Le patrimoine mondial et les musées – UNESCO 2 et 3 novembre 2016

« Le patrimoine mondial et les musées »
Conférence internationale à l’UNESCO

2 & 3 novembre 2016

Cette conférence a été co-organisé par l’UNESCO et le Centre régional arabe pour le patrimoine mondial (ARCWH), en collaboration avec l’ALECSO, l’ICCROM, ICOM, ICOMOS et l’UICN.

« Deux jours pour évoquer les liens intrinsèques entre les sites du patrimoine mondial et les musées liés à ces sites : les musées médiateurs, porteurs de valeurs universelles exceptionnelles, vecteurs d’une histoire et de devoirs communs ; les musées gardiens des sites du patrimoine mondial, de leur intégrité et de leur valorisation, dans un contexte de développement durable social et environnemental. »

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une éducation de qualité pour tous, équitable et au service du développement durable

Consultation Régionale sur l’Objectif Éducation de l’agenda Nations Unies 2030 :
l’ODD 4 pour « une éducation de qualité pour tous,
équitable et au service du développement durable »

UNESCO le 24 octobre 2016

Réunion intergouvernementale des États membres des Groupes UNESCO I et II (Europe et Amérique du Nord) ; avec les représentants des Autorités gouvernementales, de l’UNESCO et des autres agences ONUsiennes concernées (UNICEF, HCR), des experts et les observateurs, près de 300 personnes ont participé à un large échange de vue pour rappeler les enjeux et les défis que recouvre le thème central de l’éducation, préciser, un an après l’adoption du « Plan stratégique de l’ONU à l’horizon 2030 » les conditions de la mise en œuvre de l’objectif 4, avec ses 7 cibles et sa dizaine d’indicateurs associés pour les États des groupes I et II.

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Vieille ville de Jérusalem : Déclaration de la Directrice générale de l’UNESCO

Paris, 14 octobre 2016

 

Déclaration de Madame Irina BOKOVA, Directrice générale de l’UNESCO

Comme je l’ai rappelé à maintes reprises, et encore récemment à l’occasion de la 40ème session du Comité du Patrimoine mondial, la Vieille ville de Jérusalem est la ville sacrée des trois monothéismes, le Judaïsme, le Christianisme et l’Islam. C’est au titre de cette diversité et de cette coexistence religieuse et culturelle que la ville a été inscrite sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Le patrimoine de Jérusalem est indivisible, et chacune de ses communautés a droit à la reconnaissance explicite de son histoire et de son lien avec la ville.

lire l’intégralité de la déclaration de Madame Irina BOKOVA (site de l’UNESCO)

lire le projet de décision du Conseil Exécutif voté le 13 octobre 2016 (site de l’UNESCO)
traduction française
original English

 

200éme session du Conseil Exécutif – Journée de clôture

200éme session du Conseil Exécutif – Journée de clôture

18 octobre 2016

Intervention de M. Gordon Brown

A cette occasion, a eu lieu la présentation du rapport de la « Commission internationale sur le financement des opportunités éducatives » par son Président, Mr Gordon Brown, envoyé spécial des Nations Unies pour l’éducation globale; intitulé du rapport : « Generation learning : Investir dans l’éducation pour un monde en mutation ».

« Un document de référence » qui fera date, « a landmark report », pour reprendre ce qu’a dit en introduction Madame Irina Bokova ).  L’éducation est un domaine essentiel sur lequel il faut massivement investir. La communauté internationale doit se mobiliser pour répondre à d’immenses besoins, prioritairement du côté des pays les plus pauvres mais aussi là où sont les réfugiés. Il faut un engagement collectif fort pour débloquer la contrainte financière. C’est sur ce terrain là que réside la plus grande difficulté. Une nouvelle approche et des mécanismes innovants peuvent rendre possible la réalisation d’un objectif majeur.

Mr Gordon Brown a présenté sa vision et les grandes lignes du rapport avec une clarté, une force de conviction et de persuasion que l’auditoire n’aura pas manqué d’apprécier à sa juste mesure.

D’entrée, le rappel de certains chiffres est venu comme une interpellation : 800 millions de jeunes qui ne bénéficient pas d’une éducation digne de ce nom (« decent »), 200 millions d’entre eux sont quasiment exclus de l’école, … Si rien n’est fait pour forcer l’allure, les objectifs du millenium en matière d’éducation seront loin d’être atteints à l’horizon 2030. Ce constat est préoccupant.

Il y a donc urgence, et cette idée force, bien mise en évidence par Mr Brown, ne peut, selon lui, que rencontrer le soutien de l’UNESCO, dont l’éducation constitue l’une de ses Missions essentielles, et qui, dans les actions à mettre en œuvre, doit pouvoir jouer pleinement son rôle comme conseiller, pilote de programme ou comme expert sur quatre champs d’activité cruciaux : le suivi statistique, les curriculums, la planification et la formation.

