L'art, rencontre des expressions culturelles

Dans le cadre de la Décennie du Rapprochement des cultures

Une seule humanité au-delà des diversités

Beijing(RPC) 27 et 28 juillet 2015

Rapport du groupe de travail du 27juillet sur le thème :

Arts, rencontre des expressions culturelles 

10 Participants

pays : Asie( Pakistan), France, Congo, Liban, Côte d’Ivoire, Italie, Tunisie, Autriche, France MARQUET, South Asia Foundation ; Dominique VIDAL, France  ; Jules Charles KOUBA, club Unesco Congo ; Maha EL-KHALIL CHALABI, Fondation TYR Liban ; KOUAKOU ANY Bertin, conf africaine des clubs UNESCO, Côte d’Ivoire ; Maria Paula AZZARIO, Centres UNESCO Turin, Italie ; Mokhtar FARHAT Fed. tunisienne des clubs UNESCO, Tunisie ; Mohamed Kamel GAHA, DG de la BUT Tunisie ; Lola POGGI-GOUJON, CICT France ; Christine Roche, Centre Catholique International de Coopération avec l’UNESCO France.

Propositions d’actions, émanant des ONG, qui s’inscrivent dans les thèmes présentés dans le plan d’action pour la décennie internationale du rapprochement des cultures :

  1. Internet permet de réaliser des projets fédérateurs pour la jeunesse en particulier dans les clubs UNESCO
  • Demande de formation des animateurs des clubs UNESCO avec un partenariat universitaire, pour les rendre capables d’alerter sur les dangers de la cybercriminalité
  1. « la Ligue des Cités Cananéennes, Phéniciennes et Puniques » fondée en 2009 sous les auspices de l’UNESCOà l’initiative de l’association de sauvegarde de TYR ( partenaire officiel de l’UNESCO 1982), groupe à ce jour 55 villes dont un grand nombre sont sur la liste du Patrimoine mondial et sur la Route de la Soie. Le programme de la Ligue, constituant une véritable chaîne de solidarité, de dialogue interculturel et de coopération internationale,  justifierait la création de la Route de l’Alphabet et de la Route de la Pourpre.
    • Par ses projets et ses actions concrètes, cette Ligue participe à la mise en œuvre du plan d’action pour la Décennie Internationale du Rapprochement des Cultures.
    • A ce titre son impact serait plus grand avec le label UNESCO.
  1. Appel à l’UNESCO comme facilitateur de la communication par l’art, lieu de rencontre entre les cultures ;

Appel à l’UNESCO de soutenir efficacement les différentes pratiques audiovisuelles, plastiques et musicales :

ex a) en direction de la jeunesse

Théâtre, danse et musique peuvent être utilisés dans les situations de post conflits ou post catastrophes pour amener les jeunes citoyens du monde à oraliser leurs expériences et à les communiquer de leur point de vue respectifs pour transcender la tentation de la violence .

ex b) utiliser l’art comme moyen de dénoncer les drames de la planète (cinéma, nouvelles formes d’art : street art…) en priorité celui d’extrême pauvreté, « les hommes qui ont faim ne peuvent entrer en dialogue. »

ex c) demande insistante pour que l’UNESCO s’engage fermement à promouvoir l’éducation artistique dans les écoles dès le plus jeune âge

  1. les clubs UNESCO italien et chinois ont conduit un projet visant à inventorier leurs patrimoines archéologiques et culturels respectifs pour aider les émigrants chinois installés en Italie et les colonies italiennes installées en Chine à connaître et à promouvoir leurs cultures d’origine comme patrimoine mondial partagé. Cette expérience a donné lieu à l’édition d’un livre à destination des deux pays, livre qui pourrait être numérisé et mis sur une plateforme de l’UNESCO. Nous suggérons la multiplication de ce genre d’expériences bi ou multilérales
  1. reprise de l’intervention de M.Shen She sur les différents rites autour de la mort :« la diversité ne commence que par le semblable » : nous mourons, nous mangeons ….etc

Chaque culture décline ses ambitions à partir de pratiques différentes issues du lieu de vie.

Élargir ce concept pour regarder les pratiques culturelles différentes sur des sujets concernant la vie.

La viabilité des media (radio) communautaires

Séminaire UNESCO des 14 et 15 septembre 2015

P1040641.redimensionnéDynamisme de cette forme de communication, dont l’utilité sociale et sociétale est avérée mais aussi beaucoup de vulnérabilités mises en évidence ; l’objectif de ces deux journées était de voir à quelles conditions peut être assurée la viabilité (« sustainability ») de ce vecteur d’information qui, sous réserve de certaines conditions, peut apporter beaucoup pour le développement économique, l’inclusion sociale et une réelle promotion de l’Homme dans sa plénitude. Cet événement fait suite aux travaux d’un groupe de travail qui a produit un rapport venu à l’appui de l’organisation du colloque.

Document rédigé par Yves Nachbaur

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Les jeunes et l'internet : combattre la radicalisation et l'extrémisme

UNESCO le 17 juin 2015

La journée a été consacrée à l’examen d’expériences concrètes menées dans différents pays pour prévenir et combattre la radicalisation des jeunes, une radicalisation résultat d’un engrenage favorisée par l’internet ; l’éducation, la sensibilisation des familles, l’écoute des jeunes et l’échange, mais aussi des campagnes « en ligne » ou les initiatives des pouvoirs publics, des exemples pour contrer les dérives. Les projets de l’UNESCO.

SÉANCE 1 : Les approches de lutte contre la radicalisation Approche et expériences innovantes mises en place et initiatives en ligne.

  • Mr Laurent Bonnelli, chercheur à l’université Paris Ouest Nanterre La Défense : pour une approche relationnelle de la radicalisation et de la dé-radicalisation

La réalité de la radicalisation :

Internet est un vecteur de propagande : Il y a un lien étroit entre « propagande et radicalisation » et « propagande et recrutement ».

L’idéologie est une lunette avec laquelle on voit et regarde le monde social. Selon la manière de voir, on se situe et on fait des alliances/associations : croyant – incroyant, riche – pauvre …

L’idéologie structure la vision du monde. Mais, en elle-même, elle ne suffit pas pour un passage à l’acte, ce dont les islamistes se plaignent d’ailleurs : il y a l’écume de la mer et la mer.

Il faut donc s’intéresser moins au « pourquoi ? « idéologie » , qu’au « comment ? » (processus). Il y a un glissement progressif qui débouche sur la violence.

Il est difficile de trouver des profils type. Souvent cela ne se fait pas seul mais en groupe.

Il faut aussi tenir compte du facteur lié à l’exercice des fonctions régaliennes remplies par les pouvoirs publics : sécurité, police, justice …, beaucoup de jeunes entrent dans la clandestinité suite à des délits avérés, sanctionnés souvent par un passage en prison.

On constate une dynamique de l’engrenage, de l’escalade, il faut donc instaurer un processus de désengrenage.

Les actions radicales reflètent des phénomènes différents : des attentats meurtriers perpétrés par des militants professionnalisés qui passent à l’acte ne sont pas la même réalité que les initiatives des jeunes qui partent en Syrie ; 20% des conflits du XXème siècle ont accueilli des combattants étrangers.

Il est important de retenir que « Le message » ne fait pas à lui seul la radicalisation, tout comme les jeunes violents ne génèrent pas seuls la violence.

Le contre discours : le désengrenage

Il faut un cadre pénal pour permettre de sanctionner certains propos : prendre des imams pour dé-radicaliser les jeunes, c’est déplacer le problème et cela ne suffit pas.

Il faut éviter un discours de polarisation, « nous – eux » qui peut radicaliser en accentuant les antagonismes.

Les professionnels de la justice ont un rôle à jouer : ils savent traiter la radicalisation et savent mettre en place des outils pour lutter contre les addictions.

Mieux on connaît le mécanisme, mieux on peut lutter contre, ce sont les personnes qui sont sur le terrain qui sont les plus à même d’agir.

Madame Bridget O’ OUGHLIN du CONSEIL DE L’EUROPE :

Leçons apprises de la campagne du mouvement contre le discours de haine et son apport à la lutte contre l’extrémisme violent

Internet est un espace public. Un discours de haine le mine, il faut donc veiller et lutter contre toutes les formes de discriminations ou d’ostracisme violent.

Il faut aussi avoir confiance en nos jeunes. Seule une minorité pose problème. Le Conseil de l’Europe a mis en ligne une campagne anti haine internationale et nationale, insufflée par les jeunes suite aux évènements de Norvège.

