UNESCO : Comité sur les partenaires non gouvernementaux

Réunion à l’ UNESCO du Comité sur les partenaires non gouvernementaux (PNG) du Comité Exécutif du 6 octobre 2016

L’apport des ONG est reconnu, souhait exprimé pour améliorer les dialogues État-UNESCO – Comité de liaison.

Élection du président : Sur proposition de la Pologne, le délégué permanent de la Serbie, M. Tasnakovic est élu. Et sur proposition du Salvador, la déléguée de l’Espagne est nommée suppléante.

A partir des interventions d’Eric Falt et de Martine Lévy, les débats ont essentiellement porté sur la nécessité de renforcer les liens entre les ONG et les États Membres. Il semblerait qu’après un réveil de l’intérêt porté par les États Membres aux ONG ces dernières années, la période récente a été plus décevante, alors que les apports de la société Civile au fonctionnement de l’UNESCO sont incontournables.

D’où : que faire ? comment renouer le dialogue dans chaque pays ? Forums ? Actions communes dans les secteurs de compétences des ONG ? Dans les résolutions finales un paragraphe a été ajouté en ce sens.

-les ONG se sont fortement mobilisées sur l’Éducation pour tous, la sauvegarde du Patrimoine culturel, le climat, notamment à la suite de la COP 21
-Le Comité de Liaison s’est efforcé de lancer 4 Forums chaque année : 2 en Europe, et 2 hors d’Europe. Pour ces derniers, l’appui d’un État Membre hôte est fondamental. C’est ainsi que le comité de Liaison a été contraint de renoncer au Forum sur le Climat, faute d’État Membre de parrainage.

Il est souligné la prédominance des ONG partenaires en Europe et États-Unis : 303 dont 262 Internationales sur un total de 381 ONG dont 297 internationales. (Zones de classement : Europe et USA, Afrique, Amérique Latine et Caraïbes, Asie et Pacifique, États Arabes).

Dans le débat, Patrick Gallo a indiqué que pour les ONG, si elles sont véritablement Internationales, il n’est pas anormal que leur siège soit à proximité du siège de l’Unesco.

Admission et radiation des ONG partenaires : 13 ONG ont été admises en qualité de partenaires officielles avec statut de consultant, et 16 autres ont été radiées. A la demande insistante du Nicaragua, appuyé par plusieurs pays dont Haïti, et Cuba, le cas de 2 ONG radiées et compétentes dans le domaine de la jeunesse sera réexaminé.

Dans la suite des débats avec les États Membres tels que rappelés ci-dessus, quelques détails à noter :

-l’insistance de l’Iran à rappeler qu’il fait partie de la zone Asie-Pacifique
-l’appui du Salvador aux propositions faites par le Nicaragua

Les interventions des ONG ont surtout porté sur la qualité de l’accueil de l’Unesco, la nécessité de développer les contacts avec les États Membres, tout en soulignant que l’aide apportée par les gouvernements hôtes des Forum était très appréciée.

A noter que les résolutions préparées à l’avance par la direction générale ont été adoptées à l’unanimité, mais qu’à la demande de plusieurs pays, dont le Nicaragua et la Suède, une résolution supplémentaire a été adoptée portant sur l’opportunité de mettre en place une structure de dialogue, entre les États Membres, l’Unesco et le Comité de Liaison pour définir de nouveaux moyens de rapprochement entre États Membres et ONG.

Toutes ces questions seront reprises lors de la Conférence Internationale des ONG qui se tiendra à Paris du 12 au 14 décembre.

Avant de lever la séance, l’ambassadeur de l’Inde rappelle qu’en référence au 2 octobre, Journée Internationale de la non-violence, une conférence sur le thème de la Guerre ou la Paix se tiendra ce même jour à 18h00, sous le patronage de l’Inde, de l’ONG MGIEP (Mahatma Gandhi Institute of Education for Peace), et avec la participation de Scilla Elworthy, plusieurs fois nominée par le prix Nobel de la Paix, et avec le concours de Getachew ENGIDA,( D.G. Adjoint de l’Unesco .

