Langue maternelle Journée internationale 2017

UNESCO – Journée internationale de la langue maternelle 2017

« Vers des avenirs durables grâce à l’éducation multilingue»

Mardi 21 février 2017


Trois temps marquaient cette 17ème Journée internationale de la langue maternelle :
un premier temps d’allocutions, dont celle de Mme Irina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO,
un deuxième temps sur la contribution des langues au développement durable et un troisième temps sur l’incompréhension entre les langues créoles.1


Allocutions
Modérateur :
M. Qian Tang, Sous-Directeur général pour l’éducation, UNESCO

Allocution d’ouverture : Mme Irina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO

« A l’occasion de la Journée internationale de la langue maternelle, l’UNESCO réaffirme son engagement total pour la diversité linguistique et le multilinguisme. Il ne peut y avoir de dialogue authentique, ni de coopération internationale efficace, sans le respect de la diversité linguistique, qui ouvre à la compréhension véritable de chaque culture. C’est pourquoi l’apprentissage des langues est à la fois une promesse de paix d’innovation et de créativité… L’éducation et l’information dans la langue maternelle est primordial pour améliorer les apprentissages, développer la confiance et l’estime de soi, qui sont parmi les plus puissants moteurs de développement  A l’occasion de cette Journée je lance un appel pour que le potentiel de l’éducation multilingue soit reconnu partout, dans les systèmes éducatifs et administratifs, dans les expressions culturelles et dans les médias, le cyberespace. »


Allocution : Mme Youma Fall, Directrice Langue Française, culture et diversité,
Organisation internationale de la Francophonie (OIF)

Bâtir un espace de solidarité francophone fondé sur les principes d’humanisme, de démocratie et de respect de la diversité des cultures et des langues tel est le but poursuivi par la Francophonie. La conviction que la richesse vient de la diversité est au cœur de son engagement pour la diversité culturelle et linguistique.

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Union Nationale des Directeurs de Conservatoire de Musique


60 ème Congrès de l’Union Nationale
des Directeurs de Conservatoire de Musique


Maison de l’UNESCO le 27 janvier 2017

Table ronde :  «  Enseignement individuel et collectif, faut il les opposer ? »


Le thème choisi pour l’ouverture de ce Congrès a donné lieu à des échanges très riches avec des contributions d’acteurs intéressés par les questions éducatives, sans être des professionnels de l’enseignement artistique ou musical : un ancien professionnel du football réputé devenu acteur et metteur en scène – Frank LEBOEUF – une élue du Conseil de Paris (Mme BOULAY-ESPERONNIER) , un professeur de neurosciences cognitives. (M E BIGAND). La discussion introduite par Mme ANDRE présidente de l’Union Nationale des directeurs de Conservatoire)ne s’est pas limitée à répondre à la question posée, ou plus exactement le thème soulevé a permis d’énoncer un certain nombre d’idées fortes sur la musique dans son rapport à l’éducation en général mais aussi de faire apparaître certaines spécificités françaises qui révèlent des anomalies.


La complémentarité des enseignements individuels et collectifs

Une première idée fait consensus à propos de l’enseignement de la musique mais elle est généralisable, et s’applique tout aussi bien à l’exercice d’un sport aussi collectif que le football si on veut le pratiquer sérieusement : il y a toujours besoin d’une base fondée sur la Personne qui doit travailler sur soi, apprendre individuellement, avec nécessairement une discipline personnelle que l’on ne doit pas voir comme une peine mais comme une base sur laquelle on peut construire une trajectoire pour progresser, et bien s’insérer dans des parcours plus collectifs : au lieu de raisonner en termes d’oppositions « individuel-collectif », on doit miser sur la complémentarité des approches, s’agissant des conservatoires de musique, il ne faut pas éliminer les cours individuels ( et là il y a danger lorsque les choses sont vues sous un angle purement budgétaire ou même idéologique : cela coûte cher, l’enseignement individualisé favoriserait l’élitisme).