Cette campagne qui devait finir en mars, va maintenant être étendue et améliorée pour toucher de nouvelles populations et développer des contre récits exemplaires : ces narratifs sont plus efficaces que les actions pour « couper les accès » sur internet.

Le conseil de l’Europe estime que l’éducation est à la base de tout et que les parents doivent être informés : Youtube, Facebook…

Mr Ulrich Kropiunigg Autriche , directeur de recherche ,Women without Borders : « Éduquer les familles pour la prévention de l’extrémisme violent »

Les mères jouent un rôle clé, elles forment la première ligne de défense.

Certaines familles peuvent sans le savoir être un lieu propice pour que leurs enfants versent dans l’extrémisme. Quand un jeune en a assez de sa famille, il se réfugie sur internet pour trouver un sens à sa vie. Les exemples sont nombreux : une jeune fille suisse s’est mise à se voiler après avoir été attaquée dans sa cuisine en présence de sa mère, une autre après avoir été violée. Un garçon a trouvé un nouveau mode de vie dans l’islam pour sortir de sa toxicomanie.

Il faut faire attention aux familles, repérer les itinéraires des jeunes.

A Vienne, a été créée une « plateforme européenne mère – école » .Les mères peuvent témoigner d’expériences pour comprendre ce qui se passe chez elles. Des écoles de mères ont vu le jour. Aujourd’hui, il en existe 43. Les mères reçoivent une formation pendant 10 semaines et on s’aperçoit qu’elles se fient en premier aux autres parents, aux éducateurs …et en dernier aux gouvernements .Elles désirent connaître les signaux d’alerte et savoir comment réagir.

Au début, les pères craignaient ces écoles qu’ils percevaient comme un risque d’indépendance de leurs femmes, mais maintenant ils réclament des écoles pour les pères.

Mr Saji Pralis: Sri Lanka  Search for Common Ground: le rôle de la jeunesse pour promouvoir la paix et contrer la radicalisation au sein de leurs communautés.

La motivation pour rejoindre un groupe armé a souvent pour but de faire partie de quelque chose de plus grand, statut social, considérations économiques.

La violence est le critère de l’extrémisme. La radicalisation n’est pas suffisante : Gandhi et Jésus étaient considérés comme radicaux.

Internet ne suffit pas à la radicalisation mais c’est un outil efficace pour y conduire.

On se concentre sur les jeunes mais on ne les écoute pas. Il faut leur donner la parole. L’ONU a fait participer les jeunes à leurs débats. Avec eux, 9 grands principes ont été choisis et publiés en avril dernier.

Le projet Solia, actif dans 40 pays au niveau universitaire permet aux jeunes de s’exprimer. En Tunisie il y a 24 conseils de jeunes qui travaillent auprès des élus locaux .Il faut entendre leur voix sinon on les pousse à mal agir.

Il faut aussi des agents de prison mieux formés. Personne ne nait terroriste ou combattant.

Interventions dans la salle :

Pour l’ambassadeur irakien : les gens touchés par la guerre sont laissés à l’abandon.

D’autres intervenants confirment l’importance de traiter le mal à la racine. Les jeunes souffrent de pauvreté, du chômage, de dirigeants corrompus …c’est le seul moyen pour eux de se révolter. Seul le mal est médiatisé. Il est temps de médiatiser ce que les jeunes font de bien.

SÉANCE 2 : PARTICIPATION MULTIDIMENTIONNELLE DES JEUNES EN LIGNE

Madame Françoise Saillant , directrice sortante du Centre de recherches CELAT Université Laval Canada : Caractéristiques et paradoxes de la participation et des comportements des jeunes en ligne

L’utilisation d’internet à titre politique par les jeunes est assez faible, par manque de confiance dans le monde politique. Ils participent dès qu’il s’agit d’un problème qui les concerne, par exemple l’emploi. Il existe une grande disparité entre les jeunes vivant en milieu urbain et les autres. L‘accès au réseau est très inégal (débit, coût) et fait apparaître une fracture numérique. L’influence des réseaux sociaux est importante Facebook est n° 1 dans ce domaine : plus grande liberté, moins de contrôle. On constate que l’humour a beaucoup d’importance autant dans la participation des jeunes que dans leur comportement.

Étude de onze plateformes de la région sud et méditerranée : Ces plateformes traitent de questions académiques, professionnelles et formations. La participation reste limitée. Elles font état de la citoyenneté mais pas de façon interactive. Il y a peu d’échanges, mais des juxtapositions de commentaires.

Dans les forums de discussion plus le contenu porte sur les centres d’intérêts des jeunes plus la participation est importante, intérêt du dialogue entre jeunes et moins jeunes ;

Dans les échanges transnationaux, l’espace n’est jamais neutre sur le plan politique ou religieux. Le régulateur a un rôle important.

Mr Sami Hourani Leaders of Tomorrow : expérience de participation en Jordanie

Les jeunes ont besoin d’un espace de participation. La religion peut jouer un grand rôle pour organiser une communication. Daech s’en sert. Quand un jeune n’a pas la possibilité d’avoir un rêve, il est une cible pour Daech. Nous traversons une crise d’idéologie.

En ligne ou hors ligne cela fait un tout, ce sont les mêmes personnes qui interviennent avec des outils différents ;

– Pour les élections, les personnes ont reçu des papiers blancs pour qu’ils puissent poser leurs questions. Les crayons étaient de différentes couleurs selon les âges pour que le résultat soit plus parlant. Il y a eu une grande participation. Pour eux c’était un honneur qu’on leur demande leur avis. Les commentaires ont été utilisés pour développer une méthodologie.

– Un guichet unique a été créé pour un renforcement de compétences. Le but est de pouvoir accéder directement aux informations sur leurs études, les différentes formations.

– Transférer les débats sociaux et politiques dans la rue, redécouvrir l’espace public : forums sur des places …

Il faut de nouveaux itinéraires pour les jeunes sinon ils perdent espoir.

Madame Khadja Ali chargé de coordination du programme Net Med en Libye: les jeunes mènent le changement en Libye par le biais d’internet Net MED , expériences et risques .

Internet est un outil d’autonomisation. En Libye cela a compté pour la révolution. Les jeunes ont vu qu’ils n’étaient pas seuls. Le blogging est important pour exprimer son opinion sur les problèmes locaux, mais les gens ne savent pas se protéger. Un bloggeur a été assassiné.

Internet peut avoir un impact positif pour élargir les horizons d’une communauté fermée.

Pour éviter l’extrémisme il faut des alternatives et donner aux jeunes la possibilité de s’autodéterminer.

SÉANCE 3 : PLATEFORMES NOVATRICES POUR LES JEUNES

Mr Olav Vogt Engeland Vice président des activités académiques de l’association des étudiants en droit ELSA, Norvège: lutte contre les discours de haine et de discrimination

Création d’une association européenne d’étudiants en droit qui a établi un rapport complet sur le droit des pays européens sur ces problèmes : une qualification de ce que sont les propos de haine, le rôle du modérateur, l’équilibre entre la liberté d’expression et les propos haineux, la jurisprudence de la CEDH.

Ce gros travail a été particulièrement apprécié, les japonais en ont demandé une traduction!

On peut donc faire confiance aux jeunes qui ont beaucoup travaillé sur ce rapport alors qu’ils avaient des examens à préparer.

Mr Iyad Kallas Syrie membre du Conseil et directeur de programmation Radio Souriali: comment utiliser les radios du web dirigées par les jeunes pour promouvoir le dialogue interculturel et lutter contre la radicalisation

Si des jeunes dispersés dans le monde ont le même genre d’idées ils peuvent former un groupe, un dialogue interculturel et se radicaliser.

La guerre en ligne, c’est à la sécurité nationale de s’en occuper.

Madame Baktygul Kubanychbekova , Avocate spécialisée dans les médias et les questions de sécurité sur le web : les initiatives dirigées par les jeunes sur le net contre l’extrémisme violent au Kirghizistan

Dans ce pays, où 80% de la population est musulmane, internet est très répandu mais il n’existe pas de réglementation.

Un parlement des jeunes fonctionne et le gouvernement doit en tenir compte. La constitution prévoit qu’une personne sur 5 doit être représentée par un jeune de 24 à 32 ans .Il y a aussi un vrai ministère de la jeunesse.

Internet est très surveillé et certains sites sont bloqués.

La société civile prend des initiatives : création de « cyber mamans » et de « cyber challenge » qui visent les jeunes de 15 à 30 ans et les chefs religieux.

La recherche d’un imam internet est en cours qui serait chargé d’envoyer un message positif de l’islam. Il ne s’agit pas de combattre l’islam et la religion mais les conséquences de la radicalisation.