D Chaigne

UNESCO : Journée Internationale de la Fille

Journée Internationale de la Fille

UNESCO, le 3 Octobre 2016

Dans le cadre du “International Day of the Girl Child”, “Malgré des progrès importants depuis 20 ans, dans trop de pays, les dispositions législatives sont encore insuffisantes pour empêcher les mariages précoces et permettre de soutenir un taux de scolarisation des adolescentes, facteur de progrès et de développement durable », s’est ainsi exprimé Madame Irina Bokova, Directrice Générale de L’UNESCO, à l’ouverture de la présentation du rapport sur l’égalité homme/femme dans l’éducation. Le forum organisé par l’Ambassade du Canada a été l’occasion de faire état d’initiatives très concrètes comme la législation contre les mariages forcés en Gambie par exemple, ou l’installation de sanitaires adaptées aux filles en Inde, … plus capables d’apporter des solutions durables que de vouloir modifier les manuels scolaires …

Le forum co-organisé avec la Délégation permanente du Canada à l’UNESCO a été l’occasion pour les représentants de plusieurs pays (Bangladesh, Inde, Kenya, Gambie) et d’IONG (« Girls not Brides ») de présenter leurs initiatives concrètes : législation contre les mariages forcés adoptée en Gambie, installation de 400 000 sanitaires adaptées aux filles en Inde, …

La pauvreté et les traditions culturelles restent des obstacles majeurs au progrès dans la disparition des mariages précoces et forcés des filles enfants (moins de 18 ans) avec entre autres pour conséquence leur sortie du parcours scolaire, une forte mortalité infantile et un maintien dans la pauvreté par absence de formation et d’apprentissage.

FREEWAT : Les outils du numérique au service de la Gestion de l’eau

A l’UNESCO le 30 Septembre 2016

Deux journées de rencontre entre spécialistes pour faire le point du Projet FREEWAT que soutient l’Union européenne dans le cadre de sa stratégie à l’horizon 2020 (promouvoir le numérique au service du Bien commun est l’un de ses objectifs) mais qui compte aussi l’UNESCO parmi ses sponsors….

FREEWAT de quoi s’agit-il ?

Exploitation informatique des données : intense recours au numérique

En simplifiant, on pourrait décrire ce projet comme l’élaboration et la promotion d’une plate-forme applicative (informatique) et « coopérative-participative » (le management) permettant la rencontre des scientifiques et des gestionnaires de l’univers (la communauté) de l’eau. Si certains des aspects du projet paraissent complexes et réservés à des experts, l’ambition des promoteurs d’une opération d’une certaine envergure n’est pas d’enfermer. Au contraire, FREEWAT vise à développer un outil et une méthode qui ouvrent au plus grand nombre le champ de la gestion de l’eau dans ses multiples aspects, quand bien même certaines dimensions techniques (exemple : la modélisation) peuvent sembler délicates à maîtriser.

Très concrètement et plus précisément, il s’agit de permettre de collecter, d’analyser et traiter en termes de modélisation le plus grand nombre de données se rattachant à « l’univers eau » dans un espace donné (les nappes, les zones aquifères, les flux, les stocks, les caractéristiques chimiques, géologiques, géographiques, climatiques etc).

Un outil ouvert, destiné avant tout aux gestionnaires ou décisionnaires

L‘objectif n’est évidemment pas de se contenter de pures recherches, qui ne déboucheraient que sur des connaissances sans lendemain. Tout au contraire, FREEWAT est à considérer comme un dispositif au service de tous ceux qui sont concernés par la production et l’exploitation des ressources en eau dans un contexte qui ne permet plus de traiter cet élément vital à la légère, par exemple dans le domaine de l’irrigation.

S’il s’agit d’un projet ouvert (on parle d’ « open source » ou d’ « open data », de logiciel libre), c’est aussi une opération gérée rigoureusement, de manière proactive, avec des forums, des calendriers invitant les participants à se mobiliser vraiment avec partage des expériences. C’est dans cet esprit que se sont organisées les deux journées du symposium et c’est l’impression qu’a dégagée la présentation d’une quinzaine d’études de cas où ont été montrées les réalisations sur le terrain que permet l’outil FREEWAT.

Un vrai Projet avec ses difficultés, mais aussi un avenir prometteur

S’il y a déjà des logiciels servant à l’analyse ( MIDFLOW ?), FREEWAT semble plus performant, et le fait de le promouvoir dans le cadre d’un projet structuré avec des partages d’informations est sans doute bénéfique pour toutes les parties prenantes.

