Le Patrimoine culturel des Océans à l’UNESCO du 29 mai au 2 juin 2017


la nécessaire protection d’un patrimoine vital pour l’Humanité


C’est un enjeu majeur pour le développement durable (la Paix, le Climat, l’Environnement… )
La Communauté internationale ne mesure pas assez les Risques et les Défis que représentent les Océans, composante essentielle de notre Planète.
Les questions à traiter sont multiples et ne touchent pas qu’au sujet « Nature ». La dimension culturelle doit aussi faire l’objet d’une grande attention.

Du 29 mai au 2 juin, se sont tenues à l’UNESCO, diverses réunions relatives à la protection des océans et notamment de leur patrimoine culturel. Ces réunions ont eu lieu dans la perspective de la Conférence des Océans de l’ONU qui doit se tenir à New York du 5 au 9 juin.

Rappel de la question des Océans à l’ONU et à l’UNESCO

Plusieurs questions sont soulevées sur le sujet spécifique des Océans :

la responsabilité internationale du respect des océans au-delà des 200 miles nautiques des côtes : accélération du développement des transports et aussi de leur sécurité,
les risques liés à l’environnement : surveillance des niveaux des eaux et zones menacées d’immersion, pollutions diverses de surface et de profondeur par le déversement des déchets, et des nappes d’hydrocarbure,
les nouvelles technologies : pêches en eau profonde (400 à 700 mètres), câbles sous-marins, pipe-lines, plongeurs en eau profonde,
développement des prédateurs, trafiquants et chasseurs de trésors d’épaves,
développement de l’intérêt porté aux patrimoines culturels en général et à leur composante sous- marine : épaves, villes englouties, attraction du public pour ces nouveaux musées.

Les réunions des 29 mai-2 juin 2017
C’est dans le cadre de la convention de 2001 que se sont tenues ces réunions.

Les réunions du 29 mai avaient un caractère de sensibilisation de tout public se sentant concerné par les questions de respect et de mise en valeur du patrimoine subaquatique.
Madame Ulrike Guérin, de l’UNESCO a indiqué que la Convention de 2001 n’était pas encore assez reconnue par les États, en dépit de son travail, et notamment en matière de Développement Durable et des objectifs de 2030, et sur les thèmes suivants :
–   patrimoine subaquatique et éducation, culture de paix, non violence et respect de l’altérité, tourisme, et développement urbain,
–   changements climatiques et conséquences sur le patrimoine subaquatique
Monsieur Michel L’HOUR, Directeur du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines de la France a rappelé la problématique des menaces pesant sur ce patrimoine :
–   le patrimoine est très diversifié, depuis les grottes actuellement immergées, les grottes sous-marines et les épaves : « la mer est le plus grand musée du monde » (Salmon Reinach)
–   mais la mer fait l’objet de déprédations, pillages et vols organisés très difficiles à stopper. Rappelons qu’il y a plus de 200 000 plongeurs qui pratiquent les « prélèvements de souvenirs ».
–   la pêche : peut-on parler de patrimoine vivant ? d’épuisement des ressources ? Il y a plus de 2 millions de navires de pêche, et 23 000 chalutiers industriels. Il se pêche dans le monde, 4,9 tonnes de produits de la mer par seconde, dont 25% dans l’illégalité. 84 000 navires de pêche croisent les mers de la zone européenne. Les chaluts de grands fonds ramènent chaque jour des débris de vestiges sous-marins qui font l’objet de ventes (ventes de dents de mammouths). On trouve aussi des épaves, à plus de 300mètres de fond qui sont complètements entourées de restes de filets de pêche. Entre 60 et 700 mètres de fond de nombreuses épaves sont couvertes de filets.
–   il y a aussi dans les
fonds marins dans les zones de 350-700mètres des restes de munitions de guerre, qui constituent des dangers, aussi bien en termes d’explosions que de dissolutions de produits chimiques nocifs.

D’où la nécessité de sensibiliser, l’opinion publique, l’ONU…
Plusieurs autres intervenants ont décrit certaines réalisations dans leurs pays, comme la rénovation de sites immergés ou la remontée d’épaves en surface avec présentation en musées (France/Arles, Espagne, Chine… )
Les échanges avec la salle ont notamment porté sur la protection du chalutage, victime de l’absence d’informations sur les fonds encombrés de déchets et d’épaves qui peuvent endommager gravement les chaluts, la lutte contre les pilleurs d’épaves, et la question du statut des épaves et autres patrimoines au-delà des 200 nautiques. D’où l’intérêt d’améliorer les cartographies des fonds sous-marins.

Le 1er juin, la 8ème réunion du Conseil Consultatif Scientifique et Technique pour la Convention de 2001 relatif à la Protection du Patrimoine Culturel Subaquatique, était la première réunion du conseil nouvellement élu.

Quelques sources de référence :
La Conférence des Océans de l’ONU,
La COI : Commission Océanographique Intergouvernementale de l’UNESCO, pour une gestion durable des océans (148 pays membres),
La Convention de l’UNESCO sur la Protection du Patrimoine Culturel Subaquatique (2001) environ 58 pays signataires.
Le DRASM du Ministère français de la Culture
Le RPMNF

Lire aussi
Sixième session de la Conférence des États parties à la Convention de 2001
Huitième réunion du Conseil Consultatif Scientifique et Technique pour la Convention de 2001

Photo NOAA http://oceanexplorer.noaa.gov/explorations/17midway/logs/may9/may9.html