Devant un auditoire curieux de découvrir certains des acteurs de terrain soutenus par l’Uniapac et l’UMEC/WUCT, deux membres actifs de la plateforme du CCIC, la « Rencontre du CCIC » du 9 décembre était consacrée à l’insertion professionnelle des jeunes comme chemin de paix. Celle-ci est cruciale pour réduire leur exode à l’étranger et les situations de violence endémique impliquant de nombreux jeunes livrés à la rue et aux mafias sur les différents continents. Les initiatives présentées lors de cette rencontre, montrent que la paix va de pair avec la justice sociale.

Par exemple, la présentation de la campagne «  Decent jobs for Youth » menée en Afrique Centrale par l’Uniapac auprès d’acteurs locaux soucieux de construire une décennie de paix répond à cette problématique par l’accès aux droits sociaux et économiques. En partenariat avec l’OIT (organisation internationale du travail), une bourse du travail a été mise en ligne sur un site internet dédié pour l’échange et l’offre d’emplois décents pour des jeunes Africains.

Une autre expérience « Accès à l’eau pour tous en Afrique » pilotée par le CCIC et l’UNIAPAC depuis maintenant 10 ans, impliquant l’UMEC, Pax Christi et d’autres ONG de l’UNESCO, avec le soutien financier de l’UNESCO vise à former des techniciens hydrologues, opérateurs d’accès à l’eau potable, source de vie décente et parfois véritable cause des conflits territoriaux et des guerres intercommunautaires. Le partage de l’eau potable construit de véritables ponts de paix entre les peuples.

Le témoignage de Solène Tshilobo de nationalité congolaise, présidente de l’UMEC/WUCT en République Démocratique du Congo et d’APEDISIDI, jeune représentante de « Voix des filles » en République Démocratique du Congo, et membre de la récente promotion des techniciens hydrologues formés au Burkina Faso en février 2025, a fait entendre l’engagement de toute une génération de femmes dans cette construction d’un réseau où l’accès à l’eau potable pour tous fait circuler des chemins de paix  par le respect, la solidarité et l’éducation. Une action-pilote à Lubumbashi a démontré comment ce type d’action prévue dans toutes les composantes d’une communauté de quartier va renforcer l’esprit de paix.

Au Burkina Faso, le témoignage d’Alphonse Tapsoba, membre de l’UMEC/WUCT et président de l’Association AMIVI a montré comment l’insertion des jeunes dans le monde du travail par des métiers de couture, de productions audiovisuelles est un facteur de paix. Il a précisé que la formation à courte durée par l’apprentissage des petits métiers et par le travail sécurise les jeunes à se sentir en paix. À leur tour ils deviennent des acteurs de paix dans leurs milieux de vie dans la ville de Ouagadougou. 

Au Mexique, afin de lutter contre l’endémique violence induite par les narco-trafiquants, le programme Business as Leaders forme des responsables de communautés de quartiers urbains par une approche de conscientisation des jeunes générations face aux dangers d’embrigadement dans les mafias locales œuvrant à tous les trafics. Mission de longue haleine qui s’appuie sur le maillage actif des paroisses, des associations et des autorités locales, avec le soutien de la conférence épiscopale mexicaine et l’Uniapac.

Ce bref panorama incite donc à comprendre que la mutation des tensions fratricides vers des opérations de vivre-ensemble passera bien par la jeunesse insérée dans le monde de travail, qu’il faut former et intégrer localement, et qui possède ainsi les clés de ces chemins de paix.

Vous pouvez visionner le replay de la soirée sur YouTube en cliquant ici ou sur l’image ci-dessous :