Des cas présentés (une douzaine issus de l’UE, un de l’Ukraine, un autre de Turquie et, enfin, un projet de coopération entre trois pays d’Afrique : Botswana, Namibie et Afrique du Sud) on retient les points suivants :

Richesse des analyses produites (nombreuses cartographies élaborées à partir de maillage numérique des zones ciblées, analyses chronologiques, géologiques, climatologiques etc, toujours en rapport avec l’eau).

Grande souplesse d’utilisation, puisque ces analyses souvent très fines peuvent tout aussi bien s’appliquer à des zones maritimes (insulaires ou côtières) ou montagneuses (les Alpes), traiter tous les climats (continental ou méditerranéen, ou subtropical), et produire des études sur tout type de bassin, depuis une petite plaine concernant cinq communes sur 50 km carrés en Italie jusqu’à un énorme bassin semi désertique de 86 000 km carrés en Afrique.

Ces analyses et leur exploitation concernent en général un grand nombre d’acteurs publics et privés. Elles appellent à produire beaucoup d’efforts pour sensibiliser et sortir soit des (mauvaises) habitudes soit de ses idées préconçues. Il peut y avoir aussi certaines réticences dans la mesure où des intérêts particuliers pourraient être mis en cause ; mais, dans l’ensemble, ces démarches avec les outils proposés semblent plutôt bien accueillies. Il n’est pas déraisonnable, en effet, de mieux savoir appréhender les choses, et surtout pouvoir mieux agir selon les indications issues des modélisations (qui mesurent les comportements possibles des bassins selon des scénarios plus ou moins probables).

Si FREEWAT est d’abord un projet européen qui paraît produire ses effets (l’Europe c’est aussi des réalisations concrètes), on ne peut qu’espérer voir de telles expériences continuer à se développer, au-delà même de l’Union, au service du Bien commun, pour optimiser les usages d’une ressource qu’il faudra dans les années à venir traiter partout avec le plus grand soin.

Connaître le projet FREEWAT (anglais)

UNESCO – Journée internationale de l’alphabétisation 2016

« Lire le passé, écrire l’avenir »

UNESCO – Journée internationale de l’alphabétisation 2016

50e anniversaire

8 et 9 septembre 2016

Sommaire

Cet événement marque le 50e anniversaire de la Journée internationale de l’alphabétisation proclamée par la Conférence générale de l’UNESCO en 1966. 2016 est aussi la première année de mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon durable 2030, qui comprend l’Objectif de développement 4 (ODD4) visant à « assurer une éducation inclusive et équitable de qualité et à promouvoir des possibilités d’apprentissage tout au long de la vie pour tous ».

La journée a permis au panel ministériel de plusieurs pays de partager l’expérience des progrès accomplis en matière d’alphabétisation dans leurs propre pays et au panel d’experts de haut niveau et de représentants de pays de « lire le passé » et de donner une vision de l’avenir « écrire l’avenir ». Elle a été l’occasion de présenter les conclusions et recommandations du 3ème Rapport mondial sur l’apprentissage et l’éducation des adultes (Global Report on Adult Learning and Education – GRALE III). Enfin point phare de la journée : le lancement de l’Alliance mondiale pour l’alphabétisation –AMA (Global Alliance for Literacy – GAL) associé à l’apprentissage tout au long de la vie, dont la coordination sera assurée par l’UNESCO.

Les interventions ont souligné que, malgré les progrès accomplis, les défis sont considérables pour que soit atteint l’objectif 2030 d’un « monde où tous sachent lire, écrire et compter ». Une conclusion s’impose aujourd’hui : qu’aucune entité (pays, organisation) ne peut atteindre seule l’objectif visé et qu’une action coordonnée mondialement est nécessaire avec une plus grande synergie incluant les entités politiques, le secteur privé et la société civile.

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Liège 2017 : Conférence Mondiale des Humanités

« défis et responsabilités pour une planète en transition »

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Compte-rendu de la réunion de présentation du projet tenue le 21 juin 2016

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Cette conférence, qui sera « une première », se tiendra à Liège du 6 au 12 août 2017.

