Révolution numérique, transhumanisme et devenir humain – Débat le 17 novembre à Angers

Après la table ronde, « De la violence vers la paix, Utopie ou espoir ? » le CCIC poursuit son cycle de soirées préparatoires à la célébration de ses 70 années de collaboration avec l’UNESCO.
Il organise à Angers, avec l’Université catholique de l’ouest et Fondacio jeudi
 17 novembre prochain, une soirée sur le thème « Révolution numérique, transhumanisme et devenir humain » avec Thierry MAGNIN, physicien et théologien, recteur de l’Université Catholique de Lyon et François PROUTEAU, ingénieur sup’telecom et docteur en sciences de l’éducation, président de Fondacio


Révolution numérique, transhumanisme et devenir humain


La révolution numérique bouleverse nos vies et nos vérités. Elle pulvérise la durée, promeut les réseaux, plonge chacun de nous dans un maillage et un flux d’informations qui affectent nos activités tant privées que professionnelles. Les années 2000 semblent marquées par le passage fulgurant (Pierre Giorgini, La transition fulgurante) à une ère nouvelle du tout connecté et de la capacité d’accéder d’un clic aux savoirs universels en tout lieu et à tout instant.

La puissance de calcul, de stockage (Big data) et de transmission des données a explosé. Ordinateurs, réseaux et opérateurs humains interconnectés font partie d’un maillage d’une forme d’intelligence hybride de plus en plus puissante (Joël de Rosnay , L’homme symbiotique). De nouvelles possibilités semblent offertes à l’homme pour étendre ses capacités d’accès à une source quasi infinie d’informations qu’il peut traiter et qu’il peut mettre en interaction dynamique avec d’autres, de manière illimitée, sans aucune frontière.

Chaque jour grandit le nombre des personnes vivant en permanence reliées à un réseau internet via un smartphone. Les Google Glass et les montres connectées préfigurent les objets intelligents de demain, avant que ceux-ci soient eux-mêmes remplacés par des puces de plus en plus petites (nanotechnologies), puissantes et reliées en permanence au cerveau. Leur développement et les avancées des recherches médicales annoncent l’apparition du cyborg (être humain à qui on a incorporé des greffons technologiques pour démultiplier sa force et augmenter la longévité). Un « homme augmenté » naît sous nos yeux, transformé par des liaisons numériques qui poussent comme autant d’excroissances porteuses de nouvelles potentialités de connexions et d’échanges. Cette « augmentation » de l’homme va de l’échelle nanoscopique (nanomachines agissant à l’intérieur du corps humain ) à la dimension planétaire à travers un maillage d’une infinité de combinaisons possibles entre chacun des objets et acteurs intelligents, reliés entre eux.

De nouveaux modes de coopération humaine et technique ne cessent de transformer en profondeur tous les domaines d’activités : logement (airb&nb) ; énergétique (smartgrid) ; économie (co-working ; économie créative) ; construction, production et commercialisation (simulation & conception 3D , e-commerce) ; santé (services à distance à haute valeur ajoutée, nanosciences et nanorobots pour la chirurgie) ; enseignement (cours en ligne ouvert et massif « mooc » ; communautés d’apprentissages d’étudiants-acteurs en lien avec des professeurs-avatars) ; moyens de transport (blablacar, uber, etc.). Partout, le consommateur-acteur-connecté impose un nouveau modèle économique, au point que « tout le monde commence à craindre de se faire ubériser » (Maurice Lévy, PDG de Publicis).

La révolution techno-scientifique aplatit la hiérarchisation des savoirs et des valeurs, privilégie la communication, livre tout et à tout le monde sans médiation. La forme de cette communication instantanée qui aurait réponse à tout n’est-elle pas souvent aux dépends de la qualité de l’information véhiculée et d’une réflexion critique ? Quels sont les impacts (économiques, sociaux, éthiques) de ces échanges uniquement à distance et sans que se rencontrent physiquement les interlocuteurs des transactions ? Cet espace d’échanges numérisés produit-il un nouvel eldorado propice à de nouvelles collaborations constructives et créatives ? Ou le retour au Far West sans foi ni loi où règne le pouvoir du plus fort ? Où les plus fragiles sont systématiquement les victimes de ce nouveau système ?

