Rapport mondial sur les Sciences Sociales

UNESCO 17 Octobre 2016

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Le Rapport Mondial sur Les Sciences Sociales (RMSS 2016) « tire la sonnette d’alarme. Combler les lacunes existant dans les recherches en sciences sociales menées sur les inégalités est essentiel pour réaliser l’ambition transversale de l’Agenda 2030 qui vise à opérer des transformations qui ne laissent personne de côté’, » a souligné Irina Bokova, Directrice Générale de l’UNESCO, lors de la présentation des résultats de l’édition 2016.

rmssv2Le Rapport Mondial sur Les Sciences Sociales (RMSS 2016)  a été réalisé par le Conseil international des sciences sociales (CISS ou ISSC, de l’anglais International Social Science Council) qui est une organisation internationale fondée en 1952 par l’UNESCO et qui vise à « dynamiser l’action au sein et au-delà des sciences sociales ».
A cette réunion ont participé des représentants des institutions impliquées :
Pour l’UNESCO, Madame Nada Al-Nashif, sous-directrice générale pour les sciences sociales et humaines.
Pour le CISS, Monsieur Mathieu Denis, directeur exécutif
Monsieur Louis Chauvel, professeur de sociologie à l’université du Luxembourg co-auteur du rapport.

Madame Nada Al-Nashif a relayé le message d’Irina Bokova, la directrice générale de l’UNESCO. L’agenda 2030 pour le développement durable vise une société inclusive, une réduction des inégalités, de sorte que dans dix ans personne ne soit laissé de côté. Or, les inégalités fragilisent la cohésion sociale. Elles constituent une ombre menaçante tant pour l’économie que pour la société et pour l’environnement. Diminuer la pauvreté ce n’est pas aider les pauvres mais les aider à vivre dignement. Lutter contre les inégalités est essentiel pour les objectif du développement durable.

Monsieur Mathieu Denis a précisé que c’est un rapport auquel ont contribué 107 auteurs, parmi lesquels des chercheurs de Institute Development Studies, l’Institut international de recherche sur le développement. Ce rapport de 2016, est le 3ème, le premier datant de 2010, le deuxième de 2013. Aujourd’hui le rapport se focalise sur les inégalités. Elles se sont élargies vers l’Amérique Latine, vers le nord de l’Afrique, interpellées par des mouvements comme le Printemps Arabe, Occupy.
Si les inégalités ne sont pas maîtrisées, la durabilité du développement est menacée. Les différentes formes de l’inégalité sont: économiques, politiques, de pouvoir, sociales, de santé, d’éducation, culturelles, environnementales, spatiales, (rural, périurbain), accès aux connaissances.

Certains pays d’Amérique Latine, d’Afrique ou la Chine ont réussi, au contraire, de ralentir les inégalités. Il n’y a pas de panacée, par la suite, en ce qui concerne la maîtrise des inégalités. Cela est dicté par plusieurs éléments comme l’application de diverses politiques comme la discrimination positive, les héritages antérieurs qui ont modelé les inégalités actuelles, l’action collective solidaire (qui est une des nouvelles pistes pour réduire les inégalités).
L’Afrique reste la priorité en matière d’inégalités, puisque ce continent enregistre les inégalités les plus profondes.

En ce qui concerne l’étude des inégalités, on peut observer que 80 % de la recherche en sciences sociales est produite par l’Europe occidentale et les États-Unis. Dans ces conditions, en fonction des lacunes observées dans l’étude de l’inégalité  il y auraient 7 priorités à prendre en compte :
– Renforcer le soutien à la production de connaissances sur l’inégalité,
– Améliorer les capacités d’évaluation de ce phénomène,
– Mieux comprendre les diverses expériences de l’inégalité,
– Mieux comprendre la création et la reproduction des inégalités multiples,
– Mieux comprendre les liens et les interactions entre les formes locales et mondiales de l’inégalité,
– Promouvoir les études sur la recherche d’une plus grande égalité,
– Soutenir les synthèses transversales sur l’inégalité et l’égalité.

Le professeur Louis Chauvel, quant à lui, a parlé surtout du rôle des classes moyennes dans le développement. Pour lui, il y a une déstabilisation de la classe moyenne mondiale (White Trash aux États-Unis). Depuis les années 70, qui ont vu le rêve d’une civilisation de la classe moyenne, basée sur les salaires, le monde évolue vers une généralisation de la classe moyenne et aujourd’hui on assiste à la préoccupation de stabiliser cette classe moyenne. Elle est mise en difficulté par une polarisation, servie par le manque de croissance économique, qui sert les populismes. Il faudrait, pour favoriser les classes moyennes, plus de protection sociale, plus d’éducation et plus transition réussie de l’éducation à l’emploi.
La conclusion la plus importante est la nécessité de l’investissement dans les générations à venir.

Les prises de parole des personnes du public ont mis l’accent sur l’importance des instituts d’études sociales régionales, de la nécessité de prendre en compte la valeur économique du travail des femmes.

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UNESCO – Journée mondiale des enseignant(e)s 2016

« Valorisons les enseignant(e)s, améliorons leur statut »

5 octobre 2016

Sommaire

Organisée conjointement avec le BIT, la journée marquait le 50e anniversaire de l’adoption de la Recommandation de l’OIT/UNESCO concernant la condition du personnel enseignant » et avait pour thème « Valorisons les enseignant(e)s, améliorons leur statut professionnel ».  