Elle est organisée par une fondation dédiée dont les trois membres organisateurs de l’événement sont l’UNESCO (dans le cadre du programme MOST management of social transformations program), le CIPSH (Conseil international de la philosophie et des sciences humaines) partenaire historique de l’UNESCO, représentant de très nombreuses organisations (associations, fédérations etc), et les collectivités territoriales belges (la ville de Liège, la province) ainsi que l’université. Près de 2000 participants sont attendus pour assister à une série de débats ou présentations qui seront ordonnés autour de six thèmes :

1/ L’Homme et l’Environnement,
2/ Identités et Diversités culturelles : une humanité globale,
3/ frontières et migrations,
4/ Patrimoine (héritage, matériel et immatériel),
5/ Histoire, Mémoire et Politique,
6/ Les Humanités dans un monde qui change.

16f97f2276Les promoteurs de ces journées ont souligné leur ambition : il ne doit pas s’agir seulement ou principalement d’une réunion d’experts appelés à délivrer des présentations académiques, l’intention clairement affichée est de mettre l’Homme dans sa dignité au cœur des discussions, de voir au travers de regards sous de multiples angles d’observation en quoi l’éducation doit être promue au service de l’humanité et pour la Paix, en aidant les jeunes et les adolescents à se « mouvoir » dans un monde de plus en plus complexe et exposé à de multiples risques.

Le délégué permanent de la Belgique auprès de l’UNESCO a souligné que cette rencontre venait à point nommé par les temps troublés que l’on connaît, pour revisiter ce que devrait être l’école dans notre monde moderne, une école capable de transmettre un héritage en le passant comme il convient au crible de la modernité, avec une juste prise en compte de la diversité pour prix de la Paix : sur ces questions vitales, les réponses ne sauraient être que techniques.

Les autorités de la ville et de la province de Liège qui se sont fortement engagés voient s’inscrire ce colloque international en harmonie avec la stratégie qu’elles ont convenu de mener : promouvoir la citoyenneté et la diversité culturelle, pour plus d’harmonie dans une région qui a beaucoup souffert dans le passé (la grande guerre, la crise minière) et qui accueille des ressortissants de nombreux pays.

Le Président de cette conférence, M. Adama Samassekou (ancien Ministre de l’éducation du Mali, Président de l’académie des langues africaines) présenté comme « l’âme » de ce colloque et ancien président du CIPSH a lui aussi insisté pour dire que ce projet était une belle opportunité pour la Paix et la promotion d’un dialogue culturel qui tienne compte pleinement d’une diversité qui s’intensifie et qui change de visage.

Il rappelle les trois constats qui ont finalement imposé comme une évidence la tenue de cette première conférence internationale sur les Humanités :

  • La crise de 2008 qui n’a pas été que financière : elle révélait aussi une crise de société, et des interrogations sur nos modes de développement.
  • Un Conseil CIPSH qui tendait à se marginaliser, avec son domaine de compétence, pourtant essentiel, de moins en moins considéré à sa juste valeur.
  • Une panne ou une insuffisance des intellectuels, ainsi qu’une sous représentation de leur présence (influence) dans les pays non occidentaux.

Ce simple constat a ainsi fait émerger l’évidence d’un besoin, et donné naissance à une idée un peu nouvelle qui inspirera ou structurera les échanges, à savoir celle du polycentrisme qui désigne par le biais d’un rééquilibrage des dialogues la montée de courants de réflexion et de recherches plus diversifiés géographiquement, et qui pourra apporter, notamment avec le soutien d’un CIPSH qui pourra ainsi se relancer, une plus grande richesse dans les réponses aux questions que l’on peut se poser.

Pour M. Samassekou trois éléments pourront opportunément être intégrés dans les réflexions :

1/ l’échec des pensées uniques.
2/ l’échec des modèles qui ont omis de considérer le temps long.
3/ la survenance de mouvements de fond (positif ou négatif) qu’il faut analyser pleinement avec un regard interculturel pour détecter ce qui permettra à l’Humanité d’évoluer dans le bon sens (ce qui sauvera le monde)… Ici sont évoqués, parmi ces grandes forces à l’œuvre, capables de transformer les sociétés (mais aussi parfois détruire) : le fanatisme, les technologies (notamment celles de l’information), l’art.

Dernier point traité, très important aux yeux de l’intervenant pour qui cette conférence ne doit pas être un banal événement : l’architecture globale.