Quatre propositions sont avancées, avec un souci avéré de pragmatisme et beaucoup de conviction :

I – Améliorer prioritairement les niveaux (« standards ») des pays les plus en retard, qui sont aussi les plus pauvres…

en les incitant à s’inspirer de certains pays qui ont réussi, et qui par là, peuvent servir de modèles, un peu comme des pays à l’avant-garde ; sont cités le Vietnam, ou le Botswana.

II – Développer massivement l’investissement, pro activement : passer des promesses aux actes…

sachant qu’encore trop souvent les plans annoncés ne sont que très imparfaitement réalisés. Par exemple, le Pakistan qui visait 4% de son PNB en dépenses d’éducation, ne parvient qu’à 2%. Ceci suppose de l’engagement et beaucoup de rigueur dans les allocations de ressource, mais il faut aussi disposer de fonds suffisants, et c’est ici que le bât blesse très souvent. D’où la troisième proposition.

III – Mettre en œuvre des politiques ambitieuses et ingénieuses pour lever des fonds 

1/ Les aides financières sont insuffisantes. Il faudrait quasiment les multiplier par 10 en les portant de 2,5 milliards de dollars à 20 milliards … Pour M Brown ce montant n’a rien d’excessif au regard du niveau du PNB mondial (plus de 80 trillions de dollars).

2/ Pour faciliter la levée de tels montants, il est proposé que soient mis en place des mécanismes consortiaux, où se trouveraient associées de la façon la plus efficace possible toutes les institutions financières internationales (multilatérales ou/et régionales comme la World Bank) et autres types de donneurs.

IV – Miser sur la solidarité et l’efficacité

Il doit être fait appel à la générosité des Pays les plus riches qui, dans leur aide au développement, devraient plus privilégier le secteur éducatif. En outre, dans ces efforts demandés aux donneurs, il est proposé de mieux gérer tout ce qui est subventions et conditions concessionnelles sur les prêts. Il est notamment recommandé de lier les deux formes d’aide pour éviter les phénomènes de dispersion qui sont de nature à complexifier les choses.

Sur le thème de la solidarité, un développement particulier a porté sur l’éducation des enfants des populations réfugiées, dont le nombre se situe au plus haut niveau jamais atteint depuis 1945. Il faut faire plus, aller plus vite. Les fonds mobilisés doivent permettre des actions massives, menées systématiquement, de toute urgence. Il y a là 20 à 30 millions d’enfants concernés. Ces interventions se justifient au plan humanitaire, mais pas seulement. Elles améliorent la sécurité( l’éducation est le meilleur moyen de lutter contre l’embrigadement terroriste des jeunes) et ce sont aussi des promesses de développement (voir l’exemple touchant donné par M Brown d’un enfant de douze ans au Liban qui veut étudier, et dit vouloir devenir ingénieur pour reconstruire son pays).

Quelques questions ont pu être posées à l’issue de cette présentation courte mais dense et nourrie d’une vision somme toute positive sur tout ce qui pourrait se dessiner dans les années à venir avec l’aide de la communauté internationale.

De la réponse globale donnée à ces questions on aura relevé quelques éléments intéressants :

Il ne faut pas craindre les difficultés d’absorptions pour la mise en œuvre si les fonds arrivent massivement : qu’il s’agisse des infrastructures, de formation des professeurs, de diffusion des nouvelles technologies, des domaines sur lesquels l’UNESCO a toutes les compétences voulues, le problème actuel est partout avant tout financier. C’est ce blocage qu’il faut lever.

A été évoquée la mise en place d’un groupe de coordination et de suivi des préconisations, avec la crainte que l’on complexifie les choses. Ce risque n’existe pas vraiment dès lors qu’on mise sur l’existant, par exemple l’UNESCO. En tout état de cause, il importe d’éviter toute dérive bureaucratique.

Enfin a été à nouveau abordée la question des réfugiés. Sur ce point particulier Gordon Brown a souligné les efforts massifs engagés sur le terrain, tout en notant que beaucoup reste à faire et que, là comme ailleurs, ce sont souvent les financements qui font défaut, et nuisent ainsi à une bonne mise en place des programmes éducatifs.

