Programme Hydrologique International – 23ème session

23ème Session du Conseil Intergouvernemental
du Programme Hydrologique International (PHI)

UNESCO  – 11-15 juin 2018


Cette session avait pour objet, la mise en place du nouveau bureau du Conseil Exécutif du PHI (35 pays), l’évaluation de l’état d’avancement des programmes dans la phase de la décennie de l’eau (2018-2028), et l’élaboration d’un programme eau phase IX (2022-2029).

Enfin, le Conseil était appelé à examiner la place et la coopération de la structure eau de l’Unesco, dans un ensemble mondial élargi, et notamment au regard de la structure « ONU EAU ».


Les Enjeux

L’eau reste une question essentielle pour l’humanité, et elle doit être traitée à des niveaux internationaux. Malgré des améliorations significatives récentes, force est de constater :

  • Accès à l’eau : 30% de la population mondiale n’est pas raccordée à une alimentation domestique en eau potable ;
  • Qualité de l’eau : 60% de la population mondiale ne bénéficie pas de services d’assainissements sécurisés, et 30% est exposée aux risques des eaux contaminées ;
  • 20% de la population mondiale est exposée aux risques de sécheresses et/ou d’inondation, et 500 millions de personnes peuvent souffrir de pénuries d’eau.

Les Organisations Nationales et Internationales

De nombreux organismes ont une compétence en matière d’eau douce, de façon directe ou indirecte. La question de la coordination de leurs actions est primordiale pour être efficace et bénéficier des connaissances scientifiques et expériences mutuelles, dans les différents points du globe.

A cet égard, il a été indiqué que l’UNESCO a lancé le concept de « Famille de l’eau de l’UNESCO », constituée en particulier de 37 Centres de recherche de catégorie 2, de 56 chaires scientifiques Unesco dans le monde, regroupant plus de 1000 experts.

Les actions et programmes de ces organismes sont établis prioritairement en référence, au programme du Développement Durable, et notamment l’objectif N°6 (Eau propre et assainissement), la COP 21 et la lutte contre les pollutions, et aux programmes éducatifs relatifs à la priorité de la parité du genre, et à la place de la femme dans la gestion et l’usage de l’eau.

Enfin les participants ont particulièrement insisté, au titre de la culture, sur la nécessité de mettre en réseau tous les « Musées de l’eau » à travers le monde, avec l’appui, sur ce programme de tous les représentants des gouvernements membres du Conseil.


Débat : la mise en œuvre des actions hydrologiques dans les États, relations entre scientifiques, entrepreneurs et ingénieurs, et politiques.

1er colloque sur l’Interface entre Sciences de l’eau et Sphère politique (14 Juin 2018)

D’un point de vue scientifique, l’accent a été porté notamment sur la nécessité :

  • de fiabiliser la qualité des données des ressources en eau et de leur disponibilités. En effet il existe de grandes différences entre un pays et son voisin. Par exemple l’accès à l’eau potable est d’environ 25% à Madagascar ou au Kenya, alors qu’il est de 83% au Malawi ;
  • d’améliorer nos connaissances sur la question climatique des échanges eau/atmosphère, qui sont la clé de la réponse à bien des questions que tout le monde se pose au regard des évolutions actuelles en matière de précipitations en fréquences et en volume. Et dans ce domaine les recherches sur la prédiction des conditions extrêmes par modélisation sont encore loin d’avoir abouti ;
  • d’améliorer l’analyse des historiques tant pour la géographie des cours d’eau que leur volume et pour en dégager les facteurs dominants. Les instruments d’analyse et d’observations des phénomènes sont aussi en pleine évolution technologique ;
  • de rappeler que la science est au service des politiques, ce qui est une évidence dans un domaine aussi vital que l’eau. L’UNESCO via le PHI a un rôle primordial à remplir vis avis de ces 2 communautés.

D’un point de vue politique, la question urgente à résoudre est comment mieux protéger les populations face à des phénomènes extrêmes de plus en plus fréquents comme typhons, crues, désertification, phénomènes dus au dérèglement climatique. Les administrés ont maintenant une mauvaise opinion des prévisions des catastrophes. Or la gestion de l’eau est intimement liée au climat.

Certains intervenants ont rappelé les échanges difficiles entre scientifiques et décideurs politiques au regard des crues « centenaires » d’un fleuve et qui se sont succédé durant trois années consécutives.

D’où la conclusion qu’il faut constater entre le temps long des scientifiques pour donner des résultats fiables et leurs limites, le temps un peu moins long des ingénieurs pour assurer les travaux nécessaires à la prévention des phénomènes catastrophiques, et la contrainte du temps court des politiques, soumis aux critiques de leurs concitoyens et à leurs réélections.

Lire le rapport final de la 56ème session du bureau du PHI :
https://en.unesco.org/sites/default/files/fr-ihp-bur-lvi-3-rapport_final-875.18.pdf

Premier Forum du COURRIER de l’UNESCO

Construire l’avenir de l’Humanité par le dialogue et la coopération

12 juin 2018


Courrier de l'UNESCO avril-juin 2018
Lire le numéro d’avril-juin 2018

A l’occasion du premier anniversaire de la sortie d’une revue qui en fait est la reprise d’une publication qui avait cessé sa parution en 2012, l’UNESCO a marqué l’événement avec ce forum. En introduction des échanges, Madame Azoulay a rappelé un peu de la riche histoire de la collection, ses origines, les apports de certaines grandes voix qui y ont contribué. Elle a confirmé une intention d’instiller dans ce nouveau Courrier de l’UNESCO le même esprit que celui qui avait fait le succès d’un magasine qui n’avait cessé d’être édité pendant près de 60 ans : contributions d’experts, expression d’idées visionnaires, réflexions sur les grands thèmes que couvre l’UNESCO, une Parole de valeur sur des valeurs universelles, celles que défend l’UNESCO, de l’Information des réflexions largement diffusées. Cette renaissance doit beaucoup à la Chine qui a apporté une contribution financière substantielle et au travail d’une équipe dédiée qui a permis la publication de plusieurs numéros déjà, le prochain étant prévu pour la fin juin avec l’Intelligence artificielle pour thème. La Directrice générale a cité quelques unes des personnalités marquantes qui ont contribué à la création et au développement de ce Courrier de l’UNESCO, un courrier qui donnait beaucoup à connaître d’une institution unique, capable par son intermédiaire de véhiculer des idées nouvelles comme par exemple dès les années 60 la réflexion d’un auteur anglais à propos de la puissance informatique en devenir. En reprenant les mots d’une de ces grandes voix qui ont marqué le COURRIER d’hier, « sans réflexion et anticipation l’UNESCO est en risque d’être aveuglée », Mme Azoulay a voulu indiquer tout le prix qu’elle attache à la reprise de son édition.


Le nouveau président du Conseil exécutif M. LEE Byong Hyun a souligné à quel point le COURRIER avait pu, dans le passé, être une lumière pour le monde, un outil de connaissance, un soutien pour les artistes, un porteur d’idées au service de la Paix singulièrement dans les temps difficiles, comme ce fût le cas lors de la guerre de Corée. Avec la reprise de sa publication, le COURRIER aura le même rôle tout en évoluant pour bien s’inscrire dans le temps de la modernité.

M. Rongwen Zhuang, administrateur de l’administration de la presse et des publication a rappelé l’engagement de la Chine en faveur de l’UNESCO dont elle a été un membre fondateur, et qui entend rester toujours actif à ses côtés pour faire face aux défis de notre temps au service du Bien commun, en misant notamment sur l’éducation, tout particulièrement en Afrique. La Chine a voulu soutenir le COURRIER parce que, nous a-t-on rappelé, ce média est l’une des façons de promouvoir la coopération et le dialogue pour un avenir commun, promotion d’une intelligence collective en laquelle il faut croire.


Le second volet de cette rencontre a porté sur un thème tout à fait illustratif des priorités de l’UNESCO et, à ce titre, très en ligne avec ce que peut recouvrir la ligne éditoriale du COURRIER : La diversité.

Deux orateurs, tous deux issus du monde universitaire ont été d’abord invités à nous livrer leurs réflexions, puis se sont engagés des échanges au travers de trois panels composés chacun d’un animateur et de deux intervenants appelés à livrer leurs vues sur trois points : Problématiques communes et regards différents, la différence des sensibilités, les nouvelles générations.