En amont de la Conférence, ont été organisées toute une série de rencontres sur différents thèmes se rattachant au programme adopté ; ce sont en quelque sorte des travaux préparatoires : au Brésil (Terre et Humanité), au Mali (Langues, Cultures, Histoire), Chine (Sciences, Culture et Route de la Soie)… etc

La Conférence elle-même comportera des séances plénières avec de grands témoins et des sessions spécialisées, ainsi que des symposiums lorsque certains thèmes mériteront un large débat (exemple l’islam, le statut de la femme dans la société). En introduction du colloque seront présentés les résultats d’une enquête sur les thèmes à l’ordre du jour.

En aval, conformément à l’intention des organisateurs, il est prévu d’assurer en quelque sorte un suivi, pour voir au niveau des grandes zones d’influence (EU, ASEAN, MERCOSUR, etc ) comment les politiques en faveur des humanités (la recherche, les infrastructures, etc) sont mises en œuvre, quels sont les investissements engagés avec quel sens, et aussi quelles solidarités universelles exprimées au service de la terre des Hommes.

Quelques éléments retenus de l’échange avec l’auditoire :

Le délégué néerlandais a salué l’entreprise ; ce sera pour lui l’occasion de parler des sciences humaines qui ont peut être été un peu trop négligées ces dernières années. S’il juge bienvenu que l’on mette l’accent sur la diversité culturelle, il recommande qu’on ne perde pas de vue l’universalité, et qu’on s’attache à bien percevoir la présence et la persistance de ce principe dans les cultures et les humanités.

Un intervenant docteur en sciences humaines fait observer que les Humanités ne sont pas un domaine enfermé, endogène : elles ne sont pas une île.

Le délégué de la Tunisie évoque la question de l’islam politique, va-t-on en parler ? Sans aucun doute, et il est prévu parmi les « key note speakers » un représentant du monde de l’islam.

Intervention du Portugal (qui accueille un événement en lien avec la Conférence). Son délégué salue l’initiative, et se félicite de la réussite de la coopération entre toutes les parties prenantes. Les Humanités sont essentielles, il est bien qu’un événement comme ce colloque puisse faire émerger des idées ou des principes qui peuvent guider les politiques. Enfin, il apprécie qu’on mette bien en valeur la jeunesse, car, in fine, c’est bien elle qui doit être au cœur des préoccupations.

Une ONG (Alliance internationale des femmes) obtient la confirmation que l’on vise autre chose que des débats académiques, et se voit préciser qu’il y aura un symposium sur la question des femmes dans les sociétés.

Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel

Assemblée générale des États parties
à la
Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel
Sixième session du 30 mai – 1 juin 2016, siège de l’UNESCO

 La gouvernance de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de 2003 est assurée par trois organismes principaux : l’Assemblée générale des États parties, le Comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel et le Secrétariat de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel.

L’Assemblée générale des États parties à la Convention est l’organe souverain de la Convention. Elle se réunit en session ordinaire tous les deux ans. L’Assemblée générale donne des orientations stratégiques pour la mise en œuvre de la Convention et élit les 24 membres du Comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, dont la moitié sont renouvelés tous les deux ans. L’Assemblée générale a décidé d’appliquer à l’élection des membres du Comité le principe de répartition géographique équitable. Le nombre des membres du Comité de chaque région est fonction du nombre d’États de la région qui ont déjà ratifié la Convention. Le Comité se réunit en session ordinaire chaque année. Il promeut les objectifs de la Convention, donne des conseils sur les meilleures pratiques et formule des recommandations sur les mesures en faveur de la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel ; il utilise les ressources du Fonds pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel conformément aux directives et au plan biennal adoptés par l’Assemblée générale. Il inscrit sur les Listes (Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité ; Liste du patrimoine immatériel nécessitant une sauvegarde urgente ; Liste des meilleures pratiques de sauvegarde) les manifestations du patrimoine culturel immatériel proposées par les États parties. Il sélectionne et promeut les programmes, projets et activités soumis par les États parties reflétant le mieux les objectifs et les principes de la Convention. Il propose à l’Assemblée générale l’accréditation d’organisations non gouvernementales susceptibles d’avoir des fonctions consultatives auprès du Comité. Le Secrétariat du Patrimoine Immatériel de l’UNESCO assiste l’Assemblée générale et le Comité, prépare la documentation de leurs réunions et assure l’exécution de leurs décisions.