Mr Salim Khamat Tunisie , directeur et fondateur de l’ONG AL-Bawsala : l’utilisation des médias sociaux au service de l’éducation à la démocratie est de la responsabilité des parties prenantes nationales

Des jeunes tunisiens ont voulu surveiller les élus à l’assemblée. Ils n’ont pas attendu d’avoir un feu vert pour agir, mais ont eu du mal à pénétrer dans le parlement faute d’habilitation. Au début ils n’étaient pas pris au sérieux et ignorés, mais les médias ayant diffusé leur rapport, les élus n’ont pas apprécié car leurs électeurs étaient alors en mesure de se plaindre notamment de leur absentéisme. Il y a eu alors une phase de tension. Maintenant le respect mutuel prédomine et les jeunes sont même consultés. Internet a été le pivot de leur action. Il y avait toujours une présence à l’assemblée et des rapports diffusés quotidiennement que les médias reprennent.

Cette action incite les jeunes et les femmes à participer à la vie politique.

SÉANCE 4 : PERSPECTIVES D’AVENIR POSSIBILITÉS D’ACTION DANS LE CADRE DU MANDAT DE L’UNESCO

Il faut promouvoir l’alphabétisation, de nouvelles formes de citoyenneté et utiliser les jeunes pour promouvoir la paix. Il faut autonomiser les jeunes, développer dans la population une vision positive des jeunes et réunir les capacités des organisations de jeunes.

Le forum des jeunes de l’UNESCO va être un exemple.

4 axes sont envisagés :

Rechercher les jeunes qui s’engagent sur internet,

Autonomiser les jeunes en ligne sur des sujets pertinents : des cours en ligne, des programmes en ligne, une formation sur le patrimoine culturel et la diversité, utiliser les mobiles,

– Renforcer la coopération avec les professionnels des médias : lutter contre la haine dans les médias et se préoccuper de la sécurité des journalistes,

Lancer des campagnes créatives dans les médias.

Ces axes vont être mis en ligne sur le site de l’UNESCO

L’UNESCO joue un rôle stratégique. L’extrémisme exige un développement d’outils spécifiques. Il faut prévoir un programme éducatif et un renforcement des compétences des enseignants, mais l’école ne peut pas tout faire. Il faut développer la recherche, créer un système de surveillance des médias et impliquer les jeunes notamment dans les écoles de journalistes

Commentaire du CCIC :

L’humanisme semble oublié. Le but de cette campagne devrait viser la réalisation d’événements qui diffusent un espoir. Les réalisations immatérielles sont très insuffisantes et plutôt que de contrer le négatif de ce qui se passe, pourquoi ne pas développer le positif des choses ?

L’AVENIR DU "VIVRE ENSEMBLE"

une conférence – débat au cœur d’une actualité à risque

UNESCO  25 février 2015

Alors que le monde connaît aujourd’hui un regain de tensions communautaires et de persécutions culturelles et religieuses et que les actes racistes et antisémites s’intensifient, quel est le rôle des sociétés civiles en Europe et dans le monde arabe dans la lutte contre la menace que l’extrémisme violent représente pour nos sociétés ? Comment pouvons-nous, ensemble, combattre ce fléau par le biais de la culture, de l’Éducation, du dialogue, des médias ?

Le Projet ALADIN

Lancé sous le parrainage de l’UNESCO en mars 2009, le Projet Aladin vise à promouvoir le rapprochement interculturel, en particulier entre juifs et musulmans, fondé sur la connaissance mutuelle, l’éducation et le respect de l’histoire, le refus des conflits de mémoire, la primauté du dialogue et de la recherche de la paix sur la culture de l’affrontement et de la guerre.

Exposés introductifs

Trois exposés ont ouverts cette réunion.

La Directrice Générale, Madame Irina Bokova a replacé cette réunion sur le « Vivre ensemble », à la fois dans l’actualité des attentats récents en Europe, comme dans celle des pays du Moyen Orient dont certains sont à feu et à sang et dans la lignée du Projet Aladin initié en 2009, suite à certaines idées négationnistes, de mettre en place une structure de dialogue entre Juifs et Musulmans.

Face aux extrémismes qui se manifestent et qui sont, souvent, des manifestations de la peur, il est opportun de se rassembler dans la diversité des religions, le respect des Droits de l’Homme et travailler de concert, à un meilleur « vivre ensemble ».

Elle a souligné en fin, l’intérêt de cette rencontre où deux panels permettront d’entendre les points de vue des Pays du Moyen Orient d’une part et celui des européens.

L’ancien Président de la République de Mauritanie, Ely Ould Mohamed VALL, s’est exprimé, ensuite, en tant que musulman, arabe et africain, dans un vibrant plaidoyer sur le rapprochement nécessaire des civilisations, fondé sur le principe du libre arbitre qui est la caractéristique des trois religions révélées que sont l’Islam, le Judaïsme et la Chrétienté. Observant que le monde arabe était le berceau d’une brillante civilisation, il a condamné toute justification du droit de tuer et surtout de tout acte de violence réalisé au nom de la religion. « Celui qui tue l’homme, c’est comme s’il tuait toute l’Humanité » a-t-il conclu.

Monsieur Philippe Lalliot, Ambassadeur de France auprès de l’UNESCO, a rappelé, ensuite, la position de la France exprimée en quatre points :

  • Condamner et combattre le terrorisme de manière absolue,

  • Veiller à ne pas conduire au rejet de telle ou telle communauté religieuse,

  • Être intransigeant en condamnant des délits et non seulement des opinions,

  • Réaffirmer les principes républicains de laïcité et de liberté d’opinion.

Le point de vue des Pays du Moyens Orient

Sur le fond, le panel a insisté sur l’analyse « théologique » de la violence qui ne se trouve absolument pas dans les textes du Coran et qui sert, à tort et trop souvent de justification, y compris chez les Imams, à susciter des actes de violence.

Les médias, également mis sur la sellette, sont, tout autant attaqués, notamment par piratage, et ne peuvent à eux seuls garantir une claire diffusion de l’information (réseaux sociaux très bien maîtrisés par les djihadistes). Mais les médias du Moyen-Orient sont prêts à participer à une charte d’honneur pour limiter la diffusion d’informations capables de susciter et d’accréditer la violence.

L’Islam s’est politisé depuis 50 ans, perdant sa valeur essentielle de l’humanisme qui l’a caractérisé pendant des siècles, par ses savants et ses philosophes. Le drame est que les premières victimes sont les musulmans eux-mêmes.

Mohamed Haddad, professeur à Tunis, a terminé en rappelant qu’Emmanuel Kant avait écrit, en 1795, « Vers une paix perpétuelle » et qu’il développait, déjà, les éléments d’une évolution « démocratique » du pouvoir politique, insistant sur la séparation des pouvoirs, des religions et de l’État, la liberté et l’égalité des citoyens.

Le point de vue de l’Europe

Rappelant qu’aucune spiritualité, laïque ou religieuse, ne peut s’épanouir dans le chaos, il a été rappelé qu’en face des exactions sur les juifs et les chrétiens, il y a aussi des musulmans qui meurent, des femmes, des forces de l’ordre…

Armand Abecassis, dans un intéressant parallèle entre les trois religions monothéistes, a souhaité que nos sociétés occidentales osent se critiquer de l’intérieur. « Le monothéisme comporte le risque de violence car il gomme le mode de contradiction », en prenant comme exemple le principe, aujourd’hui dépassé de « En dehors de l’Église, point de salut ». Et citant Levi-Strauss, il considère que la violence vient de la pensée unique alors que la parole est divine, justement parce qu’elle ouvre à l’autre d’autres interprétations.

Alors que faire ? Le panel s’est exprimé sur quelques pistes de réflexion. Tout d’abord, tenir compte que le monde arabe est en train de se transformer : nouvel équilibre familial avec un taux de naissance en régression, pouvoir des hommes remis en cause par l’élévation du niveau d’éducation des femmes plus rapide que celui des hommes… Nos civilisations occidentales doivent trouver des réponses au nihilisme où baignent les jeunes musulmans, pour qu’ils n’aillent pas rechercher de fausses réponses dans le djihadisme.

Conclusion

André Azoulay avait la charge de faire un synthèse rapide. Arguant du fait que les juifs sont depuis 3 000 ans au Maroc, qu’il est à la fois, arabe, berbère et juif, il observe que la coexistence s’y améliore en permanence mais qu’elle reste fragile. Pour lui, les mots de liberté se conjuguent très bien en arabe. Si on avance ensemble dans une dignité partagée des valeurs, on pourra sur la fracture qui s’est ouverte, reconstruire une dynamique d’un véritable vivre et penser ensemble.