Deux allocutions introductives

M. Adama Samassekou ancien Ministre de l’Éducation du Mali, Président de la Conférence mondiale des Humanités (qui s’est tenue à Liège) a insisté sur l’importance des langues, et le risque de voir s’appauvrir la diversité linguistique, notamment en Afrique. Dans le même esprit, il a dénoncé l’excès d’emprise du système de pensée occidental pour appeler à plus de diversité, et à une autre approche des Humanités, avec par exemple l’idée de voir se développer un mode de pensée ou des systèmes éducatifs plus spécifiquement africains, une évidence, une exigence selon ses mots. Il faut « décoloniser » les Humanités nous a-t-il dit, « parler vrai » comme pourra le faire le COURRIER pour aider à entretenir une « conscience éthique du Monde », un monde menacé par beaucoup de ruptures.

M. Wang Yiwei Directeur de l’Institut des affaires internationales de l’université Renmin de Chine a parlé de l’idéogramme chinois qui désigne l’harmonie et qui répond à ce qu’est l’esprit du COURRIER avec cette valeur que l’on retrouve dans le bouddhisme qui invite à ne pas voir l’ennemi en l’autre ; de l’importance alors de l’entraide et de la solidarité, de l’acceptation de l’autre avec qui il faut dialoguer, avec un esprit humaniste qui selon l’orateur doit reposer sur cinq piliers : engagement pour une paix durable, sécurité culturelle et économique pour tous garantie par le multilatéralisme, un objectif de prospérité inclusive, la liberté et non le protectionnisme, la protection de la nature. La clef pour parvenir ces résultats, ce sont tous les modes d’interconnexion que permet maintenant la technologie avec les infrastructures indispensables à leur développement. C’est dans cet esprit que la Chine développe son projet « One Belt One Road », qui vise l’ouverture de routes inclusives, une entreprise qui doit être gagnante pour tous sur tous les plans…


Des trois panels, qui ont donné l’occasion d’échanges assez brefs mais intéressants car bien ancrés dans une réalité concrète, on retiendra les idées suivantes :


Panel 1 : Les différences de sensibilité, l’Art et la Diversité

Dialogue entre une actrice et metteur en scène Mme Graziella DELERM et un artiste peintre M. Fernando Bryce qui a collaboré à l’illustration du COURRIER.

De l’importance pour chacun – dans ses réalisations et leur inspiration- de ce qu’il ressent au fond de lui-même, ce ressort spirituel hérité d’histoires, de son histoire personnelle avec ses expériences vécues (Mme Delerm) ou de l’Histoire (M. Bryce qui a trouvé des sources d’inspiration dans l’exploitation d’archives de son pays d’origine). Deux témoignages d’artistes qui montrent des parcours et des formes d’expression, une sensibilité qui leur appartiennent et qu’ils peuvent traduire par leurs œuvres en toute liberté : liberté de la création et diversité vont de pair pour consacrer à l’art une juste place, pas forcément pour bouleverser le monde, mais certainement pour satisfaire ce qu’on pourra appeler « une vue humaniste » tolérante, ouverte.


Panel 2 : L’écoute de la diversité

Échange de vues entre Mme Josiane Boulad-Ayoub philosophe et professeur émérite de l’Université du Québec à Montréal et titulaire d’une chaire UNESCO et M. Alain Foix, écrivain, metteur en scène, philosophe.

Confrontation d’idées d’apparence contradictoire mais en réalité très complémentaires. Mme Boulad-Ayoub nous a parlé du Canada, de l’expérience de la diversité avec le cas réel des indiens qui furent longtemps maltraités et qui trouvent maintenant un bien meilleur accueil dans la société. Elle nous a livré aussi le fruit de son expérience universitaire avec des groupes de travail diversifiés appelés à réfléchir sur des thèmes qui intéressent l’UNESCO, aussi sensibles que celui de l’islamophobie ou du dialogue « Occident-Orient », l’objectif étant de déboucher sur des résultats tangibles : positions exprimées et recommandations. Pour mener à bien la démarche, des acteurs pertinents sont éventuellement consultés (ex. un dialogue avec des universitaires saoudiens), et deux conditions sont imposées : 1/exercice de la critique sans dogmatisme et 2/respect des valeurs de la société canadienne et de l’UNESCO. L’expérience montre alors la possibilité de dialogues constructifs au sein de ces groupes divers dans leur composition et capables in fine d’articuler une pensée consensuelle : de la puissance de l’intelligence collective si l’on respecte certaines (bonnes) conditions.

M. Alain Foix, à la lumière de son expérience en banlieue parisienne hier à l’école et aujourd’hui comme résident adulte, a regretté le changement de mentalité qui tend à se développer à propos de la diversité. On n’en parlait pas autrefois, on tend maintenant à en faire comme un instrument pour exister à part au sein de son groupe (sa tribu) avec le risque de cliver : « je suis issu de la diversité », expression souvent entendue et regrettable à ses yeux, il faudrait plutôt parler d’indifférence. Pour M. Foix, on est d’abord « issu de sa mère », on est d’abord une Personne, unique et complexe, et on ne saurait réduire son identité à une culture quand bien même la culture a son importance. Notre orateur ici est apparu comme tenant d’un discours plutôt libéral ou laïc, avec comme suggéré un appel à ne pas trop magnifier une identité culturelle juxtaposée (opposée ?) à celle de l’autre.

Mme Boulad-Ayoub a proposé de parler de reconnaissance de l’autre plutôt que d’indifférence, et, pour le faire de façon apaisée, elle recommande de multiplier les lieux concrets d’échange.

Deux dernières observations notées : celle de Mme Boulad-Ayoub à propos de la défense de la diversité : même si tout ne peut se résoudre par la voie légale, on peut et doit recourir à la loi pour les valeurs essentielles, mais cela doit se faire en prenant soin de bien dialoguer préalablement entre décideurs politiques et représentants de la société civile (intellectuels notamment).

Quant à M. Foix qui, à juste titre, craint les risques de ghettoïsation, il nous a rappelé opportunément ce que pensait Martin Luther King à propos du racisme, produit du Communautarisme, ce système de groupes juxtaposés qui s’opposent, alors que le sens de toute vie est simplement d’exister.


Panel 3 : L’avenir, les Jeunes générations : évolution des mentalités

Mme Na Yi (Yeshi Lhamo), professeur en littérature ethnique de l’Académie chinoise des sciences sociales, et Mme Emmanuelle Duez consultante/experte en management RH particulièrement orientée sur les vues prospectives.

Un fait, les jeunes en Chine ce sont des centaines de millions de chinois qui n’ont pas connu le maoïsme et qui sont de plus en plus connectés au net, qui voyagent : une vraie révolution au sein d’une société où l’on est plus cosmopolite, plus libre.

Pour madame Duez, on assiste à l’avènement de la première génération mondialisée, ces millenals newlook se trouvent partout. Leurs prédécesseurs étaient différents en ce qu’ils restaient encore assez imprégnés d’une culture. Maintenant c’est beaucoup moins le cas : on est en présence d’individus qui sont autonomes, à l’aise partout, avec un langage commun numérique et (dans une large mesure) linguistique. Ils sont de plus en plus nombreux, mais ils restent encore minoritaires, minoritaires en nombre mais pas en influence : partout où ils sont, ils font faire bouger les lignes, ouvrir des brèches, faire évoluer les mentalités.

Dans quelle direction aller ? Faut il être pessimiste avec des jeunes qui seraient surtout amateurs de jeux sur le web, peu motivés à s’intéresser aux grandes œuvres de l’esprit humain et à ce que fait l’UNESCO, institution obsolète ? Voient-ils autre chose que ce qu’ils auraient en partage, indifférents qu’ils seraient à ce que pensent les autres ? En première approche on pourrait en effet tendre à souscrire à ces vues peu rassurantes. Mais pour nos deux intervenantes, il y a beaucoup de choses qui viennent tempérer un jugement par trop négatif.

D’abord, pour parler des outils, il ne faut pas voir en eux que des aspects de standardisation ou de nivellement par le bas : on a des expériences Web qui révèlent une utilisation créative du numérique, notamment en matière artistique/littéraire (création de bandes dessinées par exemple).