Cette révolution permet des bonds prodigieux dans le domaine des techniques, des services, ou encore de l’autonomie des personnes. Elle crée des métiers dont l’on ne sait rien encore mais en disqualifie beaucoup d’autres. Elle métamorphose la répartition des tâches et l’organisation sociale qui lui sont liées. Elle s’emballe et emballe nos vies. De quel paradigme humain sortons-nous pour aller vers quel autre ? Quels enthousiasmes pouvons- nous mobiliser dans ce temps de passage ? Avec quelle intériorité ? Vers quelle spiritualité ?

Cet emballement pourrait-il mener l’homme au-delà de ce qu’il souhaiterait pour lui-même, pour les autres ou pour les générations à venir ? Devant cette question, il convient de prendre un temps de recul et de s’interroger sur l’apparition d’une nouvelle manière d’être humain qui se dessine sous nos yeux, à travers les mutations techno-scientifiques qui bouleversent nos sociétés en ce début de 3ème millénaire. C’est l’humanité de l’homme qui est en question, notre nouvelle manière d’être humain qui est en jeu. La définition de l’humain n’est-elle pas devenue trouble ? Il nous faut l’interroger dans ce nouveau paradigme pour accueillir une nouvelle manière collaborative de concevoir, représenter et mettre en œuvre notre humanité. Il convient de coupler ce regard anthropologique avec une réflexion éthique, « le mouvement même de la liberté qui cherche une vie bonne, dans la sollicitude envers autrui et dans un juste usage des institutions sociales » (Paul Ricœur, Soi-même comme un autre).

Chacune des étapes de cette problématique est une occasion d’aiguiser notre vigilance et de nous interroger nous-mêmes, nos partenaires et l’UNESCO sur autant de questions d’actualité où se joue l’avenir du monde et des hommes.

Il ne s’agit pas seulement d’organisation et de moyens nouveaux mais surtout des conditions de notre libération quand les risques d’aliénation se multiplient.
Il s’agit de
l’humanisation grandissante à laquelle nous appelle le sens d’une vie à redécouvrir, à annoncer et à proposer dans les formes du monde à naître.
Cette démarche exigeante et nécessaire est notre manière de participer, avec d’autres et dans le respect de tous, à l’évangélisation du monde.

 

JOIE : une nouvelle ONG rejoint le réseau du CCIC

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PRÉSENTATION DE

BLAS IN AFRICA

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BLAS in Africa est née de la volonté de jeunes africains de mettre en valeur leurs compétences pour apporter leur participation au développement intégral du continent Africain et du monde. Nos membres, provenant d’horizons divers, s’engagent à capitaliser leurs différentes expériences au service du droit à l’éducation, en s’inspirant de l’intuition de Saint Joseph Calasanz et de l’œuvre du P. Mariano Blas. Notre organisation est enregistrée conformément à la loi camerounaise sous le numéro 00000258/RDA/J06/BAPP du 11 Avril 2011.

BLAS in Africa est une association qui vise à promouvoir l’effectivité de l’éducation intégrale pour tous, en travaillant au niveau stratégique dans le but d’influencer positivement les prises de décision sur les questions éducatives.

BLAS in Africa vise de manière spécifique à :

  • sensibiliser les acteurs de la société civile sur l’importance du droit à l’éducation,
  • créer une plate-forme de dialogue entre les acteurs impliqués dans la défense du droit à l’éducation,
  • promouvoir et participer à des initiatives de réflexion et d’action sur les problématiques du droit à l’éducation.

Car nous avons la ferme conviction que:

  • la réforme de la société passe nécessairement par une bonne éducation des enfants et des jeunes,
  • la synergie entre les jeunes compétents et dévoués est un moyen efficace de faire face et de façon durable à la question de l’éducation,
  • la culture démocratique dont l’Afrique et le monde ont besoin pourrait s’obtenir en œuvrant pour la promotion du droit à l‘éducation,
  • la recherche de solutions durables pour une éducation intégrale devrait, au-delà du travail fait à la base, s’appuyer en amont sur une action efficace au stade de la prise de décision.