En ouverture, le Directeur général adjoint pour l’Éducation de l’UNESCO, M. Qian Tang, a souligné la pénurie d’enseignants au niveau mondial. « Pour accomplir l’ODD4 (« Assurer l’accès de tous à une éducation de qualité et sur un pied d’égalité») d’ici à 2030, nous aurons besoin de 69 millions d’enseignants, dont 24,4 millions au niveau primaire et 44,4 millions au niveau secondaire. Il nous reste donc un long chemin à parcourir. Le problème de la pénurie d’enseignants requiert notre attention immédiate. Mais nous savons aussi que la quantité n’est pas synonyme de qualité. Nous avons besoin d’enseignants qualifiés et motivés, travaillant au sein de systèmes éducatifs correctement financés » a-t-il insisté.

Dans ce contexte, les représentants des pays du BRICS ont présenté l’évolution de la situation dans leurs pays. La motivation des enseignants des pays touchés par des situations de crises ou d’urgences humanitaires a elle aussi été débattue comme celle des enseignants selon les différents sous-secteurs du système éducatif.

Le point culminant de la journée a été la remise des prix aux deux lauréats du Prix UNESCO-Hamdan Bin Rashid AL-Maktoum récompensant des projets d’enseignement aux pratiques et aux résultats remarquables. Les lauréats de cette année étaient l’université de Malaya, en Malaisie pour son programme Éducation à la citoyenneté environnementale 2005-2015 et le Cambodge pour son programme « See beyond borders » de mentorat pour enseignants en zone rurale.

La journée s’est conclue par une table ronde de haut niveau réunissant en particulier la Ministre française de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Madame Najat Vallaud-Belkacem.

Une conclusion s’imposait à la fin de ces débats : il faut que les pays et la communauté internationale entrent dans « un cercle vertueux » qui passe par un accroissement des investissements et des aides financières à l’éducation, par la considération que l’enseignement est une vraie profession, la mise en place de formations initiales et tout au long de la carrière, des recrutements sur des critères stricts et élevés et des rémunérations adéquates.

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200ème session du Conseil exécutif (4-18 octobre2016)

200ème session du Conseil exécutif (4-18 octobre2016)

Réunion plénière introductive :
Une situation paradoxale, des activités nombreuses, pertinentes plus que jamais,
mais les ressources sont comptées.

Un film pour commencer : plus de soixante dix ans marqués par de grands moments

Pour cette deux centième session, jugée par certains comme historique ou comme un grand temps fort, une séquence filmée donnée en introduction a rappelé les réalisations et les grands moments de l’UNESCO depuis 1945, avec la reprise certains propos qui ont marqué son histoire : N Mandela -– -l’éducation est une arme puissante pour changer le monde, on doit changer d’attitude – J Delors – il faut éviter un déracinement total – P Neruda, I Gandhi…

Les propos introductifs : importance des objectifs de l’agenda 2030, ODD4 particulièrement, les contraintes budgétaires préoccupantes

Madame Irina Bokova a poursuivi avec dans un premier temps une même tonalité d’espoir, et le rappel de toutes les actions protectrices conduites au fil du temps, des programmes, des débats pour promouvoir les valeurs de la charte constitutive, la Paix, la Culture, dans un esprit de justice et de solidarité ….En la matière, la demande pour continuer d’aller vers plus d’humanité est élevée mais le Monde reste fragmenté, de graves conflits persistent, et les extrémismes se manifestent partout. Pour l’UNESCO il est important que les États viennent soutenir ses actions, cela a été un appel que la Directrice générale mais aussi d’autres participants auront repris avec une certaine gravité au cours de la journée, à un moment où les contraintes financières se font de plus en plus sentir : un participant a même parlé de contexte déplorable.

Les Vice Présidents des groupes régionaux ont été invités à donner chacun leur analyse.

On pourra en retenir quelques points forts : large consensus faisant écho à ce qu’a dit la Directrice générale, pour tout à la fois saluer les actions menées et affirmer qu’il ne faut pas régresser : comme conseiller, laboratoire d’idée, aide aux décideurs publics l’UNESCO joue un rôle irremplaçable pour beaucoup d’États, et ce rôle se trouve renforcé avec les deux grands accords internationaux de l’an passé, qu’il s’agisse de l’agenda 2030 ou de la COP 21.

Les ODD devraient permettre d’instiller une dynamique nouvelle au niveau de l’institution comme des États, et tout particulièrement en matière d’éducation (ODD 4) : avec la question du genre – égalité Femme-Homme- c’est vraiment le thème de l’éducation qui aura été le plus commenté et mis en évidence dans ces propos introductifs mais aussi au fil des interventions qui ont suivi lors du débat ; l’éducation meilleure arme pour le développement et contre le fanatisme.

Le contexte financier n’étant pas très favorable, il y a des propositions pour mieux gérer la ressource, mieux piloter les réalisations au travers d’indicateurs pertinents, se soucier d’apprécier les résultats ( évaluation). Comme dans une précédente session ou à la Conférence générale, on invite à bien se préoccuper des questions de gouvernance, de coordination entre acteurs, de coopération avec les États, d’informations bien partagées.

Autre idée souvent émise : maintenant que les accords sont passés, les lignes stratégiques assez clairement définies ( Afrique, le Genre notamment), il ne faut plus trop s’appesantir sur les concepts ou les principes pour pouvoir aller sur le terrain, l’opérationnel, le concret : quand bien même l’ambition de viser une paix durable et une harmonie culturelle restent des objectifs fondamentaux pouvant paraitre utopiques, ce sont ces réalisations qui sont de nature à nous en rapprocher, des réalisations qu’il faut vouloir continuer d’encourager. Avec cet état d’esprit, pour reprendre l’avis d’un des vices présidents on est fondé à ne pas céder au pessimisme ambiant.