S’agissant du désintérêt pour ce qui est le Patrimoine, sa valeur intrinsèque et sa valeur comme expression de l’âme d’un peuple au travers de sa culture, la Chine peut témoigner de son expérience avec l’engouement culturel pour le Patrimoine qui peut se développer chez les jeunes avec l’aide du numérique. Autre élément de satisfaction que nous donne madame Duez à propos de l’image de l’UNESCO chez les jeunes (résultat d’une petite enquête menée auprès de ses collaborateurs) : on lui reconnaît la valeur de sa couverture « mondiale », on lui attribue une qualité de « sérieux », on voit en l’institution « la culture » comme un de ses domaines, mais aussi on l’associe à un qualificatif, « poussiéreux » ce qui est quelque peu exagéré, mais compréhensible s’agissant d’un avis de jeunes peu portés à considérer les grandes institutions comme particulièrement dynamiques.

Mme Duez, – cofondatrice du projet dit BOSON, une sorte de DAVOS des jeunes –, trouve dans cette expérience qui marche (3000 jeunes qui se réunissent chaque année pour parler Politique, Culture, Religion, etc) des signes positifs : il y a d’abord un soutien du monde des entreprises qui entend bien réussir l’intégration des jeunes dans la transformation digitale qu’elles opèrent ; on voit aussi une aspiration des jeunes à prendre toute leur place dans les changements en cours en voulant résolument être parmi les artisans de ces changements, dans une optique d’économie créative. Il faut aussi souligner tout l’intérêt que portent ces jeunes participants au Forum pour les témoignages de grandes voix issues de générations qui les précèdent.

Dans ce contexte, comment situer l’UNESCO ? Sans doute peut-elle améliorer son outil de communication mais le numérique ne doit pas être pour elle une occasion de s’engager dans une révolution qui viserait à la faire ressembler à une start-up. L’UNESCO pourra certainement intéresser les jeunes générations avec ses avantages compétitifs et les valeurs qui sont les siennes dans un monde qui a besoin de sens et d’authenticité.


Conclusion de M. Vincent Defourny, directeur de la Communication

On aura relevé combien pour l’UNESCO il est important de compter sur des plateformes de dialogue et de coopération.

Ces plateformes à développer pourront contribuer à bâtir des Pensées, élaborer des Concepts, Imaginer l’avenir, mais elles doivent aussi venir à l’appui d’actions qui répondent aux besoins.

Laboratoire d’idées, l’UNESCO est aussi initiateur de projets concrets qui portent leurs fruits comme elle l’a toujours fait dans le cadre de son mandat avec beaucoup de réussites à son actif : actions en faveur de l’alphabétisation, sensibilisation aux applications mobiles, protection des patrimoines y compris là où il y a de graves conflits (cf MOSSOUL).

Elle doit maintenant s’inscrire pleinement dans notre temps dans le contexte nouveau de la modernité et, pour réussir, trois conditions sont à remplir : respecter la nature politique de l’UNESCO, satisfaire aux obligations éthiques et traduire les Pensées en actes et activités concrètes.

Enfin dans tout ce qui pourra être fait, trois grandes lignes de conduites peuvent rester présentes à l’esprit comme le suggérait S. Toefler, ce journaliste qui fit beaucoup pour l’UNESCO dans les années 50 : 1/interroger le Monde, 2/Relever les grands défis et 3/Guider en chemin.

Dernier mot de M. Defourny qui remercie encore chaleureusement la Chine pour son aide à la relance du COURRIER (qui maintenant est édité en 9 langues) et l’équipe en charge de la publication et qui annonce de nouveaux développements numériques au service de la Communication de l’UNESCO.

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Cyberespace sécurisé et éthique – risque du Numérique

Une Grande Transformation du Monde, défis et difficultés…
Journée du 14 juin 2018


L’UNESCO et plus précisément l’IFAP (Intergovernmental Information for All Program) et l’Université PARIS SUD ont été les organisateurs de la 14ème édition de la Conférence Mondiale sur le Capital intellectuel, avec un regard plus particulier sur la France et la première matinée consacrée à la Cybersécurité et aux grands risques que génère le Numérique, des risques qui sont à la mesure du spectaculaire développement de « l’emprise du digital » pour tous, partout et sur tout. La transformation assez radicale du monde en train de s’opérer ne saurait être vue seulement sous un angle technique – la cybersécurité, une affaire de spécialiste – tant sont nombreuses les implications de ces changements. Cela est bien ressorti des discussions auxquelles ont pris part des représentants de l’UNESCO (secteur Communication et Information, IFAP), des experts gouvernementaux (France, Union européenne), des conseillers consultants (France, Estonie), des représentants d’entreprise (Airbus), un économiste (OCDE).

Une journée riche en informations et en enseignements, quelques idées fortes qui, à certains égards, rejoignent plusieurs des observations qui sont ressorties de la journée d’étude du CCIC du 4 mai sur les « Puissances technologiques et Éthique de la finitude humaine ».


La première intervention, fut celle de M. Guillaume Poupart Directeur général de l’Agence Nationale pour la Sécurité des Système d’Information (ANSSI), organe de Renseignement et de Protection des victimes du numérique, directement rattaché auprès du Premier Ministre. D’entrée, nous ont bien été posés les termes du débat : les dangers que génère la multiplication des acteurs, la prolifération des outils, l’explosion des capacités de traitement et de diffusion des données, la banalisation des usages et des accès au monde numérique ; des dangers qui ne sont pas anodins. Ils peuvent menacer le citoyen, les entreprises, les États. Il y a là des enjeux de sécurité nationale : les grandes infrastructures critiques peuvent être touchées et la démocratie peut être mise à mal (cf ce qui s’est passé aux États-Unis par exemple lors des élections).

Il ne s’agit pas de vagues menaces, parce que le Monde du numérique est constamment l’objet d’incidents et parfois de graves accidents qui ont des formes multiples et qui causent de réels dommages : vols de données, rupture du secret logiciel, intrusions malveillantes, actes criminels (racket, demande de rançon), mise en ligne de jeux dangereux, de vidéos perverses, discours de haine, manipulation de l’information, trafics, hackers, acteurs maffieux, il y a bel et bien un monde de la délinquance ou du terrorisme numérique. On en parle peu, les victimes n’osent pas avouer… alors on tend à négliger ou sous estimer la menace alors qu’elle est réelle et lourde, permanente.

Alors que le numérique va continuer de se développer massivement dans tous les secteurs (cf en particulier la voiture autonome, les objets connectés, la santé numérique et toutes les infrastructures), il est important d’avoir conscience des risques, d’élever des défenses mais aussi d’intervenir par la voie législative : les questions de sécurité ne peuvent plus être traitées à la légère, au niveau national comme au niveau international (c’est un sujet que suit l’Union européenne), au niveau de toutes les entreprises et notamment des PME comme du simple citoyen.

M. Boyan Radoykov de l’UNESCO a rappelé que si ces questions ont pris une dimension nouvelle elles ne datent pas d’hier : déjà en 1995 l’UNESCO évoquait ces risques, ces dérives et les moyens de les contenir. La question a aussi été examinée par le Conseil de l’Europe en 2005. Un code éthique, rédigé non sans difficulté, a été soumis à la Conférence Générale qui a pris note simplement : il n’y avait manifestement pas d’unité de vue à l’époque, les choses semblent changer lentement.


La seconde intervention a porté sur l’expérience estonienne : M. Marten Kaevats a rapporté tout ce qu’a fait son gouvernement au fil des dix dernières années pour véritablement généraliser l’administration numérique avec des changements radicaux : fin du papier, tout est et se fait en ligne.

Un succès obtenu grâce à une marche forcée, qui a été facilitée de plusieurs manières : grande attention apportée à la question de l’identité et de l’identification (hautement sécurisée mais aussi simplifiée dans son utilisation pour toute formalité ou autres opérations avec l’administration), standardisation des systèmes d’exploitation, protection des flux qui sont anonymisés, interdiction des copies de fichiers, propriété des données laissée à son détenteur (celui qui les enregistre), etc.

La République d’Estonie, forte de son expérience, s’engage vers les nouveautés technologiques du moment (blockchain, intelligence artificielle), mais n’entend le faire que graduellement pour favoriser leur appropriation et s’assurer de la sécurisation des processus. C’est à ce prix seulement que les succès peuvent être obtenus auprès des utilisateurs/citoyens, qui doivent « culturellement » se convertir à de nouvelles pratiques, comme ils l’ont fait lorsqu’ils sont passés au mode du « sans papier ».