Dominique Henri PERRIN

Annexe

Conférenciers et constitutions des panels

Modérateur : Ulysse Gosset, journaliste, éditorialiste international BFM TV

Avec la participation de :

• Turki Al-Dakhil, Directeur général de la chaine Al-Arabiya, Fondateur du Centre Al-Mesbar pour les études et la recherche,

• Mansour Al-Nogaidan, Directeur général du Centre Al-Mesbar pour les études et la recherche,

• Mohamed Al-Hammadi, Rédacteur en chef du journal Al-Ittihad,

• Jameel Al-Theyabi, Rédacteur en chef du journal panarabe Al-Hayat,

• Hakim El-Karoui, Roland Berger Strategy Consultants, Administrateur du Projet Aladin,

• Professeur Mohamed Haddad, Titulaire de la Chaire UNESCO pour l’étude comparée des religions à l’université de La Manouba,

• Abdullah Hamidaddin, éditorialiste et chroniqueur,

• Bariza Khiari, Sénatrice de Paris, Administratrice du Projet Aladin,

• Armand Abecassis, philosophe et sociologue,

• Mona Omar, experte en relations interculturelles.

En présence de :

• Irina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO,

• Ely Ould Mohamed Vall, ancien Président de la République islamique de Mauritanie, membre du comité de parrainage du Projet Aladin,

• André Azoulay, Conseiller du Roi du Maroc, membre fondateur du Projet Aladin,

• Éric de Rothschild, Président du Mémorial de la Shoah,

• Mohamed Moussaoui, Président d’honneur, Conseil français du culte musulman,

• Moché Lewin, Directeur exécutif de la Conférence des rabbins européens.

Deuxième Forum de l’UNESCO sur l’éducation à la citoyenneté mondiale

(28-30 janvier 2015)

Dans le cadre de la préparation du 70° anniversaire de l’UNESCO, ce 2° forum visait l’édification de sociétés pacifiques et durables pour l’après 2015.

Mme Irina Bokova Directrice Générale de l'UNESCO
Mme Irina Bokova
Directrice Générale de l’UNESCO

Madame Irina BOKOVA a ouvert le forum en posant la question : « De quelle éducation a-t-on besoin pour un avenir plus pacifique ? » L’éducation est bien plus que la transmission d’un savoir. Elle doit permettre d’acquérir une culture nouvelle et d’apprendre de nouveaux modes de pensée.

Après le premier forum à Bangkok en 2013, le 2° forum ajoute de nouveaux partenariats et propose de rédiger une feuille de route. Il y aura un forum en mai en Corée avant la présentation en Septembre de l’après 2015. Son but : éliminer la pauvreté et l’exclusion sociale.

Mme Amira YAHYAOUI  (lauréate de la fondation Chirac pour la paix). Il y a une différence entre ce qu’on apprend à l’école et l’après-école. L’éducation est chargée de transmettre des savoirs mais aussi des valeurs. Elle se fait par des adultes en-dehors de l’école, il faut donc éduquer aussi les adultes pour que les concepts de l’école deviennent concepts de vie. 50% de la population mondiale n’a pas 30 ans, cette jeunesse n’est pas le futur mais le présent. Elle aura des responsabilités politiques dans un futur proche.

Mme Amira YAHYAOUI
Mme Amira YAHYAOUI

L’éducation à l’universalisme et aux valeurs communes contribue à la paix. Il faut éduquer à la différence, L’éducation aux droits de l’homme doit tenir compte des différentes cultures et religions.

Tous les enfants du monde n’ont pas la même enfance. C’est une donnée dont nous devons tenir compte et ne pas chercher à imposer un même modèle. En éducation, le rôle de la famille est essentiel.

Quelques attentions importantes : comment enseigne-t-on l’histoire et comment les enseignants sont-ils formés ? Sont-ils capables d’enseigner la citoyenneté mondiale ? Les manuels scolaires sont-ils bien adaptés et qui contrôle leur contenu ?

L’éducation à la citoyenneté mondiale dans l’agenda de l’éducation post 2015

1 – L’éducation dans le monde d’aujourd’hui présentée Monsieur DE SOUZA :

global citizenship educationIl faut que les apprenants soient conscients de leurs droits, que la diversité et la connaissance de leurs pays soient reconnues. Or la mondialisation va dans l’autre sens. L’élite mondiale s’intéresse à elle-même avec un processus qui se reproduit constamment. L’élite a monopolisé les espaces mentaux. Ce n’est pas dans le discours de Davos que l’on trouvera les solutions.

Défi : créer des consensus par changement (développement durable). L’éducation est un bien commun et une richesse permanente. Il existe une discrimination de groupes minoritaires où est imposé un discours dominant: les Adivasis en Inde sont discriminés dans la salle de classe, ils ne peuvent jouer ou partager un goûter avec leurs camarades.

L’élite mondiale envisage l’éducation pour elle-même dans le but de dominer le monde (école pour l’élite en Inde). Comment s’y opposer ? L’éducation est un bien commun à tous.

L’éducation contre l’extrémisme présentée par monsieur BRAUTASET

L’éducation favorise un meilleur développement de la personne. Elle permet au citoyen de prendre des décisions éclairées, c’est un droit pour les enfants. Or les enfants les plus pauvres et marginalisés ont besoin d’établissements sûrs et adaptés. L’éducation n’est pas l’apanage de l’Est ou de l’Ouest, mais de tous les humains. Elle a un rôle dans la lutte contre les extrémistes violents même si parfois une bonne éducation n’empêche pas la violence.

Il faut éduquer au respect et à la tolérance, pas seulement à l’école mais aussi dans l’apprentissage. Il faut développer le sens de l’identité et l’école doit poser les bases de la normalité. Un grand nombre d’enfants ne sont pas scolarisés dans le monde, surtout les petites filles et les enfants dans les zones de conflit. C’est une injustice qui compromet le développement de la démocratie. L’abandon de l’école avant l’obtention d’un diplôme en raison de la guerre ou de la nécessité de travailler est courante.

Il faut donc une action collective car l’éducation est un bien commun, collectif et mondial. Le monde change inexorablement. Le système éducatif doit apprendre à le changer sans violence et à l’adapter de façon continue. C’est la meilleure façon de lutter contre le terrorisme.

II – Promotion de l’apprentissage transformateur par la politique nationale de l’éducation par Madame CARRASCO :

La Colombie est un pays où il existe de nombreuses inégalités et ségrégation. Ce pays est en paix depuis peu et consacre maintenant un budget important à l’éducation. 68% des enfants vont à l’école publique.

Il y a un droit à un enseignement de qualité, respectueux des diversités et qui porte non seulement sur le savoir, mais aussi sur l’être.

Symbole de la fleur dont le cœur correspond à la base commune et nécessaire, les pétales aux savoirs que l’on choisit en s’adaptant à chaque cas et la tige à la méthodologie.

Mr MOTIVAN a préconisé un suivi des progrès comme mesure de l’éducation à la citoyenneté mondiale.

Séance parallèle 1 n° 17 : lutte contre la discrimination et la violence par le biais de l’éducation à l’ECM

Il s’agissait d’une table ronde où étaient exposées des expériences diverses dans différents pays.

Mexique : il a été mise en place une formation par internet, compte tenu de l’éloignement géographique des professeurs pour leur ouvrir l’esprit et pour qu’ils renoncent à leurs critères propres par rapport à l’homosexualité, l’avortement, le genre, les mariages forcés, la transsexualité…

Il s’agit de lutter contre les châtiments corporels, le harcèlement sexuel ou autre, l’homophobie.

Thaïlande : exposé fait par une femme membre du LGTB qui a reçu une aide de l’UNESCO pour l’un de ses projets assez semblable à l’interlocutrice précédente.

Séance parallèle 2 n°14 : Éducation inter-religieuse et éducation à la citoyenneté mondiale

Le dialogue inter-religieux qui inclut les incroyants, ne concerne pas seulement la connaissance des religions mais aussi ce qu’elles peuvent apporter et l’enrichissement des valeurs de chacune.

La tolérance est bonne mais la compréhension est meilleure.

Il faut « contextualiser » la connaissance.

L’orateur espère inspirer les étudiants à développer leurs connaissances sur les différentes croyances et cultures et à accepter que différents chemins existent dans la vie.

