Présentation à la 6ème assemblée du Forum international-Rome, 26 – 27 novembre 2025
La plate-forme de Paris rassemble les O.N.G. d’inspiration catholique en lien avec l’Unesco qui se trouve à Paris, elle correspond historiquement à la vocation du CCIC, qui est aussi une O.N.G. internationale partenaire officielle de l’Unesco. Il favorise la coopération entre ses membres et l’organisation d’actions concertées.
Lieu de réflexion collective, le CCIC se veut force de proposition auprès de l’UNESCO au titre de la société civile. Il se fait l’écho des missions et des expériences de terrain des O.N.G. de la plateforme et des millions de personnes qu’elles accompagnent dans plus de 140 pays.
Un peu d’histoire
L’Unesco a été créée en réponse à la conviction des nations, après deux guerres mondiales en moins d’une génération, conviction que les accords politiques et économiques ne suffisent pas à construire une paix durable : « Les guerres prenant naissance dans l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes que doivent être élevées les défenses de la paix »
-En novembre 45, la charte des Nations Unies prévoit la création d’une institution spécialisée dans les domaines de l’éducation, les sciences et la culture
-L’acte constitutif de l’Unesco entre en vigueur en novembre 1946. L’organisation s’installe alors à Paris, dans l’ancien hôtel Majestic, quartier général des autorités militaires allemandes en France récemment déserté.
Dès 1947 est créé le CCIC, présenté comme « la cheville ouvrière de la coopération entre l’UNESCO et l’Eglise. » … cela reste un défi !
Le 28 mai 1952, le Saint-Siège nomme un Observateur permanent : le nonce à Paris, Mgr Roncalli, qui deviendra Saint Jean XXIII. La distinction se fait alors entre le statut diplomatique propre à l’observateur permanent du Saint-Siège, et celui de membre de la société civile du CCIC.
Le CCIC obtient le 22 janvier 2010 le statut de partenaire consultatif de l’UNESCO. Ce partenariat constitue la reconnaissance de sa capacité opérationnelle sur le terrain et de son réseau d’information.
CCIC et Plateforme géographique de Paris du Forum International :
Créé à l’initiative du Saint-Siège dans cette optique de coopération entre les O.I.C pour une présence effective auprès de l’UNESCO, le CCIC se trouve naturellement correspondre à la fonction de plate-forme géographique du Forum International des OING d’inspiration catholique. Sa structure d’ONG accréditée est historique et lui confère un accès privilégié aux travaux de l’Unesco. Il travaille toujours en concertation avec l’observateur permanent du Saint-Siège auprès de l’Unesco.
En plus des ONG accréditées à l’UNESCO, il associe à ses réflexions et travaux des ONG d’inspiration catholique qui n’ont pas, ou pas encore le statut consultatif de l’UNESCO, statut difficile à obtenir, et à maintenir. Elles contribuent activement aux groupes de travail du CCIC. Parmi elles, certaines sont accréditées auprès d’autres organisations internationales, -c’est le cas par exemple la FAFCE au Conseil de l’Europe, ou l’UNIAPAC, Fidesco, etc…)


Actions :
La place des ONG à l’Unesco a diminué depuis 2011 où elles pouvaient encore siéger dans des commissions thématiques mixtes. Elles ont actuellement un rôle consultatif dans l’élaboration des très grands programmes, tel le C/5, et peuvent faire des propositions dans l’élaboration de certains textes comme récemment la recommandation sur l’éthique de l’IA, ou celle sur l’éthique des neuro-technologies. Elles peuvent participer comme observateurs à la Conférence Générale bisannuelle, y faire une déclaration de 3 minutes dans le débat de politique générale ; et dans les commissions de la conférence générale, elles peuvent sous certaines conditions intervenir 1 minute à la fin de la phase de débat, de même dans certaines instances comme le Comité International de Bioéthique.


