Deux jeunes étudiantes découvrent le travail des ONG à l’UNESCO

A l’invitation du CCIC, deux jeunes étudiantes (à Sciences Po Paris et à Dauphine) découvrent le travail des ONG à l’UNESCO.

« Le 2 juin 2016, accompagnée d’une amie qui étudie à Dauphine, j’ai franchi les portes de l’UNESCO pour assister à la réunion inter-ONG de préparation du forum sur la paix qui aura lieu au Mexique à la rentrée prochaine.
 
Nous y avons découvert une diversité d’associations telles que Peace And Sport qui vise à promouvoir la paix via les rencontres sportives. Toutes ces associations et leurs représentants ont à cœur de favoriser la paix dans le monde. Ainsi souhaitent-ils faire de ce forum une réussite d’où naîtront des mesures et des résolutions concrètes dans le sens du pacifisme. Cette réussite passe par une organisation optimale du forum et c’est pourquoi la réunion à laquelle j’ai assisté était en majorité de l’ordre logistique. Les principaux thèmes de ce forum ont été également rappelés : éducation – sport – dialogues interculturels…
 
Nous avons été agréablement marquées par la solidarité entre les associations. Celles qui avaient des antennes au Mexique ont spontanément proposé leur aide à l’organisation du forum et à l’accueil des participants. Cependant nous avons été étonnées par l’amplitude des sujets à traiter lors de ce forum qui ne durera que deux jours. Nous craignions que cela soit trop ambitieux pour pouvoir aller en profondeur des thèmes afin d’en tirer des mesures précises et réalisables.
 
Assister à une réunion de préparation d’un forum de l’UNESCO fut une riche expérience bien qu’il soit frustrant de ne pouvoir se rendre à ce forum pour y observer la tournure que prendront les discutions là-bas. Ce fut également l’occasion de rencontrer des membres d’ONG de diverses nationalités qui nous ont fait partager les causes de leur engagement associatif.
 
Espérons en tout cas que ce forum portera les fruits attendus ! »

C.M.

lien vers le Forum

JMJ 2016 : « Mémoire, courage et espérance »

Entretien avec Mgr Tony Anatrella
Monseigneur Tony Anatrella, psychanalyste et spécialiste en psychiatrie sociale, consulteur du Conseil pontifical pour la famille et du Conseil pontifical pour la santé, analyse pour Zenit les enjeux de ces Journées Mondiales de la Jeunesse.

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Attentat de Saint Étienne du Rouvray le 26 juillet 2016 – Communiqué du CCIC

Communiqué  du CCIC  suite à l’attentat perpétré  à Saint Étienne du Rouvray

Le CCIC, marqué une fois de plus par l’horreur d’un nouvel attentat qui a visé cette fois-ci l’Église catholique, prend pleinement part à la douleur de la petite ville de Saint Étienne du Rouvray, de la famille du Père Hamel, de celles des otages dont l’un a été grièvement blessé lors de l’agression meurtrière revendiquée par DAECH. Il s’associe à la prière des fidèles des différentes religions manifestée ce jour lors de la messe présidée par le Cardinal Vingt Trois à la Cathédrale Notre Dame  de Paris.

Le père Hamel a été sacrifié par la haine, au moment où il célébrait la mémoire de la mort et la résurrection de Celui qui est au cœur de notre foi. La sidération dans laquelle nous plonge cet acte de barbarie ne doit pas se transformer en résignation face au mal qui cherche à détruire la vie à laquelle nous sommes appelés. Le mal existera toujours mais les faits récents nous conduisent à nous dresser pour oser l’affronter et participer pleinement à une prise de responsabilité. Toutes les composantes de la société : les États, les croyants des différentes religions, les familles, les associations,  chacune a une tâche à laquelle elle ne peut déroger.

Nous voulons avec d’autres accentuer la culture de la paix qui met en œuvre avec conviction et détermination les moyens de neutraliser toute attitude sectaire, en restant unis face aux discours de haine, en inventant de nouveaux savoir-être-ensemble, en ouvrant les cœurs à la transcendance qui conduit à la réconciliation.