Les exigences : nécessité de l’effort, viser la qualité, l’excellence

La Musique s’apprend, s’enseigne comme une discipline dont il faut maîtriser les règles, et là il a été bien rappelé qu’on ne peut pas confondre l’éducation musicale avec le jeu : les conservatoires ne sont pas des centres de loisir, ce qui au demeurant ne doit pas amener comme conclusion que les uns doivent ignorer les autres.

Une partie de l’échange a traité de la question de l’excellence, du risque de discrimination au travers de visées supposées élitistes qui seraient défavorables aux populations défavorisées. De façon convaincante, il a été avancé qu’on ne doit pas opposer culture de masse et recherche de l’excellence, les jeunes doivent se voir tous offerts la possibilité pour eux d’aller le plus loin possible, sans qu’aucun préjugé ne freine les trajectoires qui vont dépendre de la personne, de l’enfant dont on va découvrir le potentiel au cours de son apprentissage, un apprentissage qu’il faut savoir présenter ( à l’enfant, aux parents) positivement, simplement.


Les pressions qui pèsent sur les jeunes : fatigue, dispersion, trop peu d’attention pour les matières artistiques


Les difficultés n’ont pas été ignorées, et tout particulièrement, il a été fait allusion à certains des méfaits de notre temps : d’abord précisément, on a rappelé cette question (pression) du temps qui manque, qui est consacré à trop d’activités, qui ne permet plus assez de sérénité ; les élèves arrivent fatigués à leurs cours de musique.

Autre difficulté soulignée, et qui semble particulièrement aiguë en France : l’état d’esprit dominant à propos des parcours éducatifs ou scolaires dans un monde où on ne parle que de chômage ; les parents vont se concentrer sur ce qui leur parait essentiel pour réussir, et qui ne va pas privilégier les matières artistiques loin s’en faut, ce qui est regrettable : les enfants peuvent être mis sous pression se trouver éventuellement privés d’accès au domaine de la musique, et forcés de se concentrer sur des matières jugées comme les seules valables pour leur avenir.


Les responsabilités du système : trop de complexité, pas assez d’écoute

Le système au demeurant ne fait rien pour atténuer les choses, comme en témoigne la réduction au fil du temps, du nombre d’heures allouées aux activités artistiques. De ce point de vue, sans que cela ait été dit aussi explicitement, la situation en France contraste avec celle d’autres pays européens, plus ouverts semble-t-il, à l’enseignement de l’art.

De certains échanges, il ressort une critique implicite de l’organisation ministérielle dans son approche ou traitement des questions artistiques : outre un déficit de considération sur ce sujet pourtant important pour aider à l’épanouissement de’ l’enfant, il y a ici comme ailleurs une difficulté qui tient à la complexité : qu’il s’agisse des statuts, des termes employés, des priorités, des institutions on comprend de ce qui est dit qu’il y a des silos hermétiques l’un à l’autre, une absence de dialogue, une diversité, toutes choses qui nuisent à une approche satisfaisante des choses : les secteurs artistiques, notamment dans la partie Musique , gagneraient à ce qu’il y ait plus de clarté et d’unité, et là, sans doute, des progrès pourraient être réalisés si du côté de l’Éducation nationale et du Ministère de la culture on savait plus et mieux organiser des dialogues avec toutes les parties prenantes en les mettant en réseau de façon appropriée.


La musique et ses facultés de transformation cognitive avec des effets positifs

Une contribution tout à fait intéressante a été donnée par l’expert en sciences cognitive à propos des effets de la musique sur les personnes.

De façon succincte on retiendra les idées suivantes :
Sans disconvenir de l’importance de la pratique individuelle ( technique) pour vraiment maîtriser la matière musicale, M BIGAND, à partir des résultats d’analyses des fonctions cérébrales testées sur des groupes de personnes, a mis en évidence tout l’impact qu’ont l’apprentissage et la maîtrise de la musique sur les fonctions cognitives. Les analyses menées ( analyse des circuits et connexions neurologiques, avec effet de substances biochimiques au niveau du cerveau comme la dopamine) montrent qu’il ne s’agit pas d’incidences banales, la musique apparaît comme capable d’activer les parties du cerveau dédiées au langage, et l’examen systématiques des fonctions de réaction montre clairement un effet sur ce qu’on pourrait qualifier l’intériorité, ce qui finalement renvoie à l’essence de l’humain.
Ces interactions ne sont pas réduites à un rapport solitaire entre « la personne et la musique », et là émerge la principale idée mise en évidence par les travaux scientifiques, celle du rapport à l’autre tout à fait essentiel dans tout exercice musical, et marqueur avéré de l’essence de l’humain .

