Lancement du Rapport mondial 2026 de suivi sur l’éducation

Evènement de haut niveau, le 25 mars en salle I à l’UNESCO

Objectif ODD 4 : « Veiller à ce que tous puissent suivre une éducation de qualité dans des conditions d’équité et promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie »

 Un compte à rebours a été lancé car 2030, date de réalisation des ODD, approche.

Le rapport de cette année est axé sur le thème de l’accès et de l’équité dans l’éducation. C’est le premier d’une série de trois : GEM 2027 : qualité d’apprentissage et GEM 2028 :  interaction de l’éducation et d’autres résultats de développement (santé, changement climatique, transformation numérique).

 

Mot d’ouverture de M. K El-Enany, Directeur Général de l’UNESCO

Accueil des 25 ministres de l’éducation présents dans la salle.

L’UNESCO soutient I ‘éducation dans le but d’agir concrètement, en créant et en s’appuyant sur un réseau mondial. Elle aide les pays à transformer en actions concrètes ses recommandations. Un exemple concret de l’action de l’UNESCO est la mise en place d’un soutien psychologique pour les enfants connaissant une guerre (Ukraine et Gaza).

Le constat est fait de progrès dans l’accès à l’éducation depuis 10 ans. MAIS le nombre d’enfants déscolarisés augmente régulièrement depuis 7 ans, ceci concerne un enfant sur six.

L’UNESCO soutient 2.2 millions de filles et femmes afghanes privées d’accès au système éducatif par ses programmes financés via les fonds de l’UE.

 

Témoignage de Marzieh HAMIDI, réfugiée afghane, athlète de taekwondo. Aujourd’hui en Afghanistan, le régime taliban interdit l’école pour les filles après 12 ans (seul pays au monde à faire cela). L’éducation fournie par le système est idéologique, et radicalement religieuse. Pourtant des écoles/classes secrètes se mettent en place, preuve de la détermination des jeunes filles pour avoir un accès à école.

 

Lancement officiel du rapport GEM 2026 : et de la série du compte à rebours :

Manos ANTONINIS (directeur du GEM Report) :

Le rapport GEM 2026 sur l’accès et l’équité est le premier volet d’une série en trois parties intitulée « Compte à rebours vers 2030 », qui se penchera également sur la qualité et l’apprentissage en 2027, puis sur la pertinence de l’éducation en 2028. Cette série soulignera la nécessité pour l’éducation de rester équilibrée entre ces trois axes – inclusion, efficacité et pertinence – afin de servir à la fois les populations et la planète.

 

C’est une approche par des « récits », les expériences locales de 35 pays, qui a été choisie pour cette édition 2026 du rapport mondial 2026 centré sur l’accès et l’équité. Si les statistiques ne sont pas notre seule base de travail, elles sont pourtant importantes. 273 millions d’enfants sont actuellement déscolarisés, + 30 millions en 2024 dans les pays en guerre.

MAIS le taux de scolarisation a augmenté de +45% dans le préscolaire, de +30% dans le secondaire, de +161% dans le supérieur (« post secondaire »). C’est le signe d’une efficacité des systèmes, cependant le progrès n’est pas total, notamment pour ce qui est de l’achèvement des parcours scolaires (beaucoup d’abandon et d’échecs scolaires).

Il faut mettre en place des cibles nationales, chaque pays doit être vu selon ce qui est déjà fait et ce qui doit et peut être accompli dans ce pays en prenant en compte son histoire, ce qui a déjà été fait, ce qui peut être fait …

Le site PEER recense les politiques d’éducation inclusive et de financement équitable (qui montre que moins d’un pays sur 10 a un mécanisme financier assez fort).

Un des défis de ce rapport est de mesurer l’équité car c’est loin d’être évident, faute de progrès dans la volonté ou la capacité des pays de fournir un rapport sur les iniquités (manque de transparence des gouvernements ou rapports inexistants). Il est nécessaire d’ajuster les instruments de mesure (indicateurs).

D’où les quatre recommandations sur les politiques : il faut que les efforts soient nationaux, que les cibles soient adaptées de façon nationale, rendre visibles les inégalités, redéfinir les instruments de mesure pour clarifier les progrès.

Suivi de quatre recommandations sur les outils de mesures : il faut que les pays définissent des cibles nationales intégrées à un cadre global, l’utilisation des données doit être plus efficace pour surveiller l’accès et l’équité, le cadre de surveillance et de mesures doit être redéfini pour produire des statistiques plus précises et il faut aussi assurer le suivi des politiques, et pas seulement les résultats et les effets. On note une référence aux « inscriptions tardives », qui concerne les jeunes qui accèdent seulement tardivement à un mode d’éducation.

 

 Andreas SCHLEICHER Directeur Education et compétences, OCDE

Réalités : guerre, augmentation déscolarisation.