Paris le 27 juillet 2016

Attentat de Nice le 14 juillet 2016 – Communiqué du CCIC

Le Centre Catholique International de Coopération avec l’UNESCO, réseau d’organisations non gouvernementales (ONG) d’inspiration catholique partenaires de l’UNESCO, a été bouleversé comme l’ensemble de la communauté internationale par le nouvel attentat horrible du 14 juillet à Nice en France. La stratégie terroriste du Groupe État Islamique ou DAECH a atteint encore une fois de nombreux innocents dont des enfants heureux de vivre une fête en famille.

Le CCIC tient à exprimer sa compassion et son soutien aux familles et amis des victimes. Il veut y associer les très nombreux secouristes qui ont mis en œuvre spontanément une solidarité profonde, les centres hospitaliers ainsi que les services de l’État et de la ville écrasés par les conséquences de cet événement d’une cruauté calculée.

Les membres du CCIC refusent sans relâche une attitude de passivité devant ces drames qui endeuillent aveuglement la planète. Ils recherchent avec d’autres de nouveaux moyens de développer une pédagogie de la fraternité, de la non-violence et du respect sacré de la vie humaine. Il est temps que la Déclaration Universelle des droits de l’Homme ne soit plus bafouée et que s’ouvrent les frontières pour la proclamer et agir pour sa mise en œuvre.

Paris le 21 juillet 2016

Christine Roche
Présidente

Patrimoine mondial de l’UNESCO : les églises géorgiennes de Mtskheta à nouveau sur la liste principale


Le Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO a retiré les églises géorgiennes de Mtskheta de la liste des monuments en péril et les a réintroduits dans la liste principale des sites du patrimoine mondial.

Lire le communiqué sur Infocatho

Les églises historiques de Mtskheta (Géorgie) sur le site de l’UNESCO

« L’altérité homme/femme chez les entrepreneurs et chez les dirigeants : une bonne nouvelle ?! »

Comme cela avait été convenu entre le CCIC et les EDC Île de France, le Professeur Jean Caron, normalien agrégé de philosophie est venu le 21/06/2016, au 67 rue de Sèvres, illustrer le thème : « L’altérité homme/femme chez les entrepreneurs et chez les dirigeants : une bonne nouvelle ?! »

Ses propos prenaient sens par rapport aux deux chantiers initiés dans les deux mouvements, pour deux célébrations distinctes en mars 2017, et devaient contribuer à une réflexion, sur hommes et femmes en reconnaissance mutuelle au service d’un plus grand bien.

En analysant la question posée, 3 axes de réflexion émergent :

– une problématique de gouvernance vue à travers l’expérience d’un professeur de classes préparatoires dédiées,
– les réponses apportées sont elles une bonne nouvelle pour les chrétiens ?
– l’anthropologie humaine basée sur « homme et femme Il le créa » c’est-à-dire « être relationnel »invite à penser une parité qui mérite d’être dite dans un contexte nouveau.

I ) Dans les classes préparatoires, un recul de 25 ans d’enseignement, permet de dire que les jeunes filles sont de plus en plus nombreuses à réussir dans la filière « management ». Elles ont à la fois l’aspiration et les qualités pour le faire. Les garçons acceptent cette situation et le temps d’études vécu ensemble les enrichit mutuellement et se déroule sans heurts. Pour autant la réalité homme/femme se vit toujours au singulier.

Au début de la vie professionnelle des uns et des autres les choses changent, surtout si des relations se nouent menant à la naissance d’enfants. Les vieux stéréotypes ont tendance à reprendre le dessus. L’arrivée des premiers enfants est souvent vécue comme un blocage dans la carrière de leur mère. Elle valorise sa qualité de vie au travail et sa vie personnelle, ne cherchant pas à crever le plafond de verre, qui la sépare des hautes sphères de gouvernance, alors qu’elle en a les capacités. Les garçons eux font la course au statut, au salaire, au prestige et décrochent pour la moitié d’entre eux leur premier poste à l’étranger.

Ces constats provoquent l’étonnement :

  • Il se vit une belle altérité pendant les études tandis que les modèles changent moins vite dans la vie active. Les hommes aspirent cependant à un univers plus différencié, plus mixé et les femmes souhaitent y déployer tous leurs talents.