Deux exemples nous ont été donnés issus de travaux scientifiques :
le premier montre que l’incidence positive de la musique ou du chant peut commencer dès le plus jeune âge, comme l’a attesté un test des relations de la mère avec son bébé au travers du chant : on a fait ressortir ainsi l’effet rassurant des sons harmonieux ( berceuses), l’enfant au travers du son musical perçoit une parole apaisante avant même la maîtrise du langage parlé.(analyse des fonctions cérébrales).
L’autre restitution qui nous a été donnée concerne les concertistes, et fait ressortir à quel point la musique parvient à activer les fonctions cérébrales de façon synchronisées lorsqu’on analyse les profils des liaisons neurologiques : il y a une similitude, une harmonie du profil des concertistes, qui fonctionnent chacun en résonance avec les autres .


Conclusion retenue par l’intervenant : la musique a une incidence forte sur les personnes, cette incidence est positive elle renvoie fondamentalement aux notions de communication, de relation à l’autre ; elle est un langage, langage d’harmonie, d’empathie que l’on discerne partout ( des expériences ont montré qu’il n’y a pas de différences selon les origines). Autre constat révélateur d’un impact positif : on tend à vérifier que les personnes immergées dans la matière musicale sont souvent plus à même de maîtriser les problèmes complexes. Ces découvertes permises par les progrès de la science ( IRM) confirment les intuitions selon lesquelles la musique, langage universel, est tout à fait importante en termes civilisationnels en ce qu’elle génère et cultive dans l’esprit humain des vertus d’empathie et de synchronie favorisant le « vivre ensemble »  pour l’enfant et sa mère, les musiciens ensemble, mais aussi, cela a été dit, le musicien et le public.

Voir le site internet de l’UNDC

Pratiques de la philosophie avec les enfants : Cérémonie d’ouverture de la Chaire UNESCO

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Pratiques de la philosophie avec les enfants :
une base éducative pour le dialogue interculturel et la transformation sociale

18 novembre 2016

Une grande nouvelle pour la Philosophie avec les enfants ! A l’occasion de la Journée mondiale de la philosophie 2016, l’UNESCO vient d’officialiser une Chaire sur les « Pratiques de la philosophie avec les enfants : une base éducative pour le dialogue interculturel et la transformation sociale ». C’est la première et seule Chaire UNESCO sur le sujet dans le monde. Établie à l’Université de Nantes, Mme Edwige Chirouter, professeur de philosophie à l’Université de Nantes, en est la coordinatrice avec le parrainage du philosophe Michel Serres. Cette Chaire mettra en réseau une dizaine d’universités et d’associations dans le monde entier.

Trop souvent réduite à l’enseignement secondaire ou universitaire, la pratique de la philosophie est pourtant un des moteurs essentiels pour développer l’esprit critique, les compétences démocratiques, l’empathie, l’ouverture et le respect des cultures des autres.

Lors de ce lancement Mme Irina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO, rappelant une confidence de Pablo Picasso « J’ai mis toute ma vie à savoir dessiner comme un enfant », déclarait : « Ce matin nous vous proposons une ambition du même type, dans l’espoir de philosopher comme les enfants et avec des enfants. Car si le questionnement et l’étonnement sont au fondement de la philosophie, les enfants sont les plus qualifiés dans l’art de poser des questions tranchantes, qui nous surprennent et qui nous font redécouvrir notre capacité à nous étonner. »

Outre Mme Irina Bokova et Mme Edwige Chirouter, participaient à cette cérémonie d’ouverture M. Laurent Stéfanini, ambassadeur de France auprès de l’UNESCO, M. Daniel Janicot, président de la Commission Nationale Française pour l’UNESCO, des représentants des Universités de Nantes et d’Angers, du Ministère de l’Education Nationale, et des personnalités comme le philosophe Frédéric Lenoir et l’essayiste et philosophe Abdennour Bidar, inspecteur général de l’Éducation Nationale.