Politique Nationale et pratique en Côte d’Ivoire : Il faut former un citoyen nouveau respectueux de la république, de la démocratie, de la dignité de la personne humaine et de la paix pour cela :

  • cadre formel : Décret du 12.9.2012

Manuel de référence de la CEDEO dont un passage porte sur l’inter-religieux,

  • Vie scolaire : clubs, activités religieuses, inter-religieuses et culturelles,
    Écoles confessionnelles : les plus anciennes sont chrétiennes, les plus récentes islamiques, mais toutes les confessions sont acceptées car le programme scolaire est officiel.
  • Cadre informel : Implication des ONG
    Organisation de prières dans tous les lieux de culte pour chaque religion, Festivals scolaires, Activités communes, sport…

Améliorations à apporter en vue de former de « bons citoyens » : amélioration des manuels (cadre formel) et formation des leaders des clubs, des enseignants et éducateurs et des leaders religieux (cadre informel).

Professeur Davies : éducation contre l’extrémisme

Le dialogue inter-religieux peut être un moyen pour éviter que des jeunes ne tombent dans l’extrémisme.

Il faut être conscient des peurs et des vulnérabilités.

La religion est un risque particulier de conflit car chacun pense que sa religion est exclusive, supérieure, que Dieu est de son côté, et est expansionniste.

Le sécularisme est le risque le plus important pour l’extrémisme. Ce n’est pas la même chose que l’athéisme car le sécularisme est un système de gouvernance, pas un système de croyance; il y a un code moral dans la nécessité de la règle de droit et la protection des droits de l’homme.

Toutes les religions sont soumises à la même loi.

La volonté politique est essentielle. Le dialogue n’est pas une négociation mais un mode de résolution de conflit avec une obligation de résultat.

Séance plénière 2 : l’éducation à la citoyenneté mondiale forge la paix (jeudi 29 janvier)

L’éducation à la citoyenneté mondiale forge la paix.

Toutes les actions de domination, d’agression et d’oppression, les inégalités, la pauvreté sont des états qui ne favorisent pas la paix. Il est nécessaire de créer un socle commun qui constitue un « liant » dans la société. Les vertus civiques, les droits de l’homme et aujourd’hui le développement durable, les droits de la nature qui sont les mêmes pour tous sont les éléments d’une cohésion sociale. La solidarité n’est plus que familiale ou de voisinage mais avec des personnes que l’on ne connaît pas.

Il est difficile d’être un vecteur de changement sans s’impliquer soi-même. Dans la pédagogie du savoir vivre ensemble, outre la formation des enseignants, il convient d’associer les parents.

Comment dialoguer sans imposer ses perspectives ? On peut distinguer trois types de dialogue : le cas où il s’agit d’apprendre ensemble sans rien changer quant à ses attitudes, le dialogue libérateur et le dialogue où chacun aspirent à une vérité qui mérite débat.

Le terme éducation introduit : un contenu, une matière enseignée, sans poser de présupposés sur les apprenants ; un processus, comment apprendre, comment enseigner, par la participation, par un dialogue et non pas seulement « fournir » une compétence ; un contexte qui doit être adapté.

L’éducation à la citoyenneté mondiale a besoin d’une théorie. C’est en avançant qu’elle se construit.

Séance parallèle : le « dialogue » peut-il être un outil au service de l’édification de sociétés pacifiques ?

Dans le mot dialogue, il y a « dia » à travers, et « logos » mot, sens. Le dialogue n’est ni un débat, ni une médiation, ni une négociation, ni une délibération, ni une discussion. Le dialogue est une conversation entre deux ou plusieurs personnes qui pensent ensemble, échangent leurs idées et leurs émotions et avancent ensemble. Les participants entendent et écoutent leurs partenaires.

Séance plénière : Progresser ensemble : l’éducation à la citoyenneté mondiale (ECM) dans le cadre d’actions post-2015 (vendredi 30 janvier 2015)

Il convient d’associer les actions prévues pour mettre en œuvre l’ECM avec les thématiques de l’ONU. Six éléments sont essentiels à la réflexion : la dignité, le peuple, la prospérité, la planète, la justice, le partenariat.

Aujourd’hui nous vivons dans un monde où l’intolérance et les extrémismes existent. L’ECM doit former et transformer la société. Les autorités, les enseignants et les parents doivent s’accorder confiance pour transmettre cette expérience de l’ECM. Il est utile de rappeler les quatre points du rapport de Jacques Delors qui sont : être, connaître, faire et vivre ensemble. Les liens inter générations doivent être renforcés. La mise en œuvre de l’ECM demande une mobilisation générale des états, des acteurs de l’éducation, des ONG, des instances religieuses.

Dialogue interreligieux et interculturel : Mr BRODEUR

Il existe de multiples définitions du dialogue. Ce mot a des sens différents selon les langues. L’UNESCO ne doit pas se borner à une seule définition. Il faut les utiliser selon le contexte. L’aspiration à la vérité mérite un débat et un dialogue .Il faut trouver une interdépendance, un équilibre entre concurrence et coopération.

Les inégalités peuvent impacter le dialogue. Si le dialogue est non violent, comment y intégrer les extrémistes ? Comment transformer les crises en opportunités ?

Le dialogue a abouti entre les juifs et les catholiques. Il est lié à la baisse du catholicisme en Europe (je cite !)

Les fruits du dialogue ont un gros potentiel comme la non utilisation de l’Islam pour les actes violents.

Discrimination sur le genre : Mme Saikjee UNGEI

L’éducation est un bien commun qui doit être dirigée vers les droits, sans préjugés.

Il faut éduquer les éducateurs car le savoir ne suffit pas. Il y a une continuité entre le global et le mondial, ce n’est pas binaire : par exemple paix ou cohésion sociale.

L’ECM a besoin d’une théorie. Il faut prendre conscience de nos partis pris et de nos préjugés.

Il faut enlever les passages hostiles dans les manuels scolaires.

Séance parallèle 3 : Enseignement de l’histoire et éducation à la citoyenneté mondiale,

-Un universitaire palestinien a expliqué comment il avait réussi à écrire un livre d’histoire avec un universitaire israélien. Il a été difficile pour eux au début de choisir les points à traiter en commun. Mais le livre a pu sortir. Son succès est plus international que local. Il a surtout été vendu en Italie, France, Allemagne, USA plus qu’en Palestine ou en Israël.

Propos recueillis par Jean-Paul Millet Lage et Marie-Christine Lattes

Journée Mondiale de la Radio

Les jeunes et la radio

Vendredi 13 février 2015

Définition du thème

‘’Cette année, l’UNESCO célèbre la jeunesse à l’antenne en présence d’une variété de radiodiffuseurs français et internationaux, couvrant une très large audience (Radio France Internationale, Monte Carlo Doualiya, China Radio International), des antennes issues du milieu associatif et des radiodiffuseurs communautaires venus d’Afrique et du Moyen Orient.

journée_radioToute la journée, ils ont diffusé en direct de la Maison de l’UNESCO.’’

‘’La radio est le media le plus universel à ce jour. Media peu coûteux qui requiert une technologie relativement simple, la radio atteint aussi bien des décideurs politiques que des collectivités éloignées et des groupes marginalisés.

Actuellement, trop peu de programmes relayent les préoccupations des jeunes à l’antenne. Le manque d’intégration des jeunes à la radio doit également beaucoup à la précarisation croissante de la profession qui les oblige à travailler à la prestation, plus ou moins régulière, pour différents types de medias. Enfin, les jeunes professionnels, notamment en radio, et leurs fixeurs* restent particulièrement exposés au risque dans les zones de conflits en raison d’un manque de préparation et de soutien des medias pour lesquels ils exercent leur activité.’’

*Fixeur = le correspondant local qui joue le rôle de guide, de repéreur, qui assure la sécurité, la logistique et qui peut lui-même être journaliste.

**************************************

Cette Journée Mondiale a été organisée sous forme d’un salon des radios associatives, RFI étant la seule radio institutionnelle présente, avec en parallèle 4 débats :

  • La radio et les jeunes = état des lieux, inclusion, stéréotypes,
  • Renforcer les radios locales par le biais des TIC (Nouvelles technologies) ,
  • Jeunes journalistes et fixeurs : quelles garanties pour plus de sécurité,
  • L’heure de la Syrie : promouvoir la liberté d’expression par le biais des radios.

Et un film sur la diffusion d’une radio dite pirate dans une favela.

Peu de personnes présentes – nous étions une vingtaine à assister aux débats, quelques dizaines de jeunes autour des radios diffusant en direct, pas de conférence d’ouverture.

Le débat « la radio et les jeunes » : a été intéressant pour découvrir la question principale à savoir l’inclusion des jeunes dans les radios.