  • L’évolution dans l’organisation des entreprises (en droit et en pratique) affiche un désir de « plus de femmes » pour des raisons d’efficacité : là où les femmes dirigent il y a moins de blocages. Ces dernières s’investissent assez naturellement dans le prendre soin, la mise en relation (le care) alors que ce domaine est moins bien évalué dans les catégories sociales, avec tous les inconvénients qui en découlent (niveau de salaire entre autre). L’articulation entre les différents types de compétences devrait être favorisée dans les entreprises.

II) Quelle réactions des chrétiens face à ces constats ? S’agit il d’une bonne nouvelle ?

Il faut se souvenir qu’en son temps le Christ a eu des relations très fortes avec des femmes, peu considérées en général dans la culture de l’époque. Il a été attentif au charisme féminin, cet apport spécifique a marqué le christianisme. Par le passé, des femmes ont apporté une contribution non négligeable à l’évangélisation: fondation de monastères, de missions, de lieux d’éducation, de soins… Le christianisme a été libérateur d’énergies féminines et a introduit l’égalité dans le jeu des différenciations.

Dans un contexte actuel d’évangélisation, le « talent » des femmes, leur charisme est il reconnu ? Se sentent elles épaulées ? Les africaines répondraient par l’affirmative sans hésiter, mais dans notre monde occidental, qu’en est il ?

III) Qu’a à nous dire l’anthropologie ?

Son enjeu est important puisqu’il s’agit de la conception fondamentale de l’être humain. Elle cherche à « unifier en chacun le corps et l’esprit », la seule différenciation culturelle de base étant d’être homme ou femme.

  • Si nous nous plaçons dans une vision individualiste, l’affirmation de l’égalité des individus conduirait à l’indifférenciation entre eux.

  • Dans une vision communautariste la différence homme/femme complémentaires, ne pourrait être pensée que comme inégalitaire.

  • Dans une vision naturaliste les pôles seraient pensés une fois pour toutes, alors que la réalité est plus complexe.

Il nous faut penser une anthropologie qui délivre de l’indifférenciation totale, comme de la complémentarité, puisqu’elle aboutit à une hiérarchisation.

La différence homme/femme est irréductible et chaque personne est une réalité unique, chaque réalité étant différente. L’unicité de la personne n’est pas indépendante de ses multiples identités qui l’engagent dans sa lignée, sa langue, sa culture, sa santé… Le « gender » a en partie raison en parlant d’identités construites, mais il ne tient pas compte du fait que ces identités sont secondes et variables dans le temps.

Malgré cette diversité irréductible d’individus et cette diversité d’appartenances, « l’essence humaine » qui nous caractérise est la même, que l’on soit homme ou femme. Nous recevons notre nature et ne l’accaparons pas. Un être ne saurait se réduire à son corps complexe. Il y a un manque en chacun de nous, qui à lui seul ne peut pas être « l’Être Humain ». Ce manque, qui introduit un désir d’altérité en chacun, est aussi la promesse d’une rencontre possible, d’une co – humanité pour exister. Ne pas vouloir ou pouvoir le reconnaître, alimente chez certains de nos contemporains un désir jamais satisfait d’autosuffisance, de toute puissance.

Cependant il ne faut pas hypertrophier la différence. Masculin et féminin ne peuvent se découvrir qu’en se rencontrant, dans la famille en tout premier lieu et en travaillant ensemble. Nous sommes dans « l’espérance de la fécondité » dans la rencontre du JE et du TU.

L’homme occidental contemporain « crève » car il a construit une « anthropologie de la solitude, autonome, solitaire, affirmation arrogante de soi même » et non une anthropologie de la solidarité.

Nous avons à être témoins de la relation féconde et heureuse du masculin et du féminin. Nos adolescents ont envie de vivre la complémentarité des dons, qu’ils découvrent dans la famille. Il nous faut changer nos manières d’être, car la fracture que nous portons en nous nous oblige tous à entrer en communion. Telle est la conclusion à laquelle nous avons été brillamment menés, avant de passer à l’exercice questions/réponses.

Visiter le site web des EDC

Françoise Meauzé.