Rapport mondial sur les Sciences Sociales

UNESCO 17 Octobre 2016

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Le Rapport Mondial sur Les Sciences Sociales (RMSS 2016) « tire la sonnette d’alarme. Combler les lacunes existant dans les recherches en sciences sociales menées sur les inégalités est essentiel pour réaliser l’ambition transversale de l’Agenda 2030 qui vise à opérer des transformations qui ne laissent personne de côté’, » a souligné Irina Bokova, Directrice Générale de l’UNESCO, lors de la présentation des résultats de l’édition 2016.

rmssv2Le Rapport Mondial sur Les Sciences Sociales (RMSS 2016)  a été réalisé par le Conseil international des sciences sociales (CISS ou ISSC, de l’anglais International Social Science Council) qui est une organisation internationale fondée en 1952 par l’UNESCO et qui vise à « dynamiser l’action au sein et au-delà des sciences sociales ».
A cette réunion ont participé des représentants des institutions impliquées :
Pour l’UNESCO, Madame Nada Al-Nashif, sous-directrice générale pour les sciences sociales et humaines.
Pour le CISS, Monsieur Mathieu Denis, directeur exécutif
Monsieur Louis Chauvel, professeur de sociologie à l’université du Luxembourg co-auteur du rapport.

Madame Nada Al-Nashif a relayé le message d’Irina Bokova, la directrice générale de l’UNESCO. L’agenda 2030 pour le développement durable vise une société inclusive, une réduction des inégalités, de sorte que dans dix ans personne ne soit laissé de côté. Or, les inégalités fragilisent la cohésion sociale. Elles constituent une ombre menaçante tant pour l’économie que pour la société et pour l’environnement. Diminuer la pauvreté ce n’est pas aider les pauvres mais les aider à vivre dignement. Lutter contre les inégalités est essentiel pour les objectif du développement durable.

Monsieur Mathieu Denis a précisé que c’est un rapport auquel ont contribué 107 auteurs, parmi lesquels des chercheurs de Institute Development Studies, l’Institut international de recherche sur le développement. Ce rapport de 2016, est le 3ème, le premier datant de 2010, le deuxième de 2013. Aujourd’hui le rapport se focalise sur les inégalités. Elles se sont élargies vers l’Amérique Latine, vers le nord de l’Afrique, interpellées par des mouvements comme le Printemps Arabe, Occupy.
Si les inégalités ne sont pas maîtrisées, la durabilité du développement est menacée. Les différentes formes de l’inégalité sont: économiques, politiques, de pouvoir, sociales, de santé, d’éducation, culturelles, environnementales, spatiales, (rural, périurbain), accès aux connaissances.

Certains pays d’Amérique Latine, d’Afrique ou la Chine ont réussi, au contraire, de ralentir les inégalités. Il n’y a pas de panacée, par la suite, en ce qui concerne la maîtrise des inégalités. Cela est dicté par plusieurs éléments comme l’application de diverses politiques comme la discrimination positive, les héritages antérieurs qui ont modelé les inégalités actuelles, l’action collective solidaire (qui est une des nouvelles pistes pour réduire les inégalités).
L’Afrique reste la priorité en matière d’inégalités, puisque ce continent enregistre les inégalités les plus profondes.

En ce qui concerne l’étude des inégalités, on peut observer que 80 % de la recherche en sciences sociales est produite par l’Europe occidentale et les États-Unis. Dans ces conditions, en fonction des lacunes observées dans l’étude de l’inégalité  il y auraient 7 priorités à prendre en compte :
– Renforcer le soutien à la production de connaissances sur l’inégalité,
– Améliorer les capacités d’évaluation de ce phénomène,
– Mieux comprendre les diverses expériences de l’inégalité,
– Mieux comprendre la création et la reproduction des inégalités multiples,
– Mieux comprendre les liens et les interactions entre les formes locales et mondiales de l’inégalité,
– Promouvoir les études sur la recherche d’une plus grande égalité,
– Soutenir les synthèses transversales sur l’inégalité et l’égalité.

Le professeur Louis Chauvel, quant à lui, a parlé surtout du rôle des classes moyennes dans le développement. Pour lui, il y a une déstabilisation de la classe moyenne mondiale (White Trash aux États-Unis). Depuis les années 70, qui ont vu le rêve d’une civilisation de la classe moyenne, basée sur les salaires, le monde évolue vers une généralisation de la classe moyenne et aujourd’hui on assiste à la préoccupation de stabiliser cette classe moyenne. Elle est mise en difficulté par une polarisation, servie par le manque de croissance économique, qui sert les populismes. Il faudrait, pour favoriser les classes moyennes, plus de protection sociale, plus d’éducation et plus transition réussie de l’éducation à l’emploi.
La conclusion la plus importante est la nécessité de l’investissement dans les générations à venir.

Les prises de parole des personnes du public ont mis l’accent sur l’importance des instituts d’études sociales régionales, de la nécessité de prendre en compte la valeur économique du travail des femmes.

