Journée mondiale de sensibilisation aux tsunamis

Réduire les pertes Humaines et Économiques liées aux tsunamis

Journée mondiale de sensibilisation aux tsunamis

Maison de l’UNESCO le 16 octobre 2018


Cette séance avait une certaine actualité compte tenu des tsunamis enregistrés dans le monde en septembre-octobre 2018 : pour ces dernières semaines, les chiffres de 2 000 pertes de vies humaines et 3 000 disparus ont été cités.

La séance était coprésidée par Mme Kirsi Madi, Directrice au bureau des Nations Unies pour la prévention des catastrophes (UNISDR), et par Vladimir Ryabinin, Secrétaire Exécutif de la COI et Sous-Directeur général de l’UNESCO.


La problématique

Ces deux coprésidents ont présenté la problématique des tsunamis :

  • rappelons que les tsunamis ne concernent que la création, par des tremblements de terre, de vagues énormes et leur déferlement sur les rivages. Ces tremblements de terre se situent le long des lignes de chevauchement des plaques terrestres (tectonique des plaques), lorsque celles-ci bougent l’une par rapport à l’autre. Ils ne sont en rien liés, semble-t-il, aux questions de changement climatique.

  • les conséquences en sont souvent catastrophiques en vies humaines (on cite 250 000 victimes depuis l’an 2000) et en coût économique (280 milliards de $ en 20 ans).

  • depuis les années 2000, la COI et les instituts de recherches océaniques mettent en place des réseaux d’observations et des systèmes d’alertes. Et dans le cadre de l’ONU, depuis 2015, a été défini un plan de lutte contre les conséquences des tsunamis en vue de réduire les pertes humaines et les dégâts économiques, en particulier grâce à des plans nationaux et locaux d’alertes, d’éducations et d’informations auprès des populations les plus exposées.

  • la très grande dangerosité des tsunamis tient aux délais extrêmement courts qui existent entre la détection sismique du tremblement de terre et l’arrivée des vagues déferlantes sur les côtes, d’où la difficulté de protéger les populations vivant sur les littoraux concernés. Pour l’instant la seule parade serait la fuite rapide, le cas échéant par la mer.


Les exemples cités

Six représentants sont intervenus pour traiter d’exemples dans des zones concernées :

  • S. Ex. M. Ahmed Shiaan, Ambassadeur des Maldives en Belgique : Les Maldives, en référence à un tsunami de 2004 : État insulaire dont certaines villes habitées ont été entièrement submergées cette année-là. La seule solution de survie était d’aller en mer. 62% du pays a été sinistré.

  • Madame Véronique Bake, spécialiste en gestion des risques : Les Seychelles (99 000 habitants). En 2004, habitants et touristes sur les plages, pas de système d’alerte précoce. Depuis lors, mise en place d’un système de surveillance sismique et d’un réseau d’information pour la population et notamment dans tout le secteur touristique.

  • Monsieur Tenu Fukui, Membre de la chambre des représentants du Japon : septembre 2011, Tohoku, 18 000morts et disparus. Dégâts économiques importants, notamment centrale nucléaire d’Onagawa, production agricole et tourisme.

  • Mr. Hugh Riley (CTO) Caraïbes : c’est une zone qui est souvent la cible des ouragans, des séismes (pas toujours suivis de tsunamis) et de tsunamis. Le tourisme est la première activité économique, et donc très vulnérable aux catastrophes naturelles. A signaler par exemple un séisme de magnitude 7,5 en 2006, qui a fait 225 000 morts, mais qui n’avait provoqué qu’un mini tsunami.

  • S. Exc. M. Hotmangaradja PANDJAITAN Ambassadeur d’Indonésie auprès de l’UNESCO : à signaler 2 séismes en août et septembre 2018, de magnitude respective 7,5 et 6,5. Il y a encore beaucoup d’amélioration à apporter dans cette zone en matière de surveillance sismique. 65 000 maisons sont à reconstruire.

  • Mr. Christos Cabanis, chargé de mission (Sécurité Civile) Pour la zone méditerranée, une station d’observation sismique a été installée dans les Bouches du Rhône, non loin de Marseille. Le premier objectif est de faire de l’éducation, et de faire connaître le risque sismique qui existe aussi dans la zone méditerranéenne, et de mettre en place un réseau d’observation sur l’ensemble de la méditerranée.


Échanges et discussions

  • Mise en place d’un réseau d’observation océanique. Un scientifique est intervenu pour faire le point sur la mise en place d’un vaste réseau scientifique international, chargé d’assurer la surveillance avec des capteurs sur toutes les lignes de fractures telluriques au fond des océans.

  • Pour l’instant, les priorités dans ce projet se situent dans l’Océan Indien, les Caraïbes, et la Méditerranée. Un centre est aussi en cours d’établissement dans le Pacifique.

  • Bien sûr d’autres centres existent, mais la question est d’assurer la mise en réseau des informations.

  • Ces informations doivent porter sur l’amélioration des délais dans la prévision, à la fois d’un phénomène sismique, de son ampleur et de sa situation géographique, facteur de conséquences plus ou moins graves sur les rivages, en fonction notamment de leur proximité ou des profils des fonds marins. Dans ces domaines, de grands progrès sont attendus car nous ne disposons pas des mêmes informations qu’en météo sur la probabilité d’un ouragan et de son intensité.

  • L’autre grand thème est le développement de l’éducation et de l’information des populations côtières sur l’attention à apporter aux informations et sur les réactions et comportement à adopter, parfois très rapidement.

En conclusion, le Secrétaire Exécutif de la COI a indiqué qu’1 dollar investi dans la prévention des risques permettait d’épargner 4 dollars en réparation.

Denis Chaigne