Le respect de la dignité humaine, la solidarité inventive et l’efficacité dans notre action sont les valeurs défendues au sein de notre organisation.

Les principales activités de BLAS in Africa s’articulent autour de :

  • Plaidoyer et lobbying,
  • Conférences et débats,
  • Campagne de sensibilisation et de promotion du droit à l’éducation,
  • Études et recherches,
  •  Production et diffusion des films documentaires sur la situation du droit à l’éducation,
  •  Renforcement de capacité des acteurs dans le domaine de l’éducation.

En six années d’existence, nous pouvons présenter les réalisations suivantes :

  • Création d’un observatoire du droit à l’éducation en Afrique,
  • Enquête sur les Contraintes politiques, économiques et écologiques sur les politiques éducatives dans la zone sud du bassin du Lac Tchad,
  • Formation de 500 jeunes élèves des classes de Premières et Terminales sur les valeurs du leadership dans le cadre du programme « Équation du succès »,
  • Mise à la disposition des enfants démunis, d’un cadre approprié et équipé pour les études et les recherches (un espace d’étude, connexion internet, une bibliothèque, des projections de films et débats autour des œuvres scolaires) à travers le programme « DOPO SCUOLA »,
  • Organisation de séminaires de formation en droit à l’éducation,
  • Renforcement des capacités des membres des équipes BLAS,
  • Création d’un groupe de volontaires camerounais ,
  • Formation et encadrement de 50 jeunes leaders à travers le programme « BLAS-Youth Empowerment Center »,
  • Le suivi et l’encadrement de 50 enfants vivant et travaillant dans les rues de Yaoundé,
  • L’accompagnement d’une centaine d’élèves issus des familles défavorisées pour la préparation aux examens nationaux,
  • L’érection de l’Institut Calasanz du Droit à l’Éducation (ICALDE), une Institution Supérieure de Formation et de Recherche, en collaboration avec l’Université Cristobal Colon de Veracruz (Mexique) et le soutien de la Congrégation pour l’Éducation Catholique du Saint-Siège.

 

PRÉSENTATION DES PERES PIARISTES

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Les pères piaristes sont membres d’un Ordre religieux fondé au XVIIème siècle par saint Joseph de Calasanz (1557-1648) dédié à l’apostolat de l’éducation des enfants et des jeunes, de préférence des pauvres, auxquels ils se consacrent avec un quatrième vœu spécial.

Saint Joseph de Calasanz, déclaré en 1948 « Patron Universel de toutes les écoles populaires chrétiennes du monde » par le Pape Pie XII, a le mérite d’avoir ouvert en 1597 « la première école publique populaire gratuite d’Europe » (Von Pastor). Il proclama le droit à l’éducation de tous les enfants et lutta pour cela, ce qui lui valut d’être persécuté. Mais, en même temps, il obtint un résultat extraordinaire car il répondait pleinement aux défis et aux attentes de son temps.

En 1617 fut fondée la Congrégation Pauline des Clercs Réguliers Pauvres de la Mère de Dieu des Ecoles Pies (le nom « pauline » vint du Pape Paul V qui l’approuva), élevée ensuite par Grégoire XV au rang d’Ordre Religieux en 1621 sous son nom actuel. L’Ordre s’étendit bien vite en Italie et en Europe centrale. Saint Joseph de Calasanz rencontre des oppositions qui aboutissent à la suppression de son œuvre par le pape Innocent X (1646) ; elle est rétablie peu après sa mort par le pape Alexandre VII (1656). Actuellement, la congrégation est présente sur les 4 continents (Europe, Asie, Afrique et Amérique) et dans 38 pays.

Pendant plus de quatre siècles, les piaristes, avec d’autres, ont constitué une référence importante dans le domaine de l’éducation. Et aujourd’hui, comme hier, l’éducation des enfants leur tient à cœur, surtout celle des plus démunis, ainsi que les rêves et les aspirations des jeunes. Dans cette mission, ils ne sont pas seuls, ils la partagent avec plus de cent mille laïcs et avec d’autres Congrégations religieuses masculines et féminines qui forment la grande Famille Calasanctienne.