Le Président du COMEX-Conseil exécutif- a souligné l’importance des enjeux actuels, l’UNESCO doit pouvoir relever de vrais défis face aux transformations du Monde avec des risques et des opportunités, et pour y parvenir il lui faut des orientations claires soutenues par de solides réflexions avec la définition de priorités incontestables, ce qui est le cas, mais pour réussir pleinement, il faudra aussi savoir :

1/ bien gérer, rationnellement, avec réalisme, en étant soucieux des coûts et en optimisant les financements
2/bien coopérer avec les États pour répondre au mieux à leurs attentes et
3/ faire preuve de l’esprit de solidarité intellectuelle et morale qui constitue l’une des marques de l’UNESCO .

Avant le débat, le Royaume Uni est intervenu pour mettre l’accent sur l’importance des indicateurs de suivi (un document a été produit, il est souhaité qu’il s’agisse plus qu’un élément d’information).

Les Pays Bas ont obtenu des précisions se rapportant au Programme Hydrologique International (PHI) pour s’assurer que cela ne remettait pas en cause l’institut et ses activités qu’ils financent largement.

Le nouveau Président du Comité des PNG – délégué de la Serbie a indiqué qu’il comptait intensifier les échanges pour améliorer la coopération entre les Etats, le Secrétariat et les ONG .

Mme Bokova a repris la parole pour détailler les nombreuses actions qui ont été conduites depuis le début de l’année (sans parler des actions spécifiques dans le cadre des programmes, plus d’une trentaine d’événements mentionnés se rapportant à tous les domaines couverts par l’UNESCO : rapports – sur l’eau, l’éducation mondiale, les métropoles, les sciences sociales –conférences, journées internationales, atelier sur les ODD, les prix décernés aux États etc.

Une activité soutenue donc , illustrant l’immensité des besoins et des attentes, mais au-delà de ce rapport d’activité très fourni auquel, par la suite, beaucoup de délégations rendront hommage …

… c’est la seconde partie du propos de la Directrice générale qui a pu retenir le plus l’attention  avec ici un développement prononcé avec mesure mais qui sans être alarmiste a donné une idée des préoccupations de l’institution dont les moyens lui sont de plus en plus comptés ; quelques indications chiffrées ont illustré l’ampleur des réductions budgétaires ; la Directrice générale appelle clairement à se soucier des conséquences : risque de devoir abandonner des activités, insuffisance des effectifs, qu’il s’agisse du siège ou du réseau, qu’il s’agisse des activités supports ou de l’opérationnel, de l’administration ou des centres d’expertise. On est arrivé à des niveaux-limites préoccupants qui pèsent sur le fonctionnement de la Maison, et risquent d’affecter le climat social, la motivation des collaborateurs et/ou amener certaines tensions….Le départ d’experts privés de moyens est un risque qui n’est négligeable. Au moment où le COMEX se réunit pour traiter notamment des orientations budgétaires pour les années à venir ( 2018-2021), il est important de prendre conscience d’une situation tendue compte tenu d’un écart manifeste entre les exigences ou besoins à couvrir et les ressources disponibles, même si ont été rappelés certains éléments rassurants (notamment avec l’Union européenne qui a considérablement augmenté sa contribution ou certains États qui apportent des financements extra budgétaires significatifs). Après avoir souligné les difficultés, la Directrice générale a trouvé dans ses derniers mots certaines expressions bienvenues pour dire sa conviction qu’on trouvera les moyens de faire face, et réaffirmé tout son engagement pour y contribuer dans les mois qui lui restent à la tête de cette institution. Parlant tout à la fin d’une initiative originale menée au Mali pour sensibiliser à la préservation des patrimoines, elle a appelé à « donner du cœur à l’ouvrage ».

Le débat : L’éducation, la question du genre, les réfugiés, le réseau hors siège, la forme des dialogues…

La quasi-totalité des intervenants qui se sont exprimés lors de la première journée ont salué les actions menées par l’UNESCO et affirmé qu’il lui fallait conserver son « leadership » sur les domaines de compétence que lui donne son Mandat avec un soutien sans équivoque de ses membres .

Le thème de l’éducation est placé au tout premier rang des sujets considérés comme prioritaires. Un certain nombre de délégations ont particulièrement insisté sur la question du genre, la protection des femmes, et tout particulièrement la représentante de la Suède qui a parlé au nom de son gouvernement qu’elle a qualifié de « résolument féministe » (la Suède est en charge d’un projet spécifique SAGA en rapport avec ces thématiques), il est important ici de réduire les discriminations, et comme l’ont rappelé d’autres délégations, les actions nombreuses à mener passent beaucoup par le biais de l’école, et des questions touchant à l’accès à l’information. Sur le thème des discriminations à l’encontre des femmes on mentionnera, en marge de la session, une petite exposition (« girls and brides ») sur la question des mariages forcés qui affectent encore 70 pays et une quinzaine de millions de (très) jeunes filles chaque année.

