Conseil International de Coordination du Programme sur l’Homme et la Biosphère

Conseil International de Coordination du Programme sur l’Homme et la Biosphère (CIC-MAB)

29ème Session – UNESCO – 12 au 15 juin 2017


Protection de plus de 600 zones –les territoires,les populations – thème revisité par les Accords de Lima. Orientations stratégiques, plan d’action au service du développement durable, Nouveaux inscrits, radiation, suivi des activités.


  1. Rappel : les « réserves biosphères »

La notion de protection de zones biosphères, est lancée vers les années 1970 à l’UNESCO : il s‘agit de définir des zones terrestres, des « réserves » ou des « sites », méritant d’être protégées d’agressions extérieures. D’abord centrée sur une dimension essentiellement écologique, la notion a été progressivement étendue en intégrant les besoins de protection des populations, affectées par les changements climatiques, ou victimes d’agressions liées à d’autres facteurs naturels ou à des initiatives ayant comme conséquences potentielles l’élimination ou la fragilisation de certaines catégories de populations.

Une étape importante : la Déclaration de Lima (2016) et le Plan d’Action de Lima (2016-2025), qui donnent lieu à une nouvelle « feuille de route » pour les programmes sur l’homme et la biosphère (MAB) et son Réseau mondial de réserves de biosphère. Il s’agit de donner un nouvel élan à la constitution dans les États Membres de l’UNESCO, de nouvelles Réserves de biosphères, bénéficiant d’une politique particulière d’accompagnement de la protection des personnes dans leur culture, leur santé et leur éducation, et d’actions particulières dans leurs lieux de vie en vue de la protection des sites au regard de l’environnement climatique ou géologique, et des Objectifs du Développement Durable (ODD).

Il y a aujourd’hui, 669 Réserves de Biosphères, répertoriées par l’UNESCO, dans 120 pays, et mises en réseau par l’intermédiaire de l’UNESCO. Elles totalisent 680 millions d’hectares de zones terrestres, côtières et marines, et concernent environ 207 millions d’habitants.


  1. Le Programme de Lima et sa mise en œuvre

En 2016, à Lima, une nouvelle « feuille de route » a été élaborée pour les Réserves de Biosphères, reconnues par l’UNESCO.

Les objectifs stratégiques qui doivent inspirer les programmes d’actions de ces Réserves sont :

– Préserver la biodiversité, restaurer et améliorer les services écosystémiques et favoriser l’utilisation durable des ressources naturelles

– Contribuer à construire des sociétés et des économies saines et équitables et des établissements humains prospères en harmonie avec la biosphère.

– Faciliter la science de la biodiversité et de la durabilité, l’éducation au service du développement durable et le renforcement des capacités

– Soutenir l’atténuation et l’adaptation à l’évolution climatique et à d’autres aspects du changement environnemental mondial.

Un conseil de gestion de ces programmes a été mis en place : le Conseil International de Coordination du Programme sur l’Homme et la Biosphère (CIC-MAB). Il comporte une trentaine de membres représentant des Pays adhérents à ce programme, il est présidé actuellement par la France. L’action de ce programme est suivie à l’UNESCO par la division Écologie et Sciences de la Terre.


  1. 29ième Session du CIC-MAB – 12 au 15 juin 2017,

La session a réuni environ 200 participants dont 100 représentations de pays.

Au cours de cette réunion, les délégués des différents pays ont pris la parole pour brièvement décrire leurs activités depuis le dernier CIC-MAB (Lima 2016) en particulier en ce qui concerne la mise en œuvre du Plan d’action de Lima.

Les travaux du CIC ont porté sur des enquêtes auprès d’environ 240 Sites ou Réserves, pour étudier leurs rapports d’activités (environ 270 rapports reçus) au regard des programmes élaborés par le CIC-MAB, ce qui a représenté un travail considérable salué par les membres.

La « Stratégie de sortie » représentait cependant la question essentielle présentée à cette session.


  1. La « Stratégie de Sortie »

Sous ce terme, il faut comprendre qu’en application des règlements de fonctionnement du CIC, les Réserves, sont tenues de respecter un certain nombre de critères et doivent adresser des rapports d’activités réguliers au CIC-MAB. En cas de non communication de rapport ou de non réponse aux relances, le CIC peut engager la mise en œuvre de la procédure « Stratégie de Sortie », qui amène à la radiation du site des références de l’UNESCO. Les « sites » délinquants ont ainsi reçu une notification depuis fin 2013 et une proposition d’assistance leur a été dûment envoyée.

L’essentiel des débats a porté sur les cas de 85 sites exposés à une éventuelle radiation. Sur cette question sensible, la plupart des pays sont intervenus, les uns pour défendre les sites et les autres, pour, au contraire, appeler à maintenir une certaine discipline gage de la qualité du réseau de ces zones de biodiversité. Ces échanges ont occupé un temps considérable.

Le bureau du CIC doit faire connaître ses conclusions après de nombreuses séances tardives.1


  1. En forme de conclusion

Il faut citer la vision pour le programme MAB énoncée à Lima : « Notre vision est celle d’un monde dans lequel les individus ont conscience de leur avenir commun et de leur interaction avec notre planète, et œuvrent ensemble, de manière responsable, à l’édification de sociétés prospères en harmonie avec la biosphère. »

Le point qui nous parait essentiel dans la mise œuvre de ce programme est que le respect de l’homme/des populations locales doit être fondamental comme doit l’être le respect de la biosphère.

DC/DG – 16-06-17
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1 La Session se poursuivait par l’examen de propositions par les membres de nouvelles réserves ou d’extension de réserves actuelles, par une table ronde sur les partenariats du secteur privé pour les réserves de biosphères, l’attribution de bourse et l’examen de questions de gouvernance.