« L’altérité homme/femme chez les entrepreneurs et chez les dirigeants : une bonne nouvelle ?! »

Comme cela avait été convenu entre le CCIC et les EDC Île de France, le Professeur Jean Caron, normalien agrégé de philosophie est venu le 21/06/2016, au 67 rue de Sèvres, illustrer le thème : « L’altérité homme/femme chez les entrepreneurs et chez les dirigeants : une bonne nouvelle ?! »

Ses propos prenaient sens par rapport aux deux chantiers initiés dans les deux mouvements, pour deux célébrations distinctes en mars 2017, et devaient contribuer à une réflexion, sur hommes et femmes en reconnaissance mutuelle au service d’un plus grand bien.

En analysant la question posée, 3 axes de réflexion émergent :

– une problématique de gouvernance vue à travers l’expérience d’un professeur de classes préparatoires dédiées,
– les réponses apportées sont elles une bonne nouvelle pour les chrétiens ?
– l’anthropologie humaine basée sur « homme et femme Il le créa » c’est-à-dire « être relationnel »invite à penser une parité qui mérite d’être dite dans un contexte nouveau.

I ) Dans les classes préparatoires, un recul de 25 ans d’enseignement, permet de dire que les jeunes filles sont de plus en plus nombreuses à réussir dans la filière « management ». Elles ont à la fois l’aspiration et les qualités pour le faire. Les garçons acceptent cette situation et le temps d’études vécu ensemble les enrichit mutuellement et se déroule sans heurts. Pour autant la réalité homme/femme se vit toujours au singulier.

Au début de la vie professionnelle des uns et des autres les choses changent, surtout si des relations se nouent menant à la naissance d’enfants. Les vieux stéréotypes ont tendance à reprendre le dessus. L’arrivée des premiers enfants est souvent vécue comme un blocage dans la carrière de leur mère. Elle valorise sa qualité de vie au travail et sa vie personnelle, ne cherchant pas à crever le plafond de verre, qui la sépare des hautes sphères de gouvernance, alors qu’elle en a les capacités. Les garçons eux font la course au statut, au salaire, au prestige et décrochent pour la moitié d’entre eux leur premier poste à l’étranger.

Ces constats provoquent l’étonnement :

  • Il se vit une belle altérité pendant les études tandis que les modèles changent moins vite dans la vie active. Les hommes aspirent cependant à un univers plus différencié, plus mixé et les femmes souhaitent y déployer tous leurs talents.

  • L’évolution dans l’organisation des entreprises (en droit et en pratique) affiche un désir de « plus de femmes » pour des raisons d’efficacité : là où les femmes dirigent il y a moins de blocages. Ces dernières s’investissent assez naturellement dans le prendre soin, la mise en relation (le care) alors que ce domaine est moins bien évalué dans les catégories sociales, avec tous les inconvénients qui en découlent (niveau de salaire entre autre). L’articulation entre les différents types de compétences devrait être favorisée dans les entreprises.

II) Quelle réactions des chrétiens face à ces constats ? S’agit il d’une bonne nouvelle ?

Il faut se souvenir qu’en son temps le Christ a eu des relations très fortes avec des femmes, peu considérées en général dans la culture de l’époque. Il a été attentif au charisme féminin, cet apport spécifique a marqué le christianisme. Par le passé, des femmes ont apporté une contribution non négligeable à l’évangélisation: fondation de monastères, de missions, de lieux d’éducation, de soins… Le christianisme a été libérateur d’énergies féminines et a introduit l’égalité dans le jeu des différenciations.

Dans un contexte actuel d’évangélisation, le « talent » des femmes, leur charisme est il reconnu ? Se sentent elles épaulées ? Les africaines répondraient par l’affirmative sans hésiter, mais dans notre monde occidental, qu’en est il ?

III) Qu’a à nous dire l’anthropologie ?

Son enjeu est important puisqu’il s’agit de la conception fondamentale de l’être humain. Elle cherche à « unifier en chacun le corps et l’esprit », la seule différenciation culturelle de base étant d’être homme ou femme.