La question des Réfugiés et de la lutte contre les extrémismes est évoquée à de nombreuses reprises, et, là aussi, le lien est fait avec l’école ou l’éducation. On a repris l’idée de l’enseignement facteur de réduction des tensions. La Grèce et le Liban ont tout particulièrement insisté sur la nécessité d’investir sur le terrain éducatif là où des centaines de milliers d’enfants appellent à être accompagnés, éduqués dans des contextes très difficiles . La présence de l’UNESCO au Liban est appréciable, et même indispensable compte tenu de l’ampleur des besoins.

Plus généralement, et particulièrement en entendant les contributions émanant de délégations africaines, on perçoit les besoins d’assistance sur le terrain. Les appels ont été nombreux pour demander que soit bien préservé le réseau hors siège, tant sont impérieux les besoins d’aides sur le terrain : clairement un certain nombre d’États craignent comme une forme de désengagement.

Dans le même esprit, à plusieurs reprises ont été lancés des appels à plus se soucier d’ancrer les activités localement : le temps est venu de passer de la parole ou des principes aux actes, concrètement et aussi intelligemment compte tenu des restrictions dont il a été fait état. Il faudra ici savoir innover, être créatif faire preuve d’audace, et aussi de solidarité, tout en prenant conscience des risques sérieux que l’on prendrait à trop couper les budgets… S’il y a de tels désengagements au niveau du budget ordinaire, les ressources extra budgétaires peuvent elles aussi s’amenuiser. Ces conseils ont été donnés par le Président de la Conférence générale qui a été convié à participer à ce débat introductif. Son propos tout aussi appuyé que celui de la Directrice générale a été un appel à ne pas faire preuve d’une légèreté qui rendrait l’institution pareille à une coquille vide, mais en même temps, comme la Directrice générale, il s’est dit convaincu que les contraintes du moment seront surmontées, avec le soutien des États qui ont ici une obligation morale.

A mentionner l’intervention de l’Argentine qui à certains égards pourrait avoir détonné : partant du constat que la situation du monde n’est plus celle des années 1945 ou 1990 où finalement les idées (idéologies) étaient plus clairement affichées ou appréhendées, son représentant fait remarquer qu’on est dans un monde beaucoup plus fragmenté, avec des conflits diffus, multiformes, compliqués, où les États ne sont pas tous impliqués, ou pas impliqués de la même manière, mais où de graves tensions persistent un peu partout, et peuvent rendre difficiles les dialogues apaisés. Les risques avérés sont alors ceux des préjugés, de la haine ou de l’intolérance, de la démesure. Dans ce contexte, l’UNESCO peut apporter une contribution positive et exemplaire, étant alors parfaitement dans le cadre de son Mandat au service de la Paix . L’idée avancée est non pas celle d’une neutralité en quelque sorte aseptisée, mais d’une « neutralité active » qui devrait imprégner tous les inévitables (et bienvenus) dialogues qui sont conduits dans le cadre des activités de l’UNESCO. Ainsi est il proposé que sur le terrain, concrètement, les parties prenantes aux dialogues entreprennent ensemble leurs actions de façon exemplaire au service des missions de l’institution, nonobstant les positions qui peuvent les distinguer : pas de partis pris, concentration sur des objectifs précis au service de la Paix. Il est indiqué qu’une proposition sera faite en ce sens. On aura peut être du mal à voir dans quelle mesure et de quelle façon elle pourrait constituer une nouvelle avancée. Cela dit, on retiendra l’esprit de cette intervention originale, qui vise à permettre et promouvoir des actions constructives en transcendant les antagonismes au service de la Paix de façon exemplaire.

A retenir aussi :

L’hommage appuyé rendu à la mémoire de M Shimon PEREZ qui fut un artisan de Paix et un grand ami de l’UNESCO.
Un message est adressé par beaucoup aux pays qui ont été victimes de l’ouragan MATHEW.
Les félicitations
sont adressées à M SANTOS Prix Nobel de la Paix 2016 et à M. A GUTERRES désigné par le Conseil de sécurité comme le prochain Secrétaire Général de l’ONU.

Parmi les prochaines manifestations en marge des sessions du COMEX , à noter le 18 octobre prochain une Conférence donnée par M GORDON BROWN à l’occasion de la sortie du rapport sur l’Éducation mondiale et son financement.(14h-15h).

« Inaugural Ahinsa Lecture » à l’UNESCO le 6 octobre 2016

« Inaugural Ahinsa Lecture » à l’UNESCO le 6 octobre sur le thème :
Paix ou Guerre ?
Pourquoi la guerre continue-
t-elle ?
C
omment la Paix peut-elle se construire ?
Quel en sera le coût et qui peut le faire ?

Cette « conversation », à laquelle les participants de la journée des Partenaires Non Gouvernementaux étaient conviés à l’invitation de l’ambassadeur de l’Inde, a été organisée en référence à la Journée Internationale pour la Paix, le 2 octobre, date de la naissance de Gandhi.
Une trentaine de représentants des délégations nationales, (dont Mgr Follo) était présente.
Cette « conversation » bénéficiait du parrainage de la délégation Indienne, et était organisée par l’ONG MGEP (Mahatma Gandhi Institute of Education for Peace).

A noter l’ouverture de la séance par M. Getachew ENGIDA, Directeur Général Adjoint de l’UNESCO.
La réunion était centrée autour de la conférence de Madame Scilla ELWORTHY, grande figure internationale de la promotion de la Paix dans le monde, et membres de nombreuses ONG internationales de ce secteur, dont :
« The Elder », groupement dans la mouvance de Richard Branson, Desmond Tutu, Peter Gabriel, et lancé par Nelson Mandela, pour proposer leur expérience et leur influence pour promouvoir la Paix et aider les grandes causes humanitaires,
« World Future Council », qui se propose de définir et de résoudre les défis majeurs de la société, liés à la globalisation et en vue d’instaurer un Développement Durable,
« Rising Women World », ONG en plein développement, regroupant les femmes du monde entier désireuses de se mobiliser pour construire un monde qui convienne à tous.

