Réunion d'information du Conseil exécutif de l'UNESCO du jeudi 12 février 2015

Cette réunion a pour but de permettre au Conseil exécutif d’exercer sa fonction de suivi, notamment sur l’état d’avancement de l’exécution du programme. Elle rassemble les représentants des États membres du Conseil et la Directrice générale. 

Trois grands thèmes ont été exposés par la Directrice Générale, en réponse à la centaine de questions posées par les États Membres :

  • La promotion et la protection des valeurs universelles de l’UNESCO ;

  • Le rôle de chef de file de l’UNESCO dans le domaine des sciences ;

  • Les questions relatives au budget et aux réformes.

1er thème :

Rappel du 70ème anniversaire de la création de l’UNESCO.

Les événements meurtriers du début janvier 2015 ne sont ni un choc de civilisation ni un choc religieux mais le fait d’extrémistes violents qui souhaitent diviser les communautés.

Plus de 600 journalistes ont été attaqués et 6% des affaires ont été résolues. La Directrice Générale (DG) demande que les États Membres (EM) soient fermes devant ces agissements. Elle a rappelé les résolutions qu’a prises l’UNESCO en faveur de la presse, notamment une disposition contre l’impunité des actions commises contre les journalistes. Elle a insisté sur la nécessité pour l’Unesco, de développer encore plus le concept de la protection au plan mondial de la liberté d’expression.

La DG souligne le besoin de se concentrer sur le dialogue interculturel qui est l’élément essentiel pour « vivre ensemble ». Tout commence sur le « banc de l’école », d’où l’importance de l’éducation. L’éducation a toujours été la réponse de l’UNESCO à l’extrémisme. L’éducation est une force de la paix qui permet de développer de nouvelles formes de solidarité.

Un plan d’action pour la décennie est de favoriser l’union, le partenariat, l’interculturel et l’interreligieux.

Enfin la DG a insisté sur les actions menées pour la mise en place d’internet avec le souci des précautions à prendre pour éviter les dérives.

Les questions qui ont suivi ont porté sur :

– les difficultés de mettre en œuvre les directives de l’UNESCO en période de crise et sur la nécessité de parfois les reformuler,

– l’opportunité de repenser les priorités de l’Unesco qui ne sont plus obligatoirement les mêmes qu’il y a 30 ans.

Enfin il est à noter l’intervention du représentant de l’Afghanistan, reprise par plusieurs pays, attirant l’attention de la Directrice Générale sur l’urgence à mieux définir le concept de « Liberté d’Expression », d’en préciser les limites inéluctables et demandant la création en priorité d’un groupe de travail à l’Unesco sur ce sujet.

2ème thème

Cette question prolonge la première. « La vraie révolution est de revenir aux sources » (Henri Matisse).

Le rôle de l’UNESCO est d’aider les EM à élaborer une politique scientifique relative au développement durable le mieux adaptée au terrain et conforme au changement climatique.

Les thèmes scientifiques les plus cités ont été : l’eau, les océans, les changements climatiques, la biodiversité et le développement durable.

L’UNESCO abrite le Conseil Consultatif Scientifique qui relève de l’ONU. Cette institution doit améliorer l’interface entre les sciences et les politiques.

Le financement de ces projets est fragile et mérite être renforcé.

L’avenir de la science sont les jeunes. Il convient donc de les initier dès leur plus jeune âge.

L’UNESCO encourage la formation scientifique des femmes.

Les savoirs autochtones sont des ressources importantes qu’il est utile d’exploiter pour la compréhension des changements climatiques.

Les questions qui ont suivi ont interrogé la DG sur l’action de l’UNESCO en matière de développement durable : la COI (Commission Océanique Intergouvernementale) est-elle une grande priorité ? Avec quels moyens financiers ? Quels sont les défis principaux ?

La DG a répondu que les EM souhaitent l’indépendance de la COI et que celle-ci travaille étroitement avec l’OMM (Office Mondiale de la Météorologie). En ce qui concerne le budget, l’UNESCO soutient une approche collaboratrice. 

3ème thème

Le budget est lié aux réformes. Aujourd’hui les projets concernent :

  • Une plus grande rationalisation des structures et des procédures ;

  • Une réforme de la gouvernance du secrétariat ;

  • Améliorer la prise de décision et le fonctionnement des programmes ;

  • Améliorer les secteurs administratifs de support.

Tous les coûts doivent être à la baisse. Le Conseil sera consulté. Quels sont les fonctions essentielles ? Quelles sont les fonctions accessoires ? Où est la pertinence de l’UNESCO ? Le mandat, les missions de l’UNESCO résonnent-ils toujours aussi fort ?

Une réforme a besoin d’investissement pour pouvoir développer des outils de suivi. Or l’UNESCO n’a pas bénéficié de la création de nouveaux outils d’évaluation. Les fonds extra budgétaires financent des projets spécifiques mais pas les programmes qui subissent la baisse de 30% du budget régulier.

Des choix s’imposent. Il convient d’avoir un débat approfondi à ce sujet. Il y a péril car l’UNESCO ne sera plus en mesure d’assurer ses missions.

L’après-midi a été réservée aux interventions libres des E.M. sur tout sujet non traité le matin. Il y a eu très peu de questions, elles ont porté sur :

-renforcer la promotion des outils de mesure de performances des actions liées aux programmes de l’Unesco,

-l’insistance des petits États Insulaires sur l’importance du programme COI en raison des menaces de submersions les concernant,

– l’intervention des Pays Bas sur l’importance des programmes éducatifs concernant l’enseignement de la Shoa pour la formation à la Paix.

En conclusion :

– Rappel des enjeux des programmes « post 2015 » pour tout ce qui concerne l’éducation et les sciences,

– A suivre, la nécessité pour l’Unesco de donner un contenu plus précis au concept de la protection de la Liberté d’Expression, et de la protection de la presse, avec ses limites à préciser. Cela pourrait être un thème de travail que le CCIC ou ceux de ses membres liés à la presse ou à la communication ou aux droits de l’homme pourraient suggérer au Comité de Liaison. Par exemple lancer le thème d’une éthique de la Liberté d’Expression ?

Marie-Christine Lattes, et Denis Chaigne