  • Si nous nous plaçons dans une vision individualiste, l’affirmation de l’égalité des individus conduirait à l’indifférenciation entre eux.

  • Dans une vision communautariste la différence homme/femme complémentaires, ne pourrait être pensée que comme inégalitaire.

  • Dans une vision naturaliste les pôles seraient pensés une fois pour toutes, alors que la réalité est plus complexe.

Il nous faut penser une anthropologie qui délivre de l’indifférenciation totale, comme de la complémentarité, puisqu’elle aboutit à une hiérarchisation.

La différence homme/femme est irréductible et chaque personne est une réalité unique, chaque réalité étant différente. L’unicité de la personne n’est pas indépendante de ses multiples identités qui l’engagent dans sa lignée, sa langue, sa culture, sa santé… Le « gender » a en partie raison en parlant d’identités construites, mais il ne tient pas compte du fait que ces identités sont secondes et variables dans le temps.

Malgré cette diversité irréductible d’individus et cette diversité d’appartenances, « l’essence humaine » qui nous caractérise est la même, que l’on soit homme ou femme. Nous recevons notre nature et ne l’accaparons pas. Un être ne saurait se réduire à son corps complexe. Il y a un manque en chacun de nous, qui à lui seul ne peut pas être « l’Être Humain ». Ce manque, qui introduit un désir d’altérité en chacun, est aussi la promesse d’une rencontre possible, d’une co – humanité pour exister. Ne pas vouloir ou pouvoir le reconnaître, alimente chez certains de nos contemporains un désir jamais satisfait d’autosuffisance, de toute puissance.

Cependant il ne faut pas hypertrophier la différence. Masculin et féminin ne peuvent se découvrir qu’en se rencontrant, dans la famille en tout premier lieu et en travaillant ensemble. Nous sommes dans « l’espérance de la fécondité » dans la rencontre du JE et du TU.

L’homme occidental contemporain « crève » car il a construit une « anthropologie de la solitude, autonome, solitaire, affirmation arrogante de soi même » et non une anthropologie de la solidarité.

Nous avons à être témoins de la relation féconde et heureuse du masculin et du féminin. Nos adolescents ont envie de vivre la complémentarité des dons, qu’ils découvrent dans la famille. Il nous faut changer nos manières d’être, car la fracture que nous portons en nous nous oblige tous à entrer en communion. Telle est la conclusion à laquelle nous avons été brillamment menés, avant de passer à l’exercice questions/réponses.

Visiter le site web des EDC

Françoise Meauzé.

UNESCO : Journée Mondiale de l’océan du 8 juin 2016

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L’océan atlantique en tempête

Cette journée s’inscrit dans la suite de la COP 21, Conférence sur le climat tenue à Paris en décembre 2015 et dans la perspective de la COP 22 qui se tiendra à Marrakech en 2016.

Il est à noter que les 20 premières Conférences des Parties (COP) n’ont laissé aucune place au facteur des océans, qui sont pourtant une des composantes majeures du climat. D’où la nécessité de remettre les océans à leur juste place, ce qui a été fait à Paris, et le sera à Marrakech.

Rappel du rôle des océans dans la question climatique : L’énergie solaire est absorbée par les océans qui en renvoient une grande partie dans l’atmosphère et dans l’espace sous forme de rayonnement et de vapeur d’eau. De plus l’océan a une forte capacité d’absorption du CO2. L’augmentation de la teneur en CO2 de l’atmosphère induit une hausse des températures, mais aussi un excès de CO2 dans les océans avec des conséquences négatives.

Problématique de la période actuelle :

  • Le changement des équilibres mer/atmosphère modifie aussi le processus d’évaporation et donc des pluies et des perturbations météorologiques ainsi que des modifications des courants marins de surface et en profondeur

  • La concentration excessive de CO2 dans l’eau de mer provoque :

      • Une désoxygénation des océans avec des conséquences sur la faune marine,

      • Une acidification des océans qui attaque les structures calcaires (coraux et coquillages, arêtes de poissons notamment).