Le troisième intervenant, M. Dominique Guellec de l’OCDE, a traité de la question des innovations et de l’incidence que pouvait avoir l’irruption du numérique dans les politiques publiques en faveur de l’innovation.

Deux points sont soulignés comme impactant (favorablement) les innovations :

  • Le numérique est générateur d’une baisse spectaculaire des coûts qui sont infiniment moindres que ceux du monde matériel (on diffuse, réplique, reconfigure, analyse à peu de frais). Il a comme autre caractéristique celle d’assurer une grande fluidité des données qui deviennent des éléments essentiels dans tous les domaines ;

  • La « servicisation » : on assiste à une petite révolution dans le secteur manufacturier, qui de plus en plus s’ouvre à la fonction « service » avec le soutien du numérique. L’industrie embarque de plus en plus dans ses produits le service de logiciels ouverts à ses clients : le réel va à la rencontre du virtuel grâce au numérique (cf les fonctions de géolocalisation, l’assistance à distance), etc.

Avec le numérique, les ajustements techniques s’opèrent plus facilement et à moindre prix.

La tendance est à la miniaturisation (en moins de trente ans, on est passé des lourds systèmes mainframe aux outils légers et performants que sont les mobiles de la dernière génération.

Cela rend plus facile le travail des chercheurs ou des entrepreneurs innovants : on se parle plus, on décloisonne.

Les barrières tombent sous l’effet de la concurrence avec des effets positifs, une dynamique créative, mais négatifs aussi lorsque la maîtrise d’une technique amène son promoteur à se constituer une position dominante (cf les GAFAM).

Les progrès incontestables que génèrent les innovations stimulées et provoquées par le numérique s’accompagnent ainsi d’inégalités grandissantes, de phénomènes d’éviction, de constitution de quasi monopoles qui ne manquent pas d’interpeller.

Dans ce nouvel environnement, chaotique aux contours mouvants et incertains, les politiques publiques sont appelées à changer. Les pouvoirs publics doivent d’abord repenser la façon dont ils mènent leurs programmes de recherche et leurs grands projets en agissant de façon plus décentralisée dans leur collaboration avec le secteur privé, avec plus d’agilité et en recourant plus à l’expérimentation avant d’intervenir.

Le traitement des données devient un enjeu qui n’est pas sans risque : il y a une forte demande pour que l’on adopte une attitude ouverte, il y a un fort intérêt des entreprises pour obtenir massivement les données personnelles susceptibles d’être valorisées, intérêt pour l’ouverture des grandes bases de données dont dispose l’administration. Ici, il appartient aux législateurs d’assurer une protection suffisante de la vie privée (privacy) et des créateurs (droits d’auteur ou copyright, brevets).

Les politiques de la concurrence sont à revoir. La question est délicate, il faut se doter de règles et respecter certains principes mais leur élaboration et les applications pratiques sont devenues plus difficiles. Iil faut se garder d’initiatives intempestives qui pourraient casser certaines dynamiques innovantes générées par les promoteurs de nouvelles technologies et tenir compte du fait que, de plus en plus, avec le numérique on est confronté à un espace mondial, sans frontière.

Autre sujet d’intérêt général à revoir : la question des PME pour lesquelles le numérique peut constituer un réel élément de fragilité qu’il leur est difficile de maîtriser. L’aide des pouvoirs publics en la matière pourra opportunément se justifier d’autant plus qu’on agit pour consolider ces entreprises face aux risques du cyberespace.


A distance, de Bruxelles, un représentant de DG CONNECT a donné quelques éclairages sur les préoccupations et surtout les actions de l’Union Européenne en matière de protection pour faire face au risque numérique. Des initiatives nombreuses et qui tendent à s’intensifier, ce que justifient à la fois le constat d’une grande disparité de situations entre États membres et l’intérêt d’actions communes ou coordonnées face à ce phénomène global du numérique.

Depuis 2004 une Agence spécialisée intervient sur des questions concrètes : sensibilisation des États, information du Public, publication de Rapports, aide à la définition des politiques publiques, suivi des incidents ou accidents numériques, conseil, encouragements et fonction de coordination pour l’exercice de tests, participation à l’élaboration des textes normatifs adoptés par l’Union (Règlements d’application générale ou Directives à transposer nationalement).


Pour clôturer cette session sont intervenus deux responsables de l’UNESCO.

Madame Chafika Haddad, Présidente du Bureau du Conseil de l’IFAP a rappelé l’importance de l’engagement de l’UNESCO sur ces sujets sensibles. Il y a encore beaucoup de déficiences, il faut aider les États à mettre en place des Politiques qui permettent d’élever des barrières de défense. On doit massivement réguler, communiquer sur les risques, à tous niveaux et en visant tout particulièrement les jeunes, en ayant aussi une attention particulière pour les pays en développement qui ne sont pas épargnés par les menaces. Le sujet n’est pas seulement technique, il y a aussi une dimension éthique à ne pas perdre de vue. Des codes de bonne conduite peuvent être élaborés mais ce n’est pas assez : il faut aussi réguler.

Le représentant de l’Adjoint à la Directrice Générale en charge du secteur Communication et Information a tenu un propos direct et « accrocheur ».

Il a d’abord rappelé que les risques ont trop longtemps été ignorés ou sous-estimés. L’UNESCO est maintenant pleinement dans une phase que l’on peut qualifier de rattrapage, en s’efforçant d’appréhender un domaine difficile à couvrir : la cible est mouvante et multiforme, plus ou moins perceptible. Il est important de ne pas en rester au stade du « discours ». Assurément, on parle beaucoup de toutes les menaces, on est témoin de faits choquants (cf l’affaire CAMBRIDGE avec l’exploitation de données personnelles à des fins électorales, ou plus grave encore l’affaire BLUE WHALE ce jeu video qui amenait des jeunes au suicide), mais il faut passer aux actes. Pour lutter contre les attaques ou les arnaques, on ne peut plus se contenter de bonnes paroles. Il faut pouvoir désigner des responsables et éventuellement sanctionner, et surmonter les difficultés qui sont grandes : réticence des acteurs à prendre leurs responsabilités, difficultés d’actionner des procédures judiciaires car les juridictions restent nationales alors que le monde du numérique et du net est, ceci est à nouveau rappelé, global.

L’UNESCO pour sa part entend contribuer à faire avancer ce qu’on pourrait appeler la cause d’un internet (ou d’un monde numérique) de qualité, en misant notamment sur une meilleure gouvernance du « net », des politiques plus inclusives et protectrices des personnes, tournées tout particulièrement vers les jeunes. Les quatre principes résumés dans l’acronyme ROAM sont le cadre que se donne l’UNESCO pour guider ses actions : R comme Right (respect du droit ou des droits humains) O comme openness (ouverture), A comme access (accès du net à tous yc aux handicapés), M comme multiple stakeholders (prise en compte de l’intérêt de toutes les parties prenantes).

Deux derniers points ont été mentionnés, qui comptent parmi les grandes préoccupations de l’UNESCO : les langues (promouvoir plus de diversité linguistique) et les contenus (privilégier les plus pertinents, ceux qui aident les utilisateurs).

Les questions posées par l’auditoire ont porté sur

  • la façon de lutter contre ceux qui, par le biais de manipulation numérique, menacent nos régimes démocratique ;

  • la lutte contre les effets nocifs de l’anonymat ;

  • la faiblesse des traités internationaux non respectés ou difficiles à élaborer ;

  • la neutralité du net, mises à mal par les orientations du Congrès américain.

Les réponses données à ces questions révèlent la complexité du sujet. Les difficultés sont encore loin d’être surmontées pour parvenir à endiguer les risques auxquels ces questions ont fait allusion.


Deux idées sont mises en évidence comme notes finales :

  • en matière de Régulation, un sujet incontournable, beaucoup reste encore à faire, il y a « beaucoup plus de Terres Promises que de Terres gagnées » ;

  • « mettre l’accent sur la mise en jeu des Responsabilités à assumer » est la piste qu’il faut explorer prioritairement, car là est l’essentiel.

On aurait pu préciser des Responsabilités individuelles et collectives avec de réels engagements et surtout une claire Vision du Monde vers lequel nous voulons aller, au service de l’Homme.