Un amphithéâtre comble (Salle IV de l’UNESCO) témoignait de l’intérêt porté aujourd’hui aux « pratiques de la philosophie avec les enfants » dans le monde de l’éducation, institutionnel et associatif, en France et dans les pays francophones.

Intervention de Mme Chirouter : finalités et objectifs de la Chaire UNESCO

L’actualité est venu confirmer la nécessité d’ouvrir les enfants dès le plus jeune âge à l’esprit critique, aux valeurs humanistes, à l’égalité entre les hommes et les femmes, à la nécessité d’un dialogue apaisé et respectueux entre toutes les cultures.

La Chaire sur les pratiques de la philosophie avec les enfants (de 4 à 18 ans) a pour objectif d’aider au développement de ces pratiques par la recherche, l’enseignement, la formation, la diffusion d’outils pédagogiques dans les écoles et la Cité.

A cette fin, la Chaire permettra d’assurer une coordination et de mettre en relation les différentes équipes et structures francophones qui travaillent déjà sur ce sujet, ainsi que de consolider des coopérations entre chercheurs et praticiens dans le cadre des relations Nord/Sud. En plus de la formation des animateurs et le développement de la recherche, la Chaire a aussi pour objectif de faire dialoguer des enfants dans le cadre des échanges Nord et Sud (par le biais de plate-formes collaboratives et des réseaux sociaux).

Aujourd’hui le réseau de la Chaire ne touche encore, outre la France, que les trois pays du Maghreb, la Belgique et le Québec. L’objectif est de l’étendre largement au niveau international. De nombreux projets et associations en sont proches comme l’ont montré les intervenants aux Journées de la philosophie 2016 sur les Nouvelles Pratiques Philosophiques (NPP). Parmi eux il faut citer PhiloJeunes (partenariat France-Québec), Enjeu[x] Enfance & Jeunesse (porté par l’Université d’Angers) et Philolab (fondé en 2006 et qui regroupe entre autres Villes Philosophes).

Table ronde, deux témoignages du terrain

Frédéric Lenoir – Dernier livre : « Pratique de la philosophie avec les enfants » résultat de son expérience pendant un an auprès de 400 élèves dans 18 classes à travers le monde. A fondé la Fondation Sève dont l’objectif est de favoriser le développement d’aptitudes au savoir être et au vivre ensemble, et de former des formateurs qui puissent rejoindre les enseignants. Témoigne de l’élaboration à l’occasion d’ateliers d’une « pensée collective » entre les enfants. Exemples de thèmes d’atelier : « le bonheur -> le désir -> être soi », « qu’est-ce qu’une vie réussie ? »

Michel Tozzi – Professeur émérite en sciences de l’éducation et spécialiste de la pratique philosophique avec les enfants depuis 20 ans. A contribué au développement de la Discussion à Visée Démocratique et Philosophique (DVDP). L’atelier discussion : pour l’enfant, une occasion d’apprentissage à s’exprimer, s’écouter, se connaître et se reconnaître tout en réfléchissant à des sujets normalement abordés dans le système français… en classe de terminale. En lien avec le lancement de la Chaire, Michel Tozzi a conduit un atelier « démonstration » avec une classe de CM2 de Meudon sur le thème : « Savoir et croire, ou Science et religion ». Thème qui pouvait paraître hors de la portée d’enfants de CM2 et sensible en ce qui touche à la religion, mais dont la qualité de la conduite de Michel Tozzi a montré qu’il était à la portée des enfants et que la réflexion sur le thème de la religion n’a bloqué aucun d’eux.

