« La Science et le Développement durable »

Ce webinaire organisé par l’UNESCO, s’est tenu le 10 novembre ; une dizaine d’intervenants, experts scientifiques aux profils et origines géographiques très diversifiés, ont échangé sur la question des sciences fondamentales et du développement. Pour introduire les échanges tenus en deux tables rondes, on a rappelé toute l’importance de la recherche pour élaborer les bases indispensables aux applications permettant de résoudre de nombreux problèmes pratiques, et d’espérer ainsi faire face aux défis de notre époque comme celui de la préservation de la biodiversité ; pour le bien commun, et parce que elles sont de nature universelle, il y a une indéniable valeur à promouvoir les sciences au travers du partage des savoirs – avoir le souci de l’inclusion –  à inscrire dans la durée au service de tous pour assurer un développement réellement durable.

Table ronde 1 : « le développement durable et les questions moléculaires »

 Intéressante discussion nourrie par des présentations de travaux de recherche montrant concrètement tout le potentiel et même les retombées déjà obtenues de certains projets menés à bien portant sur l’étude du vivant à son niveau le plus « microscopique », qu’il s’agisse de sa composante « moléculaire » ou « neurologique », avec par exemple le repérage des rôles que tiennent les protéines (leur consistance, leurs mouvements, leurs effets) et les conduits nerveux (les signaux électriques qu’ils véhiculent, leurs effets).

Les spécialistes qui se sont exprimés ( bio-informaticiens, médecins neurologues, experts en phytopathologie, etc) ont donné des exemples montrant les avancées que l’on peut traduire concrètement avec des effets positifs dont peuvent bénéficier tout particulièrement les pays les moins avancés : amélioration significative de la santé physique et mentale des personnes (via de nouveaux médicaments ou des traitements génétiques), actions sur les plantes ou les insectes permettant une agriculture plus résistante face aux « stress » (sécheresse, inondation, température etc)

En Afrique, un grand projet  fondé sur la biogénétique (séquençage du génome des plantes) offre des perspectives prometteuses pour un continent particulièrement menacé par le péril majeur que représente la perte de la biodiversité ; avec l’aide de scientifiques travaillant en étroite coopération, ce projet vise à relever cinq grands défis : l’agroenvironnement, la productivité et la santé des cultures et des élevages, la conservation, les questions d’éthique socio-économique, et les politiques publiques concernant les micro-organismes ; près d’une quarantaine de pays soutiennent l’initiative qui est appelée à se développer au travers de dizaines de programmes de recherche (tous africains) pour lesquels sont organisés des appels à contribution.

 A été aussi signalée l’importance des travaux conduits en Afrique du Sud par un Institut de bio-génomique qui développe ses capacités d’analyse des données pour travailler sur la biodiversité africaine en étudiant informatiquement les questions sensibles en matière de diversité bio pays par pays. Ces analyses génomiques portent sur une large variété d’espèces animales (insectes, singes, volatiles) ou sur la faune. Ces travaux visent à aider à la conservation, la protection et la résilience des écosystèmes pour réduire les risques de destruction ou de disparition de l’existant et en prévenir ou prédire la survenance.

 Bien évidemment toutes les recherches dont il a été question ont des objectifs (économiques) très concrets (autonomie alimentaire, éviter les importations coûteuses, protéger les courants d’exportation). Les retombées visent prioritairement les pays les plus vulnérables, les plus exposés par leur emplacement géographique et les plus isolés (comme les Etats insulaires dont il a été question avec la présentation du cas de SAMOA)

Table ronde 2 : « La modélisation pour mieux comprendre les complexités du phénomène du Développement Durable »

C’est l’évidence même : dans tous les domaines – notamment l’énergie, l’écologie, l’économie- pour aider à la réalisation des ODD sur le terrain, les sciences fondamentales sont indispensables ; les mathématiques ou la physique sont de puissants moyens utilisés dans les secteurs de la Recherche-Développement pour obtenir avec l’exploitation des données une meilleure connaissance et maitrise d’écosystèmes complexes. On peut ainsi modéliser le réel pour contribuer à un meilleur développement. Ces démarches permettent en effet de mieux comprendre les phénomènes observés, prévoir les changements et exploiter les résultats de ces analyses statistiques et probabilistes pour orienter le plus judicieusement les politiques publiques, sur la base de vues consensuelles étayées scientifiquement.

Un intervenant a plus spécifiquement évoqué ses travaux sur l’apport des mathématiques dans l’étude de la transmission des maladies infectieuses avec la mise en évidence des impacts climatiques à ce sujet, du vecteur important que constitue l’eau et de l’effet « saisonnalité ».  Cette dimension multifactorielle des liens entre la santé et l’environnement (étudiés dans le temps et dans l’espace) appelle à prendre en compte de nombreux facteurs qu’il faut appréhender avec des techniques complexes pour discerner des évolutions souvent non-linéaires en distinguant bien ce qui est de l’ordre du court terme de ce qui relève du long terme.

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Célébrée tous les 10 novembre, la Journée mondiale de la science au service de la paix et du développement souligne le rôle important de la science dans la société et la nécessité de faire participer le grand public aux débats sur les questions scientifiques émergentes. Elle souligne également l’importance et la pertinence de la science dans notre vie quotidienne.

En rapprochant la science de la société, la Journée mondiale de la science au service de la paix et du développement vise à garantir que les citoyens soient informés des développements scientifiques. Elle permet également de souligner le rôle joué par les scientifiques dans l’élargissement de notre compréhension de la planète remarquable et fragile que nous habitons, et dans la consolidation de nos sociétés.

Voir aussi Journée mondiale de la science au service de la paix et du développement | UNESCO