La seconde session a traité des questions pratiques liées au risque du cyberespace dans les entreprises : la sensibilisation interne, l’organisation des protections au-delà des domaines techniques, la nécessité d’une gouvernance de la gestion du risque numérique et d’une responsabilisation devant aller jusqu’aux plus hauts niveaux avec notamment la définition d’une stratégie de défense et la contractualisation d’assurances contre un risque dont on doit mesurer le coût.

Rendre la culture accessible à tous

mardi 22 mai 2018
à l’UNESCO


Le 22 mai, à l’occasion de la Journée mondiale de la diversité culturelle pour le dialogue et le développement et du 70e anniversaire de la Déclaration des droits de l’homme, l’UNESCO a réuni un panel de représentants des Nations-Unies, de directeurs de musée, d’artistes, de leaders techniques et d’experts autour d’une question simple: Comment pouvons-nous nous assurer que tout le monde a le droit d’accéder à la culture ?
Cette discussion a visé à offrir une voie à suivre à la lumière de la situation actuelle de la culture – celle où l’accès croissant à la culture côtoie les menaces croissantes à la diversité culturelle.

En ouverture de la session, un concert donné par l’ensemble San Joropo de Colombie a insufflé du dynamisme à la réunion.
Mme Audrey Azouley, Directrice générale de l’UNESCO a prononcé l’allocution d’ouverture. Le rôle de la culture a été souligné quant à l’ouverture au dialogue, au développement économique. Le combat pour défendre le droit à la diversité culturelle a besoin d’être sans cesse soutenu. La préservation de la diversité culturelle est un enjeu très important dans un monde de plus en plus connecté. Au jour des 70 ans de la déclaration des droits de l’homme, l’accès à la culture n’est pas équitable entre les pays du nord et les pays de sud du monde. La liberté de création n’est pas assurée partout. La culture est aussi une affaire de paix.


2 panels ont succédé à ces propos.

Le premier panel a concerné les liens entre l’accès à la culture et les droits de l’homme.

Karima Bennoune, Rapporteur spécial dans le domaine des droits culturels :

La culture est l’oxygène de l’âme et de l’esprit. Toutes discriminations doivent être éliminées comme celles relatives aux femmes qui ont aussi pour certaines des qualités de créatrice. Le respect des droits humains imposent la lutte contre tous harcèlements quel qu’ils soient. Le respect des droits humains suppose l’égalité des genres.

Youma Fall, Directrice « langue française, culture et diversités » de l’Organisation internationale de la Francophonie :
Le développement humain trouve son fondement dans l’épanouissement de l’être humain. La création contribue à l’expression des valeurs de chacun, son identité. La paix trouve un fondement dans la diversité culturelle. Chacun doit comprendre et apprécier sa propre culture pour mieux connaître l’autre. La langue est la plus belle fleur de la culture, elle est porteuse de culture et contribue à sa promotion. En Afrique la langue française est un trait d’union entre toutes les langues locales. Il n’y a pas de culture minoritaire ou inférieure même si la population en question est numériquement faible. Ce sont les politiques publiques qui doivent accompagner et soutenir les différentes cultures. Tant que l’on ne connaît pas sa propre culture, il est plus difficile de comprendre et d’écouter l’autre. Avec le numérique, l’échange serait plus facile. Le droit à la culture se pose pour tous que l’on soit handicapé ou âgé. La Serbie a soulevé ce problème pour les personnes atteintes de cécité, le Maroc à Casablanca lors du festival musical des non voyants. Dans ces cas le droit de la culture pour tous reste encore un défi.

Ghita Khaldi, Vice Présidente – Arterial Network :
Sur le continent africain les expressions culturelles sont très diversifiées et riches. La protection des traditions artistiques et culturelles est indispensable. La liberté d’expression est un droit fondamental et pourtant plusieurs artistes en sont privés. Peu d’avocats sont sensibilisés pour la défense de la liberté d’expression. Il y a un besoin d’organiser une banque de données juridiques à ce sujet.


Le sujet du deuxième panel était l’élargissement de l’accès à la culture par les nouvelles technologies, les nouvelles approches.

Léontine Meijer-van Mench, Membre du Conseil exécutif de l’ICOM :
Il est utile d’éliminer l’écart entre la théorie et la pratique des professionnels qui s’occupent de l’accès aux musées. La possibilité d’accès est très différente entre les pays du Nord et ceux du Sud, ceux de l’Est et ceux du Sud. Pour certains les connections existent pour les particuliers comme pour les musées. Ce n’est pas les mêmes situations, les mêmes opportunités partout. L’ICOM embrasse toutes les nouvelles technologies pour accroître l’attractivité des musées. Ceux ci craignaient que les visites virtuelles entraîneraient une diminution des visites réelles. Il s’est avéré que c’est le contraire qui s’est produit.

Vincenza Lomonaco, Ambassadeur – Déléguée permanente de l’Italie auprès de l’UNESCO :
A l’occasion des 18 ans d’un jeune, il lui est attribué une bourse pour l’achat de livres, de places au cinéma ou de ticket pour visiter un musée. La lecture et les cours de langue sont les plus prisés. Cette démarche vise à valoriser les droits culturels des migrants ou des réfugiés en sauvegardant leur racines culturelles tout en favorisant leur intégration. C’est une richesse pour la société d’accueil. Toutefois il existe un défi quant au rapport du gouvernement et du citoyen. Le gouvernement craint que cet investissement soit considéré comme un gaspillage par le citoyen.

Amit Sood, Directeur de Google Art & Culture :
Aujourd’hui Google travaille avec un grand nombre de musées pour mettre à la portée du plus grand nombre leur accès. Le rythme ne cesse pas de s’accroître. Il convient d’impliquer les conservateurs qui n’ont pas toujours les moyens pour numériser leurs richesses. Bien sûr Google ne dispose pas de législation internationale. La compréhension de l’intelligence artificielle fonctionne sur l’intelligence algorithmique de l’être humain et donc ne pourra pas résoudre ce que l’homme ne peut résoudre.

Octavio Kulesz, Expert de l’UNESCO dans le domaine de l’édition numérique et des médias :
Le numérique est une opportunité essentielle pour les pays du Sud en terme de logistique et d’outil, ex : déplacer un livre coûte cher comme avoir une imprimerie. La connexion informatique raccourcit les réseaux sociaux et met en relation beaucoup de monde. Toutefois les obstacles des nouvelles menaces apparaissent si un marché des biens culturels n’est pas construit avec l’intervention d’acteurs locaux qui mettent en ligne des produits « vérifiés ». Il convient de constater que tout le monde n’est pas « au top »pour l’application de l’intelligence artificielle. Or il est urgent de s’approprier la technologie numérique pour la diffusion, la sauvegarde et la transmission aux nouvelles générations qui — elles — seront digitales.

Journée Internationale de la Lumière

mercredi 16 mai 2018
à l’UNESCO


La Journée Internationale de la Lumière est une initiative globale donnant une plate-forme pour l’appréciation de la lumière et du rôle central qu’elle joue dans le secteur des sciences, de la culture, des arts, de l’éducation et du développement durable dans des domaines aussi divers que la médecine, la communication et l’énergie. Cette large thématique de la lumière permettra plusieurs secteurs de la société mondiale de participer aux activités qui démontrent comment la science, la technologie, les arts et la culture peuvent atteindre les objectifs de l’UNESCO – l’éducation, l’égalité et la paix.


Suite au succès de l’Année Internationale de la Lumière qui a mis en évidence l’importance des sciences et des technologies à base de lumière et qui a généré plus de 13.168 activités dans 147 pays, le Conseil Exécutif de l’UNESCO lors de sa 200ème session a établi l’Année Internationale de la Lumière le 16 mai comme événement annuel. La Conférence Générale a ratifié cette décision dans le document 39 C/40.


La Journée Internationale de la Lumière sera une célébration annuelle donnant une plate-forme pour l’appréciation continue du rôle central que la science de la lumière et de ses technologies jouent dans la vie des citoyens dans le monde entier. Cela permettra une remémoration des accomplissements de l’Année Internationale de la Lumière pour mettre en avant le profil des sciences et de la technologie dans le monde entier afin d’améliorer et de stimuler l’éducation, la qualité de vie mondiale, et atteindre les Objectifs de Développement Durable mis en place par les Nations Unies dans leur Agenda de Développement Durable pour 2030. Une Journée Internationale de la Lumière contribuera à la mise en place de liens entre les disciplines scientifiques, l’éducation, l’art, en répondant au besoin indispensable d’une science interdisciplinaire, en améliorant le discours entre les citoyens, les scientifiques, les décisionnaires, l’industrie et les organisation non-gouvernementales.