En forme de conclusion

La Chaire UNECO sur les «Pratiques de la philosophie avec les enfants : une base éducative pour le dialogue interculturel et la transformation sociale » répond aux multiplicités d’initiatives déjà existantes et à une attente manifeste de la société face aux enjeux de la formation des enfants et adolescents. Elle a devant elle un domaine novateur, un programme considérable et qui ne pourra se réaliser que sur le long terme.

DG – 21-11-16

Aristote et Éducation : Enseigner Aristote

ARISTOTE ET ÉDUCATION

Rencontre avec la Modernité, aide à l’enseignement
UNESCO le vendredi 18 novembre 2016

Trois heures d’échanges sur un thème original – « Enseigner Aristote » – qui pouvait sembler limité dans son objet et un peu daté … Or, il n’en est rien et, à vrai dire, à l’écoute de six experts issus du monde académique européen, les écrits de ce grand penseur de l’antiquité ne sont pas frappés d’un risque d’obsolescence et leur intégration sous des formes appropriées dans nos méthodes éducatives n’ est pas une idée incongrue : 2000 ans après la mort d’Aristote, cet auteur extraordinairement fécond aura apporté un corpus d’idées tout à fait intéressantes qui, singulièrement de nos jours, en un temps si « tourmenté » par les mutations en cours, peuvent aider à la formation des élèves ou des étudiants : il y a bel et bien place pour exploiter les richesses de cet apport pour peu qu’on sache les adapter aux spécificités de notre époque.

Certes, les expériences qui ont été rapportées ne peuvent témoigner que d’une présence limitée des enseignements et de l’étude d’Aristote, avec même parfois un certain déclin qui est regretté, mais il y a toujours un grand intérêt à découvrir ce legs incomparable que constituent les œuvres considérables et extraordinairement variées de cette grande figure intellectuelle et humaniste de l’antiquité. Aristote a quasiment abordé tous les domaines de la connaissance de l’époque et, sur certains points il a même été un précurseur… Ce fut un philosophe, un homme de lettres, mais il aura aussi réfléchi à la politique, l’esthétique, l’éthique, la physique, la biologie etc.

A partir des présentations données par des experts en provenance de Belgique, de Grèce, du Royaume Uni, d’Allemagne, d’Italie, on pourra retenir un certain nombre d’idées forces qui tendent à mettre en évidence la modernité et l’applicabilité pour ainsi dire universelle des enseignements aristotéliciens :

  • une rigueur d’analyse, avec l’exploration de concepts ou l’explicitation d’idées qui aident à structurer la pensée, et même à « penser la pensée » : Aristote fournit ainsi des cadres, des matrices mais aussi des méthodes (par exemple pour organiser les questionnements, favoriser les débats, développer le jugement critique, savoir construire logiquement etc) qui servent à mieux ou bien réfléchir.
  • si on considère le purement réflexif, et pour être plus précis, on relèvera ce qu’il propose comme modes de pensée avec par exemple 1/la distinction entre le un et le multiple ou l’analyse du  « tout et de ses composantes » 2/l’analyse du  « bien » qui ne se circonscrit pas au seul aspect moral, ce qui l’amène à considérer la dimension du lieu (l’habitat) et le conduit jusqu’à évoquer l’ordre du divin 3/les dimensions du continu et du discontinu 4/la question des spécificités ou du genre.
  • Mais les messages d’Aristote ne se réduisent pas au purement abstrait ou au métaphysique : il y a aussi chez lui une démarche et un état d’esprit qui peuvent très bien faire écho aux interrogations et aux préoccupations éducatives actuelles comme par exemple l’idée de promouvoir des approches interdisciplinaires, développer les qualités et les propriétés propices à l’harmonie dans la Cité, l’ouverture d’esprit et corrélativement le refus de s’enfermer dans un domaine.