  • La place des jeunes : Il n’existe pas de statistiques ni d’analyses sur l’emploi des jeunes dans ce media de par le monde. Il ressort très nettement que les jeunes ont de grandes difficultés à intégrer les medias, entre autres les radios, en dépit de collectifs qui leur permettent de se regrouper. Dans les radios associatives qui sont plusieurs centaines en France, quelques milliers de personnes travaillent régulièrement dont 25% sont des journalistes, nombre auquel s’ajoute celui des bénévoles qui se comptent par dizaines de milliers.
  • Les jeunes et les thèmes abordés sur les radios : les jeunes doivent s’emparer d’autres sujets que ceux de la jeunesse et de faire du jeunisme, en se positionnant en opposition ou en rupture avec les moins jeunes. Mais là, pas d’idées posées sur les procédures d’intégration (inclusion). Un grand nombre de radios associatives utilisent internet car il n’y a pas que les radios hertziennes…

Débat renforcer les radios locales par le biais des TIC

2 points à retenir : généraliser dans des zones géographiques isolées et/ou marginalisées l’accès aux outils utilisant les nouvelles technologies = internet, téléphone ; seul moyen = aider au financement de cet objectif.

Question : Libéraliser l’usage en refusant la censure du web qui existe dans de nombre États ?

Débat jeunes journalistes et fixeurs

65 journalistes ont été tués depuis 2 ans dont la moitié avait moins de 30 ans.

Les risques sont désormais de 2 ordres : le risque de front et le risque d’enlèvement.

Les jeunes journalistes n’y sont pas préparés et beaucoup de radios n’assument pas cette formation par manque de temps et d’argent.

Film sur les favelas : il montre la lutte de quelques jeunes qui veulent créer une radio libre dans une favela, radio qui n’a bien sûr pas l’assentiment des autorités car pas très respectueuse des institutions.

En conclusion :

En axant les débats sur l’opposition qui existerait entre les générations de journalistes et autres professionnels des radios, les jeunes intervenants s’enfermaient dans une sémantique un peu réductrice, ce qui a été relevé par l’animateur.

Aucun positionnement sociologique ni philosophique n’ont imprégné les discussions. Une réflexion a quand même émergé pour s’intéresser au thème de l’éducation aux medias faite à l’école, mais sans approfondissement.

Journée mondiale ? mais l’essentiel se situait peut-être sur les ondes des 11 radios présentes…

Jean Paul ML

La Journée Mondiale de la Radio sur le site de l’UNESCO

JOURNÉES NETEXPLO  2015 : FAITS ET RÉFLEXIONS

« L’innovation digitale mondiale »

Le 8 février 2015

fd2ff8d07aLes 4 et 5 février se sont déroulées dans les locaux de l’UNESCO les rencontres annuelles de NETEXPLO, qui depuis plusieurs années amènent l’organisation de toute une série d’événements (panels, témoignages, prix de l’innovation etc) autour du monde de l’internet et du numérique. L’objectif avec un observatoire NETEXPLO et un personnel permanent qui sont la cheville ouvrière de cette conférence est de faire le point des grandes tendances du moment avec le concours d’experts, de sociologues, journalistes spécialisés, spécialistes ou managers de l’industrie ou du commerce sur un domaine en constante évolution ; cela s’est fait soit in situ (amphithéâtre de l’UNESCO une demi journée) soit par télé-diffusion en mode « live » (un jour et demi).

On propose ci-après de restituer la teneur d’une bonne partie des panels ou témoignages entendus, plus d’une vingtaine sur les quelque trente sessions qu’ont comporté ces deux journées.

On présentera d’abord tout ce que l’on retiendra des projets innovants et très concrets sélectionnés par l’observatoire NETEXPLO parmi les meilleurs de ceux (nombreux) qui s’étaient portés candidats.

En second lieu, on relèvera les principales observations que suscite auprès d’observateurs- acteurs du numérique cette irruption du « digital/numérique » partout dans le monde.

I Des innovations

Au cours de toute une série d’échanges cadencés (sessions de vingt minutes) et animés par un journaliste (avec des groupes de quatre participants), nous ont été décrites et commentées de nombreuses innovations, originales, multi-domaines et souvent potentiellement très « disruptives », qualificatif qui semble l’un de ceux les meilleurs pour caractériser l’ère numérique . Les promoteurs de ces nouvelles application ou systèmes d’information sont d’origines très diverses, qu’il s’agisse de leurs nationalités ou de leurs profils.

Création d’une capacité à produire des imprimante 3D à partir du recyclage de déchets électroniques récupérés dans les décharges spécialisées en Afrique, (Togo)

-Thermo-générateur portable : capacité à produire de l’électricité à partir de la chaleur du corps, (Corée)

-Détecteurs d’abattage d’arbres clandestins auto-alimentés en énergie (capteurs solaires) et fabriqués avec des mobiles usagés ainsi recyclés. (USA)

-contribution pour une ville intelligente, utilisation des données individuelles rattachées aux cyclistes d’une ville pour leur servir dans leurs parcours et servir aux collectivités locales comme mesure du trafic dans le temps et l’espace,(Chili)

exploitation en Chine des données issues des réseaux sociaux, pour promotion de services par les grandes plate-formes de l’ e-commerce au bénéfice des utilisateurs, (Chine)

-Contrôle de la qualité alimentaire ( « les baguettes intelligentes » permettent de détecter d’éventuels éléments de toxicité dans les plats consommés), (Chine)

-Capteurs moléculaires : capacité d’analyse de produits alimentaires ou agricoles, (Israël)

Suivi et traitement des épidémies, système d’information mis en place pour aider les médecins ou suivre l’évolution d’épidémies type Ebola (combinaison d’un « appareillage » technique, et d’un réseau médical, composé de médecins prescripteurs – dans les villes et de correspondants dans les zones rurales + capacité d’analyse statistique : deux innovations ont été présentées, l’une a une vocation statistique au service de la santé publique (mesure et cartographies des risques d’épidémie mises à jour presque en temps réel avec consolidation d’informations par mobiles essentiellement ; projet porté par le Niger ), l’autre plus interactive est un outil d’assistance médicale ( TELECARE) à distance.

-Promotion de la femme : aide à la femme au travail (expérience en entreprises avec mise en place de communautés, échanges d’information, partage de bonnes pratiques), développement de l’usage des mobiles en Afrique (KENYA) pour permettre aux femmes de sortir de leur isolement, et aider à l’accès des jeunes filles à l’école),

Outil pédagogique pour aider à l’apprentissage des mathématiques et du calcul (Photomath)- (Croatie ) : sur un écran de mobile, sont expliqués de façon simple et presque ludique les éléments de solution ou d’explications de calculs ou formules mathématiques,

Outil d’auto évaluation ou de repérage des profils d’élèves(USA) : l’idée est de permettre à partir du repérage des points forts et points faibles de chacun, d’opérer un diagnostic et faciliter l’élaboration d’un parcours de formation,

-une application d’optimisation d’écrans : SLACK aide à la gestion des interface et des messageries, en facilitant les accès, améliorant les ergonomies d’écrans, et optimisant les services de messagerie,

le marketing numérique : développement d’offres pour une analyse plus fine des clients et prospects, avec des suivis en temps presque quasi réels des comportements et exploitation des informations issues de la consultation des sites de i- commerce pour ajuster au mieux les offres avec le meilleur ciblage possible,

-application destinée à se fondre dans l’espace public, les villes, les gares : enrichissement de l’offre aux bornes, avec des champs multiples, des offres de connexion élargies, et recherche le plus possible d’une écoute des utilisateurs,

la formation en entreprises : souvent par MOOC et, pour être plus performant (ciblé, proche des gens, sûr du suivi), les SPOC, nouveauté qui à la différence des MOOC dispensateurs d’enseignements sur très grande échelle avec des inconnues et de la perte en ligne, sont des « cours pour cercles relativement restreints et très ciblés. » Dans les entreprises les formations en ligne peuvent viser à améliorer l’employabilité ou à élaborer des parcours de carrière optimisés,

la prévention en matière de santé : les big data peuvent aider avec l’exploitation des données disponibles dans les grosses bases de données (par exemple les assureurs ou les mutuelles) ; les expériences engagées butent parfois sur les freins du secret médical,

les moyens de paiement ou services financier : LYDIA et BANKING développent des produits simples et pratiques permettant la réalisation d’opérations (paiements, virements) élémentaires ainsi que des consultations en ligne via mobile ; ces services promus par des start-up et non des banques, peuvent voir leur essor bridé par les institutions financières souvent conservatrices et protectrices de leurs « franchises » ; bien que les prestations proposées gagnent du terrain, elles peuvent aussi souffrir d’un manque de confiance. L’avenir réside certainement dans une collaboration entre ces start-up et les grands opérateurs financiers, tiers de confiance et organes dépositaires (collecte des dépôts) ; à cet égard le Crédit agricole peut être considéré comme précurseur avec un portail CA Village qui accueille entre autres des applications de type « paiement numérique »par mobile,

l’hégémonie du GAFA ( Google, Amazone , Facebook, Apple),

Un panel a porté sur cet ensemble dominant, qui à l’évidence fait partie du monde numérique avec une puissance de feu spectaculaire mais aussi de grands risques,