Une Journée Internationale de la Lumière encouragera une communauté globale unie dans les actions pour la science et l’éducation. Une Journée Internationale de la Lumière offrira à l’UNESCO une opportunité de remplir sa mission dans la promotion de la coopération internationale dans les sciences de bases et dans l’enseignement des STEM, et contribuera à la réussite des objectifs cherchant à améliorer la science, la technologie et l’innovation accessible à tout le monde, avec un regard particulier à l’Afrique.


Cette journée s’est ouverte avec une interprétation musicale par la soprano Katerina Mina suivie du discours inaugural de la directrice générale de l’UNESCO Audrey Azouley. Il s’agit de la 1ere journée internationale de la lumière qui doit célébrer le rôle important que joue la lumière dans la vie des citoyens du monde, dans la culture, les arts, les sciences et le développement durable. Ainsi chaque année, le 16 mai sera célébré « journée de la lumière ».


Les intervenants sont venus de partout dans le monde : Mexique, Ghana, Russie, Nouvelle Zélande, Portugal, Italie, USA et des responsables de départements de l’UNESCO.

La lumière a joué un rôle depuis très longtemps quant au développement de l’humanité. C’est une source de sagesse et de vie. Le Ghana a souligné que c’est l’un des siens qui a été le moteur de cette journée en 2O15. La lumière est un facteur de promotion des sciences fondamentales, des technologies qui sont si essentielles au développement de l’Afrique dans tant de domaines.

Des dates étapes ont été citées : 1756 étude de la lumière en Russie, 1876 plusieurs villes ont été illuminées et en 1960 c’est la création du laser.

Des ateliers d’art ont utilisée la lumière comme langage universel. C’est un patrimoine universel.

Les sciences de la lumière ont beaucoup et vite évolué : ondes gravitationnelles, trous noirs, leds solaires, leds connectés etc. Il y a 400 ans, Galilée construisait son premier télescope optique. Aujourd’hui le CERN (organisation européenne pour la recherche nucléaire) puis le SESAME au Moyen Orient rassemblent plusieurs scientifiques autour d’un même projet qu’est la manipulation des atomes et ses résultats… connus et à découvrir. La science élimine les barrières.

En médecine l’imagerie médicale contribue aux progrès des soins. Le laser peut nettoyer et préserver !

L’observation de ciel interroge beaucoup l’humanité. On sait que les étoiles visibles sont mortes depuis longtemps mais nos yeux les admirent dans un ciel non encombré. Les astronautes « parcourent » l’univers et certains vivent quelques temps dans des stations spatiales aménagées scientifiquement.


Cette journée a mis en valeur combien la lumière est un confort, un symbole, voire une icône. C’est aussi aujourd’hui, une source de recherche scientifique qui rassemble les hommes comme le CERN et le SESAME.


Pourquoi au terme de ce compte rendu ne pas citer une phase qui conclurait sur une note d’espérance ? Jésus leur adressa encore la parole. Il dit : « Je suis la lumière du monde. Qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres mais aura la lumière de la vie » (Jean 8:12)

Journée Internationale du Vivre Ensemble en Paix – Première célébration

Première Célébration de la Journée Internationale
du Vivre Ensemble en Paix le 16 mai, à l’UNESCO


Cette première Célébration de la Journée du « Vivre Ensemble en Paix » du 16 mai, décidée par l’ONU entrait en vigueur en 2018.

Cette cérémonie, qui se tenait à l’UNESCO, en présence de la directrice Générale, Madame Audrey Azoulay, était organisée par le Cheikh Khaled Bentounes et par les Scouts Musulmans de France, avec le patronage de l’Algérie et en présence de son ambassadeur à l’UNESCO Abdelkader Mesdoua.

La directrice Générale a salué cette magnifique initiative de l’Algérie, en faveur du lancement d’une journée internationale du vivre ensemble en Paix, voici trois ans et qui a abouti à cette décision de l’ONU. Elle vient de recevoir le ministre des A.E. d’Algérie. L’enjeu auquel l’UNESCO apporte son concours, est de faire prendre conscience, notamment auprès des plus jeunes du monde entier, que la Paix dans le respect des différences et le dialogue, cela s’apprend.

L’ambassadeur d’Algérie, Abelkader Mesdoua , s’exprimant en arabe, donne lecture du message du Président de la République algérienne, Abdelaziz Boutéflika, dont chacun appréciera les termes. Il évoque la période noire des 10 ans de terrorisme à laquelle l’Algérie a été confrontée. Elle a dû lutter toute seule, contre les destructions des infrastructures et la barbarie. Cette période s’est terminée avec la « loi Boutéflika » pour une réconciliation nationale.

L’ambassadeur a rappelé que l’Algérie est favorable à toutes les formes d’éducation au dialogue et à l’apprentissage du vivre ensemble, et qu’elle est disposée à faire partager son expérience sur son sol, à l’UNESCO, afin de promouvoir les valeurs de la coexistence et de la Paix.

Le Cheikh Khaled Bentounes, guide spirituel de la confrérie Soufie Alawiyya, s’est exprimé avec passion et en français sur ce projet du vivre ensemble, qui l’a conduit avec l’appui du gouvernement algérien, à plaider ce projet de journée internationale, auprès de l’ONU, voici 3 ans. Et il est heureux de constater que ce 16 mai est aujourd’hui une réalité.

Puis l’ambassadeur d’Algérie lui a décerné la croix de l’ordre du Mérite National Algérien.

Le reste de l’après-midi, durant environ une bonne heure, fut réservé à des présentations de jeunes et d’enfants des écoles, notamment du « 93 », sur leur formation au dialogue, à l’acceptation de l’autre par des animations émouvantes et diverses. Il y avait sur scène des enfants et des jeunes de 4 ans environ jusqu’à 18-19 ans environ.

Il est à noter que les scouts musulmans, organisateurs de qualité de cette journée, s’ils étaient présents dans la salle avec leurs uniformes, n’ont procédé à aucune animation.

Un des scouts responsables était Farid Aït Ouarab, par ailleurs auteur d’une des « Paroles d’Espérance » du recueil du CCIC.

Denis Chaigne

A l’école des « superpuissances mondiales de l’Éducation »

IIPE Institut International de Planification de l’Éducation

3ème Débat stratégique – 19 avril 2018


Les clefs de la réussite scolaire ? Deux paramètres importants à considérer : le positionnement de l’enseignant et les méthodes d’apprentissage (mémorisation ou questionnement/élaboration)… mais restent aussi à traiter de problèmes très concrets (les infrastructures, les moyens disponibles) dans beaucoup de pays en développement, où les taux de scolarisation sont encore très peu élevés. De vrais défis à affronter pour avancer dans la réalisation de l’ODD4 de l’agenda 2030.


Comment les pays qui sont en tête des classements en matière d’éducation – Finlande, Japon, Singapour, Shanghai et Canada obtiennent-ils des résultats scolaires remarquables ? Quels sont les ingrédients de la réussite scolaire ? Quelles leçons peuvent tirer d’autres pays de ces expériences notamment au titre des Objectifs de développement durable et de l’agenda pour l’Éducation 2030 ? Tel était le thème du 3ème débat stratégique 2018 de l’IIPE conduit par Lucy Crehan, consultante internationale en éducation, qui vient de publier le résultat de son travail quasi « ethnographique » sur le terrain dans un livre au titre éloquent : «CleverLands, the secret behind the success of world’s education superpowers ».

« J’ai passé les deux dernières années à apprendre – de l’intérieur les meilleurs systèmes éducatifs du monde. Ce livre raconte mon parcours, vivre avec les enseignants, écouter les parents et les élèves, enseigner parfois moi-même, interviewer les responsables des politiques d’éducation et apprendre à quoi ressemble l’éducation dans des cultures complètement différentes. Les résultats des enquêtes TALIS et PISA de l’OCDE ont complété mes propres observations. »

Dans son intervention, Lucy Crehan devait aborder les similitudes et les différences pédagogiques de ces pays, la façon dont ils conçoivent la profession d’enseignant et la philosophie sous-jacente qui contribue à leur succès.1


Similitudes et différences pédagogiques

D’une façon très simplifiée, on peut distinguer deux modèles d’enseignement et, pour l’un et l’autre, deux modèles d’apprentissage :

  • Enseignement axé sur l’étudiant et enseignement axé sur l’enseignant ;
  • Apprentissage basé sur des stratégies de mémorisation et apprentissage basé sur des stratégies de questionnement et d’élaboration.