Liège 2017 : Conférence Mondiale des Humanités

« défis et responsabilités pour une planète en transition »

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Compte-rendu de la réunion de présentation du projet tenue le 21 juin 2016

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Cette conférence, qui sera « une première », se tiendra à Liège du 6 au 12 août 2017.

Elle est organisée par une fondation dédiée dont les trois membres organisateurs de l’événement sont l’UNESCO (dans le cadre du programme MOST management of social transformations program), le CIPSH (Conseil international de la philosophie et des sciences humaines) partenaire historique de l’UNESCO, représentant de très nombreuses organisations (associations, fédérations etc), et les collectivités territoriales belges (la ville de Liège, la province) ainsi que l’université. Près de 2000 participants sont attendus pour assister à une série de débats ou présentations qui seront ordonnés autour de six thèmes :

1/ L’Homme et l’Environnement,
2/ Identités et Diversités culturelles : une humanité globale,
3/ frontières et migrations,
4/ Patrimoine (héritage, matériel et immatériel),
5/ Histoire, Mémoire et Politique,
6/ Les Humanités dans un monde qui change.

16f97f2276Les promoteurs de ces journées ont souligné leur ambition : il ne doit pas s’agir seulement ou principalement d’une réunion d’experts appelés à délivrer des présentations académiques, l’intention clairement affichée est de mettre l’Homme dans sa dignité au cœur des discussions, de voir au travers de regards sous de multiples angles d’observation en quoi l’éducation doit être promue au service de l’humanité et pour la Paix, en aidant les jeunes et les adolescents à se « mouvoir » dans un monde de plus en plus complexe et exposé à de multiples risques.

Le délégué permanent de la Belgique auprès de l’UNESCO a souligné que cette rencontre venait à point nommé par les temps troublés que l’on connaît, pour revisiter ce que devrait être l’école dans notre monde moderne, une école capable de transmettre un héritage en le passant comme il convient au crible de la modernité, avec une juste prise en compte de la diversité pour prix de la Paix : sur ces questions vitales, les réponses ne sauraient être que techniques.

Les autorités de la ville et de la province de Liège qui se sont fortement engagés voient s’inscrire ce colloque international en harmonie avec la stratégie qu’elles ont convenu de mener : promouvoir la citoyenneté et la diversité culturelle, pour plus d’harmonie dans une région qui a beaucoup souffert dans le passé (la grande guerre, la crise minière) et qui accueille des ressortissants de nombreux pays.

Le Président de cette conférence, M. Adama Samassekou (ancien Ministre de l’éducation du Mali, Président de l’académie des langues africaines) présenté comme « l’âme » de ce colloque et ancien président du CIPSH a lui aussi insisté pour dire que ce projet était une belle opportunité pour la Paix et la promotion d’un dialogue culturel qui tienne compte pleinement d’une diversité qui s’intensifie et qui change de visage.

Il rappelle les trois constats qui ont finalement imposé comme une évidence la tenue de cette première conférence internationale sur les Humanités :

  • La crise de 2008 qui n’a pas été que financière : elle révélait aussi une crise de société, et des interrogations sur nos modes de développement.
  • Un Conseil CIPSH qui tendait à se marginaliser, avec son domaine de compétence, pourtant essentiel, de moins en moins considéré à sa juste valeur.
  • Une panne ou une insuffisance des intellectuels, ainsi qu’une sous représentation de leur présence (influence) dans les pays non occidentaux.

Ce simple constat a ainsi fait émerger l’évidence d’un besoin, et donné naissance à une idée un peu nouvelle qui inspirera ou structurera les échanges, à savoir celle du polycentrisme qui désigne par le biais d’un rééquilibrage des dialogues la montée de courants de réflexion et de recherches plus diversifiés géographiquement, et qui pourra apporter, notamment avec le soutien d’un CIPSH qui pourra ainsi se relancer, une plus grande richesse dans les réponses aux questions que l’on peut se poser.

Pour M. Samassekou trois éléments pourront opportunément être intégrés dans les réflexions :

1/ l’échec des pensées uniques.
2/ l’échec des modèles qui ont omis de considérer le temps long.
3/ la survenance de mouvements de fond (positif ou négatif) qu’il faut analyser pleinement avec un regard interculturel pour détecter ce qui permettra à l’Humanité d’évoluer dans le bon sens (ce qui sauvera le monde)… Ici sont évoqués, parmi ces grandes forces à l’œuvre, capables de transformer les sociétés (mais aussi parfois détruire) : le fanatisme, les technologies (notamment celles de l’information), l’art.

