L’idéal  affiché dans l’Acte constitutif de l’UNESCO «  … éléver dans l’esprit des hommes et des femmes les barrières de la Paix » est-il toujours d’actualité?

Nous sommes entrés dans la quatrième semaine de  ce qui était présenté comme un conflit entre deux voisins, l’Ukraine et la Fédération de Russie.  Or c’est une guerre qui se déroule, en témoignent  le nombre des victimes, des personnes déplacées et les destructions méthodiques de villes et de villages, sur fond de désinformation. Il s’agit d’une catastrophe humaine et écologique, sans déclaration de guerre préalable.

Les appels à la cessation des hostilités, à une solution négociée, au respect de la population civile, à la mise en place de couloirs sécurisés pour l’évacuation de la population, lancés tant par les représentants politiques que par les membres de la société civile et les représentants religieux et spirituels, ne semblent pas porter de fruits.  

Dans un monde globalisé, marqué par l’interdépendance, nous sommes tous concernés et avons à nous situer, chacun à notre niveau et  en conscience, au service de ce bien si nécessaire qu’est la Paix. Rien ne peut justifier la guerre, la haine et la violence. Il y a des victimes des deux côtés, soldats tués ou blessés, citoyens emprisonnés, familles affaiblies et séparées, vieillards et enfants lancés dans une fuite pour la survie, économie détruite … Des deux côtés des vies sont sacrifiées, des  larmes sont versées, motivées par l’angoisse, la terreur ou le chagrin qui accompagnent destructions, deuils et séparations. L’humanité n’en finit pas d’apprendre !

Dans ce triste contexte , nous ne pouvons qu’être reconnaissants, solidaires et admiratifs de la réactivité des ONG que rassemble la plateforme CCIC, ainsi que de l’ensemble des ONG,  qui agissent avec les moyens dont elles disposent et font face à l’accueil de ces nouveaux réfugiés . Reconnaissants aussi aux citoyens des pays limitrophes en premier lieu, puis plus éloignés, pour la fraternité de leur accueil. Les élans de solidarité dont nous sommes témoins empêchent de désespérer de la nature humaine.

Le CCIC manquerait à sa mission de témoignage actif, en observant un silence prudent sur cette actualité brutale. Laissons les diplomates faire leur travail. Dans le même temps, gardons les yeux et le cœur ouverts, agissons au service de la fraternité humaine selon ce que nous dictent nos consciences. Nous n’oublions pas que le jeûne et la prière sont les « armes » des chrétiens en  vue d’obtenir des  conclusions diplomatiques acceptables par les parties concernées.