A partir des enquêtes internationales (PISA et TALIS) il est possible de cartographier la position des pays selon ces deux paramètres (méthodes d’enseignement et méthodes d’apprentissage).

Il ressort que huit des onze pays les plus performants en mathématiques et en résolution créative des problèmes (dont les cinq pays étudiés par Lucy Crehan) se situent tous dans une zone étroite caractérisée par un modèle privilégiant le rôle de l’enseignant et un apprentissage accordant la priorité aux méthodes de questionnement.


La profession d’enseignant

Il est reconnu que les enseignants sont l’un des facteurs clés de la réussite des élèves et des écoles et que les éléments qui font un « bon enseignant » sont multiples. La discussion s’est malheureusement limitée à un seul des aspects du travail de l’enseignant, celui de la préparation des cours et de la problématique d’un modèle généralisé privilégiant «l’auto-suffisance ».

Diverses études montrent qu’une grande majorité de professeurs préparent seuls leurs cours sans faire appel ou aux manuels ou à l’aide d’autres professeurs expérimentés. En Grande-Bretagne par exemple seul 10% des professeurs préparent leurs cours sur la base des manuels.
La situation est inverse pour les pays étudiés par Lucy Crehan : à Singapour 70% des enseignants basent leur cours sur les manuels, en Finlande le ratio est de 95%.


La philosophie sous-jacente ? Des attentes réellement élevées.

Dans 10 des 12 pays suivis par les enquêtes de l’OCDE ayant les meilleurs résultats scolaires, les élèves ne sont orientés vers des niveaux scolaires différenciés qu’après l’âge de 14 ans.

Dans 4 des 5 pays suivis par Lucy Crehan, il n’y pas d’orientation différenciée en fonction des aptitudes jusqu’à 15 ou 16 ans. Au lieu d’avoir des attentes moins élevées pour certains des élèves et de les mettre sur des voies différenciés avec des taches plus simples, il leur est donné un soutien scolaire supplémentaire.

Des enseignants bien formés planifient ensemble pour s’assurer que chaque concept est clairement enseigné la première fois, et ensuite expliqué de différentes façons jusqu’à ce que tous les élèves comprennent. Avant de passer à autre chose, ils consacrent le temps supplémentaire nécessaire pour les élèves qui ne comprennent pas ou prennent du retard.


Prolongement du débat

Le débat faisait également intervenir Sonia Guerrero, spécialiste de programme de développement des enseignants de l’UNESCO.

Mme Guerriero devait d’abord rappeler que le facteur clé de la réussite scolaire est la présence d’enseignants qualifiés et motivés, mais le problème aujourd’hui est qu’il manque mondialement 69 million d’enseignants pour atteindre l’objectif ODD-4 Education 2030. La question non résolue est : comment faire pour attirer des candidats de talents vers la profession d’enseignants ?

Partant des résultats des enquêtes du SACMEQ (Southern and Eastern Africa Consortion for Monitoring Educational Quality) Mme Guerriero a ensuite présenté des situations toutes autres où par exemple au niveau du « Grade 6 » en France 6ème, 20% des enseignants n’ont pas les manuels du maître, où 60% des élèves n’ont pas leurs propres livres scolaires, où les conditions de travail et des lieux de travail des enseignants et des élèves sont insatisfaisantes.


En forme de conclusion à ce rendu

L’intérêt de ce débat résidait certes dans la démarche « ethnographique » adoptée par Lucy Crehan et par l’éclairage apporté sur les systèmes éducatifs de quelques un des pays les plus performants, mais plus encore dans le rappel à la fin du débat qu’une très grande partie de la planète est confrontée à de nombreux autres problèmes : 263 millions d’enfants et de jeunes ne sont pas scolarisés, 14% des jeunes, et seulement 1% des filles les plus pauvres, terminent leurs études secondaires dans les pays à faibles revenus.

DG / 14-05-2018

1 Le débat stratégique de l’IIPE s’inscrivait dans la suite du séminaire du 14 et 15 mars 2018 à l’UNESCO sur le thème : « Histoires de réussite – Les raisons des performances scolaires exceptionnelles dans les pays les mieux classés.» conférence qui réunissait des représentants du Japon, d’Estonie, de Singapour, de Finlande, de Shanghai, de Corée, de l’IIPE, de l’UNESCO, de l’IEA et de l’OCDE.

Prévenir l’extrémisme violent à travers l’autonomisation des jeunes

L’autonomisation des jeunes
pour prévenir l’extrémisme violent
en Jordanie, Libye, Maroc et Tunisie

Lancement du projet le 24 avril 2018 à l’UNESCO


Un projet tourné vers la jeunesse, des formations et diverses autres initiatives pour lui ouvrir des Horizons porteurs de Paix, par le dialogue, le développement notamment, à concrétiser sur le terrain local pour permettre une meilleure intégration dans la société.

Des Témoignages pour éclairer le Chemin.


L’UNESCO (le secteur des sciences sociales et humaines) et le Centre des Nations Unies pour la lutte contre le terrorisme (UNCCT) ont lancé, le 24 avril, au siège parisien de l’UNESCO, un projet de deux ans dédié à la prévention de l’extrémisme violent dans quatre pays de l’Afrique du Nord (Maroc, Tunisie, Libye) et un pays du Moyen Orient, la Jordanie, tous quatre pays affectés par ce fléau.

Ce nouveau projet soutiendra des initiatives menées sur le terrain par des jeunes dans les domaines de l’éducation, des sciences, de la culture et des médias pour prévenir l’extrémisme violent. Des organisations de jeunesse, des acteurs du monde de l’éducation et des professionnels des médias seront mobilisés autour d’un ensemble d’activités telles que le dialogue interculturel à destination des jeunes, des formations sur la couverture médiatique des conflits ou encore des laboratoires destinés à développer la pensée critique.

A cet événement ont participé des personnalités comme la Directrice générale de l’UNESCO, Madame Audrey AZOULAY, le Secrétaire général adjoint du Bureau de la lutte contre le terrorisme des Nations Unies (UNOCT), Vladimir VORONKOV et des jeunes impliqués dans la société civile de ces pays comme Aslam Souli (Tunisie), Hajer Sharief (Libye) Loubna BENSALAH (Maroc), Nada ELFEITURI (Libye), Hayfa MANSOURI (Tunisie), Saddam SAYYALEH (Jordanie).


Hajer Sharief, co-fondatrice de l’ONG Together we built it et qui travaille depuis septembre 2011 sur la transition démocratique en Libye a exprimé quelques recommandations par rapport aux organisations internationales :

  • création d’un groupe d’experts informels ;
  • plus de jeunes dans les postes de décisions ;
  • plus de fonds pour les organisations de jeunes qui travaillent concrètement sur le terrain dans la prévention des conflits.

Aslam Souli, tunisien qui a créé l’association « L’Initiative Nationale de la jeunesse contre le Terrorisme » tout de suite après les attaques terroristes de Sousse, en 2015, a parlé de deux défis importants de ces pays : renforcement des capacités au niveau local et le problème de la réintégration des gens qui viennent de la guerre.

Loubna Bensalah, professeur marocaine de 25 ans, a marché plus de 1000 km, du Nord au Sud de la Tunisie, pour rencontrer des femmes et “ouvrir les yeux des gens sur les problèmes que vivent les femmes” (« I walk with her »). Loubna parlait de « l’autonomisation intellectuelle des jeunes », de la soif des gens, des femmes de communiquer.

Nada ELFEITURI est une jeune architecte qui s’implique dans la société civile libyenne, avec une préoccupation pour l’encouragement de l’implication civique de cette jeunesse à travers le développement économique.

Hayfa Mansouri (Tunisie) a partagé son expérience personnelle : endoctrinée par des islamistes radicaux à l’âge de 14 ans, elle se dédie actuellement à l’éveil de la conscience des jeunes.

Saddam Sayyaleh a lancé en 2014 une initiative appelée «J’apprends » pour les communautés de personnes marginalisées ou réfugiées de Jordanie. L’initiative utilise une approche communautaire pour autonomiser les jeunes et les enfants par l’éducation informelle, le bénévolat des jeunes et les partenariats mondiaux qui cherchent à établir des espaces sécuritaires favorisant l’innovation, le développement intellectuel et la pensée critique.