Les moyens énormes à leur disposition leur permettent tout à la fois d’exercer leur influence auprès des pouvoirs publics (voir l’importance des services de lobbying), de développer la recherche avec des collaborations souvent centrées sur des start-up que ces entreprises finissent très souvent par racheter lorsqu’elles paraissent avoir un « business case »,

Les échanges ont porté sur leur stratégie financière (optimisation fiscale, notamment en Europe, une Europe fragmentée qui a du mal à contrer certaines initiatives),

Incontestablement, avec quelques autres grands opérateurs, le GAFA et toutes ses avancées dans l’ordre du traitement des données, est un acteur majeur du monde numérique, ces entités qui ont des stratégies affirmées ne sont pas sans poser de sérieux problèmes aux États ( la neutralité numérique , la protection des personnes, l’inégalité de traitement, la concurrence, les questions éthiques etc) mais en même temps on ne peut que reconnaître les mérites de beaucoup des innovations dont elles sont à l’origine ; c’est sur cette note ambivalente que s’est conclue la discussion, une discussion qui a aussi fait ressortir les défauts ou la déficience de l’Europe pour traiter correctement ces questions d’un point de vue fiscal et réglementaire.

II Les grandes tendances, quelques enseignements

Des propos tenus par M Duncan Stewart ( stratégiste Deloitte), et de quelques autres analystes (journalistes, universitaires, sociologues notamment) on voit émerger un certain nombre d’idées fortes.

D’abord un fait évident : le numérique s’impose maintenant partout – dans les pays développés comme dans le monde émergent – et se développe à vive allure. Les technologies tendent à se banaliser, avec l’explosion des volumes : capteurs ou autres sondes, mobiles ou smart phones, drones, serveurs. Avec cette montée en régime impressionnante, le monde traditionnel va laisser place à un univers faits d’objets interconnectés, et à des systèmes intelligents qui se nourriront de plus en plus aux sources de la « big data » qu’il faudra savoir gérer et maîtriser (de la collecte jusqu’à l’interprétation en passant par leur « nettoyage ») ; Quasiment tous les domaines de la vie personnelle et professionnelle seront touchés, mais, chose curieuse qui restera à vérifier, le livre pourrait ne pas être affecté autant qu’on pourrait le craindre, y compris chez les jeunes qui ont pourtant de moins en moins le goût des « choses » et de plus en plus une préférence pour ce qui est de l’ordre de l’événementiel, du spectacle, du vécu en tant qu’expérience… (observation intéressante, qu’il faut certainement apprécier avec attention, sinon prudence).

Au fil des échanges, – le point fait par le « stratège » corrobore l’idée – il est ressorti presque comme une certitude que la dimension « technique » du numérique n’est plus un réel problème : les difficultés éventuelles sont ailleurs, et il serait erroné désormais de s’obnubiler sur le technique en voulant s’engager sur la voie du numérique ; l’important, l’essentiel c’est d’abord et avant tout la bonne analyse des besoins et l’écoute de ceux que peuvent viser les évolutions vers le numérique.

Les innovations que l’on a mentionnées ci-dessus illustrent bien ces deux données de fait : la dimension technique n’est jamais relevée comme problématique, et les « business cases » de ces applications semblent bien répondre à de vrais besoins, en matière de santé, dans le domaine des transports, de la prévention, de l’éducation etc…. la seule difficulté parfois est de pouvoir passer d’un stade relativement expérimental (laboratoire, prototype) au stade industriel.

Au rang des difficultés pouvant freiner l’essor du numérique en entreprise ou l’adoption de telle ou telle application dont l’objet semble pourtant prometteur, il y a aussi certainement des éléments sinon de défiance du moins de résistance : entrer pleinement dans le monde « digital » ne va pas de soi, les entreprises qui maintenant ont toutes à s’engager sur le chemin de la transformation numérique sont à certains égards en retard par rapport à ce que font les personnes – surtout les jeunes générations en la matière – mais ce « gap » est en train de se réduire rapidement, et, à la décharge des entreprises, on se doit de noter que leur « basculement dans le pleinement numérique » est bien plus délicat à mener que les « migrations personnelles »… tous les processus sont à revoir, et les collaborateurs sont à convaincre et former ce qui n’est pas forcément simple, notamment lorsqu’il s’agit des seniors ou de ceux qui détiennent des positions ou pouvoirs bien établis pour lesquels le numérique peut constituer une menace ou une remise en cause. Il faut incontestablement prendre en compte ces éventuels éléments de freinage, cela peut prendre du temps car il faut accompagner et persuader et cela ne se fait pas en un jour, ce que les techniciens tendent à sous estimer. Ici, particulièrement dans les entreprises, il faut des « leaders », dirigeants ou prescripteurs d’opinion pour permettre de débloquer les situations et atténuer les appréhensions et aussi porter des choix qui sont stratégiques et dont il faut mesurer la soutenabilité.

Le numérique qui appelle des changements de paradigmes ne s’improvise pas, il faut bien étudier préalablement les conditions de son acclimatation avant de concevoir de grands développements dans sa direction. Si on a mentionné les seniors comme pouvant être réticents aux changements inéluctables qu’implique le numérique, on peut aussi évoquer le cas des jeunes : s’ils sont plus ouverts dans la mesure où ils maîtrisent mieux les outils que leurs aînés, on se doit aussi de remarquer leur rapport très peu distancié par rapport aux objets numériques ; ceci immanquablement expose aux risques de mauvais usages ou d’excès en tous genres de ces nouveaux instruments dans leur vie personnelle comme dans la vie professionnelle. Il y a ici tout un champ de réflexion à développer, pour eux tout particulièrement – parce qu’ils n’ont jamais appris à observer une certaine discipline en la matière – mais plus généralement : compte tenu de la puissance des outils à disposition, on se doit de penser à des sujets non techniques mais très importants comme ceux touchant à la gouvernance du numérique en entreprise, au cadre de fonctionnement( les organisations sont à revoir avec une inflexion tendant à développer la transversalité – horizontalité- et affecter les silos hiérarchisés – verticalité-), aux comportement ( plus de fluidité, plus de « droit à la parole )», règles éthiques notamment, et les limites d’usage tant il est vrai que tout dans la vie n’est pas de l’ordre du numérique. Compte ici beaucoup la question du sens. Sur toutes ces questions le rôle des managers est essentiel, on parle de la fonction de « manager digital » qui doit expliquer, écouter, montrer les objectifs visés, les modalités d’atteinte de ces objectifs et faire ressortir le sens des transformations engagées, en les rattachant bien à la culture de chaque entreprise, une culture qui comporte des invariants mais qui doit aussi pouvoir évoluer et sur laquelle il faut avoir des vues partagées.

Dans toute affaire ayant trait au numérique (au passage au numérique ou à l’utilisation du numérique pour accentuer l’efficacité, la transparence, la surveillance ..etc) il faut se convaincre qu’on est toujours confronté à des situations d’affrontement, parce qu’il y a des chocs possibles entre personnes, générations, et des risques ; ces situations de tension se règlent avec la généralisation de démarches collaboratives, des regards croisés, de démarches dites « agiles », tant il est vrai que dans la complexité d’un monde moderne qui sera forcément de plus en plus numérisé, plus personne ne peut prétendre émerger seul dans un monde mouvant : là est un des paradoxes de notre temps puisque l’on promeut tout à la fois « plus d’autonomie » ( voir les application de self assessment, les systèmes ouverts permettant de naviguer sans contrainte sur la toile ….) et l’impératif de « travailler (vivre ?) ensemble, en équipe » si on veut réussir dans le numérique.

Au demeurant, si certains parlent d’une révolution anthropologique avec le numérique, la conciliation de l’autonomie de la personne avec la rencontre de l’autre ne remplit pas qu’une fonction d’utilité, n’est ce pas en effet un des fondements de notre Humanité ?

Dernier point mis en évidence par les promoteurs de l’événement NETEXPLO en conclusion et en comparant 2015 à l’année précédente : à leurs yeux, il y a d’abord l’accentuation de tendance, mais aussi au-delà de ce qui pourrait n’être que quantitatif, on discerne un saut qualitatif.