Plusieurs approches ont été choisies récemment par le CCIC pour être force de proposition :
-Celle de contribuer à un des grands projets UNESCO : l’élaboration et mise en œuvre de la Recommandation de l’UNESCO sur l’éthique de l’IA :
Par une réponse à la consultation collective : par exemple en suggérant d’ajouter la notion de « dignité de la personne humaine », plus large que « droits humains » dans le texte de la recommandation
Par l’organisation d’un Forum pour contribuer aux travaux de l’UNESCO : « Jusqu’où l’homme peut-il changer l’humain, quelle boussole pour l’éducation ? » qui a obtenu le patronage de l’UNESCO, et le patronage de la Commission nationale française pour l’UNESCO ; les directrices générales adjointes du secteur de l’Education et du secteur SHS ont accepté d’y intervenir, et nous avons transmis aux deux secteurs les recommandations qui en émanent. Les actes du forum ont ensuite été publiés.
-Deuxième grande étape : 2022-2024 : Une mise en œuvre concrète de cette grande recommandation à l’instigation de la Commission Nationale Française pour l’Unesco qui avait apprécié la pertinence du premier forum: l’organisation d’un cycle de tables-rondes pour sensibiliser à l’usage éthique des intelligences artificielles :« Comment éduquer à un usage éthique des IA ? », et recommandations au secteur Education, publication d’un livret de synthèse et recommandations, proposé à la semaine de l’apprentissage digital.

Ces événements sont le fruit d’un travail collectif, nourri par des conférences, des rencontres et des groupes de travail où coopèrent les ONG qui le souhaitent.
-Un nouveau projet 2025-2027 « Chemins de paix », qui se décline en cinq axes, ou chemins : Jeunesse, éducation et Paix, Paix et justice sociale, religions et Paix, Méditerranée phare de la Paix, Paix et Organisations internationales, devrait aboutir à un événement à l’UNESCO pour célébrer les 80 ans de la plateforme
A côté des 194 états, la société civile est représentée par environ 450 ONG accréditées à l’UNESCO, dont un comité de liaison est censé favoriser leur interaction avec le secrétariat pour organiser des forums internationaux des ONG. Il peine réellement à le faire.
Cependant des groupes informels d’ONG se sont créés sur certaines thématiques à l’issue de quelques forums à une époque où ils étaient plus réellement le fruit des ONG de l’Unesco.
« L’accès à l’eau pour tous en Afrique », piloté par le CCIC via le représentant de l’UNIAPAC, est un projet de terrain qui organise et met en œuvre depuis 11 ans une formation de techniciens de l’eau sélectionnés parmi des ONG de terrain dans divers pays d’Afrique de l’Ouest. C’est le fruit d’une collaboration entre des ONG de la plateforme et d’autres ONG de l’UNESCO, d’un secteur de l’Unesco et des commissions nationales. Les ONG ont obtenu un financement par le programme de participation de l’UNESCO. C’est un mode de présence original, c’est du plaidoyer par l’action.
Dans le groupe « Voix des filles » dont AIC a été copilote plusieurs années, (OIEC, Pax Christi, UMEC, UMOFC, ACISJF, AIED) 6 ONG de la plateforme travaillent aux côtés de plusieurs autres ONG de l’Unesco
-Actualité toute fraiche : Ce mois-ci, le groupe Interfaith voit couronné son travail de dialogue interreligieux où les catholiques sont représentés par New Humanity, qui le coordonne, OIEC et Pax Christi. Ce groupe qui fonctionne depuis plusieurs années a pris contact avec l’Italie pour que soit proposé un amendement au grand programme 43C/5. Proposé par l’état italien au dernier Conseil exécutif, (les ONG ne peuvent pas faire de propositions) cet amendement d’introduire le dialogue interreligieux à côté du dialogue interculturel a été soutenu par 14 autres états, ce qui permettra d’intégrer ce dialogue interreligieux comme facteur de paix.
J’insiste sur ce dernier point car c’est un combat mené depuis des décennies par les ONG d’inspiration catholique, comme nous l’a souligné Mgr Soviguidi dans une conférence qu’il a donnée en octobre aux membres et amis de la plateforme.
Par ailleurs le CCIC s’est fixé une mission d’information de ses membres et au-delà, en publiant sur son site des compte rendus de conférences à l’Unesco, ou des articles de ses membres.
Cette plateforme est ouverte aux ONG intéressées aux domaines de compétence de l’UNESCO qui conjuguent leurs expériences et leurs talents pour un meilleur impact auprès de l’UNESCO.