Le GEM Report est la conscience de l’ODD4. Face à la réalité de la guerre, de l’augmentation de la déscolarisation, il faut de la cohérence, de la mobilisation des ressources, investir dans l’éducation, il y a des systèmes qui fonctionnent (Chine, Togo, Vietnam, Madagascar). L’éducation est complexe, cible qui bouge dans brouillard. Des solutions adaptatives sont nécessaires, dynamiques. Les questions importantes à se poser sont : qu’est ce qui a été essayé, comment on s’est adapté. La coopération internationale est nécessaire pour construire des systèmes qui apprennent, grandissent, qui soient dynamiques.

 

Dialogue Ministériel sur l’équité et l’accès à l’éducation

 

Stefania GIANNINI, ADG Education, Modératrice

Les solutions doivent être contextualisées et pas universelles, chaque problème a sa solution, les spécificités du contexte doivent être prises en compte.

Tour de table avec  six ministres parmi les 35 des pays étudiés : Ministre de l’éducation en Chine (H.E. Huai Jinpeng), Ministre de l’éducation primaire et préscolaire d’Ouzbékistan (H.E.Ms. Ezazkhon Karimova), Secrétaire d’Etat à l’ éducation de Turquie (H.E.Bilal MACIT), Directeur du suivi et contrôle des programmes auprès du Ministre de l’éducation nationale de Côte d’Ivoire (André Doloh), Secrétaire de l’éducation de base du Brésil (H.E.Katia Schwaickard), Secrétaire d’Etat auprès du Ministre de l’Éducation pour programme Arabie Saoudite (H.E. Saad Alghamdi)

Ouzbékistan : L’accès à l’école des enfants de 6 ans a plus que doublé en 6 ans, c’est le système qui s’est développé le + rapidement dans le monde. Inscription de 98% enfants de 6 ans, 78% pour tous les groupes d’âges. Le progrès vient d’une volonté politique, l’éducation préscolaire est une priorité nationale avec un ministère dédié ; tout le système a été repensé, en mettant l’accent sur le fait d’atteindre tous les enfants (ruralité, familles défavorisées). Le modèle de prestations de services a été repensé (partenariat public/privé, formats alternatifs), aucune région n’est mise de côté, d’où plus d’accès et accès plus juste. Ce qu’il faut retenir : l’importance d’avoir une vision à plus long terme, vouloir, prévoir et mettre en place la justice, avoir une vision systémique.

 

Turquie : L’enseignement pré-primaire est passé de 20 à 90%, du fait de la volonté politique. L’éducation est un chapitre principal du budget, 80% des enseignants actuels ont été nommés dans 20 derniers années.  Les barrières géographiques ont été contournées par le développement des mobilités, du transport scolaire (bus), le gouvernement soutient les repas scolaires, les manuels sont distribués gratuitement. Investissement en qualité dans les programmes (esprit critique, implication citoyenne, IA).  L’accent est mis sur enseignants, qui ont une formation continue afin pas couper les enfants de la réalité mais de les accompagner dans l’usage du numérique et de l’IA. Les décisions politiques sont étayées par les données.

 

Côte d’Ivoire : La Côte d’Ivoire a connu des crises de 2002 à 2007 et en 2010/2011. En 2015, l’école est rendue gratuite et obligatoire de 6 à 16 ans. Des politiques pour la scolarisation des jeunes filles ont été mises en place. Mais la Côte d’Ivoire fait face à un déficit d’enseignants en maths et physique. Les Etats généraux de l’éducation ont été réunis 2021. Il y aussi les problèmes de disparités (on note en particulier les obstacles à l’achèvement de la scolarité des filles dans le secondaire et le supérieur- des clubs de mères ont été créés pour soutenir les jeunes filles et jeunes femmes dans la poursuite de leur scolarité), et le défi de la qualité de l’apprentissage. L’accent est mis sur l’égalité des chances, par la formation d’enseignants, et pour la prise en charge d’enfants à besoins spécifiques, par la création d’écoles spécialisées, le financement de l’école, un renforcement du partenariat public/privé.  

 

Brésil : Progrès pour l’universalité de l’accès à l’école en combinant 3 dimensions :

Accès universel (réduction de l’analphabétisme de 26 à 5% entre 1980 et aujourd’hui),

Lutter contre le décrochage (Borsa familia : bourse, repas, transport pour 80 millions de familles, 38,5 millions de repas pour les enfants sur les 45 millions d’élèves au Brésil en tout),

Conditions d’éducation plus équitables (matières essentielles partout, normes standardisées, évaluation de l’enseignement de base : politiques publiques plus ciblées, manuels distribués). L’équité doit être issue de la volonté. L’accès doit être accompagné par des conditions favorables à un enseignement de qualité.