Principaux points abordés :
-Situations actuelles de violence : terrorisme, climat contraignant le déplacement des personnes, pauvreté,
-Défier les forces de violence : Hommage à ceux et à celles qui ont le courage de mettre leur vie en danger pour éviter les guerres : aller au-devant des djihadistes, des enfants soldats, . . . (.à citer notamment le réseau mondial des femmes rurales),
-analyse du « complexe militaire-économique », concernant la fabrication des armes et leur commerce, et les dérives du commerce de la drogue et des trafic humains. Comparaison entre les sommes mondiales dépensées en armement (13500 milliards de $ par an) au regard du milliard $ dépensé pour améliorer l’existence des plus démunis (eau potable, nourriture de base . .)
-écart croissant entre les riches et les pauvres (nombreux chiffres cités . .)
-recherche de la Paix :

-lien entre les personnes (exemple Mandela),
-aller au-devant des misères, source de terrorisme,
-effort de l’Éducation à la Paix : 400 universités proposent un programme d’éducation à la Paix,
-créer -des stratégies d’initiatives locales de dialogue,
-des Conseils pour la Paix au niveau national, régional, du village,
-former des Professionnels de la Paix,
-développer le rôle fondamental des femmes dans l’instauration de la Paix,
-augmenter les budgets d’actions en faveur de la Paix

Toutes ces rubriques ont été illustrées par des exemples précis dans différents pays du monde et notamment là où Scilla Elworthy avait été appelée pour son expertise.

A noter les interventions

De l’Iran qui salue les efforts de Paix de l’Inde, qui demande comment l’action de l’UNESCO pourrait être encore plus efficace et qui insiste sur la nécessité d’instaurer un débat avec échanges sur cette question fondamentale.
Du Népal, qui rappelle que la Paix commence dans les familles, dans nos cultures et dans l’esprit des hommes et des femmes.

Denis Chaigne

UNESCO : Comité sur les partenaires non gouvernementaux

Réunion à l’ UNESCO du Comité sur les partenaires non gouvernementaux (PNG) du Comité Exécutif du 6 octobre 2016

L’apport des ONG est reconnu, souhait exprimé pour améliorer les dialogues État-UNESCO – Comité de liaison.

Élection du président : Sur proposition de la Pologne, le délégué permanent de la Serbie, M. Tasnakovic est élu. Et sur proposition du Salvador, la déléguée de l’Espagne est nommée suppléante.

A partir des interventions d’Eric Falt et de Martine Lévy, les débats ont essentiellement porté sur la nécessité de renforcer les liens entre les ONG et les États Membres. Il semblerait qu’après un réveil de l’intérêt porté par les États Membres aux ONG ces dernières années, la période récente a été plus décevante, alors que les apports de la société Civile au fonctionnement de l’UNESCO sont incontournables.

D’où : que faire ? comment renouer le dialogue dans chaque pays ? Forums ? Actions communes dans les secteurs de compétences des ONG ? Dans les résolutions finales un paragraphe a été ajouté en ce sens.

-les ONG se sont fortement mobilisées sur l’Éducation pour tous, la sauvegarde du Patrimoine culturel, le climat, notamment à la suite de la COP 21
-Le Comité de Liaison s’est efforcé de lancer 4 Forums chaque année : 2 en Europe, et 2 hors d’Europe. Pour ces derniers, l’appui d’un État Membre hôte est fondamental. C’est ainsi que le comité de Liaison a été contraint de renoncer au Forum sur le Climat, faute d’État Membre de parrainage.

Il est souligné la prédominance des ONG partenaires en Europe et États-Unis : 303 dont 262 Internationales sur un total de 381 ONG dont 297 internationales. (Zones de classement : Europe et USA, Afrique, Amérique Latine et Caraïbes, Asie et Pacifique, États Arabes).

Dans le débat, Patrick Gallo a indiqué que pour les ONG, si elles sont véritablement Internationales, il n’est pas anormal que leur siège soit à proximité du siège de l’Unesco.

Admission et radiation des ONG partenaires : 13 ONG ont été admises en qualité de partenaires officielles avec statut de consultant, et 16 autres ont été radiées. A la demande insistante du Nicaragua, appuyé par plusieurs pays dont Haïti, et Cuba, le cas de 2 ONG radiées et compétentes dans le domaine de la jeunesse sera réexaminé.

Dans la suite des débats avec les États Membres tels que rappelés ci-dessus, quelques détails à noter :

-l’insistance de l’Iran à rappeler qu’il fait partie de la zone Asie-Pacifique
-l’appui du Salvador aux propositions faites par le Nicaragua

Les interventions des ONG ont surtout porté sur la qualité de l’accueil de l’Unesco, la nécessité de développer les contacts avec les États Membres, tout en soulignant que l’aide apportée par les gouvernements hôtes des Forum était très appréciée.

A noter que les résolutions préparées à l’avance par la direction générale ont été adoptées à l’unanimité, mais qu’à la demande de plusieurs pays, dont le Nicaragua et la Suède, une résolution supplémentaire a été adoptée portant sur l’opportunité de mettre en place une structure de dialogue, entre les États Membres, l’Unesco et le Comité de Liaison pour définir de nouveaux moyens de rapprochement entre États Membres et ONG.