Lire le résumé ou le rapport mondial intégral sur les sciences sociales 2016

UNESCO – Journée mondiale des enseignant(e)s 2016

« Valorisons les enseignant(e)s, améliorons leur statut »

5 octobre 2016

Sommaire

Organisée conjointement avec le BIT, la journée marquait le 50e anniversaire de l’adoption de la Recommandation de l’OIT/UNESCO concernant la condition du personnel enseignant » et avait pour thème « Valorisons les enseignant(e)s, améliorons leur statut professionnel ».  

En ouverture, le Directeur général adjoint pour l’Éducation de l’UNESCO, M. Qian Tang, a souligné la pénurie d’enseignants au niveau mondial. « Pour accomplir l’ODD4 (« Assurer l’accès de tous à une éducation de qualité et sur un pied d’égalité») d’ici à 2030, nous aurons besoin de 69 millions d’enseignants, dont 24,4 millions au niveau primaire et 44,4 millions au niveau secondaire. Il nous reste donc un long chemin à parcourir. Le problème de la pénurie d’enseignants requiert notre attention immédiate. Mais nous savons aussi que la quantité n’est pas synonyme de qualité. Nous avons besoin d’enseignants qualifiés et motivés, travaillant au sein de systèmes éducatifs correctement financés » a-t-il insisté.

Dans ce contexte, les représentants des pays du BRICS ont présenté l’évolution de la situation dans leurs pays. La motivation des enseignants des pays touchés par des situations de crises ou d’urgences humanitaires a elle aussi été débattue comme celle des enseignants selon les différents sous-secteurs du système éducatif.

Le point culminant de la journée a été la remise des prix aux deux lauréats du Prix UNESCO-Hamdan Bin Rashid AL-Maktoum récompensant des projets d’enseignement aux pratiques et aux résultats remarquables. Les lauréats de cette année étaient l’université de Malaya, en Malaisie pour son programme Éducation à la citoyenneté environnementale 2005-2015 et le Cambodge pour son programme « See beyond borders » de mentorat pour enseignants en zone rurale.

La journée s’est conclue par une table ronde de haut niveau réunissant en particulier la Ministre française de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Madame Najat Vallaud-Belkacem.

Une conclusion s’imposait à la fin de ces débats : il faut que les pays et la communauté internationale entrent dans « un cercle vertueux » qui passe par un accroissement des investissements et des aides financières à l’éducation, par la considération que l’enseignement est une vraie profession, la mise en place de formations initiales et tout au long de la carrière, des recrutements sur des critères stricts et élevés et des rémunérations adéquates.

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200ème session du Conseil exécutif (4-18 octobre2016)

200ème session du Conseil exécutif (4-18 octobre2016)

Réunion plénière introductive :
Une situation paradoxale, des activités nombreuses, pertinentes plus que jamais,
mais les ressources sont comptées.

Un film pour commencer : plus de soixante dix ans marqués par de grands moments

Pour cette deux centième session, jugée par certains comme historique ou comme un grand temps fort, une séquence filmée donnée en introduction a rappelé les réalisations et les grands moments de l’UNESCO depuis 1945, avec la reprise certains propos qui ont marqué son histoire : N Mandela -– -l’éducation est une arme puissante pour changer le monde, on doit changer d’attitude – J Delors – il faut éviter un déracinement total – P Neruda, I Gandhi…

Les propos introductifs : importance des objectifs de l’agenda 2030, ODD4 particulièrement, les contraintes budgétaires préoccupantes

Madame Irina Bokova a poursuivi avec dans un premier temps une même tonalité d’espoir, et le rappel de toutes les actions protectrices conduites au fil du temps, des programmes, des débats pour promouvoir les valeurs de la charte constitutive, la Paix, la Culture, dans un esprit de justice et de solidarité ….En la matière, la demande pour continuer d’aller vers plus d’humanité est élevée mais le Monde reste fragmenté, de graves conflits persistent, et les extrémismes se manifestent partout. Pour l’UNESCO il est important que les États viennent soutenir ses actions, cela a été un appel que la Directrice générale mais aussi d’autres participants auront repris avec une certaine gravité au cours de la journée, à un moment où les contraintes financières se font de plus en plus sentir : un participant a même parlé de contexte déplorable.

Les Vice Présidents des groupes régionaux ont été invités à donner chacun leur analyse.

On pourra en retenir quelques points forts : large consensus faisant écho à ce qu’a dit la Directrice générale, pour tout à la fois saluer les actions menées et affirmer qu’il ne faut pas régresser : comme conseiller, laboratoire d’idée, aide aux décideurs publics l’UNESCO joue un rôle irremplaçable pour beaucoup d’États, et ce rôle se trouve renforcé avec les deux grands accords internationaux de l’an passé, qu’il s’agisse de l’agenda 2030 ou de la COP 21.