  • Il faut prendre en compte les effets des pollutions terrestres qui se jettent dans la mer et celles des pollutions marines liées aux transports. On estime les pollutions dans les mers à 4 millions de tonnes par an (dont 3 liées aux plastiques).

  • A noter aussi, la hausse du niveau des mers et ses conséquences sur les rivages et les iles, même si les mesures doivent encore être affinées.

  • Enfin, il semblerait que l’absence de responsabilité effective des États sur le contrôle et l’entretien des Océans aurait contribué à oublier l’importance de leur rôle dans la question du climat.

Déroulement de la journée et Conclusionscalme

Les éléments rappelés ci-dessus ont été amplement développés par les différents conférenciers.

Sur un plan concret, il apparaît que les connaissances des phénomènes évoqués ne sont pas encore suffisantes et que les observations scientifiques doivent être poursuivies par les différents laboratoires et instances telles que le GIEC. En revanche la lutte contre les pollutions et déchets reste d’actualité.

La question des océans sera prioritaire dans les prochaines conférences COP, et notamment celle de Marrakech. Des réunions de scientifiques prépareront ce prochain rendez-vous. Et ensuite il est prévu un rapport complet du GIEC pour 2022, qui sera précédé pour les océans de rendez-vous en 2018 et 2019, au cours desquels sera notamment abordé la question de la hausse des températures.

Le rôle des océans comme facteur primordial de l’évolution des climats est enfin reconnu par les instances concernées.

Israël – Palestine : Le CCIC analyse la décision du 199ème Conseil exécutif de l’UNESCO

Les décisions 19 et suivantes du 199ème Conseil Exécutif de l’Unesco tenu du 4 au 15 avril 2016, ont provoqué de multiples réactions.

Le Conseil avait été saisi d’une demande de la Palestine, soutenue par 6 pays amis. Cela concernait l’aggravation des relations entre israéliens et palestiniens, en particulier à Jérusalem. L’émotion suscitée a été telle que la délégation permanente de la Palestine auprès de l’UNESCO a publié un communiqué de presse mettant en cause « l’emballement médiatique » ayant fait suite au Conseil Exécutif.

Depuis octobre 2015, la situation à Jérusalem est très tendue au point que l’on craint une nouvelle intifada, celle des couteaux, car les violences de part et d’autre sont quotidiennes. Le cycle provocation / réaction ne semble pas vouloir se calmer. En octobre 2015 déjà, Madame Bokova parlait « d’une tentative honteuse et trompeuse de réécrire l’Histoire » à propos de la décision de l’autorité palestinienne de transformer le nom du mur des lamentations sur le Mont du Temple à Jérusalem.

Les juifs ont accès à ce lieu, mais n’ont pas le droit d’y prier, alors qu’il s’agit du lieu le plus révéré dans le judaïsme. Seuls les musulmans peuvent y prier, alors que c’est le troisième lieu saint de l’islam, sous le nom d’esplanade des mosquées.

Un rappel de l’Histoire semble nécessaire. C’est en effet en ce lieu que les deux temples ont été érigés pendant 1.000 ans, bien avant l’Hégire. Jérusalem est la capitale du judaïsme comme la Mecque est celle de l’islam.

Madame Bokova préconisait aussi de « prendre des décisions qui n’alimentent pas davantage les tensions sur le terrain ».

Les décisions du 199ème Conseil Exécutif vont-elles dans ce sens ?

Il est précisé dès les premières lignes que les recommandations issues du Conseil, « n’affecteront en rien les résolutions et décisions pertinentes du Conseil de Sécurité et des Nations Unies, concernant les deux sites palestiniens à Hébron et Bethléem ».

Après cette mise au point, le texte regrette entre autre, le refus d’Israël de mettre en œuvre les précédentes décisions de l’Unesco, concernant Jérusalem en particulier (185 EX/11). Il regrette aussi la continuation de travaux et de fouilles par Israël et prie la Directrice Générale de « maintenir et dynamiser ses efforts »

En ce qui concerne la vieille ville de Jérusalem et ses remparts, il est regretté qu’Israël « puissance occupante » ne se soit pas conformée aux 11 décisions du Conseil Exécutif, ni aux 6résolutions du Comité du patrimoine mondial.