Cette 6ème Assemblée Générale des États parties de 30 mai – 1 juin 2016 a donc lieu après la dixième session du Comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel qui s’est tenue à Windhoek en Namibie du 30 novembre au 4 décembre 2015. Elle doit discuter, entre autres, des recommandations formulées par le Comité en 2015 en Namibie. La prochaine session du Comité, la onzième, aura lieu à Addis Abeba en Éthiopie du 28 novembre au 2 décembre 2016. La 7ème Assemblée Générale aura lieu en juin 2018. Continuer la lecture de Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel

L’hydrologie et les Objectifs du millénium

Colloque KOVACS  : le 15 juin 2016

Sous l’égide de l’international Hydrological Program (IHP) de l’UNESCO et de l’association des sciences de l’hydrologie ( IAHS), s’est tenue à Paris la douzième rencontre internationale de l’hydrologie (réunion bis-annuelle) connue comme le colloque KOVACS (nom d’un hydrologue éminent à l’origine de cet événement). Cette année le thème du forum a été retenu sous l’angle nouveau que définissent les SGD 2030 de l’ONU pour cette ressource vitale qu’est l’eau , en mettant particulièrement l’accent sur les indicateurs retenir. La question de la « mesure par des indicateurs » n’est pas triviale  car s’interroger sur un sujet en apparence aussi anodin amène à prendre conscience des changements majeurs entrain de survenir et qui ne sont pas faciles à appréhender.

Retenons alors tout ce que recouvre « la matière » eau, et mesurons en l’importance pour l’humanité et notre planète : c’est l’une des principales idées qui ressort de beaucoup des présentations entendues. Il y a des bouleversements dont on doit s’efforcer de mesurer les effets, des phénomènes qu’il faut essayer de prévoir au bénéfice des populations. L’hydrologie est au cœur de problématiques qui ne recouvrent plus de simples sujets techniques ou scientifiques que l’on va traiter dans des rapports réservés à un cercle restreint, centrés sur l’eau et rien que l’eau.

Il y a maintenant une évidence : l’eau est devenue une préoccupation qui n’est plus l’apanage des seuls experts hydrologues ou plus exactement les études qui sont faites à son sujet doivent de plus en plus mobiliser d’autres champs de connaissance et intégrer des interactions nombreuses et réciproques avec une large variété de domaines, dans un monde de plus en plus complexe, soumis à des risques jusque là insuffisamment pris en compte ou inexistants.

Dans ces conditions, le SGD 6 (sustainable development goal) qui appelle explicitement à réaliser des objectifs relatifs à l’eau au service des populations, a, d’une manière ou d’une autre, un rapport avec au moins une dizaine d’autres objectifs du millénium (évidemment le changement climatique, la santé, la nutrition, l’environnement et les écosystèmes, l’urbanisation etc).

Durant ce colloque ont été présentés les résultats de travaux et études appliquées visant à mieux maîtriser des phénomènes qui, avec notamment les effets du changement climatique, par leur fréquence, leur magnitude et leur amplitude peuvent toucher sérieusement des centaines de millions de personnes chaque année.

Les statistiques données reflètent la dimension des problèmes à résoudre, qu’il s’agisse par exemple du nombre de personnes n’ayant pas accès à une eau correctement filtrée, des victimes de sinistres et épidémies liées à l’eau, des effets de la survenance des risques extrêmes (inondations ou sécheresse).

Ont été entendus le témoignage d’experts ( au Liban , au Japon par exemple) présentant leurs travaux de modélisation qui peuvent donner des résultats (exemples : prévision de certains phénomènes) mais qui peuvent aussi souffrir de difficultés liées à l’instabilité intrinsèque des situations observées et aussi, dans une large mesure à la question des données.

Un autre point est souligné : la nécessité du dialogue avec les parties les plus proches du terrain pour aider à bien comprendre les données des sujets à traiter, il est aussi essentiel de sensibiliser les populations aux questions touchant à l’eau (décisions concernant les plantations,, comportements eco-responsables, irrigation, stockage de l’eau etc).

Un point essentiel a été traité, à savoir le traitement des espaces partagés. Nombre de bassins, nappes phréatiques, cours d’eau sont partagés entre plusieurs pays. La communauté internationale gagnera à traiter correctement les problématiques qui découlent de ces situations par les traités, mais ici les choses ne sont pas aisées, ou par le biais de solutions plus pragmatiques où sont correctement réglées les questions de gouvernance et d’échanges d’informations.

