Échos de la 205ème session du Conseil Exécutif – Séance du 15 octobre

205ème session du Conseil Exécutif

Séance du 15 octobre 2018


Réunion conjointe des Commissions FA (Finance-Administration) PX (Programmes-Relations extérieures) : la Transformation Stratégique

Le Processus est maintenant bien engagé, une structure de pilotage est en place, un échéancier fixe les étapes, les travaux commencent de porter leurs fruits, la réforme est d’envergure, implication des États, larges consultations de toutes les parties prenantes, mise en place à venir d’un groupe de réflexion de Haut Niveau : une dynamique est enclenchée.


Présentation générale par le Directeur Général Adjoint M. XING

Important sujet inscrit à l’ordre du jour de la présente session. En commission conjointe, le point a été présenté par le Directeur Général Adjoint (M. XING), responsable du Projet, et discuté avant de faire l’objet d’une proposition de décision qui sera adoptée en séance plénière.

Tout au long des échanges qui ont été denses et nourris, M. XING a été très précis et structuré dans sa manière de présenter, ses observations ont été substantielles, donnant ainsi l’impression que le processus maintenant bien engagé est maîtrisé et suivi de près au plus haut niveau.

Il s’est d’abord félicité de l’excellent esprit dans lequel se sont engagés les dialogues avec les États (en particulier lors des réunions du groupe préparatoire des sessions du Conseil). Il a fait observer que beaucoup des discussions menées ont déjà porté leurs fruits et que, face aux défis à relever, comme l’avait souligné la Directrice générale lors de la précédente session, il faut être ambitieux avec une Vision mettant au cœur du Projet les Programmes et l’Agenda 2030 comme objectifs et une Modernisation en profondeur de l’institution comme moyen d’y parvenir.

La Réforme doit être conduite en étant à l’écoute de toutes les parties prenantes, et tout particulièrement les États, mais aussi d’autres acteurs avec lesquels l’UNESCO peut avoir partie liée : l’ONU et les Partenaires stratégiques, avec lesquels les discussions sont déjà bien engagées.

Il importe, nous dit M. XING, que cette transformation soit bien pensée, qu’elle donne pleinement le résultat escompté, à savoir renforcer ou restaurer le leadership de l’UNESCO dans ses domaines de compétences avec des actions de terrain mais aussi un discours qui gagnera avec l’expression d’une voix unique pour défendre sans notes discordantes des valeurs partagées.

Plus concrètement, ont été rappelées toutes les mesures déjà prises dans le cadre d’un plan d’action (notamment en matière de gestion des ressources humaines). S’agissant des relations avec les États, plusieurs des initiatives déjà prises ont été rappelées (newsletter, prochain rendez vous le 22 novembre, rencontres bilatérales avec les délégués etc). Quelques précisions complémentaires ont été données sur les quatre groupes de travail ( Efficacité opérationnelle, Communication, Partenariat stratégique, Présence dans le Monde), notamment pour ce qui est de la sélection des membres des groupes (59 finalement retenus, tous volontaires, représentatifs de l’ensemble du personnel). Ont été aussi rappelées l’existence d’un Comité de pilotage, d’une interaction permanente entre les ADG (pour faciliter le traitement des questions intersectorielles), et la prochaine mise en place du Groupe de réflexion de Haut niveau, appelé à Conseiller les instances dirigeantes.

S’agissant de la Planification Stratégique, le responsable de cette unité a donné quelques jalons, avec pour 2019 l’élaboration d’une feuille de route donnant les grandes orientations et les priorités (à soumettre à la Conférence Générale en même temps que le prochain C4/C5).

Pour 2020 ouverture d’une large consultation avec les membres de la famille UNESCO (dont les Commissions Nationales) et élaboration d’un rapport détaillé au printemps de cette même année donnant les avis exprimés et les observations du service de l’audit.


Principales observations ou questions de États :

En écho avec ce qui a été dit en début de session, le soutien aux propositions est marqué.

On aura retrouvé lors des interventions des délégués beaucoup de ce qui a été évoqué lors de la séance introductive, mais les propos se sont faits plus précis en faisant parfois émerger des points nouveaux ou jusque là peu soulignés

On ne s’appesantira pas sur le souhait des États d’être pleinement intégrés, car ici cela fait écho à des souhaits qui sont une constante.

En revanche, on pourra souligner les nombreuses interrogations sur le Groupe de Réflexion de Haut niveau (qui sera composé de douze membres) : quels en seront les membres ? Quel rôle jouera -t-il ? en particulier sur les Programmes ? Interviendra-t-il sur les structures ? Quel modus operandi ? etc. Il y a peut-être ici une crainte d’interférence avec ce qui pourrait être du domaine des États, ou l’appréhension que des relations directes qui pourraient se nouer entre cette structure et la Direction Générale ou le Comité de pilotage.

Ces risques ne semblent pas élevés, et les questions posées peuvent tout simplement se justifier par une insuffisante information à ce stade. Les réponses données par le Directeur général adjoint ont en tout cas permis de mieux savoir ce qu’il en est : le Groupe n’est pas encore constitué, ses membres seront choisis à partir de propositions de candidats faites par les États. Ils devront être représentatifs selon les critères classiques (genre et géographiques notamment), et aussi en rapport avec la mission du groupe (réflexion/conseil se rattachant au cœur des activités face aux défis). Sous cet angle de vue, seront requis des profils d’experts en relations internationales dotés d’autres qualités comme avoir des compétences prospectives, ou être des Personnalités influentes. S’agissant de son champ de réflexion, le groupe n’est pas appelé à s’intéresser aux structures.