En conclusion, Audrey Azouley, a parlé de l’importance de la responsabilisation des jeunes dans la lutte contre l’extrémisme et surtout de l’importance de la culture dans cette lutte : en effet, les jeunes qui tombent dans l’extrémisme ignorent leur propre histoire. Si on connaît l’histoire, on peut se projeter dans le futur. D’où l’importance de connaître son patrimoine, son histoire, fait qui est censé créer des repères solides dans la confrontation avec différentes idéologies. Comme corollaire, il existe le projet d’entraîner les jeunes à s’impliquer dans la restauration du patrimoine.


Programme financé par l’UNCCT et le Canada, on pourrait se demander pourquoi des pays comme l’Algérie, l’Arabie Saoudite ou l’Irak n’y ont pas été entrainées. Tous ces jeunes ont néanmoins donné un bel exemple d’implication civique, solidaire et constructive dans ces pays.

O. B.

Patrimoine culturel subaquatique – 9ème réunion du STAB

9ème réunion du Conseil Consultatif Scientifique et Technique (STAB )

Journée du 24 avril 2018


Il est soulignée l’importance du STAB (Scientific and Technical Advisory Body) qui intervient surtout en cas d’urgence pour protéger les océans. C’est une action de plus en plus « pressante » de l’UNESCO pour laquelle 15 ONG sont accréditées.

Les principaux axes d’action sont :

  • les dernières ratifications sont celle du Koweït, de l’Égypte, prévues sont celle du Salvador, de la République Dominicaine ;
  • des réunions régionales et nationales : Afrique, à Rabat au Maroc, Indonésie, Costa Rica, Saint Domingue, San Salvador ;
  • renforcement des capacités quant aux mesures de formation en Iran, au Mexique et en régions arabes ;
  • la collaboration avec Interpol ;
  • rendre les communications plus fluides entre les États membres.

Monsieur Michel L’Hour du STAB demande qu’il soit constitué une liste d’experts qui seraient mobilisables gratuitement pour accompagner le STAB en mission sur tel ou tel point. Accroître le panel des scientifiques.

Il a cité d’autre part la question que pose l’épave du galion sous pavillon espagnol de 1708 trouvé dans les fonds marins colombiens rempli de pièces d’or et d’émeraudes. Il s’agit en première opération d’une action politique et diplomatique avant d’engager l’action technique d’extraction.

Lire le compte rendu exhaustif de la réunion du STAB sur le site web de l’UNESCO

Convention sur la protection du patrimoine culturel subaquatique


Journées des 23 & 24 avril 2018


La protection du patrimoine culturel subaquatique porte autant sur la protection du patrimoine naturel des sites (rivages, fonds marins, faune, coraux…) que sur les vestiges archéologiques engloutis ou les épaves de navires pouvant remonter parfois à la préhistoire.

Ce patrimoine peut être menacé par les changements climatiques ou les érosions maritimes ou bien par les atteintes humaines telles que les pollutions, des exploitations marines désordonnées ou par le piratage et le pillage.

Les journées des 23 et 24 avril ont permis aux spécialistes et aux publics intéressés de prendre la mesure des actions en cours ou souhaitées par les différents partenaires institutionnels ou ONG.


Madame Mechtild Rössler Directrice de la Division du patrimoine a ouvert la session.

La convention de 2001 protège le patrimoine englouti que ce soit dans les océans ou dans les eaux intérieures. La convention existe pour lutter contre toutes formes de commerce illicite de biens culturels qui sont à l’origine d’identité culturelle… L’UNESCO soutient et renforce la protection du patrimoine subaquatique.


Monsieur Vladimir Ryabinin, Secrétaire exécutif de la Commission océanographique intergouvernementale (COI) a soulignées les mesures prises pour la santé et la protection des océans. La COI est une maison des sciences au sein de l’ONU. qui a développés des moyens scientifiques de protection des côtes par des plans maritimes spéciaux. Les océans sont un patrimoine commun.

Les sciences des océans, du climat et du patrimoine doivent se coordonner dans le cadre du développement durable.


Son Excellence Monsieur Laurent Stéfanini Président de la Conférence des États parties à la Convention 2001 insiste sur le besoin d’élargir le nombre des ratifications de la Convention qui ne sont à ce jour que 58. Il attire l’attention des États au sujet de l’épave trouvée dans les fonds colombiens objet, de grandes convoitises illicites au regard de la grande quantité d’or et d’émeraudes qu’elle renferme.


Monsieur Azzedine Karra Président du Conseil scientifique et technique de la Convention de 2001 (STAB) rappelle l’importance de l’application de la Convention 2001 quant aux missions des États qui demandent une intervention rapide.

Le STAB a envoyé la dernière mission en Bulgarie en novembre 2017. Il s’agissait d’une action conjointe avec ICOMOS. Monsieur Karra a souligné d’une part l’importance d’un travail coordonné et d’autre part l’importance de conserver la bio-diversité aquatique.


La deuxième partie de la matinée a porté sur le patrimoine et nos océans.

Madame Mechtild Rössler Directrice de la Division du patrimoine a insisté sur l’importance de la protection du patrimoine aquatique dans la mesure où 71 % de la planète terre est recouverte par les océans. Les océans sont le plus grand musée archéologique du monde et 95 % des océans sont inexplorés. 49 sites marins existent dans le monde.
Les missions conjointes entre Interpol, l’ONU, ICOMOS, la COI sont encouragées.


Madame Ulrike Guérin Convention 2001 UNESCO souligne l’importance du travail de la COI. La préservation du patrimoine culturel subaquatique concerne les activités de l’humanité, par exemple la pèche pour la nourriture, le littoral pour le tourisme, etc. Les villes côtières sont menacées par la montée du niveau de la mer.

On doit prendre en considération les cultures propres
Le patrimoine est, pour une grande part, enfoui sous les eaux et reste inconnu.


Monsieur Michel L‘Hour (STAB) Directeur du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines du Ministère de la culture de France a insisté sur le besoin de la protection du patrimoine englouti, immergé . Les océans sont des espaces d’échanges ancestraux et aussi les côtes sont des lieux de concentration humaine.

Aujourd’hui les océans sont une « poubelle » d’objets indestructibles (plastiques), les cargaisons ont changé (hydrocarbure)… Ainsi l’activité humaine laisse-t-elle des traces. On peut circuler sur les océans sans surveillance, y travailler de façon clandestine (pêche). L’activité industrielle produit aussi des dégâts.


Monsieur Julian Barbière COI – UNESCO, a parlé du développement durable dans le cadre de la décennie internationale des sciences océanographiques et archéologiques. Dans ce cadre là, les questions relatives à l’économie, la sociologie et la culture sont des préoccupations de plus en plus importantes. Les projets de la COI portent sur : la cartographie des bassins du monde, l’identification des espèces, la définition des priorités à mettre en œuvre, la prise en compte des question de sécurité en mer, l’étude des transformations de l’écologie marine, la collecte des nouvelles informations…


Madame Fanny Douvere Programme marin du patrimoine mondial UNESCO, rend compte de sa mission. 49 sites marins sont classés sur 1073 qui figurent au patrimoine de l’ONU. 9 Sites sont considérés en danger, les sites hawaïens coralliens dus au réchauffement climatique, les sites menacées par les pêches illégales, les sites pollués par le trafic maritime et les déversement de produits toxiques.


En fin de matinée une table ronde ayant pour sujet « le patrimoine culturel des océans – une occasion de promouvoir la Convention de 2001 » a réuni :
Monsieur Vladimir Ryabinin, Monsieur Blim Blivi (STAB-Togo), Madame Dolores Elkim (STAB-Argentine), Son Excellence Monsieur Laurent Stéfanini, Monsieur Azzedine Karra.

Un travail de sensibilisation par des ateliers, des expositions permettrait de s’inscrire à la mise en application de la Convention de 2001. L’environnement préhistorique des fonds marins des océans donne des informations sur les événements naturels comme les tsunamis, les mouvements tectoniques sous marins, etc.
Le Togo salue salue la collaboration des institutions comme la COI, le STAB. Le Togo souhaite un document administratif qui précise cette collaboration.

Marie Christine LATTES, Denis CHAIGNE