Les ODD devraient permettre d’instiller une dynamique nouvelle au niveau de l’institution comme des États, et tout particulièrement en matière d’éducation (ODD 4) : avec la question du genre – égalité Femme-Homme- c’est vraiment le thème de l’éducation qui aura été le plus commenté et mis en évidence dans ces propos introductifs mais aussi au fil des interventions qui ont suivi lors du débat ; l’éducation meilleure arme pour le développement et contre le fanatisme.

Le contexte financier n’étant pas très favorable, il y a des propositions pour mieux gérer la ressource, mieux piloter les réalisations au travers d’indicateurs pertinents, se soucier d’apprécier les résultats ( évaluation). Comme dans une précédente session ou à la Conférence générale, on invite à bien se préoccuper des questions de gouvernance, de coordination entre acteurs, de coopération avec les États, d’informations bien partagées.

Autre idée souvent émise : maintenant que les accords sont passés, les lignes stratégiques assez clairement définies ( Afrique, le Genre notamment), il ne faut plus trop s’appesantir sur les concepts ou les principes pour pouvoir aller sur le terrain, l’opérationnel, le concret : quand bien même l’ambition de viser une paix durable et une harmonie culturelle restent des objectifs fondamentaux pouvant paraitre utopiques, ce sont ces réalisations qui sont de nature à nous en rapprocher, des réalisations qu’il faut vouloir continuer d’encourager. Avec cet état d’esprit, pour reprendre l’avis d’un des vices présidents on est fondé à ne pas céder au pessimisme ambiant.

Le Président du COMEX-Conseil exécutif- a souligné l’importance des enjeux actuels, l’UNESCO doit pouvoir relever de vrais défis face aux transformations du Monde avec des risques et des opportunités, et pour y parvenir il lui faut des orientations claires soutenues par de solides réflexions avec la définition de priorités incontestables, ce qui est le cas, mais pour réussir pleinement, il faudra aussi savoir :

1/ bien gérer, rationnellement, avec réalisme, en étant soucieux des coûts et en optimisant les financements
2/bien coopérer avec les États pour répondre au mieux à leurs attentes et
3/ faire preuve de l’esprit de solidarité intellectuelle et morale qui constitue l’une des marques de l’UNESCO .

Avant le débat, le Royaume Uni est intervenu pour mettre l’accent sur l’importance des indicateurs de suivi (un document a été produit, il est souhaité qu’il s’agisse plus qu’un élément d’information).

Les Pays Bas ont obtenu des précisions se rapportant au Programme Hydrologique International (PHI) pour s’assurer que cela ne remettait pas en cause l’institut et ses activités qu’ils financent largement.

Le nouveau Président du Comité des PNG – délégué de la Serbie a indiqué qu’il comptait intensifier les échanges pour améliorer la coopération entre les Etats, le Secrétariat et les ONG .

Mme Bokova a repris la parole pour détailler les nombreuses actions qui ont été conduites depuis le début de l’année (sans parler des actions spécifiques dans le cadre des programmes, plus d’une trentaine d’événements mentionnés se rapportant à tous les domaines couverts par l’UNESCO : rapports – sur l’eau, l’éducation mondiale, les métropoles, les sciences sociales –conférences, journées internationales, atelier sur les ODD, les prix décernés aux États etc.

Une activité soutenue donc , illustrant l’immensité des besoins et des attentes, mais au-delà de ce rapport d’activité très fourni auquel, par la suite, beaucoup de délégations rendront hommage …

… c’est la seconde partie du propos de la Directrice générale qui a pu retenir le plus l’attention  avec ici un développement prononcé avec mesure mais qui sans être alarmiste a donné une idée des préoccupations de l’institution dont les moyens lui sont de plus en plus comptés ; quelques indications chiffrées ont illustré l’ampleur des réductions budgétaires ; la Directrice générale appelle clairement à se soucier des conséquences : risque de devoir abandonner des activités, insuffisance des effectifs, qu’il s’agisse du siège ou du réseau, qu’il s’agisse des activités supports ou de l’opérationnel, de l’administration ou des centres d’expertise. On est arrivé à des niveaux-limites préoccupants qui pèsent sur le fonctionnement de la Maison, et risquent d’affecter le climat social, la motivation des collaborateurs et/ou amener certaines tensions….Le départ d’experts privés de moyens est un risque qui n’est négligeable. Au moment où le COMEX se réunit pour traiter notamment des orientations budgétaires pour les années à venir ( 2018-2021), il est important de prendre conscience d’une situation tendue compte tenu d’un écart manifeste entre les exigences ou besoins à couvrir et les ressources disponibles, même si ont été rappelés certains éléments rassurants (notamment avec l’Union européenne qui a considérablement augmenté sa contribution ou certains États qui apportent des financements extra budgétaires significatifs). Après avoir souligné les difficultés, la Directrice générale a trouvé dans ses derniers mots certaines expressions bienvenues pour dire sa conviction qu’on trouvera les moyens de faire face, et réaffirmé tout son engagement pour y contribuer dans les mois qui lui restent à la tête de cette institution. Parlant tout à la fin d’une initiative originale menée au Mali pour sensibiliser à la préservation des patrimoines, elle a appelé à « donner du cœur à l’ouvrage ».