Toutes ces questions seront reprises lors de la Conférence Internationale des ONG qui se tiendra à Paris du 12 au 14 décembre.

Avant de lever la séance, l’ambassadeur de l’Inde rappelle qu’en référence au 2 octobre, Journée Internationale de la non-violence, une conférence sur le thème de la Guerre ou la Paix se tiendra ce même jour à 18h00, sous le patronage de l’Inde, de l’ONG MGIEP (Mahatma Gandhi Institute of Education for Peace), et avec la participation de Scilla Elworthy, plusieurs fois nominée par le prix Nobel de la Paix, et avec le concours de Getachew ENGIDA,( D.G. Adjoint de l’Unesco .

D Chaigne

UNESCO : Journée Internationale de la Fille

Journée Internationale de la Fille

UNESCO, le 3 Octobre 2016

Dans le cadre du “International Day of the Girl Child”, “Malgré des progrès importants depuis 20 ans, dans trop de pays, les dispositions législatives sont encore insuffisantes pour empêcher les mariages précoces et permettre de soutenir un taux de scolarisation des adolescentes, facteur de progrès et de développement durable », s’est ainsi exprimé Madame Irina Bokova, Directrice Générale de L’UNESCO, à l’ouverture de la présentation du rapport sur l’égalité homme/femme dans l’éducation. Le forum organisé par l’Ambassade du Canada a été l’occasion de faire état d’initiatives très concrètes comme la législation contre les mariages forcés en Gambie par exemple, ou l’installation de sanitaires adaptées aux filles en Inde, … plus capables d’apporter des solutions durables que de vouloir modifier les manuels scolaires …

Le forum co-organisé avec la Délégation permanente du Canada à l’UNESCO a été l’occasion pour les représentants de plusieurs pays (Bangladesh, Inde, Kenya, Gambie) et d’IONG (« Girls not Brides ») de présenter leurs initiatives concrètes : législation contre les mariages forcés adoptée en Gambie, installation de 400 000 sanitaires adaptées aux filles en Inde, …

La pauvreté et les traditions culturelles restent des obstacles majeurs au progrès dans la disparition des mariages précoces et forcés des filles enfants (moins de 18 ans) avec entre autres pour conséquence leur sortie du parcours scolaire, une forte mortalité infantile et un maintien dans la pauvreté par absence de formation et d’apprentissage.

FREEWAT : Les outils du numérique au service de la Gestion de l’eau

A l’UNESCO le 30 Septembre 2016

Deux journées de rencontre entre spécialistes pour faire le point du Projet FREEWAT que soutient l’Union européenne dans le cadre de sa stratégie à l’horizon 2020 (promouvoir le numérique au service du Bien commun est l’un de ses objectifs) mais qui compte aussi l’UNESCO parmi ses sponsors….

FREEWAT de quoi s’agit-il ?

Exploitation informatique des données : intense recours au numérique

En simplifiant, on pourrait décrire ce projet comme l’élaboration et la promotion d’une plate-forme applicative (informatique) et « coopérative-participative » (le management) permettant la rencontre des scientifiques et des gestionnaires de l’univers (la communauté) de l’eau. Si certains des aspects du projet paraissent complexes et réservés à des experts, l’ambition des promoteurs d’une opération d’une certaine envergure n’est pas d’enfermer. Au contraire, FREEWAT vise à développer un outil et une méthode qui ouvrent au plus grand nombre le champ de la gestion de l’eau dans ses multiples aspects, quand bien même certaines dimensions techniques (exemple : la modélisation) peuvent sembler délicates à maîtriser.

Très concrètement et plus précisément, il s’agit de permettre de collecter, d’analyser et traiter en termes de modélisation le plus grand nombre de données se rattachant à « l’univers eau » dans un espace donné (les nappes, les zones aquifères, les flux, les stocks, les caractéristiques chimiques, géologiques, géographiques, climatiques etc).

Un outil ouvert, destiné avant tout aux gestionnaires ou décisionnaires

L‘objectif n’est évidemment pas de se contenter de pures recherches, qui ne déboucheraient que sur des connaissances sans lendemain. Tout au contraire, FREEWAT est à considérer comme un dispositif au service de tous ceux qui sont concernés par la production et l’exploitation des ressources en eau dans un contexte qui ne permet plus de traiter cet élément vital à la légère, par exemple dans le domaine de l’irrigation.

S’il s’agit d’un projet ouvert (on parle d’ « open source » ou d’ « open data », de logiciel libre), c’est aussi une opération gérée rigoureusement, de manière proactive, avec des forums, des calendriers invitant les participants à se mobiliser vraiment avec partage des expériences. C’est dans cet esprit que se sont organisées les deux journées du symposium et c’est l’impression qu’a dégagée la présentation d’une quinzaine d’études de cas où ont été montrées les réalisations sur le terrain que permet l’outil FREEWAT.

Un vrai Projet avec ses difficultés, mais aussi un avenir prometteur

S’il y a déjà des logiciels servant à l’analyse ( MIDFLOW ?), FREEWAT semble plus performant, et le fait de le promouvoir dans le cadre d’un projet structuré avec des partages d’informations est sans doute bénéfique pour toutes les parties prenantes.