 

Chine : Le travail est axé sur l’éducation numérique et l’enseignement supérieur. Innovation par 4 axes :

Evaluer la demande du peuple, 300 établissements d’enseignements supérieurs, étudiants ×6 en 30 ans.

Accent sur technologie, innovation, recherche, aider universités dans ces domaines, pour pouvoir appuyer et continuer la modernisation du pays.

Numérisation de l’apprentissage

 Aide pour les familles pauvres : encourager l’enfant à aller à l’école jusqu’à l’enseignement supérieur

Les jeunes doivent s’adapter à la diversité du monde, l’éducation doit s’ouvrir, c’est un bien commun. Il est donc important de faire des passerelles entres les domaines (interdisciplinarité), de partager les efforts avec le secteur privé, tenir comptes des innovations technologiques et des besoins du marché professionnel national. Il est important de favoriser la coopération entre pays. 

 

Arabie Saoudite : Les principales actions ont été d’élargir l’accès à l’enseignement supérieur, en augmentant le nombre d’universités qui sont passées de 8 à 70 dans tout le royaume. Refonte de l’architecture du système éducatif en numérisant et ainsi rendant accessibles des études universitaires.  Les principes sur lesquels ils se sont appuyés sont la diversité du choix des spécialités d’études supérieures, liés aux besoins du marché professionnel. L’environnement de recherche universitaire est le plus possible modernisé. Les outils de recueils de donnés sont utilisés pour s’adapter à la réalité.

 

Débat sur les politiques axées sur le défi de la déscolarisation, du décrochage scolaire

H.E  Prof. Giuseppe Valditara, Minister of Education and Merit of Italy

H.E. Ms Samaria dos Anjos Filemon Tovela, Minister of Education and Culture, Mozambique

H.E. Mr Vijonet Deméro, Minister of National Education and Vocational Training of Haiti

H.E Ms Araksya Svajyan, Deputy Minister of Education of Armenia

Dr. Kraiyos Patrawart, Managing Director, Education Equity Fund, Thailand

Modéré par Tomoko Shibuya, Senior Education Advisor, UNICEF.:

+ de 2 millions d’enfants ont « décroché » en 2025. Le défi n’est donc plus seulement de l’accès (c’est-à-dire la première inscription) mais aussi de parvenir à garder les enfants dans le système scolaire. Beaucoup d’enfants n’achèvent pas le cursus scolaire parce que :

La croissance de la population est un fardeau pour le gouvernement => la suppression des droits d’entrées, la construction d’infrastructures, la prise en charge des repas, …etc sont une charge supplémentaire pour le système.  

Les avancées sont inégales, certaines inscriptions sont tardives, le redoublement persiste et augmente avec les différences de niveaux, les progrès sont lents. Tout cela contribue à augmenter la déscolarisation.

Pour réduire le phénomène de déscolarisation, il faut s’adapter à la réalité du terrain, prendre en compte le contexte et se demander ce qui a marché et pourquoi. Quelles sont les politiques spécifiques mises en œuvre dans votre pays qui ont permis les progrès observés ?

 

Italie : Le principal combat est contre l’exclusion scolaire. L’école doit être un moyen d’inclusion. Pour cela ont par exemple été mis en place des programmes de tutorat, l’usage de plateformes digitales. Il a également été mentionné la coopération avec les pays africains, mettant en avant l’importance de la coopération internationale pour l’inclusion, et pour l’innovation. La technologie et l’innovation technologiques sont vues comme un moyen pour renforcer la qualité de l’enseignement.  La continuité de l’apprentissage en temps de crise, l’accent mis sur les responsabilités civiques, et l’opportunité de continuer le cursus scolaire pour les élèves venant de zones de guerre sont présentés comme un moyen de lutter contre le décrochage scolaire.

 

Mozambique : Le principal défi est la distance entre la maison et l’école, ainsi que le coût de la scolarisation, des infrastructures, de la formation des enseignants et la contrainte de la langue (le portugais est la langue d’enseignement mais pas la principale dans les familles), beaucoup d’enfants abandonnent à 8 ans. L’une des mesures phares est la distribution des repas scolaires et la mise à jour du programme scolaire en fournissant le matériel (livre, manuels, uniforme), la mise en place d’un suivi des élèves de 9 à 12 ans, avec une sélection des meilleurs élèves pour qu’ils soient tuteurs pour les + jeunes.

Des mécanismes transversaux sont mis en place : coordination intersectorielle pour répondre au problème de la violence à l’école, de l’entretien des bâtiments. Il y a un grand besoin de financement, les repas fournis font la différence. Pour ce qui est du financement du cadre de l’éducation, entre 26 et 29% du budget national sont consacrés à l’éducation mais ça n’est pas suffisant [les bourses aux élèves ne sont pas possibles par manque de moyens, les conditions d’accueil sont parfois précaires dans les écoles : 10 500 classes ont lieu à l’extérieur (pas de salle)].

