même temps, prenant l’exemple du Conseil de l’Europe qui a eu comme l’UNESCO à se réformer dans un contexte de rareté de la « ressource », il a appelé à poursuivre les actions déjà engagées en son sein pour être plus efficace comme par exemple : évaluer les résultats des activités, être sélectif dans les choix en mesurant bien les impacts et en s’assurant qu’ils s’inscrivent bien dans le cadre des missions de l’institution.

Dans ses réponses aux questions qui lui avaient été posées par quatre ambassadeurs, on aura retenu tout particulièrement un appel à ce que l’UNESCO ne verse pas dans trop de politisation (il y a d’autres organisations internationales pour cela), et le souhait qu’il y ait une plus large ouverture d’esprit, avec plus de dialogues et de coopération avec les Think-tanks, les ONG et différents autres acteurs. En allant dans cette direction, au-delà de ce qui est fait avec les États membres, l’UNESCO gagnera en visibilité et en crédibilité.