Le débat : L’éducation, la question du genre, les réfugiés, le réseau hors siège, la forme des dialogues…

La quasi-totalité des intervenants qui se sont exprimés lors de la première journée ont salué les actions menées par l’UNESCO et affirmé qu’il lui fallait conserver son « leadership » sur les domaines de compétence que lui donne son Mandat avec un soutien sans équivoque de ses membres .

Le thème de l’éducation est placé au tout premier rang des sujets considérés comme prioritaires. Un certain nombre de délégations ont particulièrement insisté sur la question du genre, la protection des femmes, et tout particulièrement la représentante de la Suède qui a parlé au nom de son gouvernement qu’elle a qualifié de « résolument féministe » (la Suède est en charge d’un projet spécifique SAGA en rapport avec ces thématiques), il est important ici de réduire les discriminations, et comme l’ont rappelé d’autres délégations, les actions nombreuses à mener passent beaucoup par le biais de l’école, et des questions touchant à l’accès à l’information. Sur le thème des discriminations à l’encontre des femmes on mentionnera, en marge de la session, une petite exposition (« girls and brides ») sur la question des mariages forcés qui affectent encore 70 pays et une quinzaine de millions de (très) jeunes filles chaque année.

La question des Réfugiés et de la lutte contre les extrémismes est évoquée à de nombreuses reprises, et, là aussi, le lien est fait avec l’école ou l’éducation. On a repris l’idée de l’enseignement facteur de réduction des tensions. La Grèce et le Liban ont tout particulièrement insisté sur la nécessité d’investir sur le terrain éducatif là où des centaines de milliers d’enfants appellent à être accompagnés, éduqués dans des contextes très difficiles . La présence de l’UNESCO au Liban est appréciable, et même indispensable compte tenu de l’ampleur des besoins.

Plus généralement, et particulièrement en entendant les contributions émanant de délégations africaines, on perçoit les besoins d’assistance sur le terrain. Les appels ont été nombreux pour demander que soit bien préservé le réseau hors siège, tant sont impérieux les besoins d’aides sur le terrain : clairement un certain nombre d’États craignent comme une forme de désengagement.

Dans le même esprit, à plusieurs reprises ont été lancés des appels à plus se soucier d’ancrer les activités localement : le temps est venu de passer de la parole ou des principes aux actes, concrètement et aussi intelligemment compte tenu des restrictions dont il a été fait état. Il faudra ici savoir innover, être créatif faire preuve d’audace, et aussi de solidarité, tout en prenant conscience des risques sérieux que l’on prendrait à trop couper les budgets… S’il y a de tels désengagements au niveau du budget ordinaire, les ressources extra budgétaires peuvent elles aussi s’amenuiser. Ces conseils ont été donnés par le Président de la Conférence générale qui a été convié à participer à ce débat introductif. Son propos tout aussi appuyé que celui de la Directrice générale a été un appel à ne pas faire preuve d’une légèreté qui rendrait l’institution pareille à une coquille vide, mais en même temps, comme la Directrice générale, il s’est dit convaincu que les contraintes du moment seront surmontées, avec le soutien des États qui ont ici une obligation morale.

