Symposiums sur la science de la durabilité


Recherche et Éducation


Le troisième symposium sur la science de la durabilité s’est tenu au Siège de l’UNESCO le 31 mai et le 1er juin 2017. A cette occasion, un certain nombre de lignes directrices visant la Recherche et l’Éducation dans le domaine des « sciences de la durabilité » ont été présentées aux États membres de l’UNESCO.

Rappel historique

En octobre 2015, le Secteur des Sciences exactes et naturelles et le Secteur des Sciences Sociales et Humaines de l’UNESCO, ainsi que le Ministère japonais de l’Éducation, de la Culture, des Sports, des Sciences et de la Technologie (Japon/MEXT), ont lancé un projet sur « L’élargissement de l’application de l’approche Science de la Durabilité ».

Avec l’organisation de trois symposiums, ce projet a pour ambition de promouvoir un dialogue et diffuser des messages concrets pour aider les États à adopter une approche scientifique de la durabilité en réponse aux défis mondiaux.
L’objectif principal est in fine d’élaborer un ensemble de lignes directrices relatives à la science de la durabilité qui seront soumises à l’appréciation des États membres de l’UNESCO au cours du dernier trimestre de 2017.
Les travaux de ces réunions seront nourris de la contribution de nombreux intervenants aux profils très variés : des scientifiques, des décideurs, d’autres praticiens experts, mais aussi des représentants d’ États membres de l’UNESCO, ainsi que des institutions de recherche et d’éducation et diverses organisations spécialisées ayant une expérience pertinente dans les questions liées à la durabilité.

Tenu le 5 et 6 avril 2016, le premier symposium a été l’occasion d’échanges fructueux entre les membres du comité de pilotage du projet, d’autres experts en science de la durabilité, et les représentants des États. Plusieurs présentations générales données par des scientifiques et des études de cas sur la science de la durabilité ont, dès cette première session, permis de tirer certains enseignements et d’émettre des recommandations.

Le second symposium tenu à Kuala Lumpur du 19 au 21 décembre 2016 a été accueilli par le Bureau du Conseiller Scientifique du Premier Ministre et le Groupe Industriel-Gouvernemental Malaisien de Haute Technologie (MIGHT). Il a porté sur la manière d’appliquer une approche scientifique durable dans les cinq circonscriptions régionales de l’UNESCO. Il s’agissait également d’identifier les caractéristiques, les priorités, les besoins et les lacunes de chaque groupe régional, pour les intégrer dans les lignes directrices .

Troisième symposium : synthèse des échanges

Le premier débat a porté sur les principes fondamentaux de la Science de la Durabilité
Deux intervenants, professeurs d’Université (de Lünebourg en Allemagne, et de l’université d’Indiana aux États-Unis) ont fait ressortir les idées suivantes :
Le traitement des questions ayant trait au Développement Durable gagne à mobiliser une approche scientifique et à respecter cinq principes garants d’efficacité :
–   un niveau de connaissances pertinent,
–   une intégration appropriée des perspectives de long terme,
–   une collaboration entre tous les acteurs concernés,
–   une conscience de la liberté et un sens des responsabilités que doivent assumer les acteurs,
–   un souci de l’éducation à intégrer au niveau individuel avec des visions de long terme.

Comment pouvoir travailler ensemble sur les sujets de Développement Durable avec toutes nos diversités ?
La réponse à cette question passe par la cogestion entre société civile – les chercheurs, les politiques et les entrepreneurs – en suivant trois étapes : co-design, coproduction et co-mise en œuvre (ou co-développement).
Le cadre conceptuel est l’Agenda 2030 de l’ONU avec ses 17 Objectifs de Développement Durable , qui se décline maintenant avec 160 cibles et 230 indicateurs de qualité.

Discussion :

La représentante du Paraguay a regretté que les objectifs et les actions de Développement Durable ne soit pas plus facilement accessibles aux populations du terrain.
Le représentant du Togo a fait remarquer que :
–   L’Afrique n’était pas assez présente dans les débats,
–   La plupart (9/10) des intervenants étaient des hommes alors que la sensibilité des femmes aux problèmes soulevés est différente et ce sont elles les premières concernées par le Développement Durable,
–   Les documents distribués étaient en langue anglaise uniquement et non en français.

Un second débat a porté sur les stratégies de Financement de la Science de la Durabilité (SD) aussi bien dans le domaine de la Recherche que celui de l’Éducation.
Principaux points mis en évidence par deux intervenants professeurs d’Université de Tokyo et un représentant de la commission nationale allemande pour l’UNESCO :
Le financement de la Science de la Durabilité représente aujourd’hui 0,95% du PNB pour la Corée du Sud, 0,80% pour l’Allemagne et la France et 0,44% pour le Royaume Uni.

Les facteurs de pérennisation de ce financement sont :
–   L’utilisation des mêmes agences que pour les autres industries,
–   le partenariat Nord/Sud,
–   la nécessité de diversité et de flexibilité lors de la vie des projets,
–   les réseaux de connaissance pour partager les données et les résultats,
–   la fin de l’effet de silos,
–   le bien fondé des réalisations.

Des délais plus longs et supérieurs à 3 ans seront nécessaires pour faciliter les connections entre les acteurs et pérenniser les financements.

Troisième débat sur l’Intégration de la Science de la Durabilité (SD) dans l’enseignement supérieur :

Interventions de deux professeurs des universités de Tokyo et de Lünebourg en Allemagne et d’un chercheur du centre national de recherche au Caire en Égypte :
Le développement durable fait partie de l’enseignement dès la 1ère année en Université pour toutes les disciplines à Lünebourg et touche 1600 élèves. Il est donné par 70 enseignants formés.
La diffusion gratuite des cours via internet devrait permettre aux pays du Sud de profiter de cet enseignement.
Néanmoins, vue du Caire, cette transmission de l’information n’est que théorique. En effet les cours dispensés en Allemagne sont assez onéreux et la Direction des Universités n’est pas encore disposée à les donner gratuitement.
De plus, aucune aide pour former les enseignants à l’étranger n’est disponible.

Discussion :

Les difficultés des pays du Sud pour y transférer le savoir dans l’Enseignement Supérieur sont bien connues :
–   Les institutions y sont faibles,
–   le mandat des universités en matière de Développement Durable est peu clair,
–   leurs budgets sont très limités voire nuls.

Le Japon et l’Allemagne sont clairement leaders de ce symposium et y font preuve de leur qualités reconnues en matière de mise en place de procédés. Le Japon agit d’abord à un niveau politique via le Ministre de l’Éducation, de la Culture, des Sports, des Science et de la Technologie. Il vise à appliquer les promesses du Premier Ministre en matière de Développement Durable. En ce qui concerne l’Allemagne, leurs actions exposées se limitent à des projets Nord/Nord.
Aujourd’hui et en général, une bonne gouvernance des pays du Sud est demandée pour bénéficier du savoir des pays du Nord et développer des capacités utiles en recherche et éducation.

Voir un diagramme présenté par CBM, illustrant les relations entre les articles de la  Convention des Nations Unies sur le droit des personnes handicapées et les 17 objectifs de développement durable. (document présenté lors du symposium)