Alors qu’en 2014 on pouvait insister sur des facteurs anxiogènes et la peur des progrès supposés du numérique, la teneur des débats, la nature des innovations présentées et l’état d’esprit des « inventeurs » font émerger des valeurs positives avec :1/ des applications visant souvent avant toutes choses un service à des « communautés » ( rurales, urbaines, médicales, éducatives etc),pour un intérêt général plus que pour des raisons financières ;2/ insistance sur les thèmes de la « collaboration », de l’empathie, du partage, de l’éthique ;3/ importance pour certains projets, de la dimension environnementale (recyclage de déchets) et/ ou du développement durable.

Si l’optimisme a ainsi tendu à prévaloir, sans doute est ce en partie la nature de l’événement qui l’explique : NETEXPLO est un forum d’échanges libres où beaucoup d’idées ont été exprimées y compris celles qui attiraient l’attention sur certains dangers et les ambivalences des progrès réalisés, mais c’est aussi et avant tout une instance ayant pour objet l’accompagnement d’un développement inéluctable et considéré comme apportant de la valeur aux sociétés et aux personnes … dès lors précisément que l’Humain reste au cœur de tout : ce point a bien été mis en exergue çà et là, notamment avec l’insistance mise sur la nécessité du dialogue, des débats, des délibérations avec un impératif qui nous a semblé partout présent : celui de ne pas avoir comme une vénération pour les outils et les objets, et leur utilisation uniquement en mode « distancié » ou « dématérialisé » : de l’importance du dosage dans les utilisations, qu’il s’agisse de quantités, ou des formes…à cet égard, la notion de « mélange harmonieux » (le « blend ») a été bien évoquée, de l’importance là encore de l’humain, et des rencontres « en face à face ».

On aura remarqué enfin le thème de l’éducation, avec des applications numériques très intéressantes : cela rejoint bien les préoccupations de l’UNESCO qui place maintenant en ce domaine le numérique au rang de ses priorités.

Retrouvez le Forum Netexplo 2015 en vidéos

Réunion d'information du Conseil exécutif de l'UNESCO du jeudi 12 février 2015

Cette réunion a pour but de permettre au Conseil exécutif d’exercer sa fonction de suivi, notamment sur l’état d’avancement de l’exécution du programme. Elle rassemble les représentants des États membres du Conseil et la Directrice générale. 

Trois grands thèmes ont été exposés par la Directrice Générale, en réponse à la centaine de questions posées par les États Membres :

  • La promotion et la protection des valeurs universelles de l’UNESCO ;

  • Le rôle de chef de file de l’UNESCO dans le domaine des sciences ;

  • Les questions relatives au budget et aux réformes.

1er thème :

Rappel du 70ème anniversaire de la création de l’UNESCO.

Les événements meurtriers du début janvier 2015 ne sont ni un choc de civilisation ni un choc religieux mais le fait d’extrémistes violents qui souhaitent diviser les communautés.

Plus de 600 journalistes ont été attaqués et 6% des affaires ont été résolues. La Directrice Générale (DG) demande que les États Membres (EM) soient fermes devant ces agissements. Elle a rappelé les résolutions qu’a prises l’UNESCO en faveur de la presse, notamment une disposition contre l’impunité des actions commises contre les journalistes. Elle a insisté sur la nécessité pour l’Unesco, de développer encore plus le concept de la protection au plan mondial de la liberté d’expression.

La DG souligne le besoin de se concentrer sur le dialogue interculturel qui est l’élément essentiel pour « vivre ensemble ». Tout commence sur le « banc de l’école », d’où l’importance de l’éducation. L’éducation a toujours été la réponse de l’UNESCO à l’extrémisme. L’éducation est une force de la paix qui permet de développer de nouvelles formes de solidarité.

Un plan d’action pour la décennie est de favoriser l’union, le partenariat, l’interculturel et l’interreligieux.

Enfin la DG a insisté sur les actions menées pour la mise en place d’internet avec le souci des précautions à prendre pour éviter les dérives.

Les questions qui ont suivi ont porté sur :

– les difficultés de mettre en œuvre les directives de l’UNESCO en période de crise et sur la nécessité de parfois les reformuler,

– l’opportunité de repenser les priorités de l’Unesco qui ne sont plus obligatoirement les mêmes qu’il y a 30 ans.

Enfin il est à noter l’intervention du représentant de l’Afghanistan, reprise par plusieurs pays, attirant l’attention de la Directrice Générale sur l’urgence à mieux définir le concept de « Liberté d’Expression », d’en préciser les limites inéluctables et demandant la création en priorité d’un groupe de travail à l’Unesco sur ce sujet.

2ème thème

Cette question prolonge la première. « La vraie révolution est de revenir aux sources » (Henri Matisse).

Le rôle de l’UNESCO est d’aider les EM à élaborer une politique scientifique relative au développement durable le mieux adaptée au terrain et conforme au changement climatique.

Les thèmes scientifiques les plus cités ont été : l’eau, les océans, les changements climatiques, la biodiversité et le développement durable.

L’UNESCO abrite le Conseil Consultatif Scientifique qui relève de l’ONU. Cette institution doit améliorer l’interface entre les sciences et les politiques.

Le financement de ces projets est fragile et mérite être renforcé.

L’avenir de la science sont les jeunes. Il convient donc de les initier dès leur plus jeune âge.

L’UNESCO encourage la formation scientifique des femmes.

Les savoirs autochtones sont des ressources importantes qu’il est utile d’exploiter pour la compréhension des changements climatiques.

Les questions qui ont suivi ont interrogé la DG sur l’action de l’UNESCO en matière de développement durable : la COI (Commission Océanique Intergouvernementale) est-elle une grande priorité ? Avec quels moyens financiers ? Quels sont les défis principaux ?

La DG a répondu que les EM souhaitent l’indépendance de la COI et que celle-ci travaille étroitement avec l’OMM (Office Mondiale de la Météorologie). En ce qui concerne le budget, l’UNESCO soutient une approche collaboratrice. 

3ème thème

Le budget est lié aux réformes. Aujourd’hui les projets concernent :

  • Une plus grande rationalisation des structures et des procédures ;

  • Une réforme de la gouvernance du secrétariat ;

  • Améliorer la prise de décision et le fonctionnement des programmes ;

  • Améliorer les secteurs administratifs de support.

Tous les coûts doivent être à la baisse. Le Conseil sera consulté. Quels sont les fonctions essentielles ? Quelles sont les fonctions accessoires ? Où est la pertinence de l’UNESCO ? Le mandat, les missions de l’UNESCO résonnent-ils toujours aussi fort ?

Une réforme a besoin d’investissement pour pouvoir développer des outils de suivi. Or l’UNESCO n’a pas bénéficié de la création de nouveaux outils d’évaluation. Les fonds extra budgétaires financent des projets spécifiques mais pas les programmes qui subissent la baisse de 30% du budget régulier.

Des choix s’imposent. Il convient d’avoir un débat approfondi à ce sujet. Il y a péril car l’UNESCO ne sera plus en mesure d’assurer ses missions.

L’après-midi a été réservée aux interventions libres des E.M. sur tout sujet non traité le matin. Il y a eu très peu de questions, elles ont porté sur :

-renforcer la promotion des outils de mesure de performances des actions liées aux programmes de l’Unesco,

-l’insistance des petits États Insulaires sur l’importance du programme COI en raison des menaces de submersions les concernant,

– l’intervention des Pays Bas sur l’importance des programmes éducatifs concernant l’enseignement de la Shoa pour la formation à la Paix.

En conclusion :

– Rappel des enjeux des programmes « post 2015 » pour tout ce qui concerne l’éducation et les sciences,

– A suivre, la nécessité pour l’Unesco de donner un contenu plus précis au concept de la protection de la Liberté d’Expression, et de la protection de la presse, avec ses limites à préciser. Cela pourrait être un thème de travail que le CCIC ou ceux de ses membres liés à la presse ou à la communication ou aux droits de l’homme pourraient suggérer au Comité de Liaison. Par exemple lancer le thème d’une éthique de la Liberté d’Expression ?

Marie-Christine Lattes, et Denis Chaigne

CCIC info : Mardi 27 janvier 2015 – Journée Internationale à la mémoire de l’Holocauste – Table ronde à l’UNESCO

L’UNESCO a commémoré la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste à son Siège à Paris. A côté des cérémonies officielles, une table ronde intitulée : « Culture, mémoire et transmission » a été organisée.

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