Des cas présentés (une douzaine issus de l’UE, un de l’Ukraine, un autre de Turquie et, enfin, un projet de coopération entre trois pays d’Afrique : Botswana, Namibie et Afrique du Sud) on retient les points suivants :

Richesse des analyses produites (nombreuses cartographies élaborées à partir de maillage numérique des zones ciblées, analyses chronologiques, géologiques, climatologiques etc, toujours en rapport avec l’eau).

Grande souplesse d’utilisation, puisque ces analyses souvent très fines peuvent tout aussi bien s’appliquer à des zones maritimes (insulaires ou côtières) ou montagneuses (les Alpes), traiter tous les climats (continental ou méditerranéen, ou subtropical), et produire des études sur tout type de bassin, depuis une petite plaine concernant cinq communes sur 50 km carrés en Italie jusqu’à un énorme bassin semi désertique de 86 000 km carrés en Afrique.

Ces analyses et leur exploitation concernent en général un grand nombre d’acteurs publics et privés. Elles appellent à produire beaucoup d’efforts pour sensibiliser et sortir soit des (mauvaises) habitudes soit de ses idées préconçues. Il peut y avoir aussi certaines réticences dans la mesure où des intérêts particuliers pourraient être mis en cause ; mais, dans l’ensemble, ces démarches avec les outils proposés semblent plutôt bien accueillies. Il n’est pas déraisonnable, en effet, de mieux savoir appréhender les choses, et surtout pouvoir mieux agir selon les indications issues des modélisations (qui mesurent les comportements possibles des bassins selon des scénarios plus ou moins probables).

Si FREEWAT est d’abord un projet européen qui paraît produire ses effets (l’Europe c’est aussi des réalisations concrètes), on ne peut qu’espérer voir de telles expériences continuer à se développer, au-delà même de l’Union, au service du Bien commun, pour optimiser les usages d’une ressource qu’il faudra dans les années à venir traiter partout avec le plus grand soin.

Connaître le projet FREEWAT (anglais)

UNESCO – Journée internationale de l’alphabétisation 2016

« Lire le passé, écrire l’avenir »

UNESCO – Journée internationale de l’alphabétisation 2016

50e anniversaire

8 et 9 septembre 2016

Sommaire

Cet événement marque le 50e anniversaire de la Journée internationale de l’alphabétisation proclamée par la Conférence générale de l’UNESCO en 1966. 2016 est aussi la première année de mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon durable 2030, qui comprend l’Objectif de développement 4 (ODD4) visant à « assurer une éducation inclusive et équitable de qualité et à promouvoir des possibilités d’apprentissage tout au long de la vie pour tous ».

La journée a permis au panel ministériel de plusieurs pays de partager l’expérience des progrès accomplis en matière d’alphabétisation dans leurs propre pays et au panel d’experts de haut niveau et de représentants de pays de « lire le passé » et de donner une vision de l’avenir « écrire l’avenir ». Elle a été l’occasion de présenter les conclusions et recommandations du 3ème Rapport mondial sur l’apprentissage et l’éducation des adultes (Global Report on Adult Learning and Education – GRALE III). Enfin point phare de la journée : le lancement de l’Alliance mondiale pour l’alphabétisation –AMA (Global Alliance for Literacy – GAL) associé à l’apprentissage tout au long de la vie, dont la coordination sera assurée par l’UNESCO.

Les interventions ont souligné que, malgré les progrès accomplis, les défis sont considérables pour que soit atteint l’objectif 2030 d’un « monde où tous sachent lire, écrire et compter ». Une conclusion s’impose aujourd’hui : qu’aucune entité (pays, organisation) ne peut atteindre seule l’objectif visé et qu’une action coordonnée mondialement est nécessaire avec une plus grande synergie incluant les entités politiques, le secteur privé et la société civile.

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Liège 2017 : Conférence Mondiale des Humanités

« défis et responsabilités pour une planète en transition »

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Compte-rendu de la réunion de présentation du projet tenue le 21 juin 2016

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Cette conférence, qui sera « une première », se tiendra à Liège du 6 au 12 août 2017.

Elle est organisée par une fondation dédiée dont les trois membres organisateurs de l’événement sont l’UNESCO (dans le cadre du programme MOST management of social transformations program), le CIPSH (Conseil international de la philosophie et des sciences humaines) partenaire historique de l’UNESCO, représentant de très nombreuses organisations (associations, fédérations etc), et les collectivités territoriales belges (la ville de Liège, la province) ainsi que l’université. Près de 2000 participants sont attendus pour assister à une série de débats ou présentations qui seront ordonnés autour de six thèmes :

1/ L’Homme et l’Environnement,
2/ Identités et Diversités culturelles : une humanité globale,
3/ frontières et migrations,
4/ Patrimoine (héritage, matériel et immatériel),
5/ Histoire, Mémoire et Politique,
6/ Les Humanités dans un monde qui change.

16f97f2276Les promoteurs de ces journées ont souligné leur ambition : il ne doit pas s’agir seulement ou principalement d’une réunion d’experts appelés à délivrer des présentations académiques, l’intention clairement affichée est de mettre l’Homme dans sa dignité au cœur des discussions, de voir au travers de regards sous de multiples angles d’observation en quoi l’éducation doit être promue au service de l’humanité et pour la Paix, en aidant les jeunes et les adolescents à se « mouvoir » dans un monde de plus en plus complexe et exposé à de multiples risques.