L’accent a été mis sur quelques autres idées très caractéristiques de la pensée d’Aristote et tout à fait pertinentes vues sous un angle éducatif :

D’abord, le souci constant de rester ancré dans la vraie vie, celle de l’homme ordinaire ou des choses de la vie, avec la vertu de l’exemplarité ou de l’expérimentation, et partant, une réflexion sur la nature humaine et la nature dans leurs vulnérabilités et sans leur grandeur (la beauté, le génie créatif de l’homme etc)

Ensuite, lorsqu’il s’agit des sciences, ne pas omettre d’y réfléchir en termes éthique, savoir garder une certaine distance par rapport à des vérités qui seraient purement calculatoires ou virtuelles.

Dans le même esprit, ne pas réduire la vision du monde au seul domaine rationnel, et laisser la place à l’émotion, au sentiment pour pouvoir trouver du sens, à répondre à d’évidentes aspirations en mobilisant les sens positivement, c’est-à-dire avec une quête du Beau (on retrouve l’importance de l’art, de la poésie).

Finalement, Aristote apporte des clefs pour envisager un monde meilleur. Il le fait au travers d’une multiplicité d’approches qui donnent toute sa valeur à une œuvre qu’il est bon de continuer de cultiver, notamment auprès des jeunes. Ce patrimoine spirituel et intellectuel fait partie de ces « humanités » que l’on gagnera à préserver, en surmontant tous les obstacles (difficulté de la traduction –les textes de Aristote ne sont pas toujours faciles à traduire ou/et interpréter-, concurrence d’idées à la mode et faciles à assimiler, et aussi, hélas, restrictions budgétaires).

Dernier point que l’on aura noté, l’observation sous forme de question de J Crowley, directeur de la division « culture et éducation » de l’UNESCO, faisant référence à l’acronyme « TVET » qui pourrait sembler caractériser les orientations de l’UNESCO (« Technical, Vocational Education, Training ») : n’est on pas un peu trop « instrumental » ? ne devrait-t-on pas mettre plus en évidence certaines des dimensions promues par Aristote ?
Y.N

Lire/relire Aristote par Charles Hummel

Le patrimoine mondial et les musées – UNESCO 2 et 3 novembre 2016

« Le patrimoine mondial et les musées »
Conférence internationale à l’UNESCO

2 & 3 novembre 2016

Cette conférence a été co-organisé par l’UNESCO et le Centre régional arabe pour le patrimoine mondial (ARCWH), en collaboration avec l’ALECSO, l’ICCROM, ICOM, ICOMOS et l’UICN.

« Deux jours pour évoquer les liens intrinsèques entre les sites du patrimoine mondial et les musées liés à ces sites : les musées médiateurs, porteurs de valeurs universelles exceptionnelles, vecteurs d’une histoire et de devoirs communs ; les musées gardiens des sites du patrimoine mondial, de leur intégrité et de leur valorisation, dans un contexte de développement durable social et environnemental. »

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une éducation de qualité pour tous, équitable et au service du développement durable

Consultation Régionale sur l’Objectif Éducation de l’agenda Nations Unies 2030 :
l’ODD 4 pour « une éducation de qualité pour tous,
équitable et au service du développement durable »

UNESCO le 24 octobre 2016

Réunion intergouvernementale des États membres des Groupes UNESCO I et II (Europe et Amérique du Nord) ; avec les représentants des Autorités gouvernementales, de l’UNESCO et des autres agences ONUsiennes concernées (UNICEF, HCR), des experts et les observateurs, près de 300 personnes ont participé à un large échange de vue pour rappeler les enjeux et les défis que recouvre le thème central de l’éducation, préciser, un an après l’adoption du « Plan stratégique de l’ONU à l’horizon 2030 » les conditions de la mise en œuvre de l’objectif 4, avec ses 7 cibles et sa dizaine d’indicateurs associés pour les États des groupes I et II.

Lire le compte rendu

UNESCO – Journée internationale de l’alphabétisation 2016

« Lire le passé, écrire l’avenir »

UNESCO – Journée internationale de l’alphabétisation 2016

50e anniversaire

8 et 9 septembre 2016

Sommaire

Cet événement marque le 50e anniversaire de la Journée internationale de l’alphabétisation proclamée par la Conférence générale de l’UNESCO en 1966. 2016 est aussi la première année de mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon durable 2030, qui comprend l’Objectif de développement 4 (ODD4) visant à « assurer une éducation inclusive et équitable de qualité et à promouvoir des possibilités d’apprentissage tout au long de la vie pour tous ».