Dernier point traité, très important aux yeux de l’intervenant pour qui cette conférence ne doit pas être un banal événement : l’architecture globale.

En amont de la Conférence, ont été organisées toute une série de rencontres sur différents thèmes se rattachant au programme adopté ; ce sont en quelque sorte des travaux préparatoires : au Brésil (Terre et Humanité), au Mali (Langues, Cultures, Histoire), Chine (Sciences, Culture et Route de la Soie)… etc

La Conférence elle-même comportera des séances plénières avec de grands témoins et des sessions spécialisées, ainsi que des symposiums lorsque certains thèmes mériteront un large débat (exemple l’islam, le statut de la femme dans la société). En introduction du colloque seront présentés les résultats d’une enquête sur les thèmes à l’ordre du jour.

En aval, conformément à l’intention des organisateurs, il est prévu d’assurer en quelque sorte un suivi, pour voir au niveau des grandes zones d’influence (EU, ASEAN, MERCOSUR, etc ) comment les politiques en faveur des humanités (la recherche, les infrastructures, etc) sont mises en œuvre, quels sont les investissements engagés avec quel sens, et aussi quelles solidarités universelles exprimées au service de la terre des Hommes.

Quelques éléments retenus de l’échange avec l’auditoire :

Le délégué néerlandais a salué l’entreprise ; ce sera pour lui l’occasion de parler des sciences humaines qui ont peut être été un peu trop négligées ces dernières années. S’il juge bienvenu que l’on mette l’accent sur la diversité culturelle, il recommande qu’on ne perde pas de vue l’universalité, et qu’on s’attache à bien percevoir la présence et la persistance de ce principe dans les cultures et les humanités.

Un intervenant docteur en sciences humaines fait observer que les Humanités ne sont pas un domaine enfermé, endogène : elles ne sont pas une île.

Le délégué de la Tunisie évoque la question de l’islam politique, va-t-on en parler ? Sans aucun doute, et il est prévu parmi les « key note speakers » un représentant du monde de l’islam.

Intervention du Portugal (qui accueille un événement en lien avec la Conférence). Son délégué salue l’initiative, et se félicite de la réussite de la coopération entre toutes les parties prenantes. Les Humanités sont essentielles, il est bien qu’un événement comme ce colloque puisse faire émerger des idées ou des principes qui peuvent guider les politiques. Enfin, il apprécie qu’on mette bien en valeur la jeunesse, car, in fine, c’est bien elle qui doit être au cœur des préoccupations.

Une ONG (Alliance internationale des femmes) obtient la confirmation que l’on vise autre chose que des débats académiques, et se voit préciser qu’il y aura un symposium sur la question des femmes dans les sociétés.

Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel

Assemblée générale des États parties
à la
Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel
Sixième session du 30 mai – 1 juin 2016, siège de l’UNESCO

 La gouvernance de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de 2003 est assurée par trois organismes principaux : l’Assemblée générale des États parties, le Comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel et le Secrétariat de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel.

L’Assemblée générale des États parties à la Convention est l’organe souverain de la Convention. Elle se réunit en session ordinaire tous les deux ans. L’Assemblée générale donne des orientations stratégiques pour la mise en œuvre de la Convention et élit les 24 membres du Comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, dont la moitié sont renouvelés tous les deux ans. L’Assemblée générale a décidé d’appliquer à l’élection des membres du Comité le principe de répartition géographique équitable. Le nombre des membres du Comité de chaque région est fonction du nombre d’États de la région qui ont déjà ratifié la Convention. Le Comité se réunit en session ordinaire chaque année. Il promeut les objectifs de la Convention, donne des conseils sur les meilleures pratiques et formule des recommandations sur les mesures en faveur de la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel ; il utilise les ressources du Fonds pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel conformément aux directives et au plan biennal adoptés par l’Assemblée générale. Il inscrit sur les Listes (Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité ; Liste du patrimoine immatériel nécessitant une sauvegarde urgente ; Liste des meilleures pratiques de sauvegarde) les manifestations du patrimoine culturel immatériel proposées par les États parties. Il sélectionne et promeut les programmes, projets et activités soumis par les États parties reflétant le mieux les objectifs et les principes de la Convention. Il propose à l’Assemblée générale l’accréditation d’organisations non gouvernementales susceptibles d’avoir des fonctions consultatives auprès du Comité. Le Secrétariat du Patrimoine Immatériel de l’UNESCO assiste l’Assemblée générale et le Comité, prépare la documentation de leurs réunions et assure l’exécution de leurs décisions.