Sur ce sujet « transfrontalier » comme sur bien d’autres, il y a à considérer très souvent la dimension politique. Dans le domaine qui est le leur, il importe que les scientifiques puissent présenter aux responsables politiques leurs travaux d’une manière suffisamment convaincante pour amener les décideurs à arrêter les mesures que peuvent suggérer les études menées.

Conseil exécutif de l’UNESCO, 199 ème session

Compte rendu des séances plénières des 7 et 8 avril 2016

Prolongement de la Conférence générale de novembre 2015, le Conseil exécutif tient en avril 2016 sa session biennale. Occasion d’approfondir les questions traitées à la fin de l’an dernier, d’obtenir des clarifications, préciser les orientations ou les positions sur de très nombreux sujets sur lesquels l’UNESCO – essentiellement la Directrice Générale – et de nombreuses délégations (une soixantaine) se sont exprimées.

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L’eau et l’emploi « un bien commun au service de la dignité de l’Homme »

RAPPORT DE L’ONU SUR L’EAU ÉDITION 2016

Le 24 mars 2016 avait lieu à Paris la présentation du Rapport annuel de l’ONU sur l’eau avec comme thème choisi pour l’édition 2016 : « l’eau et l’emploi »… un sujet jusqu’ici peu exploré et pourtant essentiel. L’eau est indissociable du monde vivant, mais tout n’est pas que de l’ordre du biologique, elle est aussi essentielle pour les économies et pour l’emploi : « pas d’eau pas de vie »…mais, par analogie, on pourrait dire aussi, avec presque autant d’assurance dans beaucoup d’endroits « pas d’eau, pas d’emploi ».

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Musée d'Israël de Jérusalem : le Codex d'Alep inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO :

Document de référence pour tous les juifs, le Codex d’Alep, manuscrit du Xème sièclela plus ancienne version connue de la Bible hébraïque – fait partie depuis le 8 février du « Registre international des biens culturels sous protection spéciale » de l’UNESCO, l’organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture.

Codex-AlepCe précieux manuscrit du Xème siècle,  exposé au musée d’Israël de Jérusalem dans le sanctuaire du Livre, rejoint ainsi plus de 300 biens du monde entier inscrits sur cette liste. Le registre contient déjà deux autres objets israéliens : les recueils de Rothschild, une collection de manuscrits du 15ème siècle, et les pages de témoignages du musée Yad Vashem sur la Shoah, qui documentent les noms et histoires des victimes.

Le Codex d’Alep, composé entre 910 et 930 à Tibériade, en Galilée, a connu une histoire mouvementée. Le codex fut dédié à la communauté karaïte de Jérusalem au XIème siècle avant de se retrouver en Égypte à la suite de la destruction du local où il se trouvait lors de la première croisade.

C’est là qu’il est utilisé par le rabbin Moïse Maïmonide pour édicter les règles de rédaction des rouleaux de la Torah, ce qui confère au manuscrit une autorité suprême en matière de ‘massorah’, ou transmission de la tradition concernant les Écritures.

D’Égypte, le manuscrit aurait gagné la Syrie à la fin du XIVème siècle où il allait rester 600 ans. En 1947, alors que l’ONU annonce son plan de partition de la Palestine et la création d’un État juif, des émeutes anti-juives explosent dans le monde arabe, et notamment à Alep, en Syrie, où vit une importante communauté.

La grande synagogue de la ville, où était conservé le codex, est profanée. Le manuscrit est éparpillé, certains disent brûlé. Sur les 487 pages estimées de l’original, subsistent 294. Le codex restant, caché par des juifs d’Alep pendant une dizaine d’années, est envoyé de Syrie en Israël en 1958.

Selon Adolfo Roitman, le conservateur du musée du « Sanctuaire du Livre » à Jérusalem toutes les versions actuelles de l’Ancien Testament ont pour origine « d’une manière ou d’une autre, ce manuscrit ancien ».

« Il s’agit du second codex le plus important après celui de Leningrad, certainement rédigé sur la base de celui d’Alep » , explique le franciscain Matteo Munari, professeur au Studium biblicum franciscanum de Jérusalem, d’où son inscription au patrimoine de l’Unesco.

Mais contrairement au codex d’Alep, le manuscrit de Leningrad est toujours entier. « Malheureusement, le Codex d’Alep a été mutilé de sa partie la plus importante pour les juifs, puisque presque toute la Torah, qui correspond au Pentateuque, en a disparu ».

(source : cath.ch)