 

Haiti : Haiti connait beaucoup de difficultés et cela a développé la résilience, pour réduire la non-scolarisation. Le défi sécuritaire est le plus important, avec le risque climatique. + de 1600 établissements scolaires ne sont pas occupés, sont détruits, pillés. Les adolescents sont recrutés par les gangs. Face à ces problématiques, les actions du gouvernement sont les suivantes : les écoles sont réouvertes, mise en place de modes d’éducation alternatifs, d’écoles mobiles, apprentissage à distance, espaces d’apprentissage temporaires, distribution de fournitures scolaires d’urgence, soutien psycho-social. L’enseignement public est gratuit mais 80% des écoles sont privées, l’état cherche à rendre cette situation plus équitable, à réduire ces inégalités scolaires. Pour cela a été décidé un plan 2030 décennal d’éducation pour transformer le système éducatif (réhabilitation et reconstruction de bâtiments, scolarisation obligatoire et gratuite de 6 à 14 ans, bourses aux finissants du secondaire, financement de recherche, programme de rattrapage scolaire). L’objectif principal est d’éviter les ruptures prolongées d’apprentissage.

 

Arménie : Le déplacement des enfants du Karabakh a entrainé des dispositions du gouvernement pour prendre en charge leur éducation, et un soutien psycho-social. Tous les enfants déplacés sont aujourd’hui à l’école et la crèche. L’accent est mis sur l’inclusion des enfants avec un développement difficile, dans les écoles « classiques » et les écoles spécialisées sans que ce soit un fardeau financier pour les familles. Toutes les institutions scolaires proposent une politique inclusive appuyée par un support psychologique. Un de leur objectif est d’assurer que tous enfants aient accès à enseignement de qualité et participent activement à l’évolution du modèle éducatif. Le défi principal est l’inclusion avec un budget réduit et la digitalisation de l’éducation. Un système a été mis en place pour identifier et recenser les enfants ayant abandonné l’école, pour réintégrer enfants dans système scolaire. La digitalisation permet au gouvernement de mesurer la participation et l’engagement des enfants, mesurer les progrès scolaires et prévenir l’abandon. De fait, les données sont utilisées pour un usage concret.

 

Thaïlande : Dans le secteur privé, une entreprise a émis des actions en bourse pour financer des programmes éducatifs, le gouvernement a suivi, en mettant en place des politiques publiques pour lutter contre l’abandon scolaire. L’éducation est considérée comme n’étant pas seulement l’accès à école mais comme un travail social. L’agenda politique est donc plus global que simplement le problème de la scolarisation. Les politiques et mesures sont mises en place à partir des données récoltées, dans le but d’atteindre l’éducation pour tous.  Toutes les données récoltées sur l’éducation et la scolarisation ont été transférées sur une plateforme nationale et des enquêtes ont été menées pour comprendre les raisons des échecs scolaires et de la déscolarisation. L’objectif de ces enquêtes est d’identifier les besoins et faire revenir les élèves ayant abandonné. Malgré cela 2/3 des élèves ayant abandonné ont quand même refuser de revenir, la plupart ont subi un phénomène d’exclusion à l’école, ce qui a laissé une empreinte profonde, et certains ont refusé de revenir à cause de problèmes de santé…). Face à ce nombre important d’abandon, le gouvernement a opté pour des réponses adaptives : enseignement souple, adapter expérience pédagogique aux enfants qui travaillent pour permettre un retour à leur trajectoire d’apprentissage. Au total, entre 32 et 33% des jeunes sont inscrits dans l’enseignement supérieur. Il y a un besoin de faire des mesures pour impliquer davantage le secteur privé, mais également le gouvernement. Pour cela toutes les possibilités sont explorées, tout en gardant à l’esprit que les mesures hybrides doivent être efficaces pour les enfants.  

 

Conclusion : Les progrès dans l’éducation ne résultent pas du hasard mais d’un processus voulu, organisé et accompagné. L’accès à l’éducation est une étape importante mais elle est une marche de plus dans un grand escalier. Un changement doit s’opérer pour passer d’interventions isolées à une démarche de progression intégrée mondialement. Il faut envisager un changement structurel sur le long terme pour parvenir aux objectifs fixés par l’ODD 4 car la responsabilité d’assurer l’éducation et la scolarisation des enfants est partagée à l’échelle mondiale.

 

Texte complet du rapport 2026 : 414 pages, en anglais : Global education monitoring report 2026: access and equity, countdown to 2030 – UNESCO Digital Library

 

Note conceptuelle: Note conceptuelle pour le rapport mondial de suivi sur l’éducation 2026, compte à rebours vers 2030 : 1. Accès et équité – UNESCO Digital Library

 

Online summary : 2026 GEM Report | Global Education Monitoring Report – Reports