La journée a permis au panel ministériel de plusieurs pays de partager l’expérience des progrès accomplis en matière d’alphabétisation dans leurs propre pays et au panel d’experts de haut niveau et de représentants de pays de « lire le passé » et de donner une vision de l’avenir « écrire l’avenir ». Elle a été l’occasion de présenter les conclusions et recommandations du 3ème Rapport mondial sur l’apprentissage et l’éducation des adultes (Global Report on Adult Learning and Education – GRALE III). Enfin point phare de la journée : le lancement de l’Alliance mondiale pour l’alphabétisation –AMA (Global Alliance for Literacy – GAL) associé à l’apprentissage tout au long de la vie, dont la coordination sera assurée par l’UNESCO.

Les interventions ont souligné que, malgré les progrès accomplis, les défis sont considérables pour que soit atteint l’objectif 2030 d’un « monde où tous sachent lire, écrire et compter ». Une conclusion s’impose aujourd’hui : qu’aucune entité (pays, organisation) ne peut atteindre seule l’objectif visé et qu’une action coordonnée mondialement est nécessaire avec une plus grande synergie incluant les entités politiques, le secteur privé et la société civile.

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JOIE : une nouvelle ONG rejoint le réseau du CCIC

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PRÉSENTATION DE

BLAS IN AFRICA

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BLAS in Africa est née de la volonté de jeunes africains de mettre en valeur leurs compétences pour apporter leur participation au développement intégral du continent Africain et du monde. Nos membres, provenant d’horizons divers, s’engagent à capitaliser leurs différentes expériences au service du droit à l’éducation, en s’inspirant de l’intuition de Saint Joseph Calasanz et de l’œuvre du P. Mariano Blas. Notre organisation est enregistrée conformément à la loi camerounaise sous le numéro 00000258/RDA/J06/BAPP du 11 Avril 2011.

BLAS in Africa est une association qui vise à promouvoir l’effectivité de l’éducation intégrale pour tous, en travaillant au niveau stratégique dans le but d’influencer positivement les prises de décision sur les questions éducatives.

BLAS in Africa vise de manière spécifique à :

  • sensibiliser les acteurs de la société civile sur l’importance du droit à l’éducation,
  • créer une plate-forme de dialogue entre les acteurs impliqués dans la défense du droit à l’éducation,
  • promouvoir et participer à des initiatives de réflexion et d’action sur les problématiques du droit à l’éducation.

Car nous avons la ferme conviction que:

  • la réforme de la société passe nécessairement par une bonne éducation des enfants et des jeunes,
  • la synergie entre les jeunes compétents et dévoués est un moyen efficace de faire face et de façon durable à la question de l’éducation,
  • la culture démocratique dont l’Afrique et le monde ont besoin pourrait s’obtenir en œuvrant pour la promotion du droit à l‘éducation,
  • la recherche de solutions durables pour une éducation intégrale devrait, au-delà du travail fait à la base, s’appuyer en amont sur une action efficace au stade de la prise de décision.

Le respect de la dignité humaine, la solidarité inventive et l’efficacité dans notre action sont les valeurs défendues au sein de notre organisation.

Les principales activités de BLAS in Africa s’articulent autour de :

  • Plaidoyer et lobbying,
  • Conférences et débats,
  • Campagne de sensibilisation et de promotion du droit à l’éducation,
  • Études et recherches,
  •  Production et diffusion des films documentaires sur la situation du droit à l’éducation,
  •  Renforcement de capacité des acteurs dans le domaine de l’éducation.