A mentionner l’intervention de l’Argentine qui à certains égards pourrait avoir détonné : partant du constat que la situation du monde n’est plus celle des années 1945 ou 1990 où finalement les idées (idéologies) étaient plus clairement affichées ou appréhendées, son représentant fait remarquer qu’on est dans un monde beaucoup plus fragmenté, avec des conflits diffus, multiformes, compliqués, où les États ne sont pas tous impliqués, ou pas impliqués de la même manière, mais où de graves tensions persistent un peu partout, et peuvent rendre difficiles les dialogues apaisés. Les risques avérés sont alors ceux des préjugés, de la haine ou de l’intolérance, de la démesure. Dans ce contexte, l’UNESCO peut apporter une contribution positive et exemplaire, étant alors parfaitement dans le cadre de son Mandat au service de la Paix . L’idée avancée est non pas celle d’une neutralité en quelque sorte aseptisée, mais d’une « neutralité active » qui devrait imprégner tous les inévitables (et bienvenus) dialogues qui sont conduits dans le cadre des activités de l’UNESCO. Ainsi est il proposé que sur le terrain, concrètement, les parties prenantes aux dialogues entreprennent ensemble leurs actions de façon exemplaire au service des missions de l’institution, nonobstant les positions qui peuvent les distinguer : pas de partis pris, concentration sur des objectifs précis au service de la Paix. Il est indiqué qu’une proposition sera faite en ce sens. On aura peut être du mal à voir dans quelle mesure et de quelle façon elle pourrait constituer une nouvelle avancée. Cela dit, on retiendra l’esprit de cette intervention originale, qui vise à permettre et promouvoir des actions constructives en transcendant les antagonismes au service de la Paix de façon exemplaire.

A retenir aussi :

L’hommage appuyé rendu à la mémoire de M Shimon PEREZ qui fut un artisan de Paix et un grand ami de l’UNESCO.
Un message est adressé par beaucoup aux pays qui ont été victimes de l’ouragan MATHEW.
Les félicitations
sont adressées à M SANTOS Prix Nobel de la Paix 2016 et à M. A GUTERRES désigné par le Conseil de sécurité comme le prochain Secrétaire Général de l’ONU.

Parmi les prochaines manifestations en marge des sessions du COMEX , à noter le 18 octobre prochain une Conférence donnée par M GORDON BROWN à l’occasion de la sortie du rapport sur l’Éducation mondiale et son financement.(14h-15h).

« Inaugural Ahinsa Lecture » à l’UNESCO le 6 octobre 2016

« Inaugural Ahinsa Lecture » à l’UNESCO le 6 octobre sur le thème :
Paix ou Guerre ?
Pourquoi la guerre continue-
t-elle ?
C
omment la Paix peut-elle se construire ?
Quel en sera le coût et qui peut le faire ?

Cette « conversation », à laquelle les participants de la journée des Partenaires Non Gouvernementaux étaient conviés à l’invitation de l’ambassadeur de l’Inde, a été organisée en référence à la Journée Internationale pour la Paix, le 2 octobre, date de la naissance de Gandhi.
Une trentaine de représentants des délégations nationales, (dont Mgr Follo) était présente.
Cette « conversation » bénéficiait du parrainage de la délégation Indienne, et était organisée par l’ONG MGEP (Mahatma Gandhi Institute of Education for Peace).

A noter l’ouverture de la séance par M. Getachew ENGIDA, Directeur Général Adjoint de l’UNESCO.
La réunion était centrée autour de la conférence de Madame Scilla ELWORTHY, grande figure internationale de la promotion de la Paix dans le monde, et membres de nombreuses ONG internationales de ce secteur, dont :
« The Elder », groupement dans la mouvance de Richard Branson, Desmond Tutu, Peter Gabriel, et lancé par Nelson Mandela, pour proposer leur expérience et leur influence pour promouvoir la Paix et aider les grandes causes humanitaires,
« World Future Council », qui se propose de définir et de résoudre les défis majeurs de la société, liés à la globalisation et en vue d’instaurer un Développement Durable,
« Rising Women World », ONG en plein développement, regroupant les femmes du monde entier désireuses de se mobiliser pour construire un monde qui convienne à tous.

Principaux points abordés :
-Situations actuelles de violence : terrorisme, climat contraignant le déplacement des personnes, pauvreté,
-Défier les forces de violence : Hommage à ceux et à celles qui ont le courage de mettre leur vie en danger pour éviter les guerres : aller au-devant des djihadistes, des enfants soldats, . . . (.à citer notamment le réseau mondial des femmes rurales),
-analyse du « complexe militaire-économique », concernant la fabrication des armes et leur commerce, et les dérives du commerce de la drogue et des trafic humains. Comparaison entre les sommes mondiales dépensées en armement (13500 milliards de $ par an) au regard du milliard $ dépensé pour améliorer l’existence des plus démunis (eau potable, nourriture de base . .)
-écart croissant entre les riches et les pauvres (nombreux chiffres cités . .)
-recherche de la Paix :

-lien entre les personnes (exemple Mandela),
-aller au-devant des misères, source de terrorisme,
-effort de l’Éducation à la Paix : 400 universités proposent un programme d’éducation à la Paix,
-créer -des stratégies d’initiatives locales de dialogue,
-des Conseils pour la Paix au niveau national, régional, du village,
-former des Professionnels de la Paix,
-développer le rôle fondamental des femmes dans l’instauration de la Paix,
-augmenter les budgets d’actions en faveur de la Paix

Toutes ces rubriques ont été illustrées par des exemples précis dans différents pays du monde et notamment là où Scilla Elworthy avait été appelée pour son expertise.