En ce qui concerne la Mosquée al-Aqsa/Al Haram al/Sharif, Ie texte dénonce « les agressions sur civils, les arrestations de fidèles musulmans et blessures sur des gardes jordaniens de la force Waq, ce qui viole le caractère sacré et l’intégrité de la mosquée »

Le texte regrette aussi le refus par Israël d’accorder « des visas  sans concessions » aux experts de l’Unesco chargés de restaurer les manuscrits islamiques. S’ajoute à ces regrets l’approbation par Israël d’une ligne de funiculaire à 2 voies ainsi que d’autres constructions à Jérusalem Est.

Le texte remercie la Directrice Générale des initiatives déjà prises à Gaza dans les domaines de la culture, l’éducation et de la jeunesse, ainsi que pour la protection et la sécurité des professionnels des médias.

Il est précisé ensuite, que le tombeau des patriarches à Hébron et la tombe de Rachel à Bethléem, font partie intégrante de la Palestine. Celle-ci désapprouve « les fouilles illicites, la construction de routes et de murs de séparation ». Il est demandé d’empêcher les agressions contre les résidents et les écoliers palestiniens.

Commentaire :

La vérité historique paraît n’avoir aucune prise sur des protagonistes qui semblent ignorer le contenu des manuels d’Histoire et la chronologie d’événements fondateurs d’une civilisation.

L’Unesco doit être sensible aux risques de manipulations, tout en répondant aux demandes formulées selon ses règles de fonctionnement, sans prendre le risque d’alimenter davantage les tensions sur le terrain, où le dialogue entre les deux belligérants semble dramatiquement absent.

« BROTHERS », huile sur toile, 162 X 130 cm par Cornel Barsan
« BROTHERS », huile sur toile, 162 X 130 cm par Cornel Barsan

L’utilisation des sentiments d’humiliation et de colère ne peut contribuer à « construire dans le cœur des hommes les barrières de la paix », mission première de l’Unesco, paix dont l’avenir de l’ensemble des habitants a un urgent besoin.

Le Pape François dans son invocation pour la Paix faite en présence de Shimon Peres, Mahmoud Abbas et Bartolomeo Ier, dans les jardins du Vatican le 8 juin 2014 déclarait déjà : « pour faire la paix, il faut du courage, bien plus que pour faire la guerre. Il faut du courage pour dire….oui au dialogue et non à la violence… oui au respect des accords et non aux provocations ; oui à la sincérité et non à la duplicité ».

Lien vers la décision du Conseil exécutif

 

BROTHERS : Le peintre d’origine roumaine Cornel Barsan aspire à l’unité et à la paix entre tous les hommes: « Dans la pratique de sa religion, chacun vient avec « son » mur, psychologique, spirituel. C’est là que réside le drame de la séparation des hommes. Notre foi et notre amour feront de sorte qu’en priant devant notre mur, nous avancerons et rencontrerons l’autre à un moment donné, dans l’unité et l’amour, en nous libérant des préjugés et de la haine ».

 

Réfugiés et villes accueillantes : un autre regard

Villes accueillantes pour les réfugiés : Promotion de l’inclusion et protection des droits, un autre regard….

Une table ronde organisée le 9 mai 2016 à l’UNESCO sous l’égide de la Fondation Vardinoyannis et de la Coalition européenne des cités contre le racisme.

Un discours assez différent de ce que l’on entend venant du monde médiatique ou politique, plus concret, plus positif. Les migrations sont un fait, les villes sont mobilisées, il y a des difficultés logistiques ou budgétaires à surmonter, mais, plus encore, il faut vaincre les peurs, réussir l’intégration des arrivants. Ici beaucoup passe par l’organisation de dialogues, par le culturel, l’apprentissage des valeurs des pays d’accueil, singulièrement leurs langues. L’accent est mis sur le respect des personnes dans leur dignité, l’importance de l’éducation, et aussi singulièrement au Liban et en Grèce sur l’attention à porter aux populations les plus fragiles, notamment la petite enfance. Autre idée mise en exergue : l’apport avéré des migrants, en termes économiques mais aussi de créativité.

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