Plusieurs intervenants ont appelé à mieux définir la Vision du Projet, ou à confirmer ce que l’on peut pressentir comme essentiel des buts à atteindre, le représentant du Portugal suggérant que cela pouvait se ramener à deux fonctions clefs : l’UNESCO comme laboratoire d’idées et comme institution normative.

Il y a une grande attente à propos des Programmes dont la Directrice générale et maintenant les porteurs du projet ont dit qu’ils étaient essentiels. Le Directeur général adjoint aura pu décevoir, en indiquant que ce chantier n’était pas encore ouvert, et qu’il fallait s’en tenir au calendrier qui a été défini : tout ne peut se faire en même temps nous dit-on fort justement.

Quelques observations plus opérationnelles ont été faites pour appeler à un peu plus de clarté dans la visualisation de l’organisation ou de simplicité dans la configuration du projet. Il est aussi demandé de mieux hiérarchiser l’ordre d’importance des sujets.

Concernant les partenariats stratégiques, qui seront un des leviers innovants à mobiliser, les avis sont plutôt positifs, même s’il y a lieu de bien s’assurer qu’ils seront en phase avec les priorités de l’UNESCO.

Autre partie prenante très importante : les Commissions nationales. Plusieurs délégués se sont inquiétés du rôle qu’elles tiendront. Toute assurance a été donnée à propos de leur implication. Elles sont dores et déjà informées lors de la dernière réunion des Commissions nationales ou lors d’entretiens bilatéraux. Elles seront bien entendu consultées lorsque sera abordée la question des programmes, l’existant devant dans un premier temps faire l’objet d’une analyse critique à laquelle elles pourront prendre part.

Plusieurs délégués ont insisté sur la nécessité de ne pas politiser les sujets, le Directeur général adjoint a rebondi sur ce point : il ne faut pas bloquer le développement de la réforme avec des antagonismes exacerbés, c’est Unis qu’on pourra avancer.


Le Directeur général adjoint a invité tous les responsables des secteurs à intervenir :

Madame Flavia Schlegel, Sous-Directrice générale du secteur Science a insisté sur les interactions entre domaines : elles sont utiles pour permettre de mieux s’approprier les sujets et s’assurer que rien n’est oublié.

Mme Stefania Giannini, Sous-Directrice générale du secteur Éducation, en réponse à certains qui appellent à mieux rendre compte de la Vision sous-jacente, estime qu’il y a déjà certaines idées bien affirmées : rester fondamentalement une institution intergouvernementale, être un leader intellectuel dans ses domaines de compétence, être efficace et, pour y parvenir, miser sur la meilleure ouverture possibles aux partenariats.

Elle rappelle aussi que des étapes bien précises dans le temps (les échéances) et dans leur contenu ont été décidées : 1/diagnostic et premières mesures de court terme ; 2/activation des collaborations avec les autres agences onusiennes ; 3/engagement du chantier « programmes » (avec l’analyse de l’existant en termes de pratiques et de processus).

Mme Nada Al-Nashif Directrice générale pour les sciences sociales et humaines : l’appropriation du projet a toute son importance, on est ambitieux pour le « terrain » et compte beaucoup sur des démarches innovantes, mais rien ne s’engagera sans d’intenses consultations. Les synergies vont être recherchées systématiquement, cela vaut pour les relations entre les groupes de travail et le Comité de pilotage, tout ce qui a trait aux publications, l’organisation du travail, les partenariats, les collaborations au sein de l’ONU

M. Moez Chakchouk, Sous-Directeur général pour la Communication et l’Information Information indique que déjà beaucoup de choses ont été réalisées notamment au sein du Groupe Communication, qui a dressé un bilan de l’existant avec les contributions de 4 sous-groupes.

Le sujet « Communication » est bien plus vaste que celui du web. Le groupe dédié à cette question traite ainsi la communication interne, la communication stratégique, tout particulièrement celle qui concerne les programmes. Il s’intéresse aussi à la «marque UNESCO », ce qui renvoie à l’image de l’institution auprès de différents publics.

M. Edouard Firmin Matoko, Sous-Directeur général pour le département Afrique répond à certains délégués africains qui se sont interrogés sur la place de cette Priorité Afrique dans le projet en les rassurant, indiquant qu’il s’agit d’une priorité bien soutenue.

Comme co-président du GT « Présence UNESCO dans le Monde », il a rappelé les canaux sur lesquels l’UNESCO doit pouvoir miser : les Bureaux, les Instituts de catégorie 1 ou 2, les chaires. La réflexion sur ce thème intègre tout particulièrement les données de la réforme d’ensemble de l’ONU et la contrainte budgétaire, par ailleurs une approche statistique est mobilisée réfléchir à la justification des programmes dans les pays.

Deux autres responsables (les Relations Humaines et la Planification) ont donné un certain nombre d’autres informations concernant leurs domaines (listage des nouveautés en matière de gestion du personnel, programmation de consultations, interactions avec le (C4/C5).

Le projet de Décision est adoptée après une assez longue discussion qui a notamment fait ressortir le souci de certaines délégations de bien affirmer le rôle des États dans le processus, et d’obtenir très régulièrement des informations précises sur les avancées concrètes du projet.