A noter les interventions

De l’Iran qui salue les efforts de Paix de l’Inde, qui demande comment l’action de l’UNESCO pourrait être encore plus efficace et qui insiste sur la nécessité d’instaurer un débat avec échanges sur cette question fondamentale.
Du Népal, qui rappelle que la Paix commence dans les familles, dans nos cultures et dans l’esprit des hommes et des femmes.

Denis Chaigne

UNESCO : Comité sur les partenaires non gouvernementaux

Réunion à l’ UNESCO du Comité sur les partenaires non gouvernementaux (PNG) du Comité Exécutif du 6 octobre 2016

L’apport des ONG est reconnu, souhait exprimé pour améliorer les dialogues État-UNESCO – Comité de liaison.

Élection du président : Sur proposition de la Pologne, le délégué permanent de la Serbie, M. Tasnakovic est élu. Et sur proposition du Salvador, la déléguée de l’Espagne est nommée suppléante.

A partir des interventions d’Eric Falt et de Martine Lévy, les débats ont essentiellement porté sur la nécessité de renforcer les liens entre les ONG et les États Membres. Il semblerait qu’après un réveil de l’intérêt porté par les États Membres aux ONG ces dernières années, la période récente a été plus décevante, alors que les apports de la société Civile au fonctionnement de l’UNESCO sont incontournables.

D’où : que faire ? comment renouer le dialogue dans chaque pays ? Forums ? Actions communes dans les secteurs de compétences des ONG ? Dans les résolutions finales un paragraphe a été ajouté en ce sens.

-les ONG se sont fortement mobilisées sur l’Éducation pour tous, la sauvegarde du Patrimoine culturel, le climat, notamment à la suite de la COP 21
-Le Comité de Liaison s’est efforcé de lancer 4 Forums chaque année : 2 en Europe, et 2 hors d’Europe. Pour ces derniers, l’appui d’un État Membre hôte est fondamental. C’est ainsi que le comité de Liaison a été contraint de renoncer au Forum sur le Climat, faute d’État Membre de parrainage.

Il est souligné la prédominance des ONG partenaires en Europe et États-Unis : 303 dont 262 Internationales sur un total de 381 ONG dont 297 internationales. (Zones de classement : Europe et USA, Afrique, Amérique Latine et Caraïbes, Asie et Pacifique, États Arabes).

Dans le débat, Patrick Gallo a indiqué que pour les ONG, si elles sont véritablement Internationales, il n’est pas anormal que leur siège soit à proximité du siège de l’Unesco.

Admission et radiation des ONG partenaires : 13 ONG ont été admises en qualité de partenaires officielles avec statut de consultant, et 16 autres ont été radiées. A la demande insistante du Nicaragua, appuyé par plusieurs pays dont Haïti, et Cuba, le cas de 2 ONG radiées et compétentes dans le domaine de la jeunesse sera réexaminé.

Dans la suite des débats avec les États Membres tels que rappelés ci-dessus, quelques détails à noter :

-l’insistance de l’Iran à rappeler qu’il fait partie de la zone Asie-Pacifique
-l’appui du Salvador aux propositions faites par le Nicaragua

Les interventions des ONG ont surtout porté sur la qualité de l’accueil de l’Unesco, la nécessité de développer les contacts avec les États Membres, tout en soulignant que l’aide apportée par les gouvernements hôtes des Forum était très appréciée.

A noter que les résolutions préparées à l’avance par la direction générale ont été adoptées à l’unanimité, mais qu’à la demande de plusieurs pays, dont le Nicaragua et la Suède, une résolution supplémentaire a été adoptée portant sur l’opportunité de mettre en place une structure de dialogue, entre les États Membres, l’Unesco et le Comité de Liaison pour définir de nouveaux moyens de rapprochement entre États Membres et ONG.

Toutes ces questions seront reprises lors de la Conférence Internationale des ONG qui se tiendra à Paris du 12 au 14 décembre.

Avant de lever la séance, l’ambassadeur de l’Inde rappelle qu’en référence au 2 octobre, Journée Internationale de la non-violence, une conférence sur le thème de la Guerre ou la Paix se tiendra ce même jour à 18h00, sous le patronage de l’Inde, de l’ONG MGIEP (Mahatma Gandhi Institute of Education for Peace), et avec la participation de Scilla Elworthy, plusieurs fois nominée par le prix Nobel de la Paix, et avec le concours de Getachew ENGIDA,( D.G. Adjoint de l’Unesco .

D Chaigne