Cette 6ème Assemblée Générale des États parties de 30 mai – 1 juin 2016 a donc lieu après la dixième session du Comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel qui s’est tenue à Windhoek en Namibie du 30 novembre au 4 décembre 2015. Elle doit discuter, entre autres, des recommandations formulées par le Comité en 2015 en Namibie. La prochaine session du Comité, la onzième, aura lieu à Addis Abeba en Éthiopie du 28 novembre au 2 décembre 2016. La 7ème Assemblée Générale aura lieu en juin 2018. Continuer la lecture de Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel

L’hydrologie et les Objectifs du millénium

Colloque KOVACS  : le 15 juin 2016

Sous l’égide de l’international Hydrological Program (IHP) de l’UNESCO et de l’association des sciences de l’hydrologie ( IAHS), s’est tenue à Paris la douzième rencontre internationale de l’hydrologie (réunion bis-annuelle) connue comme le colloque KOVACS (nom d’un hydrologue éminent à l’origine de cet événement). Cette année le thème du forum a été retenu sous l’angle nouveau que définissent les SGD 2030 de l’ONU pour cette ressource vitale qu’est l’eau , en mettant particulièrement l’accent sur les indicateurs retenir. La question de la « mesure par des indicateurs » n’est pas triviale  car s’interroger sur un sujet en apparence aussi anodin amène à prendre conscience des changements majeurs entrain de survenir et qui ne sont pas faciles à appréhender.

Retenons alors tout ce que recouvre « la matière » eau, et mesurons en l’importance pour l’humanité et notre planète : c’est l’une des principales idées qui ressort de beaucoup des présentations entendues. Il y a des bouleversements dont on doit s’efforcer de mesurer les effets, des phénomènes qu’il faut essayer de prévoir au bénéfice des populations. L’hydrologie est au cœur de problématiques qui ne recouvrent plus de simples sujets techniques ou scientifiques que l’on va traiter dans des rapports réservés à un cercle restreint, centrés sur l’eau et rien que l’eau.

Il y a maintenant une évidence : l’eau est devenue une préoccupation qui n’est plus l’apanage des seuls experts hydrologues ou plus exactement les études qui sont faites à son sujet doivent de plus en plus mobiliser d’autres champs de connaissance et intégrer des interactions nombreuses et réciproques avec une large variété de domaines, dans un monde de plus en plus complexe, soumis à des risques jusque là insuffisamment pris en compte ou inexistants.

Dans ces conditions, le SGD 6 (sustainable development goal) qui appelle explicitement à réaliser des objectifs relatifs à l’eau au service des populations, a, d’une manière ou d’une autre, un rapport avec au moins une dizaine d’autres objectifs du millénium (évidemment le changement climatique, la santé, la nutrition, l’environnement et les écosystèmes, l’urbanisation etc).

Durant ce colloque ont été présentés les résultats de travaux et études appliquées visant à mieux maîtriser des phénomènes qui, avec notamment les effets du changement climatique, par leur fréquence, leur magnitude et leur amplitude peuvent toucher sérieusement des centaines de millions de personnes chaque année.

Les statistiques données reflètent la dimension des problèmes à résoudre, qu’il s’agisse par exemple du nombre de personnes n’ayant pas accès à une eau correctement filtrée, des victimes de sinistres et épidémies liées à l’eau, des effets de la survenance des risques extrêmes (inondations ou sécheresse).

Ont été entendus le témoignage d’experts ( au Liban , au Japon par exemple) présentant leurs travaux de modélisation qui peuvent donner des résultats (exemples : prévision de certains phénomènes) mais qui peuvent aussi souffrir de difficultés liées à l’instabilité intrinsèque des situations observées et aussi, dans une large mesure à la question des données.