Le délégué permanent de la Belgique auprès de l’UNESCO a souligné que cette rencontre venait à point nommé par les temps troublés que l’on connaît, pour revisiter ce que devrait être l’école dans notre monde moderne, une école capable de transmettre un héritage en le passant comme il convient au crible de la modernité, avec une juste prise en compte de la diversité pour prix de la Paix : sur ces questions vitales, les réponses ne sauraient être que techniques.

Les autorités de la ville et de la province de Liège qui se sont fortement engagés voient s’inscrire ce colloque international en harmonie avec la stratégie qu’elles ont convenu de mener : promouvoir la citoyenneté et la diversité culturelle, pour plus d’harmonie dans une région qui a beaucoup souffert dans le passé (la grande guerre, la crise minière) et qui accueille des ressortissants de nombreux pays.

Le Président de cette conférence, M. Adama Samassekou (ancien Ministre de l’éducation du Mali, Président de l’académie des langues africaines) présenté comme « l’âme » de ce colloque et ancien président du CIPSH a lui aussi insisté pour dire que ce projet était une belle opportunité pour la Paix et la promotion d’un dialogue culturel qui tienne compte pleinement d’une diversité qui s’intensifie et qui change de visage.

Il rappelle les trois constats qui ont finalement imposé comme une évidence la tenue de cette première conférence internationale sur les Humanités :

  • La crise de 2008 qui n’a pas été que financière : elle révélait aussi une crise de société, et des interrogations sur nos modes de développement.
  • Un Conseil CIPSH qui tendait à se marginaliser, avec son domaine de compétence, pourtant essentiel, de moins en moins considéré à sa juste valeur.
  • Une panne ou une insuffisance des intellectuels, ainsi qu’une sous représentation de leur présence (influence) dans les pays non occidentaux.

Ce simple constat a ainsi fait émerger l’évidence d’un besoin, et donné naissance à une idée un peu nouvelle qui inspirera ou structurera les échanges, à savoir celle du polycentrisme qui désigne par le biais d’un rééquilibrage des dialogues la montée de courants de réflexion et de recherches plus diversifiés géographiquement, et qui pourra apporter, notamment avec le soutien d’un CIPSH qui pourra ainsi se relancer, une plus grande richesse dans les réponses aux questions que l’on peut se poser.

Pour M. Samassekou trois éléments pourront opportunément être intégrés dans les réflexions :

1/ l’échec des pensées uniques.
2/ l’échec des modèles qui ont omis de considérer le temps long.
3/ la survenance de mouvements de fond (positif ou négatif) qu’il faut analyser pleinement avec un regard interculturel pour détecter ce qui permettra à l’Humanité d’évoluer dans le bon sens (ce qui sauvera le monde)… Ici sont évoqués, parmi ces grandes forces à l’œuvre, capables de transformer les sociétés (mais aussi parfois détruire) : le fanatisme, les technologies (notamment celles de l’information), l’art.

Dernier point traité, très important aux yeux de l’intervenant pour qui cette conférence ne doit pas être un banal événement : l’architecture globale.

En amont de la Conférence, ont été organisées toute une série de rencontres sur différents thèmes se rattachant au programme adopté ; ce sont en quelque sorte des travaux préparatoires : au Brésil (Terre et Humanité), au Mali (Langues, Cultures, Histoire), Chine (Sciences, Culture et Route de la Soie)… etc

La Conférence elle-même comportera des séances plénières avec de grands témoins et des sessions spécialisées, ainsi que des symposiums lorsque certains thèmes mériteront un large débat (exemple l’islam, le statut de la femme dans la société). En introduction du colloque seront présentés les résultats d’une enquête sur les thèmes à l’ordre du jour.

En aval, conformément à l’intention des organisateurs, il est prévu d’assurer en quelque sorte un suivi, pour voir au niveau des grandes zones d’influence (EU, ASEAN, MERCOSUR, etc ) comment les politiques en faveur des humanités (la recherche, les infrastructures, etc) sont mises en œuvre, quels sont les investissements engagés avec quel sens, et aussi quelles solidarités universelles exprimées au service de la terre des Hommes.

Quelques éléments retenus de l’échange avec l’auditoire :

Le délégué néerlandais a salué l’entreprise ; ce sera pour lui l’occasion de parler des sciences humaines qui ont peut être été un peu trop négligées ces dernières années. S’il juge bienvenu que l’on mette l’accent sur la diversité culturelle, il recommande qu’on ne perde pas de vue l’universalité, et qu’on s’attache à bien percevoir la présence et la persistance de ce principe dans les cultures et les humanités.

Un intervenant docteur en sciences humaines fait observer que les Humanités ne sont pas un domaine enfermé, endogène : elles ne sont pas une île.

Le délégué de la Tunisie évoque la question de l’islam politique, va-t-on en parler ? Sans aucun doute, et il est prévu parmi les « key note speakers » un représentant du monde de l’islam.

Intervention du Portugal (qui accueille un événement en lien avec la Conférence). Son délégué salue l’initiative, et se félicite de la réussite de la coopération entre toutes les parties prenantes. Les Humanités sont essentielles, il est bien qu’un événement comme ce colloque puisse faire émerger des idées ou des principes qui peuvent guider les politiques. Enfin, il apprécie qu’on mette bien en valeur la jeunesse, car, in fine, c’est bien elle qui doit être au cœur des préoccupations.

Une ONG (Alliance internationale des femmes) obtient la confirmation que l’on vise autre chose que des débats académiques, et se voit préciser qu’il y aura un symposium sur la question des femmes dans les sociétés.