En six années d’existence, nous pouvons présenter les réalisations suivantes :

  • Création d’un observatoire du droit à l’éducation en Afrique,
  • Enquête sur les Contraintes politiques, économiques et écologiques sur les politiques éducatives dans la zone sud du bassin du Lac Tchad,
  • Formation de 500 jeunes élèves des classes de Premières et Terminales sur les valeurs du leadership dans le cadre du programme « Équation du succès »,
  • Mise à la disposition des enfants démunis, d’un cadre approprié et équipé pour les études et les recherches (un espace d’étude, connexion internet, une bibliothèque, des projections de films et débats autour des œuvres scolaires) à travers le programme « DOPO SCUOLA »,
  • Organisation de séminaires de formation en droit à l’éducation,
  • Renforcement des capacités des membres des équipes BLAS,
  • Création d’un groupe de volontaires camerounais ,
  • Formation et encadrement de 50 jeunes leaders à travers le programme « BLAS-Youth Empowerment Center »,
  • Le suivi et l’encadrement de 50 enfants vivant et travaillant dans les rues de Yaoundé,
  • L’accompagnement d’une centaine d’élèves issus des familles défavorisées pour la préparation aux examens nationaux,
  • L’érection de l’Institut Calasanz du Droit à l’Éducation (ICALDE), une Institution Supérieure de Formation et de Recherche, en collaboration avec l’Université Cristobal Colon de Veracruz (Mexique) et le soutien de la Congrégation pour l’Éducation Catholique du Saint-Siège.

 

PRÉSENTATION DES PERES PIARISTES

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Les pères piaristes sont membres d’un Ordre religieux fondé au XVIIème siècle par saint Joseph de Calasanz (1557-1648) dédié à l’apostolat de l’éducation des enfants et des jeunes, de préférence des pauvres, auxquels ils se consacrent avec un quatrième vœu spécial.

Saint Joseph de Calasanz, déclaré en 1948 « Patron Universel de toutes les écoles populaires chrétiennes du monde » par le Pape Pie XII, a le mérite d’avoir ouvert en 1597 « la première école publique populaire gratuite d’Europe » (Von Pastor). Il proclama le droit à l’éducation de tous les enfants et lutta pour cela, ce qui lui valut d’être persécuté. Mais, en même temps, il obtint un résultat extraordinaire car il répondait pleinement aux défis et aux attentes de son temps.

En 1617 fut fondée la Congrégation Pauline des Clercs Réguliers Pauvres de la Mère de Dieu des Ecoles Pies (le nom « pauline » vint du Pape Paul V qui l’approuva), élevée ensuite par Grégoire XV au rang d’Ordre Religieux en 1621 sous son nom actuel. L’Ordre s’étendit bien vite en Italie et en Europe centrale. Saint Joseph de Calasanz rencontre des oppositions qui aboutissent à la suppression de son œuvre par le pape Innocent X (1646) ; elle est rétablie peu après sa mort par le pape Alexandre VII (1656). Actuellement, la congrégation est présente sur les 4 continents (Europe, Asie, Afrique et Amérique) et dans 38 pays.

Pendant plus de quatre siècles, les piaristes, avec d’autres, ont constitué une référence importante dans le domaine de l’éducation. Et aujourd’hui, comme hier, l’éducation des enfants leur tient à cœur, surtout celle des plus démunis, ainsi que les rêves et les aspirations des jeunes. Dans cette mission, ils ne sont pas seuls, ils la partagent avec plus de cent mille laïcs et avec d’autres Congrégations religieuses masculines et féminines qui forment la grande Famille Calasanctienne.

La responsabilité dans l’éducation : une « obligation redditionnelle »

La responsabilité dans l’éducation : une « obligation redditionnelle1 »

A l’initiative d’Aaron Benavot, directeur du « GEM Report2 » de l’UNESCO, rencontre-consultation le 11 avril dernier avec les membres de l’IIEP (Institut International de Planification de l’Education) de l’UNESCO et des experts de différents pays des réseaux du « GEM Report » et de l’IIEP.

Cette rencontre-consultation se situe dans une série de consultations conduites par le « GEM Report » pour la préparation de l’édition 2017 du rapport, dont le thème est : « La responsabilité – obligation redditionnelle – dans l’éducation ». Une « Note conceptuelle » en donne la trame et servait de base aux consultations.

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