Un autre point est souligné : la nécessité du dialogue avec les parties les plus proches du terrain pour aider à bien comprendre les données des sujets à traiter, il est aussi essentiel de sensibiliser les populations aux questions touchant à l’eau (décisions concernant les plantations,, comportements eco-responsables, irrigation, stockage de l’eau etc).

Un point essentiel a été traité, à savoir le traitement des espaces partagés. Nombre de bassins, nappes phréatiques, cours d’eau sont partagés entre plusieurs pays. La communauté internationale gagnera à traiter correctement les problématiques qui découlent de ces situations par les traités, mais ici les choses ne sont pas aisées, ou par le biais de solutions plus pragmatiques où sont correctement réglées les questions de gouvernance et d’échanges d’informations.

Sur ce sujet « transfrontalier » comme sur bien d’autres, il y a à considérer très souvent la dimension politique. Dans le domaine qui est le leur, il importe que les scientifiques puissent présenter aux responsables politiques leurs travaux d’une manière suffisamment convaincante pour amener les décideurs à arrêter les mesures que peuvent suggérer les études menées.

UNESCO : Journée Mondiale de l’océan du 8 juin 2016

tempête
L’océan atlantique en tempête

Cette journée s’inscrit dans la suite de la COP 21, Conférence sur le climat tenue à Paris en décembre 2015 et dans la perspective de la COP 22 qui se tiendra à Marrakech en 2016.

Il est à noter que les 20 premières Conférences des Parties (COP) n’ont laissé aucune place au facteur des océans, qui sont pourtant une des composantes majeures du climat. D’où la nécessité de remettre les océans à leur juste place, ce qui a été fait à Paris, et le sera à Marrakech.

Rappel du rôle des océans dans la question climatique : L’énergie solaire est absorbée par les océans qui en renvoient une grande partie dans l’atmosphère et dans l’espace sous forme de rayonnement et de vapeur d’eau. De plus l’océan a une forte capacité d’absorption du CO2. L’augmentation de la teneur en CO2 de l’atmosphère induit une hausse des températures, mais aussi un excès de CO2 dans les océans avec des conséquences négatives.

Problématique de la période actuelle :

  • Le changement des équilibres mer/atmosphère modifie aussi le processus d’évaporation et donc des pluies et des perturbations météorologiques ainsi que des modifications des courants marins de surface et en profondeur

  • La concentration excessive de CO2 dans l’eau de mer provoque :

      • Une désoxygénation des océans avec des conséquences sur la faune marine,

      • Une acidification des océans qui attaque les structures calcaires (coraux et coquillages, arêtes de poissons notamment).

  • Il faut prendre en compte les effets des pollutions terrestres qui se jettent dans la mer et celles des pollutions marines liées aux transports. On estime les pollutions dans les mers à 4 millions de tonnes par an (dont 3 liées aux plastiques).

  • A noter aussi, la hausse du niveau des mers et ses conséquences sur les rivages et les iles, même si les mesures doivent encore être affinées.

  • Enfin, il semblerait que l’absence de responsabilité effective des États sur le contrôle et l’entretien des Océans aurait contribué à oublier l’importance de leur rôle dans la question du climat.

Déroulement de la journée et Conclusionscalme

Les éléments rappelés ci-dessus ont été amplement développés par les différents conférenciers.

Sur un plan concret, il apparaît que les connaissances des phénomènes évoqués ne sont pas encore suffisantes et que les observations scientifiques doivent être poursuivies par les différents laboratoires et instances telles que le GIEC. En revanche la lutte contre les pollutions et déchets reste d’actualité.

La question des océans sera prioritaire dans les prochaines conférences COP, et notamment celle de Marrakech. Des réunions de scientifiques prépareront ce prochain rendez-vous. Et ensuite il est prévu un rapport complet du GIEC pour 2022, qui sera précédé pour les océans de rendez-vous en 2018 et 2019, au cours desquels sera notamment abordé la question de la hausse des températures.

Le rôle des océans comme facteur primordial de l’évolution des climats est enfin reconnu par les instances concernées.